{"id":335146,"date":"2019-12-11T00:00:00","date_gmt":"2019-12-10T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-biofeedback-est-devenu-un-element-incontournable-de-la-therapie\/"},"modified":"2019-12-11T00:00:00","modified_gmt":"2019-12-10T23:00:00","slug":"le-biofeedback-est-devenu-un-element-incontournable-de-la-therapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-biofeedback-est-devenu-un-element-incontournable-de-la-therapie\/","title":{"rendered":"Le biofeedback est devenu un \u00e9l\u00e9ment incontournable de la th\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les maux de t\u00eate et les douleurs faciales font partie des plaintes les plus fr\u00e9quentes qui poussent les patients \u00e0 consulter un m\u00e9decin. Une \u00e9tude d&#8217;observation r\u00e9alis\u00e9e en 2000 a montr\u00e9 que dans pr\u00e8s de 10% des consultations en soins primaires, les c\u00e9phal\u00e9es \u00e9taient la plainte principale. Seuls 6% des hommes et 1% des femmes n&#8217;ont jamais ressenti de maux de t\u00eate au cours de leur vie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les maux de t\u00eate et les douleurs faciales font partie, avec les maux de dos, des plaintes les plus fr\u00e9quentes qui am\u00e8nent les patients \u00e0 consulter un m\u00e9decin [1]. Une \u00e9tude d&#8217;observation r\u00e9alis\u00e9e en 2000 a montr\u00e9 que dans pr\u00e8s de 10% des consultations en soins primaires, les c\u00e9phal\u00e9es \u00e9taient la plainte principale [2]. Seuls 6% des hommes et 1% des femmes n&#8217;ont jamais ressenti de maux de t\u00eate au cours de leur vie [3]. Il est important de noter qu&#8217;un large \u00e9ventail de pathologies peut se manifester sous la forme de maux de t\u00eate ou de douleurs faciales. Outre les pathologies neurologiques, le diagnostic diff\u00e9rentiel doit \u00e9galement prendre en compte les pathologies relevant de diff\u00e9rentes autres sp\u00e9cialit\u00e9s, telles que l&#8217;odontologie, l&#8217;oto-rhino-laryngologie, l&#8217;angiologie ou la rhumatologie.  &nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"anamnese\">Anamn\u00e8se<\/h2>\n<p>En principe, la classification internationale des c\u00e9phal\u00e9es (ICHD-3) distingue en trois chapitres les c\u00e9phal\u00e9es primaires des c\u00e9phal\u00e9es secondaires et des n\u00e9vralgies. Les c\u00e9phal\u00e9es primaires sont d\u00e9finies ou caract\u00e9ris\u00e9es par le fait qu&#8217;aucune \u00e9tiologie n&#8217;est identifiable [4]. Par cons\u00e9quent, d&#8217;un point de vue clinique, l&#8217;anamn\u00e8se occupe une place centrale dans le diagnostic, tandis que l&#8217;examen n&#8217;a que peu d&#8217;importance en raison de l&#8217;absence de pathologies d\u00e9celables. Cela s&#8217;applique par analogie aux n\u00e9vralgies idiopathiques. Il s&#8217;agit notamment de d\u00e9terminer l&#8217;apparition initiale, la dur\u00e9e, le sch\u00e9ma temporel, la qualit\u00e9, les d\u00e9clencheurs et les modulateurs, ainsi que les diagnostics et traitements ant\u00e9rieurs.<\/p>\n<p>Comme les facteurs contextuels de sant\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale et psychosociaux peuvent avoir une influence significative sur l&#8217;apparition des sympt\u00f4mes, leur \u00e9volution et le pronostic, ils doivent \u00eatre discut\u00e9s en d\u00e9tail d\u00e8s le d\u00e9but avec les personnes concern\u00e9es. Lors de la r\u00e9flexion sur les aspects psychosociaux, il est n\u00e9cessaire d&#8217;adopter une attitude respectueuse, de garantir l&#8217;intimit\u00e9 et de disposer de suffisamment de temps [5].<\/p>\n<p>Les facteurs contextuels doivent \u00eatre demand\u00e9s dans le cadre d&#8217;une \u00e9valuation multimodale lors de l&#8217;entretien d&#8217;anamn\u00e8se psychosociale avant le traitement par biofeedback. Les informations provenant de diff\u00e9rents questionnaires d&#8217;\u00e9valuation des troubles oro-faciaux et d&#8217;autres instruments d&#8217;\u00e9valuation constituent une base appropri\u00e9e. Les dessins de la douleur permettent de se faire une premi\u00e8re id\u00e9e de la localisation, de l&#8217;\u00e9tendue et de l&#8217;intensit\u00e9 de la douleur. Des indications sur le sch\u00e9ma de la douleur et les parafonctions (par ex. grincement des dents, morsure des l\u00e8vres et des joues, pression de la langue) ou les modulateurs (par ex. mastication d&#8217;aliments durs, stress psychologique, forte \u00e9motivit\u00e9) fournissent des listes de contr\u00f4le orient\u00e9es vers les sympt\u00f4mes. Les questionnaires appropri\u00e9s sont les questionnaires sur les plaintes somatiques (Patient Health Questionnaire 15 ; PHQ-15) et le questionnaire sur les sympt\u00f4mes des troubles temporo-mandibulaires (DC-TMD). Le questionnaire de sant\u00e9 des patients 4 (PHQ-4) fournit des indications sur la d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, tandis que le module de stress du PHQ fournit des indications sur le stress psychosocial.<\/p>\n<p>Les r\u00e9sultats pr\u00e9liminaires obtenus constituent une base appropri\u00e9e pour l&#8217;entretien d&#8217;anamn\u00e8se psychosociale [6]. La pond\u00e9ration des plaintes et l&#8217;influence des facteurs contextuels associ\u00e9s apparaissent clairement. Le stress li\u00e9 au travail et aux relations peut constituer un contexte de vie lourd d&#8217;inqui\u00e9tudes et d&#8217;angoisses. En cons\u00e9quence, le tableau de douleur pr\u00e9sent\u00e9 doit \u00eatre class\u00e9 et interpr\u00e9t\u00e9 de mani\u00e8re globale sous la triade sympt\u00f4me, conflit et biographie. Des liens sp\u00e9cifiques entre les plaintes et la perspective temporelle de leur apparition sont identifi\u00e9s. Il ressort souvent de l&#8217;entretien que les causes de la douleur ne sont pas claires, mais que les \u00e9motions ont une influence significative.<\/p>\n<h2 id=\"examen-clinique-et-imagerie\">Examen clinique et imagerie<\/h2>\n<p>L&#8217;anamn\u00e8se et les r\u00e9sultats ant\u00e9rieurs disponibles permettent de poser un diagnostic de suspicion ou un diagnostic diff\u00e9rentiel. En cas de c\u00e9phal\u00e9es et de douleurs faciales secondaires, l&#8217;examen clinique minutieux permet d&#8217;attribuer la douleur \u00e0 des pathologies dans des tissus sp\u00e9cifiques. En ce qui concerne l&#8217;imagerie, deux aspects doivent \u00eatre pris en compte : Premi\u00e8rement, les possibilit\u00e9s de visualiser les processus microstructurels impliqu\u00e9s dans la gen\u00e8se de la douleur sont encore limit\u00e9es avec les m\u00e9thodes d&#8217;imagerie actuelles. Deuxi\u00e8mement, l&#8217;ampleur des changements structurels n&#8217;est pas n\u00e9cessairement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la douleur dont on se plaint [7]. Le chapitre 11 de l&#8217;ICHD-3 \u00e9num\u00e8re les causes potentielles dans diff\u00e9rents tissus des c\u00e9phal\u00e9es secondaires : Maladies du cr\u00e2ne ainsi que de la gorge, des yeux, des oreilles, du nez, des sinus, des dents, de la bouche et d&#8217;autres structures faciales ou cr\u00e2niennes [4].<\/p>\n<p>Il s&#8217;agit d&#8217;\u00e9valuer le lien temporel entre l&#8217;apparition initiale d&#8217;une nouvelle c\u00e9phal\u00e9e ou l&#8217;aggravation d&#8217;une c\u00e9phal\u00e9e d\u00e9j\u00e0 connue (g\u00e9n\u00e9ralement d\u00e9finie comme une augmentation d&#8217;au moins deux fois de la fr\u00e9quence et\/ou de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9) et la maladie d&#8217;une des structures mentionn\u00e9es ci-dessus. En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, une l\u00e9sion peut \u00eatre d\u00e9tect\u00e9e cliniquement, en laboratoire et\/ou par imagerie.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation clinique commence d\u00e8s la collecte de l&#8217;anamn\u00e8se. On observe alors la posture, la d\u00e9marche, l&#8217;agitation motrice g\u00e9n\u00e9rale (mains, doigts, membres inf\u00e9rieurs), le tonus des muscles faciaux (mimique, position de repos de la m\u00e2choire inf\u00e9rieure, mordillement des l\u00e8vres, mordillement des ongles, m\u00e2chement de chewing-gum) et la sym\u00e9trie faciale (tum\u00e9faction, d\u00e9fauts tissulaires, \u00e9paississement des vaisseaux cr\u00e2niens).<\/p>\n<p>Pour l&#8217;examen, les patients sont plac\u00e9s en position verticale, ce qui permet un mouvement libre de la t\u00eate dans toutes les directions. Les patients doivent \u00eatre inform\u00e9s \u00e0 l&#8217;avance que l&#8217;examen a pour but d&#8217;identifier les causes de la douleur et qu&#8217;il peut donc \u00eatre douloureux.<\/p>\n<p>La palpation de la r\u00e9gion sous- et r\u00e9tromandibulaire ainsi que du cou permet de d\u00e9tecter d&#8217;\u00e9ventuels gonflements et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un durcissement des ganglions lymphatiques. Il convient d&#8217;y pr\u00eater attention, notamment en cas de difficult\u00e9s \u00e0 avaler, car elles peuvent \u00eatre le signe de processus malins au niveau du visage\/de la bouche\/de la gorge. Ensuite, en fonction des besoins, on v\u00e9rifie les nerfs cr\u00e2niens <strong>(tableau&nbsp;1). <\/strong>En cas d&#8217;algie vasculaire de la face, une attention particuli\u00e8re est accord\u00e9e \u00e0 la fonction du nerf trijumeau (N.V.), car celui-ci innerve sensoriellement l&#8217;ensemble du visage, \u00e0 l&#8217;exception de l&#8217;angle de la m\u00e2choire (fibres provenant du plexus cervical C2). Les sympt\u00f4mes sensoriels n\u00e9gatifs (hypoesth\u00e9sies, hypalg\u00e9sies, anesth\u00e9sies) et positifs (paresth\u00e9sies, dysesth\u00e9sies, allodynies) sont ainsi enregistr\u00e9s. L&#8217;aide m\u00e9dicale est principalement sollicit\u00e9e en raison des sympt\u00f4mes douloureux. Une l\u00e9sion, \u00e9ventuellement un dysfonctionnement des fibres faiblement ou non my\u00e9linis\u00e9es (fibres fines, A-delta, C) peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9 en premier lieu \u00e0 l&#8217;aide de tests de Bedside (comme le test PinPrick). Si n\u00e9cessaire, le test sensoriel dit quantitatif (QST) fournit des informations pr\u00e9cises sur l&#8217;\u00e9tendue de la pathologie nerveuse. Lors d&#8217;un QST, les seuils de d\u00e9tection et les seuils de douleur sont enregistr\u00e9s en fonction des stimuli thermiques (froid, chaud, chaleur) et m\u00e9caniques (toucher, vibration, piq\u00fbre d&#8217;aiguille, pression) ainsi que de la sommation des douleurs [8].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12738\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/tab1_sg1_s11.png\" style=\"height:485px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"890\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En dehors des douleurs dentaires, les dysfonctionnements temporo-mandibulaires, c&#8217;est-\u00e0-dire les troubles des muscles de la mastication et de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire, sont la cause la plus fr\u00e9quente des douleurs faciales [9]. En m\u00eame temps, elles sont la deuxi\u00e8me maladie du syst\u00e8me musculo-squelettique la plus fr\u00e9quente (apr\u00e8s les douleurs lombaires), entra\u00eenant douleurs et handicap [10]. Un protocole standardis\u00e9 pour le relev\u00e9 de l&#8217;\u00e9tat des muscles masticateurs et de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire ainsi que des crit\u00e8res de diagnostic ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s pour la premi\u00e8re fois en 1992 et r\u00e9vis\u00e9s en 2014. Il a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 sous l&#8217;acronyme DC-TMD (diagnostic criteria for temporomandibular disorders) [11]. L&#8217;\u00e9tendue de l&#8217;ouverture buccale (distance entre les bords incisifs des dents ant\u00e9rieures) est mesur\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une r\u00e8gle et la sym\u00e9trie du mouvement d&#8217;ouverture est \u00e9valu\u00e9e. Ensuite, l&#8217;ouverture passive de la bouche est mesur\u00e9e, c&#8217;est-\u00e0-dire que l&#8217;examinateur aide le patient \u00e0 ouvrir encore plus la bouche. Selon de larges \u00e9tudes de population, l&#8217;ouverture minimale de la bouche est de min. 35 mm et d\u00e9viation maximale de la ligne m\u00e9diane de la mandibule \u22642&nbsp;mm. Enfin, l&#8217;avancement de la mandibule ainsi que les mouvements lat\u00e9raux sont mesur\u00e9s (valeur normale \u22657&nbsp;mm). En raison de la grande variabilit\u00e9 interindividuelle de la mobilit\u00e9 de la m\u00e2choire, les mesures conviennent surtout \u00e0 l&#8217;observation de l&#8217;\u00e9volution et moins comme crit\u00e8res absolus pour \u00e9tablir un diagnostic. On note \u00e0 chaque fois si les mouvements de la m\u00e2choire sont douloureux, o\u00f9 la douleur est localis\u00e9e et si la douleur de l&#8217;examen correspond aux troubles dont on se plaint. Les questions portent sur les bruits \u00e9mis lors des mouvements de la m\u00e2choire, le type de bruit (craquement, frottement) et si des douleurs sont associ\u00e9es \u00e0 ces bruits. Les bruits de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire peuvent \u00e9galement \u00eatre auscult\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un st\u00e9thoscope. Les blocages d&#8217;ouverture de la m\u00e2choire et les blocages (difficult\u00e9s \u00e0 fermer la bouche) sont \u00e9galement document\u00e9s.<\/p>\n<p>Les mesures de mouvement sont suivies par la palpation des muscles masticateurs afin d&#8217;identifier l&#8217;origine tissulaire de la douleur dont on se plaint. Si une douleur est provoqu\u00e9e par l&#8217;examen, on demande aux personnes concern\u00e9es si la douleur est limit\u00e9e \u00e0 la zone palp\u00e9e ou si elle irradie vers d&#8217;autres structures (par ex. l&#8217;\u0153il, l&#8217;oreille, les dents). Le muscle mass\u00e9ter et les parties du muscle temporal le long de la tempe sont palp\u00e9s. Selon les directives DC-TMD, une pression d&#8217;au moins 1&nbsp;kg pendant au moins 5 secondes afin de provoquer d&#8217;\u00e9ventuelles transmissions de la douleur vers des structures \u00e9loign\u00e9es. Les articulations temporo-mandibulaires sont palp\u00e9es de mani\u00e8re comparable depuis l&#8217;ext\u00e9rieur, mais avec une pression r\u00e9duite de 0,5 kg. Enfin, la musculature est palp\u00e9e au niveau r\u00e9tromandibulaire et submandibulaire (plancher de la bouche) ainsi qu&#8217;intra-oral (muscle pt\u00e9rygo\u00efdien lat\u00e9ral et insertion du muscle temporal sur le proc. corono\u00efde). Pour le muscle pt\u00e9rygo\u00efdien lat\u00e9ral, la palpation s&#8217;effectue derri\u00e8re le tuber maxillaire, les patients poussant la mandibule dans la direction ipsilat\u00e9rale afin d&#8217;avoir suffisamment d&#8217;espace pour la palpation <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12739 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/abb1_sg1_s12.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1068px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1068\/1085;height:406px; width:400px\" width=\"1068\" height=\"1085\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le processus corono\u00efde est plus facilement palpable en intra-oral lorsque la bouche est largement ouverte.<\/p>\n<p>En plus des \u00e9tapes d&#8217;examen des lignes directrices DC-TMD, la palpation bidigitale du mass\u00e9ter (pouce intra-oral, autres doigts extra-oraux) s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e efficace.  <strong>(ill.2)<\/strong>  ainsi que la compression et la translation passives et forc\u00e9es des articulations temporo-mandibulaires se sont av\u00e9r\u00e9es utiles pour la proc\u00e9dure de diagnostic.  <strong>(Fig.3).<\/strong>  Alors qu&#8217;une main est utilis\u00e9e pour stabiliser le cr\u00e2ne et palper l&#8217;articulation temporo-mandibulaire, la main libre sert \u00e0 guider le corps de la mandibule en direction cr\u00e2nienne (compression) ou en direction ventrocaudale (translation\/traction). Les douleurs de compression indiquent typiquement une inflammation active et \u00e9rosive de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire, tandis que les douleurs de translation sont plus caract\u00e9ristiques des discopathies. Les douleurs de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire sont souvent accompagn\u00e9es d&#8217;une myalgie des muscles masticateurs et irradient aussi bien dans la m\u00e2choire inf\u00e9rieure que dans la m\u00e2choire sup\u00e9rieure (parfois jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u0153il). D&#8217;un point de vue anamnestique, les patients indiquent souvent une augmentation de l&#8217;intensit\u00e9 de la douleur lors de la mastication d&#8217;aliments durs, tant pour les \u00e9tiologies musculaires qu&#8217;articulaires. \u00c0 partir de 50 ans, le diagnostic diff\u00e9rentiel doit porter sur une art\u00e9rite \u00e0 cellules g\u00e9antes dont le sympt\u00f4me principal est ce qu&#8217;on appelle la claudication masticatoire. Le diagnostic doit \u00eatre compl\u00e9t\u00e9 par une mesure de la vitesse de s\u00e9dimentation.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12740 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/abb2_sg1_s12.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 915px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 915\/1183;height:517px; width:400px\" width=\"915\" height=\"1183\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12741 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/abb3_sg1_s13.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/847;height:308px; width:400px\" width=\"1100\" height=\"847\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Lors de l&#8217;examen intra-oral, des gonflements, des rougeurs, des fistules ainsi que des douleurs au niveau de la cr\u00eate alv\u00e9olaire indiquent une origine dentaire de la douleur. Les douleurs \u00e0 la morsure, \u00e0 la percussion et \u00e9ventuellement \u00e0 la pression sont typiques des inflammations aigu\u00ebs au niveau de l&#8217;apex des racines dentaires. Les traces de meulage sur les dents ainsi que les modifications de la muqueuse des joues (appel\u00e9es ligne intercalaire) et les indentations de la langue sont souvent des signes de parafonctions au sens d&#8217;un serrement\/grincement des dents ou d&#8217;une pression de la langue ainsi que d&#8217;une morsure des l\u00e8vres. Les parafonctions orales, ainsi que le fait de m\u00e2cher du chewing-gum ou de se ronger les ongles quotidiennement, peuvent provoquer des c\u00e9phal\u00e9es myog\u00e9niques, qui ressemblent aux c\u00e9phal\u00e9es de tension [12]. En outre, les fissures de l&#8217;\u00e9mail et les traces de meulage caus\u00e9es par les parafonctions peuvent entra\u00eener une hypersensibilit\u00e9 au froid, au chaud ou \u00e0 l&#8217;acide, que les patients d\u00e9crivent comme &#8220;enfermant&#8221;, &#8220;per\u00e7ant&#8221; et &#8220;attaquant&#8221;. La distinction avec la n\u00e9vralgie du trijumeau peut \u00eatre un d\u00e9fi.<\/p>\n<h2 id=\"lien-entre-le-stress-le-tonus-musculaire-la-douleur\">Lien entre le stress, le tonus musculaire, la douleur<\/h2>\n<p>Peu de personnes concern\u00e9es sont conscientes des parafonctions orales. La reproduction de la douleur dont on se plaint lors de l&#8217;examen clinique sert donc souvent aux patients de premier indice pour une \u00e9tiologie musculaire de la plainte. La douleur des muscles masticateurs est un bon moyen d&#8217;aborder les tensions musculaires inconscientes li\u00e9es au stress. La r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 des changements de tonus persistants en cas d&#8217;\u00e9motions n\u00e9gatives constitue donc un pont vers la th\u00e9matisation du mod\u00e8le bio-psycho-social. La d\u00e9monstration du muscle mass\u00e9ter douloureux dans la r\u00e9gion temporale facilite la compr\u00e9hension du lien entre le stress et les maux de t\u00eate. S&#8217;y ajoutent souvent des tensions musculaires au niveau des \u00e9paules et du cou, et \u00e9ventuellement des troubles de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire (bruits, limitation de l&#8217;ouverture de la bouche, arthralgie). On peut expliquer aux personnes concern\u00e9es que des sentiments de surmenage, de perte de contr\u00f4le ou de peur de la pression de la r\u00e9ussite emp\u00eachent la capacit\u00e9 de se d\u00e9tendre. Ensuite, des techniques de promotion de la relaxation peuvent \u00eatre pr\u00e9sent\u00e9es. Souvent, l&#8217;apprentissage d&#8217;une m\u00e9thode de relaxation facile \u00e0 mettre en \u0153uvre, de pr\u00e9f\u00e9rence la relaxation musculaire progressive de Jacobson, aide d\u00e9j\u00e0. Le soulagement du syst\u00e8me de mastication est possible gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;apprentissage d&#8217;une meilleure perception du corps avec une posture rel\u00e2ch\u00e9e de la m\u00e2choire inf\u00e9rieure. En cas de disponibilit\u00e9, la m\u00e9thode de biofeedback est un compl\u00e9ment th\u00e9rapeutique utile, notamment en cas de maux de t\u00eate et de douleurs faciales persistants.<\/p>\n<h2 id=\"transmission-dinformations\">Transmission d&#8217;informations<\/h2>\n<p>Le traitement par biofeedback commence par la transmission d&#8217;informations [13]. Les explications portent sur le d\u00e9roulement du traitement, le contexte th\u00e9orique et les fonctions corporelles qui en d\u00e9coulent. Un mod\u00e8le d&#8217;explication psychophysiologique doit \u00eatre \u00e9labor\u00e9. Le diagnostic porte sur l&#8217;augmentation de la tension musculaire dans les muscles de la m\u00e2choire et du visage. Les relations entre la tension musculaire, le stress et la perception des maux de t\u00eate et des douleurs faciales sont enregistr\u00e9es. Les param\u00e8tres appropri\u00e9s sont l&#8217;EMG, la temp\u00e9rature, la conductance cutan\u00e9e et la fr\u00e9quence ou l&#8217;amplitude du pouls et de la respiration. Les points de pr\u00e9l\u00e8vement courants pour l&#8217;EMG sont le muscle frontal, le muscle mass\u00e9ter et le muscle trap\u00e8ze. Il est soulign\u00e9 que le retour d&#8217;informations sur les param\u00e8tres physiologiques de la tension musculaire, qui n&#8217;est souvent pas per\u00e7ue avec pr\u00e9cision, vise \u00e0 prendre conscience de l&#8217;activit\u00e9 musculaire afin d&#8217;apprendre \u00e0 la r\u00e9duire de mani\u00e8re cibl\u00e9e <strong>(fig.&nbsp;4).<\/strong> L&#8217;am\u00e9lioration de l&#8217;autocontr\u00f4le permet d&#8217;influer sur les futurs \u00e9pisodes de douleur. Cela se traduit par une mise \u00e0 distance de la douleur et une distraction de la douleur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12742 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/abb4_sg1_s13.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/762;height:416px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"762\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le feedback imm\u00e9diat d\u00e9montre au patient que les fonctions corporelles changent en fonction du stress et peuvent \u00eatre influenc\u00e9es positivement par la d\u00e9tente et l&#8217;attention. Cela augmente le sentiment d&#8217;efficacit\u00e9 personnelle. Ainsi, les exercices sont consid\u00e9r\u00e9s comme des \u00e9l\u00e9ments de motivation significatifs pour comprendre les m\u00e9canismes de la douleur. L&#8217;\u00e9tat de douleur est reconnu comme \u00e9tant diam\u00e9tralement oppos\u00e9 \u00e0 la r\u00e9action de relaxation. Les r\u00e9sultats de l&#8217;entra\u00eenement peuvent \u00eatre rapport\u00e9s en termes de relaxation de la m\u00e2choire au cours de la s\u00e9ance sous la forme d&#8217;activations EMG r\u00e9duites (en \u00b5V). La valeur obtenue lors de la prise attentive d&#8217;une position rel\u00e2ch\u00e9e de la m\u00e2choire inf\u00e9rieure est compar\u00e9e \u00e0 la valeur normale de \u22643&nbsp;\u00b5V. Cela correspond \u00e0 l&#8217;activation moyenne lors d&#8217;une posture &#8220;quotidienne&#8221; de la m\u00e2choire inf\u00e9rieure.<\/p>\n<h2 id=\"profil-de-stress\">Profil de stress<\/h2>\n<p>Pour commencer un traitement par biofeedback, il est utile d&#8217;\u00e9tablir un profil de stress \u00e0 des fins de diagnostic du stress. Les r\u00e9actions psycho-physiologiques peuvent \u00eatre d\u00e9montr\u00e9es de mani\u00e8re claire. L&#8217;effort se traduit par une diminution de la circulation sanguine p\u00e9riph\u00e9rique et centrale, une augmentation de l&#8217;activit\u00e9 sympathique et une r\u00e9duction du vagotonus. Il est possible de r\u00e9pondre \u00e0 des questions telles que : Quel syst\u00e8me corporel r\u00e9agit le plus clairement au stress psychologique, lequel montre un retard de r\u00e9cup\u00e9ration apr\u00e8s un facteur de stress et quel contenu d\u00e9clenche la r\u00e9action physiologique la plus forte chez le patient ?<\/p>\n<p>Diff\u00e9rents tests de stress peuvent \u00eatre utilis\u00e9s comme facteurs de stress : La capacit\u00e9 \u00e0 se d\u00e9tendre avant et apr\u00e8s un facteur de stress peut \u00eatre \u00e9valu\u00e9e. Des exercices de m\u00e9moire ou de calcul mental (par exemple, &#8220;compter \u00e0 rebours le plus rapidement possible \u00e0 partir de 2000 par incr\u00e9ments de 17&#8221;), des expositions \u00e0 des bruits, l&#8217;imagination de situations probl\u00e9matiques et des tests d&#8217;hyperventilation sont utilis\u00e9s. Ces derniers servent \u00e0 tester le comportement \u00e0 l&#8217;effort et \u00e0 corriger ensuite les attributions erron\u00e9es de causes \u00e0 des maladies organiques. D\u00e9monstration de la mani\u00e8re dont les comportements personnels ou les provocations volontaires g\u00e9n\u00e8rent des troubles somatiques (par ex. tension, palpitations cardiaques, vertiges).<\/p>\n<h2 id=\"entrainement-a-la-respiration\">Entra\u00eenement \u00e0 la respiration<\/h2>\n<p>Le premier exercice de l&#8217;\u00e9cole de respiration bas\u00e9e sur le biofeedback est la d\u00e9monstration de l&#8217;influence volontaire sur la fonction respiratoire. L&#8217;objectif de l&#8217;entra\u00eenement expiratoire vers une fr\u00e9quence cible est de r\u00e9duire les comportements respiratoires d\u00e9favorables<strong> (Fig.&nbsp;5). <\/strong>Les situations de stress se caract\u00e9risent par une respiration thoracique et scapulaire accrue, ainsi que par une fr\u00e9quence respiratoire plus \u00e9lev\u00e9e avec des pauses respiratoires trop courtes ou absentes. Les patients sont sensibilis\u00e9s \u00e0 la gestion consciente de la respiration avec une technique respiratoire correcte en ce qui concerne les aspects suivants : Augmentation de la profondeur de la respiration (amplitude respiratoire), diminution de la fr\u00e9quence respiratoire (moins de 8 bouff\u00e9es par minute), renforcement de la respiration abdominale d\u00e9tendue avec r\u00e9duction de la respiration thoracique et des \u00e9paules, optimisation du rapport temps de respiration en allongeant la phase expiratoire (inspiration normale avec un temps d&#8217;expiration deux fois plus long) et en augmentant les pauses entre l&#8217;inspiration et l&#8217;expiration.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12743 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/12\/abb5_sg1_s14.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/689;height:376px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"689\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Pour s&#8217;entra\u00eener \u00e0 un mod\u00e8le de respiration plus rond et apais\u00e9, avec une respiration lente et profonde, il convient de donner le rythme respiratoire optimal. Le rythme respiratoire d\u00e9favorable du patient est repr\u00e9sent\u00e9 par le motif ondulatoire d&#8217;un poisson qui nage. L&#8217;objectif de l&#8217;exercice est d&#8217;aligner son propre rythme respiratoire sur le rythme optimal en utilisant le principe du pacing. Le patient doit &#8220;tracer&#8221; le mod\u00e8le optimal aussi bien que possible avec la courbe respiratoire.<\/p>\n<h2 id=\"maux-de-tete-primaires\">Maux de t\u00eate primaires<\/h2>\n<p>Pour les maux de t\u00eate primaires tels que les c\u00e9phal\u00e9es de tension, les algies faciales atypiques et les migraines, le biofeedback est consid\u00e9r\u00e9 comme le traitement non m\u00e9dicamenteux le plus efficace contre les maux de t\u00eate [14]. Une m\u00e9ta-analyse de 55 \u00e9tudes [15] a mis en \u00e9vidence de mani\u00e8re exhaustive les facteurs d&#8217;efficacit\u00e9 dans les th\u00e9rapies par biofeedback pour les migraines. Des effets robustes, moyens et stables ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9s en ce qui concerne l&#8217;am\u00e9lioration \u00e0 long terme et durable des sympt\u00f4mes dans le cas de douleurs fortement chroniques. Les am\u00e9liorations concernaient la fr\u00e9quence et la dur\u00e9e des crises de migraine, l&#8217;intensit\u00e9 de la douleur, la consommation de m\u00e9dicaments et des variables psychologiques telles que la d\u00e9pressivit\u00e9, l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et le sentiment d&#8217;efficacit\u00e9 personnelle. Les pr\u00e9dicteurs de succ\u00e8s \u00e9taient la combinaison avec des exercices \u00e0 domicile ainsi que le sexe f\u00e9minin et le jeune \u00e2ge. Parmi les recommandations de traitement de la migraine, l&#8217;accent est clairement mis sur le feedback de volume et de pulsation et le feedback de temp\u00e9rature en extension avec la relaxation. Le moment de l&#8217;utilisation du contr\u00f4le vasculaire acquis constitue un aspect important du succ\u00e8s de l&#8217;entra\u00eenement par biofeedback. En prophylaxie, la vasodilatation doit \u00eatre utilis\u00e9e pendant les p\u00e9riodes sans douleur pour g\u00e9rer le stress. La vasoconstriction est efficace juste avant ou pendant les crises de migraine.<\/p>\n<h2 id=\"muscles-du-visage\">Muscles du visage<\/h2>\n<p>L&#8217;entra\u00eenement cibl\u00e9 de la musculature faciale peut \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 au moyen de la relaxation musculaire progressive de Jacobson. Le principe de la contraction et du rel\u00e2chement syst\u00e9matiques de diff\u00e9rents muscles est mis en \u0153uvre. Les objectifs de l&#8217;exercice sont de r\u00e9duire les tensions dans la r\u00e9gion du front et de la m\u00e2choire. Des niveaux de tension pr\u00e9d\u00e9finis (seuils : 3, 9, 20&nbsp;\u03bcV) doivent \u00eatre atteints successivement par la contraction et le rel\u00e2chement du front et de la m\u00e2choire. Il s&#8217;agit d&#8217;observer attentivement la tension et le rel\u00e2chement musculaires et d&#8217;\u00eatre attentif aux diff\u00e9rentes sensations de tension et de rel\u00e2chement. Le mode de feed-back consiste \u00e0 r\u00e9compenser la r\u00e9ussite des valeurs pr\u00e9d\u00e9finies en faisant appara\u00eetre un n\u00e9nuphar.<\/p>\n<p>En cas de troubles temporo-mandibulaires et de bruxisme, un entra\u00eenement cibl\u00e9 de la discrimination des muscles de la m\u00e2choire est appropri\u00e9 : diff\u00e9rents niveaux de tension sont entra\u00een\u00e9s pour diff\u00e9rentes lignes de pr\u00e9-fourchette \u00e0 des niveaux de tension d\u00e9croissants (22, 17, 12, 7&nbsp;\u03bcV). Il y a des phases d&#8217;exercice avec des phases \u00e0 l&#8217;aveugle, les yeux ferm\u00e9s. La consigne est la suivante : &#8220;Dans ce qui suit, vous allez d&#8217;abord apprendre \u00e0 &#8216;tracer&#8217; un motif de fond donn\u00e9 avec la tension de votre m\u00e2choire. La ligne indique la tension de votre m\u00e2choire. Derri\u00e8re la ligne de votre tension musculaire actuelle, vous voyez un mod\u00e8le de ligne pr\u00e9d\u00e9fini. Vous devez trouver une position qui entra\u00eene le d\u00e9placement de la ligne vers le bas. Activez votre tension musculaire de mani\u00e8re \u00e0 ce qu&#8217;elle suive la ligne pr\u00e9d\u00e9finie. Observez la sensation de cette tension. Respirez calmement et r\u00e9guli\u00e8rement&#8221;. L&#8217;instruction &#8220;contracter &#8211; rel\u00e2cher&#8221; est \u00e9nonc\u00e9e. Dans la phase \u00e0 l&#8217;aveugle, le m\u00eame mod\u00e8le doit \u00eatre reproduit les yeux ferm\u00e9s. La tension musculaire exerc\u00e9e pr\u00e9c\u00e9demment doit \u00eatre reproduite au m\u00eame rythme. Il faut se souvenir de la sensation musculaire per\u00e7ue pr\u00e9c\u00e9demment.<\/p>\n<h2 id=\"musculature-des-epaules-et-du-cou\">Musculature des \u00e9paules et du cou<\/h2>\n<p>Pour r\u00e9duire l&#8217;implication des muscles des \u00e9paules et du cou et d\u00e9velopper la respiration abdominale, la relaxation respiratoire et musculaire guid\u00e9e est recommand\u00e9e. Il est expliqu\u00e9 que la mauvaise respiration permanente, avec une implication marqu\u00e9e des muscles des \u00e9paules et du cou dans le comportement respiratoire, entra\u00eene des tensions chroniques dans cette zone. Ces tensions sont visibles dans les valeurs EMG \u00e9lev\u00e9es du muscle trap\u00e8ze. Les modes de feedback sont des repr\u00e9sentations lin\u00e9aires (d&#8217;abord les valeurs EMG des muscles de l&#8217;\u00e9paule, puis le comportement respiratoire, et enfin les deux). Les instructions portent sur une respiration abdominale calme et r\u00e9guli\u00e8re. Il est important que la paroi abdominale se soul\u00e8ve et s&#8217;abaisse pendant la respiration et que la cage thoracique et les \u00e9paules restent aussi d\u00e9tendues que possible.<\/p>\n<p>Pour r\u00e9duire la participation des muscles des \u00e9paules et du cou et d\u00e9velopper la respiration abdominale, l&#8217;\u00e9cole de respiration avec contr\u00f4le EMG et relaxation des \u00e9paules est appropri\u00e9e : on apprend \u00e0 maintenir l&#8217;activit\u00e9 des muscles des \u00e9paules en dessous d&#8217;un certain seuil. Un d\u00e9passement est le signe d&#8217;une implication marqu\u00e9e des muscles de l&#8217;\u00e9paule dans la respiration. Il est conseill\u00e9 de respirer sans utiliser les \u00e9paules. Dans la partie sup\u00e9rieure de l&#8217;\u00e9cran, une courbe est visible, qui refl\u00e8te la respiration abdominale du moment. Dans la moiti\u00e9 inf\u00e9rieure de l&#8217;\u00e9cran, la tension musculaire des \u00e9paules est repr\u00e9sent\u00e9e par une ligne. Une respiration abdominale calme doit \u00eatre obtenue.<\/p>\n<p>Pour terminer une th\u00e9rapie par biofeedback, il est recommand\u00e9 d&#8217;effectuer un voyage de relaxation avec une vid\u00e9o de la c\u00f4te, une musique de relaxation et un niveau de relaxation lisible simultan\u00e9ment, avec une r\u00e9compense si le niveau est inf\u00e9rieur \u00e0 un seuil.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Le diagnostic diff\u00e9rentiel des c\u00e9phal\u00e9es\/douleurs faciales n\u00e9cessite la connaissance d&#8217;un large \u00e9ventail de pathologies relevant de diff\u00e9rentes sp\u00e9cialit\u00e9s m\u00e9dicales. Les troubles li\u00e9s \u00e0 l&#8217;appareil locomoteur de la m\u00e2choire se caract\u00e9risent par une pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e et peuvent \u00eatre identifi\u00e9s gr\u00e2ce \u00e0 un examen minutieux. Il est aujourd&#8217;hui difficile d&#8217;imaginer un traitement sans l&#8217;utilisation du biofeedback pour contr\u00f4ler et influencer les douleurs faciales et les maux de t\u00eate. Il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que le biofeedback augmente l&#8217;efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes de relaxation courantes. Comme pour toutes les m\u00e9thodes, l&#8217;efficacit\u00e9 ne se manifeste qu&#8217;apr\u00e8s une certaine p\u00e9riode de pratique. Les patients doivent toujours \u00eatre guid\u00e9s pour s&#8217;exercer r\u00e9guli\u00e8rement chez eux \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;instructions de relaxation qui leur sont remises. Cela permet de prendre de la distance par rapport \u00e0 la douleur et, en g\u00e9n\u00e9ral, de mieux la g\u00e9rer. L&#8217;int\u00e9gration consciente de la d\u00e9tente et des phases de r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration dans le d\u00e9roulement de la journ\u00e9e est d&#8217;une grande utilit\u00e9 pour ces types de plaintes afin d&#8217;augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 personnelle.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les dysfonctionnements temporo-mandibulaires constituent une pathologie fr\u00e9quente.<\/li>\n<li>L&#8217;\u00e9tendue des modifications structurelles de l&#8217;articulation temporo-mandibulaire n&#8217;est que partiellement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 l&#8217;intensit\u00e9 de la douleur.<\/li>\n<li>Le biofeedback est un \u00e9l\u00e9ment de soutien tr\u00e8s efficace dans le cadre d&#8217;interventions de psychologie de la douleur pour les maux de t\u00eate et les douleurs faciales.<\/li>\n<li>Le biofeedback augmente l&#8217;efficacit\u00e9 des m\u00e9thodes de relaxation courantes (par ex. la relaxation musculaire progressive de Jacobson) gr\u00e2ce \u00e0 une augmentation prouv\u00e9e de la motivation des patients.<\/li>\n<li>Le biofeedback a une acceptation \u00e9lev\u00e9e et prouv\u00e9e par les patients.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Observatoire suisse de la sant\u00e9 : fr\u00e9quence des maux de dos ou de t\u00eate en 2019 ; www.obsan.admin.ch\/de\/indikatoren\/ruecken-oder-kopfschmerzen.<\/li>\n<li>Bigal ME, Bordini CA, Speciali JG : Etiologie et distribution des c\u00e9phal\u00e9es dans deux unit\u00e9s de soins primaires br\u00e9siliennes. C\u00e9phal\u00e9e 2000 ; 40 : 241-247.<\/li>\n<li>Rasmussen BK, Jensen R, Schroll M, Olesen J : Epid\u00e9miologie des c\u00e9phal\u00e9es dans une population g\u00e9n\u00e9rale &#8211; Une \u00e9tude de pr\u00e9valence. Journal of Clinical Epidemiology 1991 ; 44 : 1147-1157.<\/li>\n<li>Comit\u00e9 de classification des c\u00e9phal\u00e9es de la Soci\u00e9t\u00e9 internationale des c\u00e9phal\u00e9es. La Classification Internationale des Troubles de la C\u00e9phal\u00e9e, 3\u00e8me \u00e9dition. Cephalalgia 2018 ; 38 : 1-211.<\/li>\n<li>Zakrzewska JM : Multidimensionnalit\u00e9 de la douleur chronique de la cavit\u00e9 buccale et du visage. J Headache Pain 2013 ; 14 : 37.<\/li>\n<li>Ettlin D, Gallo L (\u00e9d.) : L&#8217;articulation temporo-mandibulaire en fonction et en dysfonction, \u00e9ditions Georg Thieme 2019.<\/li>\n<li>Bakke M, Petersson A, Wiesel M, et al : Bony deviations revealed by cone beam tomography of the temporomandibular joint in subjects without ongoing pain. J Oral Facial Pain Headache 2014 ; 28 : 331-337.<\/li>\n<li>Rolke R, Baron R, Maier C, et al : Quantitative sensory testing in the German Research Network on Neuropathic Pain (DFNS) : standardised protocol and reference values. Pain 2006 ; 123 : 231-243.<\/li>\n<li>Manfredini D, Guarda-Nardini L, Winocur E, et al : Research diagnostic criteria for temporomandibular disorders : a systematic review of axis I epidemiologic findings. Oral Surg Oral Med Oral Pathol Oral Radiol Endod 2011 ; 112 : 453-462.<\/li>\n<li>Jensen R, Stovner LJ : Epid\u00e9miologie et comorbidit\u00e9 des c\u00e9phal\u00e9es. Lancet Neurol. 2008 ; 7 : 354-361.<\/li>\n<li>Schiffman E, Ohrbach R, et al : Crit\u00e8res de diagnostic des troubles temporo-mandibulaires (DC\/TMD) pour les applications cliniques et de recherche : recommandations du r\u00e9seau international du consortium RDC\/TMD et du groupe d&#8217;int\u00e9r\u00eat sp\u00e9cial sur la douleur oro-faciale. J Oral Facial Pain Headache 2014 ; 28 : 6-27.<\/li>\n<li>Conti PCR, Costa YM, Gon\u00e7alves DA, Svensson P : C\u00e9phal\u00e9es et troubles temporo-mandibulaires myofasciaux : des entit\u00e9s qui se chevauchent, des prises en charge s\u00e9par\u00e9es ? J Oral Rehabil 2016 ; 43 : 702-715.<\/li>\n<li>Brenz M : \u00c9valuation d&#8217;une intervention cognitivo-comportementale assist\u00e9e par biofeedback pour les acouph\u00e8nes chroniques. T\u00fcbingen 2008.<\/li>\n<li>Rief W, Bernius P : Biofeedback : bases, indications, communication, approche pratique de la th\u00e9rapie. Stuttgart, Schattauer 2011.<\/li>\n<li>Nestoriuc Y, Martin A : Efficacit\u00e9 du biofeedback pour la migraine : une m\u00e9ta-analyse. Douleur 2007 ; 128 : 111-127.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo DOULEUR &amp; GERIATRIE 2019 ; 1(1) : 10-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les maux de t\u00eate et les douleurs faciales font partie des plaintes les plus fr\u00e9quentes qui poussent les patients \u00e0 consulter un m\u00e9decin. 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