{"id":323976,"date":"2022-12-05T01:00:00","date_gmt":"2022-12-05T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/orienter-les-soins-vers-le-patient-2\/"},"modified":"2023-11-01T14:29:00","modified_gmt":"2023-11-01T13:29:00","slug":"orienter-les-soins-vers-le-patient-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/orienter-les-soins-vers-le-patient-2\/","title":{"rendered":"Orienter les soins vers le patient"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Une m\u00e9decine centr\u00e9e sur le patient, qui respecte et int\u00e8gre les pr\u00e9f\u00e9rences, les valeurs ou les besoins individuels, a pris de l&#8217;importance dans les soins aux patients ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans le cadre des soins cliniques, il est donc important de permettre \u00e0 nos patients de participer aux d\u00e9cisions concernant leurs traitements, ou du moins de les impliquer dans le processus d\u00e9cisionnel.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Une m\u00e9decine centr\u00e9e sur le patient*, qui respecte et int\u00e8gre les pr\u00e9f\u00e9rences, les valeurs ou les besoins individuels [1\u20133], a pris de l&#8217;importance dans les soins aux patients ces derni\u00e8res ann\u00e9es. Dans le cadre des soins cliniques, il est donc important de permettre \u00e0 nos patients de participer aux d\u00e9cisions concernant leurs traitements, ou du moins de les impliquer dans la prise de d\u00e9cision [3].<\/p>\n\n<p>Au cours d&#8217;une hospitalisation, les visites quotidiennes des unit\u00e9s de soins constituent le fondement d&#8217;une m\u00e9decine centr\u00e9e sur le patient. De nombreuses \u00e9tudes soulignent l&#8217;importance des visites et montrent qu&#8217;elles peuvent contribuer \u00e0 une meilleure qualit\u00e9 des soins, \u00e0 la s\u00e9curit\u00e9 des patients et \u00e0 l&#8217;am\u00e9lioration des r\u00e9sultats des patients [4\u20136]. En tant que r\u00e9union entre les patients, les m\u00e9decins et les infirmi\u00e8res, ils offrent \u00e0 l&#8217;\u00e9quipe soignante l&#8217;occasion d&#8217;\u00e9tablir une relation avec le patient*, de l&#8217;informer sur sa maladie, de discuter d&#8217;un traitement en cours ou d&#8217;\u00e9valuer ensemble les \u00e9tapes diagnostiques ult\u00e9rieures [5,7].<\/p>\n\n<p>Les d\u00e9cisions importantes concernant le traitement d&#8217;un patient sont souvent prises dans le cadre des visites du m\u00e9decin-chef. Lors d&#8217;une visite du m\u00e9decin-chef, les m\u00e9decins assistants pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement le dossier m\u00e9dical de leurs patients \u00e0 l&#8217;\u00e9quipe soignante pr\u00e9sente. La pr\u00e9sentation peut se faire soit directement au lit du patient, soit \u00e0 l&#8217;avance devant la porte. Les deux modes sont des pratiques courantes dans les soins cliniques.<\/p>\n\n<p>La discussion interdisciplinaire des ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux directement au chevet du patient permet \u00e0 ce dernier de participer activement \u00e0 son traitement. En outre, la discussion de cas permet au patient d&#8217;avoir un aper\u00e7u de son dossier m\u00e9dical. Cependant, ces discussions, du moins du c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9decins, sont g\u00e9n\u00e9ralement de nature acad\u00e9mique et contiennent des termes m\u00e9dicaux qui ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas familiers aux patients. Cela peut conduire les patients \u00e0 ne pas comprendre correctement les choses, voire \u00e0 les mal interpr\u00e9ter. La complexit\u00e9 et le volume des informations m\u00e9dicales, ainsi que l&#8217;\u00e9change d&#8217;informations sensibles au chevet du patient, peuvent \u00e9galement \u00eatre source de confusion, d&#8217;inconfort et de malentendus, et potentiellement nuire aux connaissances des patients [8\u201310]. Les connaissances et la compr\u00e9hension des patients sont \u00e0 leur tour consid\u00e9r\u00e9es comme des pr\u00e9dicteurs importants de la r\u00e9ussite de l&#8217;adh\u00e9sion au traitement [11\u201313].<\/p>\n\n<p>Si la pr\u00e9sentation du cas et les discussions acad\u00e9miques n&#8217;ont pas lieu directement au chevet du patient, un r\u00e9sum\u00e9 &#8220;convivial&#8221; peut \u00eatre expliqu\u00e9 ensuite au patient pour l&#8217;informer de ce qui a \u00e9t\u00e9 discut\u00e9. Cependant, les inconv\u00e9nients potentiels de ce type de visites sont que les patients peuvent \u00eatre moins impliqu\u00e9s, que les prises de d\u00e9cision sont moins transparentes et que l&#8217;\u00e9quipe soignante passe moins de temps avec le patient.<\/p>\n\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, peu d&#8217;\u00e9tudes ont examin\u00e9 si, pendant la visite, la pr\u00e9sentation du patient directement au chevet du patient avait un effet positif ou n\u00e9gatif sur les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation centr\u00e9s sur le patient, tels que la compr\u00e9hension, la satisfaction ou la qualit\u00e9 per\u00e7ue des soins.<\/p>\n\n<p>Une m\u00e9ta-analyse de 2019, incluant cinq \u00e9tudes randomis\u00e9es, n&#8217;a pas montr\u00e9 de diff\u00e9rence en termes de satisfaction ou de connaissance des patients [14]. Une revue syst\u00e9matique am\u00e9ricaine est parvenue \u00e0 une conclusion similaire en comparant les pr\u00e9sentations au lit avec d&#8217;autres types de pr\u00e9sentations de patients dans les services de m\u00e9decine interne, de chirurgie et de soins intensifs, et n&#8217;a pu d\u00e9montrer aucun effet sur les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation centr\u00e9s sur le patient [15].<\/p>\n\n<p>Cependant, les \u00e9tudes incluses dans les deux travaux \u00e9taient de qualit\u00e9 faible \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, pr\u00e9sentaient une h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 marqu\u00e9e en termes de crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation rapport\u00e9s et ne recrutaient que de petites populations de patients. Comme les preuves actuelles ne permettent pas de faire des recommandations, la question s&#8217;est pos\u00e9e dans la pratique clinique de savoir s&#8217;il est utile de discuter de toutes les consid\u00e9rations diagnostiques ou des aspects th\u00e9rapeutiques directement au chevet du patient pendant les visites ou si cette approche risque de semer la confusion, voire la m\u00e9fiance chez nos patients.<\/p>\n\n<p>L&#8217;absence de donn\u00e9es probantes a conduit les h\u00f4pitaux \u00e0 varier le lieu de pr\u00e9sentation des patients pendant la visite en fonction des pr\u00e9f\u00e9rences des personnes impliqu\u00e9es [16\u201318].<\/p>\n\n<h3 id=\"presentation-de-cas-au-lit-du-patient-versus-a-la-porte-une-etude-multicentrique-randomisee-et-sa-pertinence-clinique\" class=\"wp-block-heading\">Pr\u00e9sentation de cas au lit du patient versus \u00e0 la porte &#8211; une \u00e9tude multicentrique randomis\u00e9e et sa pertinence clinique<\/h3>\n\n<p>L&#8217;\u00e9tude BEDSIDE-OUTSIDE, une \u00e9tude multicentrique randomis\u00e9e men\u00e9e en Suisse, s&#8217;est pench\u00e9e sur l&#8217;influence de la mani\u00e8re dont les patients sont pr\u00e9sent\u00e9s (au lit du patient ou devant la chambre du patient) sur la compr\u00e9hension des patients et sur la qualit\u00e9 per\u00e7ue des soins [19].<\/p>\n\n<p>L&#8217;\u00e9tude BEDSIDE-OUTSIDE a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e dans trois h\u00f4pitaux universitaires suisses et ses r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s dans la revue Annals of Internal Medicine [19]. Pour cette \u00e9tude, les patients cons\u00e9cutifs ont \u00e9t\u00e9 inclus \u00e0 leur entr\u00e9e \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et ont eu leur premi\u00e8re visite de chef de service. Les patients pr\u00e9sentant des troubles cognitifs, une surdit\u00e9, des difficult\u00e9s \u00e0 comprendre la ou les langues locales et les patients pr\u00e9c\u00e9demment inclus dans l&#8217;\u00e9tude ou n&#8217;ayant pas donn\u00e9 leur consentement ont \u00e9t\u00e9 exclus. Les patients* ont ensuite \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s de mani\u00e8re al\u00e9atoire dans le groupe &#8220;bedside&#8221; (pr\u00e9sentation du patient au lit) ou dans le groupe &#8220;outside&#8221; (pr\u00e9sentation du patient en dehors de la chambre du patient).<\/p>\n\n<p>Dans le groupe de chevet, les pr\u00e9sentations de cas et ou les discussions acad\u00e9miques se d\u00e9roulaient devant la porte, directement au chevet du patient, sans discussion pr\u00e9alable. Dans le groupe Outside, les pr\u00e9sentations de cas de patients et les r\u00e9unions se d\u00e9roulaient principalement dans le couloir, sans la pr\u00e9sence du patient*. Ensuite, l&#8217;\u00e9quipe soignante entrait dans la pi\u00e8ce et donnait aux patients un bref r\u00e9sum\u00e9 de la situation m\u00e9dicale, puis effectuait le reste de la visite au lit du patient.<\/p>\n\n<p>L&#8217;\u00e9tude BEDSIDE-OUTSIDE est la premi\u00e8re grande \u00e9tude multicentrique randomis\u00e9e \u00e0 d\u00e9montrer que les visites au chevet du patient n&#8217;ont pas d&#8217;impact n\u00e9gatif sur les connaissances de nos patients. Les patients du groupe au chevet avaient des connaissances subjectives similaires \u00e0 celles des patients randomis\u00e9s dans le groupe \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur (moyenne, \u00b1 SD) (79,5 \u00b1 21,6 vs 79,4 \u00b1 19,8, diff\u00e9rence ajust\u00e9e 0,09 (IC 95% -2,58 \u00e0 2,76 ; p=0,95)  <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1).  <\/span>Les connaissances objectives \u00e9valu\u00e9es par l&#8217;\u00e9quipe d&#8217;\u00e9tude n&#8217;\u00e9taient pas non plus diff\u00e9rentes.<\/p>\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"aligncenter is-resized\"><a href=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1.png\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-20212\" width=\"550\" height=\"508\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1-800x738.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1-120x111.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1-90x83.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1-320x295.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/12\/tab1_hp11_s12_1-560x517.png 560w\" sizes=\"(max-width: 550px) 100vw, 550px\" \/><\/a><\/figure>\n<\/div>\n<p>En ce qui concerne l&#8217;efficacit\u00e9 en termes de temps, les pr\u00e9sentations de patients au lit se sont av\u00e9r\u00e9es plus efficaces en termes de temps que les pr\u00e9sentations de patients hors de la chambre (moyenne, \u00b1 ET) (11,9 \u00b1 4,9 vs 14,1 \u00b1 5,7 minutes, diff\u00e9rence ajust\u00e9e -2,3 minutes (IC \u00e0 95% -3,0 \u00e0 -1,6 ; p&lt;0,001). Les visites au lit \u00e9taient donc en moyenne 2,3 minutes plus courtes, ce qui peut \u00eatre tout \u00e0 fait pertinent pour la dur\u00e9e totale de la visite.<\/p>\n\n<p>N\u00e9anmoins, le contact direct m\u00e9decin-patient \u00e9tait plus long dans le groupe Bedside. De plus, les patients du groupe bedside ont estim\u00e9 que leur m\u00e9decin traitant consacrait environ 15 minutes de plus par jour \u00e0 leur traitement. M\u00eame si la diff\u00e9rence semble minime \u00e0 premi\u00e8re vue, ce r\u00e9sultat peut avoir des effets socio-\u00e9conomiques importants. Si l&#8217;on consid\u00e8re qu&#8217;une \u00e9quipe de soins visite 20 patients*, la diff\u00e9rence de temps entre les visites au chevet du patient et les visites \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur peut s&#8217;\u00e9lever \u00e0 environ 45 minutes. La mission principale d&#8217;un traitement hospitalier est d&#8217;apporter les meilleurs soins possibles aux patients. Mais en p\u00e9riode de DRG et de pand\u00e9mie, les ressources sont souvent limit\u00e9es et la charge de travail \u00e9lev\u00e9e. Les visites au chevet du patient semblent ici repr\u00e9senter une possibilit\u00e9 de gagner du temps sans que cela ait un impact n\u00e9gatif sur les connaissances de nos patients.<\/p>\n\n<p>En contrepartie, les patients randomis\u00e9s dans le groupe de chevet \u00e9taient significativement plus nombreux \u00e0 d\u00e9clarer \u00eatre confus par les termes m\u00e9dicaux (ratio de risque ajust\u00e9 7,58 (3,67\u201311,49) ; p&lt;0,001) ou m\u00eame \u00e0 \u00eatre d\u00e9stabilis\u00e9s par la discussion acad\u00e9mique (ratio de risque ajust\u00e9 2,89 (0,30\u20135,49) ; p=0,029). Ces r\u00e9sultats sont coh\u00e9rents avec ceux d&#8217;une \u00e9tude am\u00e9ricaine de 1997 publi\u00e9e dans le <em>New England Journal of Medicine<\/em>[20]. Lehmann et al. ont d\u00e9couvert qu&#8217;il semble y avoir une association entre le niveau d&#8217;\u00e9ducation des patients et leur confusion ou leur incertitude. Les patients ayant un faible niveau de litt\u00e9ratie en sant\u00e9 ont notamment du mal \u00e0 comprendre les termes m\u00e9dicaux ou les contextes. Une enqu\u00eate suisse men\u00e9e en 2019-2021 a montr\u00e9 qu&#8217;environ la moiti\u00e9 de la population avait un faible niveau de comp\u00e9tences en mati\u00e8re de sant\u00e9. Les discussions acad\u00e9miques sur l&#8217;utilisation de la terminologie m\u00e9dicale lors des visites au chevet des patients pourraient justement cr\u00e9er de la confusion et de l&#8217;incertitude chez ces patients. Par exemple, le Royal College of General Practitioners britannique a demand\u00e9 il y a quelques ann\u00e9es que les m\u00e9decins* veillent \u00e0 parler lentement et \u00e0 \u00e9viter les termes m\u00e9dicaux [21]. Des termes tels que &#8220;chronique&#8221; ou &#8220;r\u00e9sultats positifs&#8221; ne sont pas familiers pour de nombreux patients et leur signification n&#8217;est donc pas claire. Le manque de compr\u00e9hension de sa propre maladie et de son traitement peut \u00e0 son tour conduire les patients* \u00e0 se rendre plus souvent \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital en urgence ou \u00e0 souffrir de graves probl\u00e8mes de sant\u00e9 [22]. Il est donc \u00e9l\u00e9mentaire que nous veillions \u00e0 nous exprimer de mani\u00e8re conviviale pour le patient et \u00e0 \u00e9viter les termes techniques, en particulier lors des visites au chevet du patient.<\/p>\n\n<p>Une communication centr\u00e9e sur le patient peut permettre une meilleure compr\u00e9hension de l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 du patient et faciliter ainsi son implication dans la prise de d\u00e9cision lors des visites.<\/p>\n\n<p>Une analyse secondaire de l&#8217;essai BEDSIDE-OUTSIDE a montr\u00e9 qu&#8217;environ 80% des patients* souhaitent \u00eatre impliqu\u00e9s dans les d\u00e9cisions m\u00e9dicales ou m\u00eame d\u00e9cider eux-m\u00eames [23]. La pr\u00e9f\u00e9rence des patients \u00e0 \u00eatre impliqu\u00e9s ou non dans les d\u00e9cisions \u00e9tait un pr\u00e9dicteur important de la qualit\u00e9 per\u00e7ue du traitement dans l&#8217;\u00e9tude. Ainsi, les patients qui souhaitent prendre des d\u00e9cisions de mani\u00e8re autonome \u00e9taient significativement plus insatisfaits de leur s\u00e9jour \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital et avaient moins confiance dans les m\u00e9decins et le personnel soignant qui les soignaient. Il est donc pr\u00e9f\u00e9rable, surtout pour les d\u00e9cisions importantes, d&#8217;\u00e9laborer et de prendre en compte la pr\u00e9f\u00e9rence des patients.<\/p>\n\n<p>En outre, l&#8217;\u00e9tude BEDSIDE-OUTSIDE a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que les sujets sensibles tels que les comorbidit\u00e9s psychiatriques, le manque d&#8217;adh\u00e9sion au traitement ou les incertitudes m\u00e9dicales \u00e9taient significativement moins abord\u00e9s lors des visites au chevet du patient (odds ratio ajust\u00e9 0,72 (0,54-0,97) ; p=0,033). On pourrait supposer que lors des visites au chevet du patient, les sujets d\u00e9licats n&#8217;\u00e9taient pas abord\u00e9s devant les autres patients* pour des raisons de confidentialit\u00e9. Toutefois, l&#8217;\u00e9tude a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que l&#8217;\u00e9quipe soignante n&#8217;abordait pas non plus les aspects d\u00e9licats lors des d\u00e9briefings qui suivaient la visite et les occultait donc compl\u00e8tement. Des \u00e9tudes plus anciennes montrent cependant que des sujets d\u00e9licats comme l&#8217;\u00e9tat psychique ou le v\u00e9cu subjectif de la maladie sont tout \u00e0 fait consid\u00e9r\u00e9s par les patients* comme des th\u00e8mes prioritaires d&#8217;une visite et devraient donc \u00eatre abord\u00e9s [24].<\/p>\n\n<p>Dans une autre analyse secondaire de l&#8217;essai BEDSIDE-OUTSIDE, les auteurs* ont examin\u00e9 la communication interprofessionnelle pendant les entretiens de visite ainsi que la pr\u00e9f\u00e9rence des m\u00e9decins et des infirmi\u00e8res en ce qui concerne le type de pr\u00e9sentations faites aux patients [25]. Il est apparu que les infirmi\u00e8res pr\u00e9f\u00e9raient les visites au chevet, car elles se sentaient plus int\u00e9gr\u00e9es et valoris\u00e9es et avaient l&#8217;impression de pouvoir mieux faire part de leurs propres pr\u00e9occupations. L&#8217;une des raisons pourrait \u00eatre que les visites hors site sont plus acad\u00e9miques et mettent davantage l&#8217;accent sur l&#8217;enseignement aux internes que sur les aspects pratiques des soins aux patients. Cela peut conduire \u00e0 ce que les infirmi\u00e8res soient moins impliqu\u00e9es ici, alors qu&#8217;au chevet du patient, elles sont plus impliqu\u00e9es dans les discussions centr\u00e9es sur le patient.<\/p>\n\n<p>Les m\u00e9decins, quant \u00e0 eux, pr\u00e9f\u00e9raient les visites \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur, car ils se sentaient moins mal \u00e0 l&#8217;aise pour discuter de sujets d\u00e9licats. Les techniques de communication qui facilitent l&#8217;\u00e9vocation de sujets d\u00e9licats pourraient donc augmenter l&#8217;assurance dans la gestion de ces sujets et donc la satisfaction des m\u00e9decins lors des visites de Bedside.<\/p>\n\n<h3 id=\"comment-optimiser-la-communication\" class=\"wp-block-heading\">Comment optimiser la communication ?<\/h3>\n\n<p>Au pr\u00e9alable, il a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 discut\u00e9 au niveau m\u00e9dico-politique que les lacunes en mati\u00e8re de comp\u00e9tences de communication du c\u00f4t\u00e9 des m\u00e9decins \u00e9taient principalement dues \u00e0 un &#8220;d\u00e9ficit d&#8217;\u00e9tudes, trop somatiques, orient\u00e9es vers les faits et les performances&#8221; [26].<\/p>\n\n<p>Dans de nombreux pays europ\u00e9ens, le cursus de &#8220;m\u00e9decine humaine&#8221; a \u00e9t\u00e9 r\u00e9form\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es dans le cadre du processus de Bologne. La facult\u00e9 de m\u00e9decine de l&#8217;universit\u00e9 de B\u00e2le a profit\u00e9 du passage \u00e0 une structure bachelor\/master pour mettre en place un curriculum longitudinal &#8220;comp\u00e9tences sociales et communicatives&#8221; [27]. De la premi\u00e8re ann\u00e9e de licence \u00e0 la premi\u00e8re ann\u00e9e de master, les comp\u00e9tences en communication sont enseign\u00e9es longitudinalement en lien avec le contenu clinique. Il s&#8217;agit notamment de techniques centr\u00e9es sur le patient (ouvrant l&#8217;espace) telles que le WWSZ (attendre, r\u00e9p\u00e9ter, refl\u00e9ter, r\u00e9sumer) ou la prise en compte des \u00e9motions \u00e0 l&#8217;aide du mod\u00e8le NURSE (Naming emotion, Understanding, Respecting, Supporting, Exploring), ainsi que de techniques centr\u00e9es sur le m\u00e9decin telles que la structuration explicite de l&#8217;entretien. En outre, les techniques de communication &#8220;Prise de d\u00e9cision partag\u00e9e&#8221;, &#8220;Entretien motivationnel&#8221; et &#8220;Annoncer une mauvaise nouvelle&#8221; sont enseign\u00e9es dans des cours magistraux et mises en pratique dans des ateliers. L&#8217;objectif du programme est de faire en sorte que les patients ne soient pas seulement consid\u00e9r\u00e9s comme des &#8220;cas de maladie&#8221; somatiques, mais que les \u00e9tudiants comprennent \u00e9galement la signification de la maladie pour l&#8217;individu et apprennent \u00e0 aborder les questions et les aspects \u00e9motionnels. De nombreuses \u00e9tudes dans le domaine de la formation des \u00e9tudiants montrent qu&#8217;il est possible d&#8217;enseigner des comp\u00e9tences de communication et d&#8217;am\u00e9liorer les aptitudes des futurs m\u00e9decins [28].  <\/p>\n\n<p>L&#8217;importance de la communication dans le domaine m\u00e9dical a \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9e dans un rapport de r\u00e9f\u00e9rence sur la communication dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 britannique, soutenu par la Fondation Marie Curie [29]. Le rapport indique qu&#8217;un d\u00e9ficit de communication dans le secteur de la sant\u00e9 a un impact n\u00e9gatif sur la qualit\u00e9 des soins m\u00e9dicaux et les r\u00e9sultats des patients. En outre, les auteurs ont constat\u00e9 que le manque de comp\u00e9tences en communication entra\u00eene un gaspillage de ressources, dont les auteurs estiment le pr\u00e9judice \u00e0 1 milliard de livres par an au Royaume-Uni. De plus, les comp\u00e9tences en communication sont capables non seulement d&#8217;augmenter la satisfaction de nos patients, mais aussi de r\u00e9duire le taux d&#8217;\u00e9puisement professionnel du personnel m\u00e9dical.<\/p>\n\n<p>Les comp\u00e9tences en communication sont consid\u00e9r\u00e9es par de nombreuses soci\u00e9t\u00e9s de discipline m\u00e9dicale comme une comp\u00e9tence cl\u00e9 du m\u00e9decin, ce qui a conduit \u00e0 ce que les universit\u00e9s m\u00e9dicales suisses incluent d\u00e9sormais des cours sur les comp\u00e9tences en communication dans leur catalogue de mati\u00e8res obligatoires. Les m\u00e9decins en formation postgradu\u00e9e en h\u00e9matologie\/oncologie doivent suivre une formation en communication de plusieurs jours pour obtenir leur titre de sp\u00e9cialiste, car la communication et la prise en compte des besoins psychosociaux des patients sont consid\u00e9r\u00e9es comme des \u00e9l\u00e9ments fondamentaux d&#8217;une prise en charge de haute qualit\u00e9 des patients atteints de cancer [30]. En revanche, la formation continue des autres employ\u00e9s du secteur de la sant\u00e9 est souvent moins clairement d\u00e9crite.<\/p>\n\n<p>Des formations r\u00e9guli\u00e8res en communication pour l&#8217;ensemble du personnel m\u00e9dical, reprenant des exemples typiques de la vie clinique quotidienne (comme par exemple les discussions pendant une visite), pourraient contribuer de mani\u00e8re importante \u00e0 r\u00e9duire les malentendus et \u00e0 augmenter la satisfaction des patients. Il est n\u00e9cessaire de disposer de plus de preuves dans les domaines cliniquement importants et exigeants en termes de communication, afin de pouvoir les int\u00e9grer dans l&#8217;enseignement et la formation continue. En ce qui concerne la communication des visites, l&#8217;accent devrait \u00eatre mis sur une communication plus centr\u00e9e sur le patient pendant les visites, afin d&#8217;\u00e9viter la confusion et l&#8217;incertitude et de permettre aux patients de parler de sujets et de questions qui les concernent. Du c\u00f4t\u00e9 de l&#8217;\u00e9quipe soignante, il s&#8217;agit \u00e9galement d&#8217;\u00e9laborer des techniques qui facilitent, en particulier pendant les visites au chevet du patient, l&#8217;approche professionnelle de sujets d\u00e9licats sans d\u00e9stabiliser ou brusquer les patients.<\/p>\n\n<h3 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h3>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les visites sont un fondement \u00e9l\u00e9mentaire des soins centr\u00e9s sur le patient.<\/li>\n\n\n\n<li>Les pr\u00e9sentations de patients au chevet du patient sont plus efficaces en termes de temps, mais peuvent provoquer davantage de confusion et d&#8217;incertitude.<\/li>\n\n\n\n<li>La formation aux comp\u00e9tences de communication peut contribuer \u00e0 am\u00e9liorer les soins aux patients et constitue donc une comp\u00e9tence m\u00e9dicale de base qui peut \u00eatre apprise.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Daschle T, Domenici P, Frist W, et al.: Prescription for patient-centered care and cost containment. N Engl J Med 2013; 369(5): 471\u2013474; doi: 10.1056\/NEJMsb1306639.<\/li>\n\n\n\n<li>Stewart M: Towards a global definition of patient centred care. BMJ 2001; 322(7284): 444\u2013445; doi: 10.1136\/bmj.322.7284.444.<\/li>\n\n\n\n<li>Bardes CL: Defining \u00abpatient-centered medicine\u00bb. N Engl J Med 2012; 366(9): 782\u2013783; doi: 10.1056\/NEJMp1200070.<\/li>\n\n\n\n<li>Zwarenstein M, Goldman J, Reeves S: Interprofessional collaboration: effects of practice-based interventions on professional practice and healthcare outcomes. Cochrane Database Syst Rev 2009; 3: CD000072; doi: 10.1002\/14651858.CD000072.pub2.<\/li>\n\n\n\n<li>O\u2019Mahony S, Mazur E, Charney P, et al.: Use of multidisciplinary rounds to simultaneously improve quality outcomes, enhance resident education, and shorten length of stay. J Gen Intern Med 2007; 22(8): 1073\u20131079M; doi: 10.1007\/s11606-007-0225-1.<\/li>\n\n\n\n<li>Pucher PH, Aggarwal R, Darzi A: Surgical ward round quality and impact on variable patient outcomes. Ann Surg 2014; 259(2): 222-226; doi: 10.1097\/SLA.0000000000000376.<\/li>\n\n\n\n<li>Royal College of Physicians RCoN. Ward rounds in medicine: principles for best practice. 2015 (London: RCP, 2012.).<\/li>\n\n\n\n<li>Chapple A, Campion P, May C: Clinical terminology: anxiety and confusion amongst families undergoing genetic counseling. Patient education and counseling 1997; 32(1\u20132): 81\u201391.<\/li>\n\n\n\n<li>Hadlow J, Pitts M: The understanding of common health terms by doctors, nurses and patients. Soc Sci Med 1991; 32(2): 193\u2013196.<\/li>\n\n\n\n<li>Chapman K, Abraham C, Jenkins V, et al.: Lay understanding of terms used in cancer consultations. Psycho-oncology 2003; 12(6): 557\u2013566; doi: 10.1002\/pon.673.<\/li>\n\n\n\n<li>DiMatteo MR, Giordani PJ, Lepper HS, et al.: Patient adherence and medical treatment outcomes: a meta-analysis. Med Care 2002; 40(9): 794\u2013811; doi: 10.1097\/00005650-200209000-00009.<\/li>\n\n\n\n<li>Conn VS, Ruppar TM, Enriquez M, et al.: Patient-Centered Outcomes of Medication Adherence Interventions: Systematic Review and Meta-Analysis. Value Health 2016; 19(2): 277\u2013285; doi: 10.1016\/j.jval.2015.12.001.<\/li>\n\n\n\n<li>Clarke C, Friedman SM, Shi K, et al.: Emergency department discharge instructions comprehension and compliance study. CJEM 2005; 7(1): 5\u201311; doi: 10.1017\/s1481803500012860.<\/li>\n\n\n\n<li>Gamp M, Becker C, Tondorf T, et al.: Effect of Bedside vs. Non-bedside Patient Case Presentation During Ward Rounds: a Systematic Review and Meta-analysis. J Gen Intern Med 2019; 34(3): 447\u2013457; doi: 10.1007\/s11606-018-4714-1.<\/li>\n\n\n\n<li>Ratelle JT, Sawatsky AP, Kashiwagi DT, et al.: Implementing bedside rounds to improve patient-centred outcomes: a systematic review. BMJ Qual Saf 2019; 28(4): 317\u2013326; doi: 10.1136\/bmjqs-2017-007778.<\/li>\n\n\n\n<li>Gonzalo JD, Chuang CH, Huang G, et al.: The return of bedside rounds: an educational intervention. J Gen Intern Med 2010; 25(8): 792\u2013798; doi: 10.1007\/s11606-010-1344-7.<\/li>\n\n\n\n<li>Stickrath C, Noble M, Prochazka A, et al.: Attending rounds in the current era: what is and is not happening. JAMA Intern Med 2013; 173(12): 1084\u20131089; doi: 10.1001\/jamainternmed.2013.6041.<\/li>\n\n\n\n<li>Peters M, Ten Cate O: Bedside teaching in medical education: a literature review. Perspect Med Educ 2014; 3(2): 76\u201388; doi: 10.1007\/s40037-013-0083-y.<\/li>\n\n\n\n<li>Becker C, Gamp M, Schuetz P, et al.: Effect of Bedside Compared With Outside the Room Patient Case Presentation on Patients\u2019 Knowledge About Their Medical Care: A Randomized, Controlled, Multicenter Trial. Ann Intern Med 2021; 174(9): 1282\u20131292; doi: 10.7326\/M21-0909.<\/li>\n\n\n\n<li>Lehmann LS, Brancati FL, Chen MC, et al.: The effect of bedside case presentations on patients\u2019 perceptions of their medical care. N Engl J Med 1997; 336(16): 1150\u20131155; doi: 10.1056\/NEJM199704173361606.<\/li>\n\n\n\n<li>Rimmer A: Doctors must avoid jargon when talking to patients, royal college says. BMJ 2014; 348: g4131.<\/li>\n\n\n\n<li>Berkman ND, Sheridan SL, Donahue KE, et al.: Low health literacy and health outcomes: an updated systematic review. Ann Intern Med 2011; 155(2): 97-107; doi: 10.7326\/0003-4819-155-2-201107190-00005.<\/li>\n\n\n\n<li>Becker C, Gross S, Gamp M, et al.: Patients&#8217; Preference for Participation in Medical Decision-Making: Secondary Analysis of the BEDSIDE-OUTSIDE Trial. J Gen Intern Med 2022; doi: 10.1007\/s11606-022-07775-z.<\/li>\n\n\n\n<li>K\u00f6hle K, Raspe H: Das Gespr\u00e4ch w\u00e4hrend der \u00e4rztlichen Visite. M\u00fcnchen-Wien-Baltimore: Urban &amp; Schwarzenberg 1982.<\/li>\n\n\n\n<li>Gross S, Beck K, Becker C, et al.: Perception of physicians and nursing staff members regarding outside versus bedside ward rounds: ancillary analysis of the randomised BEDSIDE-OUTSIDE trial. Swiss Med Wkly 2022; 152: w30112; doi: 10.4414\/smw.2022.w30112.<\/li>\n\n\n\n<li>Geisler L: Kommunikation bei der Patientenvisite \u2013 Ausdruck unserer ethischen Werthaltung 2003 [Available from: www.linus-geisler.de\/vortraege\/0314patientenvisite.html, accessed October 5, 2022].<\/li>\n\n\n\n<li>Kiessling C, Langewitz W: The longitudinal curriculum \u00absocial and communicative competencies\u00bb within Bologna-reformed undergraduate medical education in Basel. GMS Z Med Ausbild 2013; 30(3): Doc31; doi: 10.3205\/zma000874.<\/li>\n\n\n\n<li>Smith S, Hanson JL, Tewksbury LR, et al.: Teaching patient communication skills to medical students: a review of randomized controlled trials. Eval Health Prof 2007; 30(1): 3\u201321; doi: 10.1177\/0163278706297333.<\/li>\n\n\n\n<li>McDonald A: A long and winding road: improving communication with patients in the NHS. London, 2016.<\/li>\n\n\n\n<li>Adler NE, Page AEK, eds. Cancer Care for the Whole Patient: Meeting Psychosocial Health Needs. Washington (DC) 2008.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><em>HAUSARZT PRAXIS 2022; 17(11): 10\u201314<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une m\u00e9decine centr\u00e9e sur le patient, qui respecte et int\u00e8gre les pr\u00e9f\u00e9rences, les valeurs ou les besoins individuels, a pris de l&#8217;importance dans les soins aux patients ces derni\u00e8res ann\u00e9es.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":126703,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Visite centr\u00e9e sur le patient en m\u00e9decine","footnotes":""},"category":[11527,11531,22616,11315,11482,11549],"tags":[12121,11999,12120,12122],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-323976","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-formation-continue","category-formation-continue-cme","category-medecine-interne-generale","category-prevention-et-soins-de-sante","category-rx-fr","tag-communication-medecin-patient","tag-formation-continue-cme","tag-soins-aux-patients","tag-visite-centree-sur-le-patient","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-17 07:00:19","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":323984,"slug":"allineare-lassistenza-al-paziente-2","post_title":"Allineare l\u2019assistenza al paziente","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/allineare-lassistenza-al-paziente-2\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":323953,"slug":"alinhamento-dos-cuidados-com-o-paciente-2","post_title":"Alinhamento dos cuidados com o paciente","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/alinhamento-dos-cuidados-com-o-paciente-2\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":323968,"slug":"alinear-la-atencion-con-el-paciente-2","post_title":"Alinear la atenci\u00f3n con el paciente","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/alinear-la-atencion-con-el-paciente-2\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/323976","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=323976"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/323976\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":368629,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/323976\/revisions\/368629"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/126703"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=323976"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=323976"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=323976"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=323976"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}