{"id":328981,"date":"2021-05-20T01:00:00","date_gmt":"2021-05-19T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/therapie-dans-la-pratique-clinique-quotidienne-a-laide-des-developpements-actuels\/"},"modified":"2023-01-12T13:47:02","modified_gmt":"2023-01-12T12:47:02","slug":"therapie-dans-la-pratique-clinique-quotidienne-a-laide-des-developpements-actuels","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/therapie-dans-la-pratique-clinique-quotidienne-a-laide-des-developpements-actuels\/","title":{"rendered":"Th\u00e9rapie dans la pratique clinique quotidienne \u00e0 l&#8217;aide des d\u00e9veloppements actuels"},"content":{"rendered":"\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><strong>Les lymphomes sont responsables de 3,8% de tous les nouveaux diagnostics de cancer. Selon la classification actuelle de l&#8217;OMS, il existe plus de 75 entit\u00e9s lymphatiques diff\u00e9rentes, qui sont trait\u00e9es diff\u00e9remment. Le traitement du lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B (DLBCL), du lymphome p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 cellules T et du lymphome hodgkinien classique a beaucoup \u00e9volu\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Selon les anciennes classifications, les lymphomes sont traditionnellement divis\u00e9s en lymphomes hodgkiniens et non hodgkiniens. Cette classification est encore utilis\u00e9e dans certaines statistiques et sert de base au recensement national de l&#8217;incidence (www.nkrs.ch\/de\/stat). Selon cette collecte de donn\u00e9es, pr\u00e8s de 1600 patients par an en Suisse sont atteints d&#8217;un lymphome non hodgkinien et environ 250 d&#8217;un lymphome hodgkinien. Les lymphomes sont responsables de 3,8% de tous les nouveaux diagnostics de cancer. La mortalit\u00e9 annuelle est d&#8217;un peu plus de 500 d\u00e9c\u00e8s. Les lymphomes repr\u00e9sentent donc 3,2% de tous les d\u00e9c\u00e8s par cancer.<\/p>\n\n<h2 id=\"classification-actuelle-de-loms-et-presentation-clinique\" class=\"wp-block-heading\">Classification actuelle de l&#8217;OMS et pr\u00e9sentation clinique<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">L&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) a d\u00e9j\u00e0 \u00e9tabli plusieurs classifications des lymphomes et a de plus en plus remplac\u00e9 le terme de lymphome non hodgkinien par une d\u00e9nomination claire et un sous-typage des diff\u00e9rentes entit\u00e9s. La classification de 2016, actuellement en vigueur, comprend plus de 75 entit\u00e9s lymphatiques [1]. Elle s&#8217;oriente sur les diff\u00e9rentes morphologies, la pr\u00e9sentation clinique et, de plus en plus, sur les aspects mol\u00e9culaires ou g\u00e9n\u00e9tiques.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Cette classification est \u00e0 mon avis tr\u00e8s importante, car tant le diagnostic, le pronostic que le traitement diff\u00e8rent parfois fondamentalement. Les termes <em>indolent<\/em> et <em>agressif<\/em> doivent aujourd&#8217;hui \u00eatre utilis\u00e9s en premier lieu en fonction du comportement de croissance du lymphome concern\u00e9. Environ 50% des lymphomes sont des lymphomes \u00e0 croissance lente et sont donc consid\u00e9r\u00e9s comme <em>indolents<\/em>. Les 50% restants concernent des lymphomes \u00e0 croissance rapide et donc plut\u00f4t agressifs dans leur \u00e9volution. Dans la pr\u00e9sente compilation, j&#8217;aimerais aborder bri\u00e8vement le traitement de certains lymphomes agressifs.<\/p>\n\n<h2 id=\"traitement-du-lymphome-diffus-a-grandes-cellules-b-dlbcl\" class=\"wp-block-heading\">Traitement du lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B (DLBCL)<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les DLBCL repr\u00e9sentent 25 \u00e0 30% de tous les lymphomes, ce qui en fait l&#8217;entit\u00e9 lymphomateuse la plus fr\u00e9quente. Ils font partie des lymphomes \u00e0 cellules B agressifs. Dans la plupart des cas, l&#8217;objectif du traitement devrait \u00eatre le contr\u00f4le \u00e0 long terme de la maladie ou la gu\u00e9rison. Cela n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement obtenu qu&#8217;au moyen d&#8217;une immunochimioth\u00e9rapie intensive, qui repose sur l&#8217;association d&#8217;un anticorps sp\u00e9cifique du CD20 et d&#8217;une polychimioth\u00e9rapie. Un r\u00e9gime de type CHOP ou CHOP-like est typiquement utilis\u00e9. En ce qui concerne les pr\u00e9visions, il existe d\u00e9sormais diff\u00e9rents syst\u00e8mes d&#8217;\u00e9valuation. La stratification du risque la plus longtemps utilis\u00e9e, et qui reste en grande partie valable, repose sur l&#8217;<em>&#8220;indice pronostique international (IPI)&#8221;<\/em> <span style=\"font-family: franklin gothic demi;\">(tableau 1)<\/span> [2]. Pour les patients de moins de 60 ans, on utilise souvent l&#8217;<em>indice pronostique international<\/em> adapt\u00e9, appel\u00e9 <em>&#8220;age-adjusted International Prognostic Index (aaIPI)&#8221;<\/em>. Sur la base de cette classification, les patients atteints de DLBCL peuvent \u00eatre r\u00e9partis en quatre groupes. Alors que les personnes de plus de 60 ans ne font pas l&#8217;objet d&#8217;un sous-typage suppl\u00e9mentaire, il existe trois groupes chez les personnes de moins de 60 ans : Les patients pr\u00e9coces avec un pronostic favorable (aaIPI 0), les patients plus jeunes avec un pronostic d\u00e9favorable (aaIPI 1 et\/ou Bulk) et un troisi\u00e8me groupe de patients dits \u00e0 haut risque (aaIPI <span style=\"font-family: times;\">\u22652<\/span>).<\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"1100\" height=\"519\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-16153\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1-800x377.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1-120x57.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1-90x42.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1-320x151.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/tab1_oh2_s11_1-560x264.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/figure>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Pour le traitement des patients \u00e2g\u00e9s (&gt;60 ans), six cycles de rituximab + CHOP sont souvent utilis\u00e9s, principalement \u00e0 des intervalles de 21 jours et rarement tous les 14 jours. La sup\u00e9riorit\u00e9 d&#8217;un r\u00e9gime de 14 jours constat\u00e9e par le groupe d&#8217;\u00e9tude allemand DSHNL [3] n&#8217;a pu \u00eatre confirm\u00e9e ni par le groupe d&#8217;\u00e9tude anglais [4], ni par le groupe d&#8217;\u00e9tude fran\u00e7ais [5], bien qu&#8217;il n&#8217;y ait pas de comparaison directe entre les \u00e9tudes. L&#8217;avantage de huit cycles de R-CHOP par rapport \u00e0 six cycles dans le r\u00e9gime de 21 jours n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 test\u00e9 de mani\u00e8re randomis\u00e9e. Cependant, les analyses r\u00e9trospectives de l&#8217;\u00e9tude randomis\u00e9e de phase III GOYA [6], dans laquelle les centres avaient le choix entre six et huit cycles, n&#8217;ont pas montr\u00e9 de diff\u00e9rence en termes d&#8217;efficacit\u00e9. Ainsi, six cycles de R-CHOP tous les 21 jours sont souvent consid\u00e9r\u00e9s comme la norme. De m\u00eame, l&#8217;administration suppl\u00e9mentaire de deux fois l&#8217;immunoth\u00e9rapie en tant que septi\u00e8me et huiti\u00e8me cycle de traitement sous la forme de deux autres administrations de rituximab dans le cadre du <em>&#8220;sch\u00e9ma 6 + 2&#8221;<\/em> ne s&#8217;est pas r\u00e9v\u00e9l\u00e9e sup\u00e9rieure dans l&#8217;\u00e9tude PETAL [7].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Chez les jeunes patients de moins de 60 ans, en l&#8217;absence de facteurs de risque et avec un pronostic favorable (aaIPI 0, pas de bulk), l&#8217;\u00e9tude FLYER r\u00e9cemment publi\u00e9e [8] a montr\u00e9 que quatre cycles de R-CHOP-21 permettaient d&#8217;obtenir une excellente survie sans progression (PFS) et une excellente survie globale (OS). Cela permet d&#8217;obtenir une r\u00e9duction de la dose et une diminution significative de la morbidit\u00e9 li\u00e9e au traitement, avec des taux de gu\u00e9rison \u00e9lev\u00e9s (PFS \u00e0 3 ans 96% vs. 93%). Pour le deuxi\u00e8me groupe de personnes de moins de 60 ans avec aaIPI 1 et\/ou bulk, six cycles de R-CHOP-21 avec radioth\u00e9rapie de consolidation du bulk initial sont consid\u00e9r\u00e9s comme la norme. Dans l&#8217;\u00e9tude MINT du DSHNHL [9], la survie sans \u00e9v\u00e9nement \u00e0 6 ans (EFS) sous ce traitement \u00e9tait de 71%. Le groupe d&#8217;\u00e9tude fran\u00e7ais GELA\/LYSA a montr\u00e9 pour ce collectif une sup\u00e9riorit\u00e9 du sch\u00e9ma R-ACVBP [10] par rapport au R-CHOP-21. Ce r\u00e9sultat doit toutefois \u00eatre remis en question, car contrairement \u00e0 l&#8217;\u00e9tude DSHNHL, aucune radioth\u00e9rapie n&#8217;a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les patients plus jeunes \u00e0 haut risque (aaIPI \u2265 2) continuent malheureusement \u00e0 pr\u00e9senter un risque de r\u00e9cidive plus \u00e9lev\u00e9 et donc des chances de gu\u00e9rison plus faibles. Le traitement optimal pour ce groupe de patients n&#8217;est pas d\u00e9fini de mani\u00e8re uniforme. Certains groupes d&#8217;\u00e9tude utilisent le sch\u00e9ma R-CHOP-21 d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 [4]. D&#8217;autres centres d&#8217;\u00e9tude, comme certains centres am\u00e9ricains et europ\u00e9ens, effectuent a priori une th\u00e9rapie de consolidation \u00e0 haute dose avec autogreffe de cellules souches dans la premi\u00e8re ligne de traitement. Le DSHNHL a test\u00e9 huit cycles de R-CHOEP-14 contre un concept de triple greffe dans le cadre de l&#8217;\u00e9tude MEGA-CHOEP [11]. Une sup\u00e9riorit\u00e9 (EFS \u00e0 3 ans 69,5% vs 61,4%) du bras 8 x R-CHOEP-14 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e. Dans la zone d&#8217;application am\u00e9ricaine, le r\u00e9gime R-DA-EPOCH est souvent utilis\u00e9 \u00e0 la place du r\u00e9gime R-CHOEP. En g\u00e9n\u00e9ral, la plupart des centres favorisent un r\u00e9gime de traitement plus intensif en termes de dose qu&#8217;un sch\u00e9ma R-CHOP standard.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le traitement des jeunes patients \u00e0 haut risque, en particulier, montre que le traitement de premi\u00e8re ligne du DLBCL est d\u00e9terminant pour le pronostic. En cas de rechute de la maladie dans les 12 \u00e0 18 mois, le pronostic est souvent d\u00e9favorable et seuls quelques patients peuvent encore obtenir des r\u00e9missions \u00e0 long terme. Toutefois, si les patients n&#8217;ont pas eu de r\u00e9cidive dans les 18 \u00e0 24 mois suivant la fin du traitement, les contr\u00f4les \u00e0 long terme de la maladie sont nettement plus fr\u00e9quents, avec des taux de gu\u00e9rison \u00e9lev\u00e9s. Cela montre qu&#8217;une approche aussi curative que possible devrait \u00eatre adopt\u00e9e dans le cadre du traitement de premi\u00e8re ligne. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, la biologie mol\u00e9culaire nous a permis de mieux comprendre les m\u00e9canismes pathologiques sous-jacents \u00e0 la maladie et plusieurs \u00e9tudes ont \u00e9tudi\u00e9 la valeur th\u00e9rapeutique de diff\u00e9rents inhibiteurs de signal, en se basant sur le r\u00e9gime R-CHOP d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9 et \u00e9tabli. Ainsi, le bortezomib, un inhibiteur de prot\u00e9ase, a notamment \u00e9t\u00e9 test\u00e9 en Suisse [12]. Malheureusement, aucun avantage th\u00e9rapeutique n&#8217;a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 dans la population globale. L&#8217;ajout de l&#8217;immunomodulateur l\u00e9nalidomide au R-CHOP n&#8217;a pas non plus montr\u00e9 d&#8217;avantage significatif dans l&#8217;\u00e9tude prospective randomis\u00e9e ROBUST [13]. Des \u00e9tudes sont en cours sur l&#8217;utilisation d&#8217;inhibiteurs de BTK (par exemple, l&#8217;ibrutinib) [14], ainsi que d&#8217;inhibiteurs de BCL2 (venetoclax) [15]. Les premi\u00e8res \u00e9tudes de phase II ou les analyses de sous-groupes ont sugg\u00e9r\u00e9 certains avantages pour ces deux derni\u00e8res substances. Cependant, il n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 que ces agents pr\u00e9sentent une sup\u00e9riorit\u00e9 significative par rapport au standard actuel et, par cons\u00e9quent, ni les inhibiteurs de BTK, ni les inhibiteurs de BCL2 ne font actuellement l&#8217;objet de notre routine quotidienne. Un nouveau concept th\u00e9rapeutique s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 efficace en cas de r\u00e9cidive, c&#8217;est-\u00e0-dire chez les patients \u00e2g\u00e9s apr\u00e8s deux traitements ant\u00e9rieurs et chez les patients plus jeunes en r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale apr\u00e8s deux traitements ant\u00e9rieurs, y compris la chimioth\u00e9rapie. Th\u00e9rapie \u00e0 haute dose avec remplacement de cellules souches autologues, \u00e9tablir la technologie CAR T-cell [16]. Celle-ci est disponible en Suisse dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/p>\n\n<h2 id=\"traitement-des-lymphomes-peripheriques-agressifs-a-cellules-t-ptcl\" class=\"wp-block-heading\">Traitement des lymphomes p\u00e9riph\u00e9riques agressifs \u00e0 cellules T (PTCL)<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les lymphomes \u00e0 cellules T repr\u00e9sentent environ 10% de tous les nouveaux cas de lymphomes dans le monde occidental. La classification histopathologique et mol\u00e9culaire des diff\u00e9rentes entit\u00e9s du lymphome \u00e0 cellules T est complexe et, malheureusement, en raison de la raret\u00e9 de la maladie, les donn\u00e9es disponibles dans les grandes \u00e9tudes randomis\u00e9es sont souvent tr\u00e8s limit\u00e9es. Le pronostic des lymphomes \u00e0 cellules T agressifs est g\u00e9n\u00e9ralement moins favorable que celui des lymphomes \u00e0 cellules B agressifs. Seul le lymphome <em>p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 cellules T dit &#8220;ALK+ (PTCL)&#8221;<\/em> est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme ayant un pronostic plus favorable. Les autres sous-types de PTCL pr\u00e9sentent g\u00e9n\u00e9ralement une \u00e9volution rapide de la maladie avec une r\u00e9ponse au traitement souvent de courte dur\u00e9e. La d\u00e9tection de l&#8217;antig\u00e8ne CD30 sur les cellules du lymphome est importante pour le traitement de la PTCL. Lorsqu&#8217;il est exprim\u00e9, l&#8217;\u00e9tude ECHELON-2 montre qu&#8217;une am\u00e9lioration significative de la PFS \u00e0 3 ans (57% vs 44%) et de l&#8217;OS peut \u00eatre obtenue en combinant le brentuximab vedotin en tant qu&#8217;immunoconjugu\u00e9 et la chimioth\u00e9rapie CHP [17]. L&#8217;\u00e9tude a compar\u00e9 ce traitement avec le r\u00e9gime standard courant CHOP. Les centres d&#8217;\u00e9tude ont \u00e9t\u00e9 libres d&#8217;appliquer le traitement pendant six ou huit cycles. Le brentuximab vedotin, comme la vincristine, un alcalo\u00efde de la vinca, poss\u00e8de une neurotoxicit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e, de sorte que dans le bras exp\u00e9rimental, l&#8217;ajout du brentuximab vedotin a n\u00e9cessit\u00e9 l&#8217;arr\u00eat de la vincristine. La chimioth\u00e9rapie a donc \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite de CHOP \u00e0 CHP. Comme nous l&#8217;avons d\u00e9j\u00e0 mentionn\u00e9, outre le b\u00e9n\u00e9fice en termes de PFS, un b\u00e9n\u00e9fice en termes d&#8217;OS a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 observ\u00e9. En cons\u00e9quence, ce traitement est actuellement consid\u00e9r\u00e9 comme le gold standard pour les PTCL CD30-positifs en premi\u00e8re ligne. Malheureusement, d&#8217;autres substances th\u00e9rapeutiques telles que les inhibiteurs HDAC, les immunoconjugu\u00e9s, les anti-m\u00e9tabolites et les chimioth\u00e9rapies classiques ont une dur\u00e9e d&#8217;action tr\u00e8s limit\u00e9e dans le PTCL. C&#8217;est pourquoi, apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec de traitements lourds, il ne reste souvent que des options palliatives \u00e0 l&#8217;efficacit\u00e9 limit\u00e9e.<\/p>\n\n<h2 id=\"traitement-du-lymphome-de-hodgkin-classique-lhc\" class=\"wp-block-heading\">Traitement du lymphome de Hodgkin classique (LHC)<\/h2>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Dans le traitement du lymphome hodgkinien classique, de nombreux coll\u00e8gues suivent les directives du groupe d&#8217;\u00e9tude allemand sur le lymphome hodgkinien (GHSG). Selon la stratification du GHSG, les patients atteints de LHC sont class\u00e9s en trois groupes de risque. La derni\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration d&#8217;\u00e9tudes achev\u00e9es et publi\u00e9es comprend les \u00e9tudes HD16-HD18 sur le traitement des patients \u00e0 un stade pr\u00e9coce (HD16), interm\u00e9diaire (HD17) et avanc\u00e9 (HD18). L&#8217;\u00e9tude HD16 a \u00e9valu\u00e9 la possibilit\u00e9 de renoncer \u00e0 la radioth\u00e9rapie de consolidation en cas de TEP n\u00e9gative apr\u00e8s deux cycles d&#8217;ABVD (dite <em>&#8220;TEP2 n\u00e9gative&#8221;)<\/em>. Selon les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude, la radioth\u00e9rapie ne devrait pas \u00eatre supprim\u00e9e, car la PFS \u00e0 5 ans passe de 93,4% avec radioth\u00e9rapie \u00e0 86% sans radioth\u00e9rapie, ce qui signifie qu&#8217;il faut s&#8217;attendre \u00e0 un r\u00e9sultat th\u00e9rapeutique significativement moins bon en cas de suppression de la radioth\u00e9rapie [18].<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Au stade interm\u00e9diaire, une question similaire a \u00e9t\u00e9 abord\u00e9e dans le cadre de l&#8217;\u00e9tude HD17 [19]. Pour les patients concern\u00e9s, la chimioth\u00e9rapie standard comprend deux cycles de BEACOPPPesc (BEACOPPesc), suivis de deux cycles d&#8217;ABVD. Apr\u00e8s ces quatre cycles de traitement, un PET-CT est classiquement r\u00e9alis\u00e9 (appel\u00e9 <em>&#8220;PET4&#8221;)<\/em>. Dans l&#8217;\u00e9tude HD17, la radioth\u00e9rapie habituellement administr\u00e9e a \u00e9t\u00e9 supprim\u00e9e en cas de PET4 n\u00e9gatif. En utilisant ce r\u00e9gime th\u00e9rapeutique, la PFS \u00e0 5 ans a \u00e9t\u00e9 de 97% dans le bras standard (avec radioth\u00e9rapie) et de 95,1% dans le bras exp\u00e9rimental, c&#8217;est-\u00e0-dire en omettant la radioth\u00e9rapie en cas de PET4 n\u00e9gatif. Par cons\u00e9quent, le traitement sans radioth\u00e9rapie n&#8217;\u00e9tait pas inf\u00e9rieur au traitement standard lorsque les r\u00e9sultats de la TEP le permettaient. Selon cette \u00e9tude, il est donc possible de renoncer \u00e0 la radioth\u00e9rapie de consolidation en cas de PET4 n\u00e9gatif apr\u00e8s quatre cycles de chimioth\u00e9rapie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Les donn\u00e9es de l&#8217;\u00e9tude HD18 sur le traitement des stades avanc\u00e9s du LHC ont d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es lors de plusieurs congr\u00e8s [20]. Dans le cadre de l&#8217;\u00e9tude, six cycles de BEACOPPesc ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9finis comme la norme th\u00e9rapeutique du GHSG. Dans le bras exp\u00e9rimental, en cas de TEP2 n\u00e9gative, on a v\u00e9rifi\u00e9 si deux cycles suppl\u00e9mentaires de BEACOPPesc &#8211; soit quatre au total et non six &#8211; \u00e9taient suffisants. L&#8217;\u00e9tude a montr\u00e9 une PFS \u00e0 5 ans de 91,2% dans le bras standard avec six cycles de BEACOPPesc. Dans le bras guid\u00e9 par le PET2, un r\u00e9sultat comparable de 91,8% a \u00e9t\u00e9 obtenu. Ainsi, en cas de PET2 n\u00e9gatif, il est d\u00e9sormais possible de r\u00e9duire la dose \u00e0 un total de quatre cycles. Il s&#8217;agit d&#8217;un progr\u00e8s important, notamment en raison du jeune \u00e2ge fr\u00e9quent des patients atteints de LHC. La r\u00e9duction de la dose permet de lutter contre la morbidit\u00e9 associ\u00e9e au traitement et notamment contre l&#8217;infertilit\u00e9 due \u00e0 la chimioth\u00e9rapie. Il est \u00e0 esp\u00e9rer que la nouvelle norme de traitement r\u00e9duira le nombre de n\u00e9oplasies secondaires au cours de la vie.<\/p>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Le LHC est l&#8217;une des entit\u00e9s pr\u00e9sentant les taux de r\u00e9ponse les plus \u00e9lev\u00e9s au traitement par inhibiteur de PD1. En ce qui concerne les r\u00e9cidives de LHC, je pense que la publication de l&#8217;\u00e9tude KEYNOTE-204 est importante pour la pratique clinique quotidienne [21]. Cette \u00e9tude a test\u00e9 l&#8217;utilisation de l&#8217;inhibiteur PD1 pembrolizumab vs brentuximab vedotin chez des patients atteints de LHC en rechute dans le cadre d&#8217;une comparaison randomis\u00e9e. Dans le cadre de l&#8217;analyse pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 la r\u00e9union annuelle 2020 de l&#8217;ASCO, il a \u00e9t\u00e9 fait \u00e9tat d&#8217;une sup\u00e9riorit\u00e9 du blocage de PD1, avec un taux de r\u00e9ponse plus \u00e9lev\u00e9 (65% contre 54%) et une PFS m\u00e9diane plus longue de 13,2 contre 8,3 mois. De plus, le blocage de PD1 a montr\u00e9 une toxicit\u00e9 nettement plus faible, notamment une neurotoxicit\u00e9, de sorte que, outre l&#8217;efficacit\u00e9, la tol\u00e9rance plaide en faveur d&#8217;une utilisation pr\u00e9coce de l&#8217;immunoth\u00e9rapie dans le traitement des r\u00e9cidives de LHC.<\/p>\n\n<h2 id=\"messages-take-home\" class=\"wp-block-heading\">Messages Take-Home<\/h2>\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Dans le traitement des lymphomes agressifs \u00e0 cellules B, l&#8217;utilisation de l&#8217;immunochimioth\u00e9rapie permet d&#8217;obtenir des taux de gu\u00e9rison \u00e9lev\u00e9s.<\/li>\n\n\n\n<li>Le traitement des lymphomes agressifs \u00e0 cellules B est stratifi\u00e9 en fonction du risque avec 4-6(8) cycles d&#8217;immunochimioth\u00e9rapie (R-CHOP ou R-CHOP-like).<\/li>\n\n\n\n<li>Les lymphomes agressifs \u00e0 cellules T ont g\u00e9n\u00e9ralement un pronostic nettement moins bon que les lymphomes agressifs \u00e0 cellules B. Les lymphomes \u00e0 cellules B sont plus fr\u00e9quents et plus graves.<\/li>\n\n\n\n<li>L&#8217;utilisation de l&#8217;immunotoxine CD30 brentuximab vedotin en combinaison avec la chimioth\u00e9rapie CHP est consid\u00e9r\u00e9e comme la norme dans le PTCL CD30-positif.<\/li>\n\n\n\n<li>Le LHC est trait\u00e9 par chimioth\u00e9rapie ou par chimioth\u00e9rapie et radioth\u00e9rapie en fonction du stade et du risque, et pr\u00e9sente d&#8217;excellents taux de gu\u00e9rison. L&#8217;objectif des nouvelles approches th\u00e9rapeutiques est souvent de r\u00e9duire les doses afin d&#8217;\u00e9viter la morbidit\u00e9 li\u00e9e au traitement tout en conservant des taux de gu\u00e9rison \u00e9lev\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\">Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Swerdlow SH, et al : WHO classification of tumours of haematopoietic and lymphoid tissue. R\u00e9vis\u00e9 4e \u00e9d. Lyon : IARC ; 201.<\/li>\n\n\n\n<li>The International Non-Hodgkin&#8217;s Lymphoma Prognostic Factors Project. Un mod\u00e8le pr\u00e9dictif pour le lymphome non hodgkinien agressif. N Engl J Med 1993 ; 329 : 987-994.<\/li>\n\n\n\n<li>Pfreundschuh M, et al : Six versus eight cycles of bi-weekly CHOP-14 with or without rituximab in elderly patients with aggressive CD20+ B-cell lymphoma : a randomised controlled trial (RICOVER-60). Lancet Oncol 2008 ; 9 : 105-116.<\/li>\n\n\n\n<li>Cunningham D, et al : Rituximab plus cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine, et prednisolone chez les patients atteints de lymphome non hodgkinien diffus \u00e0 grandes cellules B nouvellement diagnostiqu\u00e9 : une comparaison de phase 3 de l&#8217;intensification de la dose avec des cycles de 14 jours versus 21 jours. Lancet 2013 ; 381 : 1817-1826.<\/li>\n\n\n\n<li>Delarue R, et al : Dose-dense rituximab-CHOP compar\u00e9 au rituximab-CHOP standard chez les patients \u00e2g\u00e9s atteints de lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B (the LNH03-6B study) : un essai randomis\u00e9 de phase 3. Lancet Oncol 2013 ; 14 : 525-533.<\/li>\n\n\n\n<li>Sehn LH, et al : A randomized, open-label, phase III study of obinutuzumab or rituximab plus CHOP in patients with previously untreated diffuse large B-cell lymphoma : final analysis of GOYA. J Hematol Oncol. 2020 ; 13(1) : 71-79.<\/li>\n\n\n\n<li>Schmitz C, et al : Impact de la r\u00e9section chirurgicale compl\u00e8te sur le r\u00e9sultat dans le lymphome non hodgkinien agressif trait\u00e9 par immunochimioth\u00e9rapie. Cancer Med 2020 ; 9(22) : 8386-8396.<\/li>\n\n\n\n<li>Poeschel V, et. al. : Quatre versus six cycles de chimioth\u00e9rapie CHOP en combinaison avec six applications de rituximab chez les patients atteints de lymphome agressif \u00e0 cellules B avec un pronostic favorable (FLYER) : un essai randomis\u00e9, phase 3, non-inf\u00e9riorit\u00e9. Lancet.2019 ; 394 (10216) : 2271-2281.<\/li>\n\n\n\n<li>Pfreundschuh M, et al : CHOP-like chemotherapy with or without rituximab in young patients with good-prognosis diffuse large-B-cell lymphoma : 6-year results of an open-label randomised study of the MabThera International Trial (MInT) Group. Lancet Oncol 2011 ; 12 : 1013-1022.<\/li>\n\n\n\n<li>Recher C et al. : Chimioth\u00e9rapie intensive avec ACVBP plus rituximab versus CHOP standard plus rituximab pour le traitement du lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B (LNH03-2B) : An open-label randomised phase 3 trial. Lancet 2011 ; 378 : 1858-1867.<\/li>\n\n\n\n<li>Schmitz N, et al : Chimioth\u00e9rapie conventionnelle (CHOEP-14) avec rituximab ou chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose (MegaCHOEP) avec rituximab pour les jeunes patients \u00e0 haut risque atteints de lymphome agressif \u00e0 cellules B : Une \u00e9tude de phase 3 randomis\u00e9e, en ouvert (DSHNHL 2002-1). Lancet Oncol 2012 ; 13 : 1250-1259.<\/li>\n\n\n\n<li>Davies A, et al. : Profilage de l&#8217;expression g\u00e9n\u00e9tique du bort\u00e9zomib ajout\u00e9 \u00e0 la chimio-immunoth\u00e9rapie standard pour le lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B (REMoDL-B) : une \u00e9tude de phase 3 randomis\u00e9e en ouvert. Lancet Oncol. 2019 ; 20(5) : 649-662.  <\/li>\n\n\n\n<li>Lue JK, O&#8217;Connor OA : Une perspective sur l&#8217;am\u00e9lioration du r\u00e9gime R-CHOP : de Mega-CHOP \u00e0 R-CHOP ROBUSTE, le PHOENIX n&#8217;a pas fini de se lever. Lancet Haematol 2020 ; 7(11) : e838-e850.<\/li>\n\n\n\n<li>Younes A, et al : Essai randomis\u00e9 de phase III de l&#8217;ibrutinib et du rituximab plus cyclophosphamide, doxorubicine, vincristine, et prednisone dans le lymphome diffus \u00e0 grandes cellules B du centre non germinal. J Clin Oncol 2019 ; 37(15) : 1285-1295.<\/li>\n\n\n\n<li>Morschhauser F, et al : A phase 2 study of venetoclax plus R-CHOP as first-line treatment for patients with diffuse large B-cell lymphoma. Blood 2021 ; 137(5) : 600-609.  <\/li>\n\n\n\n<li>Schuster SJ, et al : Cellules T r\u00e9ceptrices d&#8217;antig\u00e8nes chim\u00e9riques dans les lymphomes r\u00e9fractaires \u00e0 cellules B. N Engl J Med 2017 ; 377 : 2545-2554.<\/li>\n\n\n\n<li>Horwitz S, et al : Groupe d&#8217;\u00e9tude ECHELON-2. Brentuximab vedotin avec chimioth\u00e9rapie pour le lymphome p\u00e9riph\u00e9rique \u00e0 cellules T CD30-positif (ECHELON-2) : un essai global, en double aveugle, randomis\u00e9, de phase 3. Lancet 2019 ; 393(10168) : 229-240.  <\/li>\n\n\n\n<li>Fuchs M, et al : Positron emission tomography-guided treatment in early-stage favourable Hodgkin Lymphoma : Final results of the international, randomized phase III HD16 trial by the German Hodgkin Study Group. J Clin Oncol 37 2019 ; 31 : 2835-2845.<\/li>\n\n\n\n<li>Borchmann P, et al. : PET-guided omission of radiotherapy in early-stage unfavourable Hodgkin lymphoma (GHSG HD17) : a multicentre, open-label, randomised, phase 3 trial. Lancet Oncol 2021 ; 22(2) : 223-234.<\/li>\n\n\n\n<li>Borchmann P, et al : PET-guided treatment in patients with advanced-stage Hodgkin&#8217;s lymphoma (HD18) : final results of an open-label, international, randomised phase 3 trial by the German Hodgkin Study Group. Lancet 2018 ; 390(10114) : 2790-2802.<\/li>\n\n\n\n<li>Kuruvilla J, et al : KEYNOTE-204 : \u00c9tude randomis\u00e9e, en ouvert, de phase III, du pembrolizumab (pembro) versus brentuximab vedotin (BV) dans le lymphome hodgkinien classique en rechute ou r\u00e9fractaire (LHC R\/R). Pr\u00e9sent\u00e9 au 2020 American Society of Clinical Oncology (ASCO) Virtual Scientific Program. May 29-31, 2020. abstract 8005.<\/li>\n\n\n\n<li>Ziepert M, et al : Standard International prognostic index remains a valid predictor of outcome for patients with aggressive CD20+ B-cell lymphoma in the rituximab era. J Clin Oncol. 2010 ; 28 : 2373.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p class=\"wp-block-paragraph\"><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2021 ; 9(2) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les lymphomes sont responsables de 3,8% de tous les nouveaux diagnostics de cancer. 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