{"id":330334,"date":"2021-01-08T00:00:00","date_gmt":"2021-01-07T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nouveaux-horizons-dans-le-cancer-avance-de-la-prostate\/"},"modified":"2021-01-08T00:00:00","modified_gmt":"2021-01-07T23:00:00","slug":"nouveaux-horizons-dans-le-cancer-avance-de-la-prostate","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nouveaux-horizons-dans-le-cancer-avance-de-la-prostate\/","title":{"rendered":"Nouveaux horizons dans le cancer avanc\u00e9 de la prostate"},"content":{"rendered":"<p><strong>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le cancer de la prostate m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration (mCRPC) \u00e9tait surtout consid\u00e9r\u00e9 comme le domaine des nouvelles hormonoth\u00e9rapies et des taxanes. Cependant, d&#8217;autres approches th\u00e9rapeutiques sont de plus en plus \u00e9tudi\u00e9es, avec des r\u00e9sultats parfois prometteurs. Des donn\u00e9es int\u00e9ressantes ont notamment \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9es au congr\u00e8s ESMO de cette ann\u00e9e sur l&#8217;utilisation des inhibiteurs de PARP et d&#8217;AKT.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, la m\u00e9decine personnalis\u00e9e n&#8217;a jou\u00e9 qu&#8217;un r\u00f4le mineur dans le mCRPC. Cependant, cela devrait changer dans un avenir proche avec la poursuite de la recherche sur les th\u00e9rapies cibl\u00e9es. Les tests de biomarqueurs et la s\u00e9lection des patients ne seront pas les seuls \u00e0 gagner en importance dans ce type de maladie.<\/p>\n<h2 id=\"aide-a-lauto-assistance\">Aide \u00e0 l&#8217;auto-assistance<\/h2>\n<p>Le d\u00e9veloppement de th\u00e9rapies anticanc\u00e9reuses cellulaires n&#8217;\u00e9pargne pas le mCRPC. La technologie BiTE\u00ae (bi-specific T-cell Engers) repose sur l&#8217;utilisation d&#8217;anticorps bisp\u00e9cifiques redirig\u00e9s vers les cellules T (TRBA). Celles-ci reconnaissent d&#8217;une part un antig\u00e8ne tumoral tel que le PSMA et recrutent d&#8217;autre part des cellules T propres au patient pour la d\u00e9fense contre la tumeur en se liant au domaine CD3 du r\u00e9cepteur des cellules T [1]. Cette approche pourrait constituer une option ind\u00e9pendante des biomarqueurs dans le domaine de l&#8217;immunoth\u00e9rapie, apr\u00e8s l&#8217;essai malheureusement infructueux des th\u00e9rapies classiques \u00e0 base d&#8217;inhibiteurs de checkpoints dans le mCRPC.<\/p>\n<p>Une \u00e9tude de phase I [2] est actuellement en cours chez des patients atteints de mCRPC dont la tumeur s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e r\u00e9fractaire \u00e0 une nouvelle hormonoth\u00e9rapie et \u00e0 au moins un traitement par taxane et a montr\u00e9 une progression. Les premiers r\u00e9sultats indiquent une bonne tol\u00e9rance, avec seulement un arr\u00eat li\u00e9 au traitement et deux toxicit\u00e9s r\u00e9versibles limitant la dose. Des r\u00e9ductions de PSA ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence chez 63% des patients. Le traitement par ce produit, administr\u00e9 en perfusion IV courte, \u00e9tait donc tol\u00e9rable jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent. Des \u00e9tudes de phase II sur l&#8217;efficacit\u00e9 sont maintenant attendues avec impatience.<\/p>\n<h2 id=\"les-mutations-brca-pertinence-dans-le-cancer-de-la-prostate\">Les mutations BRCA : Pertinence dans le cancer de la prostate ?<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, ce sont surtout les mutations dans les g\u00e8nes suppresseurs de tumeurs BRCA1 et BRCA2 qui servent de biomarqueurs pour le traitement par inhibiteurs de PARP. L&#8217;\u00e9tude PROfound de phase III [3] a utilis\u00e9 l&#8217;olaparib dans le traitement de deuxi\u00e8me ligne du mCRPC et a d\u00e9montr\u00e9 un avantage en termes de survie globale par rapport au traitement s\u00e9quentiel par enzalutamide ou abirat\u00e9rone. En pr\u00e9sence d&#8217;une mutation BRCA ou ATM, le risque de d\u00e9c\u00e8s a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duit de 31% avec un suivi m\u00e9dian de 21 mois.<\/p>\n<p>Les mutations BRCA ne semblent pas seulement avoir une valeur pr\u00e9dictive pour le traitement PARPi, mais aussi une importance pronostique. De nouvelles donn\u00e9es issues d&#8217;une \u00e9tude cas-t\u00e9moins ont ainsi pu montrer qu&#8217;une mutation germinale de BRCA2 r\u00e9duit significativement la survie sp\u00e9cifique au cancer [4]. Les patients sans la mutation ont v\u00e9cu en moyenne 7 ans de plus avant de d\u00e9c\u00e9der des suites de leur tumeur. L&#8217;effet \u00e9tait \u00e9galement un peu moins prononc\u00e9 pour les mutations BRCA1. Au vu de ces r\u00e9sultats, on peut se demander si une utilisation plus pr\u00e9coce de PARPi pourrait \u00eatre appropri\u00e9e dans le sous-groupe de patients pr\u00e9sentant une mutation germinale correspondante. Dans tous les cas, la connaissance du statut BRCA joue un r\u00f4le dans le suivi \u00e0 long terme, que ce soit pour une \u00e9valuation r\u00e9aliste du pronostic ou m\u00eame pour des changements de r\u00e9gime th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<h2 id=\"medecine-personnalisee-egalement-en-premiere-ligne\">M\u00e9decine personnalis\u00e9e&nbsp;\u00e9galement en premi\u00e8re ligne<\/h2>\n<p>Pour la premi\u00e8re fois cette ann\u00e9e, une th\u00e9rapie cibl\u00e9e a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9e avec succ\u00e8s dans le traitement de premi\u00e8re ligne du mCRPC. Dans l&#8217;\u00e9tude IPATential150 de phase III [5], les auteurs ont test\u00e9 l&#8217;utilisation conjointe de l&#8217;ipatasertib et de l&#8217;abirat\u00e9rone. Par rapport au traitement par abirat\u00e9rone seul, la PFS a \u00e9t\u00e9 significativement am\u00e9lior\u00e9e chez les patients qui pr\u00e9sentaient une perte de PTEN.<\/p>\n<p>L&#8217;ipatasertib, qui est \u00e9galement actuellement \u00e9valu\u00e9 pour le traitement du carcinome mammaire, est un inhibiteur de la prot\u00e9ine kinase B, \u00e9galement appel\u00e9e AKT (RAC-\u03b1-serine\/threonine-protein kinase) [6]. Cette kinase fait partie d&#8217;une voie de signalisation qui joue un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement de la r\u00e9sistance aux traitements dans les tumeurs et qui est activ\u00e9e par la perte de la phosphatase PTEN. En supprimant cette voie de signalisation, l&#8217;ipatasertib peut donc contrecarrer la r\u00e9sistance au traitement, par exemple \u00e0 l&#8217;abirat\u00e9rone. En particulier, pour la perte de PTEN, qui peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e dans environ 50% des mCRPC, cette double inhibition de la voie a donn\u00e9 des r\u00e9sultats prometteurs dans l&#8217;\u00e9tude IPATential150.<\/p>\n<h2 id=\"lanalyse-genetique-comme-base-pour-une-decision-therapeutique-optimale\">L&#8217;analyse g\u00e9n\u00e9tique comme base pour une d\u00e9cision th\u00e9rapeutique optimale<\/h2>\n<p>Les alternatives \u00e0 la chimioth\u00e9rapie dans le mCRPC \u00e9tant de plus en plus nombreuses, leur utilisation devra \u00eatre \u00e9valu\u00e9e plus soigneusement en cas d&#8217;effets n\u00e9gatifs prononc\u00e9s sur tous les domaines de la qualit\u00e9 de vie [7]. A l&#8217;avenir, une analyse g\u00e9n\u00e9tique ou immunohistochimique pr\u00e9coce pourrait permettre des traitements ad\u00e9quats pour des groupes de patients s\u00e9lectionn\u00e9s, par exemple ceux pr\u00e9sentant des mutations BRCA ou PTEN, et ainsi am\u00e9liorer leur pronostic.<\/p>\n<p><em>Source : ESMO 2020 Virtual<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Strohl WR, Naso M : Redirection des cellules T bisp\u00e9cifiques versus cellules du r\u00e9cepteur antig\u00e9nique chim\u00e9rique (CAR)-T comme approches pour tuer les cellules canc\u00e9reuses. Antibodies (B\u00e2le) 2019 ; 8(3) : 41.<\/li>\n<li>Tran B, et al. : R\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude de phase I d&#8217;AMG 160, un traitement immunologique \u00e0 dur\u00e9e de vie prolong\u00e9e (HLE), cibl\u00e9 sur le PSMA, \u00e0 base de cellules T bisp\u00e9cifiques (BiTE\u00ae) pour le cancer de la prostate m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration (mCRPC). Annals of Oncology 2020 ; 31(suppl_4) : 507-549.<\/li>\n<li>de Bono JS, et al : Final overall survival (OS) analysis of PROfound : Olaparib vs physician&#8217;s choice of enzalutamide or abiraterone in patients (pts) with metastatic castration-resistant prostate cancer (mCRPC) and homologous recombination repair (HRR) gene alterations. Annals of Oncology 2020 ; 31(suppl_4) : 507-549.<\/li>\n<li>Lozano Mejorada R, et al : Impact clinique des alt\u00e9rations somatiques chez les patients atteints de cancer de la prostate avec et sans mutations germline BRCA1\/2 connues pr\u00e9c\u00e9demment : r\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude PROREPAIR-A. Annals of Oncology 2020 ; 31(suppl_4) : 507-549.<\/li>\n<li>de Bono JS, et al : IPATential150 : \u00e9tude de phase III de l&#8217;ipatasertib (ipat) plus abiraterone (abi) vs placebo (pbo) plus abi dans le cancer de la prostate m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration (mCRPC). Annals of Oncology 2020 ; 31(suppl_4) : 1142-215.<\/li>\n<li>Isakoff SJ, et al : Activit\u00e9 antitumorale de l&#8217;ipatasertib combin\u00e9 \u00e0 la chimioth\u00e9rapie : r\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude de phase Ib dans des tumeurs solides. Ann Oncol. 2020 ; 31(5) : 626-633.<\/li>\n<li>Deschamps A, et al : Les effets r\u00e9els de la chimioth\u00e9rapie du cancer de la prostate : R\u00e9sultats de l&#8217;\u00e9tude EUPROMs prostate patient-driven quality of life. Annals of Oncology 2020 ; 31(suppl_4) : 507-549.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2020 ; 8(5) : 30 (publi\u00e9 le 20.10.20, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, le cancer de la prostate m\u00e9tastatique r\u00e9sistant \u00e0 la castration (mCRPC) \u00e9tait surtout consid\u00e9r\u00e9 comme le domaine des nouvelles hormonoth\u00e9rapies et des taxanes. 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