{"id":334169,"date":"2020-05-26T02:00:00","date_gmt":"2020-05-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/parce-que-le-coeur-des-femmes-se-brise-differemment\/"},"modified":"2020-05-26T02:00:00","modified_gmt":"2020-05-26T00:00:00","slug":"parce-que-le-coeur-des-femmes-se-brise-differemment","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/parce-que-le-coeur-des-femmes-se-brise-differemment\/","title":{"rendered":"Parce que le c\u0153ur des femmes se brise diff\u00e9remment"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les concepts d&#8217;\u00e9valuation et de traitement sp\u00e9cifiques au genre prennent de plus en plus d&#8217;importance. En effet, le sexe a une influence essentielle sur la (patho-)physiologie. La gestion du traitement doit \u00eatre adapt\u00e9e en cons\u00e9quence.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les nouvelles connaissances ont conduit \u00e0 une intensification des efforts pour mettre un terme \u00e0 la sous-repr\u00e9sentation traditionnelle des patientes dans la recherche (pr\u00e9)clinique. &#8220;Il doit y avoir plus que le &#8220;r\u00e9flexe bikini&#8221; qui r\u00e9duit les femmes en premier lieu \u00e0 la poitrine et aux organes reproducteurs&#8221;, a averti Meyer. Dans le domaine de la cardiologie en particulier, la m\u00e9decine de genre va bien au-del\u00e0 du score <sub>CHA2DS2-VASc<\/sub>. Le syndrome coronarien chronique, par exemple, englobe l&#8217;ensemble de la physiopathologie &#8211; de la formation initiale de la plaque aux complications ath\u00e9rothrombotiques aigu\u00ebs (syndrome coronarien aigu) en passant par l&#8217;ath\u00e9rome coronarien non obstructif et obstructif. &#8220;Ce processus de longue haleine peut \u00eatre modifi\u00e9 par des changements de mode de vie et des th\u00e9rapies pharmacologiques et interventionnelles, bien que m\u00eame les lignes directrices de la Soci\u00e9t\u00e9 europ\u00e9enne de cardiologie publi\u00e9es en 2019 ne traitent du facteur &#8220;sexe&#8221; que dans un court sous-chapitre&#8221;, a-t-il d\u00e9clar\u00e9. Les femmes repr\u00e9sentent moins d&#8217;un tiers des participants aux \u00e9tudes cardiovasculaires (biais de recrutement), alors que la mortalit\u00e9 cardiovasculaire est globalement plus \u00e9lev\u00e9e chez les femmes que chez les hommes en Europe. En outre, les femmes pr\u00e9sentent \u00e9galement des \u00e9volutions \u00e0 long terme moins favorables apr\u00e8s un diagnostic de maladie coronarienne, un infarctus du myocarde ou une revascularisation coronarienne par pontage AC. &#8220;Il y a donc de bonnes raisons d&#8217;adapter au quotidien les algorithmes des guidelines, fond\u00e9s sur des \u00e9tudes, aux sp\u00e9cificit\u00e9s li\u00e9es au sexe&#8221;, a d\u00e9clar\u00e9 Meyer.<\/p>\n<h2 id=\"femme-ou-homme-physiopathologie-de-la-maladie-coronarienne\">Femme ou homme : physiopathologie de la maladie coronarienne<\/h2>\n<p>Lorsqu&#8217;un syndrome coronarien chronique est diagnostiqu\u00e9, les femmes sont de 7 \u00e0 10 ans plus \u00e2g\u00e9es que les hommes, car l&#8217;incidence augmente fortement chez les femmes apr\u00e8s la m\u00e9nopause. Des exp\u00e9riences ont d\u00e9montr\u00e9 que les \u0153strog\u00e8nes endog\u00e8nes ont des effets vasculaires protecteurs. Ceux-ci ont notamment un effet vasodilatateur, antiprolif\u00e9ratif, antithrombotique, anti-inflammatoire et hypolip\u00e9miant. Si elles disparaissent apr\u00e8s la m\u00e9nopause, les facteurs de risque (hypertension art\u00e9rielle, dyslipid\u00e9mie, ob\u00e9sit\u00e9) augmentent de mani\u00e8re exponentielle. Le risque de maladies inflammatoires auto-immunes telles que la polyarthrite rhumato\u00efde, le lupus \u00e9ryth\u00e9mateux diss\u00e9min\u00e9 augmente \u00e9galement. &#8220;Dans la paroi vasculaire, cela provoque une inflammation chronique, la formation de plaques d&#8217;ath\u00e9roscl\u00e9rose infracliniques et un remodelage positif, et donc une vasomotricit\u00e9 perturb\u00e9e, en particulier au niveau de la microcirculation&#8221;, a expliqu\u00e9 l&#8217;expert. Ce n&#8217;est qu&#8217;au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution de la maladie que la physiopathologie se rapproche de celle des hommes. Les diff\u00e9rences entre les sexes dans les maladies coronariennes sont donc bien justifi\u00e9es d&#8217;un point de vue physiopathologique. La m\u00e9nopause est une p\u00e9riode particuli\u00e8rement vuln\u00e9rable d&#8217;un point de vue cardiovasculaire et n\u00e9cessite une attention accrue pour d\u00e9tecter \u00e0 temps les facteurs de risque.<\/p>\n<h2 id=\"garder-egalement-un-oeil-sur-les-facteurs-de-risque\">Garder \u00e9galement un \u0153il sur les facteurs de risque<\/h2>\n<p>Il existe \u00e9galement des diff\u00e9rences li\u00e9es au sexe en ce qui concerne les facteurs de risque. Par exemple, avant l&#8217;\u00e2ge de 50 ans&nbsp;, l&#8217;hypertension art\u00e9rielle est l&#8217;apanage des hommes. Elle est ensuite plus fr\u00e9quente chez les femmes. Plus d&#8217;un tiers des femmes de 60 ans souffrent d&#8217;hypertension art\u00e9rielle. &#8220;Le diagnostic peut \u00eatre difficile, car les sympt\u00f4mes se chevauchent avec les troubles associ\u00e9s \u00e0 la m\u00e9nopause et les femmes pr\u00e9sentent souvent des valeurs de pression art\u00e9rielle plus variables&#8221;, a rapport\u00e9 l&#8217;orateur. Il n&#8217;existe pas non plus de recommandations sp\u00e9cifiques au sexe concernant le traitement m\u00e9dicamenteux ou les valeurs cibles. Cependant, les m\u00e9dicaments ont une marge th\u00e9rapeutique plus \u00e9troite chez les femmes que chez les hommes et provoquent davantage d&#8217;effets secondaires. Au quotidien, une titration prudente des doses ou l&#8217;association de plusieurs substances actives \u00e0 des doses plus faibles peuvent donc s&#8217;av\u00e9rer utiles. Les antagonistes du calcium ont un effet antihypertenseur plus important chez les femmes que chez les hommes. &#8220;En cas d&#8217;ost\u00e9oporose, les diur\u00e9tiques tels que l&#8217;indapamide peuvent \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9s, car ils r\u00e9duisent l&#8217;excr\u00e9tion de calcium&#8221;, a recommand\u00e9 M. Meyer. Un bon traitement antihypertenseur peut \u00e9ventuellement r\u00e9duire l&#8217;incidence de l&#8217;insuffisance cardiaque due \u00e0 un dysfonctionnement diastolique (HFpEF), fr\u00e9quemment observ\u00e9e chez les femmes \u00e2g\u00e9es.<\/p>\n<p>Le risque d&#8217;\u00e9v\u00e9nements cardiovasculaires augmente deux fois plus chez les femmes que chez les hommes en pr\u00e9sence d&#8217;un diab\u00e8te sucr\u00e9 ou d&#8217;une consommation de tabac. Cela peut s&#8217;expliquer par le fait que le diab\u00e8te renforce le sch\u00e9ma d&#8217;ath\u00e9roscl\u00e9rose diffuse, surtout dans les petits vaisseaux, avec un dysfonctionnement microvasculaire cons\u00e9cutif. Les femmes sont \u00e9galement moins susceptibles d&#8217;\u00eatre orient\u00e9es vers des programmes de r\u00e9adaptation cardiaque, ce qui peut avoir une origine psychosociale ou \u00eatre l&#8217;expression d&#8217;une d\u00e9pression r\u00e9actionnelle. De m\u00eame, les femmes sous-estiment g\u00e9n\u00e9ralement leur risque de maladies cardiovasculaires et ne prennent donc pas de mesures pr\u00e9ventives.<\/p>\n<p>&#8220;En outre, il est rarement tenu compte des signes pr\u00e9coces de dysfonctionnement vasculaire pendant la grossesse (pr\u00e9-\u00e9clampsie, diab\u00e8te gestationnel, accouchement pr\u00e9matur\u00e9, avortement), de la carence en \u0153strog\u00e8nes due \u00e0 une m\u00e9nopause pr\u00e9coce ou au syndrome des ovaires polykystiques, ainsi que des maladies auto-immunes connues pour avoir un effet pro-inflammatoire sur les art\u00e8res, qui sont plus fr\u00e9quentes chez les femmes&#8221;, a averti M. Meyer. &#8220;Tous ces facteurs favorisent l&#8217;ath\u00e9rogen\u00e8se coronarienne&#8221;. Un traitement oncologique pour un cancer du sein augmente \u00e9galement le risque cardiovasculaire, en particulier en cas d&#8217;irradiation (\u00e9tendue) du sein gauche.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-de-la-maladie-coronarienne-adapte-au-genre\">Diagnostic de la maladie coronarienne adapt\u00e9 au genre<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes thoraciques, m\u00eame s&#8217;ils semblent non sp\u00e9cifiques ou s&#8217;ils s&#8217;accompagnent de nombreux sympt\u00f4mes associ\u00e9s (dyspn\u00e9e, palpitations, fatigue, etc.), doivent faire suspecter la pr\u00e9sence d&#8217;un syndrome coronarien chronique symptomatique. Comme l&#8217;a expliqu\u00e9 l&#8217;expert, la distinction traditionnelle entre douleurs thoraciques &#8220;typiques&#8221; et &#8220;atypiques&#8221; ne permet gu\u00e8re de discriminer la pr\u00e9sence d&#8217;une maladie coronarienne chez les femmes. Les modifications non isch\u00e9miques de l&#8217;ECG sont plus fr\u00e9quentes chez les femmes que chez les hommes. Par cons\u00e9quent, la sensibilit\u00e9 de l&#8217;ergom\u00e9trie, largement utilis\u00e9e, est (encore) plus faible chez les femmes que chez les hommes et ne devrait \u00eatre utilis\u00e9e que pour exclure une coronaropathie chez les patientes ayant une bonne capacit\u00e9 physique et un ECG de repos normal.<\/p>\n<h2 id=\"sur-la-piste-du-syndrome-coronarien-aigu\">Sur la piste du syndrome coronarien aigu<\/h2>\n<p>Malgr\u00e9 la douleur thoracique comme sympt\u00f4me principal, le diagnostic de syndrome coronarien aigu (SCA) peut \u00eatre plus difficile chez les femmes, et pas seulement parce qu&#8217;elles demandent de l&#8217;aide plus tard que les hommes. Ils d\u00e9veloppent \u00e9galement des sympt\u00f4mes (concomitants) plus vari\u00e9s. Comme les taux de troponine sont plus bas, il faudrait r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 des valeurs limites sp\u00e9cifiques au sexe. Dans le traitement aigu d&#8217;un SCA, les deux sexes b\u00e9n\u00e9ficient de la m\u00eame mani\u00e8re d&#8217;une PCI ou d&#8217;un pontage AC. Cependant, m\u00eame en tenant compte des comorbidit\u00e9s, la mortalit\u00e9 \u00e0 long terme est plus \u00e9lev\u00e9e chez les femmes.<\/p>\n<h2 id=\"une-approche-sensible-des-pathologies-feminines\">Une approche sensible des pathologies f\u00e9minines<\/h2>\n<p>Actuellement, la stratification conventionnelle du risque et les directives diagnostiques et th\u00e9rapeutiques actuelles concernant les syndromes coronariens chroniques et aigus sont bas\u00e9es sur le ph\u00e9notype &#8220;masculin&#8221; de l&#8217;ath\u00e9rome coronarien obstructif focal. Les diff\u00e9rences sp\u00e9cifiques au sexe dans le diagnostic et le traitement et les pathologies cardiologiques typiquement &#8220;f\u00e9minines&#8221; telles que la dysfonction microvasculaire, les dissections coronariennes, la cardiomyopathie de Taktotsubo ou l&#8217;HFpEF sont encore beaucoup moins bien \u00e9tudi\u00e9es. &#8220;La prise en compte du &#8220;sexe&#8221; et du &#8220;genre&#8221; dans la pratique clinique quotidienne et la sensibilisation au diagnostic et au traitement sont bien fond\u00e9es et plus adapt\u00e9es \u00e0 un traitement m\u00e9dical personnalis\u00e9 des maladies cardiovasculaires, tant chez les femmes que chez les hommes&#8221;, a r\u00e9sum\u00e9 M. Meyer.<\/p>\n<p><em>Source : &#8220;Frauen- und M\u00e4nnerherzen brechen anders : Gender-spezifische Medizin im kardiologischen Alltag&#8221; (Les c\u0153urs des femmes et des hommes se brisent diff\u00e9remment : la m\u00e9decine sp\u00e9cifique au genre en cardiologie au quotidien), expos\u00e9 pr\u00e9sent\u00e9 lors du 59e congr\u00e8s m\u00e9dical LUNGE Z\u00dcRICH \u00e0 Davos, du 6 au 8 f\u00e9vrier 2020.<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>CARDIOVASC 2020 ; 19(1) : 24-25 (publi\u00e9 le 22.3.20, ahead of print)  <\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les concepts d&#8217;\u00e9valuation et de traitement sp\u00e9cifiques au genre prennent de plus en plus d&#8217;importance. En effet, le sexe a une influence essentielle sur la (patho-)physiologie. 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