{"id":325465,"date":"2022-06-25T01:00:00","date_gmt":"2022-06-24T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/depistage-diagnostic-et-traitement\/"},"modified":"2022-06-25T01:00:00","modified_gmt":"2022-06-24T23:00:00","slug":"depistage-diagnostic-et-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/depistage-diagnostic-et-traitement\/","title":{"rendered":"D\u00e9pistage, diagnostic et traitement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Chez les personnes \u00e2g\u00e9es, la d\u00e9pression est encore plus souvent ignor\u00e9e que chez les jeunes, car les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs tels que le manque d&#8217;espoir et de joie, les troubles du sommeil ou la sensation d&#8217;\u00e9puisement ne sont souvent pas consid\u00e9r\u00e9s comme l&#8217;expression d&#8217;une maladie grave en soi, mais sont mal interpr\u00e9t\u00e9s comme une cons\u00e9quence compr\u00e9hensible de l&#8217;amertume de l&#8217;\u00e2ge ou l&#8217;expression de comorbidit\u00e9s physiques. Dans ce contexte, le traitement est certes plus difficile en raison des fr\u00e9quentes maladies et m\u00e9dications concomitantes, mais il n&#8217;en est pas moins important en raison du risque accru de suicide chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>M\u00eame si l&#8217;incidence des maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives augmente massivement avec l&#8217;\u00e2ge, la d\u00e9pression reste la maladie mentale la plus fr\u00e9quente chez les plus de 65 ans. Comme de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es pr\u00e9sentent des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs qui ne correspondent pas \u00e0 la gravit\u00e9 d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif, on fait g\u00e9n\u00e9ralement la distinction entre \u00e9pisode d\u00e9pressif et d\u00e9pression subsyndromique [1]. Une \u00e9tude a montr\u00e9 une pr\u00e9valence ponctuelle d&#8217;environ 7% pour un \u00e9pisode d\u00e9pressif et une pr\u00e9valence de 17% pour des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs cliniquement significatifs chez les personnes de plus de 75 ans [2]. Selon les \u00e9tudes, la pr\u00e9valence devrait \u00eatre encore plus \u00e9lev\u00e9e, en particulier chez les personnes vivant en institution. Il a ainsi \u00e9t\u00e9 montr\u00e9 que la pr\u00e9valence de la d\u00e9pression l\u00e9g\u00e8re augmente jusqu&#8217;\u00e0 31% chez les personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 75 ans, alors qu&#8217;elle est d&#8217;environ 14% chez les jeunes. Il en ressort que les \u00e9tats d\u00e9pressifs subsyndromiques sont plus fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es que chez les cohortes plus jeunes en raison de circonstances psychosociales sp\u00e9cifiques \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, telles que la perte d&#8217;attaches solides [3].<\/p>\n<h2 id=\"augmentation-du-risque-de-suicide-chez-les-personnes-agees\">Augmentation du risque de suicide chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h2>\n<p>Une particularit\u00e9 de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es est le risque \u00e9lev\u00e9 de suicide, en particulier chez les hommes isol\u00e9s socialement et pr\u00e9sentant des comorbidit\u00e9s somatiques chroniques. Globalement, le risque de suicide est environ 20 fois plus \u00e9lev\u00e9 chez les hommes \u00e2g\u00e9s que chez les jeunes femmes. La d\u00e9pression est donc le plus grand facteur de risque de suicide chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Environ 55 \u00e0 80% des personnes qui se sont suicid\u00e9es souffraient d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif pendant la p\u00e9riode du suicide. De plus, contrairement aux personnes plus jeunes, l&#8217;issue d&#8217;une tentative de suicide est plus souvent fatale chez les personnes \u00e2g\u00e9es, car les m\u00e9thodes de suicide dites dures, telles que la pendaison, la strangulation ou l&#8217;utilisation d&#8217;une arme \u00e0 feu, sont plus souvent utilis\u00e9es chez les personnes \u00e2g\u00e9es que les intoxications m\u00e9dicamenteuses.<\/p>\n<p>L&#8217;exploration du suicide comprend l&#8217;identification des facteurs qui sont plus susceptibles de prot\u00e9ger contre le suicide, tels que les valeurs, les croyances, la pr\u00e9sence d&#8217;enfants et les perspectives d&#8217;avenir. Outre l&#8217;exploration du suicide dans le cadre d&#8217;un entretien ouvert, il existe diverses \u00e9chelles qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9es comme soutien, par exemple l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression g\u00e9riatrique, le Geriatric Ideation Screen, le Suicide Status Form II, le Nurses Global Assessment of Suicide Risk ou le Suicide Risk Assessment Inventory. Il convient en outre d&#8217;\u00eatre attentif aux indices qui plaident en faveur d&#8217;un risque accru de suicide, tels que les ant\u00e9c\u00e9dents de tentatives de suicide ou l&#8217;entourage de la personne concern\u00e9e ; la maladie psychiatrique, en particulier la d\u00e9pression et la toxicomanie ; la pr\u00e9sence de certains sympt\u00f4mes psychopathologiques tels que les id\u00e9es, les actes et les impulsions suicidaires, les sentiments de d\u00e9sespoir et de d\u00e9tresse, ainsi que les sympt\u00f4mes psychotiques ; des comorbidit\u00e9s somatiques chroniques et leurs cons\u00e9quences, telles que des limitations dans la vie quotidienne, une autonomie r\u00e9duite et des douleurs chroniques ; ainsi que des facteurs psychosociaux tels que la perte du partenaire, la solitude, le manque de soutien social [1].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-selon-la-cim-10\">Diagnostic selon la CIM-10<\/h2>\n<p>Le diagnostic est bas\u00e9 sur un examen transversal avec d\u00e9termination du syndrome, \u00e9valuation de la gravit\u00e9 et de l&#8217;\u00e9volution. Au total, le diagnostic de syndrome doit \u00eatre pr\u00e9sent depuis au moins 14 jours pour que les crit\u00e8res d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif soient remplis. Selon l&#8217;approche op\u00e9rationnelle, on distingue les sympt\u00f4mes principaux tels que l&#8217;humeur d\u00e9prim\u00e9e, la perte d&#8217;int\u00e9r\u00eat et de plaisir, la baisse de motivation et la fatigabilit\u00e9 accrue, des sympt\u00f4mes suppl\u00e9mentaires tels que les troubles de la concentration et de l&#8217;attention, la baisse de l&#8217;estime de soi et de la confiance en soi, la culpabilit\u00e9, le sentiment d&#8217;inutilit\u00e9, les perspectives d&#8217;avenir n\u00e9gatives, les pens\u00e9es ou les actes suicidaires, les troubles du sommeil et la baisse de l&#8217;app\u00e9tit. En fonction du nombre de sympt\u00f4mes pr\u00e9sents, l&#8217;\u00e9pisode est class\u00e9 comme l\u00e9ger, mod\u00e9r\u00e9 ou s\u00e9v\u00e8re. Lors d&#8217;\u00e9pisodes graves, il peut en outre exister des sympt\u00f4mes psychotiques sous la forme d&#8217;un d\u00e9lire de p\u00e9ch\u00e9, d&#8217;appauvrissement ou de maladie, ou plus rarement d&#8217;un d\u00e9lire nihiliste. Les hallucinations ne sont pas exclues, elles existent g\u00e9n\u00e9ralement dans les d\u00e9pressions psychotiques sous forme d&#8217;hallucinations auditives ou olfactives [1].<\/p>\n<p>La CIM-10 ne fournit toutefois pas de mod\u00e8le standardis\u00e9 pour quantifier l&#8217;activation psychomotrice en cas de d\u00e9pression. Mais cliniquement, la d\u00e9pression dans le cadre de la d\u00e9mence d&#8217;Alzheimer est souvent associ\u00e9e \u00e0 un besoin de soins ou de soutien social nettement plus important. En cas d&#8217;\u00e9volution unipolaire, on distingue l&#8217;\u00e9pisode d\u00e9pressif, si la d\u00e9pression ne survient qu&#8217;une seule fois, et l&#8217;\u00e9volution r\u00e9cidivante, si elle survient plusieurs fois. Si, en plus, une manie appara\u00eet au cours de l&#8217;\u00e9volution, on est en pr\u00e9sence d&#8217;un trouble bipolaire. En outre, le diagnostic diff\u00e9rentiel de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es doit \u00e9galement prendre en compte un trouble de l&#8217;adaptation avec des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs ou anxieux, notamment en cas de r\u00e9action \u00e0 une maladie physique grave ou de r\u00e9action de deuil apr\u00e8s la perte d&#8217;un partenaire. Les patients pr\u00e9sentant une r\u00e9action prolong\u00e9e au deuil peuvent d\u00e9velopper le tableau complet de la d\u00e9pression dans environ 15% des cas [4].<\/p>\n<p>M\u00eame si les sympt\u00f4mes de la d\u00e9pression chez les patients \u00e2g\u00e9s ne diff\u00e8rent pas fondamentalement de ceux des patients plus jeunes, le tableau clinique se caract\u00e9rise diff\u00e9remment. Par exemple, les principaux sympt\u00f4mes comme la tristesse sont souvent moins exprim\u00e9s. Au lieu de cela, la d\u00e9pression se manifeste souvent par des troubles physiques tels que des troubles du sommeil, une sensation de globus ou des troubles cardiaques fonctionnels. De plus, des troubles cognitifs peuvent survenir lors d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs, qui ne s&#8217;am\u00e9liorent que partiellement, m\u00eame pendant la r\u00e9mission. Plusieurs \u00e9tudes indiquent qu&#8217;un trouble d\u00e9pressif r\u00e9current \u00e0 des stades ant\u00e9rieurs de la vie augmente le risque de d\u00e9mence d\u00e9g\u00e9n\u00e9rative chez les personnes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<h2 id=\"outils-de-collecte-specifiques-aux-personnes-agees\">Outils de collecte sp\u00e9cifiques aux personnes \u00e2g\u00e9es<\/h2>\n<p>Comme la d\u00e9tection des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs chez les personnes \u00e2g\u00e9es peut \u00eatre confondue avec des sympt\u00f4mes, une maladie somatique ou c\u00e9r\u00e9brale, ainsi qu&#8217;avec des effets ind\u00e9sirables de m\u00e9dicaments [5,6], des outils de d\u00e9tection ont \u00e9t\u00e9 sp\u00e9cialement d\u00e9velopp\u00e9s et test\u00e9s pour les personnes \u00e2g\u00e9es. De plus, les limitations sensorielles peuvent entraver la saisie et, en cas de limitations cognitives, les probl\u00e8mes verbaux peuvent cr\u00e9er une image erron\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression g\u00e9riatrique (GDS) est le questionnaire d&#8217;auto-\u00e9valuation le plus r\u00e9pandu [7]. En outre, l&#8217;\u00e9chelle &#8220;Depression im Alter&#8221; (DIA-S) est \u00e9galement connue dans les pays germanophones [8]. Elle s&#8217;appuie sur les crit\u00e8res de diagnostic de la CIM-10 et poss\u00e8de une bonne validit\u00e9. Pour le d\u00e9pistage chez les adultes, l&#8217;inventaire de d\u00e9pression de Beck II (BDI II), qui est \u00e9galement r\u00e9pandu au niveau international et peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es, est une bonne solution [9]. L&#8217;<em>\u00e9chelle d&#8217;\u00e9valuation de la d\u00e9pression de Montgomery-Asberg<\/em> (MADRS) est \u00e9galement utilis\u00e9e ind\u00e9pendamment de l&#8217;\u00e2ge et a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 valid\u00e9e dans le groupe d&#8217;\u00e2ge plus \u00e2g\u00e9 [10]. En revanche, dans l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression de Hamilton (HAMD), les composantes somatiques et motrices du syndrome pr\u00e9dominent, tandis que les sympt\u00f4mes motivationnels, affectifs et cognitifs sont moins pris en compte. Son utilisation chez les patients \u00e2g\u00e9s doit donc \u00eatre r\u00e9fl\u00e9chie [11]. Le d\u00e9pistage de la d\u00e9pression chez les personnes atteintes de d\u00e9mence constitue \u00e9galement un d\u00e9fi particulier. L&#8217;\u00e9chelle de Cornell pour la d\u00e9pression dans la d\u00e9mence (CSDD) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour ce cas [12].<\/p>\n<p>Lors de la premi\u00e8re apparition d&#8217;une d\u00e9pression chez une personne \u00e2g\u00e9e, il convient, en plus du diagnostic psychiatrique, d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic diff\u00e9rentiel avec les causes organiques du cerveau ou somatiques. En outre, les examens de laboratoire sont indiqu\u00e9s lors du contr\u00f4le d&#8217;un traitement psychopharmacologique de la d\u00e9pression dans le sens d&#8217;un drug monitoring th\u00e9rapeutique. Le principal diagnostic diff\u00e9rentiel de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es est le d\u00e9but de d\u00e9mence, dont la probabilit\u00e9 de d\u00e9veloppement augmente avec l&#8217;\u00e2ge. C&#8217;est pourquoi les recommandations internationales en mati\u00e8re de traitement recommandent de proc\u00e9der \u00e0 un examen de la d\u00e9mence afin d&#8217;exclure une cause organique de la d\u00e9pression [13].<\/p>\n<h2 id=\"psychotherapie-pharmacotherapie-et-mesures-sociales-de-soutien\">Psychoth\u00e9rapie, pharmacoth\u00e9rapie et mesures sociales de soutien<\/h2>\n<p>En fonction du degr\u00e9 de gravit\u00e9, le traitement de la d\u00e9pression consiste en des interventions psychosociales individuelles, un traitement psychoth\u00e9rapeutique et une psychopharmacoth\u00e9rapie pour les personnes concern\u00e9es, avec la participation des proches. De plus, avec l&#8217;\u00e2ge, les comorbidit\u00e9s somatiques doivent \u00e9galement \u00eatre prises en compte et trait\u00e9es. La pharmacoth\u00e9rapie de choix est \u00e9galement l&#8217;utilisation d&#8217;antid\u00e9presseurs chez les patients d&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9 souffrant de d\u00e9pression mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re. Cependant, certaines m\u00e9ta-analyses indiquent que la force de leur effet pourrait diminuer avec l&#8217;\u00e2ge [14,15]. Outre l&#8217;efficacit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale, d&#8217;autres facteurs jouent un r\u00f4le dans le choix d&#8217;un antid\u00e9presseur appropri\u00e9, tels que le diagnostic exact, le tableau clinique et ph\u00e9nom\u00e9nologique et les caract\u00e9ristiques du m\u00e9dicament, comme le profil des effets secondaires et le risque d&#8217;interactions. Chez les patients \u00e2g\u00e9s, souvent multimorbides, l&#8217;indication doit \u00eatre pos\u00e9e avec une prudence particuli\u00e8re en ce qui concerne l&#8217;\u00e9valuation du risque de polypharmacie. Cela inclut un contr\u00f4le d&#8217;interaction pour \u00e9valuer les risques.<\/p>\n<p>En principe, les recommandations suisses de traitement de la d\u00e9pression unipolaire [16] s&#8217;appliquent \u00e9galement \u00e0 la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es. En principe, les substances ayant des propri\u00e9t\u00e9s anticholinergiques centrales ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9es, car elles peuvent r\u00e9duire les performances cognitives, entra\u00eener des troubles urinaires et intestinaux, des probl\u00e8mes cardiaques et, dans le pire des cas, des d\u00e9lires. Les substances actives sur la pression art\u00e9rielle avec orthostatisme doivent \u00e9galement \u00eatre \u00e9vit\u00e9es. En outre, avec les antid\u00e9presseurs s\u00e9rotoninergiques, il faut penser au syndrome de s\u00e9cr\u00e9tion inappropri\u00e9e d&#8217;ADH (SIADH) avec hyponatr\u00e9mie et ses cons\u00e9quences. Il faut \u00e9galement tenir compte de l&#8217;allongement possible de l&#8217;intervalle QTC avec les inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS).<\/p>\n<h2 id=\"effets-covariables-combines\">Effets covariables combin\u00e9s<\/h2>\n<p>Dans ce contexte, une m\u00e9ta-analyse de r\u00e9seau bay\u00e9sienne a examin\u00e9 le dosage optimal des antid\u00e9presseurs dans la d\u00e9pression majeure (MDD) en fonction de l&#8217;\u00e2ge. Les r\u00e9sultats sugg\u00e8rent que l&#8217;effet covariant combin\u00e9 de la dose et de l&#8217;\u00e2ge fournit une meilleure base pour \u00e9valuer les avantages cliniques des antid\u00e9presseurs que l&#8217;examen s\u00e9par\u00e9 de la dose ou de l&#8217;\u00e2ge, et peut donc informer les d\u00e9cideurs afin de d\u00e9terminer avec pr\u00e9cision les recommandations posologiques pour les antid\u00e9presseurs dans le cas de l&#8217;OMD [17].<\/p>\n<p>Selon l&#8217;analyse, l&#8217;agom\u00e9latine et l&#8217;escitalopram ont \u00e9t\u00e9 propos\u00e9s comme des antid\u00e9presseurs avantageux et \u00e9quilibr\u00e9s, ce qui peut s&#8217;expliquer par leurs profils pharmacologiques. L&#8217;agom\u00e9latine, une combinaison de d\u00e9sinhibition de la noradr\u00e9naline et de la dopamine (NDDI) et d&#8217;agonisme m\u00e9latonergique, pr\u00e9sente un profil d&#8217;effets secondaires favorable, principalement d\u00fb au fait qu&#8217;elle n&#8217;affecte pas la fonction sexuelle, la prise de poids ou le syndrome m\u00e9tabolique et qu&#8217;elle r\u00e9gule positivement la qualit\u00e9 du sommeil. Cependant, l&#8217;avantage d&#8217;\u00e9quilibre observ\u00e9 dans l&#8217;analyse pour l&#8217;agom\u00e9latine est d\u00fb \u00e0 sa relativement bonne tol\u00e9rance et non \u00e0 une efficacit\u00e9 sup\u00e9rieure. Cette efficacit\u00e9 comparativement faible pourrait expliquer pourquoi l&#8217;agom\u00e9latine reste l&#8217;un des antid\u00e9presseurs les moins utilis\u00e9s.<\/p>\n<p>L&#8217;escitalopram, l&#8217;un des antid\u00e9presseurs les plus utilis\u00e9s apr\u00e8s le citalopram, dispose selon l&#8217;analyse d&#8217;un m\u00e9canisme unique, raison pour laquelle il semble \u00eatre plus efficace que le citalopram. Il existe donc une interaction synaptique pour le rac\u00e9mate citalopram (compos\u00e9 des \u00e9nantiom\u00e8res S et R du citalopram), en ce sens que la pr\u00e9sence du R-citalopram inhibe le S-citalopram plus actif dans sa liaison au site s\u00e9rotonine (5-hydroxytryptamine [5-HT]) du transporteur de s\u00e9rotonine (SERT). C&#8217;est pourquoi l&#8217;escitalopram, compos\u00e9 uniquement de l&#8217;\u00e9nantiom\u00e8re S-citalopram, a une plus grande marge th\u00e9rapeutique pharmacologique et un mode d&#8217;action plus rapide. Contrairement \u00e0 l&#8217;agom\u00e9latine, le bilan favorable observ\u00e9 ici pour l&#8217;escitalopram est donc autant d\u00fb \u00e0 son efficacit\u00e9 qu&#8217;\u00e0 sa tol\u00e9rance.<\/p>\n<h2 id=\"antidepresseurs-et-activite-physique\">Antid\u00e9presseurs et activit\u00e9 physique<\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que l&#8217;exercice a\u00e9robie (AE) peut \u00e9galement constituer une strat\u00e9gie non pharmacologique pour am\u00e9liorer le traitement de la d\u00e9pression tout en r\u00e9duisant le fardeau des comorbidit\u00e9s somatiques de cette pathologie [18,19]. L&#8217;activit\u00e9 physique stimule la neurogen\u00e8se et la plasticit\u00e9 synaptique en synth\u00e9tisant et en lib\u00e9rant le facteur de croissance BDNF (Brain-Derived Neurotrophic Factor), induit des modifications physiologiques des taux d&#8217;endorphines et de monoamines, augmente la concentration plasmatique du facteur de croissance transformant \u03b21 (TGF-\u03b21) et r\u00e9duit le taux de cortisol ; elle peut \u00e9galement agir comme un facteur anti-inflammatoire en augmentant les niveaux d&#8217;IL-10 et en supprimant la production de TNF-\u03b1, exer\u00e7ant ainsi des effets de type antid\u00e9presseur.<\/p>\n<p>L&#8217;activit\u00e9 physique module donc de nombreux m\u00e9canismes et syst\u00e8mes impliqu\u00e9s dans la physiopathologie de la d\u00e9pression. Elle peut \u00e9galement agir sur les sympt\u00f4mes cl\u00e9s de la d\u00e9pression en r\u00e9duisant la tristesse, l&#8217;anh\u00e9donie et les troubles du sommeil, en am\u00e9liorant le contr\u00f4le m\u00e9tabolique et les fonctions cognitives telles que l&#8217;attention et la concentration, et en r\u00e9duisant le risque de d\u00e9velopper une d\u00e9pression et une d\u00e9mence. Enfin, plusieurs \u00e9tudes cliniques ont mis en \u00e9vidence l&#8217;effet de l&#8217;activit\u00e9 physique comme traitement compl\u00e9mentaire pour les patients souffrant de d\u00e9pression mod\u00e9r\u00e9e \u00e0 s\u00e9v\u00e8re et ont soulign\u00e9 l&#8217;effet de synergie existant entre l&#8217;activit\u00e9 physique et le traitement pharmacologique traditionnel. Cet effet de synergie pourrait \u00eatre particuli\u00e8rement important chez les patients \u00e2g\u00e9s qui pr\u00e9sentent un risque accru de d\u00e9mence [20].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Hatzinger M, et al. : Recommandations pour le diagnostic et le traitement de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es. www.sgap-sppa.ch\/fileadmin\/user_upload\/2018_Depression_im_Alter_M._Hatzinger.pdf. Derni\u00e8re consultation : 27.04.2022.<\/li>\n<li>Luppa M, et al : Age- and gender-specific prevalence of depression in latest-life. Revue syst\u00e9matique et m\u00e9ta-analyse. J Affect Disord 2012, doi : 10.1016\/j.jad.2010.11.033.<\/li>\n<li>Baer N, et al. : La d\u00e9pression dans la population suisse. Observatoire suisse de la sant\u00e9, Obsan Rapport 1998 : 56.<\/li>\n<li>Galatzer-Levy IR, Bonanno GA : Beyond normality in the study of bereavement : heterogeneity in depression outcomes following loss in older adults. Soc Sci Med 2012, doi : 10.1016\/j.socscimed.2012.02.022.<\/li>\n<li>Gauggel S, Schmidt A, Didi\u00e9 M : Les troubles physiques et leur influence sur la d\u00e9tection des troubles d\u00e9pressifs chez les jeunes et les personnes \u00e2g\u00e9es. Z Gerontol Psychol Psychiat 1994 ; 7 : 203-210.<\/li>\n<li>Heidbreder M, Dominiak P : Traitement par antipsychotiques et antid\u00e9presseurs. In : Lemmer B, Brune K (\u00e9d.). Pharmacoth\u00e9rapie : pharmacologie clinique. 14e&nbsp;\u00e9d. Heidelberg ; Springer : 2010. 81-103.<\/li>\n<li>Gauggel S, Birkner B : Validit\u00e9 et fiabilit\u00e9 d&#8217;une version allemande de l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression g\u00e9riatrique. Z Klin Psychol 1999 ; 28 : 18-27.<\/li>\n<li>Heidenblut S : Diagnostic de la d\u00e9pression chez les patients g\u00e9riatriques. L&#8217;\u00e9volution de l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es (DIA-S). PhD thesis ; Universit\u00e9 de Cologne : 2012. http:\/\/kups.ub.uni-koeln.de\/5080.<\/li>\n<li>Beck AT, Steer RA : Depression inventory II : manual. San Antonio ; The Psychological Corporation : 1998.<\/li>\n<li>Montgomery SA, Asberg M : Une nouvelle \u00e9chelle de d\u00e9pression con\u00e7ue pour \u00eatre sensible au changement. Brit J Psychiatry 1979 ; 134 : 382-389.<\/li>\n<li>Hamilton M : D\u00e9veloppement d&#8217;une \u00e9chelle de notation pour la maladie d\u00e9pressive primaire. Br Soc Clin Psychol 1967 ; 6 : 278-296.<\/li>\n<li>Alexopoulos GS, et al. : \u00c9chelle de Cornell pour la d\u00e9pression dans la d\u00e9mence. Biol Psychiatry 1988 ; 23 : 271-284.<\/li>\n<li>DGPPN, Ligne directrice S3 &#8220;D\u00e9mences&#8221;, 1\u00e8re r\u00e9vision&nbsp;ao\u00fbt&nbsp;2015. www.dgn.org\/images\/red_leitlinien\/LL_2015\/PDFs_Download\/Demenz\/REV_S3-leiltlinie-demenzen.pdf.<\/li>\n<li>Nelson JC, et al : Efficacit\u00e9 des antid\u00e9presseurs de seconde g\u00e9n\u00e9ration dans la d\u00e9pression de fin de vie : une m\u00e9ta-analyse des preuves. Am Geriatr Psychiatry 2008 ; 16 : 558- 567.<\/li>\n<li>Tedeschini E, et al : Efficacit\u00e9 des antid\u00e9presseurs pour la d\u00e9pression de fin de vie : une m\u00e9ta-analyse et m\u00e9ta-r\u00e9gression d&#8217;essais randomis\u00e9s contr\u00f4l\u00e9s par placebo. J Clin Psychiatry 2011 ; 72 : 1660- 1668.<\/li>\n<li>Holsboer-Trachsler E, et al. : Le traitement aigu des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs. Swiss Med Forum 2016 ; 35 : 716-724.<\/li>\n<li>Holper L : Doses optimales d&#8217;antid\u00e9presseurs en fonction de l&#8217;\u00e2ge : actions combin\u00e9es de covariables dans une m\u00e9ta-analyse en r\u00e9seau bay\u00e9sien. EClinicalMedicine 2020, doi : 10.1016\/j.eclinm.2019.11.012.<\/li>\n<li>Josefsson T, et al : Physical exercise intervention in depressive disorders : meta-analysis and systematic review. Scand. J. Med. Sci. Sports 2014, doi : 10.1111\/sms.12050.<\/li>\n<li>Mura G, Carta MG : Activit\u00e9 physique chez les personnes \u00e2g\u00e9es d\u00e9prim\u00e9es. Une revue syst\u00e9matique. Clin. Pract. \u00c9pid\u00e9miologie. Ment. Sant\u00e9 2013, doi : 10.2174\/1745017901309010125.<\/li>\n<li>Guerrera CS, et al. : Antidepressant Drugs and Physical Activity : A Possible Synergism in the Treatment of Major Depression ? Front Psychol. 2020, doi : 10.3389\/fpsyg.2020.00857.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2022 ; 17(5) : 40-42<br \/>\nInFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2022 ; 20(4) : 30-33<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Chez les personnes \u00e2g\u00e9es, la d\u00e9pression est encore plus souvent ignor\u00e9e que chez les jeunes, car les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs tels que le manque d&#8217;espoir et de joie, les troubles du&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":121231,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"La d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es","footnotes":""},"category":[11527,11531,11368,11315,11489,11549],"tags":[14976,15368],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-325465","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-formation-continue","category-geriatrie-fr","category-medecine-interne-generale","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-depression-fr","tag-depression-liee-a-lage","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-26 02:45:18","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":325472,"slug":"screening-diagnosi-e-trattamento","post_title":"Screening, diagnosi e trattamento","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/screening-diagnosi-e-trattamento\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":325481,"slug":"rastreio-diagnostico-e-tratamento","post_title":"Rastreio, diagn\u00f3stico e tratamento","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/rastreio-diagnostico-e-tratamento\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":325488,"slug":"deteccion-diagnostico-y-tratamiento","post_title":"Detecci\u00f3n, diagn\u00f3stico y tratamiento","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/deteccion-diagnostico-y-tratamiento\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325465","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=325465"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325465\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/121231"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=325465"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=325465"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=325465"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=325465"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}