{"id":327753,"date":"2021-10-09T14:00:00","date_gmt":"2021-10-09T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-pharmacotherapie-un-pilier-important-du-traitement\/"},"modified":"2021-10-09T14:00:00","modified_gmt":"2021-10-09T12:00:00","slug":"la-pharmacotherapie-un-pilier-important-du-traitement","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-pharmacotherapie-un-pilier-important-du-traitement\/","title":{"rendered":"La pharmacoth\u00e9rapie, un pilier important du traitement"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles d\u00e9pressifs font partie des maladies mentales les plus courantes, dont souffrent \u00e9galement de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es. De nos jours, on se base sur un mod\u00e8le d&#8217;explication biopsychosocial. Outre la psychoth\u00e9rapie et les mesures psychosociales g\u00e9n\u00e9rales, les patients g\u00e9riatriques peuvent \u00e9galement b\u00e9n\u00e9ficier d&#8217;un traitement par antid\u00e9presseurs. Dans ce contexte, un traitement soigneusement adapt\u00e9 \u00e0 chaque patient et \u00e0 sa situation actuelle est important, y compris la prise en compte de la multimorbidit\u00e9 et de la polypharmacie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les causes et les facteurs de risque des troubles d\u00e9pressifs chez les personnes \u00e2g\u00e9es sont biopsychosociaux. De nombreux patients ont du mal \u00e0 accepter une d\u00e9pendance croissante et la perte d&#8217;autonomie qui en d\u00e9coule, explique le Dr Birgit Schwenk, m\u00e9decin-chef en g\u00e9riatrie, r\u00e9gion hospitali\u00e8re de Rheintal\/Werdenberg\/Sarganserland [1]. La perte des r\u00f4les sociaux et des personnes de r\u00e9f\u00e9rence ou de l&#8217;environnement domestique habituel ainsi que les troubles physiques corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e2ge sont d&#8217;autres aspects susceptibles de provoquer une d\u00e9pression. Certains m\u00e9dicaments peuvent \u00e9galement induire une humeur d\u00e9prim\u00e9e. Les troubles d\u00e9pressifs, quelle que soit leur gravit\u00e9, sont fr\u00e9quents chez les personnes \u00e2g\u00e9es, avec une pr\u00e9valence de 25% chez les plus de 65 ans, selon l&#8217;oratrice. L&#8217;augmentation de la fragilit\u00e9 (&#8220;frailty&#8221;) s&#8217;accompagne d&#8217;une augmentation de la proportion de troubles d\u00e9pressifs [2]. Les cons\u00e9quences sont souvent graves et vont de la d\u00e9ficience cognitive \u00e0 la perte d&#8217;autonomie, en passant par le placement en maison de retraite et les tendances suicidaires. Le traitement de la d\u00e9pression chez les patients g\u00e9riatriques comprend trois piliers : la psychoth\u00e9rapie, les antid\u00e9presseurs et les mesures psychosociales <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tab.&nbsp;1).<\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-17346\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/tab1_hp9_s30.png\" style=\"height:275px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"505\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"symptomes-atypiques-frequents-chez-les-patients-geriatriques\">Sympt\u00f4mes atypiques fr\u00e9quents chez les patients g\u00e9riatriques<\/h2>\n<p>Il faut savoir qu&#8217;avec l&#8217;\u00e2ge, la d\u00e9pression se pr\u00e9sente un peu diff\u00e9remment que dans d&#8217;autres groupes d&#8217;\u00e2ge. Selon la CIM-10, les principaux sympt\u00f4mes d&#8217;un trouble d\u00e9pressif sont connus pour \u00eatre une humeur d\u00e9prim\u00e9e, une perte d&#8217;int\u00e9r\u00eat et de plaisir, ainsi qu&#8217;un manque de motivation et une fatigabilit\u00e9 accrue [3]. Selon cette classification, divers sympt\u00f4mes suppl\u00e9mentaires peuvent \u00eatre pr\u00e9sents en compl\u00e9ment, comme des difficult\u00e9s de concentration, une estime de soi alt\u00e9r\u00e9e, des sentiments de culpabilit\u00e9, une vision pessimiste, des pens\u00e9es et des actes suicidaires ou des troubles du sommeil. Parmi les particularit\u00e9s des patients g\u00e9riatriques d\u00e9pressifs, il y a d&#8217;une part le fait que les tendances \u00e0 la somatisation sont souvent au premier plan, et d&#8217;autre part l&#8217;impression que les personnes concern\u00e9es sont g\u00e9n\u00e9ralement maussades et irritables, explique le Dr Schwenk. Comme les sympt\u00f4mes correspondants sont souvent consid\u00e9r\u00e9s comme normaux en raison de l&#8217;\u00e2ge, la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es n&#8217;est souvent pas trait\u00e9e. L&#8217;intervenante recommande le test \u00e0 deux questions comme outil de d\u00e9pistage de la d\u00e9pression permettant de gagner du temps dans le cabinet du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste :<\/p>\n<ol>\n<li>Vous \u00eates-vous souvent senti(e) abattu(e), triste, d\u00e9prim\u00e9(e) ou d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9(e) au cours du dernier mois ?<\/li>\n<li>Au cours du dernier mois, avez-vous eu nettement moins envie et moins de plaisir \u00e0 faire des choses que vous aimez habituellement ?<\/li>\n<\/ol>\n<p>En cas de suspicion de trouble d\u00e9pressif, il est conseill\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 un diagnostic plus d\u00e9taill\u00e9 comprenant une anamn\u00e8se et un examen clinique, y compris des questionnaires standardis\u00e9s. Les questionnaires d&#8217;auto-\u00e9valuation GDS (\u00e9chelle de d\u00e9pression g\u00e9riatrique) et DIA-S (\u00e9chelle de d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es) sont con\u00e7us pour \u00eatre utilis\u00e9s chez les personnes \u00e2g\u00e9es [4\u20136]. En outre, une analyse de sang compl\u00e8te fait partie de l&#8217;examen. Parmi les diagnostics diff\u00e9rentiels importants avec les troubles d\u00e9pressifs, l&#8217;oratrice cite la d\u00e9mence ou le d\u00e9lire hypoactif. Les d\u00e9pressions non trait\u00e9es peuvent souvent entra\u00eener des suicides avec l&#8217;\u00e2ge, mais ceux-ci ne sont souvent pas annonc\u00e9s, rapporte l&#8217;intervenante [1].<\/p>\n<h2 id=\"quel-antidepresseur-pour-quel-patient\">Quel antid\u00e9presseur&nbsp;pour quel patient ?<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9ventail des m\u00e9dicaments antid\u00e9presseurs est aujourd&#8217;hui tr\u00e8s large <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(tableau&nbsp;2)<\/span> [1,7]. Dans le groupe des inhibiteurs de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS), le Dr Schwenk utilise de pr\u00e9f\u00e9rence le citalopram, l&#8217;escitalopram et la sertraline. Il convient de garder \u00e0 l&#8217;esprit que ces substances peuvent avoir pour effet secondaire une hyponatr\u00e9mie. La sertraline pr\u00e9sente le profil b\u00e9n\u00e9fice\/risque le plus favorable de ce groupe de substances actives. Les inhibiteurs de la recapture de la s\u00e9rotonine et de la noradr\u00e9naline (IRSN) sont \u00e9galement une classe importante d&#8217;antid\u00e9presseurs, en particulier en cas de comorbidit\u00e9 de la douleur, a d\u00e9clar\u00e9 l&#8217;oratrice. Toutefois, un syndrome des &#8220;jambes sans repos&#8221; peut appara\u00eetre comme sympt\u00f4me associ\u00e9. En ce qui concerne les antid\u00e9presseurs s\u00e9rotoninergiques doubles (SARI), dont le m\u00e9canisme d&#8217;action combine l&#8217;inhibition de la recapture de la s\u00e9rotonine et l&#8217;antagonisme 5-HT2, la trazodone est bien adapt\u00e9e aux patients \u00e2g\u00e9s, car elle a un effet b\u00e9n\u00e9fique sur la cognition et des effets sur le sommeil. Dans la classe des agonistes des r\u00e9cepteurs de la m\u00e9latonine, l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;agom\u00e9latine a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 75 ans dans une \u00e9tude contr\u00f4l\u00e9e par placebo et dans diverses \u00e9tudes cliniques ouvertes [8]. En raison de son effet m\u00e9latonergique, cette substance active favorise le sommeil et a une influence positive sur la cognition [4]. Le profil d&#8217;effets secondaires s&#8217;est \u00e9galement av\u00e9r\u00e9 favorable, mais les valeurs h\u00e9patiques doivent \u00eatre contr\u00f4l\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement [9]. Un antid\u00e9presseur \u00e0 action multimodale est la vortiox\u00e9tine, un repr\u00e9sentant de la classe des stimulateurs modulateurs de la s\u00e9rotonine. Il existe \u00e9galement des preuves d&#8217;efficacit\u00e9 positives pour cet antid\u00e9presseur jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 75 ans [10]. Chez les patients g\u00e9riatriques, il est particuli\u00e8rement important d&#8217;adapter le traitement psychotrope aux conditions individuelles. &#8220;Il s&#8217;agit toujours d&#8217;une th\u00e9rapie individuelle&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 la conf\u00e9renci\u00e8re.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-17347 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/10\/tab2_hp9_s31.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/931;height:508px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"931\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"tenir-compte-de-la-multimorbidite-et-de-la-polypharmacie\">Tenir compte de la multimorbidit\u00e9 et de la polypharmacie<\/h2>\n<p>La polypharmacie joue un r\u00f4le de plus en plus important chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Outre les profils d&#8217;effets secondaires, il convient donc d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re aux interactions potentielles. Il convient d&#8217;en tenir compte en utilisant le produit conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;indication et en le titrant lentement. La r\u00e8gle de base &#8216;Start low, go slow&#8217; est particuli\u00e8rement importante pour cette population de patients. Dans quelles conditions faut-il \u00eatre particuli\u00e8rement vigilant ? Chez les patients diab\u00e9tiques, les substances parox\u00e9tine et mirtazapine sont d\u00e9favorables car elles ont des effets sur l&#8217;app\u00e9tit et peuvent entra\u00eener une prise de poids. Par ailleurs, il faut \u00e9viter d&#8217;utiliser la venlafaxine en cas d&#8217;hypertension art\u00e9rielle, en raison d&#8217;un possible effet hypertenseur. &#8220;En g\u00e9n\u00e9ral, les antid\u00e9presseurs tricycliques sont d\u00e9favorables chez les personnes \u00e2g\u00e9es, en raison de leurs effets secondaires&#8221;, ajoute le Dr Schwenk. Outre l&#8217;incontinence urinaire, les troubles cognitifs et le d\u00e9lire font partie des effets ind\u00e9sirables possibles de cette classe de m\u00e9dicaments. Les pr\u00e9parations \u00e0 base de millepertuis seraient \u00e9galement plut\u00f4t d\u00e9favorables, en raison du potentiel d&#8217;interaction.<\/p>\n<p>De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il faut savoir que le d\u00e9but de l&#8217;effet des antid\u00e9presseurs peut prendre de quelques jours \u00e0 quatre semaines, ce qui n\u00e9cessite une certaine pers\u00e9v\u00e9rance [1]. En d\u00e9but de traitement, de l\u00e9gers effets secondaires seraient fr\u00e9quents (par exemple, des naus\u00e9es), m\u00eame avec des antid\u00e9presseurs par ailleurs bien tol\u00e9r\u00e9s. Que faire en cas d&#8217;efficacit\u00e9 insuffisante ? La premi\u00e8re chose \u00e0 faire est d&#8217;augmenter la dose. Si cela ne donne aucun r\u00e9sultat, il faut envisager de passer \u00e0 un autre antid\u00e9presseur, voire de combiner deux m\u00e9dicaments. Par ailleurs, une augmentation peut \u00eatre envisag\u00e9e en collaboration avec un psychiatre (lithium, antipsychotiques). Pour le traitement antid\u00e9presseur d&#8217;entretien, le Dr Schwenk recommande une dur\u00e9e de 6 \u00e0 9 mois \u00e0 dose constante [1]. En cas d&#8217;arr\u00eat du traitement, l&#8217;antid\u00e9presseur doit \u00eatre \u00e9quilibr\u00e9 afin d&#8217;\u00e9viter autant que possible les ph\u00e9nom\u00e8nes de sevrage.<\/p>\n<p>\n<em>Congr\u00e8s :&nbsp;Coll\u00e8ge de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale 2021<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Schwenk B : Th\u00e9rapie de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es d&#8217;un point de vue g\u00e9riatrique. Dr. med. Birgit Schwenk, Coll\u00e8ge de m\u00e9decine de premier recours, 24-26.6.2021<\/li>\n<li>Kopf D, Hummel J : La d\u00e9pression chez le patient \u00e2g\u00e9 fragile. Diagnostic et traitement. Z Gerontol Geriatr 2013 ; 46(2) : 127-133.<\/li>\n<li>Organisation mondiale de la sant\u00e9 : CIM-10, https:\/\/icd.who.int (derni\u00e8re consultation 20.08.2021)<\/li>\n<li>Hatzinger M, et al. : Recommandations pour le diagnostic et le traitement de la d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es. Praxis 2018 ; 107(3) : 127-144.<\/li>\n<li>Gauggel S, Birkner B : Validit\u00e9 et fiabilit\u00e9 d&#8217;une version allemande de l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression g\u00e9riatrique. Z Klin Psychol 1999 ; 28 : 18-27<\/li>\n<li>Heidenblut S : Diagnostic de la d\u00e9pression chez les patients g\u00e9riatriques. L&#8217;\u00e9volution de l&#8217;\u00e9chelle de d\u00e9pression chez les personnes \u00e2g\u00e9es (DIA-S). PhD thesis ; Universit\u00e9 de Cologne : 2012.<\/li>\n<li>Information sur les m\u00e9dicaments, www.swissmedicinfo.ch, (derni\u00e8re consultation 20.08.2021)<\/li>\n<li>Heun R, et al. : The efficacy of agomelatine in elderly patients with recurrent major depressive disorder : a placebocontrolled study. J Clin Psychiatry 2013 ; 74 : 587-594<\/li>\n<li>Howland RH : A benefit-risk assessment of agomelatine in the treatment of major depression. Drug Saf 2011 ; 34 : 709-773.<\/li>\n<li>H\u00e4ggstr\u00f6m L, et al. : \u00c9tude randomis\u00e9e en double aveugle de la vortiox\u00e9tine versus agom\u00e9latine chez des adultes atteints de TDM apr\u00e8s une r\u00e9ponse insuffisante au traitement par ISRS ou IRSN. Eur Psychiatry 2013 ; 28(Suppl 1) : 1.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>HAUSARZT PRAXIS 2021 ; 16(9) : 30-31 (publi\u00e9 le 18.9.21, ahead of print)<br \/>\nInFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2021 ; 19(6) : 36-37<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles d\u00e9pressifs font partie des maladies mentales les plus courantes, dont souffrent \u00e9galement de nombreuses personnes \u00e2g\u00e9es. De nos jours, on se base sur un mod\u00e8le d&#8217;explication biopsychosocial. 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