{"id":328543,"date":"2021-07-15T02:00:00","date_gmt":"2021-07-15T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-therapie-des-traumatismes-a-la-pointe-de-la-science\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:52","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:52","slug":"la-therapie-des-traumatismes-a-la-pointe-de-la-science","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-therapie-des-traumatismes-a-la-pointe-de-la-science\/","title":{"rendered":"La th\u00e9rapie des traumatismes \u00e0 la pointe de la science"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les traumatismes psychologiques peuvent avoir diff\u00e9rentes causes. Ils ont cependant un point commun : ils provoqueraient un profond d\u00e9sespoir chez presque tout le monde. Les exp\u00e9riences traumatiques peuvent \u00eatre class\u00e9es selon diff\u00e9rents points de vue et trait\u00e9es individuellement.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Les caract\u00e9ristiques des traumatismes psychologiques et les approches th\u00e9rapeutiques pour les traiter sont pr\u00e9sent\u00e9es ci-dessous. L&#8217;accent est mis sur les principaux sympt\u00f4mes et les interventions les plus efficaces. En r\u00e9sumant de mani\u00e8re concise les connaissances actuelles en mati\u00e8re de recherche, cet article s&#8217;adresse tout particuli\u00e8rement aux praticiens. La r\u00e9f\u00e9rence aux manuels de traitement et aux \u00e9tudes offre en outre la possibilit\u00e9 d&#8217;approfondir le sujet.<\/p>\n\n<h2 id=\"evenements-traumatiques\" class=\"wp-block-heading\">\u00c9v\u00e9nements traumatiques<\/h2>\n\n<p>Les traumatismes psychologiques sont d\u00e9finis dans la CIM-11 comme un \u00e9v\u00e9nement ou une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9v\u00e9nements d&#8217;une menace exceptionnelle ou d&#8217;une ampleur catastrophique qui provoquerait un profond d\u00e9sespoir chez presque tout le monde [1]. Le syst\u00e8me am\u00e9ricain DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) d\u00e9crit les traumatismes comme des \u00e9v\u00e9nements impliquant une confrontation avec la mort, des blessures graves ou des violences sexuelles [2]. Les 4 formes possibles sont l&#8217;exp\u00e9rience directe, le t\u00e9moignage personnel, l&#8217;apparition dans la famille proche ou chez des amis proches et la confrontation r\u00e9p\u00e9t\u00e9e avec des d\u00e9tails aversifs (par exemple dans le contexte du travail).<\/p>\n\n<p>Les \u00e9v\u00e9nements traumatiques peuvent \u00eatre class\u00e9s selon diff\u00e9rents points de vue. La classification en traumatismes d&#8217;origine humaine ou accidentelle et en traumatismes de courte ou de longue dur\u00e9e (type I ou type II) a fait ses preuves.  <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1).  <\/span>Les traumatismes de type I sont g\u00e9n\u00e9ralement caract\u00e9ris\u00e9s par un danger de mort imminent, la soudainet\u00e9 et la surprise, tandis que les traumatismes de type II sont caract\u00e9ris\u00e9s par une s\u00e9rie d&#8217;\u00e9v\u00e9nements traumatiques distincts et par une faible pr\u00e9dictibilit\u00e9 des \u00e9v\u00e9nements stressants ult\u00e9rieurs.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"390\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15509\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7-800x284.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7-120x43.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7-90x32.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7-320x113.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab1_np1_s7-560x199.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/figure>\n\n<p>Tous types de traumatismes confondus, il existe une probabilit\u00e9 conditionnelle de 8 \u00e0 15% de d\u00e9velopper un trouble de stress post-traumatique (PTSD). Cela signifie que sur 100 personnes traumatis\u00e9es, 8 \u00e0 15 ont un diagnostic de PTSD. Cependant, la probabilit\u00e9 conditionnelle varie consid\u00e9rablement selon le type de traumatisme :<\/p>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Environ 50-65% apr\u00e8s une exp\u00e9rience directe de la guerre en tant que civil ;<\/li>\n\n\n\n<li>environ 50% apr\u00e8s un viol ou un abus sexuel ;<\/li>\n\n\n\n<li>environ 25% apr\u00e8s d&#8217;autres crimes violents ;<\/li>\n\n\n\n<li>environ 5% apr\u00e8s un accident grave de la circulation ;<\/li>\n\n\n\n<li>&lt;5% apr\u00e8s une catastrophe naturelle, un incendie ou un feu ;<\/li>\n\n\n\n<li>&lt;5% chez les t\u00e9moins d&#8217;accidents et d&#8217;actes de violence.<\/li>\n<\/ul>\n\n<h2 id=\"le-trouble-de-stress-post-traumatique\" class=\"wp-block-heading\">Le trouble de stress post-traumatique<\/h2>\n\n<p>&#8220;Depuis l&#8217;agression, je suis devenu une personne compl\u00e8tement diff\u00e9rente&#8221;, raconte un homme de 60 ans, &#8220;le soir, je suis dans mon lit, et puis ces pens\u00e9es et ces images me viennent, et ensuite je reste \u00e9veill\u00e9 pendant une \u00e9ternit\u00e9. (&#8230;). Si je suis quelque part et qu&#8217;il y a un bruit soudain, je sursaute. (&#8230;) On ne peut pas l&#8217;arr\u00eater&#8221;. L&#8217;homme, victime d&#8217;une agression, souffre de ce que l&#8217;on appelle un PTSD. L&#8217;existence d&#8217;un traumatisme grave est une condition pr\u00e9alable au diagnostic de PTSD. Elle est diagnostiqu\u00e9e lorsque certains sympt\u00f4mes isol\u00e9s se manifestent ensemble sur une p\u00e9riode prolong\u00e9e. Selon la derni\u00e8re d\u00e9finition de la CIM-11, les sympt\u00f4mes se concentrent sur la vive reviviscence de la situation traumatique (intrusion), l&#8217;\u00e9vitement et un sentiment de menace persistant.<\/p>\n\n<p><strong>Intrusion : <\/strong>les patients atteints de PTSD pr\u00e9sentent un attachement involontaire \u00e0 l&#8217;horrible exp\u00e9rience v\u00e9cue. Cet attachement se manifeste par des images, des sons ou d&#8217;autres impressions vives de l&#8217;\u00e9v\u00e9nement traumatique qui &#8220;envahissent&#8221; involontairement \u00e0 la fois l&#8217;\u00e9tat de conscience \u00e9veill\u00e9 et le sommeil. C&#8217;est ce que l&#8217;on appelle les flashbacks. Souvent, ces images int\u00e9rieures provoquent un \u00e9tat de submersion subjectivement ressenti.<\/p>\n\n<p><strong>L&#8217;\u00e9vitement : <\/strong>En outre, les personnes concern\u00e9es tentent souvent de toutes leurs forces d'&#8221;\u00e9teindre&#8221; les pens\u00e9es qui les submergent, c&#8217;est-\u00e0-dire de ne plus penser \u00e0 ce qui s&#8217;est pass\u00e9. Malgr\u00e9 les tentatives intensives, cet \u00e9vitement ne r\u00e9ussit pas dans la plupart des cas. Le comportement d&#8217;\u00e9vitement inclut \u00e9galement la r\u00e9ticence \u00e0 entreprendre des activit\u00e9s, \u00e0 se rendre dans des lieux ou \u00e0 rencontrer des personnes qui rappellent le traumatisme.<\/p>\n\n<p><strong>Sentiment de menace persistant : <\/strong>le corps r\u00e9agit \u00e9galement apr\u00e8s un traumatisme, m\u00eame si les personnes concern\u00e9es ne voient souvent pas les cons\u00e9quences physiques en rapport avec le traumatisme. Le seuil d&#8217;excitation du syst\u00e8me nerveux autonome s&#8217;abaisse, ce qui signifie que m\u00eame les petits stress ult\u00e9rieurs entra\u00eenent une excitation plus forte. Suite au traumatisme, un sentiment de menace persistant s&#8217;installe (hypervigilance). Les situations quotidiennes sont per\u00e7ues comme excessivement dangereuses. Cela concerne aussi bien les situations associ\u00e9es au traumatisme que celles qui n&#8217;y sont pas li\u00e9es.<\/p>\n\n<p><strong>\u00c9pid\u00e9miologie et \u00e9volution du PTSD : <\/strong>si les \u00e9tudes <strong>\u00e9pid\u00e9miologiques <\/strong>montrent que la majeure partie de la population est confront\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements traumatiques au cours de sa vie, la pr\u00e9valence sur la vie enti\u00e8re ne se situe qu&#8217;entre 1 et 3 % en Europe [3]. Cela signifie que la plupart des personnes traumatis\u00e9es ne d\u00e9veloppent pas de PTSD, mais pr\u00e9sentent une gu\u00e9rison spontan\u00e9e. L&#8217;\u00e9volution d&#8217;un PTSD se caract\u00e9rise \u00e9galement par la r\u00e9mission des sympt\u00f4mes en quelques semaines chez la plupart des personnes traumatis\u00e9es. Une dur\u00e9e des sympt\u00f4mes de plus de trois mois n&#8217;est pas favorable au pronostic, car les sympt\u00f4mes persistent plus longtemps et deviennent chroniques.<\/p>\n\n<h2 id=\"ptsd-complexe\" class=\"wp-block-heading\">PTSD complexe<\/h2>\n\n<p>Les m\u00eames sympt\u00f4mes psychologiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits pour tous les traumatismes. Il a toutefois \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les traumatismes caus\u00e9s volontairement par l&#8217;homme et les traumatismes de type II qui durent plus longtemps entra\u00eenent dans de nombreux cas des handicaps plus importants que les autres formes. C&#8217;est pourquoi la CIM-11 a introduit le PTSD complexe (KPTBS) en tant que nouveau diagnostic. L&#8217;ESPT complexe comprend une r\u00e9action psychologique forte, provoqu\u00e9e par des exp\u00e9riences traumatiques persistantes, impliquant g\u00e9n\u00e9ralement des \u00e9v\u00e9nements traumatiques multiples ou r\u00e9p\u00e9titifs (par exemple, abus sexuels dans l&#8217;enfance). Le diagnostic comprend tous les principaux sympt\u00f4mes du PTSD classique. En outre, le diagnostic de KPTBS n\u00e9cessite la pr\u00e9sence d&#8217;un trouble de la r\u00e9gulation des affects (y compris une tendance \u00e0 la dissociation), une perception n\u00e9gative de soi et des troubles relationnels <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 2).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"1293\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15510 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8-800x940.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8-120x141.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8-90x106.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8-320x376.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab2_np1_s8-560x658.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1293;\" \/><\/figure>\n\n<h2 id=\"psychotherapie\" class=\"wp-block-heading\">Psychoth\u00e9rapie<\/h2>\n\n<p>Au cours des deux derni\u00e8res d\u00e9cennies, des m\u00e9thodes efficaces de traitement des r\u00e9actions post-traumatiques et des troubles post-traumatiques manifestes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es. Il est important de garder \u00e0 l&#8217;esprit, lors du traitement du PTSD, que de nombreux patients pr\u00e9sentent une s\u00e9rie d&#8217;autres probl\u00e8mes psychologiques et interpersonnels (d\u00e9pression, addictions, maladies physiques, retrait social). Dans les pays germanophones, trois phases th\u00e9rapeutiques se sont \u00e9tablies dans le traitement du PTSD <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(fig. 1).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"385\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15511 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8-800x280.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8-120x42.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8-90x32.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8-320x112.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/abb1_np1_s8-560x196.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/385;\" \/><\/figure>\n\n<p>Les approches comportementales (par exemple, l&#8217;exposition prolong\u00e9e) et les th\u00e9rapies cognitives ont les effets les plus importants parmi toutes les m\u00e9thodes de traitement du PTSD <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 3). <\/span>La th\u00e9rapie d&#8217;exposition narrative (NET) et l&#8217;EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing) sont \u00e9galement des approches th\u00e9rapeutiques courantes. Les r\u00e9sultats de la recherche montrent en outre que la psychoth\u00e9rapie est plus efficace que les traitements m\u00e9dicamenteux (par exemple l&#8217;escitalopram) [4].<\/p>\n\n<p>L&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00e9nement traumatique est au c\u0153ur des psychoth\u00e9rapies \u00e9valu\u00e9es comme efficaces. La th\u00e9rapie d&#8217;exposition prolong\u00e9e consiste \u00e0 confronter par l&#8217;imagination les patients atteints de PTSD \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements traumatiques [5]. Le traumatisme est rev\u00e9cu et racont\u00e9 \u00e0 l&#8217;aide de ses propres sentiments. Gr\u00e2ce \u00e0 cette exposition in sensu (en imagination), l&#8217;\u00e9v\u00e9nement traumatique est rapport\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises jusqu&#8217;\u00e0 ce qu&#8217;une habituation se produise, c&#8217;est-\u00e0-dire une accoutumance avec une r\u00e9action att\u00e9nu\u00e9e lors de la confrontation avec les souvenirs du traumatisme. Parfois, cette approche est combin\u00e9e avec une exposition in vivo par rapport \u00e0 des situations \u00e9vit\u00e9es.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"708\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15512 lazyload\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8-800x515.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8-120x77.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8-90x58.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8-320x206.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/02\/tab3_np1_s8-560x360.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/708;\" \/><\/figure>\n\n<p>La th\u00e9rapie de traitement cognitif est un autre \u00e9l\u00e9ment de la th\u00e9rapie traumatique. Les personnes souffrant de PTSD sont souvent caract\u00e9ris\u00e9es par une \u00e9valuation extr\u00eamement n\u00e9gative des sympt\u00f4mes post-traumatiques [6]. Par exemple, des sympt\u00f4mes d&#8217;intrusion persistants peuvent \u00eatre interpr\u00e9t\u00e9s d&#8217;une mani\u00e8re catastrophiste (par exemple : &#8220;Si ces souvenirs soudains ne cessent pas bient\u00f4t, je vais finir par devenir fou !) Il n&#8217;est pas rare non plus que les personnes ayant subi un traumatisme aient une forte conviction de culpabilit\u00e9. Les interventions cognitives se concentrent sur la modification des \u00e9valuations et des croyances dysfonctionnelles en utilisant des techniques cognitives classiques [7].<\/p>\n\n<p>La th\u00e9rapie narrative d&#8217;exposition (NET) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9e pour le traitement du PTSD suite \u00e0 des traumatismes multiples et est bas\u00e9e sur des principes de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale. Dans le cas du NET, il ne s&#8217;agit pas d&#8217;un traitement ponctuel d&#8217;un traumatisme, mais d&#8217;une repr\u00e9sentation narrative et d&#8217;une mise par \u00e9crit de l&#8217;ensemble de la vie. En repla\u00e7ant chronologiquement un ou plusieurs traumatismes dans sa propre biographie, on proc\u00e8de \u00e0 un traitement par confrontation [8]. La m\u00e9thode EMDR (Eye Movement Desensitization and Reprocessing, en fran\u00e7ais : d\u00e9sensibilisation et traitement par le mouvement des yeux) selon Shapiro est \u00e9galement une m\u00e9thode r\u00e9pandue dans la th\u00e9rapie des traumatismes. L&#8217;exposition dans le cadre de l&#8217;EMDR consiste \u00e0 traiter les images, les perceptions, les cognitions ou les sentiments associ\u00e9s au traumatisme par une stimulation sensorielle bilat\u00e9rale via des mouvements oculaires (ou une stimulation auditive ou tactile) jusqu&#8217;\u00e0 ce que le stress diminue [9].<\/p>\n\n<p>La th\u00e9rapie d&#8217;exposition, en particulier, permet souvent de r\u00e9duire les sympt\u00f4mes post-traumatiques en quelques semaines. Au-del\u00e0 de la r\u00e9duction des sympt\u00f4mes, le traitement des multiples cons\u00e9quences ainsi que l&#8217;int\u00e9gration du traumatisme dans la vie de la personne traumatis\u00e9e n\u00e9cessitent un travail th\u00e9rapeutique plus long. En principe, la proc\u00e9dure d&#8217;exposition (c&#8217;est-\u00e0-dire la visualisation du traumatisme avec le psychoth\u00e9rapeute) doit \u00eatre distingu\u00e9e de la retraumatisation, car la premi\u00e8re a un but de soutien et de gu\u00e9rison et offre au patient des possibilit\u00e9s de restructuration de son contenu m\u00e9moriel traumatique. En revanche, la retraumatisation est d\u00e9finie comme une proc\u00e9dure qui ne fait qu&#8217;imposer un nouveau fardeau au patient ou qui le surm\u00e8ne fortement et ne lui procure aucun soulagement conforme \u00e0 l&#8217;objectif (les retraumatismes sont par exemple les r\u00e9sultats d&#8217;interrogatoires de police mal men\u00e9s ou d&#8217;interviews avec des journalistes \u00e0 sensation).<\/p>\n\n<p><strong>Approche du PTSD complexe : <\/strong>Le PTSD pose des d\u00e9fis particuliers aux psychoth\u00e9rapeutes et il existe encore de nombreuses questions en suspens concernant l&#8217;approche th\u00e9rapeutique, la dur\u00e9e du traitement et les r\u00e9sultats attendus du traitement. Cependant, il existe un consensus sur le fait que, comme pour le PTSD, une th\u00e9rapie r\u00e9ussie du PTSC n\u00e9cessite une exposition in sensu combin\u00e9e \u00e0 des proc\u00e9dures cognitives. C&#8217;est ce que Watts et al.  [10]  dans une vaste m\u00e9ta-analyse. L&#8217;exposition doit toutefois \u00eatre pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e d&#8217;une p\u00e9riode de stabilisation suffisamment longue. Cette phase peut toutefois \u00eatre tr\u00e8s courte si un traitement intensif est mis en place, comme cela a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 \u00e0 l&#8217;aide du concept stationnaire de 12 semaines de la th\u00e9rapie comportementale dialectique (TCD) pour le PTSD [11]. Apr\u00e8s seulement un mois de stabilisation, une confrontation a \u00e9t\u00e9 men\u00e9e avec succ\u00e8s avec des traumatis\u00e9s complexes. Certains patients particuli\u00e8rement atteints peuvent cependant avoir besoin de plusieurs allers-retours entre les interventions ambulatoires et hospitali\u00e8res avant d&#8217;obtenir des r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n\n<p>Comme d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment, les personnes atteintes de PTSD pr\u00e9sentent souvent des probl\u00e8mes de r\u00e9gulation des \u00e9motions et des probl\u00e8mes interpersonnels, en plus des sympt\u00f4mes du PTSD. La mise en \u0153uvre de strat\u00e9gies DBT dans le processus th\u00e9rapeutique permet de r\u00e9guler efficacement les \u00e9motions, ce qui rend cette approche particuli\u00e8rement adapt\u00e9e aux TCCP [12]. Cloitre et al. ont d\u00e9velopp\u00e9 un programme th\u00e9rapeutique en deux \u00e9tapes, orient\u00e9 vers les phases, qui int\u00e8gre des interventions efficaces pour plusieurs domaines de sympt\u00f4mes [13]. Dans la premi\u00e8re phase du traitement, l&#8217;accent est mis sur les comp\u00e9tences de r\u00e9gulation des \u00e9motions et le traitement des sch\u00e9mas interpersonnels dysfonctionnels (&#8220;skills training in affect and interpersonal regulation&#8221;, STAIR). Dans la deuxi\u00e8me phase du traitement, les souvenirs traumatiques sont trait\u00e9s de mani\u00e8re douce et dos\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide de m\u00e9thodes narratives. Cette approche progressive s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e tr\u00e8s efficace, par exemple, pour les victimes d&#8217;abus sexuels et physiques [14].<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Le PTSD survient apr\u00e8s des \u00e9v\u00e9nements de vie mena\u00e7ant la vie\/traumatiques et se caract\u00e9rise par des intrusions (sous la forme d&#8217;images ou de cauchemars qui s&#8217;imposent \u00e0 l&#8217;esprit), de l&#8217;\u00e9vitement et un sentiment persistant de menace.<\/li>\n\n\n\n<li>Le PTSD survient en particulier \u00e0 la suite d&#8217;\u00e9v\u00e9nements traumatiques r\u00e9p\u00e9t\u00e9s ou de longue dur\u00e9e et se caract\u00e9rise, outre les sympt\u00f4mes du PTSD, par des troubles de la r\u00e9gulation des \u00e9motions, une perception n\u00e9gative de soi et des troubles relationnels.<\/li>\n\n\n\n<li>Diff\u00e9rentes formes d&#8217;exposition in sensu \u00e0 l&#8217;\u00e9v\u00e9nement traumatique sont au c\u0153ur des psychoth\u00e9rapies du PTSD qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9valu\u00e9es comme efficaces.<\/li>\n\n\n\n<li>Les approches th\u00e9rapeutiques r\u00e9ussies du PTSD devraient inclure une exposition in sensu, comme pour le PTSD classique. Les interventions compl\u00e9mentaires telles que STAIR ou DBT-PTBS sont particuli\u00e8rement prometteuses dans le cas du KPTBS.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>OMS (Organisation mondiale de la sant\u00e9). (2020). CIM-11 beta draft (statistiques de mortalit\u00e9 et de morbidit\u00e9). https:\/\/icd.who.int\/dev11\/l-m\/en. Consult\u00e9 le 16.12.2020.<\/li>\n\n\n\n<li>APA (American Psychiatric Organization). (2013). Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V). Washington DC : American Psychiatric Press.<\/li>\n\n\n\n<li>Maercker A, Forstmeier S, Wagner B, et al. : (2008). L&#8217;\u00e9tat de stress post-traumatique en Allemagne. Der Nervenarzt, 79(5), 577.<\/li>\n\n\n\n<li>Shalev AY, Ankri Y, Israeli-Shalev Y, et al. : (2012). Pr\u00e9vention du trouble de stress post-traumatique par un traitement pr\u00e9coce : r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude Jerusalem Trauma Outreach and Prevention. Archives of General Psychiatry, 69(2), 166-176.<\/li>\n\n\n\n<li>Foa EB, Hembree EA, Rothbaum BO : (2014). Manuel d&#8217;exposition prolong\u00e9e : concepts de base et application &#8211; un guide pour les th\u00e9rapeutes. Lichtenau : Probst.<\/li>\n\n\n\n<li>Ehlers A, Clark DM : (2000). Un mod\u00e8le cognitif du trouble de stress post-traumatique. Behaviour Research and Therapy, 38(4), 319-345.<\/li>\n\n\n\n<li>K\u00f6nig J, Resick PA, Karl R, Rosner R : (2012). Trouble de stress post-traumatique : un manuel de th\u00e9rapie de traitement cognitif. G\u00f6ttingen, Allemagne : Hogrefe.<\/li>\n\n\n\n<li>Schauer M, Neuner F, Elbert, T : (2011). Narrative exposure therapy : A short term intervention for traumatic stress disorders after war, terror, or torture. G\u00f6ttingen, Allemagne : Hogrefe.<\/li>\n\n\n\n<li>Shapiro F : (2012). EMDR &#8211; Principes et pratique : Manuel pour le traitement des personnes traumatis\u00e9es. Paderborn : Junfermann.<\/li>\n\n\n\n<li>Watts BV, Schnurr PP, Mayo L, et al. : (2013). M\u00e9ta-analyse de l&#8217;efficacit\u00e9 des traitements pour le trouble de stress post-traumatique. Journal of Clinical Psychiatry, 74(6), 541-550.<\/li>\n\n\n\n<li>Bohus M, Dyer AS, Priebe K, et al. : (2013). Comportement dialectique pour le trouble de stress post-traumatique apr\u00e8s l&#8217;abus sexuel dans l&#8217;enfance chez les patients avec et sans trouble de la personnalit\u00e9 limite : un essai contr\u00f4l\u00e9 randomis\u00e9. Psychotherapy and Psychosomatics, 82(4), 221-233.<\/li>\n\n\n\n<li>Bohus M, Priebe K : (2019). Th\u00e9rapie comportementale dialectique pour le PTSD complexe. Dans A. Maercker (\u00e9d.). Troubles post-traumatiques (pp. 331-348). Berlin : Springer.<\/li>\n\n\n\n<li>Cloitre M, Koenen KC, Cohen L, et al. : (2002). Skills training in affective and interpersonal regulation followed by exposure : a phase-based treatment for PTSD related to childhood abuse. Journal of Consulting and Clinical Psychology, 70(5), 1067-1074.<\/li>\n\n\n\n<li>Cloitre M, Cohen LR, Koenen KC : (2014). Abus sexuels et maltraitance dans l&#8217;enfance : un programme th\u00e9rapeutique pour traiter les cons\u00e9quences complexes des traumatismes. G\u00f6ttingen, Allemagne : Hogrefe.<\/li>\n\n\n\n<li>Maercker A, Augsburger M : (2019). Le trouble de stress post-traumatique. Dans A. Maercker (\u00e9d.). Troubles post-traumatiques (217-227). Berlin : Springer.<\/li>\n\n\n\n<li>Maercker A : (2019). Syst\u00e9matique et efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques. Dans A. Maercker (\u00e9d.). Troubles post-traumatiques (pp. 217-227). Berlin : Springer.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2021 ; 16(7) : 5-8<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les traumatismes psychologiques peuvent avoir diff\u00e9rentes causes. 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