{"id":329842,"date":"2021-03-10T01:00:00","date_gmt":"2021-03-10T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-changements-de-protheses-pourraient-souvent-etre-evites-grace-a-un-diagnostic-rapide\/"},"modified":"2023-01-12T13:47:15","modified_gmt":"2023-01-12T12:47:15","slug":"les-changements-de-protheses-pourraient-souvent-etre-evites-grace-a-un-diagnostic-rapide","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-changements-de-protheses-pourraient-souvent-etre-evites-grace-a-un-diagnostic-rapide\/","title":{"rendered":"Les changements de proth\u00e8ses pourraient souvent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un diagnostic rapide"},"content":{"rendered":"\n<p><strong>Les infections de proth\u00e8ses prennent de plus en plus d&#8217;importance en raison d&#8217;un nombre croissant de proth\u00e8ses primaires. Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste est g\u00e9n\u00e9ralement le premier interlocuteur des patients lorsque des sympt\u00f4mes apparaissent au niveau d&#8217;une proth\u00e8se. En cas d&#8217;infection par tout type de mat\u00e9riel \u00e9tranger dans l&#8217;organisme, il est essentiel de prendre les mesures diagnostiques et th\u00e9rapeutiques appropri\u00e9es dans les plus brefs d\u00e9lais, car la dur\u00e9e de l&#8217;infection est d\u00e9terminante pour le traitement possible ou son succ\u00e8s.<\/strong><\/p>\n\n<!--more-->\n\n<p>Les infections de proth\u00e8ses prennent de plus en plus d&#8217;importance en raison d&#8217;un nombre croissant de proth\u00e8ses primaires. Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste est g\u00e9n\u00e9ralement le premier interlocuteur des patients lorsque des sympt\u00f4mes apparaissent au niveau d&#8217;une proth\u00e8se. En cas d&#8217;infection par tout type de mat\u00e9riel \u00e9tranger dans l&#8217;organisme, il est essentiel de prendre les mesures diagnostiques et th\u00e9rapeutiques appropri\u00e9es dans les plus brefs d\u00e9lais, car la dur\u00e9e de l&#8217;infection est d\u00e9terminante pour le traitement possible ou son succ\u00e8s. Il est donc important d&#8217;avoir une connaissance approfondie des diff\u00e9rents types d&#8217;infections et une vue d&#8217;ensemble des traitements pour assurer le suivi de ces patients en m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale.<\/p>\n\n<h2 id=\"type-dinfection\" class=\"wp-block-heading\">Type d&#8217;infection<\/h2>\n\n<p>Les infections peuvent provenir soit de l&#8217;ext\u00e9rieur, \u00e0 la suite d&#8217;une op\u00e9ration ou d&#8217;une blessure, c&#8217;est-\u00e0-dire de mani\u00e8re exog\u00e8ne, soit d&#8217;une diss\u00e9mination h\u00e9matog\u00e8ne \u00e0 partir d&#8217;un autre site d&#8217;infection dans l&#8217;organisme. C&#8217;est pourquoi, en cas de suspicion d&#8217;infection de proth\u00e8se, il est toujours important de rechercher activement d&#8217;\u00e9ventuels foyers infectieux et de les exclure ou de les confirmer \u00e0 l&#8217;aide des moyens de diagnostic appropri\u00e9s. Les localisations typiques des foyers infectieux diss\u00e9min\u00e9s sont les poumons, la vessie, le tractus gastro-intestinal ainsi que les ulc\u00e8res chroniques du pied. En outre, il faut \u00e9galement penser \u00e0 l&#8217;endocardite ou \u00e0 l&#8217;ost\u00e9omy\u00e9lite (par exemple des corps vert\u00e9braux). Cette liste n&#8217;est pas exhaustive, mais comprend les causes qui doivent \u00eatre exclues par un examen clinique et instrumental approfondi. Conna\u00eetre la nature de l&#8217;infection (exog\u00e8ne ou h\u00e9matog\u00e8ne) est un facteur important pour le traitement ult\u00e9rieur, tout comme la dur\u00e9e de l&#8217;infection.<\/p>\n\n<h2 id=\"duree-de-linfection\" class=\"wp-block-heading\">Dur\u00e9e de l&#8217;infection<\/h2>\n\n<p>Dans les trois premiers mois suivant l&#8217;implantation d&#8217;une proth\u00e8se, on parle d&#8217;infection pr\u00e9coce, et \u00e0 partir de 24 mois apr\u00e8s l&#8217;implantation, d&#8217;infection tardive. Entre les deux, il y a une phase interm\u00e9diaire qui ne peut \u00eatre raisonnablement divis\u00e9e et trait\u00e9e qu&#8217;en tenant compte du type d&#8217;infection et du germe. Les infections pr\u00e9coces ont plut\u00f4t des causes exog\u00e8nes (c&#8217;est-\u00e0-dire dans le cadre de l&#8217;implantation) et les infections tardives plut\u00f4t des causes h\u00e9matog\u00e8nes.<\/p>\n\n<p>Une autre possibilit\u00e9 de classification en infection aigu\u00eb versus infection chronique est nettement plus d\u00e9cisive pour le traitement que la r\u00e9f\u00e9rence temporelle \u00e0 l&#8217;op\u00e9ration index. Les infections aigu\u00ebs sont consid\u00e9r\u00e9es comme telles si elles surviennent dans les 4 semaines suivant l&#8217;op\u00e9ration index ou si elles sont symptomatiques \u00e0 tout moment par la suite depuis 3 semaines maximum. Tous les autres cas d&#8217;infection sont trait\u00e9s comme des cas chroniques. Cette classification est importante dans la mesure o\u00f9 le maintien de la proth\u00e8se est possible pendant cette p\u00e9riode. Apr\u00e8s cela, le taux d&#8217;\u00e9chec de cette proc\u00e9dure augmente consid\u00e9rablement, de sorte qu&#8217;il est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9 de changer compl\u00e8tement la proth\u00e8se [1].<\/p>\n\n<h2 id=\"articulation-touchee\" class=\"wp-block-heading\">Articulation touch\u00e9e<\/h2>\n\n<p>Pour suspecter en premier lieu une infection de proth\u00e8se, l&#8217;examinateur initial doit conna\u00eetre les diff\u00e9rentes pr\u00e9sentations d&#8217;une telle infection sur les diff\u00e9rentes articulations. Le genou et la cheville r\u00e9agissent souvent par un gonflement, une rougeur et un \u00e9chauffement significatifs. En revanche, l&#8217;\u00e9paule et la hanche sont moins faciles \u00e0 appr\u00e9hender cliniquement, car il existe \u00e9galement un manteau de tissus mous plus important. Dans ce cas, la douleur et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la limitation des mouvements sont g\u00e9n\u00e9ralement au premier plan. Cependant, toutes les articulations peuvent \u00eatre le si\u00e8ge d&#8217;infections dites &#8220;de bas grade&#8221;, dont la pr\u00e9sentation clinique initiale est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s subtile [2].<\/p>\n\n<h2 id=\"diagnostic\" class=\"wp-block-heading\">Diagnostic<\/h2>\n\n<p>Une anamn\u00e8se et un examen physique approfondis constituent la base du diagnostic, mais ils sont malheureusement souvent n\u00e9glig\u00e9s au profit de l&#8217;utilisation d&#8217;appareils. Les principaux syst\u00e8mes \u00e0 \u00e9tudier ont \u00e9t\u00e9 \u00e9num\u00e9r\u00e9s plus haut. Il convient toutefois de souligner que les petites l\u00e9sions doivent \u00e9galement \u00eatre activement recherch\u00e9es comme porte d&#8217;entr\u00e9e, en particulier au niveau des pieds (plante des pieds, espaces entre les orteils). Souvent, les patients eux-m\u00eames ne les remarquent pas (par exemple en raison d&#8217;une sensibilit\u00e9 r\u00e9duite). Des examens de laboratoire (leucocytes, CRP, interleukine-6, h\u00e9mogramme, analyse\/culture d&#8217;urine) ainsi que des examens radiologiques de l&#8217;articulation concern\u00e9e et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, des poumons, sont ensuite indiqu\u00e9s [3].<\/p>\n\n<p>Des valeurs \u00e9lev\u00e9es de leucocytes et de CRP peuvent indiquer une infection, selon le moment postop\u00e9ratoire. Les valeurs normales n&#8217;excluent toutefois pas une infection. Par exemple, en cas d&#8217;infection par Proprionibacterium acnes, on ne constate pas d&#8217;augmentation de la CRP dans 75% des cas, ni du nombre de leucocytes dans 93% des cas [4].<\/p>\n\n<p>De nombreux germes dits de bas niveau se comportent de mani\u00e8re similaire. La radiographie de l&#8217;articulation concern\u00e9e doit rechercher des signes de rel\u00e2chement, d&#8217;\u00e9panchement ou de poches d&#8217;air, qui sont des signes indirects d&#8217;infection. En outre, cela permet d&#8217;exclure le diagnostic diff\u00e9rentiel d&#8217;une fracture p\u00e9riproth\u00e9tique.<\/p>\n\n<p>La ponction articulaire est maintenant trait\u00e9e comme l&#8217;instrument le plus important pour le diagnostic de l&#8217;infection. Celle-ci, qui comporte elle-m\u00eame un risque d&#8217;infection, ne doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9e qu&#8217;en cas de suspicion raisonnable d&#8217;infection articulaire. Un champ st\u00e9rile, des gants st\u00e9riles et, si possible, une petite table st\u00e9rile sont fortement recommand\u00e9s. L&#8217;anesth\u00e9sie locale peut entra\u00eener une contamination de la zone d&#8217;injection et fausser le r\u00e9sultat de la culture si elle est appliqu\u00e9e trop profond\u00e9ment. Elle ne doit \u00eatre pratiqu\u00e9e que si elle est absolument n\u00e9cessaire et uniquement par voie intradermique. Pour \u00e9viter toute contamination par des germes cutan\u00e9s, il est recommand\u00e9 de pratiquer une incision par piq\u00fbre \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un scalpel pointu. La ponction proprement dite est ensuite r\u00e9alis\u00e9e en profondeur \u00e0 travers ce site cutan\u00e9 d\u00e9j\u00e0 ouvert. Le point est analys\u00e9 en termes de diff\u00e9renciation et de nombre de cellules, de microbiologie et de cristaux. Malheureusement, la sensibilit\u00e9 de la ponction de l&#8217;\u00e9paule, par exemple, est plut\u00f4t mauvaise (33%), de sorte que les \u00e9chantillons perop\u00e9ratoires gagnent ici en importance. Les ponctions de la hanche et du genou ont une bien meilleure sensibilit\u00e9, d&#8217;environ 90% [5,6].<\/p>\n\n<p>Techniquement, cela est certainement r\u00e9alisable par un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, mais il est pr\u00e9f\u00e9rable de laisser la ponction au chirurgien qui, le cas \u00e9ch\u00e9ant, pratiquera \u00e9galement la th\u00e9rapie chirurgicale. En effet, ce dernier peut discuter des possibilit\u00e9s de diagnostic de mani\u00e8re interdisciplinaire avec l&#8217;infectiologue comp\u00e9tent et peut \u00e9galement \u00e9valuer directement le point au niveau macroscopique. En cas de ponction par un m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, ces observations &#8220;secondaires&#8221;, qui sont pourtant en partie importantes pour la proc\u00e9dure finale, passent inaper\u00e7ues. En outre, il peut y avoir des retards dans la transmission des r\u00e9sultats.<\/p>\n\n<p>Globalement, en ce qui concerne le diagnostic, il faut retenir que dans certains cas, lorsque les signes d&#8217;infection sont fulminants et que le germe est d\u00e9tect\u00e9 dans la ponction, le diagnostic est simple et clair. Malheureusement, il arrive au moins aussi souvent que le diagnostic soit difficile. Par exemple, en cas d&#8217;absence de d\u00e9tection de germes suite \u00e0 une ponction s\u00e8che ou chez des patients d\u00e9j\u00e0 trait\u00e9s par antibiotiques. C&#8217;est surtout dans ces cas qu&#8217;il faut faire appel le plus rapidement possible \u00e0 un sp\u00e9cialiste avec une \u00e9quipe interdisciplinaire afin de pouvoir exploiter au mieux toutes les mesures diagnostiques.<\/p>\n\n<h2 id=\"spectre-de-germes\" class=\"wp-block-heading\">Spectre de germes<\/h2>\n\n<p>Dans cette section, nous n&#8217;aborderons pas explicitement les diff\u00e9rents agents pathog\u00e8nes, mais nous rappellerons bri\u00e8vement qu&#8217;il existe en principe deux types d&#8217;agents pathog\u00e8nes. Le premier groupe est facilement identifiable et attire l&#8217;attention par une inflammation massive, des param\u00e8tres de laboratoire \u00e9lev\u00e9s, la formation de pus, la fi\u00e8vre et finalement la septic\u00e9mie. Dans ces cas, il est n\u00e9cessaire d&#8217;agir rapidement afin d&#8217;\u00e9carter la menace potentiellement vitale pour le patient.<\/p>\n\n<p>Le second groupe est plus subtil, souvent &#8220;seule&#8221; la douleur ou le gonflement sont des sympt\u00f4mes cliniques. Les r\u00e9sultats de laboratoire peuvent \u00eatre normaux et la d\u00e9tection des germes est difficile en raison d&#8217;une croissance lente. Les causes en sont g\u00e9n\u00e9ralement les germes &#8220;de bas niveau&#8221; mentionn\u00e9s plus haut, ou encore des champignons. Malgr\u00e9 une \u00e9volution primaire peu fulminante, de telles infections peuvent \u00e9galement se terminer par une septic\u00e9mie. Dans tous les cas, ils provoquent une g\u00eane \u00e9vidente pour les patients. Dans ce cas, il est surtout n\u00e9cessaire d&#8217;agir rapidement pour \u00e9viter un changement complet de la proth\u00e8se (qui pr\u00e9sente un risque \u00e9vident de complications). Les proth\u00e8ses d&#8217;\u00e9paule sont ici particuli\u00e8rement menac\u00e9es, car les infections de bas grade sont nettement plus fr\u00e9quentes au niveau de l&#8217;\u00e9paule que des autres articulations [7].<\/p>\n\n<h2 id=\"therapie-chirurgicale\" class=\"wp-block-heading\">Th\u00e9rapie chirurgicale<\/h2>\n\n<p>En cas d&#8217;infection articulaire confirm\u00e9e, l&#8217;assainissement chirurgical est la base du traitement. Il existe ici diff\u00e9rents niveaux d&#8217;escalade, qui peuvent \u00eatre choisis en fonction de la dur\u00e9e de l&#8217;infection, du germe, de la situation des tissus mous et des comorbidit\u00e9s<span style=\"font-family: franklin gothic demi;\"> (Fig. 1).<\/span><\/p>\n\n<figure class=\"wp-block-image\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" width=\"2176\" height=\"859\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2021\/03\/abb1_hp2_s12.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-15575\"\/><\/figure>\n\n<p>D\u00e9bridement soigneux avec synovectomie compl\u00e8te et changement de toutes les parties mobiles (surtout l&#8217;inlay en poly\u00e9thyl\u00e8ne). Cette m\u00e9thode, \u00e9galement connue sous le nom de DAIR (d\u00e9bridement, antibiotiques, r\u00e9tention d&#8217;implant), a un taux de r\u00e9ussite de 30 \u00e0 100 % lorsqu&#8217;elle est appliqu\u00e9e \u00e0 des infections aigu\u00ebs. En cas d&#8217;infection chronique, la plupart des \u00e9tudes estiment que les chances de succ\u00e8s sont inf\u00e9rieures \u00e0 50%, c&#8217;est pourquoi cette intervention n&#8217;est alors r\u00e9alis\u00e9e que dans des cas exceptionnels. Pour tous les cas qui ne peuvent pas \u00eatre trait\u00e9s dans l&#8217;intervalle correspondant, un changement complet de la proth\u00e8se est indiqu\u00e9 [8].<\/p>\n\n<p>Le remplacement de la proth\u00e8se en un temps repr\u00e9sente l&#8217;\u00e9tape suivante de l&#8217;escalade et peut \u00eatre effectu\u00e9 si le germe est connu, si la circulation sanguine et les tissus mous sont bons et si les comorbidit\u00e9s sont faibles. Par rapport au DAIR, il s&#8217;agit toutefois d&#8217;une intervention beaucoup plus importante, car le retrait de la proth\u00e8se en cas d&#8217;assise fixe est g\u00e9n\u00e9ralement co\u00fbteux et une perte osseuse peut \u00e9galement survenir dans ce cas. Une telle perte osseuse doit \u00eatre compens\u00e9e \u00e0 grands frais, ce qui n\u00e9cessite souvent des implants de r\u00e9vision avec une distance d&#8217;ancrage plus longue [9].<\/p>\n\n<p>L&#8217;option la plus s\u00fbre, qui est recommand\u00e9e comme gold standard en cas de doute, est le changement de proth\u00e8se en deux temps. Dans ce cas, la premi\u00e8re intervention consiste \u00e0 retirer la proth\u00e8se, \u00e0 proc\u00e9der \u00e0 un d\u00e9bridement approfondi et \u00e0 mettre en place une proth\u00e8se en ciment charg\u00e9e d&#8217;antibiotiques pour maintenir l&#8217;espace. La remise en place d&#8217;une proth\u00e8se se fait alors apr\u00e8s un intervalle court (environ 4 semaines) ou long (environ 3 mois), selon le germe et la situation des tissus mous. Pendant cette p\u00e9riode, il n&#8217;est pas possible de solliciter le membre concern\u00e9, ce qui repr\u00e9sente pour le patient une limitation physique massive et \u00e9galement un stress psychologique [10].<\/p>\n\n<p>Les autres options, qui ne seront pas abord\u00e9es ici, sont l&#8217;extension permanente de l&#8217;articulation (situation de Girdlestone) et l&#8217;arthrod\u00e8se.<\/p>\n\n<h2 id=\"traitement-antibiotique\" class=\"wp-block-heading\">Traitement antibiotique<\/h2>\n\n<p>Chacune des th\u00e9rapies chirurgicales d\u00e9crites ci-dessus n&#8217;est efficace que si elle est suivie d&#8217;un traitement antibiotique. Celle-ci ne doit \u00eatre commenc\u00e9e qu&#8217;en cas d&#8217;urgence (patient septique) avant les premiers soins chirurgicaux, car cela peut rendre la d\u00e9tection des germes plus difficile, voire impossible. La connaissance de l&#8217;agent pathog\u00e8ne est toutefois d\u00e9terminante pour le succ\u00e8s du traitement et doit donc \u00eatre absolument respect\u00e9e ! Si le germe est d\u00e9j\u00e0 connu gr\u00e2ce \u00e0 une ponction pr\u00e9alable, il est possible de d\u00e9roger \u00e0 cette r\u00e8gle apr\u00e8s avoir consult\u00e9 les infectiologues.<\/p>\n\n<p>Apr\u00e8s la premi\u00e8re op\u00e9ration, le patient re\u00e7oit g\u00e9n\u00e9ralement un traitement antibiotique intraveineux de deux semaines qui, si le germe est inconnu, est initi\u00e9 en premier lieu de mani\u00e8re empirique, puis modifi\u00e9 de mani\u00e8re cibl\u00e9e apr\u00e8s r\u00e9ception des r\u00e9sultats bact\u00e9riologiques. La dur\u00e9e totale du traitement antibiotique est g\u00e9n\u00e9ralement comprise entre 3 et 6 mois [10].<\/p>\n\n<p>Il convient ici de rappeler explicitement qu&#8217;en cas d&#8217;infection de la proth\u00e8se (par ex. en cas de troubles de la cicatrisation apr\u00e8s l&#8217;implantation), un traitement antibiotique empirique initi\u00e9 par le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste est contre-indiqu\u00e9.<\/p>\n\n<h2 id=\"exemples-de-cas-avec-erreurs-possibles-de-diagnostic-et-de-traitement\" class=\"wp-block-heading\">Exemples de cas avec erreurs possibles de diagnostic et de traitement<\/h2>\n\n<p>2 semaines apr\u00e8s l&#8217;implantation d&#8217;un KTP, la plaie pr\u00e9sente une s\u00e9cr\u00e9tion persistante. Un traitement antibiotique oral empirique est instaur\u00e9, puis la plaie se referme. Apr\u00e8s 6 semaines, un gonflement et une rougeur massifs ainsi qu&#8217;une douleur intense apparaissent. La ponction r\u00e9v\u00e8le la pr\u00e9sence de pus.<\/p>\n\n<p>&#8211;&gt; Il s&#8217;agit d&#8217;une infection aigu\u00eb apr\u00e8s implantation. Si le diagnostic avait \u00e9t\u00e9 correctement pos\u00e9 2 semaines apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, celle-ci aurait pu \u00eatre trait\u00e9e par d\u00e9bridement chirurgical et traitement antibiotique tout en conservant la proth\u00e8se. Cependant, 6 semaines apr\u00e8s l&#8217;op\u00e9ration, un changement complet de la proth\u00e8se est n\u00e9cessaire. Le traitement peut en outre \u00eatre plus difficile et un changement en deux temps peut \u00eatre n\u00e9cessaire, car le traitement antibiotique peut ne pas permettre de d\u00e9tecter les germes.<\/p>\n\n<p>6 ans apr\u00e8s l&#8217;implantation de sa proth\u00e8se, un patient se pr\u00e9sente chez son m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste et signale des douleurs aigu\u00ebs au niveau de la proth\u00e8se depuis 2 semaines. Le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste \u00e9tablit un diagnostic correct au moyen de radiographies, d&#8217;examens de laboratoire et d&#8217;une ponction qu&#8217;il effectue lui-m\u00eame. Le laboratoire et les radiographies sont normaux, le pr\u00e9l\u00e8vement montre un nombre \u00e9lev\u00e9 de cellules, mais le praticien souhaite attendre le r\u00e9sultat de la culture avant de proc\u00e9der \u00e0 un transfert. 10 jours plus tard, la culture r\u00e9v\u00e8le un germe de bas niveau qui a probablement \u00e9t\u00e9 introduit dans le syst\u00e8me par une ouverture au pied. Le transfert est maintenant effectu\u00e9. 6 semaines apr\u00e8s le d\u00e9but des sympt\u00f4mes, le patient se pr\u00e9sente finalement \u00e0 une consultation orthop\u00e9dique.<\/p>\n\n<p>&#8211;&gt; En soi, le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste a initi\u00e9 un diagnostic complet et correct, il n&#8217;a simplement pas tenu compte du facteur temps. Cependant, cela signifie qu&#8217;un traitement de pr\u00e9servation de la proth\u00e8se, qui aurait \u00e9t\u00e9 prometteur au cours des 3 premi\u00e8res semaines, ne peut plus \u00eatre effectu\u00e9. Par cons\u00e9quent, un changement de proth\u00e8se doit d\u00e9sormais \u00eatre effectu\u00e9 avec un surco\u00fbt important (\u00e0 la fois pour le patient et sur le plan socio-\u00e9conomique).<\/p>\n\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n\n<ol class=\"wp-block-list\">\n<li>Izakovicova P, Borens O, Trampuz A : Infection p\u00e9riproth\u00e9tique des articulations : concepts actuels et perspectives. EFORT Open Rev 2019 ; 4 : 482-494.<\/li>\n\n\n\n<li>Romano CL, Khawashki HA, Benzakour T, et al : The W.A.I.O.T. Definition of High-Grade and Low-Grade Peri-Prosthetic Joint Infection. J Clin Med 2019 ; 8 : 650.<\/li>\n\n\n\n<li>Li C, Renz N, Trampuz A : Prise en charge de l&#8217;infection de la jonction p\u00e9riproth\u00e9tique. Hip Pelvis 2018 ; 30 : 138-146.<\/li>\n\n\n\n<li>Topolski MS, Chin PY, Sperling JW, et al : R\u00e9vision de l&#8217;arthroplastie de l&#8217;\u00e9paule avec cultures perop\u00e9ratoires positives : la valeur des \u00e9tudes pr\u00e9op\u00e9ratoires et de l&#8217;histologie perop\u00e9ratoire. J Shoulder Elbow Surg 2006 ; 15 : 402-406.<\/li>\n\n\n\n<li>Hecker A, Jungwirth-Weinberger A, Bauer MR, et al : The accuracy of joint aspiration for the diagnosis of shoulder infections. J Shoulder Elbow Surg 2020 ; 29 : 516-520.<\/li>\n\n\n\n<li>Yee DK, Chiu KY, Yan CH, et al : Review article : Joint aspiration for diagnosis of periprosthetic infection. J Orthop Surg (Hong Kong) 2013 ; 21 : 236-240.<\/li>\n\n\n\n<li>Cooper ME, Trivedi NN, Sivasundaram L, et al : Diagnostic et prise en charge de l&#8217;infection de la jonction p\u00e9riproth\u00e9tique apr\u00e8s une arthroplastie de l&#8217;\u00e9paule. JBJS Rev 2019 ; 7 : e3.<\/li>\n\n\n\n<li>Di Benedetto P, Di Benedetto ED, Salviato D, et al : Infection aigu\u00eb du genou p\u00e9riproth\u00e9tique : y a-t-il encore un r\u00f4le pour le DAIR ? Acta Biomed 2017 ; 88 : 84-91.<\/li>\n\n\n\n<li>Pangaud C, Ollivier M, Argenson JN : R\u00e9sultat d&#8217;un \u00e9change en une ou deux journ\u00e9es pour une arthroplastie de r\u00e9vision du genou en cas d&#8217;infection p\u00e9riproth\u00e9tique chronique. EFORT Open Rev 2019 ; 4 : 495-502.<\/li>\n\n\n\n<li>Kuzyk PR, Dhotar HS, Sternheim A, et al : Two-stage revision arthroplasty for management of chronic periprosthetic hip and knee infection : techniques, controverses, and outcomes. J Am Acad Orthop Surg 2014 ; 22 : 153-164.<\/li>\n<\/ol>\n\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2021 ; 16(2) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les infections de proth\u00e8ses prennent de plus en plus d&#8217;importance en raison d&#8217;un nombre croissant de proth\u00e8ses primaires. 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