{"id":326025,"date":"2022-04-22T01:00:00","date_gmt":"2022-04-21T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/soins-psychosomatiques-de-base-des-personnes-agees-2\/"},"modified":"2023-01-11T09:08:11","modified_gmt":"2023-01-11T08:08:11","slug":"soins-psychosomatiques-de-base-des-personnes-agees-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/soins-psychosomatiques-de-base-des-personnes-agees-2\/","title":{"rendered":"Soins psychosomatiques de base des personnes \u00e2g\u00e9es"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les changements somatiques peuvent entra\u00eener des troubles psychologiques avec l&#8217;\u00e2ge et nuire \u00e0 un vieillissement en bonne sant\u00e9. Les troubles mentaux ont donc un impact particuli\u00e8rement n\u00e9gatif sur la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 des patients g\u00e9riatriques vuln\u00e9rables. La prise en charge ad\u00e9quate du nombre croissant de patients g\u00e9riatriques souffrant de troubles psychologiques n\u00e9cessite toutefois une connaissance des sp\u00e9cificit\u00e9s psychosomatiques de ces patients \u00e2g\u00e9s.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Les changements somatiques peuvent entra\u00eener des troubles psychologiques avec l&#8217;\u00e2ge et nuire \u00e0 un vieillissement en bonne sant\u00e9. Les troubles mentaux ont donc un impact particuli\u00e8rement n\u00e9gatif sur la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 des patients g\u00e9riatriques vuln\u00e9rables. La prise en charge ad\u00e9quate du nombre croissant de patients g\u00e9riatriques souffrant de troubles psychologiques n\u00e9cessite toutefois une connaissance des sp\u00e9cificit\u00e9s psychosomatiques de ces patients \u00e2g\u00e9s. L&#8217;objectif de cet article de FMC est donc d&#8217;enseigner les aspects psychosomatiques pertinents particuliers dans le traitement des personnes \u00e2g\u00e9es ainsi que les possibilit\u00e9s d&#8217;application des soins psychosomatiques de base en tenant compte de la litt\u00e9rature actuelle.<\/p>\n\n<h2 id=\"introduction\" class=\"wp-block-heading\">Introduction<\/h2>\n\n<p>L&#8217;\u00e2ge et la maladie ne sont pas identiques, tout comme l&#8217;\u00e2ge ne va pas n\u00e9cessairement de pair avec des probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale ! Au contraire, les troubles mentaux nuisent au vieillissement en bonne sant\u00e9, car il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;ils ont un impact n\u00e9gatif \u00e0 la fois sur le processus de vieillissement et sur la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 [1\u20133]. La solitude et l&#8217;isolement social, en particulier, sont consid\u00e9r\u00e9s comme les facteurs de risque les plus courants pour le d\u00e9veloppement de probl\u00e8mes de sant\u00e9 mentale, dont les effets n\u00e9fastes sur la sant\u00e9 peuvent \u00eatre compar\u00e9s \u00e0 ceux de substances toxiques connues telles que la nicotine, l&#8217;alcool et l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9.<\/p>\n\n<p>Mais la mobilit\u00e9 qui diminue souvent avec l&#8217;\u00e2ge, associ\u00e9e \u00e0 des restrictions des fonctions organiques, est \u00e9galement consid\u00e9r\u00e9e comme un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement de probl\u00e8mes psychologiques, car la gestion de ces changements somatiques &#8211; en partie physiologiques li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge &#8211; devient un d\u00e9fi pour de nombreuses personnes. Dans ce contexte, on parle aujourd&#8217;hui volontiers de la &#8220;t\u00e2che de d\u00e9veloppement du vieillissement&#8221;. Souvent, l&#8217;apparition de troubles somatiques incite de nombreux patients \u00e0 consulter un m\u00e9decin. Toutefois, la d\u00e9tresse psychologique caus\u00e9e par les troubles somatiques conduit \u00e9galement de nombreux patients \u00e0 demander un avis m\u00e9dical. Dans ce cas, le principal interlocuteur de la plupart des patients \u00e2g\u00e9s est le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Les cabinets de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale habituellement orient\u00e9s vers la m\u00e9decine somatique se voient ainsi confront\u00e9s au d\u00e9fi de proposer des concepts diagnostiques et th\u00e9rapeutiques ad\u00e9quats pour les comorbidit\u00e9s tant somatiques que psychiques.<\/p>\n\n<h2 id=\"formation-continue-curriculairesoins-psychosomatiques-de-base\" class=\"wp-block-heading\">Formation continue curriculaire<span style=\"font-family: calibri;\">&#8220;<\/span>soins psychosomatiques de base<\/h2>\n\n<p>En Allemagne, le groupe de travail sur les soins psychosomatiques de base de la Chambre f\u00e9d\u00e9rale des m\u00e9decins a d\u00e9velopp\u00e9 en 2001 le curriculum structur\u00e9 &#8220;soins psychosomatiques de base&#8221; [2]. L&#8217;objectif de ce curriculum est \u00e0 ce jour de promouvoir la qualit\u00e9 des soins des maladies psychiques et psychosomatiques par une formation de base cibl\u00e9e des m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes et sp\u00e9cialistes int\u00e9ress\u00e9s. Sur la base de cette formation, les m\u00e9decins form\u00e9s en premier lieu en m\u00e9decine somatique doivent \u00eatre en mesure d&#8217;identifier et d&#8217;\u00e9valuer les besoins en traitement psychoth\u00e9rapeutique, psychosomatique ou psychiatrique de leurs patients et, si n\u00e9cessaire, de mettre en place un traitement ult\u00e9rieur sp\u00e9cialis\u00e9 et\/ou psychoth\u00e9rapeutique. Parall\u00e8lement, les patients qui se trouvent dans une situation de stress psychologique, mais qui ne souhaitent pas suivre une psychoth\u00e9rapie ou qui n&#8217;en ont pas besoin, peuvent se voir offrir la possibilit\u00e9 d&#8217;une intervention psychoth\u00e9rapeutique inform\u00e9e dans l&#8217;environnement familier du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Le curriculum qui enseigne ces possibilit\u00e9s de traitement est un \u00e9l\u00e9ment du mod\u00e8le \u00e0 4 niveaux d&#8217;une prise en charge durable des malades psychiques et psychosomatiques [2].<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Module 1 : Acquisition de connaissances psychosomatiques de base pendant les \u00e9tudes de m\u00e9decine<\/li>\n\n\n\n<li>Module 2 : Acquisition de comp\u00e9tences th\u00e9rapeutiques de base dans le cadre de la formation continue curriculaire en soins psychosomatiques de base<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><em>&#8211;&gt; Traitement des patients dont la psychoth\u00e9rapie n&#8217;est pas absolument n\u00e9cessaire ou qui ne peuvent pas suivre une psychoth\u00e9rapie ou la refusent.<\/em><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Module 3 : Acquisition de comp\u00e9tences en psychoth\u00e9rapie sp\u00e9cialis\u00e9e<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><em>&#8211;&gt; Traitement des patients n\u00e9cessitant une psychoth\u00e9rapie mais pas de soins psychiatriques ou psychosomatiques.<\/em><\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Module 4 : Acquisition de comp\u00e9tences m\u00e9dicales sp\u00e9cialis\u00e9es en psychiatrie et\/ou en psychosomatique, ou &#8211; si la profession de base est la psychologie &#8211; obtention de l&#8217;autorisation d&#8217;exercer en tant que psychologue psychoth\u00e9rapeute.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p><em>&#8211;&gt; Traitement diff\u00e9rentiel, sp\u00e9cialis\u00e9\/psychoth\u00e9rapeutique de patients souffrant de troubles psychiatriques ou psychosomatiques complexes<\/em><\/p>\n\n<h2 id=\"epidemiologie-des-troubles-mentaux-chez-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9pid\u00e9miologie des troubles mentaux chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h2>\n\n<p>Dans la soci\u00e9t\u00e9 occidentale, le vieillissement a souvent une connotation n\u00e9gative, car il est associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;apparition de maladies et \u00e0 une diminution des capacit\u00e9s physiques et mentales. D&#8217;un point de vue psychosocial, cette image n\u00e9gative peut \u00e9galement \u00eatre renforc\u00e9e par la limitation normative de la vie professionnelle, qui renvoie subtilement \u00e0 la personne une pertinence sociale d\u00e9croissante. Pourtant, de nos jours, il est tout \u00e0 fait possible de vieillir en bonne sant\u00e9, comme en t\u00e9moigne le taux de satisfaction suffisant concernant la qualit\u00e9 de vie des seniors de plus de 65 ans.<\/p>\n\n<p>Cependant, le fait est que la pr\u00e9valence <em>des<\/em> maladies <em>somatiques<\/em> augmente avec l&#8217;\u00e2ge. En revanche, la pr\u00e9valence <em>des<\/em> maladies <em>mentales<\/em> chez les seniors a longtemps fait l&#8217;objet de controverses, en raison de l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 et du caract\u00e8re limit\u00e9 des donn\u00e9es disponibles. La principale raison des difficult\u00e9s rencontr\u00e9es lors de la collecte des donn\u00e9es est que, d&#8217;une part, les maladies mentales peuvent se manifester diff\u00e9remment chez les personnes \u00e2g\u00e9es que chez les personnes plus jeunes et que, d&#8217;autre part, les pertes cognitives, telles qu&#8217;elles apparaissent dans le cadre du processus physiologique de vieillissement et en particulier de la d\u00e9mence ou du d\u00e9lire, rendent difficile le diagnostic des maladies mentales chez les personnes \u00e2g\u00e9es. En Allemagne, l&#8217;\u00e9tude de Berlin sur les personnes \u00e2g\u00e9es de 1996 est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme une source de donn\u00e9es importante, car elle montre que plus de 50% des personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 70 ans souffrent de sympt\u00f4mes psychopathologiques et que jusqu&#8217;\u00e0 60% des patients \u00e2g\u00e9s hospitalis\u00e9s [4] pr\u00e9sentent une comorbidit\u00e9 psychosomatique\/psychiatrique, en particulier des sympt\u00f4mes subsyndromiques, c&#8217;est-\u00e0-dire ne r\u00e9pondant pas enti\u00e8rement aux crit\u00e8res de diagnostic. Cependant, l&#8217;\u00e9tude multicentrique MentDis_ICF65+, lanc\u00e9e en 2011 dans toute l&#8217;Europe, a permis d&#8217;identifier de nouveaux aspects importants de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie des maladies mentales [3]. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que la moiti\u00e9 des seniors interrog\u00e9s sur &gt;65 ans avaient connu un trouble mental dans leur biographie et qu&#8217;un sur quatre souffrait d&#8217;un trouble mental pendant la p\u00e9riode d&#8217;enqu\u00eate [3]. Les troubles les plus fr\u00e9quents \u00e9taient les syndromes anxieux, les troubles affectifs et l&#8217;abus de substances [3]. On consid\u00e8re aujourd&#8217;hui que les troubles mentaux sont pr\u00e9sents dans toutes les classes d&#8217;\u00e2ge, avec une pr\u00e9dominance de certains types de troubles \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9. Outre les troubles d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9s, les d\u00e9mences en font partie [3]. La grande pertinence clinique des troubles mentaux chez les personnes \u00e2g\u00e9es repose sur le fait qu&#8217;ils ont un impact n\u00e9gatif significatif sur la morbidit\u00e9 et la mortalit\u00e9 des personnes concern\u00e9es, en particulier dans le groupe des patients g\u00e9riatriques multimorbides [5]. Ainsi, l&#8217;\u00e9tude MentDis_ICF65+ d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9e a d\u00e9montr\u00e9 de mani\u00e8re impressionnante que les patients \u00e2g\u00e9s souffrant d&#8217;une maladie mentale selon la CIM10 ont une fonctionnalit\u00e9 somatique nettement plus limit\u00e9e par rapport aux personnes du m\u00eame \u00e2ge en bonne sant\u00e9 mentale. En outre, il est apparu clairement que &#8211; inversement &#8211; les limitations physiques et les handicaps \u00e9taient \u00e9galement \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 la pr\u00e9sence de syndromes anxieux, de troubles affectifs et de maladies somatoformes.<\/p>\n\n<h2 id=\"liens-etroits-entre-le-soma-et-le-psychisme\" class=\"wp-block-heading\">Liens \u00e9troits entre le soma et le psychisme<\/h2>\n\n<p>Ces donn\u00e9es soulignent le lien \u00e9troit entre la sant\u00e9 physique et la sant\u00e9 mentale, en particulier chez les patients multimorbides tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s. Une gestion psychologique limit\u00e9e des changements physiques peut donc entra\u00eener une g\u00eane au quotidien chez les patients concern\u00e9s, en particulier dans le contexte de la pr\u00e9sence d&#8217;une tumeur. Il s&#8217;agit \u00e9galement d&#8217;un d\u00e9fi pour les familles et les professionnels de la sant\u00e9 et des services sociaux, tels que les m\u00e9decins (de famille), les services de soins et les th\u00e9rapeutes [6]. L&#8217;ampleur de ce stress somato-psychique chez chaque patient, tout comme les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation mises en \u0153uvre, d\u00e9pendent essentiellement de la structure de la personnalit\u00e9 pr\u00e9morbide des personnes concern\u00e9es et de leur environnement social [7].<\/p>\n\n<p>Cependant, bien que ce lien \u00e9troit entre le soma et le psychisme ait une pertinence clinique directe, en particulier chez les patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s, et que la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;approches diagnostiques et th\u00e9rapeutiques interdisciplinaires et globales devienne de plus en plus \u00e9vidente, la mise en \u0153uvre pratique dans la pratique clinique quotidienne reste encore rudimentaire : aujourd&#8217;hui encore, au moins deux tiers des patients pr\u00e9sentant un diagnostic psychiatrique ou psychosomatique sont trait\u00e9s exclusivement par des sp\u00e9cialistes de la m\u00e9decine somatique, tant en ambulatoire qu&#8217;en milieu hospitalier. Les sp\u00e9cialistes somatiques qui traitent les patients \u00e2g\u00e9s (comme les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, les g\u00e9riatres, les cardiologues, les orthop\u00e9distes) sont donc confront\u00e9s au d\u00e9fi particulier de toujours penser \u00e0 une cause ou une participation psychosomatique dans le cadre d&#8217;un diagnostic diff\u00e9rentiel lorsqu&#8217;une cause organique est exclue, mais aussi dans le cadre d&#8217;une exp\u00e9rience de souffrance individuellement marqu\u00e9e. La formation continue currculaire en soins psychosomatiques de base doit permettre aux sp\u00e9cialit\u00e9s \u00e0 orientation principalement somatique de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9valuation suppl\u00e9mentaire et orient\u00e9e de la n\u00e9cessit\u00e9 d&#8217;agir en mati\u00e8re de psychosomatique\/psychiatrie. Pour une utilisation efficace, il est donc n\u00e9cessaire de conna\u00eetre les aspects psychosomatiques de l&#8217;interaction avec les personnes \u00e2g\u00e9es, qui seront abord\u00e9s plus en d\u00e9tail dans les paragraphes suivants.<\/p>\n\n<h2 id=\"aspects-psychosomatiques-importants-dans-les-relations-avec-les-personnes-agees\" class=\"wp-block-heading\">Aspects psychosomatiques importants dans les relations avec les personnes \u00e2g\u00e9es<\/h2>\n\n<p>Pour \u00e9tablir une relation de confiance stable entre le praticien et le patient \u00e2g\u00e9, il existe un certain nombre de sp\u00e9cificit\u00e9s dont il faut tenir compte :<\/p>\n\n<p><strong>1. t\u00e2che de d\u00e9veloppement &#8220;vieillissement<\/strong><\/p>\n\n<p>En raison du lien de plus en plus \u00e9troit entre les niveaux physique, fonctionnel, mental et social de la sant\u00e9 avec l&#8217;\u00e2ge, ce th\u00e8me occupe une place centrale chez les personnes de plus de 60 ans et remplace d&#8217;autres th\u00e8mes centraux jusqu&#8217;ici importants, comme les probl\u00e8mes professionnels, l&#8217;\u00e9ducation des enfants et la cr\u00e9ation d&#8217;entreprise [1]. On assiste \u00e0 une r\u00e9orientation des objectifs de vie, souvent li\u00e9e au d\u00e9sir de r\u00e9aliser des r\u00eaves de longue date (&#8220;quand je serai \u00e0 la retraite, alors &#8230;&#8221;). Malheureusement, cette r\u00e9orientation entra\u00eene souvent un d\u00e9calage entre l&#8217;exp\u00e9rience subjective et les r\u00e9sultats objectifs, les d\u00e9ficits fonctionnels pouvant \u00eatre aussi bien sous-estim\u00e9s que surestim\u00e9s. Pour de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es, la r\u00e9alisation des limites physiques, fonctionnelles ou cognitives ainsi que la prise de conscience de la fin de leur propre vie constituent donc un d\u00e9fi de maturation ou de d\u00e9veloppement. Il s&#8217;agit ici, dans le cadre th\u00e9rapeutique, d&#8217;\u00e9laborer ou de r\u00e9activer des ressources et de reformuler des objectifs de vie en les comparant aux fonctions disponibles. C&#8217;est pourquoi il est recommand\u00e9, en particulier chez les patients g\u00e9riatriques multimorbides, d&#8217;effectuer au moins une \u00e9valuation g\u00e9riatrique de base en plus de l&#8217;anamn\u00e8se psychosociale, dans le cadre d&#8217;une approche globale, afin d&#8217;\u00e9valuer objectivement, outre les limitations fonctionnelles, les ressources fonctionnelles qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques dans l&#8217;approche psychosomatique. Au sens psychodynamique du terme, cette r\u00e9orientation et cette adaptation \u00e0 de nouvelles conditions de sant\u00e9 constituent g\u00e9n\u00e9ralement aussi un processus d&#8217;individuation, au cours duquel certains patients ont besoin d&#8217;un accompagnement th\u00e9rapeutique dans le cadre des soins psychosomatiques de base.<\/p>\n\n<p><strong>2. le facteur temps<\/strong><\/p>\n\n<p>Les limitations fonctionnelles telles que la surdit\u00e9, l&#8217;aphasie ou la baisse de l&#8217;acuit\u00e9 visuelle ne sont pas seulement un facteur de risque pour le d\u00e9veloppement d&#8217;un stress psychosocial [8]. De plus, tout comme les r\u00e9ductions de mobilit\u00e9, elles peuvent n\u00e9cessiter la planification d&#8217;un d\u00e9lai plus long. De plus, le patient psychosomatique \u00e2g\u00e9 a une longue histoire de vie qu&#8217;il devrait avoir le temps de r\u00e9\u00e9crire. Les changements de circonstances et les exp\u00e9riences de perte et de deuil jouent ici un r\u00f4le particuli\u00e8rement important pour chaque individu, et il convient donc de les mentionner dans un cadre temporel appropri\u00e9.<\/p>\n\n<p><strong>3. la solitude <\/strong><\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s la Seconde Guerre mondiale, les structures familiales ont chang\u00e9, en particulier en Allemagne, notamment en raison de l&#8217;\u00e9loignement des lieux de vie entre les membres de la famille. Alors qu&#8217;auparavant, les personnes \u00e2g\u00e9es continuaient \u00e0 vivre ensemble dans la m\u00eame maison ou au m\u00eame endroit au sein de la famille \u00e9largie \u00e0 plusieurs g\u00e9n\u00e9rations et \u00e9taient prises en charge par la famille, l&#8217;\u00e9loignement des lieux de vie fait que l&#8217;organisation des soins doit plus souvent \u00eatre assur\u00e9e par les personnes \u00e2g\u00e9es elles-m\u00eames ou par des personnes ext\u00e9rieures. Une \u00e9tude sur la fr\u00e9quence de la solitude chez les personnes \u00e2g\u00e9es de 40 \u00e0 85 ans a montr\u00e9 un taux d&#8217;environ 7% en 2013, avec une baisse de la solitude rapport\u00e9e chez les personnes tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es de 70 \u00e0 85 ans [9]. Les recherches sur le genre ont montr\u00e9 que les femmes sont plus susceptibles de reconna\u00eetre l&#8217;importance des contacts psychosociaux de soutien \u00e0 un stade pr\u00e9coce. En revanche, les hommes sont toujours moins enclins \u00e0 entretenir des relations amicales \u00e9troites, ce qui explique pourquoi ils ont tendance \u00e0 se remettre en couple avec l&#8217;\u00e2ge pour compenser ce manque d&#8217;intimit\u00e9. Les causes du d\u00e9veloppement de la solitude chez les personnes \u00e2g\u00e9es sont multiples et vont de l&#8217;immobilisation due \u00e0 la maladie avec incapacit\u00e9 de sortir de chez soi \u00e0 des r\u00e9actions pathologiques de deuil apr\u00e8s la perte du partenaire. Selon une m\u00e9ta-analyse de 2010, de bons r\u00e9seaux sociaux constituent un facteur protecteur pour une probabilit\u00e9 de survie 50% plus \u00e9lev\u00e9e [10].<\/p>\n\n<p><strong>4. traumatismes (de guerre) <\/strong><\/p>\n\n<p>La g\u00e9n\u00e9ration actuelle de patients g\u00e9riatriques comprend les personnes n\u00e9es entre 1925 et 1955. En Europe, ils appartiennent donc aux g\u00e9n\u00e9rations des &#8220;enfants de la guerre&#8221; et des &#8220;enfants de l&#8217;apr\u00e8s-guerre&#8221;, qui peuvent avoir v\u00e9cu les horreurs de la Seconde Guerre mondiale, du nazisme et de l&#8217;Holocauste, soit directement en tant que victimes directes, soit indirectement par le biais de pressions familiales. Beaucoup de ces personnes ont subi des traumatismes qui n&#8217;ont jamais \u00e9t\u00e9 pris en compte pendant la guerre et l&#8217;apr\u00e8s-guerre et qui n&#8217;ont pas \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s. Avec l&#8217;\u00e2ge, avec l&#8217;augmentation de la morbidit\u00e9 physique et de la d\u00e9pendance, les troubles post-traumatiques se manifestent souvent par des r\u00e9activations de traumatismes (= la situation actuelle rappelle une situation traumatique refoul\u00e9e et provoque des \u00e9motions comparables ; exemple : feux d&#8217;artifice &#8211; bombardement) ou par des re-traumatismes (revivre un traumatisme comparable provoque des \u00e9motions comparables ; exemple : perte de la maison par l&#8217;expulsion &#8211; perte de la maison par le d\u00e9m\u00e9nagement dans une maison de retraite). Ce n&#8217;est que de cette mani\u00e8re que les traumatismes longtemps refoul\u00e9s et jamais trait\u00e9s peuvent se manifester. Les traumatismes ont donc \u00e9galement un impact sur l&#8217;environnement social des personnes concern\u00e9es. Une enqu\u00eate men\u00e9e il y a quelques ann\u00e9es aupr\u00e8s de soignants professionnels travaillant en ambulatoire et en milieu hospitalier a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que 82% des personnes interrog\u00e9es avaient affaire \u00e0 des patients traumatis\u00e9s par la guerre et que plus de 75% des soignants ressentaient \u00e9galement un impact direct du stress psychologique sur les soins quotidiens [7]. Les auteurs en ont conclu qu&#8217;une sensibilisation des soignants professionnels \u00e9tait particuli\u00e8rement pertinente dans le traitement des patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s traumatis\u00e9s par la guerre [7]. Dans le cadre de la collaboration avec des patients tr\u00e8s \u00e2g\u00e9s (potentiellement traumatis\u00e9s), il est donc judicieux, pour une approche sensible, de se procurer au moins une orientation historique en demandant des donn\u00e9es biographiques de r\u00e9f\u00e9rence. Les connaissances historiques de base, ainsi qu&#8217;une approche respectueuse de l&#8217;exp\u00e9rience biographique du patient, contribuent largement \u00e0 l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;une relation de confiance th\u00e9rapeutique.<\/p>\n\n<p><strong>5. interaction m\u00e9decin-patient<\/strong><\/p>\n\n<p>Une caract\u00e9ristique essentielle de la collaboration avec les personnes \u00e2g\u00e9es est que le patient se trouve \u00e0 une \u00e9tape de sa vie que le jeune m\u00e9decin ne conna\u00eet pas encore. Lorsque le m\u00e9decin interagit avec des patients plus jeunes ou du m\u00eame \u00e2ge, il est g\u00e9n\u00e9ralement facile pour lui de se sentir confort\u00e9 dans son r\u00f4le de conseiller et d&#8217;aidant. La diff\u00e9rence d&#8217;\u00e2ge parfois importante avec les patients plus \u00e2g\u00e9s et l&#8217;exp\u00e9rience de vie plus longue qui en d\u00e9coule in\u00e9vitablement peuvent \u00e9galement susciter chez le jeune praticien des incertitudes et des craintes quant \u00e0 son propre vieillissement [11]. On constate aussi souvent une inversion de la situation de transfert classique : alors que le m\u00e9decin a tendance \u00e0 prendre le r\u00f4le d&#8217;un parent, d&#8217;un fr\u00e8re ou d&#8217;une s\u0153ur ou d&#8217;un ami du m\u00eame \u00e2ge avec un patient plus jeune, le jeune m\u00e9decin se voit plut\u00f4t dans le r\u00f4le de l&#8217;enfant ou du petit-enfant avec toutes les peurs, les d\u00e9sirs, les craintes et les conflits associ\u00e9s. Dans le contre-transfert, le patient \u00e2g\u00e9 peut aussi se voir lui-m\u00eame, son fils ou son petit-fils, dans un m\u00e9decin plus jeune et se sent involontairement dans une fonction d&#8217;envoi bas\u00e9e sur une exp\u00e9rience de vie plus longue. Cela peut mettre en avant des conflits non r\u00e9solus et des insatisfactions par rapport \u00e0 son propre parcours ou \u00e0 celui de son fils ou de son petit-fils, qui, s&#8217;ils sont identifi\u00e9s, devraient \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n\n<p>Les ph\u00e9nom\u00e8nes de transfert ne sont pas n\u00e9cessairement un probl\u00e8me, ils doivent simplement \u00eatre pris en compte en principe et \u00eatre abord\u00e9s au plus tard lorsqu&#8217;il appara\u00eet qu&#8217;ils risquent de d\u00e9boucher sur une situation conflictuelle et pesante pour l&#8217;une des parties, voire pour les deux.<\/p>\n\n<p><strong>6. d\u00e9ficits cognitifs<\/strong><\/p>\n\n<p>La d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 font partie des troubles psychologiques les plus courants chez les personnes souffrant de troubles cognitifs. Ces troubles sont souvent \u00e9troitement li\u00e9s \u00e0 l&#8217;apparition de troubles du comportement, que l&#8217;on regroupe dans la pratique clinique quotidienne sous le terme BPSD (behavioural and psychological symptoms in dementia). La litt\u00e9rature d\u00e9crit plusieurs approches diff\u00e9rentes pour traiter les sympt\u00f4mes de l&#8217;ESPT, mais aucune ne peut \u00eatre recommand\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale en raison du nombre encore limit\u00e9 d&#8217;\u00e9tudes. Pour les syndromes affectifs li\u00e9s aux troubles cognitifs, il existe une revue syst\u00e9matique selon laquelle seul l&#8217;effet positif du traitement a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 pour la musicoth\u00e9rapie. Les approches de la th\u00e9rapie de retour sur la vie ont montr\u00e9 des effets positifs, en particulier chez les r\u00e9sidents des maisons de retraite, tant en termes de qualit\u00e9 de vie que de m\u00e9moire, d&#8217;humeur et de communication. Cependant, les r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes randomis\u00e9es et contr\u00f4l\u00e9es manquent encore, y compris en ce qui concerne l&#8217;efficacit\u00e9 des interventions individuelles par rapport aux interventions de groupe. Une revue syst\u00e9matique des r\u00e9sum\u00e9s des mesures non m\u00e9dicamenteuses dans le traitement des troubles du comportement dans la d\u00e9mence a conclu que seules la musicoth\u00e9rapie et les approches comportementales se sont av\u00e9r\u00e9es efficaces pour r\u00e9duire les sympt\u00f4mes des SCPD [12]. La technique de la communication respectueuse par l&#8217;\u00e9coute active de Carl Rogers, qui a \u00e9galement fait ses preuves en dehors du cadre th\u00e9rapeutique, est \u00e9galement utilis\u00e9e dans le concept de la Validation. Bien que la technique de Validation n&#8217;ait gu\u00e8re \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9e scientifiquement jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent et qu&#8217;elle n&#8217;ait donc pas encore trouv\u00e9 sa place dans les directives m\u00e9dicales et les recommandations d&#8217;action, elle a d\u00e9sormais une place bien \u00e9tablie dans le domaine des soins.<\/p>\n\n<p><strong>7. biographie migratoire <\/strong><\/p>\n\n<p>Malgr\u00e9 une population croissante, les donn\u00e9es sur les probl\u00e8mes psychosomatiques des migrants \u00e2g\u00e9s sont encore peu nombreuses. Les principales raisons de ces difficult\u00e9s, tant du c\u00f4t\u00e9 du th\u00e9rapeute que du client, sont li\u00e9es \u00e0 la compr\u00e9hension et au fait d&#8217;\u00eatre compris au sens linguistique et figur\u00e9. Outre les barri\u00e8res linguistiques, les repr\u00e9sentations traditionnelles de la vieillesse et de la maladie jouent un r\u00f4le, tout comme le manque de connaissances sur les possibilit\u00e9s de traitement psychoth\u00e9rapeutique. Dans la plupart des cas, la premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration a tellement int\u00e9rioris\u00e9 les id\u00e9es et les points de vue traditionnels sur la vie que l&#8217;exp\u00e9rience de rythmes de vie totalement diff\u00e9rents au sein de la culture du pays d&#8217;accueil peut appara\u00eetre comme un d\u00e9fi extr\u00eame, pouvant conduire \u00e0 une tension psychologique et \u00e0 des sentiments de d\u00e9chirement [13]. Les limitations fonctionnelles li\u00e9es \u00e0 l&#8217;\u00e2ge, tout comme les maladies physiques et surtout les troubles cognitifs, peuvent remettre en question l&#8217;image traditionnelle et int\u00e9rioris\u00e9e des r\u00f4les, ce qui peut entra\u00eener d&#8217;\u00e9normes tensions, en particulier dans les structures familiales strictement hi\u00e9rarchiques. Les troubles de la somatisation sont un diagnostic fr\u00e9quemment pos\u00e9 chez les patients issus de l&#8217;immigration [13]. Cette expression du stress psychologique sous la forme de plaintes physiques peut conduire \u00e0 des situations interactives difficiles dans notre m\u00e9decine conventionnelle ax\u00e9e principalement sur le somatique, lorsque les r\u00e9sultats physiques semblent \u00eatre disproportionn\u00e9s par rapport aux plaintes d\u00e9crites &#8211; souvent des douleurs. Ces douleurs peuvent toutefois \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9es comme l&#8217;expression symbolique de la souffrance psychique ressentie, mais dont les patients n&#8217;ont pas conscience. Pour se soulager, les patients d\u00e9veloppent alors souvent un comportement tr\u00e8s r\u00e9gressif et appelant, qui vise \u00e0 garantir l&#8217;attention et l&#8217;affection des personnes de confiance, mais qui provoque \u00e9galement le rejet chez l&#8217;autre. Cette attention peut alors \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme un b\u00e9n\u00e9fice secondaire de la maladie, alors que le b\u00e9n\u00e9fice primaire de la maladie consiste \u00e0 se d\u00e9fendre (inconsciemment) contre la charge psychique des douleurs pr\u00e9sent\u00e9es \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur. Cela peut cr\u00e9er des tensions ind\u00e9sirables dans la pratique quotidienne. C&#8217;est pr\u00e9cis\u00e9ment dans le contexte de ce groupe croissant de patients qu&#8217;une sensibilisation \u00e0 leur situation de stress particuli\u00e8re est n\u00e9cessaire pour une prise en charge th\u00e9rapeutique ad\u00e9quate.<\/p>\n\n<p><strong>8. crises, fatigue de vivre et tendances suicidaires chez les personnes \u00e2g\u00e9es<\/strong><\/p>\n\n<p>Le grand \u00e2ge s&#8217;accompagne d&#8217;une grande vari\u00e9t\u00e9 de crises psychologiques, qu&#8217;il s&#8217;agisse de la perte de personnes importantes, de fonctions physiques, psychiques et sociales essentielles ou de la confrontation avec la finitude, la mort et le d\u00e9c\u00e8s. Dans le cadre du d\u00e9bat actuel sur la d\u00e9cision personnelle concernant sa propre mort, de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es et particuli\u00e8rement tr\u00e8s \u00e2g\u00e9es sont confront\u00e9es \u00e0 leurs propres souvenirs, r\u00e9flexions et craintes conflictuels, entre leur d\u00e9sir d&#8217;autonomie et leur exp\u00e9rience de l&#8217;attachement aux personnes qui leur sont ch\u00e8res. Les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes sont ici particuli\u00e8rement sollicit\u00e9s pour se proposer comme des interlocuteurs d&#8217;\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal, qui prennent au s\u00e9rieux et favorisent le d\u00e9veloppement psychique, et qui ne proposent ni solutions rapides ni \u00e9loignement par refus, mais un entretien s\u00e9rieux, destin\u00e9 \u00e0 \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 et poursuivi, avec une compr\u00e9hension du contexte et la recherche de possibilit\u00e9s d&#8217;aide et de soutien [14].<\/p>\n\n<h2 id=\"mise-en-oeuvre-pratique\" class=\"wp-block-heading\">Mise en \u0153uvre pratique<\/h2>\n\n<p>En Allemagne, la formation de base curriculaire en soins psychosomatiques de base est obligatoire pour les internistes et les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes exer\u00e7ant en tant que m\u00e9decins de famille ainsi que pour les gyn\u00e9cologues pour pouvoir s&#8217;installer, alors qu&#8217;elle n&#8217;est que facultative pour les autres sp\u00e9cialit\u00e9s. Dans la pratique quotidienne, les s\u00e9ances de th\u00e9rapie durent au moins 15 minutes, g\u00e9n\u00e9ralement 20 minutes, et peuvent \u00eatre coupl\u00e9es avec une documentation appropri\u00e9e. Contrairement \u00e0 la psychoth\u00e9rapie ambulatoire, les soins psychosomatiques de base ne n\u00e9cessitent pas de demande aupr\u00e8s de l&#8217;organisme payeur et il n&#8217;y a pas de limite au contingent de s\u00e9ances. De plus, de nombreux patients vivent les entretiens de mani\u00e8re moins stigmatisante, car l&#8217;environnement du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste leur est familier. La vid\u00e9o-consultation, qui a \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e dans la pratique quotidienne en raison de la pand\u00e9mie, offre une alternative tout \u00e0 fait int\u00e9ressante pour les soins psychosomatiques de base, notamment pour les patients \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>La stabilit\u00e9 psychosociale favorise un vieillissement en bonne sant\u00e9.<\/li>\n\n\n\n<li>Une gestion limit\u00e9e des changements somatiques chez les personnes \u00e2g\u00e9es peut entra\u00eener un stress psychosocial ayant valeur de maladie.<\/li>\n\n\n\n<li>En tant qu&#8217;offre de base pour les seniors souffrant de troubles biopsychosociaux, les soins psychosomatiques de base offrent une possibilit\u00e9 judicieuse de premier soulagement et de r\u00e9orientation dans l&#8217;environnement familier du m\u00e9decin de famille.<\/li>\n\n\n\n<li>Les patients multimorbides et \u00e0 mobilit\u00e9 r\u00e9duite, en particulier, peuvent \u00eatre pris en charge de mani\u00e8re efficace en cas de stress psychologique, en raison des possibilit\u00e9s d&#8217;organisation flexibles et de l&#8217;utilisation de la relation famili\u00e8re avec le m\u00e9decin de famille, et ce en temps r\u00e9el et sans avoir recours \u00e0 des transferts externes.<\/li>\n\n\n\n<li>Les soins psychosomatiques de base doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme un compl\u00e9ment aux possibilit\u00e9s de traitement psychosomatique et psychoth\u00e9rapeutique existantes, et en aucun cas comme un substitut \u00e0 celles-ci.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Heuft G, Kruse A, Radebold H : Lehrbuch der Gerontopsychosomatik und Alterspsychotherapie ; 15 Tabellen, 2\u00e8me \u00e9d. UTB M\u00e9decine, Psychoth\u00e9rapie, Sciences de la sant\u00e9, Vol 8201. Reinhardt, Munich, B\u00e2le 2006.<\/li>\n\n\n\n<li>Heuft G, Freyberger HJ, Schepker R : Psychoth\u00e9rapie m\u00e9dicale &#8211; mod\u00e8le \u00e0 quatre niveaux d&#8217;une m\u00e9decine personnalis\u00e9e. Importance \u00e9pid\u00e9miologique, perspective historique et mod\u00e8les viables du point de vue des patients et des m\u00e9decins, 1re \u00e9d. Schattauer, Stuttgart 2014.<\/li>\n\n\n\n<li>Andreas S, Schulz H, Volkert J, et al : Prevalence of mental disorders in elderly people : the European MentDis_ICF65+ study. Br J Psychiatry 2017 ; 210(2) : 125-131 ; doi : 10.1192\/bjp.bp.115.180463.<\/li>\n\n\n\n<li>Arolt V, Driessen M, Dilling H : The L\u00fcbeck General Hospital Study. I : Pr\u00e9valence des troubles psychiatriques chez les patients m\u00e9dicaux et chirurgicaux. Int J Psychiatry Clin Pract 1997 ; 1(3) : 207-216 ; doi : 10.3109\/13651509709024728.<\/li>\n\n\n\n<li>Klesse C, Baumeister H, Bengel J, H\u00e4rter M : Comorbidit\u00e9 somatique et psychique. Psychoth\u00e9rapeute 2008 ; 53(1) : 49-62 ; doi : 10.1007\/s00278-007-0580-8.<\/li>\n\n\n\n<li>Lindner R, Foerster R, von Renteln-Kruse W. : Mod\u00e8les d&#8217;interaction id\u00e9aux-typiques de patients psychosomatiques en traitement g\u00e9riatrique hospitalier. Z Gerontol Geriatr 2013 ; 46(5) : 441-448 ; doi : 10.1007\/s00391-012-0381-8.<\/li>\n\n\n\n<li>Lindner R. : Le corps, la maladie et la psychoth\u00e9rapie dans la vieillesse. PDP &#8211; Psychoth\u00e9rapie psychodynamique 2021 ; 20(3) : 275-286 ; doi : 10.21706\/pdp-20-3-275.<\/li>\n\n\n\n<li>V\u00f6lter C, Thomas JP, Maetzler W, et al : Sensory Dysfunction in Old Age. Dtsch Arztebl Int 2021 ; 118(29-30) : 512-520 ; doi : 10.3238\/arztebl.m2021.0212.<\/li>\n\n\n\n<li>Tesch-R\u00f6mer C, Wiest M, Wurm S, Huxhold O : Tendances de la solitude dans la seconde moiti\u00e9 de la vie : r\u00e9sultats de l&#8217;enqu\u00eate allemande sur la vieillesse (DEAS). Z Gerontol Geriatr 2013 ; 46(3) : 237-241 ; doi : 10.1007\/s00391-012-0359-6.<\/li>\n\n\n\n<li>Holt-Lunstad J, Smith TB, Layton JB : Relations sociales et risque de mortalit\u00e9 : une revue m\u00e9ta-analytique. PLoS Med 2010 ; 7(7) : e1000316 ; doi : 10.1371\/journal.pmed.1000316.<\/li>\n\n\n\n<li>Maercker A. (\u00e9d.) : Alterspsychotherapie und klinische Gerontopsychologie. Springer Berlin Heidelberg, Berlin, Heidelberg 2002.<\/li>\n\n\n\n<li>Abraha I, Rimland JM, Trotta FM, et al. : Systematic review of systematic reviews of non-pharmacological interventions to treat behavioural disturbances in older patients with dementia. La s\u00e9rie SENATOR-OnTop. BMJ Open 2017 ; 7(3) : e012759 ; doi : 10.1136\/bmjopen-2016-012759.<\/li>\n\n\n\n<li>Kizilhan JI : Religion, culture et psychoth\u00e9rapie chez les migrants musulmans. Psychoth\u00e9rapeute 2015 ; 60(5) : 426-432 ; doi : 10.1007\/s00278-015-0039-2.<\/li>\n\n\n\n<li>Lindner R, Goldblatt M, Briggs S, Teising M : Souhaits de mort en fin de vie : souvent ambivalents ; www.aerzteblatt.de\/archiv\/219234\/Todeswuensche-am-Ende-des-Lebens-Haeufig-ambivalent (dernier acc\u00e8s : 25 octobre 2021).<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2022 ; 20(2) : 10-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les changements somatiques peuvent entra\u00eener des troubles psychologiques avec l&#8217;\u00e2ge et nuire \u00e0 un vieillissement en bonne sant\u00e9. Les troubles mentaux ont donc un impact particuli\u00e8rement n\u00e9gatif sur la morbidit\u00e9&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":119557,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Psychoth\u00e9rapie de la personne \u00e2g\u00e9e","footnotes":""},"category":[11527,11531,11368,11489,11549],"tags":[14951,14949,14946],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-326025","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-formation-continue","category-geriatrie-fr","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-gerontopsychosomatique","tag-psychotherapie-de-la-personne-agee","tag-troubles-mentaux","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-05-03 08:52:26","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":326035,"slug":"assistenza-psicosomatica-di-base-per-gli-anziani-2","post_title":"Assistenza psicosomatica di base per gli anziani","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/assistenza-psicosomatica-di-base-per-gli-anziani-2\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":326043,"slug":"cuidados-psicossomaticos-basicos-para-os-idosos-2","post_title":"Cuidados psicossom\u00e1ticos b\u00e1sicos para os idosos","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/cuidados-psicossomaticos-basicos-para-os-idosos-2\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":326070,"slug":"cuidados-psicosomaticos-basicos-para-ancianos-2","post_title":"Cuidados psicosom\u00e1ticos b\u00e1sicos para ancianos","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/cuidados-psicosomaticos-basicos-para-ancianos-2\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/326025","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=326025"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/326025\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":326054,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/326025\/revisions\/326054"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/119557"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=326025"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=326025"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=326025"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=326025"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}