{"id":331027,"date":"2020-12-21T01:00:00","date_gmt":"2020-12-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/mise-a-jour-psychiatrie-2020\/"},"modified":"2020-12-21T01:00:00","modified_gmt":"2020-12-21T00:00:00","slug":"mise-a-jour-psychiatrie-2020","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/mise-a-jour-psychiatrie-2020\/","title":{"rendered":"Mise \u00e0 jour Psychiatrie 2020"},"content":{"rendered":"<p><strong>Des interventions telles que l'&#8221;Attempted Suicide Short Intervention&#8221; (ASSIP) peuvent r\u00e9duire consid\u00e9rablement le risque de suicide. Un traitement ambulatoire permet d&#8217;\u00e9viter l&#8217;environnement souvent per\u00e7u comme stressant d&#8217;une unit\u00e9 psychiatrique de soins aigus, mais il soulage moins les proches. En cas de d\u00e9pression r\u00e9sistante au traitement, la k\u00e9tamine est un m\u00e9dicament ayant un bon effet antisocial disponible comme traitement compl\u00e9mentaire. La situation actuelle de pand\u00e9mie repr\u00e9sente un d\u00e9fi particulier. Parmi les mesures de soutien possibles dans ce contexte figurent la t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine et les activit\u00e9s de groupe adapt\u00e9es.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Cette ann\u00e9e, il est particuli\u00e8rement int\u00e9ressant d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 la sant\u00e9 mentale. Nous vous pr\u00e9sentons les nouveaut\u00e9s psychiatriques, psychoth\u00e9rapeutiques et psychopharmacologiques et, \u00e0 la fin de l&#8217;article, nous rapportons bri\u00e8vement les particularit\u00e9s que la pand\u00e9mie COVID-19 implique.<\/p>\n<h2 id=\"attempted-suicide-short-intervention-assip\">&#8220;Attempted Suicide Short Intervention&#8221; (ASSIP)<\/h2>\n<p>Outre les maladies psychiques, en particulier la d\u00e9pression et la schizophr\u00e9nie, qui peuvent s&#8217;accompagner d&#8217;un sentiment de d\u00e9sespoir et de d\u00e9tresse, voire d&#8217;une envie pressante de mourir, un facteur de risque important pour la suicidalit\u00e9 est une tentative de suicide au cours de l&#8217;ann\u00e9e pr\u00e9c\u00e9dente. Outre la nature d&#8217;une pr\u00e9c\u00e9dente tentative de suicide, la disponibilit\u00e9 de moyens de suicide et les actes pr\u00e9paratoires jouent un r\u00f4le important dans l&#8217;\u00e9valuation du risque. Statistiquement, le risque d&#8217;une nouvelle tentative de suicide est le plus \u00e9lev\u00e9 30&nbsp;jours apr\u00e8s la sortie d&#8217;un traitement hospitalier.<\/p>\n<p>Les cliniques psychiatriques (par exemple \u00e0 Berne, Zurich, Soleure) proposent aux patients qui ont surv\u00e9cu \u00e0 une tentative de suicide un concept sp\u00e9cial de <strong>traitement et de pr\u00e9vention d&#8217;autres tentatives de suicide <\/strong>. Des th\u00e9rapeutes form\u00e9s travaillent avec les patients dans un cadre d\u00e9fini. Des entretiens structur\u00e9s ont lieu et sont enregistr\u00e9s sur vid\u00e9o.<\/p>\n<p>Une th\u00e9rapie br\u00e8ve intensive de trois s\u00e9ances est compl\u00e9t\u00e9e par une offre de contact \u00e9pistolaire soutenue et personnalis\u00e9e sur deux ans. L&#8217;offre ne vise pas \u00e0 remplacer un traitement psychoth\u00e9rapeutique, mais \u00e0 apporter un b\u00e9n\u00e9fice suppl\u00e9mentaire. Comment : lors du premier rendez-vous, un entretien sur le contexte de la tentative de suicide a lieu, il est enregistr\u00e9 sur vid\u00e9o. Lors du deuxi\u00e8me rendez-vous, l&#8217;entretien enregistr\u00e9 est visionn\u00e9 avec le patient et r\u00e9guli\u00e8rement interrompu pour des r\u00e9flexions et des informations suppl\u00e9mentaires. Ensuite, les mod\u00e8les et processus qui pr\u00e9c\u00e8dent une crise suicidaire sont clarifi\u00e9s et des mesures de comportement pr\u00e9ventives possibles sont \u00e9labor\u00e9es. Elles sont consign\u00e9es par \u00e9crit \u00e0 l&#8217;attention du client. Un autre rendez-vous, facultatif, permet ensuite de mettre en pratique les strat\u00e9gies pr\u00e9ventives \u00e9labor\u00e9es. Par la suite, une prise de contact par lettre est effectu\u00e9e pendant au moins deux ans : tous les 3 mois la premi\u00e8re ann\u00e9e, tous les 6&nbsp;mois la deuxi\u00e8me ann\u00e9e.<\/p>\n<p>L&#8217;intervention d\u00e9crite ci-dessus, en abr\u00e9g\u00e9 <em>ASSIP <\/em>, peut r\u00e9duire consid\u00e9rablement le risque de suicide. Dans le cadre d&#8217;une \u00e9tude, l&#8217;universit\u00e9 de Berne a suivi des patients apr\u00e8s une tentative de suicide, dont une partie a per\u00e7u cette intervention d&#8217;un nouveau genre. Les donn\u00e9es recueillies permettent de constater une r\u00e9duction de 80% du risque de nouvelles tentatives de suicide au cours des 24 premiers mois&nbsp;par rapport au traitement habituel.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-a-domicile\">Traitement \u00e0 domicile<\/h2>\n<p>Des mod\u00e8les de soins int\u00e9gratifs apparaissent de temps en temps.  <strong>des traitements attrayants et innovants.  <\/strong>A B\u00e2le, Berne, Lausanne, au Tessin, \u00e0 Zurich, Lucerne et en Argovie, et peut-\u00eatre dans un avenir proche dans le canton de B\u00e2le-Campagne et \u00e0 Saint-Gall, les patients qui suivent un traitement psychiatrique ont l&#8217;option de mettre en balance un traitement hospitalier et un traitement \u00e0 domicile au moyen d&#8217;une th\u00e9rapie de proximit\u00e9, qualifi\u00e9e et multimodale. Dans ce cas, les m\u00e9decins, psychologues, infirmiers et th\u00e9rapeutes sp\u00e9cialis\u00e9s assurent un traitement \u00e9troit \u00e0 domicile. Cette option n&#8217;est pas indiqu\u00e9e en cas de troubles de la d\u00e9pendance (si la d\u00e9pendance est au premier plan) et de suicidalit\u00e9 aigu\u00eb en l&#8217;absence de concertation.<\/p>\n<p>Les avantages pour tous les autres patients sont \u00e9vidents : un traitement dans un environnement familier permet d&#8217;\u00e9viter l&#8217;environnement souvent per\u00e7u comme stressant d&#8217;un service de soins psychiatriques aigus. L&#8217;environnement social est \u00e9troitement impliqu\u00e9 et le traitement est fortement ax\u00e9 sur les ressources. Toutefois, les proches sont moins soulag\u00e9s que lorsqu&#8217;un membre de la famille atteint d&#8217;une maladie mentale est pris en charge dans une clinique. De m\u00eame, certaines th\u00e9rapies sp\u00e9cialis\u00e9es ne peuvent pas \u00eatre propos\u00e9es -en dehors des cliniques. Les offres mentionn\u00e9es sont bien accept\u00e9es, mais il existe encore peu d&#8217;\u00e9tudes permettant d&#8217;objectiver l&#8217;efficacit\u00e9 et les \u00e9ventuelles faiblesses du traitement \u00e0 domicile.<\/p>\n<h2 id=\"medecine-personnalisee-test-abcb1-et-autres-procedures\">M\u00e9decine personnalis\u00e9e : test ABCB1 et autres proc\u00e9dures<\/h2>\n<p>Toutes les tentatives de traitement m\u00e9dicamenteux d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif mod\u00e9r\u00e9 ou s\u00e9v\u00e8re n&#8217;aboutissent pas au r\u00e9sultat escompt\u00e9. Un test g\u00e9n\u00e9tique doit servir \u00e0 estimer la concentration de certains m\u00e9dicaments psychotropes dans le cerveau. Il s&#8217;agit d&#8217;une \u00e9tape vers la <strong>m\u00e9decine personnalis\u00e9e<\/strong>. Diff\u00e9rentes approches sont utilis\u00e9es pour planifier une pharmacoth\u00e9rapie cibl\u00e9e. Le g\u00e8ne ABCB1 code pour une &#8220;mol\u00e9cule gardienne&#8221; (glycoprot\u00e9ine P, en abr\u00e9g\u00e9 P-gp) de la barri\u00e8re h\u00e9mato-enc\u00e9phalique. Diff\u00e9rentes strat\u00e9gies sont recommand\u00e9es en mati\u00e8re de pharmacoth\u00e9rapie, en fonction du g\u00e9notype identifi\u00e9. Pour deux des quatre combinaisons d&#8217;all\u00e8les, une escalade, c&#8217;est-\u00e0-dire une augmentation de la dose m\u00eame au-del\u00e0 de la dose maximale recommand\u00e9e, est recommand\u00e9e ; pour les deux autres, elle est d\u00e9conseill\u00e9e. De nombreux antid\u00e9presseurs, par exemple les ISRS parox\u00e9tine, sertraline, vortiox\u00e9tine, citalopram et escitalopram, l&#8217;ISRS venlafaxine, les tricycliques amitriptyline et amitriptyline oxyde, nortriptyline, trimipramine, ainsi que le l\u00e9vomilnacipran, la vilazodone et m\u00eame l&#8217;hypericum (millepertuis) sont des substrats de la P-gp. Les non-substrats de la glycoprot\u00e9ine P sont la fluox\u00e9tine, la mirtazapine, l&#8217;agom\u00e9latine et le bupropion. Il est recommand\u00e9 dans les recommandations de traitement de la SSAD, mais pas dans les lignes directrices S3 allemandes. Le co\u00fbt d&#8217;environ 248 CHF n&#8217;est pas pris en charge par la plupart des caisses d&#8217;assurance maladie.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement des tests permettant d&#8217;\u00e9valuer l&#8217;activit\u00e9 enzymatique h\u00e9patique : Les tests du cytochrome P450 (par ex. CYP2D6 et CYP2C19) permettent d&#8217;\u00e9valuer la d\u00e9gradation des m\u00e9dicaments (m\u00e9tabolisation lente ou rapide). Leur pertinence est limit\u00e9e et les \u00e9tudes sont encore insatisfaisantes.<\/p>\n<p>Dans la pratique clinique quotidienne, on peut le plus facilement supposer que l&#8217;effet d&#8217;un antid\u00e9presseur est positif si les crit\u00e8res suivants sont remplis :<\/p>\n<p>A. efficacit\u00e9 ant\u00e9rieure et\/ou<br \/>\nB. R\u00e9ponse au traitement au cours de la premi\u00e8re semaine (en cas de prise d&#8217;une dose consid\u00e9r\u00e9e comme efficace).<\/p>\n<p>En outre, en cas d&#8217;inefficacit\u00e9 ou de doute sur l&#8217;adh\u00e9rence, il est conseill\u00e9 de proc\u00e9der rapidement \u00e0 un dosage s\u00e9rique.<\/p>\n<h2 id=\"la-ketamine-une-option-de-traitement-pour-la-depression-resistante-aux-traitements\">La k\u00e9tamine, une option de traitement pour la d\u00e9pression r\u00e9sistante aux traitements<\/h2>\n<p>Avec la k\u00e9tamine, on dispose d&#8217;un m\u00e9dicament bien connu en anesth\u00e9sie pour le <strong>traitement compl\u00e9mentaire des d\u00e9pressions uni- et bipolaires r\u00e9sistantes au traitement<\/strong>, avec un bon effet antisocial. Le m\u00e9canisme d&#8217;action est diff\u00e9rent de celui des antid\u00e9presseurs courants, \u00e0 savoir un blocage du r\u00e9cepteur NMDA (glutamate). L&#8217;effet mol\u00e9culaire de la k\u00e9tamine ne se limite cependant pas \u00e0 cela, on pense qu&#8217;il y a des changements dans les syst\u00e8mes GABAergiques, dopaminergiques ainsi que dans le syst\u00e8me de second messager. L&#8217;am\u00e9lioration de la neuroplasticit\u00e9 est consid\u00e9r\u00e9e comme essentielle pour obtenir l&#8217;effet souhait\u00e9. Ainsi, les patients peuvent \u00e9ventuellement b\u00e9n\u00e9ficier \u00e0 nouveau d&#8217;une psychoth\u00e9rapie et surmonter le biais cognitif typique. Dans ce traitement, \u00e9galement d\u00e9crit comme une &#8220;pharmacoth\u00e9rapie de rupture&#8221;, des doses subanesth\u00e9siques sont administr\u00e9es par voie intraveineuse 1 \u00e0 2 fois par semaine. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, six perfusions au total sont programm\u00e9es. En combinaison avec des benzodiaz\u00e9pines, l&#8217;efficacit\u00e9 est r\u00e9duite. Les effets secondaires peuvent inclure une dissociation, des vertiges, des naus\u00e9es, des vomissements et une augmentation de la pression art\u00e9rielle. Le traitement n&#8217;est pas indiqu\u00e9 en cas de sympt\u00f4mes psychotiques aigus, de troubles de la d\u00e9pendance avec consommation mixte, de maladies cardiaques et d&#8217;augmentation de la pression intraoculaire ainsi que de maladies d\u00e9mentielles.<\/p>\n<p>Depuis f\u00e9vrier 2020, le spray nasal \u00e0 la S-k\u00e9tamine de la soci\u00e9t\u00e9 Janssen (Spravato\u00ae) est \u00e9galement autoris\u00e9 en Suisse pour le traitement add-on des d\u00e9pressions r\u00e9sistantes au traitement. Les psychiatres posent l&#8217;indication et doivent obtenir une garantie de prise en charge avant le d\u00e9but du traitement.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-de-la-douleur-lies-au-stress\">Troubles de la douleur li\u00e9s au stress<\/h2>\n<p>La tendance, connue sous le nom de &#8220;crise des opio\u00efdes&#8221;, \u00e0 consommer des opio\u00efdes en grande quantit\u00e9 pour des indications \u00e0 remettre en question, avec pour cons\u00e9quence une augmentation rapide du nombre de cas de d\u00e9pendance et de toutes leurs complications, est un sujet de soci\u00e9t\u00e9, et pas seulement aux \u00c9tats-Unis. Le fentanyl, l&#8217;hydromorphone, la morphine, la m\u00e9thadone, l&#8217;oxycodone et la p\u00e9thidine sont \u00e9galement largement prescrits en Suisse. Les prescriptions ont \u00e9t\u00e9 multipli\u00e9es par 23 entre 1985 et 2015, passant de 18 \u00e0 421 mg par habitant et par an. Les chiffres sont donc 1,4 fois plus \u00e9lev\u00e9s que la moyenne europ\u00e9enne, et nous sommes tristement class\u00e9s au n\u00b07 mondial&nbsp;. La recommandation reste la m\u00eame : <strong>les opio\u00efdes ne doivent pas \u00eatre utilis\u00e9s pour traiter les douleurs chroniques, sauf en cas de cancer. <\/strong>Il convient en particulier de souligner que les opio\u00efdes ne sont<strong> pas efficaces contre les douleurs psychosomatiques et les troubles somatoformes douloureux <\/strong>.<\/p>\n<p>Les troubles de la douleur dont l&#8217;origine peut \u00eatre induite par le stress comprennent le syndrome de fibromyalgie, les c\u00e9phal\u00e9es de tension, les troubles somatoformes douloureux, le bruxisme ou le dysfonctionnement cranio-mandibulaire et les douleurs dorsales non radiculaires (souvent au niveau des cervicales et des lombaires). Le traitement de la douleur dans le cerveau est influenc\u00e9 par le &#8220;syst\u00e8me de traitement du stress&#8221;. Un dysfonctionnement de l&#8217;un peut donc affecter l&#8217;autre. Il n&#8217;est pas rare que le stress chronique, d\u00fb par exemple aux conditions de vie actuelles ou \u00e0 un traumatisme pr\u00e9coce, se fraie un chemin vers des douleurs chroniques.<\/p>\n<p>En cas de suspicion de somatisation, il vaut la peine d&#8217;explorer prudemment l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9. Une personnalit\u00e9 de base anxieuse, l&#8217;hyper\u00e9motivit\u00e9 et les intrusions\/flashbacks indiquent une vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue \u00e0 cet \u00e9gard. En outre, il peut \u00eatre utile de clarifier le degr\u00e9 de perfectionnisme, de suractivit\u00e9 (professionnelle) et d&#8217;orientation vers la performance. Le m\u00e9decin de confiance peut proc\u00e9der \u00e0 une exploration minutieuse des conditions de d\u00e9veloppement dans l&#8217;enfance et l&#8217;adolescence, non seulement en ce qui concerne les traumatismes psychologiques, mais aussi la n\u00e9gligence \u00e9motionnelle et l&#8217;exclusion pr\u00e9coce, ainsi que les exp\u00e9riences de douleur pr\u00e9coce d&#8217;origine m\u00e9dicale.<\/p>\n<p>Le cadre psychoth\u00e9rapeutique permet de clarifier les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation et les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation inadapt\u00e9es ainsi que la typologie de l&#8217;attachement. Les unit\u00e9s sp\u00e9cialis\u00e9es dans le traitement de la douleur chronique proposent une psycho\u00e9ducation, des m\u00e9thodes de relaxation, des psychoth\u00e9rapies de groupe et des entretiens individuels ainsi que des soins somatiques, de la physioth\u00e9rapie et du sport, le traitement des troubles du sommeil ainsi que des conseils sociaux et une (r\u00e9)int\u00e9gration au travail. Les th\u00e9rapies r\u00e9g\u00e9n\u00e9ratives passives, comme les massages, sont consid\u00e9r\u00e9es comme inefficaces. Les tests de stress bas\u00e9s sur le biofeedback (mise en \u00e9vidence de la tension musculaire, mesure de la variabilit\u00e9 du rythme cardiaque et de la r\u00e9sistance de conduction cutan\u00e9e) peuvent \u00eatre utiles en tant que marqueurs psychophysiologiques objectivants de la vuln\u00e9rabilit\u00e9 au stress et favoriser la compr\u00e9hension de la maladie. Les admissions dans les services sp\u00e9cialis\u00e9s se font g\u00e9n\u00e9ralement sur rendez-vous et apr\u00e8s un entretien pr\u00e9alable.<\/p>\n<h2 id=\"nouveaux-antipsychotiques-atypiques\">Nouveaux antipsychotiques atypiques<\/h2>\n<p>Les nouveaut\u00e9s (relatives) dans la classe des antipsychotiques oraux atypiques sont le brexpiprazole (Rexulti\u00ae) et la cariprazine (Reagila\u00ae).<span style=\"color:rgb(255, 0, 0)\"> <\/span>a \u00e9t\u00e9 autoris\u00e9 en Suisse. Les deux m\u00e9dicaments sont indiqu\u00e9s dans la schizophr\u00e9nie chez l&#8217;adulte. Le brexpiprazole a une affinit\u00e9 de liaison similaire \u00e0 celle de l&#8217;aripiprazole en ce qui concerne le profil des r\u00e9cepteurs. Le profil d&#8217;effets secondaires favorable (avec peu d&#8217;activation, peu de s\u00e9dation et peu de prise de poids) peut constituer un avantage. Il a une longue dur\u00e9e de vie (90 heures). La dose cible est de 2 \u00e0 4 mg par jour.<\/p>\n<p>La cariprazine, qui pr\u00e9sente \u00e9galement une bonne tol\u00e9rance, est particuli\u00e8rement indiqu\u00e9e dans le <strong>traitement des sympt\u00f4mes n\u00e9gatifs de la schizophr\u00e9nie<\/strong>. Aux \u00c9tats-Unis, il est \u00e9galement autoris\u00e9 pour le traitement des sympt\u00f4mes maniaques. C&#8217;est un agoniste partiel des r\u00e9cepteurs D2 de la dopamine et (10 fois plus) des r\u00e9cepteurs D3, avec une liaison pr\u00e9f\u00e9rentielle \u00e0 ces derniers. La dur\u00e9e de vie est de 50 \u00e0 100 heures et la dose maximale est de 6 mg par jour.<\/p>\n<p>L&#8217;as\u00e9napine (Sycrest\u00ae) est un autre neuroleptique oral atypique r\u00e9cent pour le traitement des \u00e9pisodes maniaques aigus, mod\u00e9r\u00e9s et s\u00e9v\u00e8res du trouble bipolaire I chez l&#8217;adulte. Les effets secondaires peuvent se manifester sous forme d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et de somnolence. Il n&#8217;existe pas encore de donn\u00e9es sur la prophylaxie de phase. Dans la plupart des cas, le traitement d&#8217;une manie aigu\u00eb est complexe et peut \u00eatre long, de sorte qu&#8217;une hospitalisation est g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9cessaire.<\/p>\n<h2 id=\"le-burnout-dans-la-cim-11\">Le burnout dans la CIM 11<\/h2>\n<p>La CIM-11 (dont l&#8217;entr\u00e9e en vigueur est pr\u00e9vue pour janvier 2022) d\u00e9finit le burnout dans le &#8220;Chapitre 24 : Facteurs influen\u00e7ant la sant\u00e9 ou l&#8217;utilisation des services de sant\u00e9\/Probl\u00e8mes li\u00e9s au travail ou au ch\u00f4mage&#8221; comme suit :  [QD85 (qualifying diagnosis)]  &#8220;Le burnout est un syndrome d\u00fb \u00e0 un stress chronique au travail qui n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 g\u00e9r\u00e9 avec succ\u00e8s&#8221;. Les sympt\u00f4mes incluent<\/p>\n<p>A. Le sentiment de perte d&#8217;\u00e9nergie et d&#8217;\u00e9puisement, accompagn\u00e9 de<br \/>\nPar exemple, une distance mentale croissante par rapport au travail ou des sentiments de n\u00e9gativisme ou de cynisme \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du travail, ce qui peut entra\u00eener une perte de confiance en soi.<br \/>\nC. une r\u00e9duction de la capacit\u00e9 professionnelle<\/p>\n<p>Le burnout se r\u00e9f\u00e8re sp\u00e9cifiquement \u00e0 des ph\u00e9nom\u00e8nes dans le contexte du travail et ne doit pas \u00eatre appliqu\u00e9 \u00e0 des exp\u00e9riences dans d&#8217;autres domaines de la vie. La CIM-11 se r\u00e9f\u00e8re ainsi \u00e0 la &#8220;d\u00e9finition du burnout selon Maslach &amp; Jackson&#8221; de 1981 [7].  <strong>Comme pr\u00e9c\u00e9demment, le burnout n&#8217;est pas formellement un diagnostic psychiatrique principal.<\/strong>  Cependant, il est parfois plus facile pour les personnes concern\u00e9es d&#8217;utiliser le terme de burnout que d&#8217;autres diagnostics, tels que la d\u00e9pression ou l&#8217;accentuation de la personnalit\u00e9, pour ensuite chercher une aide appropri\u00e9e.<\/p>\n<h2 id=\"la-sante-mentale-pendant-la-pandemie\">La sant\u00e9 mentale pendant la pand\u00e9mie<\/h2>\n<p>Au d\u00e9but de l&#8217;ann\u00e9e, l&#8217;OMS \u00e9crivait : &#8220;Alors que la pand\u00e9mie de coronavirus se propage rapidement dans le monde entier, elle suscite une peur <strong>, une inqui\u00e9tude et un malaise<\/strong> consid\u00e9rables <strong>dans la population en g\u00e9n\u00e9ral<\/strong>.  et en particulier chez certains groupes tels que les personnes \u00e2g\u00e9es, les aidants et les soignants, ainsi que les personnes ayant des ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux. En ce qui concerne la sant\u00e9 mentale de la population, des taux \u00e9lev\u00e9s de stress ou d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sont actuellement l&#8217;impact psychologique pr\u00e9dominant. Mais avec l&#8217;introduction de certaines mesures et leurs effets &#8211; notamment la quarantaine et ses cons\u00e9quences sur les activit\u00e9s habituelles, les routines ou les moyens de subsistance des personnes &#8211; il faut \u00e9galement s&#8217;attendre \u00e0 une augmentation des taux de solitude, de d\u00e9pression, de consommation nocive d&#8217;alcool et de drogues et de comportements autodestructeurs ou suicidaires&#8221;. Une augmentation de la violence domestique est \u00e0 craindre. Les enfants souffrent \u00e9galement de ces nouvelles conditions de vie quotidienne, et ne peuvent parfois pas mettre en perspective les soucis qu&#8217;ils per\u00e7oivent dans leur entourage. L&#8217;isolement et la solitude constituent des facteurs de risque pour le d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur de maladies mentales. En cas d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sociale pr\u00e9existante, mais aussi de troubles obsessionnels compulsifs, des difficult\u00e9s apparaissent car des comportements consid\u00e9r\u00e9s auparavant comme des comportements d&#8217;\u00e9vitement deviennent soudain non seulement utiles, mais obligatoires. Pour ne pas perdre ses rep\u00e8res dans la situation actuelle, encore inhabituelle, il faut faire preuve de cr\u00e9ativit\u00e9 dans la cr\u00e9ation de nouvelles mesures de soutien. La t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine et les activit\u00e9s de groupe adapt\u00e9es ainsi que les interventions pr\u00e9coces en cas d&#8217;indices de danger pour l&#8217;int\u00e9grit\u00e9 physique et psychique offrent un soutien.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Des interventions comme ASSIP peuvent r\u00e9duire consid\u00e9rablement le risque de suicide.<\/li>\n<li>Le traitement \u00e0 domicile permet d&#8217;\u00e9viter l&#8217;environnement souvent per\u00e7u comme stressant d&#8217;un service de soins psychiatriques aigus, mais il soulage moins les proches.<\/li>\n<li>En cas de d\u00e9pression r\u00e9sistante au traitement, la k\u00e9tamine est un m\u00e9dicament bien connu pour le traitement compl\u00e9mentaire avec un bon effet antisocial.<\/li>\n<li>Pour ne pas perdre le nord dans la situation pand\u00e9mique actuelle, il faut faire preuve de cr\u00e9ativit\u00e9 dans la cr\u00e9ation de nouvelles mesures de soutien. La t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine et les activit\u00e9s de groupe adapt\u00e9es ainsi que les interventions pr\u00e9coces offrent un soutien.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<ul>\n<li>Gysin-Maillart A, et al : A Novel Brief Therapy for Patients Who Attempt Suicide : A 24-months follow-up randomized controlled study of the Attempted Suicide Short Intervention Program (ASSIP). PLoS Med 2016 Mar 1 ; 13(3).<\/li>\n<li>Stulz N, et al : Home treatment for acute mental healthcare : randomised controlled trial. Br J Psychiatry 2019 Mar 13 : 1-8.<\/li>\n<li>Bozymski KM, Crouse EL, Titus-Lay EN, et al. : Esketamine : A Novel Option for Treatment-Resistant Depression. Ann Pharmacother 2020 Jun ; 54(6) : 567-576.<\/li>\n<li>Ruchat D, et al. : Consommation d&#8217;opio\u00efdes entre 1985 et 2015 : chiffres suisses et mise en perspective internationale. Rev Med Suisse 2018 ; 14 : 1262-1266.<\/li>\n<li>CIM-11 for Mortality and Morbidity Statistics, version 09\/2020.<\/li>\n<li>Loades ME, Chatburn E, Higson-Sweeney N, et al. : Rapid Systematic Review : The Impact of Social Isolation and Loneliness on the Mental Health of Children and Adolescents in the Context of COVID-19. J Am Acad Child Adolesc Psychiatry 2020 ; S0890-8567(20)30337-3.<\/li>\n<li>Maslach C, Jackson SE : The measurement of experienced burnout. Journal of Organizational Behavior 1981 ; doi : 10.1002\/job.4030020205.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2020 ; 15(12) : 4-7<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Des interventions telles que l&#8217;&#8221;Attempted Suicide Short Intervention&#8221; (ASSIP) peuvent r\u00e9duire consid\u00e9rablement le risque de suicide. 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