{"id":325415,"date":"2022-07-04T14:00:00","date_gmt":"2022-07-04T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/origine-diagnostic-et-traitement-des-tumeurs-agressives\/"},"modified":"2023-01-11T08:38:08","modified_gmt":"2023-01-11T07:38:08","slug":"origine-diagnostic-et-traitement-des-tumeurs-agressives","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/origine-diagnostic-et-traitement-des-tumeurs-agressives\/","title":{"rendered":"Origine, diagnostic et traitement des tumeurs agressives"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. Une fois le diagnostic pos\u00e9, les patients ont une courte esp\u00e9rance de vie, notamment en raison des possibilit\u00e9s limit\u00e9es de traitement. L&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Comme la maladie \u00e9volue insidieusement sur plusieurs d\u00e9cennies, elle est souvent d\u00e9couverte tr\u00e8s tard.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n\n<p><strong>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. Une fois le diagnostic pos\u00e9, les patients ont une courte esp\u00e9rance de vie, notamment en raison des possibilit\u00e9s limit\u00e9es de traitement. L&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Comme la maladie \u00e9volue insidieusement sur plusieurs d\u00e9cennies, elle est souvent d\u00e9couverte tr\u00e8s tard.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. Une fois le diagnostic pos\u00e9, les patients ont une courte esp\u00e9rance de vie, notamment en raison des possibilit\u00e9s limit\u00e9es de traitement. L&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante est consid\u00e9r\u00e9e comme le principal facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Comme la maladie \u00e9volue insidieusement sur plusieurs d\u00e9cennies, elle est souvent d\u00e9couverte tr\u00e8s tard. C&#8217;est pourquoi les patients sont souvent diagnostiqu\u00e9s avec un m\u00e9soth\u00e9liome pleural inop\u00e9rable, qui se trouve d\u00e9j\u00e0 \u00e0 un stade avanc\u00e9. Cela limite les mesures th\u00e9rapeutiques et se traduit \u00e9galement par une faible esp\u00e9rance de vie d&#8217;environ 12 mois apr\u00e8s le diagnostic.<\/p>\n\n<h2 id=\"origine-du-mesotheliome-pleural\" class=\"wp-block-heading\">Origine du m\u00e9soth\u00e9liome pleural<\/h2>\n\n<p>La cause la plus fr\u00e9quente de d\u00e9veloppement d&#8217;un m\u00e9soth\u00e9liome pleural est l&#8217;exposition aux fibres d&#8217;amiante, g\u00e9n\u00e9ralement plusieurs d\u00e9cennies avant l&#8217;apparition des premiers sympt\u00f4mes. L&#8217;inhalation de ces fibres entra\u00eene une inflammation chronique de la pl\u00e8vre, qui contribue \u00e0 la transformation maligne des cellules m\u00e9soth\u00e9liales. Les fibres peuvent directement causer des dommages \u00e0 l&#8217;ADN dans les cellules m\u00e9soth\u00e9liales, ce qui entra\u00eene la mort des cellules et la lib\u00e9ration de m\u00e9diateurs inflammatoires tels que HMGB1 et CCL2. Les m\u00e9diateurs inflammatoires, en particulier CCL2, recrutent les macrophages et agissent directement sur les cellules m\u00e9soth\u00e9liales en se liant aux r\u00e9cepteurs RAGE des cellules m\u00e9soth\u00e9liales et en induisant leur division cellulaire et leur migration. Les macrophages recrut\u00e9s contribuent \u00e9galement \u00e0 l&#8217;inflammation locale et \u00e0 la prolif\u00e9ration des cellules m\u00e9soth\u00e9liales. L&#8217;ingestion de fibres d&#8217;amiante par les macrophages stimule le capteur immunitaire inflammasome, ce qui entra\u00eene la s\u00e9cr\u00e9tion d&#8217;IL-1\u03b2. Outre l&#8217;IL-1\u03b2, les macrophages s\u00e9cr\u00e8tent \u00e9galement le TNF-<span style=\"font-family: times new roman;\">\u03b1,<\/span> ces deux cytokines contribuant \u00e0 la survie des cellules m\u00e9soth\u00e9liales et \u00e0 la poursuite de leur transformation maligne <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Fig. 1)<\/span> [1].<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1303\" height=\"1112\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/07\/abb1-oh3_s8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19364\"\/><\/figure>\n\n<h2 id=\"signatures-genetiques\" class=\"wp-block-heading\">Signatures g\u00e9n\u00e9tiques<\/h2>\n\n<p>Environ 80% des tumeurs ont pour origine une exposition \u00e0 l&#8217;amiante survenue plusieurs d\u00e9cennies auparavant. Une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique familiale due \u00e0 des mutations germinales du <em>g\u00e8ne BAP1<\/em>peut augmenter la probabilit\u00e9 de d\u00e9velopper un m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Contrairement \u00e0 d&#8217;autres maladies tumorales, dans lesquelles il existe souvent des mutations activatrices dans les oncog\u00e8nes, le m\u00e9soth\u00e9liome pleural se caract\u00e9rise principalement par l&#8217;alt\u00e9ration et la perte de parties enti\u00e8res de chromosomes et par des mutations dans les g\u00e8nes suppresseurs de tumeurs. Pendant longtemps, peu d&#8217;attention a \u00e9t\u00e9 accord\u00e9e aux modifications g\u00e9n\u00e9tiques dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural, en raison du faible taux de mutations de ce type de cancer et de quelques cas o\u00f9 une th\u00e9rapie cibl\u00e9e serait possible. Les mutations et d\u00e9l\u00e9tions les plus fr\u00e9quentes concernent les g\u00e8nes <em>BAP1, CDKN2A <\/em>et  <em>NF2. BAP1<\/em>  est un g\u00e8ne suppresseur de tumeur impliqu\u00e9 dans la r\u00e9paration des dommages de l&#8217;ADN et dans le contr\u00f4le du cycle cellulaire. <em>BAP1<\/em> est alt\u00e9r\u00e9 dans environ 45% des m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux, mais ce chiffre peut varier selon les histologies.<\/p>\n\n<p><em>CDKN2A <\/em>est \u00e9galement un g\u00e8ne suppresseur de tumeur qui est souvent supprim\u00e9 dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural. On trouve des alt\u00e9rations de ce g\u00e8ne dans environ 47% des tumeurs. <em>CDKN2A<\/em> joue un r\u00f4le important dans la r\u00e9gulation du cycle cellulaire, codant pour l&#8217;inhibiteur des kinases 4 et 6 d\u00e9pendantes de la cycline. La perte de ce g\u00e8ne entra\u00eene donc des signaux pro-mitotiques et la survie de la cellule.<\/p>\n\n<p><em>NF2<\/em> est \u00e9galement impliqu\u00e9 dans la r\u00e9gulation du cycle cellulaire et est alt\u00e9r\u00e9 dans environ 32% des m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux. NF2 r\u00e9gule la voie de signalisation Hippo via les prot\u00e9ines YAP et TAZ. L&#8217;inactivation de NF2 entra\u00eene une hyperactivation du YAP et une division cellulaire incontr\u00f4l\u00e9e.<\/p>\n\n<p>Seuls quelques m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux pr\u00e9sentent des mutations dans des g\u00e8nes qui peuvent \u00eatre cibl\u00e9s par des inhibiteurs de petites mol\u00e9cules. Nous avons pu montrer dans une \u00e9tude que dans environ 5% de tous les m\u00e9soth\u00e9liomes pleuraux, les g\u00e8nes <em>ALK, KRAS EGFR, PDGFRA\/B, ERBB2<\/em> ou <em>FGFR3<\/em> sont mut\u00e9s et pourraient \u00eatre trait\u00e9s par des th\u00e9rapies cibl\u00e9es [2]. D&#8217;autres \u00e9tudes doivent encore d\u00e9montrer l&#8217;efficacit\u00e9 de ce traitement dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural.<\/p>\n\n<h2 id=\"environnement-de-la-tumeur\" class=\"wp-block-heading\">Environnement de la tumeur<\/h2>\n\n<p>L&#8217;interaction entre diff\u00e9rents types de cellules, comme les cellules immunitaires, les cellules stromales, les cellules tumorales et les cellules endoth\u00e9liales des vaisseaux sanguins dans la tumeur est tr\u00e8s complexe et n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9e dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Selon le type de tumeur et le patient, l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 des types de cellules et des fonctions est grande. Par cons\u00e9quent, les th\u00e9rapies qui agissent directement sur l&#8217;environnement tumoral sont difficiles \u00e0 d\u00e9velopper. De plus, les cellules immunitaires ont souvent un ph\u00e9notype inhibiteur et r\u00e9gulateur, principalement repr\u00e9sent\u00e9 par les lymphocytes T r\u00e9gulateurs, les macrophages de type 2 et les cellules suppresseurs my\u00e9lo\u00efdes.<\/p>\n\n<p>Les macrophages sont les cellules immunitaires les plus fr\u00e9quentes dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural et sont recrut\u00e9s dans le sang sous forme de monocytes par CCL2, qui est s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 par les cellules m\u00e9soth\u00e9liales. Les macrophages associ\u00e9s aux tumeurs expriment un ph\u00e9notype immunosuppresseur de type 2 et soutiennent la prolif\u00e9ration des cellules m\u00e9soth\u00e9liales malignes et la croissance tumorale, ce qui les met \u00e9galement en corr\u00e9lation avec un mauvais pronostic. Les deuxi\u00e8mes cellules immunitaires les plus fr\u00e9quentes dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sont les lymphocytes T, dont tous les sous-types sont pr\u00e9sents, comme les cellules T auxiliaires CD4+, les cellules T cytotoxiques CD8+ et les cellules T r\u00e9gulatrices FoxP3+. Les cellules T cytotoxiques expriment souvent des marqueurs tels que Lag-3, Tim-3, PD-1, qui d\u00e9finissent un ph\u00e9notype non r\u00e9actif. Ces cellules T ne sont plus capables d&#8217;exercer des fonctions effectrices, ce qui donne un avantage de survie aux cellules tumorales. Dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural, la pr\u00e9sence de cellules T dans la tumeur est positivement associ\u00e9e \u00e0 la survie, selon les \u00e9tudes, mais cela peut varier en fonction de l&#8217;histologie et du ph\u00e9notype sp\u00e9cifique des cellules T. Les cellules T peuvent \u00eatre pr\u00e9sentes dans la tumeur, mais pas dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural. Ainsi, les cellules T r\u00e9gulatrices dans la tumeur sont associ\u00e9es \u00e0 une survie plus courte. D&#8217;autres cellules immunitaires suppressives dans la tumeur sont les cellules suppressives my\u00e9lo\u00efdes, qui peuvent repr\u00e9senter jusqu&#8217;\u00e0 10% de toutes les cellules immunitaires infiltrantes. Ils ont un effet n\u00e9gatif sur les cellules T et peuvent inhiber leur division cellulaire.<\/p>\n\n<h2 id=\"pathologie\" class=\"wp-block-heading\">Pathologie<\/h2>\n\n<p>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural est divis\u00e9 en trois sous-types histologiques : le m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde (environ 80% des cas), le m\u00e9soth\u00e9liome pleural biphasique et le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sarcomato\u00efde. Le sous-type biphasique se caract\u00e9rise par une combinaison de structures \u00e9pith\u00e9lio\u00efdes et sarcomato\u00efdes.<\/p>\n\n<p>Les sous-types histologiques se distinguent principalement par leur esp\u00e9rance de vie. Les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde ont une esp\u00e9rance de vie plus longue que les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural biphasique ou sarcomato\u00efde. De plus, les patients pr\u00e9sentant un sous-type \u00e9pith\u00e9lio\u00efde b\u00e9n\u00e9ficient g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;une r\u00e9section, alors que les autres sous-types ne tirent aucun avantage d&#8217;une intervention chirurgicale. Il est parfois difficile de diagnostiquer un m\u00e9soth\u00e9liome pleural en raison de sa morphologie cellulaire, d&#8217;une part parce que la pl\u00e8vre est souvent alt\u00e9r\u00e9e par des modifications inflammatoires ou parce qu&#8217;il existe des m\u00e9tastases d&#8217;une autre maladie maligne, d&#8217;autre part parce qu&#8217;il n&#8217;est pas toujours possible de d\u00e9terminer la cause de la maladie. Il est donc n\u00e9cessaire de poursuivre l&#8217;analyse d&#8217;une biopsie pleurale par immunohistochimie (IHC) de deux marqueurs de m\u00e9soth\u00e9liome tels que la calr\u00e9tinine, la podoplanine, la tumeur de Wilms 1 (WT-1) ou la cytok\u00e9ratine 5\/6. En outre, d&#8217;autres carcinomes peuvent \u00eatre exclus par la coloration avec l&#8217;ACE, le Ber-EP4, la pancytok\u00e9ratine ou la claudine-4. Un m\u00e9soth\u00e9liome pleural avec une modification \u00e9pith\u00e9liale de type plaque peut \u00eatre distingu\u00e9 d&#8217;un carcinome \u00e9pidermo\u00efde au moyen d&#8217;une coloration pour les marqueurs p40 et p63. En outre, les alt\u00e9rations g\u00e9n\u00e9tiques des g\u00e8nes <em>BAP1 <\/em>et <em>CDKN2A<\/em> sont fr\u00e9quentes, ce qui entra\u00eene la perte de l&#8217;expression de ces prot\u00e9ines dans la tumeur. En cons\u00e9quence, une analyse immunohistochimique de l&#8217;expression de <em>BAP1<\/em> et de MTAP (MTAP est analys\u00e9 comme substitut de <em>CDKN2A<\/em>, car ces g\u00e8nes sont situ\u00e9s c\u00f4te \u00e0 c\u00f4te sur le segment chromosomique 9p21 et il y a souvent une co-d\u00e9l\u00e9tion) peut \u00e9galement \u00eatre utile pour le diagnostic final.<\/p>\n\n<h2 id=\"symptomes-diagnostic-et-stadification\" class=\"wp-block-heading\">Sympt\u00f4mes, diagnostic et stadification<\/h2>\n\n<p>Les patients se pr\u00e9sentent souvent avec des sympt\u00f4mes peu clairs de dyspn\u00e9e, de douleurs thoraciques et de perte de poids. Souvent, les patients pr\u00e9sentent un \u00e9panchement pleural unilat\u00e9ral. Le diagnostic du m\u00e9soth\u00e9liome pleural repose sur plusieurs examens : i) Examens radiologiques, y compris scanner du thorax, ii) biopsie pleurale par thoracoscopie pour v\u00e9rifier davantage le diagnostic de m\u00e9soth\u00e9liome pleural et d\u00e9terminer l&#8217;histologie. Une biopsie pleurale doit donc toujours atteindre la graisse sous-pleurale et \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 partir de trois sites diff\u00e9rents ou plus. Pour \u00e9viter le risque d&#8217;implantation de cellules tumorales dans la paroi thoracique, il convient de n&#8217;utiliser que 1 ou 2 points d&#8217;entr\u00e9e de la thoracoscopie [3]. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de les placer dans le m\u00eame espace intercostal de la r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te pr\u00e9vue pour la suite.<\/p>\n\n<p>Le staging se fait par tomographie par \u00e9mission de positons (PET-CT) et est compl\u00e9t\u00e9 par une m\u00e9diastinoscopie ou une \u00e9chographie endobronchique (EBUS) en cas de suspicion d&#8217;atteinte des ganglions m\u00e9diastinaux, par une thoracoscopie controlat\u00e9rale en cas de suspicion d&#8217;atteinte de la pl\u00e8vre controlat\u00e9rale, ou par une laparoscopie en cas de suspicion d&#8217;atteinte du p\u00e9ritoine. L&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique (IRM) du thorax peut en outre fournir des informations pr\u00e9cieuses pour la stadification en cas d&#8217;infiltration dans le diaphragme, la paroi thoracique, le p\u00e9ricarde ou le m\u00e9diastin.<\/p>\n\n<h2 id=\"interventions-chirurgicales\" class=\"wp-block-heading\">Interventions chirurgicales<\/h2>\n\n<p>Le traitement doit \u00eatre discut\u00e9 dans le cadre d&#8217;un Tubmorboard interdisciplinaire avec des sp\u00e9cialistes de la chirurgie thoracique, de l&#8217;oncologie, de la radio-oncologie, de la pathologie et de la radiologie. Si le stade de la tumeur et l&#8217;\u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral du patient se pr\u00eatent \u00e0 un traitement multimodal, une chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante avec des cytostatiques \u00e0 base de platine et des antagonistes de l&#8217;acide folique est suivie d&#8217;un re-calibrage par PET-CT pour r\u00e9\u00e9valuer l&#8217;op\u00e9rabilit\u00e9. En raison de la situation anatomique avec proximit\u00e9 des structures m\u00e9diastinales, il n&#8217;est pas possible de respecter des distances de s\u00e9curit\u00e9 suffisantes lors d&#8217;une r\u00e9section MPM. Une r\u00e9section radicale signifie donc ici une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te visant \u00e0 une cytor\u00e9duction maximale, mais avec le risque d&#8217;une tumeur microscopique r\u00e9siduelle [4]. Une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te peut \u00eatre obtenue par une pneumonectomie extrapleurale (EPP) ou une pleurectomie \u00e9largie et d\u00e9cortication (EPD) pr\u00e9servant le parenchyme pulmonaire [4]. Alors que l&#8217;EPP consiste en une r\u00e9section en bloc du poumon atteint avec la pl\u00e8vre visc\u00e9rale et pari\u00e9tale, ainsi que le diaphragme et le p\u00e9ricarde, l&#8217;EPD consiste uniquement \u00e0 d\u00e9tacher la pl\u00e8vre pari\u00e9tale et visc\u00e9rale et \u00e0 l&#8217;enlever avec le diaphragme et le p\u00e9ricarde atteints, tout en conservant le poumon [4]. En l&#8217;absence de signes d&#8217;atteinte p\u00e9ricardique ou diaphragmatique, une pleurectomie et une d\u00e9cortication (DP) isol\u00e9es peuvent \u00eatre choisies. Toutes les r\u00e9sections chirurgicales doivent \u00eatre accompagn\u00e9es d&#8217;une lymphad\u00e9nectomie m\u00e9diastinale syst\u00e9matique. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, on assiste de plus en plus \u00e0 un glissement de l&#8217;EPP vers l&#8217;EPD, car le parenchyme pulmonaire et les r\u00e9serves fonctionnelles sont pr\u00e9serv\u00e9s, ce qui permet au patient d&#8217;avoir une meilleure qualit\u00e9 de vie. En outre, l&#8217;EPP est associ\u00e9e \u00e0 une augmentation de la morbidit\u00e9 et de la mortalit\u00e9 p\u00e9riop\u00e9ratoires. L&#8217;EPP ne doit \u00eatre envisag\u00e9e que dans des cas s\u00e9lectionn\u00e9s, avec une infiltration \u00e9tendue du parenchyme pulmonaire et des r\u00e9serves cardiopulmonaires suffisantes, et ne doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e que dans des centres exp\u00e9riment\u00e9s.<\/p>\n\n<p>Chez les patients pour lesquels une cytor\u00e9duction maximale par r\u00e9section macroscopique compl\u00e8te n&#8217;est pas envisageable, la r\u00e9currence d&#8217;un \u00e9panchement pleural symptomatique peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e dans une approche palliative. En cas de poumon \u00e9tendu, cela se fait par pl\u00e9urod\u00e8se de suif thoracoscopique, et en cas de poumon chroniquement pi\u00e9g\u00e9, par un syst\u00e8me de cath\u00e9ter tunnelis\u00e9 sous-cutan\u00e9, qui permet \u00e9galement un drainage r\u00e9gulier de l&#8217;\u00e9panchement \u00e0 domicile.<\/p>\n\n<p>Une VATS-PP palliative est recommand\u00e9e pour contr\u00f4ler les \u00e9panchements pleuraux r\u00e9p\u00e9t\u00e9s chez les patients qui sont suffisamment aptes pour un traitement chirurgical et qui ne peuvent pas b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une pleurod\u00e8se chimique (ou apr\u00e8s une pleurod\u00e8se infructueuse) ou d&#8217;un cath\u00e9ter \u00e0 demeure [5].<\/p>\n\n<h2 id=\"therapie-systemique\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie syst\u00e9mique<\/h2>\n\n<p>Depuis 2004, les patients sont trait\u00e9s par un traitement syst\u00e9mique associant le pemetrexed et une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de platine. L&#8217;introduction du bevacizumab, un inhibiteur de l&#8217;angiogen\u00e8se, en combinaison avec le cisplatine\/pemetrexed a permis d&#8217;augmenter l&#8217;esp\u00e9rance de vie d&#8217;environ 2,5 mois. Suite au succ\u00e8s des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires dans diff\u00e9rentes tumeurs solides, le traitement combin\u00e9 de l&#8217;ipilimumab (anticorps anti-CTLA-4) et du nivolumab (anticorps anti-PD-1) a \u00e9t\u00e9 test\u00e9. Ce traitement a montr\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la survie dans le m\u00e9soth\u00e9liome pleural sarcomato\u00efde et \u00e9pith\u00e9lio\u00efde avec PD-L1&gt;1% [6]. Ainsi, ce traitement a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 par la FDA et l&#8217;EMA en tant que traitement de premi\u00e8re ligne en 2020. Cependant, dans les lignes de traitement ult\u00e9rieures, le m\u00e9soth\u00e9liome pleural reste toujours une maladie sans traitement standardis\u00e9 et les patients sont souvent inclus dans des essais cliniques.<\/p>\n\n<p>De nombreux essais cliniques sont actuellement en cours dans le monde entier, avec diff\u00e9rentes approches th\u00e9rapeutiques et de nouvelles th\u00e9rapies combin\u00e9es. Cela inclut certaines \u00e9tudes utilisant des th\u00e9rapies combin\u00e9es d&#8217;inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires et diff\u00e9rentes chimioth\u00e9rapies. De plus, sur la base d&#8217;analyses de mutations, des m\u00e9dicaments sp\u00e9cifiques \u00e0 la tumeur sont test\u00e9s et agissent directement sur ces modifications. Dans les tumeurs pr\u00e9sentant un d\u00e9faut dans les g\u00e8nes de r\u00e9paration pour la recombinaison homologue, des inhibiteurs de PARP sont test\u00e9s en combinaison avec des anticorps anti-PD-1, tandis que dans les tumeurs pr\u00e9sentant une perte dans les g\u00e8nes NF2\/LATS1\/LATS2 ou avec des fusions AYP\/TAZ fonctionnelles, des inhibiteurs sp\u00e9cifiques dont le m\u00e9canisme d&#8217;action n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sont test\u00e9s. De plus, des \u00e9tudes sont en cours dans lesquelles les tumeurs sont analys\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiquement et trait\u00e9es sur la base de la mutation sp\u00e9cifique. Ainsi, les <em>BRCA1\/BAP1<\/em> n\u00e9gatifs sont trait\u00e9s avec des inhibiteurs de PARP ou les <em>CDKN2A<\/em> n\u00e9gatifs avec des inhibiteurs de CDK4\/6, d&#8217;autres groupes sont trait\u00e9s avec des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires ou des anticorps anti-VEGF, selon l&#8217;expression de PD-L1.<\/p>\n\n<p>Certaines \u00e9tudes analysent les immunomodulateurs qui ont un effet activateur sur le syst\u00e8me immunitaire, et des formes avanc\u00e9es de polyI:C (hiltonol) sont actuellement test\u00e9es comme adjuvants par injection directe dans la pl\u00e8vre. D&#8217;autres \u00e9tudes testent les cellules dendritiques, qui sont charg\u00e9es d&#8217;antig\u00e8nes tumoraux et peuvent d\u00e9clencher une r\u00e9ponse immunitaire directe contre la tumeur chez le patient. En outre, des versions nouvelles et modifi\u00e9es de l&#8217;IL-2 sont test\u00e9es en combinaison avec des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires (THOR-707) et des cellules CAR-T qui reconnaissent l&#8217;antig\u00e8ne m\u00e9soth\u00e9line.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Une cytor\u00e9duction chirurgicale maximale par r\u00e9section macroscopique compl\u00e8te est recommand\u00e9e chez des patients s\u00e9lectionn\u00e9s pr\u00e9sentant un MPM \u00e0 un stade pr\u00e9coce et disposant de r\u00e9serves cardiopulmonaires suffisantes.<\/li>\n\n\n\n<li>Une r\u00e9section macroscopiquement compl\u00e8te doit toujours \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e dans le cadre d&#8217;un concept th\u00e9rapeutique multimodal en combinaison avec une chimioth\u00e9rapie.<\/li>\n\n\n\n<li>Les recommandations et les d\u00e9cisions de traitement devraient toujours \u00eatre prises lors d&#8217;un tumorboard interdisciplinaire d&#8217;oncologie thoracique en pr\u00e9sence d&#8217;oncologues, de radio-oncologues, de pneumologues et de chirurgiens thoraciques.<\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement de premi\u00e8re ligne chez les patients non op\u00e9rables est bas\u00e9 sur le nivolumab et l&#8217;ipilimumab pour les patients atteints de m\u00e9soth\u00e9liome pleural \u00e9pith\u00e9lio\u00efde avec expression de PD-L1 &gt;1% et pour tous les autres sous-types histologiques. Sinon, l&#8217;autre option est un traitement par platinum-pemetrexed et bevacizumab.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Hiltbrunner S, Mannarino L, Kirschner MB, et al : Tumor Immune Microenvironment and Genetic Alterations in Mesothelioma, Frontiers in oncology 11 (2021) 660039.<\/li>\n\n\n\n<li>Hiltbrunner S, Fleischmann Z, Sokol E, Curioni-Fontecedro A : 1734P Genomic landscape of pleural and peritoneal mesothelioma tumors, Annals of Oncology 32 (2021) S1200.<\/li>\n\n\n\n<li>Kindler HL, Ismaila N, Armato SG, et al : Treatment of Malignant Pleural Mesothelioma : American Society of Clinical Oncology Clinical Practice Guideline, J Clin Oncol 36(13) (2018) : 1343-1373.<\/li>\n\n\n\n<li>Rice D, Rusch V, Pass H, et al : Recommendations for uniform definitions of surgical techniques for malignant pleural mesothelioma : a consensus report of the international association for the study of lung cancer international staging committee and the international mesothelioma interest group, J Thorac Oncol 6(8) (2011) : 1304-1312.<\/li>\n\n\n\n<li>Opitz I, Scherpereel A, Berghmans T, et al. : ERS\/ESTS\/EACTS\/ESTRO guidelines for the management of malignant pleural mesothelioma, Eur J Cardiothorac Surg 58(1) (2020) : 1-24.<\/li>\n\n\n\n<li>Baas P, Scherpereel A, Nowak AK, et al. : First-line nivolumab plus ipilimumab in unresectable malignant pleural mesothelioma (CheckMate 743) : a multicentre, randomised, open-label, phase 3 trial, Lancet 397(10272) (2021) 375-386.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2022 ; 10(3) : 6-9<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le m\u00e9soth\u00e9liome pleural malin est une tumeur agressive qui se d\u00e9veloppe \u00e0 partir de la pl\u00e8vre. 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