{"id":329150,"date":"2021-05-05T14:00:00","date_gmt":"2021-05-05T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-catastrophe-nucleaire-et-le-cancer\/"},"modified":"2021-05-05T14:00:00","modified_gmt":"2021-05-05T12:00:00","slug":"la-catastrophe-nucleaire-et-le-cancer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-catastrophe-nucleaire-et-le-cancer\/","title":{"rendered":"La catastrophe nucl\u00e9aire et le cancer"},"content":{"rendered":"<p><strong>Depuis 40 ans d\u00e9j\u00e0, l&#8217;IPPNW, le groupe des <em>Physiciens internationaux pour la pr\u00e9vention de la guerre nucl\u00e9aire,<\/em> milite pour un monde sans menace nucl\u00e9aire. Dix ans apr\u00e8s la catastrophe nucl\u00e9aire de Fukushima, un symposium virtuel organis\u00e9 le 27&nbsp;f\u00e9vrier 2021 a permis de faire le point, notamment sur l&#8217;\u00e9volution des maladies oncologiques dans la r\u00e9gion.&nbsp;Le bilan est d\u00e9cevant.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Il n&#8217;est gu\u00e8re surprenant qu&#8217;un incident nucl\u00e9aire comme celui de Fukushima du 11 mars 2011 ait des cons\u00e9quences \u00e0 long terme sur la sant\u00e9 de la population. Cependant, il est difficile d&#8217;estimer et d&#8217;\u00e9tudier l&#8217;ampleur des cons\u00e9quences sur la sant\u00e9, notamment pour des raisons politiques. Dans une recherche bibliographique structur\u00e9e, l&#8217;IPPNW a analys\u00e9 plus en d\u00e9tail les effets sur le d\u00e9veloppement du cancer dix ans apr\u00e8s l&#8217;incident. Les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9s par le Dr Alex Rosen, membre du conseil d&#8217;administration de l&#8217;IPPNW allemand et chef de service de p\u00e9diatrie \u00e0 la Charit\u00e9 de Berlin.<\/p>\n<h2 id=\"apercu-de-la-litterature\">Aper\u00e7u de la litt\u00e9rature<\/h2>\n<p>Au total, en d\u00e9cembre 2020, 57 publications traitant de l&#8217;apparition de cancers de la thyro\u00efde dans la r\u00e9gion de Fukushima ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9es. Douze autres se sont pench\u00e9s sur la leuc\u00e9mie et huit sur les tumeurs solides li\u00e9es \u00e0 la catastrophe nucl\u00e9aire. A premi\u00e8re vue, un nombre consid\u00e9rable d&#8217;\u00e9tudes, a trouv\u00e9 Alex Rosen. Mais seulement \u00e0 premi\u00e8re vue. En effet, 28 des publications sur le cancer de la thyro\u00efde ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es par l&#8217;<em>Universit\u00e9 m\u00e9dicale de Fukushima<\/em> et\/ou l&#8217;<em>Agence internationale de l&#8217;\u00e9nergie atomique<\/em> (AIEA), 18 d&#8217;entre elles ayant m\u00eame \u00e9t\u00e9 r\u00e9dig\u00e9es par une seule et m\u00eame personne : Shunichi Yamashita, ancien pr\u00e9sident de la <em>Japan Thyroid Association<\/em> et grand ami de l&#8217;industrie nucl\u00e9aire. Deux autres \u00e9tudes \u00e9manaient directement de l&#8217;industrie nucl\u00e9aire. Il ne restait donc que huit publications neutres et scientifiquement s\u00e9rieuses sur la survenue de cancers de la thyro\u00efde \u00e0 Fukushima, a calcul\u00e9 Rosen. Le paysage de la recherche sur les tumeurs solides et les leuc\u00e9mies serait encore plus pauvre. Les publications identifi\u00e9es portaient pour la plupart sur des aspects secondaires tels que les solutions techniques de d\u00e9tection ou les incidences globales.<\/p>\n<h2 id=\"focus-sur-la-thyroide\">Focus sur la thyro\u00efde<\/h2>\n<p>Afin de pouvoir illustrer les implications oncologiques de la catastrophe nucl\u00e9aire, le p\u00e9diatre s&#8217;est concentr\u00e9 sur l&#8217;entit\u00e9 qui a \u00e9t\u00e9 la plus \u00e9tudi\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent dans ce contexte, en raison du peu de donn\u00e9es disponibles : Le carcinome de la thyro\u00efde. Il se pr\u00eate bien aux \u00e9tudes \u00e9pid\u00e9miologiques en raison de son temps de latence relativement court avant l&#8217;apparition, de son diagnostic accessible et peu co\u00fbteux et de sa faible incidence chez les enfants dans la population g\u00e9n\u00e9rale. En effet, ces caract\u00e9ristiques permettent de d\u00e9tecter tr\u00e8s t\u00f4t les changements d&#8217;apparence.<\/p>\n<p>L&#8217;iode radioactif, en particulier l&#8217;isotope iode 131, joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans sa formation. Ce dernier a \u00e9t\u00e9 \u00e9mis en masse le 11&nbsp;mars 2011 et a ensuite contamin\u00e9 les zones environnantes. Comme des particules de poussi\u00e8re, les particules radioactives se sont retrouv\u00e9es dans l&#8217;air, ont \u00e9t\u00e9 dispers\u00e9es par le vent, se sont accumul\u00e9es dans les nuages et sont finalement retomb\u00e9es sur la terre sous forme de neige ou de pluie dangereuses. En mars 2011, presque tous les \u00e9chantillons de l\u00e9gumes, de lait et d&#8217;eau potable de la r\u00e9gion pr\u00e9sentaient des concentrations d&#8217;iode radioactif bien sup\u00e9rieures aux limites autoris\u00e9es. En juin de la m\u00eame ann\u00e9e, un taux \u00e9lev\u00e9 d&#8217;iode 131 a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 dans le sol, ce qui, selon Rosen, indique une dose initiale extr\u00eamement \u00e9lev\u00e9e ou un rejet continu de mati\u00e8res radioactives. Ou les deux. En effet, la demi-vie de l&#8217;iode 131 n&#8217;est que de huit jours.<\/p>\n<p>Alors que la cause de la longue d\u00e9tectabilit\u00e9 de l&#8217;iode radioactif \u00e0 Fukushima ne sera probablement jamais clairement \u00e9tablie, il existe des connaissances claires sur la pr\u00e9vention des dommages cons\u00e9cutifs. Ainsi, l&#8217;absorption des isotopes radioactifs par la thyro\u00efde peut \u00eatre emp\u00each\u00e9e par l&#8217;administration pr\u00e9alable de comprim\u00e9s d&#8217;iode. Ceux-ci doivent \u00eatre pris quelques heures avant les retomb\u00e9es radioactives. Une commission d&#8217;enqu\u00eate a conclu en 2012 que les comprim\u00e9s correspondants n&#8217;avaient jamais \u00e9t\u00e9 distribu\u00e9s \u00e0 la population de Fukushima, malgr\u00e9 des stocks suffisants et des connaissances disponibles. Cette omission doit \u00eatre attribu\u00e9e \u00e0 une d\u00e9cision d\u00e9lib\u00e9r\u00e9e, \u00e0 la t\u00eate de laquelle se trouve un homme que nous connaissons bien pour l&#8217;avoir lu dans diverses publications : Shunichi Yamashita, qui conseille encore aujourd&#8217;hui les autorit\u00e9s de Fukushima en tant que soi-disant<em> Radiation Risk Management Advisor<\/em>. Le 17&nbsp;mars 2011, il a emp\u00each\u00e9 la distribution de comprim\u00e9s d&#8217;iode dans le but d\u00e9clar\u00e9 d&#8217;\u00e9viter l&#8217;incertitude dans la population. Une incertitude qui aurait pu \u00eatre justifi\u00e9e. En effet, l&#8217;iode radioactif ne s&#8217;accumule pas seulement dans la glande thyro\u00efde pour produire les hormones thyro\u00efdiennes, mais il passe \u00e9galement dans la circulation et passe facilement dans le placenta, mena\u00e7ant ainsi \u00e9galement l&#8217;enfant \u00e0 na\u00eetre. Comme toutes les substances radioactives, l&#8217;iode 131 peut provoquer des mutations de l&#8217;ADN et donc entra\u00eener le d\u00e9veloppement d&#8217;un cancer.<\/p>\n<p>Une estimation conservatrice de l&#8217;UNSCEAR  <em>(Comit\u00e9 scientifique des Nations unies pour l&#8217;\u00e9tude des effets des rayonnements ionisants),  <\/em>compos\u00e9 de repr\u00e9sentants de pays ayant des programmes d&#8217;\u00e9nergie nucl\u00e9aire, estime que la dose de radiation re\u00e7ue par la thyro\u00efde des enfants au Japon au cours de la premi\u00e8re ann\u00e9e apr\u00e8s la catastrophe nucl\u00e9aire est de 2,6 \u00e0 15&nbsp;mGy, \u00e0 Fukushima de 15 \u00e0 83&nbsp;mGy. A titre de comparaison, dans des circonstances normales, elle est d&#8217;environ 1&nbsp;mGy par an. Au total, ces estimations permettent d&#8217;envisager un millier de cas suppl\u00e9mentaires de cancers de la thyro\u00efde au Japon. Selon Alex Rosen, le chiffre r\u00e9el est probablement beaucoup plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"etude-problematique\">\u00c9tude probl\u00e9matique<\/h2>\n<p>En omettant d&#8217;administrer de l&#8217;iode \u00e0 titre prophylactique, les autorit\u00e9s ont contribu\u00e9 de mani\u00e8re d\u00e9cisive au risque de cancer d&#8217;une population \u00e9tudi\u00e9e, qui fait depuis l&#8217;objet d&#8217;examens \u00e9chographiques r\u00e9guliers par l&#8217;<em>Universit\u00e9 m\u00e9dicale de Fukushima<\/em>. L&#8217;<em>\u00e9tude<\/em>dite <em>Thyroid Ultrasound Examination<\/em>est en cours depuis 2011 et constitue \u00e0 ce jour le plus grand programme de d\u00e9pistage de la thyro\u00efde de l&#8217;histoire. L&#8217;\u00e9tude porte sur les enfants et les jeunes adultes jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge de 25 ans. Une \u00e9chographie diagnostique est effectu\u00e9e tous les deux ans pour d\u00e9tecter les kystes, les nodules et, dans le pire des cas, le cancer. Le cinqui\u00e8me tour de ce d\u00e9pistage est actuellement en cours. Malgr\u00e9 de grandes limites, les donn\u00e9es recueillies sont extr\u00eamement pr\u00e9cieuses pour \u00e9valuer le risque de cancer apr\u00e8s la catastrophe nucl\u00e9aire. Alex Rosen a soulign\u00e9 qu&#8217;il s&#8217;agissait de la seule \u00e9tude longitudinale analysant syst\u00e9matiquement les effets d&#8217;un accident nucl\u00e9aire.<\/p>\n<p>Le d\u00e9pistage a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9 sur 300 000 jeunes de moins de 18 ans. Actuellement, la population \u00e9tudi\u00e9e comprend encore environ 181 000 personnes, ce qui repr\u00e9sente pr\u00e8s de 62% des enfants touch\u00e9s dans la r\u00e9gion. Depuis le d\u00e9but des \u00e9tudes, pr\u00e8s de la moiti\u00e9 des participants ont donc \u00e9t\u00e9 perdus. Rosen, et d&#8217;autre part \u00e0 l&#8217;exclusion de toutes les personnes qui atteignent l&#8217;\u00e2ge de 25 ans. Moins de 10% des jeunes adultes ont saisi la possibilit\u00e9 de participer \u00e0 une \u00e9tude de suivi. Ils sont donc non seulement perdus pour l&#8217;analyse des donn\u00e9es, mais aussi expos\u00e9s \u00e0 un risque accru de maladie &#8211; sans suivi appropri\u00e9. Une \u00e9volution qui est m\u00eame encourag\u00e9e par les autorit\u00e9s. Alex Rosen a ainsi racont\u00e9 que l&#8217;enseignement de l&#8217;\u00e9ducation sexuelle dans les \u00e9coles visait principalement \u00e0 promouvoir le droit de ne pas savoir et \u00e0 minimiser une \u00e9ventuelle augmentation de l&#8217;incidence. Le d\u00e9pistage \u00e0 grande \u00e9chelle serait le seul responsable de cette situation.<\/p>\n<p>Outre cette perte de participants et la limitation des donn\u00e9es aux moins de 25 ans, IPPNW critique d&#8217;autres aspects de l&#8217;\u00e9tude. Le responsable est en effet &#8211; comme pour l&#8217;emp\u00eachement de la distribution de comprim\u00e9s d&#8217;iode &#8211; Shunichi Yamashita. Il ne faut pas non plus sous-estimer l&#8217;influence du lobby nucl\u00e9aire, a averti M. Rosen. Depuis 2012, l&#8217;AIEA op\u00e8re en coop\u00e9ration officielle avec l&#8217;<em>Universit\u00e9 m\u00e9dicale de Fukushima.<\/em><\/p>\n<p>Selon l&#8217;IPPNW, le monopole de l&#8217;universit\u00e9 locale sur les \u00e9tudes entra\u00eene la perte de donn\u00e9es pr\u00e9cieuses et les manipulations potentielles ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es. Ainsi, des rapports font \u00e9tat de consultations superficielles qui ne durent que quelques minutes. Les familles se voient souvent refuser l&#8217;acc\u00e8s aux \u00e9chographies, qui sont strictement gard\u00e9es sous cl\u00e9. L&#8217;universit\u00e9 d\u00e9conseille \u00e9galement fortement de demander un deuxi\u00e8me avis et est m\u00eame en contact avec des fournisseurs potentiels. Un autre point que Rosen a remarqu\u00e9 dans sa pr\u00e9sentation : si un r\u00e9sultat anormal est constat\u00e9, le diagnostic ult\u00e9rieur a souvent lieu en dehors de l&#8217;\u00e9tude et n&#8217;est donc pas pris en compte dans les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude.<\/p>\n<h2 id=\"malgre-tout-des-resultats-interessants\">Malgr\u00e9 tout, des r\u00e9sultats int\u00e9ressants<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 ces limites, l&#8217;\u00e9tude de l&#8217;<em>Universit\u00e9 de m\u00e9decine de Fukushima<\/em> a d\u00e9j\u00e0 fourni des r\u00e9sultats int\u00e9ressants. Les kystes et les nodules de la thyro\u00efde ont jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent augment\u00e9 avec chaque d\u00e9pistage, 68% des participants \u00e9taient concern\u00e9s en 2020. Bien que tous les r\u00e9sultats anormaux ne se transforment pas en cancer de la thyro\u00efde, a soulign\u00e9 M. Rosen, l&#8217;augmentation sensible du nombre de kystes et de nodules thyro\u00efdiens au fil des ans ne laisse rien pr\u00e9sager de bon. Une \u00e9tude similaire men\u00e9e \u00e0 Tokyo entre 2005 et 2013 n&#8217;a pas montr\u00e9 d&#8217;\u00e9volution comparable chez les 1214 enfants inclus.<\/p>\n<p>Au total, 198 cas de cancer de la thyro\u00efde ont \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s jusqu&#8217;en 2020, dont 101 dans le cadre du premier d\u00e9pistage effectu\u00e9 entre 2011 et 2014. En outre, quatre patients participant \u00e0 l&#8217;\u00e9tude de suivi des plus de 25 ans et onze enfants examin\u00e9s en dehors de l&#8217;\u00e9tude officielle ont d\u00e9velopp\u00e9 une tumeur maligne de la thyro\u00efde. Selon les projections, ces 213 cas de cancer sont \u00e0 comparer aux 13 cas de cancer de la thyro\u00efde attendus sans exposition suppl\u00e9mentaire aux radiations <span style=\"font-family:franklin gothic demi\">(figure&nbsp;1). <\/span>Selon Rosen, c&#8217;est surtout l&#8217;augmentation annuelle de l&#8217;\u00e9cart entre les cas attendus et les cas r\u00e9els qui pose probl\u00e8me. L&#8217;expert estime que le risque d&#8217;apparition d&#8217;un cancer de la thyro\u00efde est 20 fois plus \u00e9lev\u00e9 dans la r\u00e9gion.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-16160\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0.png\" style=\"height:390px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"715\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0-800x520.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0-120x78.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0-90x59.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0-320x208.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/05\/abb1_oh2_s36_0-560x364.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Outre une augmentation de l&#8217;incidence au fil des ans, les r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude r\u00e9v\u00e8lent \u00e9galement de nettes diff\u00e9rences r\u00e9gionales. Ainsi, le risque de maladie est clairement corr\u00e9l\u00e9 \u00e0 la quantit\u00e9 de retomb\u00e9es radioactives. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des cas de cancer ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9s chez des enfants n\u00e9s en 2011, qui ont donc \u00e9t\u00e9 expos\u00e9s principalement dans le ventre de leur m\u00e8re.<\/p>\n<h2 id=\"et-quen-est-il-des-autres-types-de-cancer\">Et qu&#8217;en est-il des autres types de cancer ?<\/h2>\n<p>Certes, les donn\u00e9es sur le cancer de la thyro\u00efde ne sont pas parfaites, mais elles ont le m\u00e9rite d&#8217;exister. Pour toutes les autres pathologies malignes, il n&#8217;existe pas d&#8217;\u00e9tudes structur\u00e9es \u00e0 Fukushima. En l&#8217;absence de connaissances dans ce domaine, Alex Rosen a pr\u00e9sent\u00e9 dans sa pr\u00e9sentation des estimations de l&#8217;AIEA et de l&#8217;OMS. Celles-ci pr\u00e9voient une augmentation de 4% du risque de tumeurs solides, de 6% du risque de cancer du sein et de 7% du risque de leuc\u00e9mie. Des chiffres qui, selon IPPNW, doivent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s de mani\u00e8re critique. Entre autres, le calcul aurait n\u00e9glig\u00e9 la vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue des enfants \u00e0 na\u00eetre et les auteurs seraient confront\u00e9s \u00e0 d&#8217;importants conflits d&#8217;int\u00e9r\u00eats.<\/p>\n<p>En fin de compte, ce ne sont pas seulement les effets de la catastrophe nucl\u00e9aire sur la sant\u00e9 qui sont d\u00e9vastateurs &#8211; leur repr\u00e9sentation r\u00e9aliste et la gestion des cons\u00e9quences des radiations sont tout aussi probl\u00e9matiques. Dans la confusion des int\u00e9r\u00eats politiques, scientifiques et \u00e9conomiques, la sant\u00e9 des individus passe souvent \u00e0 la trappe. De nombreux diagnostics sont pos\u00e9s trop tard ou sont compl\u00e8tement manqu\u00e9s, Rosen en est convaincu. Il a clairement demand\u00e9 que des \u00e9tudes ind\u00e9pendantes soient rendues possibles dans la r\u00e9gion et que la population soit mieux prot\u00e9g\u00e9e. Le droit des personnes \u00e0 la sant\u00e9 et \u00e0 un environnement sain doit \u00eatre au centre des pr\u00e9occupations, ainsi que leur droit \u00e0 une information v\u00e9ridique.<\/p>\n<p><em>Source : Conf\u00e9rence &#8220;Cancer in Fukushima &#8211; Analyzing the evidence after 10 years&#8221;, Dr. med. Alex Rosen, dans le cadre du symposium &#8220;10 ans de vie avec Fukushima&#8221; de l&#8217;IPPNW, r\u00e9alisation virtuelle le 27.02.2021<\/em><\/p>\n<p><em>Congr\u00e8s :&nbsp;Symposium IPPNW<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Communiqu\u00e9 de presse IPPNW : 10 ans de Fukushima 26.02.2021. http:\/\/ippnw.de\/commonFiles\/pdfs\/Atomenergie\/Fukushima\/IPPNW_Digitale_Pressemappe_10_Jahre_Leben_mit_Fukushima.pdf&nbsp;(dernier acc\u00e8s le 06.03.2021)<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2021 ; 9(2) : 35-37<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Depuis 40 ans d\u00e9j\u00e0, l&#8217;IPPNW, le groupe des Physiciens internationaux pour la pr\u00e9vention de la guerre nucl\u00e9aire, milite pour un monde sans menace nucl\u00e9aire. 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