{"id":333817,"date":"2020-07-15T00:00:00","date_gmt":"2020-07-14T22:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/troubles-du-spectre-autistique-tsa-chez-ladulte-avec-compensation-elevee\/"},"modified":"2020-07-15T00:00:00","modified_gmt":"2020-07-14T22:00:00","slug":"troubles-du-spectre-autistique-tsa-chez-ladulte-avec-compensation-elevee","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/troubles-du-spectre-autistique-tsa-chez-ladulte-avec-compensation-elevee\/","title":{"rendered":"Troubles du spectre autistique (TSA) chez l&#8217;adulte avec compensation \u00e9lev\u00e9e"},"content":{"rendered":"<p><strong>M\u00eame les patients d&#8217;\u00e2ge moyen peuvent tout \u00e0 fait \u00eatre diagnostiqu\u00e9s avec le syndrome d&#8217;Asperger. Il s&#8217;agit le plus souvent de personnes ayant une capacit\u00e9 de compensation \u00e9lev\u00e9e. Mais au fil du temps, les efforts prennent le dessus et poussent les personnes concern\u00e9es \u00e0 demander de l&#8217;aide.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le syndrome d&#8217;Asperger suscite actuellement un grand int\u00e9r\u00eat culturel et public. Cette \u00e9volution, qui l\u00e8ve heureusement les tabous d&#8217;une part, entra\u00eene \u00e9galement de nombreux mythes, pr\u00e9jug\u00e9s et une glorification. Cela incite certains professionnels \u00e0 une r\u00e9ticence excessive \u00e0 l&#8217;\u00e9gard du diagnostic. Le scepticisme est particuli\u00e8rement pr\u00e9sent chez les adultes diagnostiqu\u00e9s pour la premi\u00e8re fois \u00e0 un \u00e2ge moyen. Mais ce scepticisme n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas justifi\u00e9. De nombreuses personnes concern\u00e9es peuvent faire preuve d&#8217;une grande capacit\u00e9 de compensation sur une longue p\u00e9riode et ce n&#8217;est qu&#8217;au milieu de leur vie, lorsque le stress persistant l&#8217;emporte d\u00e9finitivement sur leurs ressources, qu&#8217;elles d\u00e9compensent. Ces personnes ne demandent de l&#8217;aide pour la premi\u00e8re fois qu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, \u00e0 un \u00e2ge moyen ou avanc\u00e9, en raison de troubles cons\u00e9cutifs. Les comorbidit\u00e9s sont particuli\u00e8rement fr\u00e9quentes chez les personnes atteintes de TSA [1]. D&#8217;autres personnes concern\u00e9es ne s&#8217;adressent \u00e0 un professionnel qu&#8217;apr\u00e8s une longue r\u00e9flexion autonome sur leur probl\u00e9matique, qui les am\u00e8ne \u00e0 s&#8217;autodiagnostiquer. Les deux groupes doivent \u00eatre correctement diagnostiqu\u00e9s afin de leur \u00e9viter des souffrances inutiles. Les paragraphes suivants d\u00e9crivent une approche de l&#8217;identification, du diagnostic et du traitement corrects des personnes atteintes d&#8217;un haut niveau de compensation \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte.<\/p>\n<h2 id=\"criteres-de-diagnostic\">Crit\u00e8res de diagnostic<\/h2>\n<p>Dans le DSM-5 et dans la CIM-11 attendue, les probl\u00e8mes autistiques ne sont plus compris de mani\u00e8re cat\u00e9gorielle, mais de mani\u00e8re nouvellement dimensionnelle. En d&#8217;autres termes, les diff\u00e9rents diagnostics d&#8217;autisme infantile pr\u00e9coce, d&#8217;autisme atypique et de syndrome d&#8217;Asperger sont enregistr\u00e9s comme diff\u00e9rentes expressions du m\u00eame continuum avec les m\u00eames caract\u00e9ristiques principales. Deux caract\u00e9ristiques observables constituent essentiellement le spectre de l&#8217;autisme selon les syst\u00e8mes de diagnostic : des probl\u00e8mes dans les interactions interpersonnelles et des comportements, int\u00e9r\u00eats ou activit\u00e9s restreints et r\u00e9p\u00e9titifs. Aucune r\u00e9f\u00e9rence n&#8217;est faite aux m\u00e9canismes sous-jacents.<\/p>\n<p><strong>Tableau 1<\/strong>  pr\u00e9sente les crit\u00e8res d\u00e9finissant l&#8217;autisme selon le DSM-5 [2]. Pour v\u00e9rifier si ces crit\u00e8res sont remplis, le clinicien observe des anomalies dans la conduite de la conversation, le comportement non verbal et le r\u00e9seau relationnel ainsi que les mod\u00e8les relationnels du patient. Alors que certains patients se font imm\u00e9diatement remarquer \u00e0 cet \u00e9gard &#8211; ils se dirigent directement vers leur chaise sans formuler de salutations, parlent sans arr\u00eat ou pas du tout, ont l&#8217;air d&#8217;\u00eatre plus malins que les autres, le contact visuel est absent, la voix est trop forte\/trop faible\/trop stridente, etc. Certains ont &#8211; comme d&#8217;autres personnes &#8211; un charme naturel qui peut \u00eatre avantageux dans la vie, mais trompeur dans le diagnostic. Ces personnes r\u00e9ussissent \u00e0 interagir socialement avec peu ou pas d&#8217;anomalies au d\u00e9part. Le professionnel ne pense donc pas imm\u00e9diatement \u00e0 l&#8217;autisme. Cependant, une exploration r\u00e9v\u00e8le que cet effort d&#8217;adaptation active repr\u00e9sente un effort consid\u00e9rable pour eux. Par exemple, des scripts entiers de conversation sont pr\u00e9par\u00e9s avant tout appel t\u00e9l\u00e9phonique (parfois avec des formules de salutations), une longue p\u00e9riode de r\u00e9cup\u00e9ration est n\u00e9cessaire apr\u00e8s les interactions, les petites conversations et le flirt ne sont possibles que par \u00e9crit ou pas du tout. Ces patients ont \u00e9galement souvent v\u00e9cu des exp\u00e9riences de harc\u00e8lement et d&#8217;exclusion dans le pass\u00e9. Si l&#8217;on interroge leurs relations sociales et leurs mod\u00e8les relationnels, de mani\u00e8re subjective et selon l&#8217;anamn\u00e8se d&#8217;autrui, les crit\u00e8res ci-dessus s&#8217;av\u00e8rent remplis : Souvent, la conduite de la conversation, qui semble d&#8217;abord normale, est apprise et pratiqu\u00e9e consciemment &#8211; et non intuitivement. L&#8217;expression amicale du visage est souvent parathymique et ne repr\u00e9sente pas un indicateur des sentiments actuels, le contact visuel est \u00e9galement appris et fait l&#8217;objet d&#8217;un effort conscient. L&#8217;expression verbale et non verbale, ainsi que le d\u00e9chiffrage des expressions faciales d&#8217;autrui ou de la communication verbale lors d&#8217;une conversation \u00e0 plusieurs, ne s&#8217;effectuent qu&#8217;au prix d&#8217;un effort consid\u00e9rable, qui provoque un stress subjectif et conduit progressivement \u00e0 l&#8217;\u00e9puisement.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-13771\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/tab1_np3_s13.png\" style=\"height:437px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"801\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En outre, certains professionnels qui ne sont pas familiers avec le sujet pensent que les personnes autistes ne veulent pas ou ne peuvent pas entretenir de relations sociales. Mais ce n&#8217;est pas le cas. Au contraire, la grande majorit\u00e9 des personnes concern\u00e9es ont un besoin d&#8217;attachement et un int\u00e9r\u00eat social intacts. Le fait d&#8217;entretenir des relations en soi n&#8217;est certainement pas un crit\u00e8re d&#8217;exclusion des TSA. Cependant, ce besoin est souvent l\u00e9g\u00e8rement r\u00e9duit et la satisfaction de ce besoin peut \u00eatre diff\u00e9rente de celle des personnes non autistes. Par exemple, elles sont davantage ax\u00e9es sur les faits que sur les \u00e9motions (par exemple, elles sont bas\u00e9es sur des int\u00e9r\u00eats communs plut\u00f4t que sur des exp\u00e9riences ou des sentiments communs), ou l&#8217;entretien des relations se manifeste \u00e0 intervalles fixes, m\u00eame s&#8217;ils sont rares.<\/p>\n<p>Il en va de m\u00eame pour le deuxi\u00e8me crit\u00e8re, \u00e0 savoir les int\u00e9r\u00eats r\u00e9p\u00e9titifs et limit\u00e9s et l&#8217;hypersensibilit\u00e9 ou l&#8217;hyposensibilit\u00e9 sensorielle. Ici aussi, certains patients se font imm\u00e9diatement remarquer, par exemple parce qu&#8217;ils semblent compulsifs, se plaignent de l&#8217;odeur ou de la lumi\u00e8re vive des n\u00e9ons, portent des v\u00eatements tr\u00e8s amples et souples, etc. Cependant, les patients ayant une capacit\u00e9 de compensation \u00e9lev\u00e9e ne se plaindraient pas par politesse apprise, leurs v\u00eatements sont souvent \u00e9galement adapt\u00e9s et ils ne se font pas remarquer au d\u00e9but. Certaines personnes sont conscientes de leur propre syst\u00e8me, mais ne reconnaissent pas leur besoin de routine et leur adh\u00e9sion \u00e0 des proc\u00e9dures fixes comme \u00e9tant frappantes ou ne sont pas conscientes que leur perception est diff\u00e9rente de celle des autres. Ce n&#8217;est que lorsqu&#8217;on leur demande explicitement, ainsi qu&#8217;aux membres de leur famille, s&#8217;ils sont routiniers, s&#8217;ils ont des habitudes et s&#8217;ils sont hypersensibles aux sens (aux cinq sens s\u00e9par\u00e9ment, \u00e0 la temp\u00e9rature et \u00e0 la douleur), que l&#8217;on obtient une confirmation claire.<\/p>\n<p>Le TSA est un trouble du d\u00e9veloppement, c&#8217;est pourquoi il doit avoir \u00e9t\u00e9 pr\u00e9sent d\u00e8s l&#8217;enfance. Cependant, de nombreuses personnes concern\u00e9es ne se font pas remarquer pendant l&#8217;enfance, ce qui n&#8217;exclut pas la pr\u00e9sence de traits autistiques dans l&#8217;enfance. Les deux raisons principales qui expliquent ce ph\u00e9nom\u00e8ne sont les suivantes : 1. l&#8217;ASS est fortement li\u00e9e \u00e0 la g\u00e9n\u00e9tique [3]. Ainsi, si d&#8217;autres membres de la famille sont \u00e9galement touch\u00e9s, l&#8217;individu ne semble pas se faire remarquer dans son cadre social. 2. souvent, les enfants peuvent s&#8217;adapter avec difficult\u00e9, tout au plus paraissent-ils un peu &#8220;sp\u00e9ciaux&#8221;, et ce n&#8217;est que lorsque les exigences sociales d\u00e9passent leurs possibilit\u00e9s d&#8217;adaptation, peut-\u00eatre pour la premi\u00e8re fois \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, que les difficult\u00e9s autistiques sont reconnues. Cette situation n&#8217;est pas rare, c&#8217;est pourquoi elle est explicitement mentionn\u00e9e dans le DSM-5 <strong>(tab.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-13772 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/tab2_np3_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/531;height:290px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"531\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-a-lage-adulte\">Diagnostic \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte<\/h2>\n<p>Actuellement, il n&#8217;existe pas encore de m\u00e9thode valide permettant de r\u00e9pondre clairement \u00e0 la question de savoir si une personne souffre ou non d&#8217;un TSA. Le processus de diagnostic requiert un entretien d\u00e9taill\u00e9 et un enqu\u00eateur attentif et exp\u00e9riment\u00e9, et comprend g\u00e9n\u00e9ralement une petite batterie de tests qui, ensemble, permettent de d\u00e9terminer si les crit\u00e8res de diagnostic du TSA et d&#8217;autres diagnostics diff\u00e9rentiels sont remplis.&nbsp;  L&#8217;anamn\u00e8se externe fait partie int\u00e9grante du diagnostic. Il s&#8217;agit d&#8217;obtenir davantage d&#8217;informations sur les deux premiers crit\u00e8res de diagnostic, au-del\u00e0 de la description que le patient fait de lui-m\u00eame. Il s&#8217;agit \u00e9galement de d\u00e9terminer si les caract\u00e9ristiques du TSA se sont exprim\u00e9es d\u00e8s l&#8217;enfance. Dans le cadre de l&#8217;\u00e9valuation, il est \u00e9galement possible de poser des questions sur d&#8217;autres particularit\u00e9s qui sont fr\u00e9quentes mais qui ne font pas partie des crit\u00e8res de diagnostic actuels, par exemple une perception focalis\u00e9e sur les d\u00e9tails et un sens de la justice exag\u00e9r\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-de-mode\">Diagnostic de mode ?<\/h2>\n<p>Au cours des 30 derni\u00e8res ann\u00e9es, la fr\u00e9quence des diagnostics a augment\u00e9 rapidement (de 0,1% dans les ann\u00e9es 1980 \u00e0 environ 1-2% en 2020 [4,5]). Il y a probablement trois raisons \u00e0 cela :<\/p>\n<ol>\n<li>Les ajouts successifs de diagnostics dans les syst\u00e8mes de classification DSM et CIM (1978, 1994, 2013 [2,6]) permettent de diagnostiquer de plus en plus de personnes.<\/li>\n<li>L&#8217;int\u00e9r\u00eat du public et la pr\u00e9sence culturelle du syndrome d&#8217;Asperger entra\u00eenent une plus grande prise de conscience de la part de la population g\u00e9n\u00e9rale et<\/li>\n<li>Le monde actuel, qui \u00e9volue rapidement, exige une grande mobilit\u00e9 et flexibilit\u00e9 et met l&#8217;accent sur les comp\u00e9tences sociales, ce qui est particuli\u00e8rement difficile pour les personnes pr\u00e9sentant des traits autistiques.<\/li>\n<\/ol>\n<p>Cette augmentation de la pr\u00e9valence fait \u00e0 nouveau douter certains professionnels de sant\u00e9 du diagnostic. Le doute, bien que compr\u00e9hensible, n&#8217;est pas justifi\u00e9. Les personnes diagnostiqu\u00e9es pour la premi\u00e8re fois avec un TSA l\u00e9ger \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte auraient tr\u00e8s probablement re\u00e7u plusieurs autres diagnostics ou semi-diagnostics sans ce seul diagnostic (par exemple, phobie sociale et trouble obsessionnel compulsif de la personnalit\u00e9, personnalit\u00e9 accentu\u00e9e, trouble combin\u00e9 de la personnalit\u00e9, etc.) Ces diagnostics de remplacement n&#8217;auraient toutefois pas la m\u00eame valeur explicative, ce qui aurait conduit \u00e0 une th\u00e9rapie non r\u00e9ussie ou moins r\u00e9ussie. L&#8217;impression des sp\u00e9cialistes de l&#8217;autisme est que, malgr\u00e9 la pr\u00e9sence m\u00e9diatique et culturelle du diagnostic, le trouble du spectre autistique est encore sous-diagnostiqu\u00e9 en Suisse [7]. Il n&#8217;est pas rare que les personnes concern\u00e9es souffrent d&#8217;un rejet de ce diagnostic par des professionnels peu familiaris\u00e9s avec celui-ci.<\/p>\n<h2 id=\"le-traitement\">Le traitement<\/h2>\n<p>Les particularit\u00e9s autistiques ne peuvent pas \u00eatre \u00e9limin\u00e9es par une th\u00e9rapie. Mais il est possible d&#8217;am\u00e9liorer consid\u00e9rablement le bien-\u00eatre, le niveau de fonctionnement et donc la qualit\u00e9 de vie des personnes concern\u00e9es. Il est alors possible d&#8217;apprendre et d&#8217;entra\u00eener certaines comp\u00e9tences jusqu&#8217;\u00e0 un certain degr\u00e9 individuel, d&#8217;essayer d&#8217;adapter la situation environnementale (poste, taux d&#8217;occupation, lieu de r\u00e9sidence, etc.) et de traiter les troubles cons\u00e9cutifs et le stress. Par cons\u00e9quent, une th\u00e9rapie est fortement recommand\u00e9e en cas de souffrance existante. Il est tr\u00e8s avantageux pour la personne concern\u00e9e que le th\u00e9rapeute ait des connaissances dans le domaine des TCA [8].<\/p>\n<p>Les sp\u00e9cificit\u00e9s des TSA doivent \u00eatre prises en compte d\u00e8s le d\u00e9but de la relation. Voici quelques exemples. Les personnes atteintes de TSA appr\u00e9cient un langage clair et concret. C&#8217;est pourquoi il faut absolument \u00e9viter les ambigu\u00eft\u00e9s, les formulations impr\u00e9cises, ainsi que les questions rh\u00e9toriques ou les allusions dans la conduite de l&#8217;entretien, afin de ne pas surcharger la personne concern\u00e9e.<\/p>\n<p>La conduite de l&#8217;entretien de la part du th\u00e9rapeute doit en outre offrir un \u00e9quilibre entre la directivit\u00e9 d&#8217;une part et le respect du besoin d&#8217;autonomie accru de la personne concern\u00e9e d&#8217;autre part. En outre, le processus th\u00e9rapeutique exige souvent plus de patience que d&#8217;habitude de la part des th\u00e9rapeutes. Pratiquement toutes les personnes concern\u00e9es souhaitent recevoir des instructions claires de la part des th\u00e9rapeutes, certaines les suivent avec une ob\u00e9issance remarquable, tandis que d&#8217;autres ont des difficult\u00e9s \u00e0 s&#8217;engager dans la nouveaut\u00e9, ce qui explique leur r\u00e9sistance initiale et leur besoin de plus de temps.&nbsp;  Enfin, il faut faire tr\u00e8s attention \u00e0 la d\u00e9licatesse. Souvent, les personnes concern\u00e9es ont v\u00e9cu plusieurs exp\u00e9riences d&#8217;exclusion et de rejet dans le pass\u00e9. Il n&#8217;est donc pas seulement agr\u00e9able, mais indispensable pour eux de vivre une relation th\u00e9rapeutique valorisante, bienveillante et compatissante.<\/p>\n<p>La th\u00e9rapie comprend comme premi\u00e8re \u00e9tape la psycho\u00e9ducation : expliquer ce qu&#8217;est le TSA, situer les difficult\u00e9s du patient par rapport \u00e0 ce diagnostic et montrer les possibilit\u00e9s de traitement. L&#8217;analyse des ressources du patient est \u00e9galement indispensable.<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, les maladies secondaires pour lesquelles le patient a demand\u00e9 un traitement sont ensuite trait\u00e9es, en tenant compte des propri\u00e9t\u00e9s de l&#8217;ASA. Les comorbidit\u00e9s les plus fr\u00e9quentes sont la d\u00e9pression et les troubles de l&#8217;adaptation, le TDAH, les troubles anxieux, les troubles du sommeil, les troubles du contr\u00f4le des impulsions et les troubles obsessionnels compulsifs, ainsi que les troubles du comportement social et les psychoses [1].<\/p>\n<p>D&#8217;autres probl\u00e8mes typiques qui affectent consid\u00e9rablement la qualit\u00e9 de vie des personnes concern\u00e9es sont, entre autres, le ch\u00f4mage involontaire ou le sous-emploi malgr\u00e9 une bonne formation professionnelle, des probl\u00e8mes de r\u00e9gulation du stress, de r\u00e9gulation des \u00e9motions, des sentiments d&#8217;auto-insuffisance, des comp\u00e9tences sociales, des pens\u00e9es suicidaires fr\u00e9quentes et des probl\u00e8mes de gestion pratique de la vie quotidienne [9\u201312]. Ce dernier peut inclure des choses telles que l&#8217;alt\u00e9ration de la gestion du temps et de l&#8217;organisation personnelle, jusqu&#8217;\u00e0 une prise alimentaire insuffisante.<\/p>\n<p>En principe, il convient d&#8217;\u00e9laborer une analyse individuelle des probl\u00e8mes avec le patient. Cela doit \u00eatre suivi d&#8217;un plan pragmatique, orient\u00e9 vers des solutions et r\u00e9aliste pour am\u00e9liorer les comp\u00e9tences et les conditions de vie. Il existe aujourd&#8217;hui plusieurs manuels pour am\u00e9liorer diff\u00e9rentes comp\u00e9tences [13\u201315]. Les th\u00e9rapeutes exp\u00e9riment\u00e9s disposent d&#8217;un r\u00e9pertoire de techniques qui ont fait leurs preuves en mati\u00e8re d&#8217;apprentissage des comp\u00e9tences et de gestion constructive des probl\u00e8mes li\u00e9s aux TSA. L&#8217;am\u00e9lioration des conditions de vie passe souvent par des discussions avec les employeurs, la r\u00e9organisation de la t\u00e2che professionnelle ou de son \u00e9tendue, et parfois aussi du lieu de r\u00e9sidence ou autre, ainsi que par des discussions avec les proches.<\/p>\n<p>Outre l&#8217;am\u00e9lioration des comp\u00e9tences, de la gestion des probl\u00e8mes et des conditions de vie, la th\u00e9rapie doit \u00e9galement favoriser l&#8217;acceptation des limites individuelles. Ce dernier point repr\u00e9sente d&#8217;abord une d\u00e9ception pour certaines personnes concern\u00e9es, car leurs d\u00e9sirs, leurs espoirs et leurs ambitions ne sont pas toujours compatibles avec leurs ressources. Avec le temps, l&#8217;objectif est de se concentrer sur le bien-\u00eatre, les valeurs et l&#8217;estime de soi. L&#8217;objectif est de d\u00e9velopper l&#8217;accomplissement de soi et la recherche de sens tout en respectant le bien-\u00eatre.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Un premier diagnostic de TSA est \u00e9galement possible \u00e0 un \u00e2ge moyen.<\/li>\n<li>Le fait de maintenir des contacts sociaux en soi n&#8217;est pas un crit\u00e8re d&#8217;exclusion des TSA.<\/li>\n<li>Par d\u00e9finition, on ne peut pas demander aux personnes atteintes de TSA de r\u00e9agir de mani\u00e8re flexible.<\/li>\n<li>Une proc\u00e9dure compl\u00e8te est n\u00e9cessaire pour \u00e9tablir le diagnostic. La saisie d&#8217;une feuille de d\u00e9pistage seule ne suffit pas.<\/li>\n<li>La psychoth\u00e9rapie peut aider consid\u00e9rablement les patients, m\u00eame si les sympt\u00f4mes principaux persistent.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Lai MC, Kassee C, Besney R, et al : Prevalence of Co-Occurring Mental Health Diagnoses in the Autism Population : a Systematic Review and Meta-Analysis. Lancet Psychiatry : 2019 ; 6 : 819-829.<\/li>\n<li>Association am\u00e9ricaine de psychiatrie. Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (5e \u00e9d.) Crit\u00e8res de diagnostic DSM-5 : 2013. \u00c9dition allemande publi\u00e9e par Peter Falkai et Hans-Ulrich Wittchen : 2015.<\/li>\n<li>Sandin S, Lichtenstein P, Kuja-Halkola R, et al : L&#8217;h\u00e9ritabilit\u00e9 du trouble du spectre de l&#8217;autisme. JAMA : 2017 ; 318 (12) : 1182-1184.<\/li>\n<li>Weintraub K : Le puzzle de la pr\u00e9valence. L&#8217;autisme compte. Nature, 2011 ; 479(3), 22-24.<\/li>\n<li>www.cdc.gov\/ncbddd\/autism\/data.html<\/li>\n<li>Organisation mondiale de la sant\u00e9. Classification internationale des maladies. (<sup>9e<\/sup> \u00e9dition, 1978, et <sup>10e<\/sup> \u00e9dition, 1994).  &nbsp;<\/li>\n<li>Haker H : Le syndrome d&#8217;Asperger &#8211; un diagnostic \u00e0 la mode ? Pratique, 2014 ; 103:1191-1196.<\/li>\n<li>Lipinski S, Blanke ES, Suenkel U, Dziobek I : Outpatient Psychotherapy for Adults With High-Functioning Autism Spectrum Condition : Utilization, Treatment Satisfaction, and Preferred Modification. Journal of Autism and Developmental Disorders (Journal de l&#8217;autisme et des troubles du d\u00e9veloppement). 2019 ; 49, 1154-1168.<\/li>\n<li>Kirchner JC, Dzibek I : Vers la r\u00e9ussite de l&#8217;emploi des personnes autistes. Scandinavian Journal of Child and Adolescent Psychiatry and Psychology, 2014 ; 2(2), 77-85.<\/li>\n<li>Gawrosnki A, Kuzmanovic B, Georgescu A, et al. : Attente d&#8217;une psychoth\u00e9rapie pour les adultes \u00e0 haut fonctionnement avec un trouble du spectre autistique, 2011 ; Avanc\u00e9es de la Neurologie Psychiatrie, 79, 647-654.<\/li>\n<li>Attwood T. : Th\u00e9rapie cognitivo-comportementale pour les enfants et les adultes atteints du syndrome d&#8217;Asperger. Behaviour Change, 2004 ; 21(3), 147-161.2004<\/li>\n<li>Cassidy S, Bradley P, Robinson J, et al : Suicidal Ideation and Suicide Plans or Attempts in Adults with Asperger&#8217;s Syndrome Attending a Specialist Diagnostic Clinic : A Clinical Cohort Study. The Lancet Psychiatry, 2014 ; 1(2), 142-147.<\/li>\n<li>Gawronski A, Pfeiffer K, Vogeley K : Autisme de haut niveau \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte. Manuel de groupe de th\u00e9rapie comportementale. 2012 ; \u00c9ditions Beltz.<\/li>\n<li>Ebert D, Fangmeier T, Lichtblau A, et al. : Autisme d&#8217;Asperger et autisme de haut niveau chez les adultes. Le manuel de th\u00e9rapie du groupe d&#8217;\u00e9tude de l&#8217;autisme de Fribourg. 2013 ; \u00c9ditions Hogrefe.<\/li>\n<li>Dziobek I, Stoll S : Autisme de haut niveau chez l&#8217;adulte. Un manuel de th\u00e9rapie cognitivo-comportementale. 2019 ; \u00c9ditions Kohlhammer.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2020 ; 18(3) : 12-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>M\u00eame les patients d&#8217;\u00e2ge moyen peuvent tout \u00e0 fait \u00eatre diagnostiqu\u00e9s avec le syndrome d&#8217;Asperger. Il s&#8217;agit le plus souvent de personnes ayant une capacit\u00e9 de compensation \u00e9lev\u00e9e. Mais au&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":96527,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Syndrome d'Asperger","footnotes":""},"category":[11531,11383,11489,11549],"tags":[20981,20971,20976,24686,24191],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-333817","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-neurologie-fr","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rx-fr","tag-asperger-fr","tag-ass-fr","tag-autisme","tag-syndrome-dasperger","tag-troubles-du-spectre-autistique","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-07-13 21:06:22","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":333824,"slug":"disturbo-dello-spettro-autistico-asd-negli-adulti-con-alti-livelli-di-compensazione","post_title":"Disturbo dello spettro autistico (ASD) negli adulti con alti livelli di compensazione","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/disturbo-dello-spettro-autistico-asd-negli-adulti-con-alti-livelli-di-compensazione\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":333831,"slug":"desordem-do-espectro-do-autismo-asd-em-adultos-com-altos-niveis-de-compensacao","post_title":"Desordem do espectro do autismo (ASD) em adultos com altos n\u00edveis de compensa\u00e7\u00e3o","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/desordem-do-espectro-do-autismo-asd-em-adultos-com-altos-niveis-de-compensacao\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":333836,"slug":"trastorno-del-espectro-autista-tea-en-adultos-con-altos-niveles-de-compensacion","post_title":"Trastorno del espectro autista (TEA) en adultos con altos niveles de compensaci\u00f3n","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/trastorno-del-espectro-autista-tea-en-adultos-con-altos-niveles-de-compensacion\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333817","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=333817"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/333817\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=333817"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=333817"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=333817"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=333817"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}