{"id":326633,"date":"2022-02-09T01:00:00","date_gmt":"2022-02-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-diagnostic-moleculaire-sous-la-loupe\/"},"modified":"2022-02-09T01:00:00","modified_gmt":"2022-02-09T00:00:00","slug":"le-diagnostic-moleculaire-sous-la-loupe","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-diagnostic-moleculaire-sous-la-loupe\/","title":{"rendered":"Le diagnostic mol\u00e9culaire sous la loupe"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les tests mol\u00e9culaires dans le cancer du poumon non \u00e0 petites cellules (NSCLC) sont principalement r\u00e9serv\u00e9s aux patients de stade IV. L&#8217;introduction de th\u00e9rapies cibl\u00e9es \u00e0 des stades tumoraux plus pr\u00e9coces pourrait toutefois bient\u00f4t changer la donne &#8211; une grande opportunit\u00e9, mais aussi de nombreux d\u00e9fis pour la pratique clinique quotidienne.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Il existe d\u00e9j\u00e0 de nombreuses possibilit\u00e9s de traitement cibl\u00e9 du NSCLC avec des th\u00e9rapies qui ciblent sp\u00e9cifiquement ROS1, ALK, EGFR, BRAF, mais aussi TRK et RET <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tab.&nbsp;1).<\/span> Cependant, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;osimertinib, un inhibiteur de l&#8217;EGFR, ils ne sont autoris\u00e9s en Suisse que pour le traitement des tumeurs localement avanc\u00e9es et m\u00e9tastatiques [1]. En cons\u00e9quence, le diagnostic des mutations pertinentes pour le traitement n&#8217;est largement recommand\u00e9 qu&#8217;au stade IV, avant le d\u00e9but d&#8217;un traitement de premi\u00e8re ligne [2]. Dans tous les cas, les translocations ALK, les mutations BRAFV600E, les mutations des exons 18-21 de l&#8217;EGFR, les fusions NTRK, les translocations RET et les translocations ROS1 doivent \u00eatre prises en compte [2] &#8211; car il existe des traitements approuv\u00e9s pour ces modifications. Cependant, la th\u00e9rapie cibl\u00e9e du NSCLC \u00e9volue rapidement, et avec elle les tests mol\u00e9culaires. D&#8217;une part, celle-ci pourrait s&#8217;enrichir de nouvelles cibles dans un avenir proche, car plusieurs nouvelles substances sont dans le pipeline. D&#8217;autre part, les m\u00e9dicaments oncologiques cibl\u00e9s sont de plus en plus test\u00e9s pour une utilisation n\u00e9oadjuvante et adjuvante \u00e0 des stades tumoraux plus pr\u00e9coces &#8211; avec succ\u00e8s, comme le prouve la r\u00e9cente autorisation de l&#8217;osimertinib dans le cadre d&#8217;un traitement adjuvant. La cons\u00e9quence logique est qu&#8217;une classification mol\u00e9culaire des tumeurs pourrait \u00eatre utile d\u00e8s les tumeurs de stade I-III.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-18071\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2022\/02\/tab1_oh6_s43.png\" style=\"height:253px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"463\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"dautres-points-dattaque-en-ligne-de-mire\">D&#8217;autres points d&#8217;attaque en ligne de mire<\/h2>\n<p>Actuellement, de nombreuses mutations de Driver sont sous les feux de la rampe, en plus des mutations connues. Ainsi, plusieurs mol\u00e9cules cibl\u00e9es, visant notamment HER2 ou KRAS, pourraient \u00eatre prochainement autoris\u00e9es. Ce n&#8217;est qu&#8217;en avril, respectivement en juin de cette ann\u00e9e, que les inhibiteurs MET hautement sp\u00e9cifiques capmatinib et tepotinib ont \u00e9t\u00e9 mis sur le march\u00e9 suisse pour le traitement du NSCLC m\u00e9tastatique avec une mutation de l&#8217;exon 14 du r\u00e9cepteur de la tyrosine kinase MET [1]. Cette alt\u00e9ration g\u00e9n\u00e9tique touche tout de m\u00eame 3 \u00e0 4 % des patients atteints de NSCLC et est associ\u00e9e \u00e0 un pronostic d\u00e9favorable [2].<\/p>\n<p>Dans l&#8217;\u00e9tude pivot VISION, qui a port\u00e9 sur 152 patients pour la plupart pr\u00e9trait\u00e9s et porteurs d&#8217;une mutation du g\u00e8ne MET exon-14 skipping, le tepotinib a entra\u00een\u00e9 un taux de r\u00e9ponse objective de 44,7% avec une survie sans progression (PFS) m\u00e9diane de 8,9 mois [1]. Pour le capmatinib, le taux de r\u00e9ponse objective dans l&#8217;\u00e9tude d&#8217;homologation GEOMETRY-mono-1 \u00e9tait m\u00eame de 67,9% et la PFS m\u00e9diane de 9,69 mois. Des donn\u00e9es suppl\u00e9mentaires sur la survie globale et la comparaison de l&#8217;efficacit\u00e9 avec le traitement standard par immunochimioth\u00e9rapie sont attendues. Ce qui est d&#8217;ores et d\u00e9j\u00e0 certain, c&#8217;est qu&#8217;un test de d\u00e9pistage des mutations de l&#8217;exon-14 de MET Skipping \u00e9largira probablement le standard de diagnostic \u00e0 l&#8217;avenir.<\/p>\n<p>Les mutations KRAS et les aberrations HER2 pourraient \u00e9galement bient\u00f4t \u00eatre ajout\u00e9es au diagnostic mol\u00e9culaire du NSCLC. Aucun traitement sp\u00e9cifique n&#8217;a encore \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 en Suisse pour ces cibles, mais les choses bougent dans le pipeline. Ainsi, le sotorasib et l&#8217;adagrasib ont \u00e9t\u00e9 les premiers inhibiteurs de KRASG12C \u00e0 \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9s et sont actuellement en phase d&#8217;essais cliniques. Une demande d&#8217;autorisation de mise sur le march\u00e9 dans l&#8217;UE pour le sotorasib a \u00e9t\u00e9 d\u00e9pos\u00e9e et est attendue cette ann\u00e9e, tandis que l&#8217;agence am\u00e9ricaine des m\u00e9dicaments (FDA) a d\u00e9j\u00e0 donn\u00e9 son approbation pr\u00e9liminaire pour le traitement des patients pr\u00e9trait\u00e9s avec la mutation KRASG12C [3,4]. Environ 13% des patients atteints de NSCLC pourraient b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;une mise sur le march\u00e9 &#8211; c&#8217;est la fr\u00e9quence de la mutation KRASG12C [3]. L&#8217;\u00e9tude de phase II CodeBreak 100 a montr\u00e9 un taux de r\u00e9ponse de 37,1% au sotorasib chez 124 patients pr\u00e9trait\u00e9s avec une mutation KRASG12C, avec une PFS m\u00e9diane de 6,8 mois et un OS m\u00e9dian de 12,5 mois [5]. Contrairement au KRAS, il existe d\u00e9j\u00e0 des agents tels que le trastuzumab, le pertuzumab et les conjugu\u00e9s anticorps-m\u00e9dicament trastuzumab emtansine et trastuzumab deruxtecan pour cibler HER2. Bien que leur utilisation soit \u00e9tudi\u00e9e dans quelques \u00e9tudes cliniques sur le NSCLC, il n&#8217;existe \u00e0 ce jour aucune comparaison directe avec l&#8217;immunochimioth\u00e9rapie et aucune autorisation de Swissmedic pour le NSCLC [1,2].<\/p>\n<h2 id=\"therapie-adjuvante-et-neoadjuvante-en-mutation\">Th\u00e9rapie adjuvante et n\u00e9oadjuvante en mutation<\/h2>\n<p>Outre l&#8217;\u00e9largissement de la caract\u00e9risation mol\u00e9culaire du NSCLC, son importance dans les stades tumoraux plus pr\u00e9coces pourrait \u00e9galement augmenter. L&#8217;osimertinib ouvre le bal. Ainsi, l&#8217;inhibiteur de l&#8217;EGFR a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 cette ann\u00e9e en Suisse pour le traitement adjuvant des patients atteints de NSCLC non \u00e9pidermo\u00efde avec d\u00e9l\u00e9tion de l&#8217;exon 19 de l&#8217;EGFR ou mutation de substitution de l&#8217;exon 21 (L858R) apr\u00e8s r\u00e9section compl\u00e8te de la tumeur [1]. L&#8217;\u00e9tude ADAURA, dans laquelle un traitement adjuvant de trois ans dans les stades II et IIIA apr\u00e8s une r\u00e9section R0 a entra\u00een\u00e9 une am\u00e9lioration significative de la survie sans maladie par rapport au placebo (HR 0,17 ; p&lt;0,001) [2], a servi de base \u00e0 cette \u00e9tude. La plupart des participants \u00e0 l&#8217;\u00e9tude ont \u00e9galement re\u00e7u une chimioth\u00e9rapie adjuvante. La nouvelle option de traitement cibl\u00e9 adjuvant repr\u00e9sente un espoir pour les patients atteints de NSCLC avec mutation de l&#8217;EGFR &#8211; et n\u00e9cessite une s\u00e9lection appropri\u00e9e des patients.<\/p>\n<p>Il est probable que d&#8217;autres agents cibl\u00e9s soient approuv\u00e9s dans le cadre d&#8217;un traitement adjuvant et n\u00e9oadjuvant. Il est donc n\u00e9cessaire de mettre en place des strat\u00e9gies de tests mol\u00e9culaires \u00e9quitables et coh\u00e9rentes. Alors que de nombreuses lignes directrices n&#8217;incluent pas encore de recommandation pour l&#8217;analyse mol\u00e9culaire dans les stades tumoraux I-III, les lignes directrices du <em> National Comprehensive Cancer Net<\/em> works (NCCN) et le <em>Asian Thoracic Oncology Research Group,<\/em> les <em>Canadian Consensus Recommendations,<\/em> les <em>Chinese guidelines for diagnosis and treatment of primary lung cancer<\/em> et le <em>consensus de la Society for Translational Medicine <\/em>recommandent au moins un test EGFR. Cela a du sens non seulement au vu de la nouvelle option th\u00e9rapeutique, mais aussi parce que les mutations de l&#8217;EGFR sont des mutations dites tronqu\u00e9es : Elles sont pr\u00e9sentes d\u00e8s le d\u00e9but et leur pr\u00e9valence ne varie gu\u00e8re d&#8217;un stade \u00e0 l&#8217;autre. Outre les inhibiteurs de l&#8217;EGFR, des inhibiteurs de l&#8217;ALK tels que l&#8217;alectinib sont actuellement \u00e0 l&#8217;essai dans le traitement n\u00e9oadjuvant, adjuvant et d&#8217;entretien du NSCLC. Les guidelines seront toujours un peu en retard sur ces d\u00e9veloppements &#8211; et leur mise en \u0153uvre dans la pratique clinique quotidienne prendra \u00e0 nouveau un certain temps. Il est donc d&#8217;autant plus important d&#8217;\u00e9valuer chaque patient individuellement et, compte tenu des nombreuses nouvelles possibilit\u00e9s, de penser au-del\u00e0 des structures fig\u00e9es.<\/p>\n<p><em>Source : Aggarwal C, et al. : Molecular testing in stage I-III non-small cell lung cancer : Approaches and challenges. Cancer du poumon. 2021 ; 162 : 42-53.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Information sur les m\u00e9dicaments de Swissmedic : www.swissmedicinfo.ch (dernier acc\u00e8s le 25.11.2021).<\/li>\n<li>Griesinger F, et al. : Lignes directrices Onkopedia : Cancer du poumon, non \u00e0 petites cellules (NSCLC). Mise \u00e0 jour juillet 2021. www.onkopedia.com\/de\/onkopedia\/guidelines\/lungenkarzinom-nicht-kleinzellig-nsclc\/@@guideline\/html\/index.html (dernier acc\u00e8s le 25.11.2021).<\/li>\n<li>Whitlock Burton K : La FDA approuve le sotorasib en tant que premi\u00e8re th\u00e9rapie cibl\u00e9e pour le NSCLC avec mutations KRAS G12C. 03.06.2021. www.univadis.de (dernier acc\u00e8s le 25.11.2021).<\/li>\n<li>DGHO : Demande de mod\u00e8le NUB Sotorasib 2021\/2022. www.dgho.de (dernier acc\u00e8s le 25.11.2021).<\/li>\n<li>Skoulidis F, et al : Sotorasib pour les cancers du poumon avec mutation KRAS p.G12C. New England Journal of Medicine. 2021 ; 384(25) : 2371-2381.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONCOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, les tests mol\u00e9culaires dans le cancer du poumon non \u00e0 petites cellules (NSCLC) sont principalement r\u00e9serv\u00e9s aux patients de stade IV. 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