{"id":326903,"date":"2022-01-03T01:00:00","date_gmt":"2022-01-03T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/relever-les-defis-de-la-pratique-quotidienne\/"},"modified":"2022-01-03T01:00:00","modified_gmt":"2022-01-03T00:00:00","slug":"relever-les-defis-de-la-pratique-quotidienne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/relever-les-defis-de-la-pratique-quotidienne\/","title":{"rendered":"Relever les d\u00e9fis de la pratique quotidienne"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le paysage th\u00e9rapeutique de la scl\u00e9rose en plaques est d\u00e9sormais tr\u00e8s large. N\u00e9anmoins, l&#8217;objectif d&#8217;une th\u00e9rapie neuroprotectrice et remy\u00e9linisante n&#8217;est pas encore atteint. L&#8217;objectif du 37e congr\u00e8s du <em>Comit\u00e9 europ\u00e9en&nbsp;pour le traitement et la recherche sur la scl\u00e9rose en plaques<\/em> (ECTRIMS) \u00e9tait donc de promouvoir et d&#8217;am\u00e9liorer la recherche et l&#8217;apprentissage entre les professionnels. Cette ann\u00e9e, l&#8217;accent a \u00e9t\u00e9 mis sur la translation de l&#8217;immunologie fondamentale vers la th\u00e9rapie appliqu\u00e9e.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La tendance est \u00e0 un traitement plus pr\u00e9coce et plus agressif de la scl\u00e9rose en plaques (SEP). C&#8217;est l&#8217;une des principales informations qui a \u00e9t\u00e9 colport\u00e9e et qui figure \u00e9galement dans la ligne directrice r\u00e9vis\u00e9e. En fonction des caract\u00e9ristiques de la maladie et de celles du patient, des m\u00e9dicaments plus puissants doivent \u00eatre envisag\u00e9s. Une autre nouveaut\u00e9 est la recommandation du siponimod en cas de SEP secondairement progressive avec des signes d&#8217;activit\u00e9 inflammatoire de la maladie. En outre, des informations plus d\u00e9taill\u00e9es ont \u00e9t\u00e9 fournies sur l&#8217;utilisation des traitements modificateurs de la maladie pendant la grossesse et l&#8217;allaitement, ainsi que pour les femmes dont la maladie est tr\u00e8s active et qui souhaitent devenir enceintes.<\/p>\n<p>Un bref aper\u00e7u des principales nouveaut\u00e9s :<\/p>\n<ul>\n<li>La gamme compl\u00e8te des m\u00e9dicaments modificateurs de la maladie doit \u00eatre prescrite par un neurologue qui poss\u00e8de une expertise dans le domaine de la SEP et qui a acc\u00e8s \u00e0 une infrastructure appropri\u00e9e pour assurer un suivi ad\u00e9quat des brevets, une \u00e9valuation compl\u00e8te, une d\u00e9tection pr\u00e9coce des effets secondaires et la capacit\u00e9 de traiter imm\u00e9diatement ces effets secondaires.<\/li>\n<li>Il convient d&#8217;envisager le choix pr\u00e9coce d&#8217;un m\u00e9dicament modificateur de la maladie plus efficace en fonction de l&#8217;activit\u00e9 de la maladie.<\/li>\n<li>L&#8217;interf\u00e9ron ou l&#8217;ac\u00e9tate de glatiram\u00e8re doit \u00eatre propos\u00e9 aux patients pr\u00e9sentant un syndrome cliniquement isol\u00e9 (SCI) fortement \u00e9vocateur de la SEP et une IRM anormale montrant des l\u00e9sions \u00e9vocatrices de la SEP, mais ne r\u00e9pondant pas aux crit\u00e8res de la SEP.<\/li>\n<li>Le choix du m\u00e9dicament appropri\u00e9 pour les patients atteints de SEP r\u00e9mittente d\u00e9pend de la progression du handicap, de la gravit\u00e9 de la maladie (activit\u00e9 clinique ou radiologique), des caract\u00e9ristiques du patient et de la morbidit\u00e9, du profil de s\u00e9curit\u00e9 du m\u00e9dicament, du planning familial et des pr\u00e9f\u00e9rences du patient.<\/li>\n<li>Chez les patients atteints de SEP secondairement progressive pr\u00e9sentant des signes d&#8217;activit\u00e9 inflammatoire (pouss\u00e9es et\/ou activit\u00e9 IRM), un traitement par siponimod ou d&#8217;autres traitements utilis\u00e9s dans la SEP r\u00e9mittente doit \u00eatre envisag\u00e9.<\/li>\n<li>Bien que les preuves soient encore limit\u00e9es, un traitement par siponimod ou anticorps monoclonaux anti-CD20 devrait \u00eatre envisag\u00e9 chez les patients atteints de SEP secondairement progressive sans signe d&#8217;activit\u00e9 inflammatoire et dont la progression a commenc\u00e9 r\u00e9cemment.<\/li>\n<li>L&#8217;ocr\u00e9lizumab doit \u00eatre envisag\u00e9 pour les patients atteints de SEP primaire progressive, en particulier au stade pr\u00e9coce et lorsque la maladie est active (cliniquement et\/ou radiologiquement).<\/li>\n<li>Les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er doivent \u00eatre inform\u00e9es que les traitements modificateurs de la maladie de la SEP ne sont pas autoris\u00e9s pendant la grossesse, \u00e0 l&#8217;exception des interf\u00e9rons et de l&#8217;ac\u00e9tate de glatiram\u00e8re.<\/li>\n<li>Pour les femmes atteintes d&#8217;une maladie tr\u00e8s active et qui souhaitent tomber enceintes, il existe un certain nombre d&#8217;options th\u00e9rapeutiques :\n<ul>\n<li>traitement \u00e0 effet prolong\u00e9 tel que l&#8217;alemtuzumab ou la cladribine, \u00e0 condition qu&#8217;il se soit \u00e9coul\u00e9 au moins quatre ou six mois entre la derni\u00e8re dose et la conception<\/li>\n<li>traitement par des m\u00e9dicaments anti-CD20 avant la grossesse, avec le conseil d&#8217;attendre deux \u00e0 six mois apr\u00e8s la derni\u00e8re perfusion avant de tomber enceinte et d&#8217;\u00e9viter de nouvelles perfusions pendant la grossesse, ou<\/li>\n<li>chez les patientes trait\u00e9es par natalizumab, la poursuite du traitement pendant la grossesse avec un sch\u00e9ma posologique \u00e9tendu de 6 semaines jusqu&#8217;\u00e0 la fin du deuxi\u00e8me trimestre ou jusqu&#8217;\u00e0 34 semaines de grossesse.&nbsp;la semaine de naissance et la reprise du traitement apr\u00e8s l&#8217;accouchement (chez les nouveau-n\u00e9s expos\u00e9s au natalizumab, il convient de surveiller les anomalies h\u00e9matologiques et la fonction h\u00e9patique)<\/li>\n<\/ul>\n<\/li>\n<li>Pendant l&#8217;allaitement, seuls les interf\u00e9rons et l&#8217;ofatumumab sont actuellement autoris\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"miroir-biomaker-nfl\">Miroir Biomaker NfL<\/h2>\n<p>Au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que le taux s\u00e9rique de NfL refl\u00e9tait la persistance des l\u00e9sions neuroaxonales inflammatoires. Il \u00e9tait donc logique de l&#8217;utiliser comme marqueur pr\u00e9dictif de l&#8217;activit\u00e9 de la maladie, de la progression du handicap et de la r\u00e9ponse au traitement.&nbsp; Pour ce faire, une \u00e9tude a analys\u00e9 309&nbsp;patients atteints de SEP ainsi que 59&nbsp;t\u00e9moins sains. Leurs concentrations s\u00e9riques de NfL ont \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9es comme \u00e9lev\u00e9es (&gt;8&nbsp;pg\/ml) ou normales (&lt;8&nbsp;pg\/ml). Le crit\u00e8re d&#8217;\u00e9valuation principal \u00e9tait la progression de la maladie apr\u00e8s deux ans. Les chercheurs ont d\u00e9fini la progression de la maladie comme trois nouvelles l\u00e9sions IRM c\u00e9r\u00e9brales ou plus, une progression confirm\u00e9e de l&#8217;\u00e9chelle Expanded Disability Status Scale (EDSS) ou une nouvelle rechute clinique. Une analyse transversale a confirm\u00e9 des observations ant\u00e9rieures selon lesquelles des concentrations s\u00e9riques \u00e9lev\u00e9es de NfL sont associ\u00e9es \u00e0 une augmentation de l&#8217;invalidit\u00e9 clinique, \u00e0 un nombre plus \u00e9lev\u00e9 de l\u00e9sions T2 et de nouvelles l\u00e9sions T2, \u00e0 un volume \u00e9lev\u00e9 de l\u00e9sions T2 et \u00e0 une perte axonale de la r\u00e9tine. Les chercheurs ont \u00e9galement constat\u00e9 que les patients pr\u00e9sentant des concentrations s\u00e9riques \u00e9lev\u00e9es de NfL au d\u00e9but de l&#8217;\u00e9tude avaient un risque 2,6 fois plus \u00e9lev\u00e9 de voir leur maladie progresser apr\u00e8s deux ans. Les r\u00e9sultats indiquent que la NfL dans le s\u00e9rum peut \u00eatre un biomarqueur sensible de la d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence neuroaxonale progressive.<\/p>\n<h2 id=\"reduire-les-troubles-du-sommeil-grace-a-la-melatonine\">R\u00e9duire les troubles du sommeil gr\u00e2ce \u00e0 la m\u00e9latonine<\/h2>\n<p>Les probl\u00e8mes de sommeil sont courants chez les patients atteints de SEP, mais sont malheureusement souvent n\u00e9glig\u00e9s. Chez 65% des personnes concern\u00e9es, un syndrome d&#8217;apn\u00e9e obstructive du sommeil non diagnostiqu\u00e9 a pu \u00eatre d\u00e9tect\u00e9. Cependant, jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le lien entre la SEP et les troubles du sommeil n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 suffisamment \u00e9tudi\u00e9. C&#8217;est pourquoi une \u00e9tude en crossover, en double aveugle et contr\u00f4l\u00e9e par placebo, a abord\u00e9 ce sujet. Les participants pr\u00e9sentaient un indice de qualit\u00e9 du sommeil de Pittsburgh (PSQI) \u22655 ou un indice de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;insomnie (ISI) sup\u00e9rieur \u00e0 14. Les scores d\u00e9clar\u00e9s par les patients pour les troubles du sommeil, la qualit\u00e9 du sommeil, la somnolence diurne, la fatigue, la capacit\u00e9 \u00e0 marcher et l&#8217;humeur ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9s. La moiti\u00e9 des participants a \u00e9t\u00e9 trait\u00e9e par l&#8217;administration de m\u00e9latonine pendant les deux premi\u00e8res semaines, puis est pass\u00e9e au placebo. L&#8217;autre moiti\u00e9 a fait l&#8217;objet d&#8217;une proc\u00e9dure inverse. Les r\u00e9sultats montrent que la m\u00e9latonine a am\u00e9lior\u00e9 la dur\u00e9e moyenne du sommeil (6,96 vs. 6,67&nbsp;heures). De plus, des tendances vers la signification statistique ont \u00e9t\u00e9 observ\u00e9es pour l&#8217;ISI, la composante PSQI&nbsp;1 et le score de fatigue NeuroQoL. Des travaux sugg\u00e8rent que la diminution de la s\u00e9cr\u00e9tion de m\u00e9latonine dans la SEP pourrait \u00eatre due \u00e0 une d\u00e9faillance progressive de la glande pin\u00e9ale dans la pathogen\u00e8se de la SEP. Cela expliquerait l&#8217;effet positif de l&#8217;administration de m\u00e9latonine. Toutefois, d&#8217;autres \u00e9tudes de plus grande envergure sont n\u00e9cessaires pour pouvoir tirer des conclusions d\u00e9finitives.<\/p>\n<h2 id=\"pronostic-a-long-terme-avec-le-score-de-risque-de-barcelone\">Pronostic \u00e0 long terme avec le score de risque de Barcelone<\/h2>\n<p>Chez les patients pr\u00e9sentant un syndrome cliniquement isol\u00e9, le pronostic \u00e0 long terme peut \u00eatre pr\u00e9dit d\u00e8s le d\u00e9but du traitement sur la base d&#8217;une combinaison de donn\u00e9es cliniques, biologiques et d&#8217;imagerie. Le score de risque de Barcelona est bas\u00e9 sur le sexe, l&#8217;\u00e2ge au moment du CIS, la topographie du CIS, le nombre de l\u00e9sions T2 et la pr\u00e9sence de l\u00e9sions infratentorielles et m\u00e9dullaires, de l\u00e9sions \u00e0 contraste renforc\u00e9 et de bandes oligoclonales.<\/p>\n<p>Les patients ont ensuite \u00e9t\u00e9 r\u00e9partis en groupes \u00e0 risque faible, moyen et \u00e9lev\u00e9. Les trois groupes ont obtenu des r\u00e9sultats diff\u00e9rents pour les examens IRM, les facteurs cliniques et la qualit\u00e9 de vie au cours de leur maladie. Le groupe \u00e0 haut risque avait le temps le plus court pour atteindre un EDSS de 3,0 et pr\u00e9sentait \u00e9galement une probabilit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9e de progression lors des examens IRM et des mesures de la qualit\u00e9 de vie. Les r\u00e9sultats confirment que cette classification est r\u00e9ellement pertinente au d\u00e9but de la maladie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2021 ; 19(6) : 30-31 (publi\u00e9 le 1.12.21, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le paysage th\u00e9rapeutique de la scl\u00e9rose en plaques est d\u00e9sormais tr\u00e8s large. N\u00e9anmoins, l&#8217;objectif d&#8217;une th\u00e9rapie neuroprotectrice et remy\u00e9linisante n&#8217;est pas encore atteint. 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