{"id":329539,"date":"2021-04-06T11:50:00","date_gmt":"2021-04-06T09:50:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/que-faire-en-cas-de-troubles-respiratoires\/"},"modified":"2021-04-06T11:50:00","modified_gmt":"2021-04-06T09:50:00","slug":"que-faire-en-cas-de-troubles-respiratoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/que-faire-en-cas-de-troubles-respiratoires\/","title":{"rendered":"Que faire en cas de troubles respiratoires ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les dysfonctionnements pneumologiques et neurologiques se retrouvent de mani\u00e8re \u00e9gale dans la maladie de Parkinson et sont typiques de la maladie. Il faut donc faire preuve de respect mutuel : Les pneumologues ne doivent pas n\u00e9gliger le fait que les sympt\u00f4mes respiratoires de leurs patients atteints de la maladie de Parkinson peuvent \u00eatre directement corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la maladie neurologique.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La maladie de Parkinson (MP) est un trouble neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratif d\u00fb \u00e0 une perte progressive de dopamine striatale, qui entra\u00eene des tremblements, une bradykin\u00e9sie, une rigidit\u00e9 et une instabilit\u00e9 posturale. On sait depuis de nombreuses ann\u00e9es que les troubles respiratoires font \u00e9galement partie des sympt\u00f4mes associ\u00e9s \u00e0 la maladie de Parkinson, mais leur pr\u00e9valence est probablement sous-estim\u00e9e. Dans l&#8217;ensemble, les troubles respiratoires dans la MP semblent \u00eatre corr\u00e9l\u00e9s aux scores moteurs, mais la relation avec les th\u00e9rapies pharmacologiques, les ph\u00e9notypes de la maladie et les sympt\u00f4mes non moteurs n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 enti\u00e8rement \u00e9tudi\u00e9e.<\/p>\n<p>Une \u00e9quipe dirig\u00e9e par le Dr Andrea D&#8217;Arrigo, du Centre Aldo Ravelli de l&#8217;Universit\u00e9 de Milan, a ax\u00e9 sa revue sur les sch\u00e9mas obstructifs et restrictifs et a mis en \u00e9vidence les m\u00e9canismes pathog\u00e9niques pr\u00e9sum\u00e9s sous-jacents [1].<\/p>\n<h2 id=\"troubles-respiratoires-obstructifs-et-restrictifs\">Troubles respiratoires obstructifs et restrictifs<\/h2>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 un trouble respiratoire obstructif dans la maladie de Parkinson. L&#8217;obstruction des voies respiratoires sup\u00e9rieures (OVS) est d\u00e9crite avec une pr\u00e9valence tr\u00e8s variable allant de 6,7% \u00e0 67%. Les indicateurs peuvent inclure une dyspn\u00e9e, une hypophonie, une voix tremblante, un stridor ou une respiration sifflante.<\/p>\n<p>On peut distinguer deux types d&#8217;OAI : le premier type (&#8220;flutter respiratoire&#8221;) se caract\u00e9rise par des ralentissements et des acc\u00e9l\u00e9rations successifs et r\u00e9guliers du flux. Dans le second type, on observe des changements de d\u00e9bit brusques et irr\u00e9guliers (qui tombent souvent \u00e0 z\u00e9ro) dans une boucle de volume d&#8217;\u00e9coulement anormale due \u00e0 des mouvements irr\u00e9guliers et saccad\u00e9s des structures glottiques et supraglottiques, ce qui entra\u00eene une obstruction intermittente des voies a\u00e9riennes. Bien que la physiopathologie soit encore en discussion, les deux mod\u00e8les refl\u00e8tent probablement des dysfonctionnements dans les ganglions de la base, \u00e9crivent le Dr D&#8217;Arrigo et al. La litt\u00e9rature fait \u00e9tat d&#8217;une corr\u00e9lation possible entre l&#8217;AUA et les tremblements, et un travail rapporte l&#8217;association de l&#8217;AUA avec la bradykin\u00e9sie. Un lien avec la dystonie est \u00e9galement d\u00e9crit.<\/p>\n<p>Un trouble respiratoire restrictif a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit \u00e0 la fois chez les patients symptomatiques et asymptomatiques, avec une pr\u00e9valence variable allant de 28% \u00e0 94%. La pathogen\u00e8se est controvers\u00e9e, plusieurs hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 postul\u00e9es, notamment la dysautonomie li\u00e9e \u00e0 la maladie de Parkinson et les effets secondaires des d\u00e9riv\u00e9s de l&#8217;ergot, tandis qu&#8217;une faiblesse myopathique de la paroi thoracique semble peu probable. Aucune corr\u00e9lation avec les tremblements, la bradykin\u00e9sie ou la rigidit\u00e9 n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crite, mais une relation avec l&#8217;arthrose de la colonne vert\u00e9brale a \u00e9t\u00e9 postul\u00e9e comme probable.<\/p>\n<h2 id=\"apnee-et-pneumonie-daspiration-dans-la-maladie-de-parkinson\">Apn\u00e9e et pneumonie d&#8217;aspiration dans la maladie de Parkinson<\/h2>\n<p>En ce qui concerne la pr\u00e9sence d&#8217;un syndrome d&#8217;apn\u00e9e, les auteurs ont trouv\u00e9 des r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes contradictoires, probablement en raison des diff\u00e9rents \u00e9chantillons de patients et des m\u00e9thodes utilis\u00e9es, comme ils l&#8217;ont \u00e9crit.<\/p>\n<p>Une apn\u00e9e survenant pendant le sommeil peut \u00eatre class\u00e9e comme centrale (lorsque le d\u00e9bit d&#8217;air diminue en raison d&#8217;une d\u00e9faillance de l&#8217;activation des muscles respiratoires), obstructive (lorsque l&#8217;obstruction des voies respiratoires sup\u00e9rieures arr\u00eate le d\u00e9bit d&#8217;air malgr\u00e9 l&#8217;effort des muscles respiratoires) et mixte. Certains travaux ont identifi\u00e9 une pr\u00e9valence plus \u00e9lev\u00e9e d&#8217;apn\u00e9e obstructive dans les populations atteintes de MP, tandis que d&#8217;autres ont constat\u00e9 une incidence plus faible, voire l&#8217;absence d&#8217;apn\u00e9e ou de troubles du sommeil, par rapport aux t\u00e9moins.<\/p>\n<p>On peut supposer qu&#8217;il existe un lien entre le handicap moteur et l&#8217;apn\u00e9e, mais le r\u00f4le des m\u00e9dicaments de la MP n&#8217;est pas clair. La pression positive continue (PPC) semble efficace pour r\u00e9duire les \u00e9v\u00e9nements, am\u00e9liorer la saturation en oxyg\u00e8ne et approfondir le sommeil chez les patients atteints de la maladie de Parkinson et d&#8217;apn\u00e9e obstructive du sommeil.<\/p>\n<p>La pneumonie par aspiration est une complication dramatique qui peut expliquer le d\u00e9but aigu\/subaigu de la fi\u00e8vre et de l&#8217;insuffisance respiratoire chez un patient atteint de MP. Physiologiquement, la d\u00e9glutition n\u00e9cessite une coordination ad\u00e9quate entre les muscles du pharynx et les muscles respiratoires, mais ce m\u00e9canisme est souvent alt\u00e9r\u00e9 dans la maladie de Parkinson. La dysphagie est typique des stades avanc\u00e9s de la maladie. En outre, un trouble de la toux a \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9 chez plus de 50% des patients asymptomatiques atteints de MP, ce qui peut \u00e9galement contribuer \u00e0 une aspiration silencieuse et \u00e0 un risque accru de pneumonie.<\/p>\n<p>Les auteurs rappellent l&#8217;importance de la pr\u00e9vention pour une prise en charge ad\u00e9quate de la pneumonie par aspiration. Un r\u00e9gime l\u00e9ger est g\u00e9n\u00e9ralement la premi\u00e8re \u00e9tape. Une position du menton vers le bas lors de la d\u00e9glutition peut \u00eatre utile, et parfois un orthophoniste ou un th\u00e9rapeute de la d\u00e9glutition peut vous aider. La question de savoir si la stimulation dopaminergique apporte un b\u00e9n\u00e9fice est controvers\u00e9e. Malgr\u00e9 l&#8217;importance des circuits des ganglions de la base dopaminergiques dans le processus de d\u00e9glutition, des r\u00e9sultats contradictoires ont \u00e9t\u00e9 rapport\u00e9s dans diff\u00e9rentes \u00e9tudes. Chez les patients pr\u00e9sentant une sialorrh\u00e9e importante et un risque accru d&#8217;aspiration, un traitement par anticholinergiques ou des injections de botuline dans les glandes salivaires peut \u00eatre indiqu\u00e9 en dernier recours.<\/p>\n<h2 id=\"ce-a-quoi-il-faut-faire-attention-sur-le-plan-therapeutique\">Ce \u00e0 quoi il faut faire attention sur le plan th\u00e9rapeutique<\/h2>\n<p>La plupart des publications soulignent le r\u00f4le des m\u00e9dicaments antiparkinsoniens comme facteur de protection contre l&#8217;insuffisance respiratoire. Des essais sur des chiens ont montr\u00e9 que la l\u00e9vodopa augmente la fonction musculaire inspiratoire et que la dopamine am\u00e9liore la fonction diaphragmatique en cas d&#8217;insuffisance respiratoire aigu\u00eb chez les patients atteints de BPCO. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, les m\u00e9dicaments anti-Parkinson peuvent aider \u00e0 maintenir la pression inspiratoire maximale de la bouche et la pression inspiratoire nasale. En cons\u00e9quence, la l\u00e9vodopa au coucher est associ\u00e9e \u00e0 une apn\u00e9e obstructive du sommeil moins s\u00e9v\u00e8re dans la maladie de Parkinson. Comme on ne sait pas que la dopamine augmente la force musculaire, elle peut am\u00e9liorer la fonction respiratoire en augmentant la coordination musculaire par une activit\u00e9 centrale.<\/p>\n<p>Il faut toutefois tenir compte du fait que les m\u00e9dicaments antiparkinsoniens peuvent entra\u00eener des effets secondaires tels qu&#8217;une fibrose pulmonaire pleurale induite par les agonistes dopaminergiques comme la bromocriptine ou des dyskin\u00e9sies diaphragmatiques induites par la l\u00e9vodopa. La pr\u00e9sence d&#8217;autres dyskin\u00e9sies, plus fr\u00e9quentes dans la maladie de Parkinson (par exemple des mouvements involontaires anormaux du tronc, du visage ou des membres), doit alerter le m\u00e9decin sur la pr\u00e9sence de dyskin\u00e9sies diaphragmatiques chez les patients pr\u00e9sentant une insuffisance respiratoire. Des preuves indirectes du r\u00f4le b\u00e9n\u00e9fique du traitement dopaminergique dans l&#8217;OMA ont \u00e9t\u00e9 fournies par l&#8217;insuffisance respiratoire aigu\u00eb qui peut survenir apr\u00e8s l&#8217;arr\u00eat de ces m\u00e9dicaments, mais aussi par la r\u00e9ponse de l&#8217;OMA \u00e0 l&#8217;apomorphine intraveineuse.<\/p>\n<p>La corr\u00e9lation entre les m\u00e9dicaments pneumologiques et la MP ne doit pas \u00eatre n\u00e9glig\u00e9e, en particulier les anticholinergiques syst\u00e9miques peuvent jouer un r\u00f4le dans la maladie de Parkinson. L&#8217;ac\u00e9tylcholine joue un r\u00f4le cl\u00e9 dans la modulation de l&#8217;activit\u00e9 dopaminergique dans les ganglions de la base, et son inhibition peut augmenter le tonus dopaminergique central. Les bronchodilatateurs anticholinergiques pourraient avoir des effets centraux, comme l&#8217;ont rapport\u00e9 certains auteurs. Un effet sur les troubles moteurs dans la maladie de Parkinson semble possible, bien que cela n&#8217;ait pas \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9 dans la litt\u00e9rature actuelle. Il convient toutefois de garder \u00e0 l&#8217;esprit que les anticholinergiques peuvent \u00eatre associ\u00e9s \u00e0 des troubles cognitifs et \u00e0 un d\u00e9lire. Au stade avanc\u00e9 de la maladie de Parkinson, lorsque la d\u00e9mence est \u00e9galement une caract\u00e9ristique tr\u00e8s fr\u00e9quente, ces sympt\u00f4mes peuvent \u00eatre encore plus fr\u00e9quents.<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-neurologiques-et-pneumologiques-en-etroite-correlation\">Facteurs neurologiques et pneumologiques en \u00e9troite corr\u00e9lation<\/h2>\n<p>Les dysfonctionnements neurologiques et pneumologiques sont \u00e9troitement li\u00e9s chez les patients atteints de MP, r\u00e9sument le Dr D&#8217;Arrigo et al. Les pneumologues doivent \u00eatre conscients que les probl\u00e8mes respiratoires chez cette cat\u00e9gorie de patients peuvent \u00eatre une cons\u00e9quence directe de la progression de la maladie et\/ou de la stimulation dopaminergique. En outre, les pneumologues devraient prendre davantage en consid\u00e9ration les anomalies spirom\u00e9triques qui pourraient appara\u00eetre d\u00e8s les premiers stades de la maladie et le r\u00f4le th\u00e9rapeutique potentiel de la stimulation dopaminergique de la fonction respiratoire qu&#8217;avec les m\u00e9dicaments inhal\u00e9s classiques.<\/p>\n<p>D&#8217;autre part, les neurologues devraient toujours prendre en compte les valeurs pneumologiques dans les ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux d&#8217;un patient atteint de MP et se concentrer sur la fonction respiratoire comme cible th\u00e9rapeutique potentielle pour am\u00e9liorer la qualit\u00e9 de vie d&#8217;un patient qui se plaint de troubles respiratoires. Il convient \u00e9galement de rappeler le b\u00e9n\u00e9fice potentiel de la r\u00e9habilitation pulmonaire sur les \u00e9preuves respiratoires fonctionnelles et la tol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;effort d\u00e8s les premiers stades. Il peut \u00eatre tout \u00e0 fait judicieux d&#8217;envisager un programme d&#8217;entra\u00eenement respiratoire parall\u00e8lement au traitement dopaminergique chez les patients qui signalent des probl\u00e8mes respiratoires.<\/p>\n<p>Bien que le r\u00f4le des m\u00e9dicaments contre la maladie de Parkinson soit toujours controvers\u00e9, il faut tenir compte du fait qu&#8217;ils peuvent jouer un r\u00f4le potentiel dans l&#8217;am\u00e9lioration de la fonction pulmonaire et de la contribution n\u00e9gative potentielle \u00e0 la coordination musculaire et \u00e0 l&#8217;aggravation de la dyskin\u00e9sie chez les patients atteints de dyskin\u00e9sie, concluent les auteurs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>D&#8217;Arrigo A, et al : ERJ Open Res 2020 ;&nbsp;doi : 10.1183\/23120541.00165-2020<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo PNEUMOLOGIE &amp; ALLERGOLOGIE 2021 ; 3(1) : 28-29<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les dysfonctionnements pneumologiques et neurologiques se retrouvent de mani\u00e8re \u00e9gale dans la maladie de Parkinson et sont typiques de la maladie. 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