{"id":334964,"date":"2020-01-20T01:00:00","date_gmt":"2020-01-20T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-toxine-botulique-contre-les-erythemes\/"},"modified":"2020-01-20T01:00:00","modified_gmt":"2020-01-20T00:00:00","slug":"la-toxine-botulique-contre-les-erythemes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-toxine-botulique-contre-les-erythemes\/","title":{"rendered":"La toxine botulique contre les \u00e9ryth\u00e8mes"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le changement de paradigme de la classification diagnostique, lanc\u00e9 il y a quelque temps, a entra\u00een\u00e9 des modifications de la strat\u00e9gie de traitement. Aujourd&#8217;hui, un traitement ax\u00e9 sur les sympt\u00f4mes et sp\u00e9cifique au ph\u00e9notype est consid\u00e9r\u00e9 comme la &#8220;meilleure pratique&#8221;. Un bilan interm\u00e9diaire et un aper\u00e7u des options th\u00e9rapeutiques futures.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La mise \u00e0 jour de la classification diagnostique par le &#8220;Global Rosacea Consensus Panel&#8221; (ROSCO) a eu lieu en 2017<strong> (tab.&nbsp;1).<\/strong> Hans Bredsted Lomholt, Aalborg (Danemark), a pr\u00e9sent\u00e9 au congr\u00e8s annuel de l&#8217;EADV des r\u00e9sultats empiriques et des exp\u00e9riences cliniques concernant les implications th\u00e9rapeutiques de la classification bas\u00e9e sur les ph\u00e9notypes [1].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12949\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/tab1_dp6_s24.png\" style=\"height:333px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"610\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"changement-de-paradigme-de-la-classification-diagnostique\">Changement de paradigme de la classification diagnostique  &nbsp;<\/h2>\n<p>La classification en quatre sous-types (\u00e9ryth\u00e8me, papulo-pustuleux, phyma, oculaire) [2] a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9e par une cat\u00e9gorisation ph\u00e9notypique qui doit servir de base \u00e0 une approche th\u00e9rapeutique ax\u00e9e sur les sympt\u00f4mes. Le consensus diagnostique actuel des crit\u00e8res de diagnostic bas\u00e9s sur les ph\u00e9notypes selon ROSCO est le suivant [1,3,4]:<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9ryth\u00e8me centrofacial persistant est un signe clinique primaire suffisant pour poser le diagnostic. Le diagnostic diff\u00e9rentiel doit exclure le lupus, la dermatite s\u00e9borrh\u00e9ique et la dermatite de contact. Si au moins deux des caract\u00e9ristiques majeures sont pr\u00e9sentes (papules et pustules, t\u00e9langiectasie, manifestations oculaires), le diagnostic de rosac\u00e9e peut \u00e9galement \u00eatre pos\u00e9. En pr\u00e9sence de papules, le diagnostic diff\u00e9rentiel doit exclure l&#8217;acn\u00e9\/com\u00e9don. En ce qui concerne les sympt\u00f4mes oculaires, le Dr Bredsted Lomholt indique qu&#8217;il peut \u00eatre conseill\u00e9 d&#8217;orienter le patient vers un ophtalmologue. Les caract\u00e9ristiques secondaires (sensations de br\u00fblure et de piq\u00fbre, gonflement, manifestations oculaires) ne sont pas diagnostiques, mais sont tr\u00e8s fr\u00e9quentes chez les patients atteints de rosac\u00e9e en rapport avec la sensibilit\u00e9 particuli\u00e8re de la peau et l&#8217;alt\u00e9ration de la fonction de barri\u00e8re cutan\u00e9e. On observe souvent une dermatite s\u00e9borrh\u00e9ique comorbide et des r\u00e9sultats empiriques r\u00e9cents ont d\u00e9montr\u00e9 un taux de comorbidit\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 de la dermatite de contact.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12950 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/tab2_dp6_s25.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/764;height:417px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"764\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"preuves-defficacite-dune-strategie-de-traitement-basee-sur-le-phenotype\">Preuves d&#8217;efficacit\u00e9 d&#8217;une strat\u00e9gie de traitement bas\u00e9e sur le ph\u00e9notype  &nbsp;<\/h2>\n<p>Tous les patients doivent \u00eatre inform\u00e9s qu&#8217;en plus d&#8217;\u00e9viter les facteurs d\u00e9clencheurs, les soins de base de la peau sont une composante tr\u00e8s importante, y compris une protection solaire ad\u00e9quate (SPF 30+), l&#8217;utilisation r\u00e9guli\u00e8re de cr\u00e8mes hydratantes bien tol\u00e9r\u00e9es et de produits de nettoyage disponibles dans le commerce. En outre, sur la base de la classification diagnostique, un traitement adapt\u00e9 \u00e0 la symptomatologie du patient est indiqu\u00e9. En 2019, une revue syst\u00e9matique a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9e dans le British Journal of Dermatology avec une validation empirique des options de traitement adapt\u00e9es \u00e0 la classification ph\u00e9notypique [5] <strong>(tableau 2).<\/strong> Voici un aper\u00e7u concis des recommandations de traitement sp\u00e9cifiques au diagnostic [1] :<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9notype \u00e9ryth\u00e8me : <\/strong>l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me\/fluctuation est l&#8217;un des sympt\u00f4mes de la rosac\u00e9e les plus difficiles \u00e0 traiter. L&#8217;une des substances actives est la brimonidine (cr\u00e8me au chlorhydrate d&#8217;oxym\u00e9tazoline), qui appartient \u00e0 la classe de substances des agonistes des r\u00e9cepteurs \u03b12 adr\u00e9nergiques. Le Dr Bredsted Lomholt a rapport\u00e9 le cas d&#8217;un patient qui, 30 minutes apr\u00e8s l&#8217;application de la substance active, a obtenu un soulagement \u00e0 court terme qui a dur\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 9 heures. Cependant, un rel\u00e2chement de l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9 apr\u00e8s 12 heures [1]. L&#8217;intervenant pr\u00e9cise que la brimonidine n&#8217;est en outre pas bien tol\u00e9r\u00e9e par tous les patients et qu&#8217;elle peut parfois provoquer des irritations. Selon son exp\u00e9rience, le traitement par laser vasculaire\/IPL donne de meilleurs r\u00e9sultats et permet d&#8217;obtenir une peau pratiquement exempte de l\u00e9sions. Par ailleurs, de nouvelles \u00e9tudes ont montr\u00e9 que la toxine botulique, administr\u00e9e \u00e0 la bonne dose, \u00e9tait efficace pour r\u00e9duire les sympt\u00f4mes de l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me, selon le Dr Bredsted Lomholt <strong>(encadr\u00e9)<\/strong> [1,7].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12951 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/kasten_botox_dp6.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 709px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 709\/1182;height:667px; width:400px\" width=\"709\" height=\"1182\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9notype des t\u00e9langiectasies :<\/strong> l&#8217;utilisation de lasers vasculaires et de la lumi\u00e8re intense puls\u00e9e (IPL) s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9e efficace pour traiter ce ph\u00e9notype [1].<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9notype Papules et pustules : <\/strong>S&#8217;il s&#8217;agit de sympt\u00f4mes l\u00e9gers, un traitement topique est recommand\u00e9, par exemple ivermectine cr\u00e8me 1% ; acide az\u00e9la\u00efque (gel ou mousse 15%, cr\u00e8me 20%) ; m\u00e9tronidazole (gel ou cr\u00e8me 0,75% ; cr\u00e8me 1%). L&#8217;intervenant a indiqu\u00e9 qu&#8217;il \u00e9tait \u00e9galement possible de combiner ces substances afin de pr\u00e9venir le d\u00e9veloppement d&#8217;une \u00e9ventuelle r\u00e9sistance des acariens Demodex, par exemple en utilisant de l&#8217;ivermectine en cr\u00e8me pendant 4 \u00e0 6 mois, suivie d&#8217;une application d&#8217;acide az\u00e9la\u00efque. En pr\u00e9sence d&#8217;une symptomatologie mod\u00e9r\u00e9e ou s\u00e9v\u00e8re, des antibiotiques oraux peuvent \u00eatre utilis\u00e9s (doxycycline 40&nbsp;mg (1\u00d7\/d), doxycycline 100 mg (1\u00d7\/d), t\u00e9tracycline 250-500&nbsp;mg (2\u00d7\/d), isotr\u00e9tino\u00efne 10-20&nbsp;mg (1\u00d7\/d). La dur\u00e9e du traitement doit \u00eatre la plus courte possible (environ 6 \u00e0 12 semaines), apr\u00e8s quoi le traitement peut \u00eatre poursuivi avec des pr\u00e9parations topiques. Le bon dosage des antibiotiques est essentiel pour obtenir l&#8217;effet n\u00e9cessaire tout en \u00e9vitant le d\u00e9veloppement de r\u00e9sistances, souligne le conf\u00e9rencier. En ce qui concerne l&#8217;isotr\u00e9tino\u00efne, le dosage (10-20 mg\/j) est plus faible que pour le traitement de l&#8217;acn\u00e9, ajoute l&#8217;orateur.  &nbsp;<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9notype Phyma : <\/strong>s&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;une forme inflammatoire, on peut utiliser la doxycycline 100 mg (1\u00d7\/d), la t\u00e9tracycline 250-500 mg (2\u00d7\/d) ou l&#8217;isotr\u00e9tino\u00efne (\u00e0 faible dose). En cas de forme non inflammatoire, un traitement par laser ablatif (CO2 Erbium : YAG) ou \u00e9lectrochirurgie est recommand\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Ph\u00e9notype de la rosac\u00e9e oculaire :<\/strong> il existe un spectre relativement large de mesures possibles pour le traitement de la rosac\u00e9e oculaire :&nbsp; Substituts lacrymaux, hygi\u00e8ne des paupi\u00e8res, gel de m\u00e9tronidazole en bordure de paupi\u00e8re, m\u00e9tronidazole en bordure de paupi\u00e8re, cr\u00e8me d&#8217;ivermectine en bordure de paupi\u00e8re, collyre de ciclosporine \u00e0 0,05%, doxycycline \u00e0 lib\u00e9ration modifi\u00e9e (par voie orale,&nbsp; 100&nbsp;mg ou 402 mg),&nbsp; huile et extrait d&#8217;arbre \u00e0 th\u00e9 T4O, acides gras om\u00e9ga-3 (par voie orale).<\/p>\n<h2 id=\"-4\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-5\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12952 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2020\/01\/kasten_spektrum_dp6.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 706px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 706\/1134;height:642px; width:400px\" width=\"706\" height=\"1134\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-6\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"depistage-des-comorbidites-recommande\">D\u00e9pistage des comorbidit\u00e9s recommand\u00e9<\/h2>\n<p>Selon une analyse secondaire publi\u00e9e en 2018, la rosac\u00e9e est associ\u00e9e \u00e0 de nombreuses comorbidit\u00e9s [8] : maladies mentales (d\u00e9pression, phobies), troubles cardiovasculaires (hypertension, maladies cardiovasculaires, diab\u00e8te, dyslipid\u00e9mie), probl\u00e8mes neurologiques (migraine, d\u00e9mence, maladie de Parkinson), sympt\u00f4mes gastro-intestinaux (infection \u00e0 Heliobacter pylori, colite ulc\u00e9reuse, maladie c\u0153liaque) et quelques autres (par exemple, polyarthrite rhumato\u00efde). A l&#8217;heure actuelle, le m\u00e9canisme pathologique sous-jacent de ces corr\u00e9lations n&#8217;est pas encore totalement \u00e9lucid\u00e9 et plusieurs hypoth\u00e8ses ont \u00e9t\u00e9 \u00e9mises (par ex. lien avec certains g\u00e8nes, facteurs d\u00e9clencheurs externes, processus inflammatoires, micro-organismes, etc.) En ce qui concerne le microbiome, des \u00e9tudes ont montr\u00e9 qu&#8217;un traitement antibiotique des foyers bact\u00e9riens dans l&#8217;intestin permettait d&#8217;att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes de la rosac\u00e9e [9]. Pour en savoir plus sur les m\u00e9canismes pathologiques impliqu\u00e9s dans les comorbidit\u00e9s, d&#8217;autres \u00e9tudes sont n\u00e9cessaires, a conclu l&#8217;orateur, en soulignant qu&#8217;un d\u00e9pistage des comorbidit\u00e9s potentielles devrait \u00eatre effectu\u00e9 dans le cadre de l&#8217;\u00e9valuation diagnostique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Lomholt, HB : Diagnostic et prise en charge de la rosac\u00e9e. Dr. med. Hans Bredsted Lomholt, pr\u00e9sentation de diapositives, Aalborg, Congr\u00e8s EADV, Madrid, 11.10.2019.<\/li>\n<li>Wilkin J, et al : Standard classification of rosazea : Rapport du comit\u00e9 d&#8217;experts de la National Rosazea Society sur la classification et la stadification de la rosac\u00e9e. J Am Acad Dermatol 2002 ; 46 : 584-587.<\/li>\n<li>Gallo RL, et al : Standard classification and pathophysiology of rosazea : The 2017 update by the National Rosazea Society Expert Committee. J Am Acad Dermatol 2018 ; 78 : 148-155.<\/li>\n<li>Tan J et al. : Updating the diagnosis, classification and assessment of rosazea : recommendations from the global Rosazea&nbsp; COnsensus (ROSCO) panel. Br J Dermatol 2017 ; 176 : 431-438.<\/li>\n<li>Van Zuuren EJ, et al : Interventions for rosazea based on the phenotype approach : an updated systematic review including GRADE assessments. Br J Dermatol 2019 ; 181 : 65-79.<\/li>\n<li>Kim MJ, et al : Assessment of Skin Physiology Change and Safety After Intradermal Injections With Botulinum Toxin : A Randomized, Double-Blind, Placebo-Controlled, Split-Face Pilot Study in Rosazea Patients With Facial Erythema. Chirurgie dermatologique 2019 ; 45(9) : 1155-1162.<\/li>\n<li>Choi JE, et al : La toxine botulique bloque les cellules du mast\u00e8re et pr\u00e9vient l&#8217;inflammation de type rosac\u00e9e. J Dermatol Sci 2019 ; 93 : 58-64.<\/li>\n<li>Haber R, Gemayel ME : Comorbidities in rosazea : A systematic reivew and update : JAAD 2018M 78 : 786-792.<\/li>\n<li>Drago F, et al : The role of small intestinal bacterial overgrowth in rosazea : A 3-year follow-up. Journal of the American Academy of Dermatology 2016 ; 75 (3) ; e113-e115.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRAXIS 2019 ; 29(6) : 24-25 (publi\u00e9 le 7.12.19, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le changement de paradigme de la classification diagnostique, lanc\u00e9 il y a quelque temps, a entra\u00een\u00e9 des modifications de la strat\u00e9gie de traitement. 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