{"id":325880,"date":"2022-05-11T02:00:00","date_gmt":"2022-05-11T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/traitement-systemique-du-chc-les-therapies-combinees-se-multiplient\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:24","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:24","slug":"traitement-systemique-du-chc-les-therapies-combinees-se-multiplient","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/traitement-systemique-du-chc-les-therapies-combinees-se-multiplient\/","title":{"rendered":"Traitement syst\u00e9mique du CHC &#8211; les th\u00e9rapies combin\u00e9es se multiplient"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Le carcinome h\u00e9patocellulaire (CHC) est la tumeur h\u00e9patocellulaire primaire la plus fr\u00e9quente et repr\u00e9sente un d\u00e9fi pour le traitement syst\u00e9mique en raison de sa r\u00e9sistance intrins\u00e8que aux agents chimioth\u00e9rapeutiques classiques. Le clinicien responsable ne doit pas seulement \u00e9valuer la situation tumorale avec un effet th\u00e9rapeutique possible &#8211; il faut aussi \u00e9valuer soigneusement les avantages du traitement et le risque de d\u00e9compensation h\u00e9patique.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le carcinome h\u00e9patocellulaire (CHC) est la tumeur h\u00e9patocellulaire primaire la plus fr\u00e9quente et repr\u00e9sente un d\u00e9fi pour le traitement syst\u00e9mique en raison de sa r\u00e9sistance intrins\u00e8que aux agents chimioth\u00e9rapeutiques classiques [1]. Outre les possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques limit\u00e9es en nombre jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent dans le traitement syst\u00e9mique, c&#8217;est principalement la maladie h\u00e9patique avanc\u00e9e qui d\u00e9termine le pronostic. Les facteurs de risque connus de cirrhose du foie, tels que les h\u00e9patites virales VHB ou VHC, et l&#8217;alcool ne sont pas les seuls \u00e0 jouer un r\u00f4le. Parfois, la st\u00e9atose h\u00e9patique, qui est en augmentation dans notre r\u00e9gion, ainsi que la st\u00e9atose h\u00e9patique non alcoolique (NAFLD) ne sont pas seulement un facteur de risque du CHC. Au contraire, la r\u00e9duction des performances du foie qui en r\u00e9sulte est \u00e9galement un facteur pronostique dans le traitement du CHC [2]. Le clinicien responsable ne doit donc pas seulement \u00e9valuer la situation tumorale avec un effet th\u00e9rapeutique possible &#8211; il faut aussi \u00e9valuer soigneusement les avantages du traitement et le risque de d\u00e9compensation h\u00e9patique. Les traitements curatifs sont r\u00e9serv\u00e9s aux stades pr\u00e9coces du CHC selon la classification de la Barcelona Clinic Liver Cancer (BCLC) pour BCLC 0\/A et comprennent la chirurgie, les techniques d&#8217;ablation locale ou la transplantation h\u00e9patique. Le risque de r\u00e9cidive apr\u00e8s chirurgie ou ablation dans un foie d\u00e9j\u00e0 endommag\u00e9 est assez \u00e9lev\u00e9, de 65 \u00e0 85% selon les \u00e9tudes, et c&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans cette situation que diff\u00e9rentes options de traitement sont actuellement \u00e9tudi\u00e9es dans des essais cliniques contr\u00f4l\u00e9s [3]. Pour les patients en CHC &#8220;interm\u00e9diaire&#8221; ou &#8220;avanc\u00e9&#8221;, le traitement est palliatif. La radio-embolisation trans-art\u00e9rielle (TARE) est une application souvent utilis\u00e9e pour le stade BCLC-B. Elle permet de r\u00e9duire le risque d&#8217;infection par le VIH. Dans ce cas \u00e9galement, le risque de r\u00e9cidive ou d&#8217;apparition de foyers de CHC de novo est \u00e9lev\u00e9 dans le foie d\u00e9j\u00e0 endommag\u00e9. Ainsi, ce champ th\u00e9rapeutique avec une bonne fonction h\u00e9patique pr\u00e9serv\u00e9e est \u00e9galement un champ d&#8217;int\u00e9r\u00eat actuel des traitements syst\u00e9miques adjuvants. Apr\u00e8s un choix longtemps tr\u00e8s limit\u00e9 d&#8217;options syst\u00e9miques pour le CHC dans le BCLC-C avec les inhibiteurs de multikinases (MKI) soraf\u00e9nib en premi\u00e8re ligne [4] et r\u00e9goraf\u00e9nib en deuxi\u00e8me ligne [5], les traitements pour le CHC se sont \u00e9largis au cours des 3,5 derni\u00e8res ann\u00e9es avec des th\u00e9rapies combin\u00e9es d&#8217;anticorps vasculaires plus des inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaire (ICI) ([6,7]. De plus, dans le domaine du CHC &#8220;avanc\u00e9&#8221; (aHCC), il y a actuellement un vif int\u00e9r\u00eat pour des \u00e9tudes sur d&#8217;autres combinaisons, parfois MKI plus ICI. Ces r\u00e9sultats sont attendus avec impatience, car non seulement de telles combinaisons sont \u00e9tudi\u00e9es en premi\u00e8re ligne de traitement, mais certaines combinaisons th\u00e9rapeutiques sont \u00e9galement utilis\u00e9es apr\u00e8s une immunoth\u00e9rapie pr\u00e9alable. D\u00e8s la fin 2021, l&#8217;\u00e9tude COSMIC-312, pr\u00e9sent\u00e9e lors du symposium virtuel ESMO Asia, a d\u00e9montr\u00e9 une combinaison de cabozantinib et d&#8217;atezolizumab dans le traitement de premi\u00e8re ligne du CHCa. D\u00e9but 2022, une \u00e9tude positive portant sur une combinaison d&#8217;ICI avait \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e lors du symposium virtuel ASCO GI, l&#8217;\u00e9tude HIMALAYA. J&#8217;aimerais pr\u00e9senter ces donn\u00e9es ainsi que les perspectives d&#8217;\u00e9tudes ult\u00e9rieures sur les th\u00e9rapies combin\u00e9es dans un aper\u00e7u simplifi\u00e9.<\/p>\n\n<h2 id=\"therapies-combinees-dans-le-chca\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapies combin\u00e9es dans le CHCa<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Etude IMbrave 150 &#8211; autres r\u00e9sultats \u00e0 long terme de l&#8217;ASCO 2021 : <\/strong>Avec l&#8217;\u00e9tude IMbrave 150, un nouveau standard th\u00e9rapeutique mondial a \u00e9t\u00e9 atteint \u00e0 partir de 2019 dans le traitement de premi\u00e8re ligne du CHCa au stade BCLC C, ainsi qu&#8217;avec l&#8217;application pr\u00e9coce au stade BCLC B. L&#8217;\u00e9tude IMbrave 150 a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e en 2009. [7] Moins d&#8217;un an plus tard, le 16 novembre 2020, SwissMedic a \u00e9galement autoris\u00e9 cette combinaison en premi\u00e8re ligne d&#8217;atezolizumab plus bevacizumab en Suisse. Cette combinaison a permis d&#8217;obtenir une am\u00e9lioration significative de la mOS et de la mPFS par rapport au sorafenib. Lors du virtuel ASCO GI 2021, les donn\u00e9es actuelles ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es avec des intervalles d&#8217;\u00e9volution plus longs [8]. Les avantages de survie significatifs d\u00e9j\u00e0 connus pour le mOS (19,2 vs 13,4 mois ; HR 0,66 ; p=0,0009) et la mPFS (6,9 vs 4,3 mois ; HR 0,65 ; p=0,0001) ont \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s sur la p\u00e9riode d&#8217;observation prolong\u00e9e de plus de 18 mois. La r\u00e9duction du risque de d\u00e9c\u00e8s de 34% et un avantage de survie globale de 5,8 mois par rapport au soraf\u00e9nib ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 obtenus avec une am\u00e9lioration et une stabilisation de la qualit\u00e9 de vie [6,9].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c9tude COSMIC-312 &#8211; conclusions de l&#8217;ESMO Asia 2021 : <\/strong>d&#8217;autres combinaisons int\u00e9ressantes consistent en des inhibiteurs de multikinases (MKI) et des inhibiteurs de points de contr\u00f4le (ICI). Le soraf\u00e9nib, le cabozantinib ou le lenvatinib en combinaison avec des inhibiteurs de PD-1 sont actuellement en cours d&#8217;\u00e9valuation dans les bras d&#8217;\u00e9tude du CHCa. L&#8217;\u00e9tude COSMIC-312 (NCT03755791) a \u00e9t\u00e9 con\u00e7ue en trois bras pour le traitement de premi\u00e8re ligne du CHCa. Il est int\u00e9ressant de noter que les stades BCLC-B peuvent d\u00e9j\u00e0 \u00eatre inclus. Contre le bras standard sorafenib, un bras d&#8217;\u00e9tude en cabozantinib monoth\u00e9rapie (Cabo) et un autre bras d&#8217;\u00e9tude en combinaison cabozantinib plus atezolizumab (Cabo-Atezo) sont compar\u00e9s pour le double crit\u00e8re mOS et PFS. Les premiers r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude mondiale, portant sur 837 patients randomis\u00e9s, ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 ESMO Asia 2021 [10]. Dans le groupe Cabo Atezo, le crit\u00e8re de la PFS a \u00e9t\u00e9 atteint par rapport au soraf\u00e9nib, mais il n&#8217;y a pas eu de diff\u00e9rence dans la survie globale dans les deux bras \u00e0 courbe de courbe identique <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1). <\/span>Les donn\u00e9es de PFS du Cabo Mono \u00e9taient \u00e9galement significativement sup\u00e9rieures \u00e0 celles du Sorafenib, mais les donn\u00e9es d&#8217;OS n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9es. Il est int\u00e9ressant de noter que ce sont surtout les CHC associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;h\u00e9patite B (VHB) qui b\u00e9n\u00e9ficient de l&#8217;association Cabo-Atezo, avec une PFS HR de 0,49 (IC \u00e0 95% : 0,29-0,73). Ce sous-groupe VHB a obtenu un b\u00e9n\u00e9fice sur l&#8217;OS avec un HR de 0,53 (IC \u00e0 95% : 0,33-0,87). L&#8217;atteinte extra-h\u00e9patique (EHD) et l&#8217;invasion macrovasculaire (MVI) ont \u00e9galement indiqu\u00e9 un b\u00e9n\u00e9fice en termes de PFS pour le traitement combin\u00e9 cabo-att\u00e9ro (HR 0,57 ; IC \u00e0 95% 0,41-0,78) dans l&#8217;analyse des sous-groupes. En revanche, les CHC non associ\u00e9s \u00e0 un virus et les CHC associ\u00e9s \u00e0 l&#8217;h\u00e9patite C (VHC) ne semblent pas b\u00e9n\u00e9ficier de l&#8217;association. Les Asiatiques, en particulier, ont davantage b\u00e9n\u00e9fici\u00e9 de la combinaison que les patients non asiatiques atteints de CHC, de sorte qu&#8217;il n&#8217;est pas clair si l&#8217;infection par le VHB ou l&#8217;ethnie constitue un facteur de confusion (confounder) dans l&#8217;analyse. Les auteurs ont prudemment conclu que cette combinaison constituait une nouvelle option dans le traitement du CHC. Toutefois, il convient d&#8217;attendre les analyses finales.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"446\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-18982\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0-800x324.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0-120x49.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0-90x36.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0-320x130.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/05\/tab1_oh2_s6_0-560x227.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>ORIENT-32 &#8211; Donn\u00e9es de l&#8217;ESMO 2021 : <\/strong>Lors de l&#8217;ESMO 2021, les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude ORIENT-32, une autre combinaison de sintilimab (Sin) et de bevacizumab (Bev) contre sorafenib, ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s [11]. Dans la population purement chinoise, la combinaison Sin + Bev a montr\u00e9 des avantages significatifs en termes de traitement en termes d&#8217;OS (NR vs 10,4 mois) et de mPFS (4,6 vs 2,8 mois). Les taux d&#8217;effets secondaires de l&#8217;IMbrave et de l&#8217;ORIENT-32 \u00e9taient inf\u00e9rieurs \u00e0 ceux du soraf\u00e9nib et correspondaient au profil d&#8217;effets secondaires typique de l&#8217;aVGFR et de l&#8217;OI.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>\u00c9tude HIMALAYA &#8211; Combinaison d&#8217;inhibiteurs de points de contr\u00f4le immunitaires en premi\u00e8re ligne du CHCa : <\/strong>les th\u00e9rapies combin\u00e9es ICI sont \u00e9galement plus \u00e9tudi\u00e9es dans le CHCa. Ainsi, la FDA a d\u00e9j\u00e0 approuv\u00e9 en 2019 la combinaison nivolumab plus tremelimumab (Trem) dans le CHCa apr\u00e8s un traitement pr\u00e9alable au sorafenib. Une autre combinaison ICI approuv\u00e9e par la FDA depuis janvier 2021 est devaruzumab plus tremelimumab. Les deux combinaisons sont utilisables dans le traitement de deuxi\u00e8me ligne, mais ne sont pas soutenues par l&#8217;EMA ou Swissmedic. Or, l&#8217;\u00e9tude HIMALAYA (NCT03298451) a r\u00e9cemment \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l&#8217;ASCO GI 2022 avec ses premi\u00e8res donn\u00e9es. L&#8217;\u00e9tude, qui comporte d\u00e9sormais trois bras, a compar\u00e9 le bras STRIDE (tremelimumab plus durvalumab) ou Durvalumab mono (Durv) au soraf\u00e9nib comme bras standard. Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation primaire de l&#8217;OS \u00e9tait significativement sup\u00e9rieur dans le bras STRIDE avec 16,4 mois contre 13,8 mois dans le bras soraf\u00e9nib, \u00e9galement tr\u00e8s bon (HR 0,78 ; p=0,0035). Il n&#8217;y avait pas de diff\u00e9rence dans la PFS, mais une DoR (duration of response) m\u00e9diane impressionnante de 22,34 mois, soit une population de 65,8% de patients avec une r\u00e9ponse Trem+Durv \u00e0 12 mois. Ces r\u00e9sultats sont tr\u00e8s int\u00e9ressants pour la combinaison d&#8217;inhibiteurs de points de contr\u00f4le et, dans les analyses de sous-groupes effectu\u00e9es jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, presque chaque groupe individuel \u00e9tait en faveur de l&#8217;utilisation de cette combinaison. La grande discussion sur la population appropri\u00e9e par rapport au nouveau SoC (standard of care) atezolizumab plus bevacizumab est donn\u00e9e et n&#8217;est pas facile \u00e0 r\u00e9pondre. De mon point de vue, il manque des biomarqueurs clairs pour la s\u00e9lection ou l&#8217;attribution \u00e0 l&#8217;une des deux combinaisons.<\/p>\n\n<h2 id=\"etudes-en-cours-de-recrutement-et-a-venir\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9tudes en cours de recrutement et \u00e0 venir<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>CheckMate 9DW : <\/strong>cette \u00e9tude de phase 3 NCT04039607 compare l&#8217;association nivolumab (Nivo) plus ipilimumab (Ipi) au soraf\u00e9nib en premi\u00e8re ligne chez 728 aHCC pr\u00e9vus aux stades BCLC-B et BCLC-C. L&#8217;\u00e9tude a montr\u00e9 que l&#8217;association nivolumab plus ipilimumab (Ipi) \u00e9tait plus efficace que le soraf\u00e9nib en premi\u00e8re ligne. Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal est l&#8217;OS et l&#8217;\u00e9tude est actuellement ouverte, mais ne recrute pas actuellement en raison de la pand\u00e9mie COVID-19 (au 28 janvier 2022 clinicaltrials.gov).<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>LEAP-002 :<\/strong> Cette \u00e9tude de phase 3 (NCT03713593) compare le SoC lenvatinib \u00e0 l&#8217;association lenvatinib plus pembrolizumab. L&#8217;issue primaire est la comparaison de la PFS et de l&#8217;OS des deux groupes. Cette \u00e9tude est \u00e9galement active, mais aucun recrutement n&#8217;a lieu actuellement (au 28 d\u00e9cembre 2021 clinicaltrials.gov).<\/p>\n\n<h2 id=\"etudes-de-recrutement-en-situation-adjuvante\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9tudes de recrutement en situation adjuvante<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Non seulement le champ des aHCC fait actuellement l&#8217;objet d&#8217;\u00e9tudes intensives pour un effet des immunoth\u00e9rapies, mais les stades locaux apr\u00e8s chirurgie ou ablation sont \u00e9galement \u00e9tudi\u00e9s. Le groupe de contr\u00f4le est constitu\u00e9 d&#8217;un traitement placebo. Le pembrolizumab est \u00e9tudi\u00e9 en monoth\u00e9rapie dans l&#8217;\u00e9tude Keynote 937 (NCT03867084), le toripalimab dans l&#8217;\u00e9tude JUPITER 04 (NCT03859128) ou le nivolumab dans l&#8217;\u00e9tude CheckMate 9Dx (NCT03383458) en tant que traitement adjuvant. L&#8217;\u00e9tude EMERALD-2 (NCT03847428) se concentre sur le durvalumab ou la combinaison durvalumab plus bevacizumab dans la configuration adjuvante. L&#8217;\u00e9tude ImBrave050 (NCT04102098) \u00e9value \u00e9galement l&#8217;association atezolizumab plus bevacizumab chez des patients atteints de CHC \u00e0 haut risque par rapport \u00e0 un placebo apr\u00e8s une chirurgie ou une ablation. Ces r\u00e9sultats sont globalement attendus avec impatience, car les r\u00e9sultats positifs des \u00e9tudes font passer l&#8217;utilisation de l&#8217;ICI en premi\u00e8re ligne. Ainsi, \u00e0 l&#8217;avenir, non seulement l&#8217;extension de l&#8217;ICI avec diff\u00e9rentes combinaisons dans le CHCa donnera lieu \u00e0 une discussion intensive sur le placement dans les directives, mais aussi sur la s\u00e9quence en cas de r\u00e9cidive apr\u00e8s chirurgie ou ablation, si l&#8217;ICI a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 \u00e0 cette occasion.<\/p>\n\n<h2 id=\"perspectives-et-besoins-non-satisfaits\" class=\"wp-block-heading\">Perspectives et &#8220;besoins non satisfaits<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les \u00e9tudes pr\u00e9sent\u00e9es sont tr\u00e8s attendues dans les stades BCLC-B localement et localement avanc\u00e9s du CHC et, si les crit\u00e8res d&#8217;\u00e9valuation sont atteints, elles \u00e9tabliront un nouveau standard th\u00e9rapeutique. De m\u00eame, dans l&#8217;aHCC avec des stades BCLC-B ou C, de nombreuses perspectives d&#8217;\u00e9tudes avec des signaux positifs sont actuellement attendues. Nous pouvons donc esp\u00e9rer une grande vari\u00e9t\u00e9 de nouvelles combinaisons th\u00e9rapeutiques dans un avenir proche. Outre ces perspectives positives, des questions directes et indirectes se posent avec des exigences actuellement (encore) non r\u00e9solues. Il s&#8217;agit d&#8217;une part de la s\u00e9quence de traitement optimale d&#8217;un patient atteint de CHC et d&#8217;autre part de la question des diff\u00e9rents traitements en fonction de l&#8217;h\u00e9patopathie sous-jacente. En revanche, la question des biomarqueurs appropri\u00e9s pour le pronostic et la pr\u00e9diction n&#8217;est pas encore r\u00e9solue de mani\u00e8re satisfaisante et fait \u00e9galement l&#8217;objet de questions de recherche actuelles. L&#8217;analyse de la r\u00e9sistance instrins\u00e8que ou acquise \u00e0 une th\u00e9rapie ICI (immune checkpoint inhibition) joue ici un r\u00f4le central. Pour l&#8217;application clinique, la s\u00e9curit\u00e9 et l&#8217;efficacit\u00e9 des th\u00e9rapies chez les patients CHILD-Pugh-B ainsi qu&#8217;en post-transplantation jouent \u00e9galement un r\u00f4le, car cela n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 inclus dans les \u00e9tudes pr\u00e9c\u00e9dentes. De ces questions ouvertes d\u00e9coule la n\u00e9cessit\u00e9 de d\u00e9velopper et de d\u00e9finir des scores cliniques et diagnostiques afin de s\u00e9lectionner les patients optimaux pour la meilleure th\u00e9rapie combin\u00e9e possible.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le champ d&#8217;application du traitement du BCLC au stade C du CHC s&#8217;est consid\u00e9rablement \u00e9largi, avec notamment une combinaison d&#8217;atezolizumab et de bevacizumab actuellement autoris\u00e9e en Suisse.<\/li>\n\n\n\n<li>La fonction h\u00e9patique et un bon score de Child-Pugh sont essentiels pour l&#8217;utilisation des th\u00e9rapies syst\u00e9miques dans le CHC.<\/li>\n\n\n\n<li>Les patients atteints de CHC doivent \u00eatre \u00e9valu\u00e9s rapidement par un h\u00e9patologue et un oncologue m\u00e9dical, de sorte que l&#8217;\u00e9valuation de la fonction h\u00e9patique s&#8217;ajoute \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation du traitement syst\u00e9mique.<\/li>\n\n\n\n<li>Le champ de traitement du CHC s&#8217;\u00e9largit \u00e9galement aux stades pr\u00e9coces du BCLC. Dans la mesure du possible, les patients doivent \u00eatre inclus dans des \u00e9tudes.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Fulgenzi CAM, et al ; Immunoth\u00e9rapie dans le carcinome h\u00e9patocellulaire. Curr Treat Options Oncol 2021, 22(10) : 87.<\/li>\n\n\n\n<li>Galati G, et al : Current Treatment Options for HCC : From Pharmacokinetics to Efficacy and Adverse Events in Liver Cirrhosis. Curr Drug Metab 2020, 21(11) : 866-884.<\/li>\n\n\n\n<li>Llovet JM, et al : Locoregional therapies in the era of molecular and immune treatments for hepatocellular carcinoma. Nat Rev Gastroenterol Hepatol 2021, 18(5) : 293-313.<\/li>\n\n\n\n<li>Llovet JM, et al : Sorafenib in advanced hepatocellular carcinoma. N Engl J Med 2008, 359(4) : 378-390.<\/li>\n\n\n\n<li>Bruix J, et al : Regorafenib for patients with hepatocellular carcinoma who progressed on sorafenib treatment (RESORCE) : a randomised, double-blind, placebo-controlled, phase 3 trial. Lancet 2017, 389(10064) : 56-66.<\/li>\n\n\n\n<li>Casak SJ, et al : R\u00e9sum\u00e9 de l&#8217;approbation de la FDA : Atezolizumab Plus Bevacizumab pour le traitement des patients atteints de carcinome h\u00e9patocellulaire avanc\u00e9 non r\u00e9s\u00e9cable ou m\u00e9tastatique. Clin Cancer Res 2021. 27(7) : 1836-1841.<\/li>\n\n\n\n<li>Finn RS, et al : Atezolizumab plus Bevacizumab in Unresectable Hepatocellular Carcinoma. N Engl J Med 2020, 382(20) : 1894-1905.<\/li>\n\n\n\n<li>Finn R, QS, Ikeda M, et al : IMbrave150 : mise \u00e0 jour des donn\u00e9es de survie globale issues d&#8217;une \u00e9tude globale, randomis\u00e9e, en ouvert et en phase III de l&#8217;atezolizumab + bevacizumab vs sorafenib chez des patients atteints d&#8217;un carcinome h\u00e9patocellulaire non r\u00e9s\u00e9cable. Journal of Clinical Oncology 39, no. 3_suppl (January 20, 2021) 267-267, 2021.<\/li>\n\n\n\n<li>Gordan JD, et al : Systemic Therapy for Advanced Hepatocellular Carcinoma : ASCO Guideline. J Clin Oncol 2020, 38(36) : 4317-4345.<\/li>\n\n\n\n<li>Kelley RK, et al : VP10-2021 : Cabozantinib (C) plus atezolizumab (A) versus sorafenib (S) comme traitement syst\u00e9mique de premi\u00e8re ligne pour le carcinome h\u00e9patocellulaire avanc\u00e9 (aHCC) : R\u00e9sultats de l&#8217;essai randomis\u00e9 de phase III COSMIC-312. Annals of Oncology 2021. ESMO VIRTUAL PLENARY ABSTRACT VOLUME 33, ISSUE 1, P114-116.<\/li>\n\n\n\n<li>Ren Z, et al : Sintilimab plus un biosimilaire du bevacizumab (IBI305) versus sorafenib dans le carcinome h\u00e9patocellulaire non r\u00e9s\u00e9cable (ORIENT-32) : une \u00e9tude randomis\u00e9e, en ouvert, phase 2-3. Lancet Oncol 2021, 22(7) : 977-990.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2022 ; 10(2) : 6-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le carcinome h\u00e9patocellulaire (CHC) est la tumeur h\u00e9patocellulaire primaire la plus fr\u00e9quente et repr\u00e9sente un d\u00e9fi pour le traitement syst\u00e9mique en raison de sa r\u00e9sistance intrins\u00e8que aux agents chimioth\u00e9rapeutiques classiques.&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":120397,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Carcinome h\u00e9patocellulaire","footnotes":""},"category":[11527,11531,22616,11414,11389,11549],"tags":[15922,11999,13599,15925],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-325880","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-formation-continue","category-formation-continue-cme","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-oncologie","category-rx-fr","tag-carcinome-hepatocellulaire","tag-formation-continue-cme","tag-hcc-fr","tag-therapies-combinees","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-19 06:16:24","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":325894,"slug":"trattamento-sistemico-dellhcc-terapie-combinate-in-aumento","post_title":"Trattamento sistemico dell'HCC - terapie combinate in aumento","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/trattamento-sistemico-dellhcc-terapie-combinate-in-aumento\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":325898,"slug":"tratamento-sistemico-do-hcc-terapias-combinadas-em-ascensao","post_title":"Tratamento sist\u00e9mico do HCC - terapias combinadas em ascens\u00e3o","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/tratamento-sistemico-do-hcc-terapias-combinadas-em-ascensao\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":325900,"slug":"tratamiento-sistemico-del-chc-aumentan-las-terapias-combinadas","post_title":"Tratamiento sist\u00e9mico del CHC: aumentan las terapias combinadas","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/tratamiento-sistemico-del-chc-aumentan-las-terapias-combinadas\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325880","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=325880"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325880\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":325891,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/325880\/revisions\/325891"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=325880"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=325880"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=325880"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=325880"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}