{"id":333565,"date":"2020-08-23T02:00:00","date_gmt":"2020-08-23T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-microbiome-notre-deuxieme-genome\/"},"modified":"2020-08-23T02:00:00","modified_gmt":"2020-08-23T00:00:00","slug":"le-microbiome-notre-deuxieme-genome","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-microbiome-notre-deuxieme-genome\/","title":{"rendered":"Le microbiome &#8211; notre deuxi\u00e8me g\u00e9nome"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les microbes commensaux au niveau de la peau et de la muqueuse jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la r\u00e9gulation du syst\u00e8me immunitaire et le maintien de la sant\u00e9. Les influences qui entra\u00eenent une modification de la composition du microbiome et r\u00e9duisent sa diversit\u00e9 peuvent avoir des effets pathog\u00e8nes. Cela a \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9 pour la dermatite atopique, mais il existe \u00e9galement des r\u00e9sultats r\u00e9cents pour de nombreuses autres maladies dermatologiques et autres.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le microbiome humain d\u00e9crit l&#8217;ensemble des micro-organismes qui colonisent le corps d&#8217;une personne. Les muqueuses et la peau sont colonis\u00e9es par des microbes commensaux en grand nombre et en grande vari\u00e9t\u00e9, avec lesquels elles forment une unit\u00e9 symbiotique. Il est de plus en plus clair que l&#8217;homme est influenc\u00e9 par les micro-organismes sous une forme complexe, que le syst\u00e8me immunitaire interagit avec le microbiome et qu&#8217;il existe des liens avec diff\u00e9rents types de maladies. Le fait que la composition du microbiote varie fortement en fonction de la r\u00e9gion de la peau explique en partie la pr\u00e9disposition de certaines dermatoses (p. ex. acn\u00e9, dermatite atopique, psoriasis). Les m\u00e9thodes modernes de g\u00e9n\u00e9tique mol\u00e9culaire permettent d&#8217;analyser rapidement et efficacement l&#8217;ADN des microbes commensaux. La m\u00e9thode PCR (r\u00e9action en cha\u00eene par polym\u00e9rase, &#8220;polymerase chain reaction&#8221;) permet de d\u00e9tecter l&#8217;ADN de toutes les bact\u00e9ries (microbiome) et de tous les champignons (mycobiome).<\/p>\n<h2 id=\"quest-ce-qui-affecte-le-microbiome\">Qu&#8217;est-ce qui affecte le microbiome ?<\/h2>\n<p>De nombreux facteurs peuvent affecter la colonisation microbienne<strong> (figure&nbsp;1),<\/strong> notamment le fait de na\u00eetre par c\u00e9sarienne ou par voie naturelle, le type d&#8217;alimentation, les expositions ant\u00e9rieures, le g\u00e9notype, les conditions climatiques, le mode de vie et les m\u00e9dicaments. La composition du microbiote \u00e9volue au cours du d\u00e9veloppement. Cela peut \u00e9galement expliquer pourquoi la peau d&#8217;un jeune enfant r\u00e9agit diff\u00e9remment au cours des premiers mois de sa vie [1]. Il existe \u00e9galement des r\u00e9sultats montrant que les enfants n\u00e9s par c\u00e9sarienne ont une plus grande tendance \u00e0 l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et \u00e0 l&#8217;atopie (asthme, dermatite atopique). &#8220;Les maladies atopiques sont fortement li\u00e9es \u00e0 la colonisation du microbiote cutan\u00e9 et intestinal&#8221;, explique le professeur Peter Schmid-Grendelmeier, responsable du service d&#8217;allergologie de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich [1]. Dans une \u00e9tude, l&#8217;analyse du microbiote dans les selles a permis de d\u00e9terminer si une personne souffrait d&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 ou d&#8217;asthme [2]. Un traitement antibiotique peut \u00e9galement modifier la composition de la flore intestinale et contribuer \u00e0 une tendance \u00e0 l&#8217;asthme.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-14430\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1.jpg\" style=\"height:394px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"723\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1-800x526.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1-120x79.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1-90x59.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1-320x210.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/abb1_dp4_s36_1-560x368.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"dermatite-atopique-les-staphylocoques-reduisent-la-diversite-microbienne\">Dermatite atopique : les staphylocoques r\u00e9duisent la diversit\u00e9 microbienne<\/h2>\n<p>&#8220;Un microbiome largement diversifi\u00e9 dans l&#8217;intestin et sur la peau est associ\u00e9 \u00e0 la sant\u00e9&#8221;, explique le conf\u00e9rencier [1]. Une colonisation staphylococcique typique de la dermatite atopique s&#8217;accompagne d&#8217;une r\u00e9duction de la diversit\u00e9 microbienne, ce qui est corr\u00e9l\u00e9 aux exacerbations de la dermatite atopique [3]. Au niveau cellulaire, les staphylocoques pr\u00e9sents sur la peau stimulent les cellules T pr\u00e9sentatrices d&#8217;antig\u00e8nes et les cellules dendritiques, ce qui entra\u00eene la formation d&#8217;IgE et l&#8217;affaiblissement de la fonction de barri\u00e8re de la peau, d\u00e9j\u00e0 r\u00e9duite. La cytokine IL31, un important facteur prurigineux fortement impliqu\u00e9 dans le prurit dans la dermatite atopique, est hautement r\u00e9gul\u00e9e. En outre, il y a une stimulation des lymphocytes cutan\u00e9s pr\u00e9sentant des antig\u00e8nes, ce qui entra\u00eene l&#8217;attraction des cellules T dans la peau et favorise le maintien de l&#8217;inflammation. La relation de cause \u00e0 effet de l&#8217;augmentation du nombre de staphylocoques observ\u00e9e aux d\u00e9pens d&#8217;autres microbiotes dans la peau atopique n&#8217;est pas encore totalement \u00e9lucid\u00e9e. On ne sait pas exactement si la perturbation de la flore microbienne entra\u00eene une augmentation de la croissance des staphylocoques ou si les modifications inflammatoires de la peau survenant dans le cadre d&#8217;une pouss\u00e9e naissante cr\u00e9ent des conditions particuli\u00e8rement favorables aux staphylocoques. Selon le professeur Schmid-Grendelmeier, il existe \u00e9galement de nombreuses \u00e9tudes sur ce sujet chez les enfants, car elles sont assez faciles \u00e0 r\u00e9aliser. L&#8217;analyse du microbiome&nbsp; est possible \u00e0 partir d&#8217;un frottis non invasif ou d&#8217;un \u00e9chantillon de selles. L&#8217;une des \u00e9tudes a d\u00e9montr\u00e9 que l&#8217;utilisation d&#8217;\u00e9mollients avait un effet positif sur le microbiome de la peau et la barri\u00e8re cutan\u00e9e, ce qui devrait \u00eatre pris en compte dans une strat\u00e9gie de traitement pr\u00e9ventif de la dermatite atopique [4]. En ce qui concerne les animaux domestiques, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que les enfants qui ont eu des chiens dans leur environnement au cours de leur premi\u00e8re ann\u00e9e de vie sont moins susceptibles de d\u00e9velopper une dermatite atopique &#8211; \u00e0 condition que les chiens puissent \u00e9galement sortir et apporter ainsi une certaine charge microbienne dans les habitations [5,6]. Cette connaissance n&#8217;est pas tr\u00e8s ancienne, il y a dix ou quinze ans, l&#8217;opinion dominante \u00e9tait que les animaux domestiques devaient \u00eatre strictement \u00e9vit\u00e9s chez les personnes atopiques [5].<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14431 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/473;height:258px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"473\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37-800x344.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37-120x52.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37-90x39.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37-320x138.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/08\/kasten_dp4_s37-560x241.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"etude-du-microbiome-dans-de-nombreuses-autres-maladies\">\u00c9tude du microbiome dans de nombreuses autres maladies<\/h2>\n<p>Comme nous l&#8217;avons mentionn\u00e9 au d\u00e9but, de nombreux projets de recherche sur le microbiome sont en cours. L&#8217;h\u00f4pital universitaire de Zurich, entre autres, participe \u00e0 l&#8217;\u00e9tude ProRAD. L&#8217;un des objectifs est d&#8217;\u00e9tudier la phase de r\u00e9mission chez les patients atteints de dermatite atopique et d&#8217;autres maladies associ\u00e9es aux allergies (encadr\u00e9) [7]. Des publications r\u00e9centes portent \u00e9galement sur le r\u00f4le du microbiome dans la cicatrisation des plaies [8], les cancers cutan\u00e9s m\u00e9lanocytaires [9] et le psoriasis\/PsoA [10]. En outre, on suppose que le microbiome intestinal, tout comme le mycobiome, qui est encore beaucoup moins \u00e9tudi\u00e9&nbsp;, a une influence sur de nombreuses autres pathologies [11]. Selon les recherches actuelles, c&#8217;est le cas par exemple de la scl\u00e9rose en plaques, de l&#8217;art\u00e9rioscl\u00e9rose, du diab\u00e8te sucr\u00e9 de type 2, du syndrome du c\u00f4lon irritable, de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et des maladies du foie ou encore des tumeurs. M\u00eame si la recherche sur le microbiome a apport\u00e9 quelques nouvelles connaissances ces derni\u00e8res ann\u00e9es, certaines questions restent encore sans r\u00e9ponse.<\/p>\n<p><em>Source : ZDFT 2020  <\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Schmid-Grendelmeier P : Cas cliniques issus de la pratique. Le microbiome de la peau. Peter Schmid-Grendelmeier, Journ\u00e9es de formation continue en dermatologie de Zurich (ZDFT), 14\/15.05.2020.<\/li>\n<li>Michalovich D, et al : L&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de la maladie magnifient les interactions microbiome-immunit\u00e9 perturb\u00e9es chez les patients asthmatiques. Nat Commun 2019 ; 10 : 5711.<\/li>\n<li>Kong HH, et al : Changements temporels dans le microbiome cutan\u00e9 associ\u00e9s aux flamb\u00e9es de la maladie et au traitement chez les enfants atteints de dermatite atopique. Genome Res 2012 ; 22(5) : 850-859.<\/li>\n<li>Glatz M, et al : L&#8217;utilisation d&#8217;\u00e9mollients alt\u00e8re la barri\u00e8re cutan\u00e9e et les microbes chez les nourrissons \u00e0 risque de dermatite atopique. PlosOne 2018 ; 13(2) : e0192443.<\/li>\n<li>Bufford JD, et al. : Effets de la possession d&#8217;un chien dans la petite enfance sur le d\u00e9veloppement immunitaire et les maladies atopiques. Clinical &amp; Experimental Allergy 2008 ; 38(10) : 1635-1643.<\/li>\n<li>Roduit C et al. Le contact pr\u00e9natal avec les animaux et l&#8217;expression g\u00e9n\u00e9tique des r\u00e9cepteurs de l&#8217;immunit\u00e9 inn\u00e9e \u00e0 la naissance sont associ\u00e9s \u00e0 la dermatite atopique J Allergy Clin Immunol 2011;127(1):179-857.&nbsp;&nbsp; &nbsp;<\/li>\n<li>\u00c9tude ProRAD, www.ck-care.ch\/en\/ck-care- \u00e9tude prorad\/d\u00e9roulement de l&#8217;\u00e9tude<\/li>\n<li>Verbanic S, et al : Microbial predictors of healing and short-term effect of debridement on the microbiome of chronic wounds. NPJ Biofilms Microbio 2020 ; 6 (1).<\/li>\n<li>Warner AB, McQuade JL : Modifiable Host Factors in Melanoma : Emerging Evidence for Obeisity, Diet, Exercise and the Microbiome. Curr Oncol Rep 2019 ; 21(8) : 72.<\/li>\n<li>Myers B, et al : The gut microbiome in psoriasis and psoriatic arthritis. Best practice &amp; Research Clinical Rheumatology. Best Practice &amp; Research Clinical Rheumatology 2019 ; 33(6) : 101494.<\/li>\n<li>Aykut B, et al : Le mycobiome fongique favorise l&#8217;oncogen\u00e8se pancr\u00e9atique via l&#8217;activation de MBL. Nature 2019 ; 574(7777) : 264-267.<\/li>\n<li>Grice EA, Segre JA : Le microbiome de la peau. Nat Rev Microbiol 2011 ; 9(4) : 244-253.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRAXIS 2020 ; 30(4) : 36-37 (publi\u00e9 le 24.8.20, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les microbes commensaux au niveau de la peau et de la muqueuse jouent un r\u00f4le cl\u00e9 dans la r\u00e9gulation du syst\u00e8me immunitaire et le maintien de la sant\u00e9. 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