{"id":333481,"date":"2020-09-07T02:00:00","date_gmt":"2020-09-07T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/les-patients-au-bord-du-gouffre-une-mise-a-jour\/"},"modified":"2020-09-07T02:00:00","modified_gmt":"2020-09-07T00:00:00","slug":"les-patients-au-bord-du-gouffre-une-mise-a-jour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/les-patients-au-bord-du-gouffre-une-mise-a-jour\/","title":{"rendered":"Les patients au bord du gouffre : une mise \u00e0 jour"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les tendances suicidaires sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 des maladies mentales, en particulier \u00e0 la d\u00e9pression. Souvent, les tendances suicidaires &#8220;se cachent&#8221; derri\u00e8re des troubles somatiques et d&#8217;autres troubles m\u00e9dicaux. Mais un risque suicidaire doit \u00eatre d\u00e9tect\u00e9 \u00e0 un stade pr\u00e9coce et des mesures appropri\u00e9es doivent \u00eatre prises.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les tendances suicidaires sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 des maladies mentales, en particulier \u00e0 la d\u00e9pression. Un risque de suicide doit \u00eatre identifi\u00e9 \u00e0 un stade pr\u00e9coce afin de prendre les mesures appropri\u00e9es. La fr\u00e9quence des suicides (hors assistance au suicide) a l\u00e9g\u00e8rement diminu\u00e9 en Suisse au cours des 20 derni\u00e8res ann\u00e9es, le total des suicides ayant l\u00e9g\u00e8rement augment\u00e9 depuis 2005 en raison de la forte hausse des suicides assist\u00e9s.<strong>  (Fig.&nbsp;1).<\/strong>  Avec environ 1000 suicides par an, la Suisse enregistre encore trois \u00e0 quatre fois plus de d\u00e9c\u00e8s par suicide que par accident de la route.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-14225\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19.png\" style=\"height:357px; width:400px\" width=\"915\" height=\"816\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19.png 915w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19-800x713.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19-120x107.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19-90x80.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19-320x285.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb1_hp7_s19-560x499.png 560w\" sizes=\"(max-width: 915px) 100vw, 915px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les hommes seuls d&#8217;\u00e2ge m\u00fbr (\u00e0 partir de 70 ans) sont particuli\u00e8rement expos\u00e9s. Parmi les 1043 suicides accomplis en 2017, les m\u00e9thodes de suicide les plus fr\u00e9quentes sont la pendaison (17%), les chutes de grande hauteur (13,4%) et les armes \u00e0 feu (9,6%), tandis que l&#8217;empoisonnement n&#8217;intervient plus que dans 6% des suicides, ce qui repr\u00e9sente environ la moiti\u00e9 des chiffres de 1999. La noyade a \u00e9galement diminu\u00e9 en importance et en fr\u00e9quence.<\/p>\n<h2 id=\"distinction-en-trois-groupes\">Distinction en trois groupes<\/h2>\n<p>On peut distinguer trois groupes de personnes pr\u00e9sentant un risque suicidaire clairement accru : Les personnes souffrant de maladies psychiques, les personnes en situation de crise aigu\u00eb r\u00e9sultant de changements situationnels, biographiques ou traumatiques, et les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 eu une r\u00e9action suicidaire dans leur vie ou qui ont d\u00e9j\u00e0 fait des tentatives de suicide ou travers\u00e9 des crises suicidaires [1].<\/p>\n<ol>\n<li><strong>les personnes souffrant de maladies mentales :<\/strong> D&#8217;apr\u00e8s les autopsies psychologiques r\u00e9alis\u00e9es apr\u00e8s des suicides [2], nous savons que 90% des personnes concern\u00e9es pr\u00e9sentaient des sympt\u00f4mes de maladie mentale avant leur d\u00e9c\u00e8s. Les troubles affectifs \u00e9taient les plus fr\u00e9quents (43%), surtout les d\u00e9pressions, suivis par les addictions, en particulier \u00e0 l&#8217;alcool (26%), les troubles de la personnalit\u00e9 (16%), les troubles psychotiques (9%) et les troubles de l&#8217;adaptation, y compris les troubles du comportement. Anxi\u00e9t\u00e9 et troubles somatoformes (6%). 30 \u00e0 40% souffraient d&#8217;une maladie somatique au moment du suicide, principalement des carcinomes et des syndromes douloureux chroniques.<\/li>\n<li><strong>les personnes en situation de crise :<\/strong> Il s&#8217;agit notamment de crises relationnelles ou de la perte d&#8217;un partenaire. les vexations, souvent dans le contexte professionnel, ainsi que la perte de l&#8217;espace de vie social, culturel, politique, les crises d&#8217;identit\u00e9, le ch\u00f4mage chronique et la p\u00e9riode suivant une sortie d&#8217;h\u00f4pital, notamment psychiatrique<\/li>\n<li><strong>Les personnes qui ont d\u00e9j\u00e0 eu une r\u00e9action suicidaire au cours de leur vie : <\/strong>Les personnes suicidaires vivent souvent leur d\u00e9tresse psychologique insupportable, \u00e9galement d\u00e9crite comme une &#8220;douleur mentale&#8221;, comme un traumatisme qui est stock\u00e9 dans leur v\u00e9cu et leurs actions et qui peut \u00eatre r\u00e9activ\u00e9 comme un &#8220;mode suicidaire&#8221; \u00e0 chaque prochaine crise suicidaire [3]. Sans surprise, la &#8220;douleur mentale&#8221; (Mental Pain), est un th\u00e8me r\u00e9current dans les lettres d&#8217;adieu.<\/li>\n<\/ol>\n<h2 id=\"attitudes-et-modeles-face-au-suicide\">Attitudes et mod\u00e8les face au suicide<\/h2>\n<p>L&#8217;approche du ph\u00e9nom\u00e8ne suicidaire peut \u00eatre marqu\u00e9e par deux p\u00f4les d&#8217;action oppos\u00e9s :  <em>Toute-puissance<\/em>  (&#8220;S. n&#8217;est pas un sujet dans ma pratique&#8221;, &#8220;S. n&#8217;appara\u00eet pas dans ma pratique&#8221;) et  <em>Impuissance  <\/em>(&#8220;De toute fa\u00e7on, je ne peux pas emp\u00eacher S.&#8221;, &#8220;S. me fait peur&#8230;&#8221;) ; ces deux attitudes ne rendent pas justice aux personnes suicidaires et se r\u00e9v\u00e8lent peu utiles, voire mortelles, dans la pratique. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les personnes en crise suicidaire ne souhaitent pas mourir et ne se suicident certainement pas &#8220;volontiers&#8221;. Ils sont beaucoup plus susceptibles de ne pas supporter leur vie dans la crise aigu\u00eb, de ne pas vouloir continuer \u00e0 vivre &#8220;comme \u00e7a&#8221; et donc de chercher souvent d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment des moyens de mettre fin \u00e0 leur d\u00e9tresse psychologique. Par cons\u00e9quent, s&#8217;il y a le moindre soup\u00e7on de suicidalit\u00e9 chez un patient, il faut en parler imm\u00e9diatement. Une id\u00e9e archa\u00efque selon laquelle les personnes auxquelles on parle d&#8217;id\u00e9es suicidaires sont &#8220;d&#8217;autant plus&#8221; motiv\u00e9es \u00e0 le faire s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e \u00eatre un mythe depuis longtemps ! De m\u00eame, la pr\u00e9sence d&#8217;id\u00e9es suicidaires n&#8217;indique pas en soi d&#8217;\u00e9ventuels actes suicidaires ult\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Il peut \u00eatre utile d&#8217;utiliser certains mod\u00e8les pour comprendre les personnes en crise suicidaire. Ceux-ci vivent souvent subjectivement leurs probl\u00e8mes psychologiques comme trois fois &#8220;u&#8221;, comme : insupportable (douleur morale), infini (qui dure longtemps) et in\u00e9vitable (incontr\u00f4lable). Selon le mod\u00e8le du cube de Shneidman [4], la probabilit\u00e9 d&#8217;un acte suicidaire augmente de mani\u00e8re lin\u00e9aire et cumulative : plus la douleur mentale (Mental Pain) est \u00e9lev\u00e9e, plus la pression psychique (External Stressors) est grande et plus l&#8217;agitation int\u00e9rieure (Perturbation) est importante chez la personne concern\u00e9e. Selon une th\u00e9orie interpersonnelle [5], la suicidalit\u00e9 aigu\u00eb est plus fr\u00e9quente en cas de perte d&#8217;appartenance (solitude), associ\u00e9e \u00e0 la perception subjective d&#8217;\u00eatre un fardeau pour soi-m\u00eame et pour les autres et au sentiment de d\u00e9sespoir li\u00e9 \u00e0 cet \u00e9tat.<\/p>\n<p>Le risque de suicide ne r\u00e9sulte pas seulement de la situation actuelle (\u00e9v\u00e9nement de la vie ou maladie mentale) en tant que variable &#8220;\u00e9tat&#8221;, mais aussi de caract\u00e9ristiques souvent inn\u00e9es ou acquises t\u00f4t dans la biographie qui augmentent la vuln\u00e9rabilit\u00e9 ou l&#8217;impulsivit\u00e9 (variables &#8220;trait&#8221;), telles que les s\u00e9quelles d&#8217;abus ou de n\u00e9gligence, les maladies neurologiques de base ou les traumatismes cr\u00e2niens, l&#8217;abus familial de substances ou les suicides violents fr\u00e9quents dans la famille. Ces derniers sont notamment associ\u00e9s \u00e0 une baisse de l&#8217;activit\u00e9 s\u00e9rotoninergique [6]. Inversement, les personnes ayant une activit\u00e9 s\u00e9rotoninergique \u00e9lev\u00e9e ou d&#8217;autres caract\u00e9ristiques protectrices, souvent d\u00e9termin\u00e9es g\u00e9n\u00e9tiquement, n&#8217;ont pas la capacit\u00e9 de se suicider du tout.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14227 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/531;height:290px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"531\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20-800x386.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20-120x58.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20-90x43.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20-320x154.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel1_hp7_s20-560x270.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, il n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 possible de trouver des preuves d&#8217;un mod\u00e8le qui explique tout. Il n&#8217;existe pas non plus de mod\u00e8le global cliniquement &#8220;valable&#8221;. Les mod\u00e8les de crise les plus \u00e9prouv\u00e9s dans la pratique clinique quotidienne sont ceux qui d\u00e9crivent les crises suicidaires, par exemple la &#8220;crise traumatique&#8221; [7] apr\u00e8s des \u00e9v\u00e9nements soudains ou la &#8220;crise de d\u00e9veloppement&#8221; [8], qui ne se manifeste que quelques jours ou semaines apr\u00e8s l&#8217;\u00e9v\u00e9nement d\u00e9clencheur :<\/p>\n<p>Dans le cas d&#8217;une crise traumatique, l&#8217;\u00e9v\u00e9nement peut \u00eatre nomm\u00e9 et le stress se manifeste de mani\u00e8re soudaine. Le stade aigu dans l&#8217;exp\u00e9rience de 4 \u00e0 6 semaines d&#8217;\u00e9volution est &#8220;pr\u00e9coce&#8221;, c&#8217;est-\u00e0-dire au moment o\u00f9 les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation n&#8217;ont pas encore \u00e9t\u00e9 appliqu\u00e9es. Les catastrophes naturelles, l&#8217;exp\u00e9rience de la violence physique, la mort, la maladie, l&#8217;invalidit\u00e9 ou le contexte de la s\u00e9paration des relations ou de l&#8217;infid\u00e9lit\u00e9 sont des exemples de causes de crises traumatiques.<\/p>\n<p>Les crises traumatiques d\u00e9bouchent g\u00e9n\u00e9ralement un peu moins souvent sur des tentatives de suicide ou des actes suicidaires que les crises d\u00e9veloppementales. Dans les crises de d\u00e9veloppement, le d\u00e9clencheur n&#8217;est pas toujours conscient, l&#8217;\u00e9volution se fait sur plusieurs jours ou semaines, la dur\u00e9e est variable ; le stade aigu survient &#8220;tardivement&#8221;, lorsque les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation disponibles ont \u00e9t\u00e9 &#8220;\u00e9puis\u00e9es&#8221;. Exemples : Ch\u00f4mage, changement de poste ou promotion (m\u00eame s&#8217;il n&#8217;y a pas eu de promotion : vexation), retraite, famille, conflits de couple, d\u00e9part de la maison, grossesse, etc.<\/p>\n<p>La plupart du temps, la crise suicidaire est pr\u00e9c\u00e9d\u00e9e de probl\u00e8mes psychologiques importants (facteurs de stress) auxquels la personne concern\u00e9e tente de faire face en mobilisant et en utilisant les mesures d&#8217;adaptation disponibles. La situation s&#8217;aggrave lorsque le niveau de stress g\u00e9n\u00e9ral de la personne concern\u00e9e est d\u00e9j\u00e0 \u00e9lev\u00e9 et encore plus lorsque, selon le mod\u00e8le de vuln\u00e9rabilit\u00e9 au stress [9], une vuln\u00e9rabilit\u00e9 accrue est pr\u00e9sente, comme dans le mod\u00e8le des traits d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment <strong>(fig.&nbsp;2). <\/strong>Souvent, il n&#8217;est pas possible de d\u00e9samorcer le facteur de stress et le stress persiste. D&#8217;autres strat\u00e9gies \u00e9chouent \u00e9galement \u00e0 surmonter le probl\u00e8me, jusqu&#8217;\u00e0 ce que les ressources et les r\u00e9serves d&#8217;\u00e9nergie de la personne concern\u00e9e s&#8217;\u00e9puisent progressivement. Si le &#8220;seuil du supportable&#8221; individuel est d\u00e9pass\u00e9 sous l&#8217;effet de ce stress chronique, un \u00e9tat d&#8217;exception se produit, qui peut ensuite conduire \u00e0 une suicidalit\u00e9 aigu\u00eb et, dans certaines circonstances, \u00e0 des actes suicidaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14228 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/823;height:449px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"823\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-800x600.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-320x240.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-300x225.png 300w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-120x90.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-90x68.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb2_hp7_s21-560x420.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La suicidalit\u00e9 aigu\u00eb survient lorsque le seuil du tol\u00e9rable est d\u00e9pass\u00e9 pendant une p\u00e9riode prolong\u00e9e, g\u00e9n\u00e9rant ainsi un \u00e9tat de stress chronique qui est ressenti par la personne concern\u00e9e comme un \u00e9tat d&#8217;exception insupportable et inacceptable pour le soi. Dans cette menace existentielle, la cascade de stress est d\u00e9clench\u00e9e et les impulsions de fuite et d&#8217;attaque sont toutes deux d\u00e9clench\u00e9es. En plus des conditions esquiss\u00e9es dans le mod\u00e8le du cube, d&#8217;autres conditions (par ex. la pr\u00e9sence d&#8217;un &#8220;d\u00e9sespoir&#8221; et d&#8217;un &#8220;isolement social&#8221; subjectif) jouent un r\u00f4le plus ou moins important avant qu&#8217;un acte suicidaire au sens strict ne se produise dans ce que l&#8217;on appelle le &#8220;mode suicidaire&#8221;. La plupart du temps, l&#8217;intention suicidaire s&#8217;accompagne d&#8217;une forte ambivalence et seul un \u00e9tat &#8220;dissociatif&#8221;, souvent induit par un manque de sommeil, des sympt\u00f4mes cons\u00e9cutifs au stress ou des substances alt\u00e9rant la conscience (p. ex. alcool, m\u00e9dicaments), &#8220;permet&#8221; \u00e0 la personne concern\u00e9e de passer de l&#8217;intention initiale (pulsion suicidaire) \u00e0 l&#8217;acte <strong>(fig.&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14229 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/971;height:530px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"971\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0-800x706.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0-120x106.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0-90x79.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0-320x282.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb3_hp7_s22_0-560x494.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"prevention-des-suicides\">Pr\u00e9vention des suicides<\/h2>\n<p>Selon un mod\u00e8le bas\u00e9 sur les phases, on peut distinguer 4&nbsp;types de processus suicidaires. Tentatives de suicide impulsives et souffrance cumul\u00e9e (a et b) comprennent ensemble 20 \u00e0 40% des cas, dont plus de 50% pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9s par un ensemble de mesures de pr\u00e9vention du suicide. Tentatives de suicide et suicides en cas d&#8217;\u00e9volution par pouss\u00e9es (c) repr\u00e9sentent ensemble 50 \u00e0 70% des cas, dont environ 50% pourraient \u00eatre \u00e9vit\u00e9s. Les 10% restants correspondent \u00e0 des suicides cons\u00e9cutifs \u00e0 une suicidalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e et persistante, dont font partie les suicides de bilan <strong>(fig.&nbsp;4).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14230 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/721;height:393px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"721\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24-800x524.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24-120x79.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24-90x59.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24-320x210.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb4_hp7_s24-560x367.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Selon cette vision, qui n&#8217;est pas irr\u00e9aliste, il serait possible d&#8217;\u00e9viter 400 \u00e0 500 suicides par an en Suisse sur les 1000 actuels.<\/p>\n<p>Dans la pr\u00e9vention du suicide, on distingue les mesures de pr\u00e9vention primaire, secondaire et tertiaire : Par pr\u00e9vention primaire, on entend les mesures qui rendent l&#8217;acc\u00e8s aux moyens auxiliaires plus difficile pour les personnes suicidaires ou qui en limitent la disponibilit\u00e9. Dans le cadre d&#8217;un programme prioritaire de pr\u00e9vention du suicide en cours depuis 2015 dans le canton de Zurich, sur la base d&#8217;un rapport d&#8217;experts  [10]  ont permis, par exemple, de mettre en \u0153uvre les mesures suivantes qui pourraient potentiellement sauver des vies : Rappels de m\u00e9dicaments \u00e0 domicile en collaboration avec les pharmacies et les drogueries, mesures de s\u00e9curit\u00e9 sur les ponts, les tours et les voies ferr\u00e9es ainsi que formations sur mesure pour les multiplicateurs, brochures d&#8217;information et autres mesures de communication et de mise en r\u00e9seau sensibilisantes (cf. www.suizidpr\u00e4vention-zh.ch).<\/p>\n<p>La pr\u00e9vention secondaire comprend notamment le traitement de la maladie sous-jacente qui a conduit \u00e0 la crise suicidaire. Dans le cadre de la campagne nationale &#8220;comment \u00e7a va ?&#8221; (www.wie-gehts-dir.ch), avec notamment le slogan &#8220;Parler peut sauver&#8221;, environ 25000 d\u00e9pliants ont \u00e9t\u00e9 mis en circulation dans le canton de Zurich en 2017. Une ligne d&#8217;assistance t\u00e9l\u00e9phonique pour la pr\u00e9vention du suicide a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 mise en place.<\/p>\n<p>Dans le cadre de la pr\u00e9vention tertiaire, une attention particuli\u00e8re devrait \u00eatre accord\u00e9e au suivi des tentatives de suicide. Comme on sait qu&#8217;il existe un risque de suicide environ 200 fois plus \u00e9lev\u00e9 que la moyenne de la population imm\u00e9diatement apr\u00e8s une hospitalisation dans un h\u00f4pital psychiatrique. Des conf\u00e9rences de transition, auxquelles sont invit\u00e9s des th\u00e9rapeutes ou des m\u00e9decins de premier recours, ont notamment \u00e9t\u00e9 mises en place pour assurer le suivi post-hospitalier. Il est \u00e9galement important de se concentrer sur les proches (voir www.trauernetz.ch).<\/p>\n<h2 id=\"acces-aux-personnes-en-crise-suicidaire\">Acc\u00e8s aux personnes en crise suicidaire<\/h2>\n<p>Les entretiens men\u00e9s apr\u00e8s des tentatives de suicide ont montr\u00e9 qu&#8217;outre les maladies mentales, les conflits relationnels comptent parmi les probl\u00e8mes les plus fr\u00e9quents qui conduisent \u00e0 des tentatives de suicide (71%). De m\u00eame, ces derniers sont, avec 45%, les &#8220;d\u00e9clencheurs&#8221; les plus fr\u00e9quents d&#8217;un acte suicidaire accompli [12]. Il est cependant difficile pour de nombreuses personnes suicidaires de faire part de leur d\u00e9tresse psychologique, d&#8217;une part parce qu&#8217;elles ne peuvent pas imaginer un b\u00e9n\u00e9fice, qu&#8217;elles ont peur des cons\u00e9quences ou qu&#8217;elles ont eu de mauvaises exp\u00e9riences dans la communication avec les personnes qui les aident. Cependant, le fait de ne pas pouvoir communiquer une douleur morale insupportable est corr\u00e9l\u00e9 au risque de suicide et \u00e0 la l\u00e9talit\u00e9 de l&#8217;acte suicidaire [13].<\/p>\n<p>Malheureusement, les personnes en crise suicidaire sont souvent confront\u00e9es au rejet ou au tabou. De plus, l&#8217;entourage r\u00e9agit souvent par l&#8217;impuissance, le surmenage ou m\u00eame la col\u00e8re. Dans leur entourage priv\u00e9, mais aussi de la part des professionnels, ils constatent souvent que l&#8217;on regarde ailleurs ou que l&#8217;on \u00e9coute ailleurs, que l&#8217;on minimise leurs plaintes ou que l&#8217;on leur donne des conseils bien intentionn\u00e9s (dormir dessus, attendre). En revanche, les personnes en crise suicidaire souhaitent que l&#8217;on s&#8217;adresse directement \u00e0 elles, que l&#8217;on prenne le temps de les \u00e9couter, que l&#8217;on prenne au s\u00e9rieux leur d\u00e9tresse\/probl\u00e8me, que l&#8217;on fasse preuve de compr\u00e9hension et que l&#8217;on demande des explications. Une &#8220;approche collaborative&#8221; s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e particuli\u00e8rement utile dans la pratique [14], c&#8217;est-\u00e0-dire une approche collaborative et coop\u00e9rative dans laquelle le m\u00e9decin et le patient se serrent les coudes et examinent ensemble l&#8217;\u00e9tat de la suicidalit\u00e9. Cela permet au m\u00e9decin de premier recours d&#8217;aborder plus facilement avec la personne concern\u00e9e ses propres sentiments et craintes (p. ex. concernant la s\u00e9curit\u00e9) <strong>(aper\u00e7u 1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14473 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/769;height:419px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"769\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0-800x559.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0-120x84.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0-90x63.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0-320x224.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht1_np5_s13_0-560x391.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>\nConform\u00e9ment aux lignes directrices sur le traitement des troubles affectifs, les mesures suivantes sont recommand\u00e9es pour la prise en charge du risque suicidaire : a) aborder directement la question du suicide ; et b) Intensifier l&#8217;engagement en temps et le lien th\u00e9rapeutique. Les indications suivantes peuvent \u00eatre comprises comme des signaux d&#8217;alarme possibles et \u00eatre abord\u00e9es avec tact <strong>(aper\u00e7u 2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14474 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/09\/ubersicht2_np5_s13.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/795;height:434px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"795\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"evaluation-de-la-suicidalite-quest-ce-qui-a-fait-ses-preuves-en-clinique\">\u00c9valuation de la suicidalit\u00e9 &#8211; qu&#8217;est-ce qui a fait ses preuves en clinique ?<\/h2>\n<p>Pour \u00e9valuer un risque concret de suicide, il est utile de v\u00e9rifier que ce qui est dit est coh\u00e9rent et compr\u00e9hensible. L&#8217;utilisation d&#8217;un questionnaire ou la pose d&#8217;une seule question g\u00e9n\u00e9rale ne sont g\u00e9n\u00e9ralement pas suffisantes. Les tentatives de suicide et les tendances suicidaires peuvent \u00eatre r\u00e9duites plus efficacement en abordant directement les personnes suicidaires sur leur \u00e9ventuelle tendance suicidaire &#8211; et pas seulement indirectement par le biais de leurs sympt\u00f4mes tels que le d\u00e9sespoir, l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 ou la d\u00e9pression. Pour tenir compte de cette situation, l&#8217;outil de visualisation clinique PRISM-S (Pictorial Representation of Illness and Self Measure &#8211; Suicidality) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 [15] <strong>(fig.&nbsp;5)<\/strong> PRISM-S aide \u00e0 \u00e9valuer la suicidalit\u00e9 de mani\u00e8re fiable, en fonction du patient et dans un d\u00e9lai utile.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14233 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/809;height:441px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"809\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24-800x588.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24-120x88.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24-320x235.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/abb5_hp7_s24-560x412.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Comme l&#8217;a montr\u00e9 une \u00e9tude portant sur des adultes de moins de 65 ans, PRISM-S permet de mesurer de mani\u00e8re fiable le risque actuel de suicide en moins de cinq minutes. L&#8217;instrument standardis\u00e9 se compose d&#8217;une plaque m\u00e9tallique A4 blanche avec un point jaune de sept centim\u00e8tres de diam\u00e8tre dans le coin inf\u00e9rieur droit et d&#8217;un disque en plastique noir. Conform\u00e9ment \u00e0 la &#8220;posture d&#8217;une \u00e9paule&#8221; communautaire [14], l&#8217;id\u00e9al est de s&#8217;asseoir \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du patient ou, comme c&#8217;est souvent le cas dans les cabinets de m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, \u00e0 une table perpendiculaire l&#8217;une \u00e0 l&#8217;autre. On explique au patient que la plaque repr\u00e9sente sa &#8220;vie&#8221; et que le cercle jaune repr\u00e9sente &#8220;lui-m\u00eame&#8221; (wording : le point jaune repr\u00e9sente &#8220;vous&#8221;). On montre ensuite le disque noir magn\u00e9tique de cinq centim\u00e8tres de diam\u00e8tre, introduit pour repr\u00e9senter &#8220;l&#8217;envie de se suicider&#8221;. Enfin, le patient est invit\u00e9 \u00e0 placer le &#8220;disque de suicidalit\u00e9&#8221; en r\u00e9pondant \u00e0 la question : &#8220;Quelle place occupe actuellement dans votre vie l&#8217;envie de mettre fin \u00e0 vos jours ? La distance entre le point jaune (patient) et le &#8220;disque de suicidalit\u00e9&#8221; est la mesure quantitative qui peut \u00eatre d\u00e9crite par &#8220;degr\u00e9 de risque de se suicider&#8221;. On demande ensuite au patient : &#8220;Qu&#8217;est-ce que cela signifie pour vous lorsque vous mettez \u00e0 cette place l&#8217;envie de mettre fin \u00e0 vos jours ?&#8221; Les expressions d\u00e9taill\u00e9es concr\u00e8tes qui suivent spontan\u00e9ment sont analys\u00e9es qualitativement et offrent un acc\u00e8s imm\u00e9diat et direct \u00e0 l&#8217;arri\u00e8re-plan des tendances suicidaires. L&#8217;instrument visuel PRISM-S mesure avec une fiabilit\u00e9 comparable \u00e0 celle d&#8217;autres \u00e9chelles standardis\u00e9es, comme l&#8217;ont montr\u00e9 une \u00e9tude de validation et une \u00e9tude RCT [15], mais il n&#8217;utilise pas l&#8217;habituelle (et souvent peu appr\u00e9ci\u00e9e) &#8220;manipulation de papier et de crayon&#8221;.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14234 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/601;height:328px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"601\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7-800x437.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7-120x66.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7-90x49.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7-320x175.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/fallbeispiel2_hp7-560x306.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La plupart du temps, PRISM-S donne une tr\u00e8s bonne id\u00e9e du niveau de risque actuel du patient en deux ou trois minutes. Concr\u00e8tement, le patient visualise sur le tableau sa propre relation avec son envie de se suicider. Le disque noir est positionn\u00e9 par les patients &#8211; conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;hypoth\u00e8se des auteurs &#8211; au point de rencontre entre le niveau de souffrance insupportable d&#8217;une part et leur r\u00e9silience disponible d&#8217;autre part. Il exprime en quelque sorte l&#8217;\u00e9quilibre actuel des deux tendances pour ou contre l&#8217;acte suicidaire, ce qui peut \u00eatre th\u00e9matis\u00e9 concr\u00e8tement dans le dialogue avec le patient. PRISM-S donne une impression visuelle simple de la mesure dans laquelle les personnes suicidaires se sentent elles-m\u00eames &#8220;menac\u00e9es&#8221; ou, en d&#8217;autres termes, de la mesure dans laquelle elles sont encore soutenues par leur &#8220;capacit\u00e9 de r\u00e9sistance&#8221; ou leurs ressources. L&#8217;utilisation de l&#8217;outil PRISM-S ne remplace \u00e9videmment pas l&#8217;entretien m\u00e9dico-psychologique, qui tient compte de l&#8217;exp\u00e9rience des professionnels et de leur &#8220;instinct&#8221;. Dans la pratique clinique, l&#8217;utilisation de PRISM-S chez les adultes (18-65 ans) a d\u00e9sormais fait ses preuves dans de nombreuses institutions psychiatriques en Suisse.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Le risque de suicide est plus \u00e9lev\u00e9 chez les personnes en situation de crise souffrant de maladies mentales et chez celles qui ont d\u00e9j\u00e0 eu une r\u00e9action suicidaire au cours de leur vie.<\/li>\n<li>Les \u00e9tats suicidaires sont souvent temporaires et s&#8217;accompagnent d&#8217;une forte ambivalence. Les actes suicidaires ne surviennent g\u00e9n\u00e9ralement que dans un \u00e9tat d&#8217;exception &#8220;dissociatif&#8221;.<\/li>\n<li>Avec un ensemble de mesures de pr\u00e9vention du suicide appliqu\u00e9es de mani\u00e8re coh\u00e9rente, il serait th\u00e9oriquement possible d&#8217;\u00e9viter \u00e0 l&#8217;avenir jusqu&#8217;\u00e0 50% des 1000 suicides annuels en Suisse.<\/li>\n<li>Pour \u00e9valuer un risque concret de suicide, il est utile d&#8217;aborder directement la question de la suicidalit\u00e9 et d&#8217;examiner ce qui est dit, par exemple \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;outil de visualisation PRISM S, afin de v\u00e9rifier si les propos sont coh\u00e9rents et compr\u00e9hensibles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Wolfersdorf M : Suicide et suicidalit\u00e9 d&#8217;un point de vue psychiatrique-psychoth\u00e9rapeutique. In : Psychoth\u00e9rapie en dialogue, 13e ann\u00e9e, 2, 2012 ; 2-7.<\/li>\n<li>Arsenault-Lapierre G, et al. : Psychiatric Diagnoses in 3275 Suicides : A Meta-Analysis BMC Psychiatry 2004 ; 4 : 37.<\/li>\n<li>Orbach I : Mental Pain and Suicide J Psychiatry Relat Sci 2003 ; 40(3) : 191-201.<\/li>\n<li>Shneidman ES : Une approche psychologique du suicide. In G. R. VandenBos &amp; B. K. Bryant (Eds.), Master lectures series. Cataclysmes, crises et catastrophes : la psychologie en action. American Psychological Association 1987 ; 147-183.<\/li>\n<li>Van Orden KA et al : The interpersonal theory of suicide. Psychol Rev 2010 ; 117(2) : 575-600.<\/li>\n<li>Van Heeringen K : Stress-Diathesis Model of Suicidal Behavior. In : Dwivedi Y, ed. La base neurobiologique du suicide. Boca Raton (FL) : CRC Press\/Taylor &amp; Francis 2012.<\/li>\n<li>Cullberg J : Crises et th\u00e9rapie de crise. Pratique psychiatrique 1978 : 25-30.<\/li>\n<li>Caplan G : Principles of preventive psychiatry. New York, Londres, Basic Books 1964.<\/li>\n<li>Zubin J, Spring B : Vuln\u00e9rabilit\u00e9 : une nouvelle vision de la schizophr\u00e9nie. Journal of Abnormal Psychology 1977 ; 86(2) : 103-126.<\/li>\n<li>Ajdacic V, et al. : Rapport d&#8217;experts \u00e0 l&#8217;attention du Conseil d&#8217;Etat du canton de Zurich. FSSZ Forum f\u00fcr Suizidpr\u00e4vention und Suizidforschung Zurich 2011.<\/li>\n<li>Dunkley C, Borthwick A, Bartlett RL, et al. : Hearing the Suicidal Patient&#8217;s Emotional Pain : A Typological Model to Improve Communication. Crisis . The Journal of Crisis Intervention and Suicide Prevention 2017 ; DOI : 10.1027\/0227-5910\/a000497.<\/li>\n<li>Stulz N, et al : Patient-Identified Priorities Leading to Attempted Suicide. Crisis 2018 ; 39 : 37-46.<\/li>\n<li>Gvion Y, et al. : Agressivit\u00e9-impulsivit\u00e9, douleur mentale, et difficult\u00e9s de communication chez les suicidants m\u00e9dicalement s\u00e9rieux et m\u00e9dicalement non s\u00e9rieux. Compr Psychiatry 2014 ; 55(1) : 40-50.<\/li>\n<li>Jobes DA : G\u00e9rer le risque suicidaire. New York ; Guilford 2006.<\/li>\n<li>Ring M, Harbauer G, Haas S, et al. : Validation de l&#8217;instrument d&#8217;\u00e9valuation de la suicidalit\u00e9 PRISM-S (Pictoral Representation of Illness Self Measure &#8211; Suicidality) [Validity of the suicidality assessment instrument PRISM-S (Pictoral Representation of Illness Self Measure \u2013 Suicidality)]. Neuropsychiatr 2014 ; 28(4) : 192-197.<\/li>\n<li>Haas S, St\u00e4hli R : Pr\u00e9vention des maladies mentales. Bases pour le canton de Zurich. ISPM Institut de m\u00e9decine sociale et pr\u00e9ventive de l&#8217;universit\u00e9 de Zurich 2012.<\/li>\n<li>Haas S, Minder J, Harbauer G : Suicidalit\u00e9 chez les personnes \u00e2g\u00e9es &#8211; que peut faire le m\u00e9decin de famille ? [Suicidality in the elderly \u2013 what the general practitioner can do]. Pratique (Berne 1994) 2014 ; 103(18) : 1061-1066.<\/li>\n<li>Harbauer G, et al. : Suicidality assessment with PRISM-S &#8211; simple, fast, and visual : a brief non verbal method to assess suicidality in adolescent and adult patients. Crisis 2013 ; 34 : 131-136.<\/li>\n<li>Meerwijk E : Direct Versus Indirect Psychosocial and Behavioural Interventions to Prevent Suicide and Suicide Attempts : A Systematic Review and Meta-Analysis. Lancet Psychiatry 2016 ; 3(6) : 544-554.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2020 ; 18(5) : 10-16<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les tendances suicidaires sont g\u00e9n\u00e9ralement li\u00e9es \u00e0 des maladies mentales, en particulier \u00e0 la d\u00e9pression. Souvent, les tendances suicidaires &#8220;se cachent&#8221; derri\u00e8re des troubles somatiques et d&#8217;autres troubles m\u00e9dicaux. 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