{"id":333572,"date":"2020-08-21T02:00:00","date_gmt":"2020-08-21T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/pire-que-sa-reputation\/"},"modified":"2020-08-21T02:00:00","modified_gmt":"2020-08-21T00:00:00","slug":"pire-que-sa-reputation","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/pire-que-sa-reputation\/","title":{"rendered":"Pire que sa r\u00e9putation ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;hom\u00e9opathie ne correspond pas \u00e0 sa &#8220;bonne r\u00e9putation&#8221; aupr\u00e8s de la population, ni selon des crit\u00e8res objectifs, ni en tant que simple m\u00e9thode placebo. Il n&#8217;est pas question, comme on l&#8217;entend souvent de la part de ses promoteurs, qu&#8217;elle constitue une &#8220;option th\u00e9rapeutique suppl\u00e9mentaire&#8221; dans la pratique m\u00e9dicale. Cela vaut aussi bien pour l&#8217;utilisation solitaire que pour l&#8217;utilisation compl\u00e9mentaire de l&#8217;hom\u00e9opathie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>En 2017, une \u00e9tude a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e pour \u00e9valuer la fr\u00e9quence de prescription de l&#8217;hom\u00e9opathie et les attentes associ\u00e9es chez les m\u00e9decins lib\u00e9raux de la r\u00e9gion de Zurich (n=4072, taux de r\u00e9ponse : 38%) [1]. Selon cette \u00e9tude, seule la moiti\u00e9 des prescriptions \u00e9taient explicitement destin\u00e9es \u00e0 produire des effets sp\u00e9cifiques \u00e0 l&#8217;hom\u00e9opathie. De plus, la majorit\u00e9 des prescripteurs reconnaissent que l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;hom\u00e9opathie n&#8217;est pas prouv\u00e9e et n&#8217;accordent que peu d&#8217;importance \u00e0 ses principes traditionnels. 23% pensaient qu&#8217;il existait des preuves scientifiques de l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;hom\u00e9opathie. Ces r\u00e9sultats soul\u00e8vent \u00e0 nouveau la question de la pertinence de l&#8217;hom\u00e9opathie dans la pratique m\u00e9dicale. Nous tenterons de nous positionner \u00e0 ce sujet dans les paragraphes qui suivent.<\/p>\n<h2 id=\"lhomeopathie-une-option-therapeutique\">L&#8217;hom\u00e9opathie &#8211; une option th\u00e9rapeutique ?<\/h2>\n<p>L&#8217;hom\u00e9opathie, invent\u00e9e il y a plus de 200 ans par le m\u00e9decin allemand Samuel Hahnemann, jouit encore aujourd&#8217;hui d&#8217;une grande diffusion, voire d&#8217;une reconnaissance. Elle est demand\u00e9e par les patients, utilis\u00e9e en autom\u00e9dication et propos\u00e9e par les th\u00e9rapeutes, y compris les m\u00e9decins. Plus ou moins explicitement, les d\u00e9cisions politiques lui accordent une place dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 publique.<\/p>\n<p>De telles d\u00e9cisions politico-sociales, qui vont au-del\u00e0 de la validit\u00e9 scientifique, sont une cause essentielle de la perception de l&#8217;hom\u00e9opathie comme une m\u00e9thode m\u00e9dicale pertinente et de la confiance qui lui est accord\u00e9e, puisqu&#8217;elle fait &#8220;partie du syst\u00e8me de sant\u00e9&#8221;. Tout cela complique l&#8217;approche de l&#8217;hom\u00e9opathie, notamment dans la relation m\u00e9decin-patient.<\/p>\n<p>Ainsi, la Suisse a int\u00e9gr\u00e9 des m\u00e9thodes pseudo-m\u00e9dicales, l&#8217;hom\u00e9opathie en t\u00eate, dans les soins de base malgr\u00e9 l&#8217;absence de preuves &#8211; en &#8220;d\u00e9cidant&#8221; politiquement de questions scientifiques. Il ne s&#8217;agit m\u00eame pas d&#8217;une d\u00e9cision claire, mais d&#8217;un compromis r\u00e9serv\u00e9 en faveur des &#8220;m\u00e9thodes compl\u00e9mentaires&#8221;, qui n&#8217;affirme pas l&#8217;existence de preuves et n&#8217;interdit pas l&#8217;acc\u00e8s au syst\u00e8me de sant\u00e9 en raison de l&#8217;absence de preuves [2]. Cela est largement interpr\u00e9t\u00e9, m\u00eame en dehors de la Suisse, comme une preuve que l&#8217;hom\u00e9opathie est une m\u00e9thode m\u00e9dicale, sinon elle n&#8217;aurait pas pu \u00eatre introduite dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 [3]. La l\u00e9gislation allemande sur les m\u00e9dicaments privil\u00e9gie l&#8217;hom\u00e9opathie depuis la loi sur les m\u00e9dicaments de 1978. La preuve scientifiquement valide de l&#8217;efficacit\u00e9 est remplac\u00e9e par un &#8220;consensus interne&#8221;, une commission compos\u00e9e de repr\u00e9sentants de l&#8217;hom\u00e9opathie d\u00e9cidant en interne si un rem\u00e8de doit recevoir une autorisation de mise sur le march\u00e9 et donc la qualit\u00e9 de m\u00e9dicament et l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9. L&#8217;efficacit\u00e9 scientifiquement prouv\u00e9e est remplac\u00e9e par une fiction juridique.<\/p>\n<p>En revanche, le consensus scientifique sur l&#8217;hom\u00e9opathie est clair dans le monde entier : on ne peut attribuer \u00e0 l&#8217;hom\u00e9opathie aucun effet m\u00e9dicamenteux sp\u00e9cifique. Les grandes revues multi-indications sur l&#8217;hom\u00e9opathie ne d\u00e9montrent aucune preuve d&#8217;efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique dans aucune indication. Il n&#8217;y a pas de diff\u00e9rence entre les r\u00e9sultats des chercheurs hom\u00e9opathes et ceux des autres chercheurs.<\/p>\n<p>Ce grave d\u00e9saccord entre le d\u00e9sir et la r\u00e9alit\u00e9 implique la question de savoir si l&#8217;hom\u00e9opathie a une quelconque place dans l&#8217;application clinique pratique.<\/p>\n<h2 id=\"lefficacite-medicale-pertinence-clinique\">L&#8217;efficacit\u00e9 m\u00e9dicale (pertinence clinique)<\/h2>\n<p>De tout temps, la m\u00e9decine a \u00e9t\u00e9 consid\u00e9r\u00e9e comme &#8220;ce qui aide&#8221;. La m\u00e9decine moderne, quant \u00e0 elle, dispose de m\u00e9thodes permettant d&#8217;\u00e9valuer ce qui est r\u00e9ellement utile dans une intervention et ce qui est d\u00fb au hasard, \u00e0 la surestimation des anecdotes, aux influences cognitives, aux th\u00e9rapies parall\u00e8les, etc. C&#8217;est la base de la m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves qui, d&#8217;une part, ne s&#8217;interroge de mani\u00e8re pragmatique que sur l&#8217;outcome, l&#8217;effet cliniquement pertinent pouvant \u00eatre prouv\u00e9, et qui, d&#8217;autre part, attend la preuve d&#8217;une sp\u00e9cificit\u00e9 du produit ou de la m\u00e9thode.<\/p>\n<p>Ce crit\u00e8re de d\u00e9limitation de l&#8217;efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique est un probl\u00e8me central pour les m\u00e9thodes dont l&#8217;efficacit\u00e9 est tout au plus non sp\u00e9cifique, comme l&#8217;hom\u00e9opathie. En ce sens, l&#8217;hom\u00e9opathie pratique un certain mim\u00e9tisme : elle s&#8217;attribue \u00e0 la m\u00e9decine, mais ses repr\u00e9sentants savent que leurs rem\u00e8des ne peuvent pas r\u00e9sister \u00e0 l&#8217;\u00e9preuve d&#8217;un effet scientifiquement prouv\u00e9. Ils sont donc tributaires de privil\u00e8ges tels que l&#8217;acc\u00e8s au march\u00e9 des m\u00e9dicaments sans preuve scientifique de leur efficacit\u00e9. Cela oblige \u00e0 adopter une attitude incoh\u00e9rente \u00e0 certains endroits. D&#8217;une part, l&#8217;hom\u00e9opathie aspire \u00e0 une reconnaissance scientifique, ce qui ressort clairement de nombreuses d\u00e9clarations de ses promoteurs et de ses propres efforts de recherche. D&#8217;autre part, elle a du mal \u00e0 accepter les r\u00e9sultats de recherche qui lui d\u00e9plaisent, cela va de l&#8217;ignorance \u00e0 la r\u00e9interpr\u00e9tation, en passant par le postulat &#8211; r\u00e9fut\u00e9 par les chercheurs hom\u00e9opathes eux-m\u00eames &#8211; que la m\u00e9thode scientifique ne convient pas \u00e0 l&#8217;\u00e9tude de l&#8217;hom\u00e9opathie. L&#8217;hom\u00e9opathie elle-m\u00eame soul\u00e8ve ainsi la question de savoir si elle peut \u00eatre consid\u00e9r\u00e9e comme scientifique [4].<\/p>\n<p>Le manque de plausibilit\u00e9 de l&#8217;hom\u00e9opathie, son recours \u00e0 de pr\u00e9tendus effets et lois qui contredisent parfois de mani\u00e8re \u00e9l\u00e9mentaire les connaissances scientifiques [5], n&#8217;est m\u00eame pas pris en compte. Ce r\u00e9sultat est confirm\u00e9 par toutes les revues multi-indications pr\u00e9sent\u00e9es depuis 1991 [6]. Cette \u00e9vidence globale comprend bien des travaux individuels qui semblent montrer un avantage de l&#8217;hom\u00e9opathie dans le groupe verum. Bien entendu, les repr\u00e9sentants de l&#8217;hom\u00e9opathie tentent d&#8217;acqu\u00e9rir une r\u00e9putation et d&#8217;affirmer des preuves avec de telles \u00e9tudes. Cependant, cela n&#8217;est pas correct, car<\/p>\n<ul>\n<li>les \u00e9tudes individuelles donnent, dans le meilleur des cas, un  <em>indication <\/em>d&#8217;une preuve possible, mais ne permettent pas de conclure \u00e0 son existence r\u00e9elle, d&#8217;autant plus si une \u00e9tude n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 reproduite de mani\u00e8re ind\u00e9pendante &#8211; ce qui est plut\u00f4t la r\u00e8gle pour les \u00e9tudes hom\u00e9opathiques, l&#8217;erreur alpha  <em>(erreur de type I)<\/em> produit in\u00e9vitablement des r\u00e9sultats faussement positifs au sein d&#8217;une population,<\/li>\n<li>Les d\u00e9fauts de conception, de r\u00e9alisation et d&#8217;\u00e9valuation font in\u00e9vitablement pencher le r\u00e9sultat des \u00e9tudes vers l&#8217;erreur alpha [7],<\/li>\n<li>de telles lacunes sont constat\u00e9es dans pratiquement toutes les revues, ce qui peut aller jusqu&#8217;\u00e0 poser le probl\u00e8me de savoir quels travaux peuvent encore \u00eatre raisonnablement inclus dans une revue [8],<\/li>\n<li>les effets cliniquement pertinents sont tout au plus tr\u00e8s faiblement d\u00e9montr\u00e9s, m\u00eame dans de telles \u00e9tudes individuelles, ce qui, en combinaison avec l&#8217;absence de reproduction et les preuves globales disponibles jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, sugg\u00e8re plut\u00f4t que ces effets n&#8217;existent pas dans la r\u00e9alit\u00e9.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, l&#8217;analyse et l&#8217;\u00e9valuation des \u00e9tudes et des preuves globales qui en r\u00e9sultent ont amen\u00e9 un certain nombre d&#8217;organisations scientifiques et de services publics \u00e0 conclure que l&#8217;hom\u00e9opathie ne peut pas pr\u00e9tendre \u00e0 une place au sein d&#8217;un syst\u00e8me de sant\u00e9 publique. Le Conseil consultatif europ\u00e9en des acad\u00e9mies des sciences (EASAC), qui regroupe 29 acad\u00e9mies des sciences nationales europ\u00e9ennes, s&#8217;est exprim\u00e9 \u00e0 ce sujet en 2017 [9],<\/p>\n<ul>\n<li>qu&#8217;en ce qui concerne les m\u00e9canismes d&#8217;action scientifiques, les affirmations relatives \u00e0 l&#8217;hom\u00e9opathie ne sont pas plausibles et sont en contradiction avec les concepts scientifiques \u00e9tablis ;<\/li>\n<li>qu&#8217;en ce qui concerne l&#8217;efficacit\u00e9 clinique, bien qu&#8217;un effet placebo puisse se produire chez certains patients, l&#8217;EASAC est d&#8217;accord avec les conclusions d&#8217;\u00e9valuations ant\u00e9rieures \u00e0 grande \u00e9chelle selon lesquelles il n&#8217;existe pas de preuves solides et reproductibles d&#8217;une efficacit\u00e9 de l&#8217;hom\u00e9opathie au-del\u00e0 d&#8217;un effet placebo pour aucune maladie connue ; il y a des pr\u00e9occupations connexes concernant le consentement du patient (voir \u00e9galement la section &#8220;Le probl\u00e8me du placebo&#8221;, note des auteurs) et la s\u00e9curit\u00e9 ;<\/li>\n<li>qu&#8217;en ce qui concerne la promotion de l&#8217;hom\u00e9opathie, il a \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que les retards dans la recherche de soins m\u00e9dicaux fond\u00e9s sur des donn\u00e9es probantes pouvaient causer un pr\u00e9judice consid\u00e9rable aux patients et que, de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, il existait un risque de saper la confiance du public dans la nature et la valeur des connaissances scientifiques.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"lhomeopathie-dans-la-pratique-medicale\">L&#8217;hom\u00e9opathie dans la pratique m\u00e9dicale<\/h2>\n<p><strong>Les patients et l&#8217;hom\u00e9opathie<\/strong><\/p>\n<p>Aucun m\u00e9decin n&#8217;est emp\u00each\u00e9 d&#8217;utiliser l&#8217;hom\u00e9opathie dans le cadre de la libert\u00e9 th\u00e9rapeutique. La question est toutefois de savoir si d&#8217;autres limites doivent \u00eatre respect\u00e9es ici, ind\u00e9pendamment de la libert\u00e9 th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>La probit\u00e9 de l&#8217;acte m\u00e9dical et l&#8217;obligation d&#8217;honn\u00eatet\u00e9 envers les patients imposent d&#8217;informer sur la valeur m\u00e9dicale ou non de la m\u00e9thode. Il ne fait aucun doute que cela repr\u00e9sente une charge de travail pour chaque cas de traitement et que les patients peuvent s&#8217;y opposer directement, avec toutes les cons\u00e9quences que l&#8217;on peut imaginer. Mais il ne faut pas pour autant c\u00e9der \u00e0 une demande de prescription d&#8217;hom\u00e9opathie.<\/p>\n<p>En d\u00e9pit de l&#8217;autonomie et de la participation du patient, qui sont hautement appr\u00e9ciables, la responsabilit\u00e9 de la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique n&#8217;est pas transf\u00e9r\u00e9e au patient. Les &#8220;souhaits&#8221; des patients ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9terminants. En cons\u00e9quence, la terminologie de la m\u00e9decine fond\u00e9e sur les preuves ne conna\u00eet pas non plus les &#8220;souhaits du patient&#8221; (une lecture fr\u00e9quente des repr\u00e9sentants de l&#8217;hom\u00e9opathie), mais la &#8220;prise en compte des int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes du patient&#8221; dans la d\u00e9cision th\u00e9rapeutique. Le souhait des patients de recevoir un traitement fictif ne peut pas justifier de tels &#8220;int\u00e9r\u00eats l\u00e9gitimes&#8221;. D&#8217;autant plus que le sens de l&#8217;action m\u00e9dicale ne peut pas \u00eatre de favoriser ainsi l&#8217;affinit\u00e9 m\u00e9dicamenteuse et de renforcer les erreurs de jugement, en particulier la confiance injustifi\u00e9e dans les m\u00e9thodes pseudo-m\u00e9dicales.<\/p>\n<p>Au contraire, il y a l\u00e0 un potentiel consid\u00e9rable pour la promotion des comp\u00e9tences en mati\u00e8re de sant\u00e9 parmi les patients. Lorsque l&#8217;hom\u00e9opathie &#8220;fonctionne&#8221; &#8211; gr\u00e2ce \u00e0 la somme des effets contextuels &#8211; aucune intervention m\u00e9dicamenteuse n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement n\u00e9cessaire, \u00e0 l&#8217;exception des rem\u00e8des pour soulager les sympt\u00f4mes, parmi lesquels on compte \u00e9galement les rem\u00e8des de famille courants.<br \/>\nIl va de soi que le rejet de la m\u00e9thode fictive qu&#8217;est l&#8217;hom\u00e9opathie n&#8217;a pas pour objectif de &#8220;remplacer&#8221; l&#8217;hom\u00e9opathie par des produits pharmaceutiques, ce qui serait un grossier malentendu. Il convient plut\u00f4t de faire comprendre que, pour un grand nombre de troubles, une intervention m\u00e9dicamenteuse n&#8217;est pas n\u00e9cessaire et qu&#8217;une &#8220;attente responsable&#8221; peut souvent \u00eatre l&#8217;option la plus judicieuse. Le fait qu&#8217;une telle chose surprenne et soit inhabituelle pour de nombreux patients &#8211; en particulier ceux qui sont familiers de l&#8217;hom\u00e9opathie &#8211; montre justement les d\u00e9ficits de la comp\u00e9tence g\u00e9n\u00e9rale en mati\u00e8re de sant\u00e9.<\/p>\n<p>La &#8220;prescription d&#8217;embarras&#8221; qui, pour des raisons souvent tout \u00e0 fait compr\u00e9hensibles, a pour but d&#8217;\u00e9viter une confrontation avec le patient et\/ou de gagner du temps, ne se justifie pas \u00e0 cet \u00e9gard. Cela reviendrait plut\u00f4t \u00e0 ignorer le droit des patients \u00e0 \u00eatre inform\u00e9s et ne contribuerait en rien \u00e0 leur comp\u00e9tence en mati\u00e8re de sant\u00e9 et \u00e0 leur perception d&#8217;eux-m\u00eames en cas de maladie.<\/p>\n<p>Il est possible de r\u00e9duire consid\u00e9rablement le temps consacr\u00e9 individuellement \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation, par exemple, en mettant \u00e0 disposition dans le cabinet du mat\u00e9riel d&#8217;information expliquant pourquoi l&#8217;hom\u00e9opathie ne fait pas partie du portefeuille du cabinet. Il est souvent efficace d&#8217;informer sp\u00e9cifiquement les patients que l&#8217;hom\u00e9opathie n&#8217;est pas identique \u00e0 la naturopathie et \u00e0 la phytoth\u00e9rapie, car il s&#8217;agit probablement de l&#8217;erreur la plus r\u00e9pandue. Le souhait d&#8217;une th\u00e9rapie &#8220;douce et naturelle&#8221; peut \u00eatre remplac\u00e9, le cas \u00e9ch\u00e9ant, par la recommandation d&#8217;une mesure du portefeuille des th\u00e9rapies naturelles reconnues ou par la prescription d&#8217;un m\u00e9dicament phytoth\u00e9rapeutique appropri\u00e9.<\/p>\n<p>En fin de compte, les auteurs sont convaincus que la base de patients appr\u00e9ciera le fait que &#8220;leur&#8221; m\u00e9decin attache de l&#8217;importance \u00e0 l&#8217;honn\u00eatet\u00e9 envers les patients et qu&#8217;il utilise avec conviction des moyens et des m\u00e9thodes scientifiquement valables.<\/p>\n<h2 id=\"lhomeopathie-na-pas-le-monopole-de-lempathie-et-de-lattention-des-medecins\">L&#8217;hom\u00e9opathie n&#8217;a pas le monopole de l&#8217;empathie et de l&#8217;attention des m\u00e9decins<\/h2>\n<p>Dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 allemand, le m\u00e9decin traitant hom\u00e9opathe se voit offrir la possibilit\u00e9 de facturer des prestations hom\u00e9opathiques \u00e0 des taux bien plus \u00e9lev\u00e9s que les taux habituels, en dehors des budgets forfaitaires. Cela cr\u00e9e une base \u00e9conomique pour un temps pass\u00e9 par patient nettement plus \u00e9lev\u00e9 que dans les activit\u00e9s quotidiennes habituelles.<\/p>\n<p>Il se peut que le patient tire un certain b\u00e9n\u00e9fice d&#8217;un entretien hom\u00e9opathique approfondi, m\u00eame si, selon la doctrine hom\u00e9opathique, cet entretien n&#8217;a pas d&#8217;objectif th\u00e9rapeutique, mais sert \u00e0 trouver le rem\u00e8de. Ce point est \u00e9galement mis en avant pour justifier l&#8217;hom\u00e9opathie. Cependant, d&#8217;une part, il s&#8217;agit tout au plus d&#8217;effets non cibl\u00e9s et temporaires &#8211; non sp\u00e9cifiques. D&#8217;autre part, l&#8217;hom\u00e9opathie n&#8217;a pas le monopole de l&#8217;attention empathique du m\u00e9decin au patient (&#8220;globalit\u00e9&#8221;). Cela devrait \u00eatre au c\u0153ur de tous les efforts des m\u00e9decins. Si l&#8217;on d\u00e9place les conditions \u00e9conomiques en faveur de l&#8217;hom\u00e9opathie, comme c&#8217;est le cas dans le syst\u00e8me de sant\u00e9 allemand, cela n&#8217;est pas du tout positif, car cela se fait finalement au d\u00e9triment du reste des patients. Le temps total disponible du m\u00e9decin ne change pas. L&#8217;am\u00e9lioration de la communication m\u00e9decin-patient ne n\u00e9cessite m\u00eame pas n\u00e9cessairement un investissement en temps beaucoup plus important. Un retour aux principes \u00e9l\u00e9mentaires de la communication m\u00e9decin-patient, tels que Michael Balint les avait d\u00e9j\u00e0 formul\u00e9s et tent\u00e9s de les transmettre il y a des d\u00e9cennies, serait d\u00e9j\u00e0 tr\u00e8s utile [10].<\/p>\n<h2 id=\"le-probleme-du-placebo\">Le probl\u00e8me du placebo<\/h2>\n<p>Comme le montre l&#8217;\u00e9tude cit\u00e9e plus haut sur les comportements de prescription, la vision de l&#8217;hom\u00e9opathie comme une th\u00e9rapie placebo constitue un probl\u00e8me important pour la pratique m\u00e9dicale. Nous allons donc nous demander si cela justifie l&#8217;utilisation de l&#8217;hom\u00e9opathie dans la pratique m\u00e9dicale.<\/p>\n<p><strong>Les implications \u00e9thiques &#8211; le consentement \u00e9clair\u00e9<\/strong><\/p>\n<p>Selon la conception actuelle de l&#8217;\u00e9thique m\u00e9dicale, la collaboration &#8220;d&#8217;\u00e9gal \u00e0 \u00e9gal&#8221; entre le m\u00e9decin et le patient est l&#8217;expression de la grande importance accord\u00e9e \u00e0 l&#8217;autonomie du patient et une exigence centrale de l&#8217;action m\u00e9dicale. Comme tout praticien le sait, cela ne peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 qu&#8217;en \u00e9tant constamment conscient de la probl\u00e9matique inh\u00e9rente et des circonstances individuelles de chaque cas de traitement.<\/p>\n<p>L&#8217;hom\u00e9opathie est souvent justifi\u00e9e comme une th\u00e9rapie placebo, qui aurait tout de m\u00eame un &#8220;b\u00e9n\u00e9fice&#8221;. A y regarder de plus pr\u00e8s, cette position se r\u00e9v\u00e8le \u00eatre une pierre de touche de l&#8217;\u00e9thique m\u00e9dicale. Les directives \u00e9thiques de l&#8217;Association m\u00e9dicale mondiale [11] d\u00e9signent le consentement \u00e9clair\u00e9 <em>,<\/em> &#8220;accord \u00e9clair\u00e9&#8221; entre le m\u00e9decin et le patient sur une d\u00e9cision th\u00e9rapeutique, comme &#8220;l&#8217;un des concepts centraux de l&#8217;\u00e9thique m\u00e9dicale actuelle&#8221;. En bref, il n&#8217;est plus question, comme autrefois dans la m\u00e9decine &#8220;patriarcale&#8221;, de dire des contre-v\u00e9rit\u00e9s au patient ou de lui dissimuler d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment des informations. A partir de l\u00e0, il faudrait d\u00e9terminer si, dans le cas de l&#8217;hom\u00e9opathie, il est possible d&#8217;obtenir un <em>consentement \u00e9clair\u00e9<\/em>.<\/p>\n<p>L&#8217;hom\u00e9opathie dispose &#8211; en tout cas dans les pays germanophones &#8211; d&#8217;une vaste r\u00e9putation dans le sens d&#8217;une v\u00e9ritable &#8220;alternative&#8221; &#8220;douce, naturelle et sans effets secondaires&#8221; \u00e0 la m\u00e9decine dite &#8220;conventionnelle&#8221;. Divers aspects individuels (d\u00e9sir d&#8217;efficacit\u00e9 personnelle, tendances g\u00e9n\u00e9rales \u00e0 l&#8217;individualisation, etc.) d\u00e9terminent en outre la pr\u00e9disposition de nombreuses personnes en qu\u00eate de gu\u00e9rison [12].<\/p>\n<p>Comment obtenir un <em>consentement \u00e9clair\u00e9<\/em> pour l&#8217;administration d&#8217;un placebo hom\u00e9opathique avec des patients qui, pour la plupart, ont internalis\u00e9 la r\u00e9putation g\u00e9n\u00e9rale de l&#8217;hom\u00e9opathie ? L&#8217;information du m\u00e9decin selon laquelle il s&#8217;agit d&#8217;un produit sp\u00e9cifiquement inefficace qu&#8217;il a n\u00e9anmoins l&#8217;intention de prescrire suscitera l&#8217;incr\u00e9dulit\u00e9, ou du moins une grande incertitude &#8211; ce qui, en tout \u00e9tat de cause, va \u00e0 l&#8217;encontre d&#8217;un <em>consentement \u00e9clair\u00e9<\/em> viable.<\/p>\n<p>Le <em>consentement \u00e9clair\u00e9 <\/em>est d&#8217;autant plus difficile \u00e0 obtenir que le praticien part lui aussi du principe que l&#8217;hom\u00e9opathie a un effet sp\u00e9cifiquement m\u00e9dicamenteux, qu&#8217;il est par exemple soumis, en tant que praticien de longue date, \u00e0 un biais de confirmation classique ou qu&#8217;il consid\u00e8re que l&#8217;hom\u00e9opathie peut avoir un effet. Il semble donc presque impossible de cr\u00e9er une base acceptable pour un traitement placebo avec des m\u00e9dicaments hom\u00e9opathiques, conform\u00e9ment \u00e0 l&#8217;\u00e9thique m\u00e9dicale en vigueur [13].<\/p>\n<p><strong>Le placebo comme facteur de d\u00e9cision th\u00e9rapeutique<\/strong><\/p>\n<p>Le placebo, comme nous l&#8217;avons expliqu\u00e9, n&#8217;est qu&#8217;une partie des effets contextuels qui conf\u00e8rent aux m\u00e9thodes factices une apparence d&#8217;efficacit\u00e9. Pour parvenir \u00e0 une \u00e9valuation correcte du placebo dans la pratique, il est donc important de distinguer l'&#8221;effet placebo&#8221; des autres effets contextuels et de pouvoir le classer correctement.<\/p>\n<p>Par placebo au sens propre du terme, on entend l&#8217;administration d&#8217;un m\u00e9dicament sans substance active ou l&#8217;utilisation d&#8217;une m\u00e9thode factice. L&#8217;effet placebo proprement dit doit \u00eatre compris comme un effet psychotrope d\u00e9clench\u00e9 par des r\u00e9actions neurobiologiques complexes dues au processus d&#8217;attention et de traitement (&#8220;care&#8221;). Ce processus n&#8217;est pas du tout bas\u00e9 sur &#8220;l&#8217;imagination&#8221;, il ne peut pas \u00eatre influenc\u00e9 volontairement par le sujet, mais peut tout \u00e0 fait provoquer des r\u00e9actions physiologiquement mesurables. N\u00e9anmoins, l&#8217;option souvent \u00e9voqu\u00e9e d&#8217;utiliser le placebo de mani\u00e8re cibl\u00e9e comme m\u00e9thode th\u00e9rapeutique est largement limit\u00e9e :<\/p>\n<ul>\n<li>La part concr\u00e8te du placebo dans les effets contextuels est probablement largement surestim\u00e9e [14], le principal facteur d'&#8221;effets&#8221; observ\u00e9s \u00e9tant probablement une \u00e9volution auto-limit\u00e9e de la maladie.<\/li>\n<li>Le chercheur en placebos Ted Kaptchuk souligne que &#8220;les placebos peuvent vous faire vous sentir mieux, mais ils ne vous gu\u00e9riront pas&#8221; [15].<\/li>\n<li>En effet, il a \u00e9t\u00e9 prouv\u00e9 empiriquement que le placebo et les effets apparent\u00e9s peuvent masquer l&#8217;\u00e9tat de sant\u00e9 r\u00e9el de mani\u00e8re potentiellement dangereuse [16].<\/li>\n<li>L&#8217;ordre de grandeur, la direction (&#8220;nocebo&#8221;) et l&#8217;existence m\u00eame d&#8217;effets placebo ne peuvent pas \u00eatre mesur\u00e9s \u00e0 l&#8217;avance et ne peuvent souvent pas \u00eatre prouv\u00e9s sans \u00e9quivoque a posteriori. Par cons\u00e9quent, les effets placebo ne peuvent pas \u00eatre dirig\u00e9s sp\u00e9cifiquement &#8220;contre&#8221; une maladie particuli\u00e8re.<\/li>\n<li>Le placebo en tant que traitement r\u00e9gulier peut favoriser une affinit\u00e9 m\u00e9dicamenteuse chez les patients.<\/li>\n<li>Pour un grand nombre d&#8217;interventions, un traitement placebo ne peut de toute fa\u00e7on pas \u00eatre envisag\u00e9, &#8220;la liste des conditions qui ne sont pas sensibles au placebo est presque infinie&#8221; [17].<\/li>\n<\/ul>\n<p>Les soins centr\u00e9s sur le patient ne peuvent pas consister \u00e0 faire croire \u00e0 un patient qu&#8217;il va mieux gr\u00e2ce \u00e0 des r\u00e9actions placebo, alors qu&#8217;en r\u00e9alit\u00e9, l&#8217;alt\u00e9ration d&#8217;une fonction physiologique li\u00e9e \u00e0 la maladie peut l&#8217;exposer \u00e0 des risques de complications graves.<\/p>\n<p>Nous consid\u00e9rons que les tendances \u00e0 justifier des m\u00e9thodes fictives comme l&#8217;hom\u00e9opathie par un &#8220;b\u00e9n\u00e9fice&#8221; de l&#8217;effet placebo sont tr\u00e8s probl\u00e9matiques. Cela est \u00e9galement reconnu au sein de la recherche sur les placebos. Fabrizio Benedetti, chercheur renomm\u00e9 sur les placebos au D\u00e9partement de neurosciences de l&#8217;\u00c9cole de m\u00e9decine de Turin, a publi\u00e9 un article en d\u00e9cembre 2019 [17], dans lequel il r\u00e9sume :<\/p>\n<p>&#8220;Le ph\u00e9nom\u00e8ne placebo est encore aujourd&#8217;hui un paradoxe et un effet pas facile \u00e0 g\u00e9rer. [..]. Malheureusement, le charlatanisme a aujourd&#8217;hui une autre arme de son c\u00f4t\u00e9, paradoxalement repr\u00e9sent\u00e9e par les m\u00e9canismes placebo soutenus par les sciences exactes. Ce nouveau &#8216;charlatanisme scientifique&#8217; peut faire beaucoup de mal, c&#8217;est pourquoi nous devons \u00eatre tr\u00e8s prudents et vigilants sur la fa\u00e7on dont les connaissances de la science exacte sont utilis\u00e9es, [&#8230;].<\/p>\n<p>Je pense qu&#8217;une r\u00e9flexion est n\u00e9cessaire pour \u00e9viter que la m\u00e9decine ne retombe dans des temps r\u00e9volus o\u00f9 le charlatanisme et le chamanisme pr\u00e9valaient. Malheureusement, les nouvelles d\u00e9couvertes de la science exacte sur les placebos produisent maintenant des effets de retour de flamme [&#8230;] Une question cruciale \u00e0 laquelle il faut r\u00e9pondre est la suivante : la recherche sur les placebos favorise-t-elle la pseudo-science ?&#8221;<\/p>\n<p>Nous avons expos\u00e9 ci-dessus certaines implications concr\u00e8tes qui co\u00efncident avec ces consid\u00e9rations pour le cas particulier de l&#8217;hom\u00e9opathie. Nous consid\u00e9rons donc qu&#8217;il n&#8217;est pas justifi\u00e9 d&#8217;invoquer explicitement ou implicitement l&#8217;effet placebo pour &#8220;justifier&#8221; l&#8217;utilisation de la pseudo-m\u00e9decine\/hom\u00e9opathie.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Ni selon des crit\u00e8res objectifs, ni en tant que simple m\u00e9thode placebo, l&#8217;hom\u00e9opathie ne correspond \u00e0 sa &#8220;bonne r\u00e9putation&#8221; aupr\u00e8s de la population et m\u00eame des professions de sant\u00e9. Il n&#8217;est pas question, comme on l&#8217;entend souvent de la part de ses promoteurs, que l&#8217;hom\u00e9opathie soit une &#8220;option th\u00e9rapeutique suppl\u00e9mentaire&#8221; dans la pratique m\u00e9dicale. Cela vaut aussi bien pour l&#8217;utilisation solitaire que pour l&#8217;utilisation compl\u00e9mentaire de l&#8217;hom\u00e9opathie.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les preuves n\u00e9gatives de l&#8217;effet de l&#8217;hom\u00e9opathie font l&#8217;objet d&#8217;un large consensus au sein de la communaut\u00e9 scientifique : il n&#8217;existe aucune preuve d&#8217;une efficacit\u00e9 clinique pertinente au-del\u00e0 des effets contextuels pour aucune indication m\u00e9dicale.<\/li>\n<li>L&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;un consentement \u00e9clair\u00e9, requis par les principes \u00e9thiques, pour l&#8217;utilisation de l&#8217;hom\u00e9opathie comme placebo semble presque impossible en raison de la &#8220;r\u00e9putation publique&#8221; ancr\u00e9e de la m\u00e9thode.<\/li>\n<li>L&#8217;invocation d&#8217;effets placebo pour justifier l&#8217;utilit\u00e9 de moyens et de m\u00e9thodes sans preuve d&#8217;efficacit\u00e9 sp\u00e9cifique doit \u00eatre rejet\u00e9e, tant de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale que dans un cas de traitement particulier.<\/li>\n<li>L&#8217;ancrage g\u00e9n\u00e9ral de l&#8217;hom\u00e9opathie en tant que m\u00e9thode m\u00e9dicale valide dans la conscience g\u00e9n\u00e9rale est un ph\u00e9nom\u00e8ne socio-psychologique qui se fonde sur des influences et des informations erron\u00e9es de toutes sortes sur une longue p\u00e9riode. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne &#8211; utilis\u00e9 \u00e0 des fins publicitaires par les milieux int\u00e9ress\u00e9s &#8211; s&#8217;associe \u00e0 la tendance \u00e0 l&#8217;individualisation et \u00e0 l&#8217;autod\u00e9termination, m\u00eame et surtout l\u00e0 o\u00f9 il n&#8217;y a pas de comp\u00e9tence personnelle ou d&#8217;information suffisante.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Markun S, et al : Beliefs, Endorsement and Application of Homeopathy Disclosed : A Survey Among Ambulatory Care Physicians, Swiss Med Wkly 2017 Oct 12 ; 147 : w14505 ; doi : 10.4414\/smw.2017.14505. eCollection 2017. (https:\/\/smw.ch\/article\/doi\/smw.2017.14505)<\/li>\n<li>R\u00e9seau d&#8217;information sur l&#8217;hom\u00e9opathie : A propos du choix de l&#8217;hom\u00e9opathie en Suisse. https:\/\/netzwerk-homoeopathie.info\/ueber-die-entscheidung-zur-homoeopathie-in-der-schweiz\/<\/li>\n<li>La Suisse est un eldorado pour les fans allemands de globules, Neue Z\u00fcrcher Zeitung, 23.05.2018, www.nzz.ch\/schweiz\/homoeopathie-schweiz-als-eldorado-fuer-globuli-fans-ld.1387741<\/li>\n<li>Grams N, Endruscheit U : Quelle est la scientificit\u00e9 de l&#8217;hom\u00e9opathie ? Forum Science 4\/2019, \u00e9d. Bund demokratischer Wissenschaftlerinnen und Wissenschaftler (bdwi), ISBN 978-3-939864-26-4<\/li>\n<li>Maddox J, Randi J, Stewart W : Exp\u00e9riences de &#8220;haute dilution&#8221;, une illusion. Nature 1988 ; 334 : 287-290 ; doi : 10.1038\/334287a0<\/li>\n<li>Hom\u00e9op\u00e9dia : Revues syst\u00e9matiques sur l&#8217;hom\u00e9opathie : aper\u00e7u (www.hom\u00f6opedia.eu\/index.php\/Artikel:Systematische_Reviews_zur_Hom\u00f6opathie_-_\u00dcbersicht)<\/li>\n<li>Assessing risk of bias in a randomized trial, Chapter 8. In : Cochrane Handbook for Systematic Reviews of Interventions, Version 6, 2019 ; https:\/\/training.cochrane.org\/handbook\/current\/chapter-08<\/li>\n<li>L&#8217;exemple de Mathie R. et al. 2014 : www.hom\u00f6opedia.eu\/index.php\/Artikel:Systematische_Reviews_zur_Hom\u00f6opathie_-_Mathie_(2014)<\/li>\n<li>Produits et pratiques hom\u00e9opathiques : \u00e9valuer les preuves et assurer la coh\u00e9rence dans la r\u00e9glementation des all\u00e9gations m\u00e9dicales dans l&#8217;UE, EASAC 2017 ; https:\/\/easac.eu\/fileadmin\/PDF_s\/reports_statements\/EASAC_Homepathy_statement_web_final.pdf<\/li>\n<li>Elzer M : 50 ans de groupes Balint : Acqu\u00e9rir une comp\u00e9tence holistique. Dans : Dt \u00c4rzteblatt PP 3, 08\/2004 ; 364 ; www.aerzteblatt.de\/archiv\/43044\/50-Jahre-Balint-Gruppen-Ganzheitliche-Kompetenz-erwerben\/<\/li>\n<li>World Medical Association, WMA Manuel d&#8217;\u00e9thique m\u00e9dicale, chap. 5 ; www.bundesaerztekammer.de\/fileadmin\/user_upload\/downloads\/WMA_aerztliche_Ethik.pdf<\/li>\n<li>Grams N : Homeopathy &#8211; Where Is The Science ? EMBO Rep 2019 ; 20 : e47761 ; doi : 10.15252\/embr.201947761.<\/li>\n<li>Kovic M : Est-il moralement d\u00e9fendable de prescrire l&#8217;hom\u00e9opathie comme placebo ? Skeptiker Schweiz, Association pour la pens\u00e9e critique, 23.11.2017 ; www.skeptiker.ch\/homoeopathie-placebo-moralisch-haltbar<\/li>\n<li>Hr\u00f3bjartsson A, G\u00f8tzsche PC : Is The Placebo Powerless ? N Engl J Med 2001 ; 344 ; www.nejm.org\/doi\/full\/10.1056\/NEJM200105243442106<\/li>\n<li>The power of the placebo effect, Harvard Health Publishing May 2017, updated May 9 2019 ; www.health.harvard.edu\/mental-health\/the-power-of-the-placebo-effect<\/li>\n<li>Wechsler ME, et al. : Albuterol actif ou placebo, acupuncture de sham, ou aucune intervention dans l&#8217;asthme. N Engl J Med 2011 ; 365 : 119-126 ; www.nejm.org\/doi\/full\/10.1056\/NEJMoa1103319<\/li>\n<li>Benedetti F : The Dangerous Side of Placebo Research : Is Hard Science Boosting Pseudoscience ? Clinical Pharmacology &amp; Therapeutics 2017 ; 106.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2020 ; 15(8) : 6-10<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;hom\u00e9opathie ne correspond pas \u00e0 sa &#8220;bonne r\u00e9putation&#8221; aupr\u00e8s de la population, ni selon des crit\u00e8res objectifs, ni en tant que simple m\u00e9thode placebo. 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