{"id":325838,"date":"2022-05-16T01:00:00","date_gmt":"2022-05-15T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/quand-un-gonflement-des-ganglions-lymphatiques-doit-il-etre-pris-au-serieux\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:24","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:24","slug":"quand-un-gonflement-des-ganglions-lymphatiques-doit-il-etre-pris-au-serieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/quand-un-gonflement-des-ganglions-lymphatiques-doit-il-etre-pris-au-serieux\/","title":{"rendered":"Quand un gonflement des ganglions lymphatiques doit-il \u00eatre pris au s\u00e9rieux ?"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Des gonflements p\u00e9riodiques, tr\u00e8s douloureux et \u00e9tendus des ganglions lymphatiques peuvent \u00e9galement \u00eatre le signe d&#8217;une maladie de Castleman rare. Cette maladie rare se divise en deux cat\u00e9gories : la maladie de Castleman unicentrique (MCU) et les formes multicentriques. La forme multicentrique est une maladie syst\u00e9mique grave qui n&#8217;est pas facile \u00e0 diagnostiquer.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Un gonflement des ganglions lymphatiques se produit rapidement et n&#8217;est pas inqui\u00e9tant en soi. En revanche, en cas de gonflements p\u00e9riodiques, tr\u00e8s douloureux et importants des ganglions lymphatiques, il faut \u00e9galement penser \u00e0 la maladie de Castleman. Cette maladie rare est divis\u00e9e en deux cat\u00e9gories : la maladie de Castleman unicentrique (MCD) et les formes multicentriques, et elle est souvent n\u00e9glig\u00e9e. L&#8217;UCD est une forme b\u00e9nigne de la maladie, qui se caract\u00e9rise par une hyperplasie localis\u00e9e du tissu lymphatique [1]. Dans ce cas, l&#8217;excision du ganglion lymphatique concern\u00e9 est le traitement de choix [2]. En revanche, la situation est plus probl\u00e9matique dans le cas de la maladie de Castleman multicentrique (MCD). Il s&#8217;agit d&#8217;une maladie syst\u00e9mique grave dont le pronostic est souvent d\u00e9favorable. La surproduction de diff\u00e9rentes cytokines, en particulier l&#8217;interleukine-6 (IL-6), entra\u00eene une symptomatologie h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Il existe une association \u00e9troite avec le virus de l&#8217;herp\u00e8s humain 8 (HHV-8). Celui-ci est \u00e0 son tour largement congruent avec les infections par le VIH. En cons\u00e9quence, plus de 90% des patients infect\u00e9s par le VIH sont \u00e9galement positifs pour le HHV-8. Inversement, chez les patients s\u00e9ron\u00e9gatifs, le taux n&#8217;est que de 10 \u00e0 15% &#8211; dans ce cas, la MCD idiopathique pr\u00e9domine [3] <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Fig. 1).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1308\" height=\"902\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/abb1_oh2_s11.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-18986\"\/><\/figure>\n\n<h2 id=\"epidemiologie\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9pid\u00e9miologie<\/h2>\n\n<p>En principe, la maladie de Castleman est une maladie tr\u00e8s rare, mais qui n&#8217;est certainement pas diagnostiqu\u00e9e correctement dans la plupart des cas. On estime \u00e0 2,4 le nombre de cas par million d&#8217;habitants, ce qui correspond \u00e0 environ 20 cas en Suisse [4]. Il semble que le MCD (environ 35,4%) soit moins fr\u00e9quent que l&#8217;UCD (64,6%) [5]. L&#8217;incidence est plus \u00e9lev\u00e9e chez les patients infect\u00e9s par le VIH. Selon une \u00e9tude britannique, elle est de 4,3 cas pour 10 000 patients-ann\u00e9es, avec une l\u00e9g\u00e8re tendance \u00e0 la hausse ces derni\u00e8res ann\u00e9es [2,6]. Dans les \u00e9tudes d&#8217;observation, la mortalit\u00e9 dans les 5 premi\u00e8res ann\u00e9es apr\u00e8s le diagnostic \u00e9tait de 30 \u00e0 35% [7]. Selon une revue syst\u00e9mique, la survie sans maladie dans la MCMI \u00e9tait de 45,7% \u00e0 3 ans [8].<\/p>\n\n<h2 id=\"pathogenese\" class=\"wp-block-heading\">Pathogen\u00e8se<\/h2>\n\n<p>La forme multicentrique avec augmentation de la taille de nombreux ganglions lymphatiques a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite pour la premi\u00e8re fois en 1978. Elle est plus fr\u00e9quente chez les patients s\u00e9ropositifs. Le HHV8 est responsable de la maladie de Castleman multicentrique chez presque tous les patients s\u00e9ropositifs et d&#8217;environ la moiti\u00e9 des maladies chez les patients s\u00e9ron\u00e9gatifs [9]. Chez eux, il y a production d&#8217;une interleukine virale tr\u00e8s similaire \u00e0 l&#8217;IL-6 humaine et qui a des effets similaires. Il lui suffit de se lier \u00e0 l&#8217;une des deux sous-unit\u00e9s du r\u00e9cepteur de l&#8217;IL-6 pour \u00eatre actif. Cela explique l&#8217;effet beaucoup plus large sur les cellules cibles et probablement aussi les &#8220;temp\u00eates de cytokines&#8221; typiques [10,11,2]. L&#8217;interleukine-6 et d&#8217;autres cytokines pro-inflammatoires induisent la prolif\u00e9ration des cellules B et des plasmocytes, la s\u00e9cr\u00e9tion de facteurs de croissance endoth\u00e9liaux vasculaires et l&#8217;angiogen\u00e8se.<\/p>\n\n<p>En revanche, les causes de l&#8217;iMCD sont -actuellement- encore controvers\u00e9es. Les scientifiques pensent qu&#8217;une maladie inflammatoire auto-immune, une infection virale et une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique pourraient \u00eatre responsables [12]. Outre l&#8217;IL-6, d&#8217;autres mol\u00e9cules de signalisation sont impliqu\u00e9es, notamment le VEGF (&#8220;vascular endothelial growth factor&#8221;), le TNF-alpha et l&#8217;interleukine-1 [13]. La prolif\u00e9ration lymphocytaire dans l&#8217;iMCD est g\u00e9n\u00e9ralement polyclonale et r\u00e9sulte de l&#8217;hypercytokin\u00e9mie [14,2]. Cependant, une prolif\u00e9ration monoclonale a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans certaines l\u00e9sions de sous-type vasculaire hyalin [15,2].<\/p>\n\n<h2 id=\"symptomes-et-plaintes\" class=\"wp-block-heading\">Sympt\u00f4mes et plaintes<\/h2>\n\n<p>Les sympt\u00f4mes se pr\u00e9sentent de mani\u00e8re tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, ce qui rend souvent difficile un diagnostic efficace. En g\u00e9n\u00e9ral, la maladie s&#8217;accompagne toutefois de douleurs des ganglions lymphatiques atteints. Ces gonflements surviennent souvent par pouss\u00e9es, en particulier dans le cas de la MCD HHV-8 positive. S&#8217;y ajoutent des sympt\u00f4mes B \u00e9vidents tels que fi\u00e8vre, sueurs nocturnes et perte de poids. Presque tous les patients se plaignent de faiblesse et d&#8217;une sensation de malaise, de naus\u00e9es, de vomissements et de perte d&#8217;app\u00e9tit. En outre, la rate et le foie pr\u00e9sentent une augmentation de volume. S&#8217;y ajoutent une h\u00e9patom\u00e9galie, des sympt\u00f4mes respiratoires et une tendance \u00e0 l&#8217;\u0153d\u00e8me en cas d&#8217;hypalbumin\u00e9mie. On observe g\u00e9n\u00e9ralement une an\u00e9mie s\u00e9v\u00e8re sur le plan h\u00e9matologique, qui peut souvent s&#8217;accompagner d&#8217;une thrombocytop\u00e9nie massive.<\/p>\n\n<p>La maladie \u00e9volue typiquement par pouss\u00e9es qui durent de quelques jours \u00e0 quelques semaines et pendant lesquelles les patients sont souvent tr\u00e8s fi\u00e9vreux et gravement malades. Entre les deux, il y a des p\u00e9riodes plus longues, qui peuvent durer des semaines, pendant lesquelles les patients se sentent nettement mieux. La taille des ganglions lymphatiques peut revenir pratiquement \u00e0 la normale. La fr\u00e9quence et l&#8217;intensit\u00e9 des pouss\u00e9es augmentent g\u00e9n\u00e9ralement au fil du temps, mais on conna\u00eet aussi des \u00e9volutions auto-limit\u00e9es. Il existe cependant un risque nettement accru de lymphomes malins, en particulier de sous-types de lymphomes plut\u00f4t rares tels que les lymphomes plasmablastiques ou les lymphomes \u00e0 effusion primaire [2,12].<\/p>\n\n<p>Un iMCD se traduit par un sympt\u00f4me de fatigue prononc\u00e9, surtout dans les phases pr\u00e9coces. Contrairement \u00e0 la MCD, les sympt\u00f4mes tels que la fi\u00e8vre, le gonflement des ganglions lymphatiques et l&#8217;an\u00e9mie sont nettement moins prononc\u00e9s et l&#8217;\u00e9volution par pouss\u00e9es est moins brutale. Les sympt\u00f4mes peuvent aller de l\u00e9gers sympt\u00f4mes constitutionnels \u00e0 une \u00e9volution potentiellement mortelle avec anasarque et d\u00e9faillance de plusieurs organes. Un sous-type d&#8217;iMCD gravement \u00e9volutif, le syndrome TAFRO, a \u00e9t\u00e9 red\u00e9fini. Il s&#8217;agit d&#8217;un ensemble de sympt\u00f4mes comprenant une thrombocytop\u00e9nie, une ascite, de la fi\u00e8vre, une fibrose r\u00e9ticul\u00e9e de la moelle osseuse et une organom\u00e9galie avec une <span style=\"font-family: times new roman;\">\u03b3-globuline<\/span> normale [16]. En outre, des associations avec le syndrome POEMS, un tableau clinique associant une neuropathie p\u00e9riph\u00e9rique, une organom\u00e9galie, une endocrinopathie, une gammapathie monoclonale et des l\u00e9sions cutan\u00e9es, sont fr\u00e9quemment observ\u00e9es [2].<\/p>\n\n<h2 id=\"diagnostic\" class=\"wp-block-heading\">Diagnostic<\/h2>\n\n<p>La maladie de Castleman doit faire l&#8217;objet d&#8217;un diagnostic diff\u00e9rentiel avec les lymphomes et autres maladies graves. La forme s\u00e9v\u00e8re, en particulier, est souvent prise pour un lymphome. L&#8217;examen histopathologique d&#8217;un ganglion lymphatique extirp\u00e9 est donc obligatoire. Une ponction ne suffit g\u00e9n\u00e9ralement pas. La pr\u00e9paration montre une lymphad\u00e9nite r\u00e9active avec prolif\u00e9ration de plasmocytes dans la pulpe et des modifications r\u00e9gressives des centres germinaux, qui sont g\u00e9n\u00e9ralement stratifi\u00e9s en pelures d&#8217;oignon et travers\u00e9s par des vaisseaux. Dans le cas d&#8217;un MCD HHV-8 positif, on observe g\u00e9n\u00e9ralement une image plasmablastique, qui pr\u00e9sente souvent un motif dit de &#8220;mite&#8221; au niveau de la zone du manteau. Le motif caract\u00e9ristique en pelure d&#8217;oignon est souvent partiellement d\u00e9truit. La d\u00e9tection du HHV-8 se fait par coloration pour le LANA-1 (&#8220;latency-associated-nuclear-antigen&#8221;). Le sang pr\u00e9lev\u00e9 pendant une pouss\u00e9e de la maladie montre des taux \u00e9lev\u00e9s d&#8217;IL-6 et de CRP. La triade sympt\u00f4mes B, vir\u00e9mie HHV-8 et r\u00e9sultats histologiques permet d&#8217;orienter le diagnostic [17].<\/p>\n\n<p>Le diagnostic de l&#8217;iMCD est beaucoup plus difficile, car il faut exclure un grand nombre d&#8217;autres maladies. Les modifications histopathologiques se retrouvent \u00e9galement, par exemple, dans un grand nombre d&#8217;infections (dont le virus Epstein-Barr) ou encore dans le lupus \u00e9ryth\u00e9mateux, la polyarthrite rhumato\u00efde, le syndrome de Sj\u00f6gren et certaines n\u00e9oplasies, dont principalement les lymphomes malins. Outre les modifications histopathologiques, il faut donc toujours prendre en compte les param\u00e8tres cliniques et de laboratoire. On distingue trois sous-types histopathologiques d&#8217;iMCD : le type hyalin-vasculaire, le type plasmocytaire et le type mixte. Tous se produisent dans environ 20 \u00e0 40% des cas [18]. Le type hyalin vasculaire se caract\u00e9rise par des cellules folliculaires dendritiques (FDC) dysplasiques et des centres germinaux atrophiques travers\u00e9s par des vaisseaux hyalinis\u00e9s, autour desquels s&#8217;organisent des lymphocytes concentriques. Dans le type plasmocytaire, les centres germinaux sont plus hyperplasiques qu&#8217;atrophiques et les FDC ainsi que l&#8217;architecture des ganglions lymphatiques sont normaux [2].<\/p>\n\n<h2 id=\"therapie\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n\n<p>La maladie de Castleman unicentrique a un tr\u00e8s bon pronostic, car une intervention chirurgicale permet de retirer le ganglion lymphatique atteint. La r\u00e9cidive de la maladie est extr\u00eamement rare. Cependant, comme la MCD touche de nombreux ganglions lymphatiques, l&#8217;intervention chirurgicale n&#8217;est pas efficace. Le traitement reste difficile. Il n&#8217;existe pas de traitement standard pour les patients atteints de la maladie de Castleman multicentrique. Conceptuellement, des substances immunosuppressives et cytotoxiques sont utilis\u00e9es. Les glucocortico\u00efdes sont efficaces, mais n&#8217;entra\u00eenent souvent pas d&#8217;am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes \u00e0 long terme <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(figure 2).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1297\" height=\"1039\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/abb2_oh2_s12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-18987 lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1297px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1297\/1039;\" \/><\/figure>\n\n<p>Dans le cas de l&#8217;iMCD, on utilise principalement le blocage de la voie de signalisation de l&#8217;IL-6 au moyen d&#8217;anticorps monoclonaux comme le siltuximab. Dans le cas de la MCD HHV-8 positive, on mise sur l&#8217;\u00e9limination cytotoxique des cellules responsables de la surproduction de cytokines. Les traitements immunomodulateurs sont principalement des st\u00e9ro\u00efdes, ainsi que des substances antivirales comme le valganciclovir. Depuis 2018, il existe pour la premi\u00e8re fois des recommandations bas\u00e9es sur un consensus pour l&#8217;iMCD [19]. Elles sont bas\u00e9es sur l&#8217;exp\u00e9rience de 344 patients ayant suivi 479 th\u00e9rapies au total, tiennent compte de la gravit\u00e9 de la maladie, des th\u00e9rapies ant\u00e9rieures et de la r\u00e9ponse.<\/p>\n\n<p>Le siltuximab, un anticorps monoclonal dirig\u00e9 contre l&#8217;IL-6 humaine, est le seul m\u00e9dicament autoris\u00e9 \u00e0 ce jour pour le traitement de la MICI. Il est utilis\u00e9 dans toutes les formes de MICI, avec ou sans st\u00e9ro\u00efdes. Dans l&#8217;\u00e9tude pivot, 79 patients atteints d&#8217;iMCD ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s pendant trois semaines soit par siltuximab, soit par placebo [20,7]. Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal \u00e9tait une r\u00e9ponse durable en termes de taille de la tumeur et d&#8217;am\u00e9lioration d&#8217;un score de sympt\u00f4mes cliniques pendant au moins 18 semaines. Alors qu&#8217;aucune r\u00e9ponse n&#8217;a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e dans le groupe placebo, les taux \u00e9taient de 34% dans le groupe placebo. Le siltuximab a \u00e9t\u00e9 globalement bien tol\u00e9r\u00e9. Les effets secondaires fr\u00e9quents et caract\u00e9ristiques sont le prurit cutan\u00e9, les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures, l&#8217;exanth\u00e8me et l&#8217;\u0153d\u00e8me local, principalement de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 1 et 2. Les effets secondaires graves sont la fatigue (12%) et les sueurs nocturnes (8%). Cependant, ce taux n&#8217;\u00e9tait pas plus \u00e9lev\u00e9 que celui observ\u00e9 avec le placebo, de sorte que ces sympt\u00f4mes sont plut\u00f4t \u00e0 attribuer \u00e0 la maladie sous-jacente [7]. Des donn\u00e9es d&#8217;\u00e9tudes r\u00e9centes montrent d\u00e9sormais que les patients atteints de MCD nouvellement diagnostiqu\u00e9s et ceux qui ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s r\u00e9pondent de la m\u00eame mani\u00e8re \u00e0 la substance [21]. Au total, 46 patients pr\u00e9trait\u00e9s et 33 patients nouvellement diagnostiqu\u00e9s ont \u00e9t\u00e9 randomis\u00e9s pour recevoir soit l&#8217;anticorps (n=53), soit le placebo (n=26). A l&#8217;exception du sous-type histologique, il n&#8217;y avait pas de diff\u00e9rences significatives dans les caract\u00e9ristiques de la ligne de base. La dur\u00e9e m\u00e9diane de traitement a \u00e9t\u00e9 de 375 et de 375 jours respectivement. 233 jours. Les taux de r\u00e9ponse tumorale durable et de r\u00e9ponse symptomatique chez les patients trait\u00e9s par siltuximab, compar\u00e9s au placebo, \u00e9taient de 34,5% vs 0% chez les patients pr\u00e9c\u00e9demment trait\u00e9s et de 33,3% vs 0% chez les patients nouvellement diagnostiqu\u00e9s. Le temps m\u00e9dian jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9chec du traitement (TTF) n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 atteint avec le siltuximab dans les deux sous-groupes.<\/p>\n\n<p>Le tocilizumab, un anticorps dirig\u00e9 contre le r\u00e9cepteur IL-6, est consid\u00e9r\u00e9 comme une alternative au siltuximab dans les recommandations internationales, mais n&#8217;est autoris\u00e9 en Europe que dans la polyarthrite rhumato\u00efde.<\/p>\n\n<p>Le rituximab, un anticorps monoclonal anti-CD20, n&#8217;est pas non plus autoris\u00e9 pour le traitement de la MCD. Les patients atteints de MCD HHV-8 positive, en particulier, semblent bien y r\u00e9pondre. Dans plusieurs s\u00e9ries de cas, une am\u00e9lioration significative de la survie globalea et de la survie sans maladie a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e. Les cytokines, mais aussi la CRP, les immunoglobulines et la charge virale HHV-8 ont diminu\u00e9 [22,2]. Cependant, dans un peu plus d&#8217;un tiers des cas, il y a eu une progression du sarcome de Kaposi, qui est souvent associ\u00e9 \u00e0 la maladie. Dans ce cas, une combinaison avec des substances cytostatiques actives sur le KS pourrait \u00eatre utile [23]. Dans les situations o\u00f9 le pronostic vital est engag\u00e9, une spl\u00e9nectomie doit \u00eatre envisag\u00e9e. Elle r\u00e9duit le pool de cellules infect\u00e9es par le HHV-8 [2].<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La maladie de Castleman est divis\u00e9e en forme b\u00e9nigne unicentrique (UCD) et en maladie de Castleman multicentrique (MCD).<\/li>\n\n\n\n<li>La MCD est une maladie syst\u00e9mique qui n&#8217;est souvent pas reconnue en raison de son h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et de sa raret\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Les pouss\u00e9es s&#8217;accompagnent d&#8217;un gonflement douloureux des ganglions lymphatiques, souvent accompagn\u00e9 de sympt\u00f4mes B, tels que fi\u00e8vre ou sueurs nocturnes.<\/li>\n\n\n\n<li>Le siltuximab est actuellement le seul m\u00e9dicament autoris\u00e9 pour le traitement de la MCD idiopathique.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Castleman B, Towne VW : Case records of the Massachusetts General Hospital ; exercices hebdomadaires de clinicopathologie. N Engl J Med 1954 ; 251 : 396-400<\/li>\n\n\n\n<li>Hoffmann C, Tiemann M : Maladie de Castleman multicentrique : rarement correctement diagnostiqu\u00e9e. Dtsch Arztebl 2019 ; 116(46) : [32]; DOI : 10.3238\/PersOnko.2019.11.15.06<\/li>\n\n\n\n<li>Hoffmann C : La maladie de Castleman multicentrique (MCD) &#8211; une pathologie rare et souvent m\u00e9connue. Trillium 2015. www.trillium.de\/zeitschriften\/trillium-krebsmedizin\/archiv\/ausgaben-2015\/heft-12015\/multizentrischer-morbus-castleman-mcd-ein-seltenes-oft-verkanntes-krankheitsbild.html (dernier acc\u00e8s le 06.04.2020)<\/li>\n\n\n\n<li>Robinson D Jr, Reynolds M, Casper C, et al : Clinical epidemiology and treatment patterns of patients with multicentric Castleman disease : results from two US treatment centres. Br J Haematol 2014 ; 165 : 39-48.<\/li>\n\n\n\n<li>Haap M, Wiefels J, Horger M, et al : Clinical, laboratory and imaging findings in Castleman&#8217;s disease &#8211; The subtype decides. Blood Rev 2018 ; 32 : 225-234.<\/li>\n\n\n\n<li>Powles T, Stebbing J, Bazeos A, et al : Le r\u00f4le de la suppression immunitaire et du HHV-8 dans l&#8217;augmentation de l&#8217;incidence de la maladie de Castleman multicentrique associ\u00e9e au VIH. Ann Oncol 2009 ; 20 : 775-779.<\/li>\n\n\n\n<li>www.dgho.de\/publikationen\/stellungnahmen\/fruehe-nutzenbewertung\/siltuximab\/siltuximab-dgho-stellungnahme-20141006.pdf (dernier acc\u00e8s le 06.04.2020)<\/li>\n\n\n\n<li>Talat N, Schulte KM : Maladie de Castleman : analyse syst\u00e9matique de 416 patients de la litt\u00e9rature. Oncologist 2011 ; 16:1316-24<\/li>\n\n\n\n<li>Fajgenbaum DC, van Rhee F, Nabel CS : HHV-8-negative, idiopathic multicentric Castleman disease : novel insights into biology, pathogenesis and therapy. Blood 2014 ; 123 : 2924-2933. DOI: 10.1182\/blood-2013-12-545087.<\/li>\n\n\n\n<li>Li H, Wang H, Nicholas J. D\u00e9tection de la liaison directe de l&#8217;interleukine-6 cod\u00e9e par l&#8217;herp\u00e8svirus humain 8 (vIL-6) aux deux r\u00e9cepteurs gp130 et IL-6 (IL-6R) et identification des r\u00e9sidus d&#8217;acides amin\u00e9s de vIL-6 importants pour la signalisation d\u00e9pendante et ind\u00e9pendante de l&#8217;IL-6R. J Virol 2001 ; 75 : 3325-3334.<\/li>\n\n\n\n<li>Moore PS, Boshoff C, Weiss RA, Chang Y : Mim\u00e9tisme mol\u00e9culaire des g\u00e8nes de cytokines et de voies de r\u00e9ponse aux cytokines humaines par KSHV. Science 1996 ; 274 : 1739-1744.<\/li>\n\n\n\n<li>https:\/\/medlexi.de\/Morbus_Castleman (dernier acc\u00e8s le 06.04.2020)<\/li>\n\n\n\n<li>Pierson S, Stonestrom A, Ruth J, et al : Quantification of plasma proteins from idiopathic multicentric Castleman disease flares and remissions reveals &#8216;chemokine storm&#8217; and separates clinical subtypes (abstract). 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