{"id":328661,"date":"2021-06-29T01:00:00","date_gmt":"2021-06-28T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/etat-de-lart\/"},"modified":"2023-01-12T13:45:54","modified_gmt":"2023-01-12T12:45:54","slug":"etat-de-lart","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/etat-de-lart\/","title":{"rendered":"\u00c9tat de l&#8217;art"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Cancer de l&#8217;endom\u00e8tre, sarcomes ut\u00e9rins, cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus &#8211; les tumeurs ut\u00e9rines sont aussi vari\u00e9es que les diff\u00e9rentes cellules que l&#8217;on trouve dans l&#8217;ut\u00e9rus. En cons\u00e9quence, la gestion diff\u00e8re \u00e9galement de mani\u00e8re significative. Il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic pr\u00e9cis pour classifier les risques afin de garantir les meilleurs soins possibles.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les tumeurs ut\u00e9rines touchent les femmes de diff\u00e9rents \u00e2ges et \u00e0 diff\u00e9rentes \u00e9tapes de leur vie. L&#8217;origine des tumeurs est vari\u00e9e, comme les diff\u00e9rentes cellules que l&#8217;on trouve dans l&#8217;ut\u00e9rus. Les processus malins se pr\u00e9sentent souvent sous la forme d&#8217;une symptomatologie commune de saignement vaginal.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans cet article de synth\u00e8se, nous souhaitons aborder les diff\u00e9rentes tumeurs ut\u00e9rines et donner une vue d&#8217;ensemble avec un aper\u00e7u des possibilit\u00e9s de traitement.<\/p>\n\n<h2 id=\"cancer-de-lendometre\" class=\"wp-block-heading\">Cancer de l&#8217;endom\u00e8tre<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre est l&#8217;une des tumeurs gyn\u00e9cologiques les plus fr\u00e9quentes apr\u00e8s le cancer du sein, avec l&#8217;enregistrement de 4634 cas dans le registre na-tional des cancers en Suisse entre 2013 et 2017. Dans un peu plus de 75% des cas, le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre est diagnostiqu\u00e9 en post-m\u00e9nopause, apr\u00e8s des saignements post-m\u00e9nopausiques fr\u00e9quents. Le facteur de risque du cancer de l&#8217;endom\u00e8tre hormono-d\u00e9pendant (type I) est l&#8217;exc\u00e8s d&#8217;\u0153strog\u00e8nes. Cela se traduit par un risque accru en cas de traitement par \u0153strog\u00e8nes seuls en post-m\u00e9nopause (tibolone, tamoxif\u00e8ne, selon la dur\u00e9e d&#8217;utilisation, \u00e9galement traitement combin\u00e9 avec un progestatif, th\u00e9rapies de stimulation ovarienne) [1]. Une m\u00e9narche pr\u00e9coce et une m\u00e9nopause tardive peuvent \u00e9galement favoriser le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre, tout comme l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9, un m\u00e9tabolisme du glucose perturb\u00e9 et la pr\u00e9sence d&#8217;un syndrome des ovaires polykystiques (SOPK). En cas d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents familiaux positifs avec apparition d&#8217;un cancer de l&#8217;endom\u00e8tre chez des parents du 1er degr\u00e9, le risque de d\u00e9velopper la maladie avant l&#8217;\u00e2ge de 70 ans est de 3,5%, contre 3,1% dans la population normale [2]. Heureusement, le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre est souvent symptomatique \u00e0 un stade pr\u00e9coce en termes de saignements post-m\u00e9nopausiques, ce qui explique dans une certaine mesure le bon pronostic avec une probabilit\u00e9 de survie \u00e0 5 ans de 80%. Chez les patientes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es pr\u00e9sentant des saignements ut\u00e9rins anormaux, le risque d&#8217;hyperplasie avec atypies ou de carcinome est inf\u00e9rieur \u00e0 1,5%. Toutefois, apr\u00e8s une tentative infructueuse de traitement conservateur, il convient ici aussi de proc\u00e9der g\u00e9n\u00e9reusement \u00e0 une biopsie par pipelle ou \u00e0 une hyst\u00e9roscopie et \u00e0 un curetage pour examen histologique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le gold standard du diagnostic reste l&#8217;hyst\u00e9roscopie avec curetage, qui doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e en cas de saignement post-m\u00e9nopausique avec un endom\u00e8tre \u22653 mm. Les conditions ut\u00e9rines locales doivent \u00eatre examin\u00e9es par \u00e9chographie transvaginale. Si les r\u00e9sultats ne sont pas clairs, un examen IRM du pelvis peut apporter des \u00e9claircissements. Une imagerie suppl\u00e9mentaire par tomodensitom\u00e9trie est indiqu\u00e9e dans les stades avanc\u00e9s ou en cas d&#8217;histologie agressive pour \u00e9valuer les conditions extra-ut\u00e9rines.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre est classiquement divis\u00e9 en deux types. Le type I, l&#8217;ad\u00e9nocarcinome endom\u00e9trio\u00efde, est hormonosensible, tandis que le type II est hormono-ind\u00e9pendant. Le groupe des carcinomes de type II se compose de carcinomes s\u00e9reux ou \u00e0 cellules claires plus agressifs et de carcinosarcomes et concerne une population plus \u00e2g\u00e9e. L&#8217;analyse mol\u00e9culaire du groupe TCGA <em>(The Cancer Genome Atlas-Project)<\/em> a permis de diviser le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre en quatre groupes mol\u00e9culaires qui peuvent fournir une meilleure pr\u00e9diction du pronostic et, \u00e0 l&#8217;avenir, un traitement adapt\u00e9. Dans l&#8217;\u00e9dition 2020 de Pathologie de l&#8217;OMS, les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre sont d\u00e9sormais class\u00e9s en POLE, MMRd <em>(Mismatch Repair deficient),<\/em> p53mut et NSMP <em>(Non-specific Molecular Profile)<\/em>. Le pronostic est tr\u00e8s favorable pour le mutant POLE, suivi du type instable microsatellite MMRd ; les carcinomes p53mut ont un pronostic significativement moins bon et se comportent de mani\u00e8re similaire au carcinome s\u00e9reux de l&#8217;ovaire [3,4].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La classification des risques ESMO-ESGO-ESTRO a int\u00e9gr\u00e9 les marqueurs mol\u00e9culaires dans sa derni\u00e8re \u00e9dition 2021, de sorte que ces marqueurs sont d\u00e9sormais inclus dans la clinique<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\"> (tableau 1)<\/span> [5]. Dans les tumeurs avanc\u00e9es, les marqueurs mol\u00e9culaires, en particulier le MMRd, permettent de nouvelles options th\u00e9rapeutiques par le biais d&#8217;inhibiteurs de points de contr\u00f4le.<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"805\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-16701\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6-800x585.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6-120x88.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6-320x234.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/tab1_oh3_s6-560x410.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le traitement chirurgical doit aujourd&#8217;hui \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 par hyst\u00e9rectomie laparoscopique avec annexectomie bilat\u00e9rale. Chez les patientes pr\u00e9m\u00e9nopaus\u00e9es, les annexes peuvent \u00eatre laiss\u00e9es en place aux stades pr\u00e9coces, apr\u00e8s information sur les risques et en l&#8217;absence de mutation BRCA et de syndrome de Lynch. Le staging est effectu\u00e9 de mani\u00e8re chirurgicale. Celui-ci peut inclure une coupe rapide pour \u00e9valuer l&#8217;\u00e9paisseur de l&#8217;infiltration. La d\u00e9cision de proc\u00e9der \u00e0 une lymphonectomie pelvienne et para-aortique ainsi qu&#8217;\u00e0 une omentectomie d\u00e9pend du groupe de risque (interm\u00e9diaire-haut et haut risque) et du stade (pT1b, G3, type II, L1). La lymphonectomie doit toujours comprendre une lymphonectomie pelvienne et paraaortique, conform\u00e9ment au flux lymphatique de l&#8217;ut\u00e9rus. Les ganglions lymphatiques macroscopiquement visibles doivent \u00e9galement \u00eatre retir\u00e9s dans le cas des cancers de type I \u00e0 un stade pr\u00e9coce.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le concept d&#8217;excision du ganglion sentinelle a fait l&#8217;objet de nombreuses \u00e9tudes. Le vert d&#8217;indocyanine est appliqu\u00e9 au niveau cervical ou p\u00e9ritumoral et peut \u00eatre visualis\u00e9 en perop\u00e9ratoire par une technique d&#8217;imagerie proche infrarouge <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(Fig. 1).<\/span> Cette technique n&#8217;entra\u00eene pas d&#8217;augmentation de la morbidit\u00e9 et le taux de d\u00e9tection est sup\u00e9rieur \u00e0 90%, avec un taux de faux positifs de 5%. L&#8217;\u00e9chographie par examen immunohistochimique des ganglions sentinelles n\u00e9gatifs peut apporter un b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire par la mise en \u00e9vidence de microm\u00e9tastases [6\u20138]. Dans les situations \u00e0 haut risque, l&#8217;excision du ganglion sentinelle reste toutefois indiqu\u00e9e uniquement dans le cadre d&#8217;\u00e9tudes.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Un traitement de pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 n&#8217;est envisageable qu&#8217;au stade IA, apr\u00e8s exclusion d&#8217;une infiltration myom\u00e9triale. Apr\u00e8s information explicite, un traitement progestatif (minipilule ou DIU progestatif) est administr\u00e9 pendant six mois, suivi d&#8217;une tentative d&#8217;avoir un enfant. D\u00e8s que celui-ci est rempli, un staging chirurgical doit \u00eatre effectu\u00e9.<\/p>\n\n<h2 id=\"\" class=\"wp-block-heading\">\u00a0<\/h2>\n\n<h2 id=\"-2\" class=\"wp-block-heading\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-16702 lazyload\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/847;height: 462px; width: 600px;\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12.png\" alt=\"\" width=\"1100\" height=\"847\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12-800x616.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12-120x92.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12-90x68.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12-320x246.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/06\/abb1_oh3_s12-560x431.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n\n<h2 id=\"-3\" class=\"wp-block-heading\">\u00a0<\/h2>\n\n<h2 id=\"sarcome-uterin\" class=\"wp-block-heading\">Sarcome ut\u00e9rin<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les sarcomes sont beaucoup moins fr\u00e9quents que les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre, avec une incidence de 1,5-3\/100 000, et une mortalit\u00e9 significativement plus \u00e9lev\u00e9e. Le taux de survie \u00e0 5 ans est inf\u00e9rieur \u00e0 50%. Les sarcomes peuvent prendre naissance dans le myom\u00e8tre, le tissu conjonctif ut\u00e9rin ou le stroma endom\u00e9trial. L&#8217;OMS distingue le l\u00e9iomyosarcome (60-70%), le sarcome du stroma endom\u00e9trial de bas ou haut grade (10% chacun), le sarcome ut\u00e9rin indiff\u00e9renci\u00e9 (10%), l&#8217;ad\u00e9nosarcome et la variante maligne du PECome<em> (tumeur \u00e9pith\u00e9lio\u00efde p\u00e9rivasculaire) <\/em>(tous deux beaucoup plus rares). Les facteurs de risque sont une ascendance africaine, la prise de tamoxif\u00e8ne et une mutation germinale du g\u00e8ne TP53, \u00e9galement appel\u00e9e <em>syndrome de Li-Fraumeni<\/em>.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cliniquement, les sarcomes se pr\u00e9sentent souvent avec des saignements vaginaux, mais un ut\u00e9rus \u00e0 croissance rapide peut \u00e9galement \u00eatre un signe de la pr\u00e9sence d&#8217;un sarcome. L&#8217;hyst\u00e9roscopie, ainsi que des techniques d&#8217;imagerie plus pouss\u00e9es comme l&#8217;IRM, peuvent donner des indications sur la pr\u00e9sence d&#8217;un sarcome, mais ne permettent pas de l&#8217;exclure. Souvent, les sarcomes sont d\u00e9couverts de mani\u00e8re fortuite lors de myomectomies ou d&#8217;hyst\u00e9rectomies, qui comportent un risque de distribution de cellules malignes, ce qui aggrave le pronostic. Une information pr\u00e9alable \u00e0 toute op\u00e9ration est aujourd&#8217;hui la norme. En cas de suspicion clinique, la technique chirurgicale doit \u00eatre adapt\u00e9e en cons\u00e9quence.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le traitement du l\u00e9iomyosarcome implique une hyst\u00e9rectomie totale. Une annexectomie et une lymphonectomie pelvienne et paraaortique syst\u00e9matique ne sont pas indiqu\u00e9es en premier lieu en cas de faible pr\u00e9sence de m\u00e9tastases dans cette r\u00e9gion, sauf si des anomalies perop\u00e9ratoires sont observ\u00e9es [9]. Il n&#8217;existe toujours pas de preuves suffisantes pour un traitement adjuvant apr\u00e8s une r\u00e9section R0. Une chimioth\u00e9rapie adjuvante \u00e0 la doxorubicine ou une combinaison de gemcitabine et de doc\u00e9taxel sont des options individuelles sans recommandations claires. Une radioth\u00e9rapie adjuvante doit \u00eatre discut\u00e9e en cas de r\u00e9section chirurgicale incompl\u00e8te. Dans les situations m\u00e9tastatiques primaires, la doxorubicine est utilis\u00e9e. L&#8217;administration d&#8217;inhibiteurs de l&#8217;aromatase peut prolonger la survie sans progression apr\u00e8s confirmation de l&#8217;expression des r\u00e9cepteurs hormonaux.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le cas du stromasarcome endom\u00e9trial de bas grade, le pronostic est bon, avec un taux de survie \u00e0 5 ans de 80 \u00e0 90%. En cas de statut positif des r\u00e9cepteurs hormonaux, celle-ci peut \u00eatre am\u00e9lior\u00e9e par une annexectomie bilat\u00e9rale ou un traitement endocrinien adjuvant \u00e0 partir du stade III.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le sarcome du stroma endom\u00e9trial de haut grade et les sarcomes ut\u00e9rins indiff\u00e9renci\u00e9s ont un mauvais pronostic, avec une survie globale m\u00e9diane de 1 \u00e0 3 ans. Il existe des recommandations th\u00e9rapeutiques claires pour l&#8217;hyst\u00e9rectomie totale avec annexectomie bilat\u00e9rale. Une radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e est recommand\u00e9e aux stades I et II. Il n&#8217;existe pas de donn\u00e9es suffisantes sur la chimioth\u00e9rapie ou la th\u00e9rapie endocrinienne.<\/p>\n\n<h2 id=\"cancer-du-col-de-luterus\" class=\"wp-block-heading\">Cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En Suisse, on compte environ 250 nouveaux cas de cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus par an. Gr\u00e2ce au d\u00e9pistage et, \u00e0 l&#8217;avenir, \u00e0 la vaccination contre le HPV, nous nous attendons \u00e0 une nouvelle baisse de ces chiffres. Malheureusement, le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus repr\u00e9sente encore environ 1% de tous les d\u00e9c\u00e8s par cancer. Le stade de la tumeur selon la FIGO au moment du diagnostic a une grande influence sur la survie globale \u00e0 5 ans. Celui-ci est de 21% au stade IV, et de 95% au stade I. Les facteurs de risque incluent la persistance d&#8217;une infection \u00e0 HPV \u00e0 haut risque avec d&#8217;\u00e9ventuelles dysplasies cervicales, ainsi qu&#8217;une immunosuppression, l&#8217;abus de nicotine, une mauvaise hygi\u00e8ne sexuelle, des changements de partenaires sexuels et la prise prolong\u00e9e de contraceptifs oraux. Cliniquement, cette n\u00e9oplasie se manifeste \u00e9galement souvent par des saignements (post-co\u00eftaux) typiques ou une modification du flux vaginal.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le carcinome \u00e9pidermo\u00efde HPV-d\u00e9pendant repr\u00e9sente jusqu&#8217;\u00e0 80% des cas de carcinome du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Les 20% restants se composent en grande partie de carcinomes ad\u00e9nosquameux et d&#8217;ad\u00e9nocarcinomes. Les sous-types histologiques plus rares sont les formes mixtes, les carcinomes neuroendocrines, s\u00e9reux, papillaires et \u00e0 cellules claires.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le diagnostic est \u00e9tabli apr\u00e8s un frottis cervico-ut\u00e9rin anormal par une confirmation histologique sous la forme d&#8217;une biopsie du col de l&#8217;ut\u00e9rus ou d&#8217;un curetage endocervical. Les conditions locales peuvent \u00eatre \u00e9valu\u00e9es par \u00e9chographie transvaginale, \u00e9chographie r\u00e9nale pour exclure une hydron\u00e9phrose, ainsi que par IRM ou examen sous anesth\u00e9sie par cystoscopie et\/ou rectoscopie. Le PET-CT est utilis\u00e9 en cas de suspicion primaire de m\u00e9tastases \u00e0 distance ou en situation de r\u00e9cidive. Le staging clinique primaire du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus a \u00e9t\u00e9 compl\u00e9t\u00e9 en 2018 dans la classification FIGO actualis\u00e9e par une combinaison de l&#8217;imagerie et de l&#8217;atteinte ganglionnaire [10]. Une atteinte ganglionnaire para-aortique ne peut pas \u00eatre diagnostiqu\u00e9e avec une sensibilit\u00e9 suffisante au moyen du PET-CT, c&#8217;est pourquoi le statut ganglionnaire doit \u00eatre d\u00e9termin\u00e9 en premier lieu de mani\u00e8re chirurgicale dans le cadre d&#8217;une lymphonectomie sentinelle, qui pr\u00e9sente une sensibilit\u00e9 de 91,4% et une sp\u00e9cificit\u00e9 de 100%. En cas de tumeur de stade T1a1 sans invasion lymphovasculaire, d&#8217;ablation compl\u00e8te par conisation et de carcinome micro-invasif, la lymphonectomie sentinelle n&#8217;est pas n\u00e9cessaire. Dans ces cas, une simple conisation ou une hyst\u00e9rectomie peut suffire.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">La chirurgie ou la radiochimioth\u00e9rapie peuvent \u00eatre envisag\u00e9es comme traitement primaire. Jusqu&#8217;\u00e0 un stade tumoral FIGO IIA, une r\u00e9section chirurgicale primaire par hyst\u00e9rectomie radicale ouverte est recommand\u00e9e. L&#8217;indication d&#8217;une ovariectomie d\u00e9pend du type histologique et du statut m\u00e9nopausique.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;\u00e9tude prospective randomis\u00e9e LACC, publi\u00e9e en 2018, a compar\u00e9 le r\u00e9sultat apr\u00e8s une hyst\u00e9rectomie radicale peu invasive \u00e0 celui apr\u00e8s une laparotomie. Pour une taille de tumeur de \u22652 cm, on a constat\u00e9 un moins bon r\u00e9sultat en termes d&#8217;intervalle sans r\u00e9cidive, un taux plus \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidives locor\u00e9gionales et \u00e9galement une survie globale significativement plus faible par rapport \u00e0 l&#8217;hyst\u00e9rectomie radicale ouverte. L&#8217;\u00e9tude n&#8217;a pas permis de d\u00e9terminer si les cellules tumorales \u00e9taient dispers\u00e9es par le manipulateur ut\u00e9rin utilis\u00e9 lors de la laparoscopie ou par l&#8217;<sub>inflation de CO2<\/sub> [11].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">A partir du stade IIB ou en cas d&#8217;atteinte ganglionnaire av\u00e9r\u00e9e apr\u00e8s une lymphonodectomie para-aortique, la radiochimioth\u00e9rapie constitue le traitement standard. Une radioth\u00e9rapie percutan\u00e9e avec administration simultan\u00e9e d&#8217;une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de cisplatine comme radiosensibilisateur est r\u00e9alis\u00e9e avant une curieth\u00e9rapie intravaginale. Les \u00e9tudes sur l&#8217;hyst\u00e9rectomie pratiqu\u00e9e secondairement apr\u00e8s une chimioth\u00e9rapie n\u00e9oadjuvante n&#8217;ont montr\u00e9 aucun avantage.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans des cas s\u00e9lectionn\u00e9s, des radioth\u00e9rapies adjuvantes avec chimioth\u00e9rapie sont recommand\u00e9es apr\u00e8s un traitement chirurgical primaire. Cela vaut pour les r\u00e9sections R1, les infiltrations param\u00e9triques, les m\u00e9tastases ganglionnaires ainsi que pour les facteurs de risque (L1, V1, G3, taille de la tumeur &gt;4 cm). L&#8217;indication d&#8217;une curieth\u00e9rapie vaginale doit \u00eatre discut\u00e9e en cas d&#8217;infiltration vaginale, de grosses tumeurs ainsi qu&#8217;en cas de situation L1 \u00e9tendue. Le traitement palliatif comprend principalement une chimioth\u00e9rapie \u00e0 base de carboplatine et de taxol, associ\u00e9e au bevacizumab. Des inhibiteurs de points de contr\u00f4le peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s dans ce cas.<\/p>\n\n<h2 id=\"conclusion\" class=\"wp-block-heading\">Conclusion<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">En r\u00e9sum\u00e9, les tumeurs ut\u00e9rines englobent des entit\u00e9s tr\u00e8s diff\u00e9rentes et sont donc trait\u00e9es diff\u00e9remment. Un diagnostic pr\u00e9cis pour les classer est essentiel. Les marqueurs mol\u00e9culaires sont de plus en plus importants, \u00e0 la fois pour la classification des risques et pour l&#8217;adaptation des th\u00e9rapies adjuvantes.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Les tumeurs ut\u00e9rines comprennent diverses entit\u00e9s dont la prise en charge diff\u00e8re consid\u00e9rablement. Il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic pr\u00e9cis pour classifier les risques afin de garantir les meilleurs soins possibles.<\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;importance clinique des marqueurs mol\u00e9culaires augmente de plus en plus, ceux-ci font partie depuis cette ann\u00e9e de la classification des risques ESMO-ESGO-ESTRO du cancer de l&#8217;endom\u00e8tre. Les marqueurs mol\u00e9culaires permettent non seulement une \u00e9valuation plus pr\u00e9cise du pronostic, mais aussi l&#8217;utilisation cibl\u00e9e de traitements innovants tels que les inhibiteurs de points de contr\u00f4le, en particulier pour les tumeurs avanc\u00e9es.<\/li>\n\n\n\n<li>Le cancer de l&#8217;endom\u00e8tre est l&#8217;une des tumeurs malignes gyn\u00e9cologiques les plus fr\u00e9quentes et est diagnostiqu\u00e9 \u00e0 75% en post-m\u00e9nopause. Il se manifeste g\u00e9n\u00e9ralement par des saignements vaginaux et est favoris\u00e9 par un exc\u00e8s d&#8217;\u0153strog\u00e8nes, notamment en cas de traitement au tamoxif\u00e8ne. En cas de saignement post-m\u00e9nopausique et d&#8217;endom\u00e8tre \u22653 mm, il convient dans tous les cas de r\u00e9aliser une pipelle ou une hyst\u00e9roscopie avec curetage pour confirmation histologique.<\/li>\n\n\n\n<li>Les sarcomes ut\u00e9rins, bien que moins fr\u00e9quents que les cancers de l&#8217;endom\u00e8tre, sont de moins bon pronostic. La prise de tamoxif\u00e8ne fait \u00e9galement partie des facteurs de risque. Les myomectomies et les hyst\u00e9rectomies comportent un risque de distribution de cellules malignes, c&#8217;est pourquoi la technique chirurgicale doit \u00eatre adapt\u00e9e en cons\u00e9quence en cas de suspicion clinique.<\/li>\n\n\n\n<li>Le pronostic du cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus varie consid\u00e9rablement en fonction du stade de la tumeur.<\/li>\n\n\n\n<li>Dans les stades pr\u00e9coces jusqu&#8217;\u00e0 FIGO IIA, l&#8217;hyst\u00e9rectomie radicale ouverte avec ou sans ovariectomie constitue le traitement de premier choix. A partir d&#8217;un stade IIB ou en cas d&#8217;atteinte ganglionnaire av\u00e9r\u00e9e, la radiochimioth\u00e9rapie est utilis\u00e9e en premier lieu. Une hyst\u00e9rectomie pratiqu\u00e9e secondairement n&#8217;apporte aucun avantage.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Allen NE, et al : Menopausal hormone therapy and risk of endometrial carcinoma among postmenopausal women in the European Prospective Investigation Into Cancer and Nutrition. Am J Epidemiol. 2010 ; 172(12) : 1394-1403.<\/li>\n\n\n\n<li>Win AK, Reece JC, Ryan S : Historique familial et risque de cancer de l&#8217;endom\u00e8tre : une revue syst\u00e9matique et une m\u00e9ta-analyse. Obstet Gynecol. 2015 ; 125(1) : 89-98.<\/li>\n\n\n\n<li>Kandoth C, et al. : Paysage mutationnel et importance de 12 types majeurs de cancer. Nature, 2013 ; 502(7471) : 333-339.<\/li>\n\n\n\n<li>Morice P, et al : Cancer de l&#8217;endom\u00e8tre. Lancet . 2016 ; 387(10023) : 1094-1108.<\/li>\n\n\n\n<li>Concin N, et al : ESGO \/ ESTRO \/ ESP guidelines for the management of patients with endometrial carcinoma. Virchows Arch. 2021 ; 478(2) : 153-190.<\/li>\n\n\n\n<li>Rossi EC, et al : A comparison of sentinel lymph node biopsy to lymphadenectomy for endometrial cancer staging (FIRES trial) : a multicentre, prospective, cohort study. Lancet Oncol. 2017 ; 18(3) : 384-92.<\/li>\n\n\n\n<li>Papadia A, et al : Laparoscopic Indocyanine Green Sentinel Lymph Node Mapping in Endometrial Cancer. Ann Surg Oncol. 2016 ; 23(7) : 2206-2211.<\/li>\n\n\n\n<li>Imboden S, et al : Oncological safety and perioperative morbidity in low-risk endometrial cancer with sentinel lymph-node dissection. Eur J Surg Oncol. 2019 ; 45(9) : 1638-1643.<\/li>\n\n\n\n<li>Kapp DS, Shin JY, Chan JK : Facteurs pronostiques et survie chez 1396 patients atteints de l\u00e9iomyosarcomes ut\u00e9rins : accent sur l&#8217;impact de la lymphad\u00e9nectomie et de l&#8217;oophorectomie. Cancer. 2008 ; 112(4) : 820-830.<\/li>\n\n\n\n<li>Bhatla N, et al : R\u00e9vision de la classification FIGO pour le carcinome du col de l&#8217;ut\u00e9rus. Int J Gynecol Obstet. 2019 ; 145(1) : 129-135.<\/li>\n\n\n\n<li>Ramirez PT, et al : Hyst\u00e9rectomie radicale mini-invasive versus abdominale pour le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus. N Engl J Med 2018 ; 379(20) : 1895-1904.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2021 ; 9(3) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cancer de l&#8217;endom\u00e8tre, sarcomes ut\u00e9rins, cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus &#8211; les tumeurs ut\u00e9rines sont aussi vari\u00e9es que les diff\u00e9rentes cellules que l&#8217;on trouve dans l&#8217;ut\u00e9rus. En cons\u00e9quence, la gestion&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":109029,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Tumeurs ut\u00e9rines","footnotes":""},"category":[11399,11527,11531,22616,11422,11389,11549],"tags":[20125,15123,11999,20128],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-328661","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-chirurgie-fr","category-etudes","category-formation-continue","category-formation-continue-cme","category-gynecologie","category-oncologie","category-rx-fr","tag-cancer-de-lendometre","tag-cancer-du-col-de-luterus-fr","tag-formation-continue-cme","tag-sarcomes-uterins","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-26 22:22:05","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":328671,"slug":"stato-dellarte","post_title":"Stato dell'arte","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/stato-dellarte\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":328673,"slug":"estado-da-arte","post_title":"Estado da arte","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/estado-da-arte\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":328675,"slug":"estado-de-la-tecnica","post_title":"Estado de la t\u00e9cnica","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/estado-de-la-tecnica\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328661","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=328661"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328661\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":328670,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/328661\/revisions\/328670"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=328661"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=328661"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=328661"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=328661"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}