{"id":325593,"date":"2022-06-14T01:00:00","date_gmt":"2022-06-13T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/caracterisation-a-haute-resolution-des-cellules-du-liquide-cephalorachidien-lcr\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:21","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:21","slug":"caracterisation-a-haute-resolution-des-cellules-du-liquide-cephalorachidien-lcr","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/caracterisation-a-haute-resolution-des-cellules-du-liquide-cephalorachidien-lcr\/","title":{"rendered":"Caract\u00e9risation \u00e0 haute r\u00e9solution des cellules du liquide c\u00e9phalorachidien (LCR)"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>La r\u00e9alisation d&#8217;une cytom\u00e9trie de flux \u00e0 partir d&#8217;\u00e9chantillons de LCR de haute qualit\u00e9 a permis d&#8217;identifier des signatures de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques dans diff\u00e9rentes maladies neurologiques. Cela a permis d&#8217;am\u00e9liorer la diff\u00e9renciation de diff\u00e9rentes maladies neurologiques, telles que les neuropathies immunitaires et les maladies auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central, et d&#8217;acqu\u00e9rir des connaissances sur les populations cellulaires potentiellement impliqu\u00e9es dans les diff\u00e9rentes maladies.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La clinique de neurologie et l&#8217;institut de neurologie translationnelle de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de M\u00fcnster ont r\u00e9alis\u00e9 une cytom\u00e9trie en flux \u00e0 partir d&#8217;\u00e9chantillons de LCR de haute qualit\u00e9 \u00e0 une \u00e9chelle in\u00e9gal\u00e9e et ont \u00e9tabli une base de donn\u00e9es unique et compl\u00e8te qui a permis d&#8217;identifier des signatures de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques dans diff\u00e9rentes maladies neurologiques. Cela a permis d&#8217;am\u00e9liorer la diff\u00e9renciation de diff\u00e9rentes maladies neurologiques, telles que les neuropathies immunitaires et les maladies auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central, et d&#8217;acqu\u00e9rir des connaissances sur les populations cellulaires potentiellement impliqu\u00e9es dans les diff\u00e9rentes maladies. L&#8217;article suivant permet d&#8217;avoir un aper\u00e7u des travaux scientifiques bas\u00e9s sur la cytom\u00e9trie de flux \u00e0 partir du liquide c\u00e9phalorachidien et donne un bref aper\u00e7u de certaines compositions de cellules immunitaires dans les principales maladies neurologiques.<\/p>\n\n<h2 id=\"le-liquide-cephalo-rachidien-une-fenetre-diagnostique-sur-le-systeme-nerveux-central\" class=\"wp-block-heading\">Le liquide c\u00e9phalo-rachidien, une fen\u00eatre diagnostique sur le syst\u00e8me nerveux central<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le liquide c\u00e9phalorachidien (en abr\u00e9g\u00e9 LCR) est un liquide clair qui circule autour du syst\u00e8me nerveux central (SNC) et entoure le cerveau et la moelle \u00e9pini\u00e8re. Le liquide c\u00e9phalo-rachidien n&#8217;offre pas seulement une protection m\u00e9canique, il est \u00e9galement susceptible de fournir des nutriments aux cellules du syst\u00e8me nerveux central [1], de servir de milieu de transport pour les cellules immunitaires [2] et de servir d&#8217;interm\u00e9diaire pour le transport des antig\u00e8nes entre le SNC et les compartiments p\u00e9riph\u00e9riques, tels que le sang [3]. La fraction non cellulaire du LCR est produite sous forme d&#8217;ultrafiltrat \u00e0 partir du s\u00e9rum dans le plexus choro\u00efde dans les ventricules c\u00e9r\u00e9braux, les substances dissoutes passant du s\u00e9rum dans le LCR en fonction de leur taille. Le drainage du liquide c\u00e9phalo-rachidien (r\u00e9int\u00e9gration dans la circulation) se fait par le syst\u00e8me veineux et lymphatique [3,4]. Les cellules du LCR sont des leucocytes, appel\u00e9s leucocytes du LCR ou cellules du LCR. La concentration de cellules dans le LCR est environ mille fois plus faible que dans le sang p\u00e9riph\u00e9rique. Dans des conditions physiologiques, le LCR contient \u22644 leucocytes du LCR\/\u00b5l (ou &lt;5\/leucocytes du LCR\/\u00b5l). Le profil cellulaire du LCR est lymphocytaire et monocytaire et se caract\u00e9rise par une pr\u00e9dominance de lymphocytes T CD4+. Par rapport au sang p\u00e9riph\u00e9rique, les cellules m\u00e9moires et les lymphocytes T r\u00e9gulateurs et les cellules tueuses naturelles (NK) sont augment\u00e9s dans le LCR, alors que les lymphocytes B sont r\u00e9duits et que les plasmocytes ne sont pas pr\u00e9sents dans les conditions physiologiques [5,6]. Cela sugg\u00e8re que la composition cellulaire du LCR forme un compartiment distinct, soumis \u00e0 une r\u00e9gulation et \u00e0 un contr\u00f4le stricts, et qui doit \u00eatre r\u00e9gul\u00e9 ind\u00e9pendamment du sang p\u00e9riph\u00e9rique. Comme le liquide c\u00e9phalo-rachidien entoure le syst\u00e8me nerveux central, il constitue le compartiment le plus proche du SNC, accessible en pratique clinique par ponction lombaire \u00e0 des fins d&#8217;analyse diagnostique. Il est bien connu que le liquide c\u00e9phalo-rachidien peut fournir des informations sur les m\u00e9canismes cellulaires des maladies du SNC. L&#8217;immunoph\u00e9notypage des cellules du LCR &#8211; tel que nous le pr\u00e9sentons dans cet article &#8211; peut aider \u00e0 obtenir de nouveaux aper\u00e7us de la physiopathologie, \u00e0 affiner les analyses diagnostiques et \u00e0 mieux \u00e9valuer les pronostics individuels. Dans le futur, cela pourrait aider \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles approches th\u00e9rapeutiques pour diff\u00e9rentes maladies du syst\u00e8me nerveux [7,8].<\/p>\n\n<h2 id=\"cytometrie-en-flux-des-cellules-du-lcr-a-une-echelle-sans-precedent\" class=\"wp-block-heading\">Cytom\u00e9trie en flux des cellules du LCR \u00e0 une \u00e9chelle sans pr\u00e9c\u00e9dent<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cytom\u00e9trie en flux est une m\u00e9thode de d\u00e9tection quantitative et de caract\u00e9risation mol\u00e9culaire des cellules. Cette m\u00e9thode permet de classer les cellules en diff\u00e9rentes cat\u00e9gories (par ex. lymphocytes, monocytes) en fonction de leurs propri\u00e9t\u00e9s. La cytom\u00e9trie de flux consiste \u00e0 enregistrer les cellules d&#8217;une suspension dans un appareil appel\u00e9 cytom\u00e8tre de flux. Chaque cellule individuelle passe \u00e0 travers un faisceau laser dont le &#8220;profil de r\u00e9ponse&#8221; permet de d\u00e9tecter la taille des cellules, la granularit\u00e9 des cellules et l&#8217;expression des marqueurs cellulaires de chaque cellule individuelle. Des combinaisons de marqueurs sp\u00e9cifiques d\u00e9terminent de quelle population cellulaire il s&#8217;agit <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1) <\/span>[5,14].<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"1430\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19156\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7-800x1040.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7-120x156.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7-90x117.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7-320x416.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/tab1_np3_s7-560x728.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le laboratoire de LCR de la clinique de neurologie et de l&#8217;institut de neurologie translationnelle de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de M\u00fcnster a r\u00e9alis\u00e9 ces derni\u00e8res ann\u00e9es des analyses cytom\u00e9triques de flux tr\u00e8s compl\u00e8tes \u00e0 partir de sang et, en particulier, d&#8217;\u00e9chantillons de LCR de grande qualit\u00e9 provenant de patients atteints de diverses maladies neurologiques. Chaque ann\u00e9e, environ mille \u00e9chantillons de LCR ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s par cytom\u00e9trie de flux standardis\u00e9e et les ensembles de donn\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 collect\u00e9s dans une biobanque. Ces donn\u00e9es ont ainsi atteint une ampleur in\u00e9gal\u00e9e et sont \u00e0 la disposition de nombreux r\u00e9seaux de recherche au niveau national et international.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans les premiers travaux scientifiques qui en ont r\u00e9sult\u00e9, des cellules immunitaires ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9es dans le LCR et le sang de patients atteints de maladies auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique [5,9]. L&#8217;analyse cytom\u00e9trique de flux a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e chez des patients atteints de maladies neuro-d\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives telles que la d\u00e9mence d&#8217;Alzheimer et la d\u00e9mence fronto-temporale [7,10]. En coop\u00e9ration avec la clinique de psychiatrie de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de M\u00fcnster, les leucocytes des \u00e9chantillons de sang et de liquide c\u00e9phalorachidien de patients souffrant de troubles psychotiques primaires ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9s et compar\u00e9s aux profils immunologiques des maladies neurologiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La base de donn\u00e9es de la clinique de neurologie et de l&#8217;institut de neurologie translationnelle de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de M\u00fcnster continuera \u00e0 s&#8217;enrichir de nouveaux jeux de donn\u00e9es et \u00e0 servir de source d&#8217;informations pour des analyses plus approfondies et des diagnostics diff\u00e9rentiels sp\u00e9cifiques de diff\u00e9rentes maladies.<\/p>\n\n<h2 id=\"neuropathies\" class=\"wp-block-heading\">Neuropathies<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les neuropathies &#8211; c&#8217;est-\u00e0-dire les maladies du syst\u00e8me nerveux p\u00e9riph\u00e9rique &#8211; sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes et peuvent affecter les fibres nerveuses motrices, sensitives et autonomes. Cliniquement, les neuropathies sont diff\u00e9renci\u00e9es en fonction de leur sch\u00e9ma de distribution, de leur \u00e9volution clinique et de leur gen\u00e8se. En fonction de la localisation des nerfs touch\u00e9s, on distingue notamment les mononeuropathies et les polyneuropathies (PNP). Il existe un large \u00e9ventail de causes possibles de neuropathies, y compris les maladies m\u00e9taboliques, toxiques, h\u00e9r\u00e9ditaires, infectieuses, auto-immunes, vasculaires, paraprot\u00e9in\u00e9miques et malignes. La cause la plus fr\u00e9quente de polyneuropathie dans le monde occidental est le diab\u00e8te sucr\u00e9, suivi par l&#8217;origine \u00e9thyliques. Jusqu&#8217;\u00e0 10% des neuropathies sont caus\u00e9es par des processus auto-immuns et sont donc \u00e9galement appel\u00e9es neuropathies immunitaires [11].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le diagnostic repose principalement sur l&#8217;anamn\u00e8se et l&#8217;examen physique et neurologique. Une attention particuli\u00e8re est accord\u00e9e aux infections ant\u00e9rieures, telles que les gastro-ent\u00e9rites et les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures, aux maladies ant\u00e9rieures et aux sympt\u00f4mes d&#8217;autres syst\u00e8mes d&#8217;organes, tels que les sympt\u00f4mes autonomes. Sur le plan de la chimie de laboratoire, on proc\u00e8de d&#8217;abord \u00e0 un diagnostic standard. Le diagnostic avanc\u00e9 de certains anticorps anti-gangliosides (GM1, GM2, GQ1b, etc.) peut aider \u00e0 poser le diagnostic de neuropathies immunitaires \u00e0 m\u00e9diation auto-immune en cas de suspicion clinique. Les param\u00e8tres inflammatoires, l&#8217;immuno\u00e9lectrophor\u00e8se, les anticorps rhumato\u00efdes (ANA, AN-CA) ou les anticorps antineuronaux (anti-Hu, anti-CV2\/CRMP5, anti-amphiphysine, anti-Ma2) peuvent \u00eatre r\u00e9v\u00e9lateurs d&#8217;une maladie syst\u00e9mique ou maligne \u00e0 l&#8217;origine des polyneuropathies inflammatoires. Pour exclure les infections virales ou bact\u00e9riennes, une anamn\u00e8se compl\u00e8te et un diagnostic s\u00e9rologique d&#8217;agents viraux (EBV, CMV, HSV, VZV, FSME, HBV, VIH, polio) ou bact\u00e9riens (Borrelia, Treponema pallidum) peuvent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s. Les mesures \u00e9lectrophysiologiques peuvent d\u00e9tecter plus pr\u00e9cis\u00e9ment les sch\u00e9mas de distribution et de l\u00e9sion et permettent de les classer en diff\u00e9rents sous-types. L&#8217;\u00e9lectromyographie permet d&#8217;identifier d&#8217;autres sch\u00e9mas de l\u00e9sions myog\u00e8nes, comme la d\u00e9nervation, les atrophies musculaires et l&#8217;activit\u00e9 spontan\u00e9e. Les techniques d&#8217;imagerie telles que l&#8217;\u00e9chographie et l&#8217;imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique peuvent visualiser les sch\u00e9mas l\u00e9sionnels et aider au diagnostic d&#8217;exclusion d&#8217;autres causes de neuropathies, par exemple les tumeurs neuronales comme les schwannomes.<\/p>\n\n<h2 id=\"neuropathies-immunitaires\" class=\"wp-block-heading\">Neuropathies immunitaires<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les neuropathies immunitaires sont particuli\u00e8rement pertinentes, car elles peuvent \u00eatre trait\u00e9es si elles sont diagnostiqu\u00e9es t\u00f4t et si un traitement appropri\u00e9 est mis en place. En premier lieu, les neuropathies immunitaires sont divis\u00e9es en un type d&#8217;\u00e9volution aigu\u00eb (\u2264quatre semaines), subaigu\u00eb (quatre \u00e0 huit) ou chronique (\u2265huit semaines). La polyradiculoneuropathie inflammatoire d\u00e9my\u00e9linisante aigu\u00eb (PIDA), appel\u00e9e syndrome de Guillain-Barr\u00e9 (SGB), est la forme la plus courante des neuropathies immunitaires aigu\u00ebs, tandis que la polyradiculoneuropathie inflammatoire d\u00e9my\u00e9linisante chronique (PIDC) est le prototype des neuropathies immunitaires chroniques. Le diagnostic diff\u00e9rentiel des polyneuropathies inflammatoires reste \u00e0 ce jour un d\u00e9fi majeur. Le diagnostic diff\u00e9rentiel avec les neuropathies \u00e0 m\u00e9diation auto-immune doit prendre en compte diverses autres causes <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(figure 1).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"618\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19157 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8-800x449.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8-120x67.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8-90x51.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8-320x180.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb1_np3_s8-560x315.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/618;\" \/><\/figure>\n\n<h2 id=\"differenciation-des-neuropathies-immunitaires-a-laide-de-profils-de-cellules-immunitaires\" class=\"wp-block-heading\">Diff\u00e9renciation des neuropathies immunitaires \u00e0 l&#8217;aide de profils de cellules immunitaires<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La classification en neuropathies immunitaires aigu\u00ebs et chroniques est en partie artificielle et il existe de nombreux chevauchements et des transitions fluides entre les deux formes. Ainsi, un CIDP pr\u00e9sente un d\u00e9but aigu de type SGB dans jusqu&#8217;\u00e0 10% des cas. Inversement, une \u00e9volution subaigu\u00eb de plus de quatre semaines a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite dans des cas initialement class\u00e9s comme SGB [12]. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, il n&#8217;existe pas de param\u00e8tres pronostiques permettant de pr\u00e9dire une \u00e9volution aigu\u00eb ou chronique au moment de la premi\u00e8re manifestation clinique. \u00c9tant donn\u00e9 que les options th\u00e9rapeutiques et la r\u00e9ponse aux diff\u00e9rents traitements immunomodulateurs diff\u00e8rent entre le SGB et le PIDC, une diff\u00e9renciation pr\u00e9coce des entit\u00e9s est importante et pourrait avoir un impact positif sur l&#8217;\u00e9volution et le pronostic des maladies.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les mesures standard du LCR dans les neuropathies inflammatoires permettent de mettre en \u00e9vidence ce que l&#8217;on appelle une &#8220;diss\u00e9mination cytalbumine&#8221;, avec une augmentation des prot\u00e9ines totales dans le LCR, alors que le nombre de cellules est normal et qu&#8217;il existe souvent un trouble de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour la premi\u00e8re fois, les compositions des cellules immunitaires dans le LCR de patients atteints de SGB et de CIDP ont \u00e9t\u00e9 analys\u00e9es r\u00e9trospectivement et compar\u00e9es gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;utilisation de la cytom\u00e9trie en flux [13]. Les profils h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes ont donn\u00e9 des indications sur l&#8217;implication de diff\u00e9rentes populations de cellules dans la physiopathologie des neuropathies immunitaires aigu\u00ebs vs chroniques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cytom\u00e9trie de flux, un nombre accru de lymphocytes T activ\u00e9s et non activ\u00e9s (HLA-DR+ vs. HLA-DR-) a \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9 dans le LCR des patients atteints de neuropathies inflammatoires. L&#8217;activation des lymphocytes T, l&#8217;augmentation des prot\u00e9ines du LCR et la perturbation de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique sont des param\u00e8tres non sp\u00e9cifiques des neuropathies et ne sont pas adapt\u00e9s pour distinguer un SGB d&#8217;un CIDP, car l&#8217;activation des lymphocytes T est souvent pr\u00e9sente dans les formes aigu\u00ebs et chroniques des neuropathies et peut \u00e9galement \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e dans d&#8217;autres maladies neurologiques.  [14,15].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De mani\u00e8re plus sp\u00e9cifique, un taux \u00e9lev\u00e9 de cellules tueuses naturelles (NK) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 dans le LCR du syndrome de Guillain-Barr\u00e9, tandis que dans la polyneuropathie inflammatoire d\u00e9my\u00e9linisante chronique, c&#8217;est surtout le nombre de cellules tueuses naturelles T (NKT) et de CD8<sup>+<\/sup>  les lymphocytes T \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s  <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Fig. 2).  <\/span>Dans la comparaison directe du syndrome de Guillain-Barr\u00e9 et de la polyneuropathie d\u00e9my\u00e9linisante inflammatoire chronique, la d\u00e9tection des cellules T Natural Killer, suivie des monocytes classiques et interm\u00e9diaires, a \u00e9t\u00e9 d\u00e9finie comme le param\u00e8tre pr\u00e9sentant le plus haut niveau de confiance pour diff\u00e9rencier les deux entit\u00e9s neuropathiques. L&#8217;immuno-profilage avec les diff\u00e9rents pourcentages de cellules T NK, NKT et CD8+ permet d&#8217;identifier des mod\u00e8les de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie et au sous-type dans le LCR et donne une indication de l&#8217;implication des types de cellules cytotoxiques distincts dans la physiopathologie des neuropathies immunitaires aigu\u00ebs vs chroniques. En outre, les profils cellulaires individuels pourraient permettre une \u00e9valuation prospective de l&#8217;\u00e9volution aigu\u00eb et chronique au moment de la premi\u00e8re manifestation clinique et faciliter ainsi le choix d&#8217;un traitement.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"1271\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19158 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9-800x924.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9-120x139.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9-90x104.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9-320x370.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb2_np3_s9-560x647.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1271;\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le traitement de choix du syndrome de Guillain-Barr\u00e9 est la plasmaph\u00e9r\u00e8se. Les immunoglobulines intraveineuses sont \u00e9galement disponibles en tant qu&#8217;option th\u00e9rapeutique \u00e9quivalente. De nos jours, en raison d&#8217;une carence omnipr\u00e9sente en immunoglobulines, celles-ci ne sont g\u00e9n\u00e9ralement utilis\u00e9es que secondairement dans la pratique clinique quotidienne et sont appliqu\u00e9es en particulier pour l&#8217;escalade th\u00e9rapeutique apr\u00e8s plasmaph\u00e9r\u00e8se avec une am\u00e9lioration insuffisante de la symptomatologie clinique. Alors que les corticost\u00e9ro\u00efdes n&#8217;ont pas montr\u00e9 d&#8217;effet dans le SGB [16], une bonne efficacit\u00e9 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e dans la polyneuropathie d\u00e9my\u00e9linisante inflammatoire chronique, raison pour laquelle ils sont utilis\u00e9s de mani\u00e8re standard dans le traitement du PIDC [17\u201319].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les patients SGB et PIDC na\u00effs de traitement n&#8217;ont pas montr\u00e9 de diff\u00e9rence significative dans leurs profils de cellules immunitaires liquides par rapport aux patients d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s. En fin de compte, cela signifie que la diff\u00e9renciation des neuropathies inflammatoires par cytom\u00e9trie de flux peut \u00e9galement \u00eatre effectu\u00e9e sous traitement et que les profils de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques aux sous-types dans le LCR ne sont pas fauss\u00e9s par l&#8217;utilisation d&#8217;immunoglobulines ou de corticost\u00e9ro\u00efdes, par exemple.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Afin de mettre en \u00e9vidence la pertinence clinique des compositions de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques aux sous-types, des param\u00e8tres refl\u00e9tant les manifestations cliniques des n\u00e9ruopathies ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s. La s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des maladies a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e par le score d&#8217;invalidit\u00e9 de Hughes et l&#8217;\u00e9chelle de Rankin modifi\u00e9e (mRS). Dans le cas du syndrome de Guillain-Barr\u00e9, une corr\u00e9lation a \u00e9t\u00e9 \u00e9tablie entre le nombre de lymphocytes T CD4+ et de monocytes non classiques et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 clinique de la maladie. Dans le cas de la PIDC, le taux de prot\u00e9ines totales dans le LCR \u00e9tait en corr\u00e9lation avec la gravit\u00e9 de la maladie. La cytom\u00e9trie en flux du LCR a permis d&#8217;\u00e9tablir une nouvelle approche diagnostique pour identifier les changements sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie et au sous-type dans les neuropathies inflammatoires \u00e0 m\u00e9diation auto-immune, ce qui facilite la diff\u00e9renciation de la PIDC du SGB. A l&#8217;avenir, cela pourrait servir de base \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation du pronostic et au d\u00e9veloppement de nouveaux agents th\u00e9rapeutiques, et l&#8217;analyse immunocellulaire pourrait \u00eatre \u00e9tendue \u00e0 d&#8217;autres variantes neuropathiques.<\/p>\n\n<h2 id=\"les-immunophenotypes-dans-le-spectre-des-maladies-neurologiques\" class=\"wp-block-heading\">Les immunoph\u00e9notypes dans le spectre des maladies neurologiques<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Sur la base de l&#8217;augmentation des informations obtenues par l&#8217;utilisation de la cytom\u00e9trie en flux dans diff\u00e9rents compartiments (sang et LCR), la collecte de donn\u00e9es a \u00e9t\u00e9 \u00e9tendue \u00e0 un plus large \u00e9ventail de maladies neurologiques. Une \u00e9tude transversale r\u00e9trospective a examin\u00e9 la composition des cellules immunitaires chez des patients atteints de maladies \u00e0 m\u00e9diation auto-immune, neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et vasculaires. Tout comme les neuropathies immunitaires, les maladies auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central constituent un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne de pathologies neuroinflammatoires qui n\u00e9cessitent encore aujourd&#8217;hui une classification plus sp\u00e9cifique et un diagnostic diff\u00e9rentiel plus pr\u00e9cis, et dont les m\u00e9canismes pathologiques sous-jacents ne sont pas encore totalement d\u00e9crypt\u00e9s.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des param\u00e8tres individuels ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s par cytom\u00e9trie de flux et des analyses multidimensionnelles ont permis d&#8217;extraire les caract\u00e9ristiques qui diff\u00e9rencient le mieux les maladies neuroinflammatoires des pathologies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives et vasculaires [5].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les profils de cellules immunitaires des maladies neuroinflammatoires auto-immunes ont montr\u00e9 des similitudes entre elles et des diff\u00e9rences par rapport aux maladies neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives, vasculaires et non-inflammatoires <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(figure 3).<\/span> Dans les profils de cellules immunitaires de toutes les maladies neuroinflammatoires, le nombre de cellules et la proportion de lymphocytes B dans le LCR \u00e9taient \u00e9lev\u00e9s, tandis que les monocytes, les cellules tueuses naturelles et les cellules T tueuses naturelles \u00e9taient abaiss\u00e9s. En outre, une diminution du nombre de cellules NK CD56dim dans le sang a \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme un indice de la pr\u00e9sence d&#8217;une maladie inflammatoire du SNC. Ces caract\u00e9ristiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finies comme des param\u00e8tres &#8220;pan-disease&#8221; pour les pathologies auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central et indiquaient donc des modifications communes \u00e0 toutes les maladies <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(figure 3). <\/span>Dans la scl\u00e9rose en plaques, une augmentation du nombre de cellules dans le LCR et une expansion significative des cellules de la lign\u00e9e B sont connues depuis de nombreuses ann\u00e9es [20,21]. Il est int\u00e9ressant de noter que ces param\u00e8tres \u00e9taient influen\u00e7ables par les immunoth\u00e9rapies et pourraient \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 l&#8217;avenir comme biomarqueurs de la r\u00e9ponse aux th\u00e9rapies immunomodulatrices et am\u00e9liorer l&#8217;\u00e9valuation du pronostic ainsi que le contr\u00f4le du traitement.<\/p>\n\n<h2 id=\"\" class=\"wp-block-heading\">\u00a0<\/h2>\n\n<h2 id=\"-2\" class=\"wp-block-heading\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-19159 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1057;height: 577px; width: 600px;\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11.png\" alt=\"\" width=\"1100\" height=\"1057\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11-800x769.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11-120x115.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11-90x86.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11-320x307.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/abb3_np3_s11-560x538.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n\n<h2 id=\"-3\" class=\"wp-block-heading\">\u00a0<\/h2>\n\n<h2 id=\"compositions-de-cellules-immunitaires-dans-les-maladies-neuroinflammatoires-auto-immunes\" class=\"wp-block-heading\">Compositions de cellules immunitaires dans les maladies neuroinflammatoires auto-immunes<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Des signatures de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques de la maladie dans le LCR ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es dans diverses autres maladies neurologiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u00e9tude r\u00e9trospective a compar\u00e9 la composition des cellules immunitaires dans la scl\u00e9rose en plaques de type r\u00e9current-r\u00e9mittent (RRMS) et la neurosarco\u00efdose. La sarco\u00efdose est une maladie auto-immune multisyst\u00e9mique qui se manifeste par des granulomes \u00e9pith\u00e9lio\u00efdes dans divers organes o\u00f9 elle provoque des r\u00e9actions inflammatoires locales par infiltration de macrophages [22]. Le syst\u00e8me nerveux central est \u00e9galement touch\u00e9 chez environ 25% des patients [23]. Cela se traduit souvent par des sympt\u00f4mes neurologiques qui peuvent \u00eatre similaires \u00e0 ceux d&#8217;une pouss\u00e9e de SEP. Le diagnostic de la sarco\u00efdose comprend un bilan sanguin avec dosage des param\u00e8tres inflammatoires, de l&#8217;immunoglobuline G, de l&#8217;ECA, du r\u00e9cepteur soluble de l&#8217;IL-2 (sIL-2R) et de la n\u00e9opt\u00e9rine, ainsi qu&#8217;une exploration fonctionnelle respiratoire, une bronchoscopie avec lavage broncho-alv\u00e9olaire et biopsie transbronchique, une radiographie du thorax et, selon les manifestations cliniques, d&#8217;autres examens d&#8217;imagerie et des examens interdisciplinaires [24,25]. En ce qui concerne la diff\u00e9renciation avec d&#8217;autres maladies inflammatoires, les param\u00e8tres chimiques de laboratoire (ECA, sIL-2R) se sont r\u00e9v\u00e9l\u00e9s non sp\u00e9cifiques et insuffisamment sensibles [26,27]. La distinction entre la neurosarco\u00efdose et la scl\u00e9rose en plaques n&#8217;est pas toujours \u00e9vidente, m\u00eame en imagerie, car les l\u00e9sions de SEP (white matter lesions) et les modifications granulomateuses de la neurosarco\u00efdose se ressemblent souvent en imagerie par r\u00e9sonance magn\u00e9tique [28]. L&#8217;analyse standard &#8220;simple&#8221; du LCR r\u00e9v\u00e8le \u00e9galement des anomalies similaires, comme une pl\u00e9iocytose l\u00e9g\u00e8re [29]. Le diagnostic d\u00e9finitif de la neurosarco\u00efdose ne peut alors parfois \u00eatre \u00e9tabli que par biopsie de l\u00e9sions couvertes de granulomes dans le syst\u00e8me nerveux central [30]. Toutefois, une telle biopsie constitue une proc\u00e9dure invasive et risqu\u00e9e et ne devrait \u00eatre effectu\u00e9e qu&#8217;apr\u00e8s une \u00e9valuation pr\u00e9cise des b\u00e9n\u00e9fices et des risques. Pour \u00e9viter une telle mesure invasive, il est essentiel de mettre en place de nouveaux outils de diagnostic. Dans cette optique, la cytom\u00e9trie en flux du LCR et du sang de patients atteints de neurosarco\u00efdose et de scl\u00e9rose en plaques a \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9e de mani\u00e8re r\u00e9trospective.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cytom\u00e9trie de flux, la neurosarco\u00efdose a \u00e9t\u00e9 \u00e9tonnamment bien diff\u00e9renci\u00e9e de la scl\u00e9rose en plaques par un taux \u00e9lev\u00e9 de plasmocytes, de monocytes interm\u00e9diaires et non classiques dans le sang, tandis que le nombre de lymphocytes T dans le sang \u00e9tait r\u00e9duit dans la neurosarco\u00efdose. Le LCR a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des param\u00e8tres se chevauchant partiellement dans les deux maladies, avec une augmentation sp\u00e9cifique du pourcentage de lymphocytes T CD4-positifs dans la neurosarco\u00efdose. L&#8217;int\u00e9gration multidimensionnelle des compositions cellulaires immunologiques du LCR et du sang a permis d&#8217;optimiser la diff\u00e9renciation des deux maladies<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\"> (figure 3).<\/span> La pr\u00e9dominance de lymphocytes T CD4 positifs activ\u00e9s et un ratio CD4\/CD8 \u00e9lev\u00e9 dans le LCR ainsi qu&#8217;une proportion accrue de plasmocytes dans le sang ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis comme caract\u00e9ristiques de la neurosarco\u00efdose [14]. La d\u00e9tection de plasmocytes dans le liquide c\u00e9phalorachidien ainsi que la synth\u00e8se intrath\u00e9cale d&#8217;IgG et de bandes oligoclonales ont ouvert la voie \u00e0 la scl\u00e9rose en plaques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les compositions immunocellulaires individuelles dans le LCR permettent donc de mieux distinguer ces deux maladies inflammatoires du syst\u00e8me nerveux central et peuvent permettre, dans la pratique clinique quotidienne, de renoncer \u00e0 des confirmations de diagnostic par biopsie et de simplifier le choix du traitement (immunosuppresseurs classiques vs traitements modulateurs de la SEP).<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En outre, l&#8217;accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la distinction des maladies auto-immunes distinctes du syst\u00e8me nerveux central et sur la comparaison des profils de cellules immunitaires dans la scl\u00e9rose en plaques, les maladies du spectre de la neuromy\u00e9lite optique (NMOSD), l&#8217;enc\u00e9phalite auto-immune (AIE) et le syndrome de Susac. La NMOSD se caract\u00e9rise par des n\u00e9vrites optiques et des my\u00e9lites r\u00e9currentes avec des l\u00e9sions inflammatoires de longue dur\u00e9e [31]. Les enc\u00e9phalites auto-immunes peuvent se manifester cliniquement par des c\u00e9phal\u00e9es, de la fi\u00e8vre, une baisse de la vigilance, des crises d&#8217;\u00e9pilepsie mais aussi des d\u00e9ficits cognitifs. L&#8217;enc\u00e9phalite \u00e0 r\u00e9cepteurs NMDA (NMDARE) se caract\u00e9rise souvent par des d\u00e9ficits cognitifs, des troubles mn\u00e9siques et des sympt\u00f4mes psychotiques [32, 33]. Le syndrome de Susac est une endoth\u00e9liopathie des petits vaisseaux sanguins du SNC m\u00e9di\u00e9e par les cellules T CD8+ et se caract\u00e9rise cliniquement par une triade d&#8217;enc\u00e9phalopathie, de perte auditive et de baisse de l&#8217;acuit\u00e9 visuelle [34,35].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Alors que ces maladies pr\u00e9sentent des changements similaires entre elles dans les analyses standard du LCR [36], la cytom\u00e9trie de flux a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des changements sp\u00e9cifiques aux sous-types dans la composition des cellules immunitaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En plus de la synth\u00e8se intrath\u00e9cale d&#8217;IgG connue jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, la synth\u00e8se intrath\u00e9cale d&#8217;IgA et d&#8217;IgM a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9e comme caract\u00e9ristique de la RRMS. Dans les maladies du spectre de la neuromy\u00e9lite optique, on a notamment observ\u00e9 une diminution du nombre de cellules NK CD56bright dans le sang et une augmentation de la concentration de lactate dans le LCR. Le syndrome de Susac se caract\u00e9risait par la pr\u00e9sence de lymphocytes T CD4+ et CD8+ dans le sang, ainsi que par un taux \u00e9lev\u00e9 de lymphocytes T CD8+ activ\u00e9s (HLA-DR+) dans le LCR et le sang. La caract\u00e9ristique de l&#8217;enc\u00e9phalite auto-immune \u00e9tait la d\u00e9tection d&#8217;un nombre \u00e9lev\u00e9 de lymphocytes dans le LCR et dans le sang, ainsi qu&#8217;un nombre \u00e9lev\u00e9 de cellules T tueuses naturelles, de monocytes classiques et de monocytes CD14+ CD16+ dans le LCR.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;analyse des cellules immunitaires par cytom\u00e9trie de flux dans le LCR permet donc de diff\u00e9rencier la SEPR des autres entit\u00e9s avec un degr\u00e9 de confiance \u00e9lev\u00e9. Dans une analyse multidimensionnelle, les plasmocytes dans le LCR et la synth\u00e8se intrath\u00e9cale d&#8217;IgG ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis comme les meilleurs param\u00e8tres pour diff\u00e9rencier le SMRR des autres maladies auto-immunes du SNC.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les profils des cellules immunitaires de patients atteints de scl\u00e9rose en plaques r\u00e9currente-r\u00e9mittente \u00e0 diff\u00e9rents stades de la maladie ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s de mani\u00e8re approfondie. Quel que soit le stade de la maladie, les param\u00e8tres &#8216;pan-disease&#8217; \u00e9taient modifi\u00e9s dans la m\u00eame mesure. En revanche, la progression de la maladie s&#8217;est accompagn\u00e9e d&#8217;une nouvelle diminution de CD56<sup>dim<\/sup>  cellules NK dans le sang et une augmentation des lymphocytes B intrath\u00e9caux, des plasmocytes et de la synth\u00e8se intrath\u00e9cale d&#8217;IgG  <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Fig. 3).  <\/span>A l&#8217;aide de param\u00e8tres sp\u00e9cifiques aux cellules immunitaires, corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la gravit\u00e9 et \u00e0 la progression de la maladie, une surveillance continue permettrait de d\u00e9finir de nouveaux marqueurs facilitant l&#8217;\u00e9valuation de l&#8217;activit\u00e9 de la maladie et permettant une modulation pr\u00e9coce du traitement afin d&#8217;influencer positivement l&#8217;\u00e9volution de la maladie. Des donn\u00e9es suppl\u00e9mentaires provenant d&#8217;\u00e9tudes longitudinales sur plusieurs d\u00e9cennies pourraient permettre d&#8217;identifier des param\u00e8tres facilitant la d\u00e9tection de la transition d&#8217;une SEP r\u00e9mittente \u00e0 une SEP secondairement progressive. Des \u00e9tudes prospectives de confirmation sont donc encore n\u00e9cessaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;analyse pr\u00e9cise des profils variables des cellules immunitaires dans diff\u00e9rentes entit\u00e9s pathologiques devrait permettre \u00e0 l&#8217;avenir d&#8217;acqu\u00e9rir de nouvelles connaissances sur les m\u00e9canismes pathologiques communs et distincts dans certaines maladies, mais l&#8217;identification d&#8217;autres param\u00e8tres discriminants n\u00e9cessitera des cohortes plus importantes, notamment de patients atteints de maladies rares telles que la NMOSD ou le syndrome de Susac. \u00c0 l&#8217;avenir, la cytom\u00e9trie en flux ne devrait pas se limiter au domaine de la neurologie, mais s&#8217;\u00e9tendre \u00e0 d&#8217;autres disciplines m\u00e9dicales.<\/p>\n\n<h2 id=\"analyse-des-cellules-immunitaires-dans-un-champ-interdisciplinaire\" class=\"wp-block-heading\">Analyse des cellules immunitaires dans un champ interdisciplinaire<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De nombreuses maladies neuroinflammatoires peuvent \u00e9galement se manifester par des sympt\u00f4mes psychiatriques, comme les enc\u00e9phalites auto-immunes telles que l&#8217;enc\u00e9phalite \u00e0 r\u00e9cepteurs NMDA (NMDARE). Les erreurs de diagnostic qui classent l&#8217;AIE comme une maladie primaire parmi les maladies psychiatriques sont fr\u00e9quentes. Les cons\u00e9quences qui en d\u00e9coulent peuvent \u00eatre graves. Actuellement, le diagnostic diff\u00e9rentiel entre les maladies psychiatriques et les maladies auto-immunes neuroinflammatoires reste un d\u00e9fi dans la pratique clinique quotidienne de la neurologie et de la psychiatrie. En outre, le spectre des maladies psychiatriques comprend de nombreuses entit\u00e9s dont la pathogen\u00e8se n&#8217;est pas encore totalement comprise [37]. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des m\u00e9canismes immunologiques et auto-immuns ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 discut\u00e9s et pourraient contribuer \u00e0 l&#8217;apparition de maladies psychiatriques [38\u201341]. C&#8217;est pourquoi nous avons analys\u00e9 les donn\u00e9es de cytom\u00e9trie de flux dans le cadre de maladies psychiatriques. Dans le diagnostic des maladies psychiatriques, l&#8217;analyse du LCR \u00e9tait jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent surtout utilis\u00e9e pour exclure les maladies organiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une \u00e9tude r\u00e9trospective a permis de recueillir des donn\u00e9es sur la composition des cellules immunitaires dans les maladies psychotiques primaires (dont la schizophr\u00e9nie, les troubles d\u00e9lirants, les troubles psychotiques aigus et transitoires et les troubles schizo-affectifs) et de les comparer aux signatures des cellules immunitaires des maladies neuroinflammatoires, en particulier la NMDARE, une sous-forme courante de l&#8217;AIE.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cytom\u00e9trie de flux a permis de d\u00e9tecter des param\u00e8tres et de cr\u00e9er des scores multidimensionnels qui servent non seulement au diagnostic d&#8217;exclusion, mais aussi \u00e0 soutenir et \u00e0 faciliter le diagnostic des troubles psychotiques primaires. En outre, la composition de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques donne des indications sur l&#8217;implication de certaines sous-populations dans la gen\u00e8se et les m\u00e9canismes pathologiques des maladies psychiatriques. Des recherches ant\u00e9rieures ont mis en \u00e9vidence une augmentation du nombre de leucocytes dans le sang des patients atteints de troubles psychotiques [42]. Les analyses standard du liquide c\u00e9phalorachidien ont montr\u00e9 une augmentation des prot\u00e9ines du liquide c\u00e9phalorachidien dans les psychoses primaires et souvent la pr\u00e9sence d&#8217;un trouble de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique. Cependant, il n&#8217;existe pas de param\u00e8tres sp\u00e9cifiques de laboratoire et de chimie du liquide c\u00e9phalorachidien, et il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 possible jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent de les diff\u00e9rencier avec certitude des maladies neurologiques par des analyses standard du sang et du liquide c\u00e9phalorachidien.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cytom\u00e9r\u00e8se en flux a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des changements sp\u00e9cifiques au compartiment dans le LCR et le sang chez les patients atteints de psychose primaire [43]. La composition sp\u00e9cifique des cellules immunitaires dans le LCR dans les troubles psychotiques primaires \u00e9tait caract\u00e9ris\u00e9e par une augmentation des lymphocytes T CD8 positifs et des monocytes, en particulier des monocytes non classiques. En revanche, le nombre de lymphocytes dans le liquide c\u00e9phalorachidien a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\"> (tableau 1). <\/span>Dans le sang, on a observ\u00e9 une augmentation du nombre de cellules tueuses naturelles et de monocytes. En particulier, le nombre de monocytes classiques \u00e9tait augment\u00e9, tandis que la proportion de monocytes interm\u00e9diaires dans le sang \u00e9tait r\u00e9duite. L&#8217;enc\u00e9phalite \u00e0 r\u00e9cepteurs NMDA (NMDARE) est souvent associ\u00e9e \u00e0 des sympt\u00f4mes psychotiques et peut \u00eatre difficile \u00e0 distinguer cliniquement des psychoses primaires. Malgr\u00e9 la possibilit\u00e9 de d\u00e9terminer les anticorps sp\u00e9cifiques des r\u00e9cepteurs anti-NMDA, des erreurs de diagnostic sont possibles car il existe \u00e9galement des variantes d&#8217;enc\u00e9phalites auto-immunes avec anticorps n\u00e9gatifs [44]. C&#8217;est pourquoi les deux maladies ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9es en particulier. Le profilage des cellules immunitaires par cytom\u00e9trie de flux a montr\u00e9 que la NMADRE peut \u00eatre facilement distingu\u00e9e des maladies psychotiques primaires par un taux \u00e9lev\u00e9 de lymphocytes, de cellules B et de monocytes dans le LCR et par la d\u00e9tection de plasmocytes dans le sang.  <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Aper\u00e7u 1).<\/span>  En outre, la cytom\u00e9trie de flux a d\u00e9tect\u00e9 une augmentation du taux de cellules tueuses naturelles dans le sang chez les patients pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes psychotiques positifs.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"913\" height=\"936\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-19160 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13.png 913w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13-800x820.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13-120x123.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13-90x92.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13-320x328.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/06\/ubersicht1_np3_s13-560x574.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 913px) 100vw, 913px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 913px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 913\/936;\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les troubles psychotiques primaires constituent un groupe h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne dont la physiopathologie complexe est encore incomprise sous de nombreux aspects et n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9e en d\u00e9tail. Des recherches ant\u00e9rieures indiquent une d\u00e9r\u00e9gulation du syst\u00e8me immunitaire et des composants inflammatoires dans le syst\u00e8me nerveux central chez les patients souffrant de troubles psychotiques primaires. Les r\u00e9sultats de la cytom\u00e9trie de flux montrent des changements dans la composition des cellules immunitaires dans le LCR et sugg\u00e8rent que les m\u00e9canismes immunologiques, en particulier l&#8217;immunit\u00e9 inn\u00e9e, contribuent, avec une fonction de barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique perturb\u00e9e, au d\u00e9veloppement des maladies psychotiques primaires. La cytom\u00e9trie de flux a identifi\u00e9 des changements typiques de la maladie dans la composition des cellules immunitaires dans le LCR et le sang, ce qui renforce le diagnostic de psychose primaire et soutient l&#8217;hypoth\u00e8se immunitaire de la psychose primaire.<\/p>\n\n<h2 id=\"resume\" class=\"wp-block-heading\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La cytom\u00e9trie de flux dans le liquide c\u00e9phalo-rachidien a permis d&#8217;\u00e9tablir la possibilit\u00e9 de nouvelles analyses de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie et au sous-type. Les analyses cytom\u00e9triques en flux du LCR ont permis de classer sp\u00e9cifiquement les maladies neuroinflammatoires du syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique. Les compositions des cellules immunitaires dans le LCR des patients atteints de SGB vs CIDP permettent de distinguer les deux entit\u00e9s avec un niveau de confiance plus \u00e9lev\u00e9. De plus, une \u00e9valuation pr\u00e9coce de l&#8217;\u00e9volution de la maladie (aigu\u00eb monophasique vs chronique r\u00e9currente) peut \u00eatre effectu\u00e9e au moment du diagnostic initial de neuropathie inflammatoire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En outre, les maladies inflammatoires auto-immunes du syst\u00e8me nerveux central pr\u00e9sentent des modifications individuelles des sous-populations cellulaires dans le sang ainsi que dans le LCR. Ces variations sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie devraient \u00e0 l&#8217;avenir am\u00e9liorer la classification dans les diff\u00e9rentes entit\u00e9s et faciliter ainsi le diagnostic diff\u00e9rentiel. L&#8217;analyse cytom\u00e9trique de flux du liquide c\u00e9phalorachidien peut s&#8217;av\u00e9rer particuli\u00e8rement utile en cas de r\u00e9sultats incertains d&#8217;autres examens, par exemple en imagerie ou en cas de modifications non sp\u00e9cifiques de la chimie de laboratoire. Par exemple, lorsque des l\u00e9sions non sp\u00e9cifiques sont d\u00e9tect\u00e9es par IRM, par exemple dans le cas de l\u00e9sions isch\u00e9miques vs. &#8220;white matter lesions&#8221; (dans la SEP, la NMOSD ou le syndrome de Susac), ou dans le cas de granulomes dans le syst\u00e8me nerveux central vs. des l\u00e9sions de SEP, le diagnostic peut \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par l&#8217;analyse des cellules immunitaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">De plus, un diagnostic pr\u00e9coce peut orienter les d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques, comme par exemple l&#8217;utilisation de m\u00e9dicaments immunomodulateurs, et optimiser l&#8217;impact sur l&#8217;\u00e9volution de la maladie gr\u00e2ce \u00e0 un choix th\u00e9rapeutique d\u00e9termin\u00e9. L&#8217;objectif des futures analyses du LCR par cytom\u00e9trie de flux pourrait \u00eatre la d\u00e9tection de variables immunocellulaires refl\u00e9tant les effets th\u00e9rapeutiques et permettant de mieux \u00e9valuer l&#8217;\u00e9volution de la maladie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En outre, l&#8217;identification de signatures de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques \u00e0 une maladie ouvre la voie \u00e0 l&#8217;implication de certaines populations de cellules dans le d\u00e9veloppement de maladies neurologiques et de m\u00e9canismes auto-immuns dans le syst\u00e8me nerveux central et p\u00e9riph\u00e9rique. Elle constitue donc la base d&#8217;analyses plus approfondies des processus physiopathologiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9sum\u00e9, la cytom\u00e9trie de flux \u00e0 partir du LCR constitue une nouvelle option diagnostique pour l&#8217;analyse de profils sp\u00e9cifiques de cellules immunitaires. La cytom\u00e9trie de flux de patients atteints de neuropathies immunitaires, de maladies neuroinflammatoires auto-immunes du SNC ou de troubles psychotiques a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 des modifications immunocellulaires sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie dans les compartiments p\u00e9riph\u00e9riques et intrath\u00e9caux, indiquant l&#8217;implication du syst\u00e8me immunitaire inn\u00e9 et des m\u00e9canismes immunologiques dans l&#8217;\u00e9tiologie de ces maladies. En particulier, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que non seulement les composants cellulaires dans le sang, mais aussi les cellules immunitaires sp\u00e9cifiques dans le LCR jouent un r\u00f4le crucial dans la physiopathologie des maladies neurologiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une base de donn\u00e9es unique de cytom\u00e9trie de flux \u00e0 partir d&#8217;\u00e9chantillons de LCR de haute qualit\u00e9 \u00e0 la Clinique de neurologie de l&#8217;H\u00f4pital universitaire de M\u00fcnster a permis de jeter les bases de futurs projets de recherche plus approfondis.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;identification de param\u00e8tres singuliers et \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement de scores multifactoriels, il sera possible \u00e0 l&#8217;avenir de g\u00e9n\u00e9rer des profils de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques \u00e0 une maladie ou \u00e0 une sous-classe, qui seront utilis\u00e9s comme de nouveaux outils de diagnostic dans la pratique clinique quotidienne et qui r\u00e9volutionneront le diagnostic ainsi que le traitement des neuropathies immunitaires et d&#8217;autres maladies.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La cytom\u00e9trie de flux des cellules du liquide c\u00e9phalorachidien permet d&#8217;identifier des profils de cellules immunitaires sp\u00e9cifiques \u00e0 la maladie.<\/li>\n\n\n\n<li>Certaines populations de leucocytes ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es comme marqueurs de maladies individuelles et pourraient \u00eatre impliqu\u00e9es dans les m\u00e9canismes pathologiques individuels, par exemple les cellules T tueuses naturelles pour diff\u00e9rencier les neuropathies immunitaires aigu\u00ebs vs chroniques. Les monocytes pr\u00e9sents dans le LCR pourraient distinguer les psychoses primaires de l&#8217;enc\u00e9phalite \u00e0 r\u00e9cepteurs NDMA.<\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;analyse prospective des cellules du LCR pourrait am\u00e9liorer le choix et le suivi des th\u00e9rapies dans la pratique clinique quotidienne.<\/li>\n\n\n\n<li>La cytom\u00e9trie en flux des cellules du LCR peut am\u00e9liorer le diagnostic des maladies avec des manifestations cliniques non sp\u00e9cifiques et des sympt\u00f4mes qui se chevauchent, facilitant ainsi les d\u00e9cisions th\u00e9rapeutiques.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Iliff JJ, et al : Une voie paravasculaire facilite le flux de LCR \u00e0 travers le parenchyme c\u00e9r\u00e9bral et l&#8217;\u00e9limination des solut\u00e9s interstitiels, y compris l&#8217;amylo\u00efde b\u00eata. Sci Transl Med 2012 ; 4(147) : 147ra111.<\/li>\n\n\n\n<li>Schlager C, et al : Effector T-cell trafficking between the leptomeninges and the cerebrospinal fluid. Nature 2016 ; 530(7590) : 349-353.<\/li>\n\n\n\n<li>Engelhardt B, Vajkoczy P, Weller RO : The movers and shapers in immune privilege of the CNS. Nat Immunol 2017 ; 18(2) : 123-131.<\/li>\n\n\n\n<li>Louveau A, et al : Caract\u00e9ristiques structurelles et fonctionnelles des vaisseaux lymphatiques du syst\u00e8me nerveux central. Nature 2015 ; 523(7560) : 337-341.<\/li>\n\n\n\n<li>Gross CC, et al : Classification des maladies neurologiques \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;analyse multidimensionnelle du LCR. Brain, 2021. 144(9) : 2625-2634.<\/li>\n\n\n\n<li>Han S, et al : Immunoph\u00e9notypage complet des cellules du liquide c\u00e9phalo-rachidien chez les patients atteints de maladies neuro-immunologiques. J Immunol 2014 ; 192(6) : 2551-2563.<\/li>\n\n\n\n<li>Pawlowski M, et al : Relevance of raised cerebrospinal fluid monocyte levels in patients with frontotemporal dementia. Neurobiol Aging 2018 ; 62 : 45-52.<\/li>\n\n\n\n<li>Alvermann S, et al : Immunoph\u00e9notypage des cellules du liquide c\u00e9phalorachidien dans la scl\u00e9rose en plaques : \u00e0 la recherche de biomarqueurs. JAMA Neurol 2014 ; 71(7) : 905-912.<\/li>\n\n\n\n<li>Gross CC, et al : Impaired NK-mediated regulation of T-cell activity in multiple sclerosis is reconstituted by IL-2 receptor modulation. Proc Natl Acad Sci USA 2016 ; 113(21) : E2973-2982.<\/li>\n\n\n\n<li>Lueg G, et al : Pertinence clinique de l&#8217;activation sp\u00e9cifique des cellules T dans le sang et le liquide c\u00e9phalo-rachidien des patients atteints de la maladie d&#8217;Alzheimer l\u00e9g\u00e8re. Neurobiol Aging 2015 ; 36(1) : 81-89.<\/li>\n\n\n\n<li>Wiendl HK, Kieseier B, Meuth S : Questions et r\u00e9ponses sur la neuroimmunologie 2015 : 191-215.<\/li>\n\n\n\n<li>van Doorn PA : Diagnostic, traitement et pronostic du syndrome de Guillain-Barre (GBS). Presse Med 2013 ; 42(6 Pt 2) : e193-201.<\/li>\n\n\n\n<li>Heming M, et al : Le profilage des cellules immunitaires du fluide c\u00e9r\u00e9brospinal fournit des informations pathog\u00e9niques sur les neuropathies inflammatoires. Front Immunol 2019 ; 10 : 515.<\/li>\n\n\n\n<li>Heming M, et al : Les profils leucocytaires dans le sang et le LCR distinguent la neurosarco\u00efdose de la scl\u00e9rose en plaques. J Neuroimmunol 2020 ; 341 : 577171.<\/li>\n\n\n\n<li>Li S, et al : IL-17 et IL-22 dans le fluide c\u00e9r\u00e9brospinal et le plasma sont \u00e9lev\u00e9s dans le syndrome de Guillain-Barre. Mediators Inflamm 2012 ; 2012 : 260473.<\/li>\n\n\n\n<li>Essai en double aveugle de m\u00e9thylprednisolone intraveineuse dans le syndrome de Guillain-Barre. Syndrome de Guillain-Barre Essai sur les st\u00e9ro\u00efdes GrouLancet, 1993. 341(8845) : 586-590.<\/li>\n\n\n\n<li>Kieseier BC, et al : Neuropathies \u00e0 m\u00e9diation immunitaire. Nat Rev Dis Primers 2018 ; 4(1) : 31.<\/li>\n\n\n\n<li>Nobile-Orazio E, Gallia F : Mise \u00e0 jour sur le traitement de la polyradiculoneuropathie inflammatoire d\u00e9my\u00e9linisante chronique. Curr Opin Neurol 2015 ; 28(5) : 480-485.<\/li>\n\n\n\n<li>Nobile-Orazio E, et al : Immunoglobuline intraveineuse versus m\u00e9thylprednisolone intraveineuse pour la polyradiculoneuropathie inflammatoire d\u00e9my\u00e9linisante chronique : un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9. 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