{"id":325733,"date":"2022-05-28T01:00:00","date_gmt":"2022-05-27T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/mise-a-jour-precanceroses-classification-et-traitement\/"},"modified":"2022-05-28T01:00:00","modified_gmt":"2022-05-27T23:00:00","slug":"mise-a-jour-precanceroses-classification-et-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/mise-a-jour-precanceroses-classification-et-traitement\/","title":{"rendered":"Mise \u00e0 jour : pr\u00e9canc\u00e9roses, classification et traitement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Alors que le cancer du vagin est rare, les cas de cancer de la vulve ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 dans le monde au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es. Il s&#8217;agit du carcinome de la femme dont l&#8217;incidence augmente le plus rapidement. Si les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses sont d\u00e9tect\u00e9es, trait\u00e9es et surveill\u00e9es \u00e0 temps, le pronostic est bon. En revanche, un cancer manifeste entra\u00eene souvent des op\u00e9rations lourdes de cons\u00e9quences et des r\u00e9cidives souvent mortelles. La pr\u00e9vention et le suivi sont d&#8217;autant plus importants, m\u00eame chez les patientes \u00e2g\u00e9es et m\u00eame apr\u00e8s une hyst\u00e9rectomie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les cancers de la vulve et du vagin sont souvent li\u00e9s \u00e0 des infections \u00e0 HPV (papillomavirus humain) <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(Fig.&nbsp;1).<\/span> Andreas G\u00fcnthert du gyn-zentrum de Lucerne dans le cadre du FomF Update Refresher Gyn\u00e9cologie, qui s&#8217;est tenu du 2 au 4 d\u00e9cembre \u00e0 Zurich.&nbsp;. En conclusion,&nbsp;Les effets des deux maladies sur la qualit\u00e9 de vie sont souvent consid\u00e9rables, notamment en raison du traitement requis, et de nombreux cas pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un suivi et \u00e0 une pr\u00e9vention ad\u00e9quats. Les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses connues sur&nbsp;jouent un r\u00f4le important \u00e0 cet \u00e9gard.<\/p>\n<h2 id=\"le-carcinome-vaginal-une-rarete\">Le carcinome vaginal &#8211; une raret\u00e9<\/h2>\n<p>En tant que raret\u00e9 m\u00e9dicale, le diagnostic de &#8220;carcinome vaginal&#8221; est pos\u00e9 moins de 50 fois par an en Suisse, l&#8217;incidence \u00e9tant de 0,4 \u00e0 1,2\/100 000 femmes. Les patientes \u00e2g\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement touch\u00e9es, 15% des cas survenant entre 20 et 49 ans&nbsp;. Il s&#8217;agit g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;un carcinome \u00e9pidermo\u00efde, issu d&#8217;une l\u00e9sion pr\u00e9canc\u00e9reuse et souvent associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;HPV. Avec un taux de survie global \u00e0 5 ans de 54%, le pronostic est plut\u00f4t d\u00e9favorable, ce qui, selon le professeur G\u00fcnthert, est probablement d\u00fb, entre autres, au manque d&#8217;attention port\u00e9 \u00e0 cette pathologie et aux \u00e9volutions souvent subcliniques. Les sympt\u00f4mes souvent non sp\u00e9cifiques, tels que les d\u00e9mangeaisons, le spotting et la dyspareunie, rendent \u00e9galement le diagnostic pr\u00e9coce difficile. Les facteurs de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un cancer du vagin sont comparables \u00e0 ceux du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus, avec la promiscuit\u00e9 et le tabagisme en t\u00eate de liste. Une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre accord\u00e9e aux patientes ayant un statut post-hyst\u00e9rectomie avec des l\u00e9sions invasives ou pr\u00e9-invasives, car il est tout \u00e0 fait possible que de nouvelles l\u00e9sions associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV apparaissent dans le vagin. Elles sont class\u00e9es comme r\u00e9cidives dans les dix premi\u00e8res ann\u00e9es suivant l&#8217;hyst\u00e9rectomie, puis comme n\u00e9oplasie d&#8217;origine vaginale.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-19000\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/abb1_oh2_s22.jpg\" style=\"height:248px; width:400px\" width=\"1000\" height=\"619\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Classiquement, le carcinome vaginal se d\u00e9veloppe \u00e0 partir d&#8217;une n\u00e9oplasie intra\u00e9pith\u00e9liale vaginale (VaIN). Selon la classification actuelle de l&#8217;OMS, on ne distingue plus que deux cat\u00e9gories : La <em>l\u00e9sion intra\u00e9pith\u00e9liale malpighienne de bas grade <\/em>(LSIL) et la <em>l\u00e9sion intra\u00e9pith\u00e9liale malpighienne de haut grade <\/em>(HSIL) <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tab.<\/span>&nbsp;<span style=\"font-family:franklin gothic demi\">1). <\/span>La LSIL, qui correspond \u00e0 l&#8217;ancienne VaIN&nbsp;1, n&#8217;est plus consid\u00e9r\u00e9e comme une l\u00e9sion pr\u00e9canc\u00e9reuse, ce qui permet d&#8217;\u00e9viter un traitement excessif. Les donn\u00e9es sont moins claires en ce qui concerne le lichen scl\u00e9reux et le lichen plan en tant que pr\u00e9curseurs potentiels de carcinome. Il manque ici des \u00e9tudes pertinentes pour pouvoir \u00e9valuer leur risque de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence. Le taux de conversion des HSIL en carcinome est d&#8217;environ 2 \u00e0 5 % &#8211; et un traitement ad\u00e9quat peut emp\u00eacher leur progression. Celle-ci consiste g\u00e9n\u00e9ralement en un traitement au laser, sachant que plus de la moiti\u00e9 des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses r\u00e9cidivent. Un bon suivi est donc essentiel. L&#8217;imiquimod peut \u00eatre utilis\u00e9 hors \u00e9tiquette comme alternative \u00e0 la th\u00e9rapie au laser. Dans ce cas, le taux de gu\u00e9rison est d&#8217;environ 86% &#8211; mais avec des effets secondaires souvent importants. Dans les cas \u00e9tendus, la curieth\u00e9rapie est \u00e9galement utilis\u00e9e, mais cela n\u00e9cessite un soin \u00e0 long terme de la peau du vagin pour \u00e9viter qu&#8217;elle ne se colle. En dehors du traitement et du suivi, la pr\u00e9vention des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses est \u00e9galement importante pour \u00e9viter le d\u00e9veloppement de cancers vaginaux. Ainsi, la vaccination contre le HPV entra\u00eene une r\u00e9duction du risque estim\u00e9e \u00e0 environ 60%. Un d\u00e9pistage r\u00e9gulier du PAP et de l&#8217;HPV, notamment apr\u00e8s une hyst\u00e9rectomie pour cancer du col ou l\u00e9sion pr\u00e9-invasive, peut \u00e9galement contribuer \u00e0 d\u00e9tecter le plus t\u00f4t possible d&#8217;\u00e9ventuelles l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses et r\u00e9cidives.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-19001 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s20.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/234;height:128px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"234\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En cas de carcinome vaginal, celui-ci est class\u00e9 selon la classification FIGO <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tableau 2). <\/span>Il convient de noter que, par d\u00e9finition, il ne doit pas y avoir d&#8217;atteinte de la vulve ou du col de l&#8217;ut\u00e9rus. En effet, m\u00eame si une grande partie de la charge tumorale se trouve dans le vagin, mais que la vulve ou le col sont touch\u00e9s, la tumeur maligne est consid\u00e9r\u00e9e soit comme un cancer du col, soit comme un cancer de la vulve. Le traitement du carcinome vaginal est difficile en raison de sa raret\u00e9 et de la raret\u00e9 des \u00e9tudes. La plupart des consid\u00e9rations th\u00e9rapeutiques se d\u00e9veloppent par analogie avec les recommandations pour le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus et de la vulve. En principe, une gestion interdisciplinaire est n\u00e9cessaire. Alors que pour les tumeurs localis\u00e9es (FIGO I), la chirurgie par colpectomie ou h\u00e9micolpectomie et \u00e9ventuellement hyst\u00e9rectomie est au premier plan, pour les cancers de stade II-IV, la chirurgie doit \u00eatre mise en balance avec une radiochimioth\u00e9rapie primaire. Il convient de noter que l&#8217;irradiation des organes pelviens et de la peau du vagin pose des probl\u00e8mes, en particulier chez les femmes sexuellement actives. Selon le professeur G\u00fcnthert, l&#8217;op\u00e9ration peut \u00eatre tout \u00e0 fait b\u00e9n\u00e9fique en termes de qualit\u00e9 de vie. Une bonne reconstruction est cependant indispensable et souvent complexe \u00e0 r\u00e9aliser. Pour les tumeurs de stade I d&#8217;un diam\u00e8tre maximal de 4 cm et dont les ganglions lymphatiques sont n\u00e9gatifs \u00e0 l&#8217;imagerie, une biopsie du ganglion lymphatique sentinelle (SLNB) est de plus en plus pratiqu\u00e9e \u00e0 partir d&#8217;une profondeur d&#8217;infiltration de 1 mm. Il est parfois difficile de le faire en raison de la complexit\u00e9 et de la variabilit\u00e9 des voies de drainage lymphatique. Il faut garder \u00e0 l&#8217;esprit que le tiers sup\u00e9rieur du vagin s&#8217;\u00e9coule plut\u00f4t par voie pelvienne, le tiers inf\u00e9rieur plut\u00f4t par voie inguinale et le tiers moyen dans les deux sens. Ainsi, une d\u00e9tection pelvienne et inguinale est recherch\u00e9e. Selon les r\u00e9sultats, celle-ci entra\u00eene une dissection des ganglions lymphatiques, un d\u00e9bullage et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, une irradiation ult\u00e9rieure.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-19002 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab2_oh2_s21.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/535;height:292px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"535\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"la-vulve-un-organe-complexe\">La vulve : un organe complexe<\/h2>\n<p>Contrairement au cancer du vagin, les donn\u00e9es sur le cancer de la vulve sont plus solides. En tant qu&#8217;organe moins hormonod\u00e9pendant et beaucoup plus complexe sur le plan anatomique, la vulve est nettement plus sujette aux cancers. Dans sa pr\u00e9sentation, le professeur G\u00fcnthert a abord\u00e9 l&#8217;importance de l&#8217;anatomie pour le diagnostic et le traitement du cancer de la vulve, en particulier les diff\u00e9rents compartiments. Dans la classification anatomique, l&#8217;origine ontog\u00e9nique joue un r\u00f4le important. Ainsi, la vulve au sens strict se forme s\u00e9par\u00e9ment de la grande l\u00e8vre, du mons pubis et de l&#8217;anus. Seule la partie ventrale de l&#8217;anus entre 11 et 1&nbsp;heures appartient strictement \u00e0 la gyn\u00e9cologie et au sous-compartiment moyen de la vulve. Un carcinome dans cette zone serait donc un carcinome vulvaire et non anal. Selon H\u00f6ckel et al. la vulve ontog\u00e9nique peut \u00eatre divis\u00e9e en trois compartiments : La vulve interne, qui comprend le vestibule, la vulve moyenne avec le gland et les l\u00e8vres internes et la vulve externe, l&#8217;espace interlabial.<\/p>\n<p>La classification en stades du carcinome vulvaire a \u00e9t\u00e9 adapt\u00e9e cette ann\u00e9e et repose pour la premi\u00e8re fois sur des donn\u00e9es prospectives permettant d&#8217;\u00e9valuer le pronostic <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tableau 3) <\/span>[2]. Alors que celle-ci est plut\u00f4t favorable dans les cancers HPV positifs, elle est moins favorable dans les cas HPV n\u00e9gatifs et tr\u00e8s mauvaise en cas de r\u00e9cidive ganglionnaire inguinale ou pelvienne. Un bon suivi est donc \u00e9galement essentiel pour le cancer de la vulve. Dans ce cas, les r\u00e9cidives inguinales peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es \u00e0 un stade pr\u00e9coce, par exemple par \u00e9chographie. Globalement, plus des trois quarts des r\u00e9cidives surviennent au cours des trois premi\u00e8res ann\u00e9es. 20 \u00e0 50% des patientes sont touch\u00e9es par une r\u00e9cidive locale, dont 70% connaissent au moins une deuxi\u00e8me r\u00e9cidive. En revanche, les r\u00e9cidives inguinales et pelviennes surviennent dans 3 \u00e0 9% des cas &#8211; avec un taux de survie global historique \u00e0 5 ans inf\u00e9rieur \u00e0 25%. Toutefois, celle-ci a pu \u00eatre nettement am\u00e9lior\u00e9e au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es gr\u00e2ce au SLNB et \u00e0 la prise en charge correspondante par la chirurgie, la radioth\u00e9rapie et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la chimioth\u00e9rapie. Ainsi, dans une analyse plus r\u00e9cente, la moiti\u00e9 des femmes pr\u00e9sentant une r\u00e9cidive inguinale d&#8217;un cancer de la vulve \u00e9taient encore en vie apr\u00e8s six ans [3]. Les facteurs de risque de retour de la maladie sont les m\u00e9tastases ganglionnaires, le lichen scl\u00e9reux et une r\u00e9section qui n&#8217;a pas eu lieu en milieu sain.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-19003 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab3_oh2_s21.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/815;height:445px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"815\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le traitement du carcinome de la vulve repr\u00e9sente un grand d\u00e9fi pour les soignants et les personnes concern\u00e9es, et pas seulement en raison du taux \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive. Le taux \u00e9lev\u00e9 de complications et les dommages \u00e0 long terme de la th\u00e9rapie sont \u00e9galement probl\u00e9matiques. Ainsi, les troubles de la cicatrisation sont fr\u00e9quents et les lymph\u0153d\u00e8mes surviennent apr\u00e8s une lymphad\u00e9nectomie. Pour pr\u00e9venir les probl\u00e8mes de cicatrisation, le professeur G\u00fcnthert recommande une stomie de d\u00e9charge intestinale prophylactique pendant trois mois apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, mais les patientes s&#8217;y opposent souvent. La technique de reconstruction par plastie par lambeau a une grande importance pour la qualit\u00e9 de vie. Seule une bonne reconstruction permet par exemple de s&#8217;asseoir sans tension, sans parler des rapports sexuels. Cela suppose une grande expertise de la part des m\u00e9decins mais aussi des <em>infirmi\u00e8res <\/em>, qui peut \u00eatre assur\u00e9e entre autres par des <em>infirmi\u00e8res <\/em>sp\u00e9cialis\u00e9es dans <em>les soins pelviens <\/em>. L&#8217;approche chirurgicale du cancer de la vulve est en constante \u00e9volution, et l&#8217;accent est actuellement mis sur la marge de s\u00e9curit\u00e9 et la gestion des ganglions lymphatiques. Alors que l&#8217;on recommandait autrefois une distance de s\u00e9curit\u00e9 de 8&nbsp;mm, elle est aujourd&#8217;hui de 5. Toutefois, selon le professeur G\u00fcnthert, 2&nbsp;mm sont probablement suffisants. Et les choses bougent aussi \u00e0 la SLNB. Ainsi, le double marquage au techn\u00e9tium et au bleu patent\u00e9 pourrait bient\u00f4t \u00eatre remplac\u00e9 par le techn\u00e9tium et le vert d&#8217;indocyanure (ICG). Une \u00e9tude r\u00e9cente a \u00e9galement montr\u00e9 qu&#8217;en cas d&#8217;atteinte ganglionnaire sup\u00e9rieure \u00e0 2&nbsp;mm, la lymphad\u00e9nectomie inguinof\u00e9morale combin\u00e9e \u00e0 la radioth\u00e9rapie \u00e9tait sup\u00e9rieure \u00e0 la radioth\u00e9rapie seule [4].<\/p>\n<p>En ce qui concerne le traitement syst\u00e9mique du carcinome de la vulve, de nombreuses questions restent actuellement sans r\u00e9ponse. Ainsi, le traitement adjuvant n&#8217;a jamais fait l&#8217;objet d&#8217;une \u00e9tude syst\u00e9matique et les recommandations sont g\u00e9n\u00e9ralement des extrapolations d&#8217;\u00e9tudes sur le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Actuellement, le traitement syst\u00e9mique consiste en une approche multimodale avec chimioradioth\u00e9rapie. Cependant, dans un avenir proche, les inhibiteurs de points de contr\u00f4le pourraient \u00eatre de plus en plus utilis\u00e9s dans le carcinome vulvaire, pour lequel il n&#8217;existe pour l&#8217;instant que quelques rapports de cas isol\u00e9s. L&#8217;\u00e9lectrochimioth\u00e9rapie &#8211; une proc\u00e9dure particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux tumeurs malignes superficielles&nbsp;&#8211; pourrait \u00e9galement gagner en importance. \u00c0 cet \u00e9gard, l&#8217;\u00e9tude ELECHTRA est actuellement en cours.<\/p>\n<h2 id=\"apercu-des-lesions-precancereuses-de-la-vulve\">Aper\u00e7u des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la vulve<\/h2>\n<p>Comme pour le cancer du vagin, les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses jouent un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement et donc dans la pr\u00e9vention du cancer de la vulve. Leur incidence a augment\u00e9 de 400% au cours des 20 derni\u00e8res&nbsp;ann\u00e9es, ce qui a entra\u00een\u00e9 une augmentation parall\u00e8le des cas de carcinome. La classification des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses a \u00e9t\u00e9 modifi\u00e9e il y a deux ans <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tableau 4). <\/span>En principe, une distinction est faite entre les l\u00e9sions associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV et celles qui ne le sont pas, et il existe d\u00e9sormais trois cat\u00e9gories de l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses non associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV. Cependant, comme l&#8217;a soulign\u00e9 le professeur G\u00fcnthert, elles n&#8217;incluent pas toutes les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses. Par exemple, la maladie de Paget n&#8217;est toujours pas repr\u00e9sent\u00e9e dans la classification. Actuellement, on conna\u00eet trois fa\u00e7ons de d\u00e9velopper des carcinomes \u00e0 partir des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la vulve. Le taux de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence le plus \u00e9lev\u00e9 concerne les l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses non li\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV qui pr\u00e9sentent une mutation p53. Ceux-ci \u00e9voluent dans plus de 80% des cas vers un cancer de la vulve. Une autre voie de canc\u00e9rog\u00e9n\u00e8se des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses non associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV passe par des mutations alternatives telles que PIK3CA, HRAS ou PTEN. Au total, ces deux voies pathog\u00e9niques sont responsables de 40 \u00e0 50 % des cancers de la vulve et concernent plut\u00f4t des patientes \u00e2g\u00e9es. Les 50 \u00e0 60% restants des cancers de la vulve r\u00e9sultent de l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;HPV. Bien que les HSIL soient tr\u00e8s souvent diagnostiqu\u00e9es, elles n&#8217;\u00e9voluent vers un carcinome que dans 4 \u00e0 9% des cas. Il est important de noter qu&#8217;apr\u00e8s la d\u00e9tection d&#8217;une infection HPV \u00e0 haut risque au niveau du col de l&#8217;ut\u00e9rus, le risque de l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses vulvaires est \u00e9galement plus \u00e9lev\u00e9. Ainsi, une \u00e9tude non encore publi\u00e9e de la Clinique gyn\u00e9cologique de Lucerne montre que 83% des patientes ayant subi une conisation li\u00e9e \u00e0 l&#8217;HPV \u00e9taient \u00e9galement positives \u00e0 l&#8217;HPV au niveau de la vulve. Cons\u00e9quence : apr\u00e8s une conisation, l&#8217;expert recommande des contr\u00f4les r\u00e9guliers, en incluant la vulve.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-19004 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab4_oh2_s22.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/441;height:241px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"441\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Si une HSIL de la vulve est d\u00e9tect\u00e9e, le traitement se fait g\u00e9n\u00e9ralement par laser ou chirurgie &#8211; avec un taux de r\u00e9cidive de 51%. Le suivi est donc ici aussi extr\u00eamement important. Par analogie avec l&#8217;HSIL du vagin, l&#8217;imiquimod peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 hors \u00e9tiquette. Le cidofovir est \u00e9tudi\u00e9 dans cette indication. Apr\u00e8s une HSIL, les donn\u00e9es actuelles indiquent que la vaccination contre l&#8217;HPV peut r\u00e9duire le taux de r\u00e9cidive locale. En raison du risque plus \u00e9lev\u00e9 de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence, une dVIN <em>(differentiated type Vulvar Intraepithelial Neoplasia) <\/em>doit \u00eatre r\u00e9s\u00e9qu\u00e9e en bonne sant\u00e9. Le lichen scl\u00e9reux, pr\u00e9curseur de la d-VIN, n\u00e9cessite lui aussi un bon traitement et des vulvoscopies annuelles pour \u00e9viter le d\u00e9veloppement d&#8217;un carcinome. Celle-ci survient dans environ 3 \u00e0 7% des cas et il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;elle est plus faible en cas de bonne observance.<\/p>\n<p><em>Congr\u00e8s :&nbsp;FomF Update Refresher Gyn\u00e9cologie<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Source :<\/p>\n<ol>\n<li>Conf\u00e9rence &#8220;Update gyn\u00e4kologische Onkologie : Vulva und Vagina&#8221; par le Prof. Dr. med. Andreas G\u00fcnthert dans le cadre du Forum f\u00fcr medizinische Fortbildung (FomF) Update Refreshers Gyn\u00e4kologie, 03.12.2021, Zurich.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<p>2. Olawaiye AB, et al : FIGO staging for carcinoma of the vulva : 2021 revision. Int J Gynaecol Obstet 2021 ; 155(1) : 43-47.<br \/>\n3. Frey JN, et al : Should Groin Recurrence Still Be Considered as a Palliative Situation in Vulvar Cancer Patients ? Un rapport de synth\u00e8se. Int J Gynecol Cancer 2016 ; 26(3) : 575-579.<br \/>\n4. Oonk MHM, et al : Radioth\u00e9rapie versus lymphad\u00e9nectomie inguinof\u00e9morale comme traitement pour les patientes atteintes d&#8217;un cancer vulvaire avec des microm\u00e9tastases dans le ganglion sentinelle : R\u00e9sultats de GROINSS-V II. J Clin Oncol 2021 ; 39(32) : 3623-3632.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2022 ; 10(2) : 20-22<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Alors que le cancer du vagin est rare, les cas de cancer de la vulve ont consid\u00e9rablement augment\u00e9 dans le monde au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es. Il s&#8217;agit du&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":120527,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Cancer de la vulve et du vagin","footnotes":""},"category":[11527,11422,11389,11535,11549],"tags":[],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-325733","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-gynecologie","category-oncologie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-17 16:43:57","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":325742,"slug":"aggiornamento-lesioni-precancerose-classificazione-e-terapia","post_title":"Aggiornamento: lesioni precancerose, classificazione e terapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/aggiornamento-lesioni-precancerose-classificazione-e-terapia\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":325745,"slug":"actualizacao-lesoes-pre-cancerosas-classificacao-e-terapia","post_title":"Actualiza\u00e7\u00e3o: les\u00f5es pr\u00e9-cancerosas, classifica\u00e7\u00e3o e terapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/actualizacao-lesoes-pre-cancerosas-classificacao-e-terapia\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":325754,"slug":"actualizacion-lesiones-precancerosas-clasificacion-y-terapia","post_title":"Actualizaci\u00f3n: Lesiones precancerosas, clasificaci\u00f3n y terapia","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/actualizacion-lesiones-precancerosas-clasificacion-y-terapia\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325733","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=325733"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325733\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/120527"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=325733"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=325733"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=325733"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=325733"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}