{"id":324204,"date":"2022-11-15T01:00:00","date_gmt":"2022-11-15T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/limportance-des-preuves-dans-la-pratique-clinique-quotidienne\/"},"modified":"2022-11-15T01:00:00","modified_gmt":"2022-11-15T00:00:00","slug":"limportance-des-preuves-dans-la-pratique-clinique-quotidienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/limportance-des-preuves-dans-la-pratique-clinique-quotidienne\/","title":{"rendered":"L&#8217;importance des preuves dans la pratique clinique quotidienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Chaque praticien s&#8217;efforce de fournir le meilleur traitement possible \u00e0 ses patients. L&#8217;objectif optimal serait, dans la mesure du possible, de gu\u00e9rir la maladie, ou du moins de la stopper, sans induire d&#8217;effets secondaires. Pour \u00e9valuer les diff\u00e9rents r\u00e9gimes th\u00e9rapeutiques, on a volontiers recours \u00e0 des recommandations fond\u00e9es sur des preuves. Mais que signifient les preuves, en particulier dans la pratique clinique quotidienne ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En m\u00e9decine, le mot-cl\u00e9 &#8220;preuves&#8221; inspire une certaine confiance. Les recommandations formul\u00e9es sur cette base ne s&#8217;appuient pas uniquement sur des th\u00e9ories ou des avis d&#8217;experts, mais sur des preuves scientifiques. L&#8217;objectif est de g\u00e9n\u00e9rer des r\u00e9ponses fiables concernant la gestion optimale du traitement dans l&#8217;indication concern\u00e9e. En cons\u00e9quence, la pyramide des preuves a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e tr\u00e8s t\u00f4t pour cat\u00e9goriser les diff\u00e9rentes sources <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(Fig. 1)<\/span> [1]. Plusieurs versions de la pyramide des preuves ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites. Mais tous se sont concentr\u00e9s sur l&#8217;utilisation de mod\u00e8les d&#8217;\u00e9tudes plus faibles comme base (science fondamentale et s\u00e9ries de cas), suivis par les \u00e9tudes cas-t\u00e9moins et les \u00e9tudes de cohorte au milieu, puis les essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s (ECR) et tout en haut, les revues syst\u00e9matiques et les m\u00e9ta-analyses. En principe, c&#8217;est peut-\u00eatre vrai. N\u00e9anmoins, les essais cliniques ne sont pas exempts d&#8217;erreurs. Les biais typiques se situent par exemple au niveau de l&#8217;ex\u00e9cution, de l&#8217;\u00e9valuation ou du reporting. Mais la s\u00e9lection des patients, le plan de traitement et le setting th\u00e9rapeutique peuvent \u00e9galement d\u00e9terminer dans quelle mesure les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude peuvent \u00eatre g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-19984\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/11\/abb1-np5_s24.png\" style=\"height:439px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"804\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La question de la validit\u00e9 des donn\u00e9es issues d&#8217;essais cliniques fait r\u00e9guli\u00e8rement l&#8217;objet de d\u00e9bats. Une \u00e9valuation r\u00e9cente montre que sur 1640 \u00e9tudes analys\u00e9es qui ont fourni des informations sur le risque de biais, 1013 (62%) \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 un risque de biais \u00e9lev\u00e9 (mauvais), 494 (30%) \u00e9taient peu claires et seulement 133 (8%) \u00e9taient associ\u00e9es \u00e0 un risque de biais faible [2]. D\u00e8s 1994, Doug Altman affirmait : &#8220;Nous avons besoin de moins de recherche, d&#8217;une meilleure recherche et d&#8217;une recherche men\u00e9e pour les bonnes raisons&#8221;. Mais qu&#8217;est-ce que cela signifie en termes de mise en \u0153uvre ?<\/p>\n<h2 id=\"preuve-ne-signifie-pas-necessairement-bien-etudie\">Preuve ne signifie pas n\u00e9cessairement bien \u00e9tudi\u00e9<\/h2>\n<p>Si l&#8217;on prend des \u00e9tudes dans le domaine de la schizophr\u00e9nie, une m\u00e9ta-analyse sur l&#8217;efficacit\u00e9 des antipsychotiques injectables \u00e0 longue dur\u00e9e d&#8217;action (LAI) par rapport aux antipsychotiques oraux pour la pr\u00e9vention des rechutes dans le traitement d&#8217;entretien a montr\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de diff\u00e9rence significative [3]. Du moins, pas si l&#8217;on analyse des essais cliniques randomis\u00e9s (ECR). En revanche, si l&#8217;on inclut \u00e9galement les \u00e9tudes de cohorte et les \u00e9tudes pr\u00e9-post dans l&#8217;analyse, on constate une sup\u00e9riorit\u00e9 significative de l&#8217;IAL par rapport \u00e0 la voie orale [4]. Mais ce qui a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 soulign\u00e9, c&#8217;est le fait que les patients dans les essais cliniques randomis\u00e9s sont g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s adh\u00e9rents et ne correspondent pas toujours aux clients dans le traitement quotidien [3].<\/p>\n<h2 id=\"les-etudes-du-monde-reel-constituent-elles-une-meilleure-base-de-donnees-probantes\">Les \u00e9tudes du monde r\u00e9el constituent-elles une meilleure base de donn\u00e9es probantes ?<\/h2>\n<p>Les preuves du monde r\u00e9el (Real World Evidence, RWE) prennent donc de plus en plus d&#8217;importance. Elle correspond aux preuves cliniques concernant les avantages, les b\u00e9n\u00e9fices et les risques d&#8217;un m\u00e9dicament, obtenues \u00e0 partir de donn\u00e9es du monde r\u00e9el (Real-World Data, RWD). Ceux-ci sont souvent g\u00e9n\u00e9r\u00e9s par des \u00e9tudes de registres, des \u00e9tudes non interventionnelles, des rapports de cas et des rapports d&#8217;exp\u00e9rience pratique. L&#8217;avantage de la RWD : elle permet de repr\u00e9senter la population r\u00e9elle de patients. De nombreux patients pr\u00e9sentant des comorbidit\u00e9s et des com\u00e9dications ne sont pas inclus dans les essais cliniques, m\u00eame s&#8217;ils peuvent jouer un r\u00f4le important dans la pratique clinique. Par cons\u00e9quent, les r\u00e9sultats ne sont pas n\u00e9cessairement directement applicables aux soins quotidiens. RWE comble cette lacune. C&#8217;est pourquoi les \u00e9tudes du monde r\u00e9el sont de plus en plus importantes et de plus en plus fr\u00e9quentes. Une \u00e9tude multicentrique prospective non interventionnelle de 13 semaines (ACTIVATE) est en cours d&#8217;acquisition pour \u00e9valuer le profil d&#8217;efficacit\u00e9 et de tol\u00e9rance du brexpiprazole chez des patients adultes atteints de schizophr\u00e9nie et devant \u00eatre trait\u00e9s en ambulatoire. L&#8217;objectif est d&#8217;utiliser les nouvelles connaissances acquises pour organiser la gestion du traitement de mani\u00e8re plus centr\u00e9e sur le patient &#8211; en tenant compte de la r\u00e9alit\u00e9 de la vie en Suisse.<\/p>\n<p>\n<em>Congr\u00e8s :&nbsp;FomF Update Refresher<\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Murad, et al : Nouvelle pyramide de preuves. Evid Based Med 2016 ; 21 : 125-127.<\/li>\n<li>Pirosca, et al : Tolerating bad health research : the continuing scandal. Trials 2022 ; 23 : 458.<\/li>\n<li>Kishimoto, et al : Long-acting injectable vs oral antipsychotics for relpase prevention in schizophrenia : A meta-Analysis of randomized trials. Bulletin de la schizophr\u00e9nie 2014 ; 192-213.<\/li>\n<li>Kishimoto, et al : Long-acting injectable versus oral antipsychotics for the maintenance treatment of schizophrenia : a systematic review and comparative meta-analysis of randomised, cohort and pre-post studies. Lancet Psychiatry 2021 ; 8(5) : 387-404.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2022 ; 20(5) : 24<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chaque praticien s&#8217;efforce de fournir le meilleur traitement possible \u00e0 ses patients. 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