{"id":333274,"date":"2020-10-06T14:00:00","date_gmt":"2020-10-06T12:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/augmenter-ou-diminuer-les-medicaments\/"},"modified":"2020-10-06T14:00:00","modified_gmt":"2020-10-06T12:00:00","slug":"augmenter-ou-diminuer-les-medicaments","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/augmenter-ou-diminuer-les-medicaments\/","title":{"rendered":"Augmenter ou diminuer les m\u00e9dicaments ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les patients atteints de COVID-19 courent-ils un risque accru s&#8217;ils souffrent d&#8217;une maladie pulmonaire chronique ? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est un &#8220;non&#8221; cat\u00e9gorique. Les patients asthmatiques sont relativement bien lotis par rapport \u00e0 leurs camarades souffrant de BPCO ou de pneumopathie interstitielle. Quoi qu&#8217;il en soit, Corona n&#8217;est pas une raison pour interrompre un traitement existant.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Dans une \u00e9tude portant sur 1 150 patients d\u00e9c\u00e9d\u00e9s de COVID-19 dans deux h\u00f4pitaux de New York, 8 % pr\u00e9sentaient de l&#8217;asthme et 9 % une bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ou une pneumopathie interstitielle [1], en termes de comorbidit\u00e9s. Cela refl\u00e8te \u00e0 peu pr\u00e8s la pr\u00e9valence de ces maladies dans la population g\u00e9n\u00e9rale. Mais si l&#8217;on consid\u00e8re qui, parmi ces patients, pr\u00e9sente r\u00e9ellement un risque accru de mortalit\u00e9, on constate que la BPCO et la pneumopathie interstitielle \u00e9taient nettement plus touch\u00e9es. &#8220;Parce que c&#8217;est une maladie destructrice qui prive aussi un peu l&#8217;homme de la possibilit\u00e9 de r\u00e9agir \u00e0 une telle infection virale. Ce n&#8217;est pas le cas de l&#8217;asthme&#8221;, a expliqu\u00e9 le professeur Roland Buhl, directeur de l&#8217;unit\u00e9 de pneumologie \u00e0 la m\u00e9decine universitaire de Mayence (Allemagne). Ces chiffres ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 confirm\u00e9s par un autre travail r\u00e9cent r\u00e9alis\u00e9 en Angleterre [2], dans lequel 17 millions de personnes ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9es, dont environ 10 900 personnes d\u00e9c\u00e9d\u00e9es de COVID-19. Le r\u00e9sultat : plus l&#8217;\u00e2ge est \u00e9lev\u00e9, plus le risque de mortalit\u00e9 est important, le sexe masculin et un poids corporel \u00e9lev\u00e9 \u00e9tant associ\u00e9s \u00e0 un risque plus \u00e9lev\u00e9 et donc au diab\u00e8te. Les maladies respiratoires chroniques pr\u00e9sentaient \u00e9galement un risque nettement plus \u00e9lev\u00e9 &#8211; \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;asthme : dans ce cas, seules les formes tr\u00e8s graves, qui n\u00e9cessitent souvent de la cortisone, se distinguaient.<\/p>\n<h2 id=\"risque-accru-de-mortalite-asthme-non-bpco-oui\">Risque accru de mortalit\u00e9 : asthme non, BPCO oui<\/h2>\n<p>En ce qui concerne les cons\u00e9quences sur le traitement de l&#8217;asthme, l&#8217;incertitude est toujours de mise, car la cortisone est souvent condamn\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale. C&#8217;est faux, a pr\u00e9cis\u00e9 l&#8217;expert. Selon le guide actuel du GINA, toutes les substances utilis\u00e9es pour traiter l&#8217;asthme doivent continuer \u00e0 \u00eatre administr\u00e9es en cas d&#8217;infection par le SRAS-CoV-2 : &#8220;Les cortico\u00efdes inhal\u00e9s, les bronchodilatateurs, qu&#8217;il s&#8217;agisse de b\u00eata-agonistes ou d&#8217;anticholinergiques, les produits biologiques et m\u00eame la cortisone orale peuvent \u00eatre pris par les patients sans diminution&#8221;.<\/p>\n<p>Toujours en Angleterre, des patients n\u00e9cessitant une hospitalisation pour une maladie COVID-19 ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s avec de fortes doses de dexam\u00e9thasone, un cortico\u00efde tr\u00e8s efficace (jusqu&#8217;\u00e0 6&nbsp;mg par jour pendant 10 jours) [3]. Le traitement a permis de r\u00e9duire l\u00e9g\u00e8rement la mortalit\u00e9 chez tous les patients, mais de mani\u00e8re significative (35%) chez les patients les plus gravement atteints qui ont eu besoin d&#8217;une assistance respiratoire. Buhl, la cortisone est donc en soi un m\u00e9dicament que l&#8217;on peut tout \u00e0 fait utiliser dans le cas de la COVID-19 si l&#8217;indication est prouv\u00e9e.<\/p>\n<p>En revanche, la prudence est de mise avec les n\u00e9buliseurs : Toutes les proc\u00e9dures impliquant la g\u00e9n\u00e9ration d&#8217;un a\u00e9rosol ne devraient \u00eatre utilis\u00e9es que dans des cas justifi\u00e9s. Le pneumologue a fait r\u00e9f\u00e9rence aux a\u00e9rosols doseurs qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9s avec des dispositifs d&#8217;inhalation \u00e0 grand volume (spacers) en cas d&#8217;exacerbation et qui sont tout aussi efficaces. Mais dans tous les cas, il faut veiller \u00e0 porter un masque facial ajust\u00e9 afin de prot\u00e9ger les m\u00e9decins, le personnel soignant et les proches.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-14651\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/abb1_pa3_s20.png\" style=\"height:451px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"826\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"double-effet-immunosuppresseur\">Double effet immunosuppresseur ?<\/h2>\n<p>Qu&#8217;en est-il de l&#8217;asthme s\u00e9v\u00e8re &#8211; les m\u00e9dicaments biologiques ont-ils un effet immunosuppresseur chez les patients COVID ? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est non. L\u00e0 encore, la recommandation est clairement de poursuivre le traitement biologique et de ne pas arr\u00eater brutalement les OCS prescrits.<\/p>\n<p>Actuellement, nous disposons de cinq agents biologiques pour le traitement de l&#8217;asthme, dont quatre &#8211; le dupilumab anti-IL-4(R) et le mepolizumab, le reslizumab et le benralizumab anti-IL-5(R) &#8211; pour l&#8217;asthme \u00e9osinophile. Il existe des donn\u00e9es initiales provenant de Chine [4], selon lesquelles une \u00e9osinop\u00e9nie est observ\u00e9e dans le cadre d&#8217;une infection par le SRAS-CoV-2. Comme le nombre d&#8217;\u00e9osinophiles est tr\u00e8s bas chez les personnes gravement malades, on craint qu&#8217;elles soient encore plus vuln\u00e9rables aux anticorps, qui r\u00e9duisent \u00e9galement le nombre d&#8217;\u00e9osinophiles. &#8220;Non&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 le professeur Buhl pour lever l&#8217;alerte : &#8220;Car ici, le faible nombre d&#8217;\u00e9osinophiles refl\u00e8te la gravit\u00e9 de l&#8217;infection et de l&#8217;inflammation, mais n&#8217;est pas directement pathog\u00e8ne&#8221;. Des \u00e9valuations ont montr\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y a pas de risque accru d&#8217;infection virale sous un tel traitement. Les recommandations des soci\u00e9t\u00e9s savantes sont donc ici aussi de poursuivre les traitements biologiques, si possible davantage via l&#8217;auto-injection et la t\u00e9l\u00e9m\u00e9decine, et en cas de doute, de commencer par allonger l&#8217;intervalle entre les doses.<\/p>\n<h2 id=\"-4\">&nbsp;<\/h2>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14652 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/10\/kasten_pa3_s21.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 713px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 713\/632;height:355px; width:400px\" width=\"713\" height=\"632\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<h2 id=\"-5\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"continuer-les-antifibrosants\">Continuer les antifibrosants<\/h2>\n<p>La m\u00eame r\u00e8gle s&#8217;applique \u00e0 la BPCO : Le traitement inhal\u00e9, qui a fait ses preuves, doit \u00eatre maintenu. En g\u00e9n\u00e9ral, cependant, ces patients sont plus susceptibles d&#8217;\u00eatre infect\u00e9s par le SRAS-CoV-2 que les cas d&#8217;asthme. GOLD recommande donc vivement de suivre les recommandations locales sur le comportement \u00e0 adopter pour minimiser le risque d&#8217;infection et de demander un avis m\u00e9dical en cas de signes d&#8217;infection. De plus, il n&#8217;existe pas de preuves scientifiques en faveur de l&#8217;arr\u00eat du traitement par corticost\u00e9ro\u00efdes inhal\u00e9s (ou oraux) chez les patients atteints de BPCO pendant la pand\u00e9mie de COVID-19. En cas de doute, il est conseill\u00e9 d&#8217;assurer une oxyg\u00e9noth\u00e9rapie si n\u00e9cessaire et, bien entendu, de consulter un m\u00e9decin \u00e0 un stade pr\u00e9coce.<\/p>\n<p>Si une immunosuppression est indiqu\u00e9e en cas de pneumopathie interstitielle, elle doit \u00eatre poursuivie. Cela \u00e9vite de recourir \u00e0 des th\u00e9rapies de secours \u00e0 haute dose. En cas d&#8217;infection par le SRAS-CoV-2, il peut \u00eatre n\u00e9cessaire d&#8217;interrompre le traitement, &#8220;tout en continuant les antifibrosants qui ne sont pas immunosuppresseurs&#8221;, explique le professeur Buhl. Et bien s\u00fbr, si un patient d\u00e9veloppe une maladie COVID-19 et rencontre des probl\u00e8mes, il faut envisager un traitement symptomatique.<\/p>\n<p><em>Source : StreamedUp PneumoLive : COVID-19 III, Livestream 28.07.2020.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Cummings MJ, et al : Lancet 2020 ; 395(10239) : 1763-1770.<\/li>\n<li>Williamson EJ, et al : Nature 2020 ; doi : 10.1038\/s41586-020-2521-4.<\/li>\n<li>Horby P, et al : N Engl J Med 2020 ; doi : 10.1056\/NEJMoa2021436.<\/li>\n<li>Zhang JJ, et al : Allergy 2020 ; 75(7) : 1730-1741 ; doi : 10.1111\/all.14238.<\/li>\n<\/ol>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les patients atteints de COVID-19 courent-ils un risque accru s&#8217;ils souffrent d&#8217;une maladie pulmonaire chronique ? La r\u00e9ponse \u00e0 cette question est un &#8220;non&#8221; cat\u00e9gorique. 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