{"id":327244,"date":"2021-12-07T08:00:00","date_gmt":"2021-12-07T07:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/lamygdalopharyngite-aigue\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:39","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:39","slug":"lamygdalopharyngite-aigue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/lamygdalopharyngite-aigue\/","title":{"rendered":"L&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures sont un motif de consultation fr\u00e9quent en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. Bien que la recommandation de ne pas prescrire d&#8217;antibiotiques pour les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures non compliqu\u00e9es ait fait son entr\u00e9e dans le top 5 de Smarter Medicine pour la m\u00e9decine interne g\u00e9n\u00e9rale ambulatoire, celles-ci restent l&#8217;une des raisons les plus fr\u00e9quentes de prescription d&#8217;antibiotiques. Cela pourrait \u00eatre d\u00fb, entre autres, \u00e0 l&#8217;absence d&#8217;une d\u00e9finition rigoureuse des cas o\u00f9 une infection des voies respiratoires sup\u00e9rieures est &#8220;non compliqu\u00e9e&#8221; et des cas o\u00f9 une maladie &#8220;compliqu\u00e9e&#8221; est suspect\u00e9e et doit \u00eatre trait\u00e9e par des antibiotiques.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures sont un motif de consultation fr\u00e9quent en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. Bien que la recommandation de ne pas prescrire d&#8217;antibiotiques pour les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures non compliqu\u00e9es ait fait son entr\u00e9e dans le top 5 de Smarter Medicine pour la m\u00e9decine interne g\u00e9n\u00e9rale ambulatoire, celles-ci restent l&#8217;une des raisons les plus fr\u00e9quentes de prescription d&#8217;antibiotiques. Cela pourrait notamment \u00eatre d\u00fb au fait qu&#8217;il n&#8217;existe pas de d\u00e9finition stricte permettant de d\u00e9terminer quand une infection des voies respiratoires sup\u00e9rieures est &#8220;non compliqu\u00e9e&#8221; et quand une maladie &#8220;compliqu\u00e9e&#8221; est suspect\u00e9e et doit \u00eatre trait\u00e9e par des antibiotiques &#8211; contrairement, par exemple, aux infections urinaires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le mal de gorge aigu est le sympt\u00f4me principal le plus fr\u00e9quent de l&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb. Les sympt\u00f4mes associ\u00e9s peuvent \u00eatre de la fi\u00e8vre, des courbatures, des maux de t\u00eate, un rhume, de la toux, des difficult\u00e9s \u00e0 avaler, des douleurs abdominales ainsi que des naus\u00e9es et des vomissements.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Il s&#8217;agit g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;une infection auto-limit\u00e9e caus\u00e9e par divers agents viraux, dont nous ne mentionnerons ici que le virus d&#8217;Ebstein-Barr (EBV) en particulier. Parmi les agents bact\u00e9riens les plus fr\u00e9quents, on trouve les streptocoques <span style=\"font-family: times new roman;\">\u03b2-h\u00e9molytiques<\/span> des groupes A (Strep A), C et G, mais aussi les fusobact\u00e9ries et les mycoplasmes. Si les premi\u00e8res sont le plus souvent d\u00e9tect\u00e9es, car des tests rapides sont disponibles, le r\u00f4le des fusobact\u00e9ries est probablement sous-estim\u00e9, car elles n\u00e9cessitent des milieux de culture sp\u00e9cifiques qui ne sont que rarement demand\u00e9s. Dans une \u00e9tude am\u00e9ricaine, les fusobact\u00e9ries \u00e9taient m\u00eame l&#8217;agent pathog\u00e8ne le plus fr\u00e9quent [1]. Il n&#8217;est pas rare que plusieurs germes soient d\u00e9tect\u00e9s, sans que l&#8217;on sache toujours lequel est \u00e0 l&#8217;origine des troubles et lequel ne fait que coloniser la flore buccale.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les agents pathog\u00e8nes sexuellement transmissibles tels que le virus de l&#8217;immunod\u00e9ficience humaine (VIH), les chlamydias et les gonocoques sont \u00e9galement toujours en cause. Chez les jeunes enfants, le diagnostic diff\u00e9rentiel s&#8217;\u00e9tend \u00e0 des agents pathog\u00e8nes et des tableaux cliniques sp\u00e9cifiques (par ex. l&#8217;\u00e9piglottite, caus\u00e9e par l&#8217;agent pathog\u00e8ne H. influen-zae), qui ne seront pas abord\u00e9s en d\u00e9tail dans cet article.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cas d&#8217;\u00e9volution prolong\u00e9e, des causes non infectieuses doivent \u00e9galement \u00eatre envisag\u00e9es : Reflux gastro-\u0153sophagien, irritation physique ou chimique (par exemple par la consommation de tabac, le ronflement ou les m\u00e9dicaments toxiques, en particulier les inhibiteurs de l&#8217;ECA et les m\u00e9dicaments de chimioth\u00e9rapie) et les maladies inflammatoires (par exemple la maladie de Kawasaki et autres vascularites), les maladies endocriniennes (par exemple la thyro\u00efdite aigu\u00eb), ainsi que les n\u00e9oplasies de la cavit\u00e9 bucco-pharyng\u00e9e.<\/p>\n\n<h2 id=\"complications\" class=\"wp-block-heading\">Complications<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les complications de l&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb sont heureusement tr\u00e8s rares. On peut distinguer les complications immunologiques et les complications suppuratives :<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les complications immunologiques comprennent la fi\u00e8vre rhumatismale aigu\u00eb, la glom\u00e9rulon\u00e9phrite aigu\u00eb post-infectieuse, la scarlatine et le syndrome du choc toxique streptococcique. Les complications immunologiques sont caus\u00e9es par certaines souches de Strep A et touchent principalement les enfants. La fi\u00e8vre rhumatismale aigu\u00eb est tr\u00e8s rare, avec une incidence annuelle de &lt;2\/100 000 dans les pays industrialis\u00e9s d\u00e9velopp\u00e9s. La scarlatine et la glom\u00e9rulon\u00e9phrite post-infectieuse, bien que plus fr\u00e9quentes, sont g\u00e9n\u00e9ralement autolimit\u00e9es.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les complications suppuratives comprennent d&#8217;une part les maladies invasives locales, de la cellulite p\u00e9riton\u00e9ale (cellulite p\u00e9riton\u00e9ale) \u00e0 l&#8217;abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al, en passant par la thrombophl\u00e9bite de la veine iugulaire (syndrome de Lemierre) et la fasciite n\u00e9crosante, et d&#8217;autre part l&#8217;otite moyenne et la sinusite. Ces derni\u00e8res, bien que plus fr\u00e9quentes, constituent des entit\u00e9s cliniques distinctes que nous ne souhaitons pas aborder ici. L&#8217;abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al survient principalement chez les jeunes adultes, avec une incidence annuelle pouvant atteindre 160\/100 000, et concerne 0,2 \u00e0 0,5% des patients atteints d&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb [2]. En ce qui concerne les complications suppuratives, on observe un spectre d&#8217;agents pathog\u00e8nes similaire \u00e0 celui de l&#8217;amygdalopharyngite non compliqu\u00e9e, les fusobact\u00e9ries prenant l\u00e0 aussi le pas sur les streptocoques [3]. Les agents viraux, notamment l&#8217;EBV, peuvent \u00e9galement provoquer des complications suppuratives.<\/p>\n\n<h2 id=\"diagnostic\" class=\"wp-block-heading\">Diagnostic<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Clinique<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le diagnostic de l&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb est clinique. Bien qu&#8217;il ne soit pas possible de d\u00e9terminer l&#8217;\u00e9tiologie sur la seule base de l&#8217;anamn\u00e8se et de la clinique, il semble important de recueillir les indices correspondants et de les inclure dans les consid\u00e9rations de diagnostic diff\u00e9rentiel <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1762\" height=\"639\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/tab1_hp11_s17.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17741\"\/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;anamn\u00e8se doit porter sur les sympt\u00f4mes associ\u00e9s, les sympt\u00f4mes de complications potentiellement d\u00e9j\u00e0 manifestes et potentiellement mortelles, ainsi que sur les facteurs de risque, en particulier l&#8217;abus de nicotine et les comportements sexuels \u00e0 risque.<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">  (tableau 2).<\/span>  L&#8217;examen physique doit comprendre au moins un \u00e9tat local (inspection de la bouche et du pharynx, palpation des parties molles du cou) afin d&#8217;identifier les complications manifestes.<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">  (tableau 2).<\/span>  Selon la situation et l&#8217;anamn\u00e8se, des examens plus pouss\u00e9s et cibl\u00e9s sont \u00e9galement indiqu\u00e9s : auscultation pulmonaire et cardiaque, palpation de l&#8217;abdomen, \u00e9tat complet des ganglions lymphatiques et otoscopie. L&#8217;enregistrement structur\u00e9 des param\u00e8tres vitaux, en particulier de la pression art\u00e9rielle, est de toute fa\u00e7on utile \u00e0 chaque consultation dans une optique de pr\u00e9vention cardiovasculaire.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"2166\" height=\"1027\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/tab2_hp11_s18.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17742 lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 2166px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 2166\/1027;\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Microbiologie, diagnostic de laboratoire et d&#8217;imagerie m\u00e9dicale<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La valeur des tests rapides de l&#8217;antig\u00e8ne Strep A dans le frottis de gorge est de plus en plus souvent remise en question de mani\u00e8re critique dans le sens de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie expos\u00e9e, n&#8217;est plus explicitement recommand\u00e9e qu&#8217;en p\u00e9diatrie [4]. D&#8217;autres agents pathog\u00e8nes peuvent \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s en culture, notamment les streptocoques <span style=\"font-family: times new roman;\">\u03b2-h\u00e9molytiques<\/span> du groupe C et G. Il convient de noter que la d\u00e9tection des fusobact\u00e9ries n\u00e9cessite un milieu de culture s\u00e9lectif, qui n&#8217;est pas utilis\u00e9 de mani\u00e8re standard et doit \u00eatre explicitement demand\u00e9. \u00c9tant donn\u00e9 que le traitement est bas\u00e9 sur la clinique plut\u00f4t que sur la d\u00e9tection de l&#8217;agent pathog\u00e8ne, le pr\u00e9l\u00e8vement pharyng\u00e9 (qu&#8217;il s&#8217;agisse de l&#8217;antig\u00e8ne rapide ou de la culture) n&#8217;a aucune cons\u00e9quence et ne devrait pas, \u00e0 notre avis, \u00eatre effectu\u00e9 de mani\u00e8re standard. Le frottis est \u00e9galement discutable chez les enfants, d&#8217;autant plus que m\u00eame l&#8217;Association des m\u00e9decins cantonaux ne recommande plus dans ses derni\u00e8res recommandations de mesures de pr\u00e9vention sp\u00e9cifiques telles que l&#8217;exclusion de l&#8217;\u00e9cole [5].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En cas de suspicion de maladies sexuellement transmissibles, des tests PCR appropri\u00e9s (chlamydia, gonocoque) ou des tests de recherche s\u00e9rologique (VIH) sont disponibles. En cas de suspicion de mononucl\u00e9ose infectieuse, le diagnostic peut \u00eatre confirm\u00e9 \u00e0 la fois par un test rapide d&#8217;antig\u00e8ne et par une s\u00e9rologie, les deux tests pr\u00e9sentant une faible sensibilit\u00e9 au cours de la premi\u00e8re semaine de la maladie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les analyses chimiques de laboratoire, en particulier la num\u00e9ration sanguine et la CRP, n&#8217;augmentent pas de mani\u00e8re significative la pr\u00e9cision du diagnostic et ne doivent pas \u00eatre d\u00e9termin\u00e9es de mani\u00e8re syst\u00e9matique [6]. Pour distinguer une cellulite p\u00e9riton\u00e9ale d&#8217;un abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al ou d&#8217;autres infections invasives, un scanner des parties molles du cou peut \u00eatre utile, mais il n&#8217;est pas non plus indiqu\u00e9 en routine.<\/p>\n\n<h2 id=\"therapie\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Traitement symptomatique<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le traitement symptomatique met l&#8217;accent sur l&#8217;analg\u00e9sie, en utilisant principalement le parac\u00e9tamol et les antirhumatismaux non st\u00e9ro\u00efdiens. Le m\u00e9tamizole n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 test\u00e9 dans cette indication et ne doit pas \u00eatre utilis\u00e9 en premi\u00e8re intention. Des anesth\u00e9siques locaux sous forme de sprays \u00e0 usage local peuvent \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 titre de soutien.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Une revue syst\u00e9matique avec m\u00e9ta-analyse de plusieurs \u00e9tudes randomis\u00e9es a montr\u00e9 que les corticost\u00e9ro\u00efdes r\u00e9duisaient certes le d\u00e9lai de disparition des sympt\u00f4mes de 2 \u00e0 7 heures par rapport au placebo, mais qu&#8217;ils ne permettaient pas de r\u00e9duire le risque de complications. Cependant, aucune diff\u00e9rence n&#8217;a \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence en ce qui concerne la disparition des sympt\u00f4mes \u00e0 24 et 48 heures. De m\u00eame, aucune r\u00e9duction du nombre de jours d&#8217;absence au travail ou de prescriptions d&#8217;antibiotiques n&#8217;a \u00e9t\u00e9 mise en \u00e9vidence. Dans la plupart des \u00e9tudes, la dexam\u00e9thasone per os a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e \u00e0 une dose de 10 mg (0,6 mg\/kg chez les enfants). L&#8217;opportunit\u00e9 d&#8217;utiliser des corticost\u00e9ro\u00efdes dans un cas particulier doit \u00eatre discut\u00e9e avec le patient, selon le principe de la prise de d\u00e9cision participative [7].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Antibiotiques<\/strong><\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;utilisation d&#8217;antibiotiques a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 examin\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises dans des revues syst\u00e9matiques de la Cochrane Library [8]. Une compilation des r\u00e9sultats est pr\u00e9sent\u00e9e dans le <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">tableau 3 <\/span>. Il convient de noter que le travail comprend de nombreuses \u00e9tudes datant des ann\u00e9es 1950. On ne sait pas dans quelle mesure les conclusions de ces \u00e9tudes sont encore valables dans le contexte \u00e9pid\u00e9miologique actuel. Une analyse de sous-groupe des \u00e9tudes r\u00e9centes a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e uniquement pour l&#8217;outcome &#8220;fi\u00e8vre rhumatismale&#8221;.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"2163\" height=\"766\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/tab3_hp11_s18.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17743 lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 2163px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 2163\/766;\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">C&#8217;est pour la r\u00e9duction de la dur\u00e9e des sympt\u00f4mes que l&#8217;efficacit\u00e9 est la mieux d\u00e9montr\u00e9e. Cependant, comme il existe des traitements symptomatiques pour r\u00e9duire les sympt\u00f4mes, nous ne pensons pas qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;une indication ad\u00e9quate. Les antibiotiques peuvent certes pr\u00e9venir certaines complications, mais en raison de la raret\u00e9 de ces complications, de nombreux patients (46 pour l&#8217;exemple de l&#8217;abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al) doivent \u00eatre trait\u00e9s inutilement pour \u00e9viter une seule complication. A titre de comparaison, dans le cas d&#8217;une infection urinaire non compliqu\u00e9e chez la femme, il faut traiter environ 25 patientes pour \u00e9viter une py\u00e9lon\u00e9phrite.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Diverses directives europ\u00e9ennes ne consid\u00e8rent plus la pr\u00e9vention des complications suppuratives et immunologiques comme une indication ad\u00e9quate pour un traitement antibiotique. En Suisse aussi, une revue de la litt\u00e9rature a \u00e9t\u00e9 r\u00e9cemment publi\u00e9e sur ce sujet, recommandant de n&#8217;utiliser des antibiotiques qu&#8217;en cas de complications manifestes ou imminentes (amygdalite s\u00e9v\u00e8re unilat\u00e9rale, \u00e9volution inhabituelle, mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, immunosuppression, \u00e2ge \u00e9lev\u00e9 et comorbidit\u00e9s significatives) ou de facteurs de risque de complications immunologiques importantes (scarlatine, \u00e9tat apr\u00e8s un rhumatisme articulaire aigu, immigration en provenance de pays en d\u00e9veloppement) [9].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Toutefois, \u00e9tant donn\u00e9 que dans la pratique clinique, nous devons tenir compte non seulement des facteurs m\u00e9dicaux et scientifiques, mais aussi des attentes et des pr\u00e9f\u00e9rences de nos patients, l&#8217;utilisation des antibiotiques devrait \u00eatre discut\u00e9e avec le patient selon le principe de la prise de d\u00e9cision participative, l&#8217;autonomie du patient devant bien entendu \u00eatre mise en balance avec le probl\u00e8me croissant de la r\u00e9sistance aux antibiotiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les crit\u00e8res de Centor, qui \u00e9valuent la probabilit\u00e9 d&#8217;une infection \u00e0 Strep A, servent d&#8217;aide \u00e0 la d\u00e9cision depuis maintenant 40 ans. Selon McIsaac, ces crit\u00e8res peuvent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par un crit\u00e8re d&#8217;\u00e2ge <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 4). <\/span>Selon les guidelines, un test rapide Strep-A doit \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 partir d&#8217;un score de 2-3 ou trait\u00e9 empiriquement \u00e0 partir d&#8217;un score de 3-4. Il convient toutefois de noter que les crit\u00e8res de Centor, bien que significativement corr\u00e9l\u00e9s au risque de complication suppurative, entra\u00eenent de nombreux faux positifs en raison de leur sp\u00e9cificit\u00e9 mod\u00e9r\u00e9e (environ 68%). Le score FeverPAIN <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 4) <\/span>, un peu plus r\u00e9cent et moins connu, ne fait pas mieux [6].<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1283\" height=\"1018\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/12\/tab4_hp11_s19.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-17744 lazyload\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1283px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1283\/1018;\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Si des antibiotiques sont utilis\u00e9s, la p\u00e9nicilline ou l&#8217;amoxicilline doivent \u00eatre prescrites en premier lieu. Une dur\u00e9e de traitement de 5 jours n&#8217;est pas inf\u00e9rieure \u00e0 la dur\u00e9e de traitement courante de 10 jours. En cas d&#8217;allergie \u00e0 la p\u00e9nicilline, il est possible d&#8217;opter pour une c\u00e9phalosporine orale, un macrolide ou la clindamycine. Les antibiotiques \u00e0 large spectre tels que la co-amoxicilline doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s en cas de maladie non compliqu\u00e9e. Afin d&#8217;\u00e9viter une dur\u00e9e de traitement diff\u00e9renci\u00e9e en fonction de l&#8217;\u00e2ge et de l&#8217;agent, la Soci\u00e9t\u00e9 Suisse d&#8217;Infectiologie recommande g\u00e9n\u00e9ralement, par souci de simplicit\u00e9, un traitement antibiotique de 6 jours [10].<\/p>\n\n<h2 id=\"conclusion\" class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;amygdalopharyngite est une affection fr\u00e9quente et g\u00e9n\u00e9ralement auto-limit\u00e9e. Les strat\u00e9gies de traitement courantes datent du 20e si\u00e8cle et se concentrent sur l&#8217;\u00e9radication des streptocoques du groupe A, qui peuvent entra\u00eener de graves complications immunologiques. Celles-ci sont toutefois rares et les antibiotiques ne devraient plus \u00eatre utilis\u00e9s qu&#8217;en cas de complications manifestes ou imminentes.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>L&#8217;amygdalopharyngite aigu\u00eb est une maladie fr\u00e9quente et g\u00e9n\u00e9ralement autolimit\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement d\u00e9pend de la clinique. La d\u00e9tection de l&#8217;agent pathog\u00e8ne \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un test de d\u00e9tection rapide de l&#8217;antig\u00e8ne Strep-A ou d&#8217;une culture n&#8217;est pas n\u00e9cessaire si la maladie n&#8217;est pas compliqu\u00e9e.<\/li>\n\n\n\n<li>En pr\u00e9sence de facteurs de risque correspondants, il convient de proc\u00e9der \u00e0 un d\u00e9pistage des maladies sexuellement transmissibles (PCR des chlamydias et des gonocoques, test de d\u00e9pistage du VIH).<\/li>\n\n\n\n<li>Les crit\u00e8res Centor\/McIsaac ne sont pas sp\u00e9cifiques et entra\u00eenent de nombreuses prescriptions inutiles d&#8217;antibiotiques.<\/li>\n\n\n\n<li>Les antibiotiques ne devraient plus \u00eatre utilis\u00e9s qu&#8217;en cas de complications imminentes ou manifestes (amygdalite s\u00e9v\u00e8re unilat\u00e9rale, \u00e9volution inhabituelle, mauvais \u00e9tat g\u00e9n\u00e9ral, immunosuppression, \u00e2ge \u00e9lev\u00e9 et comorbidit\u00e9s significatives) ou de facteurs de risque de complications immunologiques pertinentes (scarlatine, \u00e9tat apr\u00e8s un rhumatisme articulaire aigu, immigration en provenance de pays en d\u00e9veloppement).<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Centor RM, Atkinson TP, Ratliff AE, et al : The Clinical Presentation of Fusobacterium &#8211; Positive and Streptococcal-Positive Pharyngitis in a University Health Clinic. Ann Intern Med 2015 ; 162 : 241 ; doi : 10.7326\/M14-1305.<\/li>\n\n\n\n<li>Little P, Stuart B, Richard Hobbs FD, et al : Predictors of suppurative complications for acute sore throat in primary care : Prospective clinical cohort study. BMJ 2013 ; 347 : 1-14 ; doi : 10.1136\/bmj.f6867.<\/li>\n\n\n\n<li>Klug TE : Abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al : aspects cliniques de la microbiologie, facteurs de risque, et l&#8217;association avec l&#8217;abc\u00e8s parapharyng\u00e9. Dan Med J 2017 ; 64.<\/li>\n\n\n\n<li>Groupe des maladies infectieuses p\u00e9diatriques de Suisse. Recommandations du groupe d&#8217;infectiologie p\u00e9diatrique suisse pour le diagnostic et le traitement de l&#8217;otite moyenne aigu\u00eb, de la sinusite, de la pneumonie et de l&#8217;amygdalite chez l&#8217;enfant 2010 ; www.pigs.ch\/pigs\/05-documents\/doc\/reco2010-d.pdf (dernier acc\u00e8s : 5 ao\u00fbt 2021).<\/li>\n\n\n\n<li>Association des m\u00e9decins cantonaux de Suisse. Recommandations pour l&#8217;exclusion (pr\u00e9)scolaire en cas de maladies transmissibles et de parasitoses 2020 ; www.vks-amcs.ch\/fileadmin\/docs\/public\/vks\/Schulausschluss__def_20200505_d.pdf (dernier acc\u00e8s : 27 juillet 2021).<\/li>\n\n\n\n<li>Helfenberger L, Fischer R, Giezendanner S, Zeller A : Facteurs de risque d&#8217;abc\u00e8s p\u00e9riton\u00e9al dans l&#8217;amygdalite streptococcique A-n\u00e9gative : \u00e9tude de cas. Swiss Med Wkly 2021 ; 151 : w20404 ; doi : 10.4414\/smw.2021.20404.<\/li>\n\n\n\n<li>Sadeghirad B, Siemieniuk RAC, Brignardello-Petersen R, et al : Corticosteroids for treatment of sore throat : systematic review and meta-analysis of randomised trials. BMJ 2017 ; 358 : j3887 ; doi : 10.1136\/bmj.j3887.<\/li>\n\n\n\n<li>Spinks A, Glasziou PP, Del Mar CB : Antibiotiques pour la gorge s\u00e8che. Cochrane Database Syst Rev 2013 : CD000023 ; doi : 10.1002\/14651858.CD000023.pub4.<\/li>\n\n\n\n<li>Hofmann Y, Berger H, Wingeier B, et al : Traitement de l&#8217;angine streptococcique. Swiss Med Forum 2019 ; 19 : 481-488.<\/li>\n\n\n\n<li>Huttner B, Albrich W, Berger C, Boillat Blanco N : Pharyngite. SSI Guidel 2020 ; https:\/\/ssi.guidelines.ch\/guideline\/2408\/9530 (dernier acc\u00e8s : 5 ao\u00fbt 2021).<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2021 ; 16(11) : 16-19<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les infections des voies respiratoires sup\u00e9rieures sont un motif de consultation fr\u00e9quent en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. 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