{"id":335240,"date":"2019-11-26T01:00:00","date_gmt":"2019-11-26T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/troubles-comportementaux-emotionnels-et-cognitifs-importants-mais-souvent-non-reconnus\/"},"modified":"2019-11-26T01:00:00","modified_gmt":"2019-11-26T00:00:00","slug":"troubles-comportementaux-emotionnels-et-cognitifs-importants-mais-souvent-non-reconnus","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/troubles-comportementaux-emotionnels-et-cognitifs-importants-mais-souvent-non-reconnus\/","title":{"rendered":"Troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs : importants mais souvent non reconnus"},"content":{"rendered":"<p><strong>Outre les sympt\u00f4mes physiques, ce sont surtout les troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs qui jouent sur les performances et la qualit\u00e9 de vie des patients atteints de scl\u00e9rose en plaques. Celles-ci doivent donc \u00eatre d\u00e9tect\u00e9es et trait\u00e9es \u00e0 un stade pr\u00e9coce.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La scl\u00e9rose en plaques (SEP) est une maladie chronique du syst\u00e8me nerveux central qui se caract\u00e9rise par une inflammation, une d\u00e9my\u00e9linisation et une perte axonale. La SEP affecte la mati\u00e8re grise et la mati\u00e8re blanche du cerveau et de la moelle \u00e9pini\u00e8re, ce qui conduit finalement \u00e0 une atrophie diffuse de la mati\u00e8re grise et de la mati\u00e8re blanche [1]. Les troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs sont tr\u00e8s r\u00e9pandus et vari\u00e9s dans la SEP [2-7, 23,24]. La d\u00e9pression est le sympt\u00f4me neuropsychiatrique le plus fr\u00e9quent, avec une pr\u00e9valence de 50%. Les autres manifestations possibles dans une \u00e9tude \u00e9taient par exemple l&#8217;instabilit\u00e9 (41%), l&#8217;irritabilit\u00e9 (38%), l&#8217;inflexibilit\u00e9 (26%), l&#8217;agressivit\u00e9 (23%), l&#8217;impatience (22%), l&#8217;apathie (22%), les troubles de l&#8217;adaptation (17%) et les troubles obsessionnels compulsifs (15%) [2].<\/p>\n<p>Tant les modifications organiques du syst\u00e8me nerveux central que les aspects psychologiques peuvent entra\u00eener des troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs. Ces sympt\u00f4mes apparaissent pour diff\u00e9rentes raisons : en tant que r\u00e9action normale \u00e0 une maladie chronique ; cons\u00e9quences li\u00e9es \u00e0 la SEP ; troubles psychologiques pr\u00e9existants au d\u00e9but de la maladie ; maladies psychologiques qui se d\u00e9veloppent ind\u00e9pendamment de la SEP ; effet secondaire de certains m\u00e9dicaments utilis\u00e9s dans le traitement de la SEP. Ces derniers peuvent par exemple entra\u00eener une fatigue accrue, des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs, une baisse ou une augmentation de la motivation, de l&#8217;agitation, des troubles de la concentration, une augmentation du besoin de parler ou une diminution du besoin de dormir.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-du-comportement\">Troubles du comportement<\/h2>\n<p>Les troubles du comportement chez les patients atteints de SEP sont tr\u00e8s fr\u00e9quents [2\u20138]. Ils peuvent \u00e9galement se produire chez des patients par ailleurs peu touch\u00e9s par la maladie, comme nous avons pu le montrer dans une \u00e9tude personnelle. L&#8217;apathie, la d\u00e9sinhibition et le dysfonctionnement ex\u00e9cutif ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9s chez un pourcentage significatif de patients atteints de SEP, jusqu&#8217;\u00e0 un tiers. Les troubles du comportement sont apparus ind\u00e9pendamment du stade de la maladie, du handicap physique et des troubles cognitifs, mais ils \u00e9taient corr\u00e9l\u00e9s \u00e0 la fatigue et aux troubles d\u00e9pressifs [7]. Dans deux \u00e9tudes de Chiaravalloti et al. et Bosso et al. avec des troubles cognitifs plus prononc\u00e9s que dans notre \u00e9tude, une corr\u00e9lation a \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9e avec un taux pertinent de troubles du comportement [2,8]. Les troubles du comportement sont plus souvent rapport\u00e9s en cas de SEP connue qu&#8217;avant le diagnostic de SEP. Les \u00e9valuations des patients atteints de SEP et de leurs proches sont souvent concordantes lorsque l&#8217;apathie, la d\u00e9sinhibition et le dysfonctionnement ex\u00e9cutif sont demand\u00e9s [7,8]. Dans le cadre de la prise en charge des patients atteints de SEP, il est important de reconna\u00eetre les troubles du comportement et de savoir qu&#8217;ils affectent le mode et la qualit\u00e9 de vie et entra\u00eenent des r\u00e9percussions n\u00e9gatives sur l&#8217;environnement social et le lieu de travail.<\/p>\n<h2 id=\"troubles-emotionnels\">Troubles \u00e9motionnels<\/h2>\n<p>Les patients atteints de SEP peuvent pr\u00e9senter diff\u00e9rents troubles \u00e9motionnels [3\u20136,9]. La pr\u00e9valence \u00e0 vie de la d\u00e9pression chez les patients atteints de SEP est d&#8217;environ 50% et constitue la manifestation neuropsychiatrique la plus fr\u00e9quemment rapport\u00e9e de la SEP [3\u20136,9]. Le risque de d\u00e9pression est environ trois fois plus \u00e9lev\u00e9 pour les patients atteints de SEP que pour la population normale, avec une tendance nettement plus \u00e9lev\u00e9e \u00e0 la chronicit\u00e9. Malheureusement, la d\u00e9pression n&#8217;est souvent pas diagnostiqu\u00e9e chez les patients atteints de SEP et n&#8217;est donc pas trait\u00e9e. De m\u00eame, la d\u00e9pression affecte la gestion des troubles neurologiques physiques. Les patients font \u00e9tat d&#8217;un manque d&#8217;espoir et de sentiments, d&#8217;une perte d&#8217;int\u00e9r\u00eat, d&#8217;un sentiment de culpabilit\u00e9, d&#8217;une d\u00e9valorisation de soi et \u00e9ventuellement de troubles physiques tels que des troubles du sommeil ou de l&#8217;app\u00e9tit. Il n&#8217;est pas rare que les patients d\u00e9crivent \u00e9galement des sentiments de panique ou de forte anxi\u00e9t\u00e9. Il s&#8217;agit souvent de craintes pour l&#8217;avenir ou de craintes concernant une \u00e9ventuelle progression de la maladie. Des sympt\u00f4mes tels que l&#8217;irritabilit\u00e9, les crises de col\u00e8re ou les sautes d&#8217;humeur peuvent \u00e9galement appara\u00eetre soudainement ou persister pendant une longue p\u00e9riode. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, le lien entre la d\u00e9pression et l&#8217;activit\u00e9 de la maladie a \u00e9t\u00e9 de plus en plus reconnu. Gobbi et al. a par exemple montr\u00e9 une association entre l&#8217;apparition d&#8217;une d\u00e9pression et des l\u00e9sions de SEP dans certaines r\u00e9gions du cerveau. De plus, la survenue d&#8217;une d\u00e9pression est corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 la charge l\u00e9sionnelle c\u00e9r\u00e9brale [10].<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas rare que la confrontation avec le premier diagnostic de SEP et les d\u00e9ficits qui y sont associ\u00e9s soit marqu\u00e9e par le d\u00e9sespoir et la d\u00e9tresse. Les pens\u00e9es suicidaires sont donc fr\u00e9quentes. Cependant, Muller et al., McAlpine et al. et Schwartz et al. n&#8217;ont pas trouv\u00e9 un nombre accru de suicides r\u00e9ussis chez les patients atteints de SEP et Kurtzke et al. ont trouv\u00e9 un suicide parmi 122 d\u00e9c\u00e8s chez les patients atteints de SEP, Sadovnick et al. 13 suicides parmi 80. Dans une \u00e9tude isra\u00e9lienne, la fr\u00e9quence des suicides chez les patients atteints de SEP \u00e9tait 14 fois plus \u00e9lev\u00e9e que dans la population normale. Les suicides sont survenus dans les ann\u00e9es qui ont suivi le diagnostic ou dans le cadre d&#8217;une pouss\u00e9e ou d&#8217;une progression de la SEP.  [11\u201316].<\/p>\n<p>Outre la d\u00e9pression, l&#8217;euphorie peut \u00e9galement se manifester. Celle-ci se caract\u00e9rise par l&#8217;insouciance, l&#8217;optimisme et le bien-\u00eatre subjectif. De ce fait, les patients n&#8217;ont pas conscience de la situation r\u00e9elle de leur maladie. Cela peut conduire \u00e0 un rejet des recommandations th\u00e9rapeutiques, au non-respect de l&#8217;interdiction de conduire, etc.<\/p>\n<p>Les patients atteints de SEP peuvent \u00e9galement avoir des rires ou des pleurs pathologiques. La pr\u00e9valence peut atteindre 10% dans les \u00e9tudes les plus anciennes. Ce sympt\u00f4me est probablement d\u00fb \u00e0 une interruption des voies corticobulbaires. Il est plus susceptible de se produire dans la SEP chronique avanc\u00e9e, est associ\u00e9 \u00e0 une l\u00e9g\u00e8re d\u00e9ficience cognitive et indique un mauvais pronostic. Le rire ou les pleurs pathologiques comme premier sympt\u00f4me sont rares dans la phase r\u00e9mittente de la SEP, mais peuvent survenir dans des l\u00e9sions strat\u00e9giquement mal localis\u00e9es, c&#8217;est-\u00e0-dire pontines [17].<\/p>\n<h2 id=\"troubles-cognitifs\">Troubles cognitifs<\/h2>\n<p>Les troubles cognitifs sont fr\u00e9quents chez les patients atteints de SEP, leur pr\u00e9valence variant de 43% \u00e0 70% selon les \u00e9tudes et la population \u00e9tudi\u00e9e. Les troubles cognitifs sont plus faciles \u00e0 mesurer et \u00e0 quantifier que les troubles comportementaux et \u00e9motionnels et sont plus souvent identifi\u00e9s [3\u20136,9,18\u201320]. Les domaines cognitifs les plus fr\u00e9quemment touch\u00e9s sont la vitesse de traitement des informations ainsi que la m\u00e9moire, l&#8217;attention, le traitement visuel de l&#8217;espace et la fonction ex\u00e9cutive. Dans un travail de Schifferdecker et al. [9]. les sympt\u00f4mes cognitifs tels que la diminution des performances intellectuelles, les troubles de la m\u00e9moire et de la concentration \u00e9taient plut\u00f4t des troubles de la SEP chronique avanc\u00e9e. L&#8217;\u00e9tiologie des troubles cognitifs objectifs et subjectifs dans la SEP est complexe et n&#8217;est pas enti\u00e8rement comprise. Des \u00e9tudes ont montr\u00e9 que les troubles cognitifs objectifs chez les patients atteints de SEP sont associ\u00e9s \u00e0 une atrophie de la substance grise et blanche corticale et profonde. Des chercheurs ont postul\u00e9 qu&#8217;il en r\u00e9sultait des perturbations de la connectivit\u00e9 entre les r\u00e9gions du cerveau, entra\u00eenant des troubles cognitifs [21,22].<\/p>\n<p>Un sympt\u00f4me important, souvent sous-estim\u00e9 par l&#8217;entourage, est la fatigue (vignette de cas,<strong> fig.&nbsp;1)<\/strong> dont souffrent une grande partie (environ 60 \u00e0 80%) des patients atteints de SEP. La fatigue est souvent le premier et principal sympt\u00f4me de la SEP. La fatigue peut \u00eatre de nature physique et\/ou cognitive [10]. Les troubles cognitifs avec\/sans fatigue peuvent r\u00e9duire consid\u00e9rablement les capacit\u00e9s au point que les patients peuvent \u00eatre incapables de travailler et avoir des difficult\u00e9s \u00e0 g\u00e9rer leur vie quotidienne. De m\u00eame, les patients entreprennent moins d&#8217;activit\u00e9s, par exemple en raison de l&#8217;\u00e9puisement, ce qui peut conduire \u00e0 un retrait social et \u00e0 des sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12711\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8.jpg\" style=\"height:591px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1084\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-800x788.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-80x80.jpg 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-120x118.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-90x90.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-320x315.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/11\/abb1_np6_s8-560x552.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"effets-generaux\">Effets g\u00e9n\u00e9raux<\/h2>\n<p>Les troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs ont un impact important sur le mode et la qualit\u00e9 de vie, ainsi que sur l&#8217;environnement social et professionnel. Herberter et al. ont \u00e9tudi\u00e9 l&#8217;impact de la SEP sur les relations. Pr\u00e8s de 80% des patients atteints de SEP font \u00e9tat d&#8217;une bonne compr\u00e9hension de la part de leur partenaire. N\u00e9anmoins, de nombreux patients d\u00e9crivent une relation de couple mise \u00e0 mal par la SEP. Avec l&#8217;augmentation du handicap, les patients atteints de SEP deviennent de plus en plus d\u00e9pendants de leur partenaire et les couples doivent faire face aux d\u00e9fis de l&#8217;\u00e9volution des r\u00f4les familiaux. Dans 57% des cas, une \u00e9tude a \u00e9galement montr\u00e9 que les carri\u00e8res professionnelles des proches \u00e9taient affect\u00e9es n\u00e9gativement et que le niveau de vie des patients et de leur famille avait diminu\u00e9 de 37% depuis le diagnostic de la SEP [23].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Les troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs ne peuvent pas \u00eatre d\u00e9tect\u00e9s et test\u00e9s sp\u00e9cifiquement lors de l&#8217;examen physique habituellement pratiqu\u00e9. L&#8217;\u00e9chelle de comportement du syst\u00e8me frontal (FsBS), par exemple, quantifie les changements de comportement li\u00e9s aux troubles du lobe frontal, comme l&#8217;apathie, la d\u00e9sinhibition, le dysfonctionnement ex\u00e9cutif. Les troubles d\u00e9pressifs peuvent \u00eatre quantifi\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide du Beck Depression Index II (BDI II) et la fatigue \u00e0 l&#8217;aide de l&#8217;\u00e9chelle de fatigue motrice et cognitive (FSMC) ou de l&#8217;\u00e9chelle de fatigue&nbsp; (FS). Il existe plusieurs batteries de tests pour d\u00e9tecter les troubles cognitifs [7].<\/p>\n<h2 id=\"mesures-therapeutiques\">Mesures th\u00e9rapeutiques<\/h2>\n<p>Le traitement m\u00e9dicamenteux des troubles \u00e9motionnels ne diff\u00e8re pas de l&#8217;approche habituelle des patients non atteints de SEP. Des psychoth\u00e9rapies, des th\u00e9rapies sociales et cognitivo-comportementales et des m\u00e9dicaments sont utilis\u00e9s. Les m\u00e9dicaments pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s sont les inhibiteurs s\u00e9lectifs de la recapture de la s\u00e9rotonine et de la s\u00e9rotonine-noradr\u00e9naline en raison de leur profil d&#8217;effets secondaires favorable et de leur faible potentiel d&#8217;interaction. Des antipsychotiques peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s. Les patients atteints de SEP sont souvent tr\u00e8s sensibles \u00e0 ces m\u00e9dicaments, des dyskin\u00e9sies peuvent par exemple appara\u00eetre avec de faibles doses d&#8217;antipsychotiques. L&#8217;utilisation de neuroleptiques atypiques est donc \u00e0 privil\u00e9gier. Il est \u00e9galement recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 un dosage lent. La confrontation avec la maladie, et en particulier le risque nettement accru de suicide, rend souvent n\u00e9cessaire une psychoth\u00e9rapie. Des m\u00e9ta-analyses ont d\u00e9montr\u00e9 l&#8217;efficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale pour traiter les troubles \u00e9motionnels chez les patients atteints de SEP [24]. L&#8217;id\u00e9al est une collaboration \u00e9troite entre les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes, les neurologues, les psychologues, les psychiatres et les personnes concern\u00e9es, avec la participation des proches. Ces derniers sont \u00e9galement touch\u00e9s par les cons\u00e9quences de la maladie.<\/p>\n<p>En cas de troubles comportementaux et cognitifs, un suivi neuropsychologique et une ergoth\u00e9rapie peuvent notamment \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques. Dans ce cas, il semble qu&#8217;une combinaison de th\u00e9rapies r\u00e9paratrices et compensatoires soit particuli\u00e8rement efficace [25]. Les th\u00e9rapies restauratrices peuvent \u00eatre r\u00e9alis\u00e9es par le patient lui-m\u00eame (par exemple sur ordinateur), tandis que les th\u00e9rapies compensatoires doivent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre enseign\u00e9es par un th\u00e9rapeute. Il existe \u00e0 cet \u00e9gard des m\u00e9thodes \u00e9tablies et publi\u00e9es, par exemple pour l&#8217;am\u00e9lioration des fonctions de la m\u00e9moire ou pour les capacit\u00e9s de planification [26,27]. En cas de fatigue, il est \u00e9galement recommand\u00e9 de pratiquer r\u00e9guli\u00e8rement un sport d&#8217;endurance.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La scl\u00e9rose en plaques est une maladie chronique incurable \u00e0 ce jour, qui peut avoir un impact n\u00e9gatif sur la vie sociale et professionnelle.<\/li>\n<li>Outre les sympt\u00f4mes physiques, les troubles comportementaux, \u00e9motionnels et cognitifs ont un impact consid\u00e9rable sur les performances et la qualit\u00e9 de vie. Il est donc important de les identifier et de mettre en place des mesures th\u00e9rapeutiques.<\/li>\n<li>Plusieurs outils de diagnostic valid\u00e9s sont disponibles. Une approche multimodale int\u00e9grant des composantes m\u00e9dicamenteuses et comportementales s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e utile comme mesure de traitement.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Kamm CP, Uitdehaag BM, Polman CH : Scl\u00e9rose en plaques : connaissances actuelles et perspectives d&#8217;avenir. Eur Neurol 2014 ; 72 : 132-41.<\/li>\n<li>Basso MR, et al : Self-reported executive dysfunction, neuropsychological impairment, and functional outcomes in multiple sclerosis. J Clin Exp Neuropsychol 2008 ; 30 : 920-930.<\/li>\n<li>Feinstein A, et al : The Clinical Neuropsychiatry of Multiple Sclerosis. 2nd ed. New York : Cambridge University Press 2007.<\/li>\n<li>Grigsby J, et al. : Prediction of deficits in behavioral self-regulation among persons with multiple sclerosis. Arch Phys Med Rehabil 1993 ; 74 : 1350.<\/li>\n<li>Paparrigopoulos T, et al : The neuropsychiatry of multiple sclerosis : focus on disorders of mood, affect and behaviour. Int Rev Psychiatry 2010 ; 22 : 14-21.<\/li>\n<li>Rosti-Otaj\u00e4rvi E, et al. :&nbsp; Behavioural symptoms and impairments in multiple sclerosis : a systematic review and meta-analysis. Mult Scler 2012 ; 19 : 31-45.<\/li>\n<li>Heldner MR, et al : Changements comportementaux chez les patients atteints de scl\u00e9rose en plaques. Front Neurol 2017 ; 8 : 437.<\/li>\n<li>Charavalloti ND, De Luca J : Assessing the behavioral consequences of multiple sclerosis : an application of the Frontal Systems Behavior Scale (FrSBe). Cogn Behav Neurol 2003 ; 16 : 54-67.<\/li>\n<li>Schifferdecker M, et al : Psychoses in multiple sclerosis&#8211;a reevaluation. Fortschr Neurol Psychiatr 1995 ; 63(8) : 310-319.<\/li>\n<li>Gobbi C, et al. : Influence de la topographie des l\u00e9sions c\u00e9r\u00e9brales sur la d\u00e9pression et la fatigue chez les patients atteints de scl\u00e9rose en plaques. 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