{"id":335650,"date":"2019-09-25T01:00:00","date_gmt":"2019-09-24T23:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/patient-multimorbide-atteint-de-demence-que-faire\/"},"modified":"2019-09-25T01:00:00","modified_gmt":"2019-09-24T23:00:00","slug":"patient-multimorbide-atteint-de-demence-que-faire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/patient-multimorbide-atteint-de-demence-que-faire\/","title":{"rendered":"Patient multimorbide atteint de d\u00e9mence &#8211; que faire ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les patients atteints de d\u00e9mence sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e2g\u00e9s et multimorbides. Un suivi \u00e9troit qui tient compte des comorbidit\u00e9s est important &#8211; mais constitue un d\u00e9fi en raison des sp\u00e9cificit\u00e9s de ces patients.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La d\u00e9mence est associ\u00e9e \u00e0 de nombreuses comorbidit\u00e9s, notamment l&#8217;hypertension, la d\u00e9pression, les troubles de la douleur, le diab\u00e8te, les maladies coronariennes et les accidents vasculaires c\u00e9r\u00e9braux. Seuls 5% des patients atteints de d\u00e9mence n&#8217;ont pas d&#8217;autre maladie [1]. La pr\u00e9sence de comorbidit\u00e9s cardiovasculaires et neuropsychiatriques complique le traitement des patients atteints de d\u00e9mence.<\/p>\n<h2 id=\"un-suivi-etroit-est-necessaire\">Un suivi \u00e9troit est n\u00e9cessaire<\/h2>\n<p>MD Kristian Seehen Frederiksen, travaillant au Danish Dementia Research Centre du Rigshospitalet de l&#8217;Universit\u00e9 de Copenhague (DNK), attire l&#8217;attention sur d&#8217;autres difficult\u00e9s : &#8220;Deux des plus grands d\u00e9fis dans la prise en charge des patients atteints de d\u00e9mence sont la perte de la capacit\u00e9 d&#8217;autor\u00e9flexion et la diminution de l&#8217;autonomie&#8221;. La diminution de la capacit\u00e9 d&#8217;expression linguistique rend la communication de plus en plus difficile. La perception de la douleur change \u00e9galement, l&#8217;inconfort est communiqu\u00e9 diff\u00e9remment et le comportement affich\u00e9 ne peut souvent pas \u00eatre facilement d\u00e9crypt\u00e9 par les partenaires d&#8217;interaction. Au fur et \u00e0 mesure que la cognition s&#8217;alt\u00e8re, les patients ont du mal \u00e0 communiquer les sympt\u00f4mes ou la prise de m\u00e9dicaments. Ces particularit\u00e9s font de la gestion des patients atteints de d\u00e9mence une entreprise difficile. Un suivi r\u00e9gulier et proactif ainsi qu&#8217;un mode de communication adapt\u00e9 sont importants <strong>(aper\u00e7u&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12377\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/ubersicht1_np5_s26.png\" style=\"height:807px; width:400px\" width=\"712\" height=\"1437\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es statistiques britanniques montrent \u00e9galement que les patients atteints de d\u00e9mence doivent \u00eatre suivis de pr\u00e8s. La d\u00e9mence y est la principale cause de d\u00e9c\u00e8s chez les femmes, selon les chiffres de l&#8217;Office for National Statistics. Une autre raison pour laquelle une prise en charge \u00e9troite est n\u00e9cessaire est que la d\u00e9mence s&#8217;accompagne d&#8217;une s\u00e9rie de sympt\u00f4mes neurologiques et psychiatriques. Les sympt\u00f4mes psychologiques comportementaux sont par exemple l&#8217;agressivit\u00e9 et l&#8217;excitation, la d\u00e9pression et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, les sympt\u00f4mes psychotiques, l&#8217;apathie ou l&#8217;hyperactivit\u00e9. Sur le plan moteur, on peut observer une h\u00e9mipar\u00e9sie, une dysarthrie, une incontinence, un parkinsonisme, une d\u00e9marche instable et des chutes, ainsi qu&#8217;une chor\u00e9e et une dystonie. Les patients atteints de d\u00e9mence souffrent \u00e9galement souvent de troubles du sommeil. Les crises d&#8217;\u00e9pilepsie ne sont pas rares non plus, avec une pr\u00e9valence de 10 \u00e0 22%.<\/p>\n<p>Pour une prise en charge optimale des patients atteints de d\u00e9mence, il est indispensable de prendre en compte les sp\u00e9cificit\u00e9s de certaines formes de d\u00e9mence (par exemple, en ce qui concerne la LBD : hypersensibilit\u00e9 aux antipsychotiques, gestion des troubles du sommeil paradoxal, des hallucinations et du parkinsonisme).<\/p>\n<p>En ce qui concerne le traitement m\u00e9dicamenteux, plusieurs aspects sont pertinents. Les facteurs de risque cardiovasculaire, la polym\u00e9dication, les sympt\u00f4mes moteurs, l&#8217;aptitude \u00e0 la conduite, la qualit\u00e9 du sommeil, la pr\u00e9sence \u00e9ventuelle d&#8217;\u00e9pilepsie, l&#8217;alimentation, les sympt\u00f4mes douloureux et les d\u00e9cisions concernant la fin de vie et les soins palliatifs doivent \u00eatre pris en compte.<\/p>\n<h2 id=\"controle-de-la-pression-arterielle-oui-ou-non\">Contr\u00f4le de la pression art\u00e9rielle &#8211; oui ou non ?<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9valuation des facteurs de risque cardiovasculaire comprend l&#8217;examen de l&#8217;hypertension, de l&#8217;hypercholest\u00e9rol\u00e9mie, de la fibrillation auriculaire, du diab\u00e8te de type 2 et de l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9. Le contr\u00f4le de la pression art\u00e9rielle joue justement un r\u00f4le important dans le d\u00e9veloppement de la d\u00e9mence, comme le sugg\u00e8re une m\u00e9ta-\u00e9tude r\u00e9cemment publi\u00e9e [2]. Les r\u00e9sultats group\u00e9s de l&#8217;essai SPRINT-MIND et d&#8217;autres \u00e9tudes ont montr\u00e9 un effet significatif de la pr\u00e9vention primaire de l&#8217;hypertension. Cependant, il n&#8217;existe actuellement aucune \u00e9tude significative sur le traitement de l&#8217;hypertension chez les patients d\u00e9j\u00e0 atteints de d\u00e9mence. &#8220;Nous n&#8217;avons actuellement pas suffisamment de preuves pour pouvoir dire si le traitement de l&#8217;hypertension chez les patients atteints de d\u00e9mence ralentit la progression de la maladie&#8221;, relativise MD Frederiksen. Cependant, on sait que l&#8217;hypertension a un effet n\u00e9faste sur la cognition \u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9 (par exemple, concernant le remodelage vasculaire, la maladie des petits vaisseaux, l&#8217;alt\u00e9ration de la fonction endoth\u00e9liale, l&#8217;interruption du couplage neurovasculaire, la promotion probable des plaques b\u00eata-amylo\u00efdes) [3].<\/p>\n<p>L'&#8221;autre c\u00f4t\u00e9 de la m\u00e9daille&#8221;, que l&#8217;on conna\u00eet en revanche assez bien, ce sont les effets secondaires possibles des antihypertenseurs. Alors que quatre \u00e9tudes d&#8217;observation ont exclu un lien entre les antihypertenseurs et le risque de chute, deux ont fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 une association entre les antihypertenseurs et l&#8217;hypotension orthostatique chez les patients atteints de d\u00e9mence.<\/p>\n<p>Il reste donc deux questions cl\u00e9s : faut-il traiter l&#8217;hypertension de mani\u00e8re intensive ou moins intensive chez les patients atteints de d\u00e9mence ? Et les objectifs de traitement propos\u00e9s dans les directives, qui sont bas\u00e9s sur des personnes en bonne sant\u00e9 cognitive, peuvent-ils \u00eatre extrapol\u00e9s aux patients atteints de d\u00e9mence ? Une r\u00e9ponse est toujours attendue. M\u00eame le guide EAN, qui devrait \u00eatre publi\u00e9 d\u00e9but 2020, ne trouve pas suffisamment de preuves d&#8217;\u00e9tudes. Les aspects de bonne pratique permettent toutefois de s&#8217;orienter <strong>(aper\u00e7u&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12378 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/ubersicht2_np5_s27.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 724px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 724\/834;height:461px; width:400px\" width=\"724\" height=\"834\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"probleme-de-la-polypharmacie\">Probl\u00e8me de la polypharmacie<\/h2>\n<p>Par rapport aux personnes en bonne sant\u00e9 cong\u00e9nitale, les patients atteints de d\u00e9mence prennent beaucoup plus de m\u00e9dicaments diff\u00e9rents. La pr\u00e9valence de la polypharmacie (prise de \u22655 m\u00e9dicaments diff\u00e9rents) chez les personnes atteintes de d\u00e9mence a \u00e9t\u00e9 d\u00e9termin\u00e9e en 2014 par une \u00e9tude transversale danoise (n=1 032 120 ; \u00e2ge \u226565) [4]. La polypharmacie \u00e9tait pr\u00e9sente chez 62,6% des patients atteints de d\u00e9mence contre 35,1% des personnes en bonne sant\u00e9 cognitive. La m\u00eame r\u00e9partition a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en ce qui concerne la survenue d&#8217;une m\u00e9dication inappropri\u00e9e (45% vs 29,7%). Une autre \u00e9tude a examin\u00e9 la fr\u00e9quence \u00e0 laquelle les m\u00e9decins voient leurs patients atteints de d\u00e9mence pour leur prescrire des m\u00e9dicaments, respectivement la fr\u00e9quence \u00e0 laquelle un patient peut obtenir ses m\u00e9dicaments \u00e0 la pharmacie sans visite pr\u00e9alable. Cela a \u00e9t\u00e9 mesur\u00e9 par le nombre d&#8217;ordonnances r\u00e9dig\u00e9es de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e sans visite. Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que cela se produisait plus souvent chez les patients atteints de d\u00e9mence que chez les patients cognitivement sains (5-9&nbsp;rdv : 43,2% des patients atteints de d\u00e9mence contre 32,4% des patients cognitivement sains) [5].<\/p>\n<p>Des m\u00e9dicaments psychotropes sont souvent prescrits. Bien que le nombre d&#8217;antid\u00e9presseurs ait diminu\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es, les antipsychotiques de deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration sont de plus en plus utilis\u00e9s. L\u00e0 encore, il n&#8217;est pas rare que la polypharmacie soit pr\u00e9sente. 75,8% des patients atteints de d\u00e9mence trait\u00e9s par antipsychotiques consomment au moins deux substances psychotropes diff\u00e9rentes pendant la p\u00e9riode de traitement. Les antipsychotiques et les antid\u00e9presseurs ont \u00e9t\u00e9 le plus souvent combin\u00e9s [6].<\/p>\n<p>Au vu de ces chiffres, il est logique de se demander quels sont les obstacles \u00e0 une m\u00e9dication optimale. Les chiffres peuvent \u00eatre expliqu\u00e9s par un dossier m\u00e9dical incomplet, le manque de temps, des croyances \u00e9tablies concernant un m\u00e9dicament particulier, une libert\u00e9 de d\u00e9cision limit\u00e9e, des difficult\u00e9s de communication avec le patient ou des probl\u00e8mes de d\u00e9finition des objectifs de traitement. Mais plusieurs guidelines offrent au moins un aper\u00e7u des combinaisons de m\u00e9dicaments qui peuvent \u00eatre nocives [7\u20139]. MD Frederiksen \u00e9voque en outre la crainte du praticien de subir des cons\u00e9quences n\u00e9gatives. Selon l&#8217;adage &#8220;If it ain&#8217;t broke, don&#8217;t try to fix it&#8221;, les praticiens pr\u00e9f\u00e9reraient continuer comme avant plut\u00f4t que d&#8217;adapter le r\u00e9gime. &#8220;Mais je pense qu&#8217;en fin de compte, tout d\u00e9pend de la cr\u00e9ation d&#8217;une alliance solide avec le patient. Dans le cadre d&#8217;un suivi planifi\u00e9, le m\u00e9decin et le patient doivent \u00e9galement discuter de ce qu&#8217;il convient de faire en cas d&#8217;apparition de sympt\u00f4mes&#8221;, conclut MD Frederiksen.<\/p>\n<h2 id=\"aller-au-fond-des-symptomes-comportementaux-et-psychologiques\">Aller au fond des sympt\u00f4mes comportementaux et psychologiques<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes psychologiques sont tr\u00e8s pr\u00e9valents chez les patients atteints de d\u00e9mence<strong> (Fig.&nbsp;1).<\/strong> Ils peuvent appara\u00eetre \u00e0 tous les stades et sous toutes les formes de d\u00e9mence et sont exprim\u00e9s par le patient de diff\u00e9rentes mani\u00e8res (p. ex. douleur, tristesse, agressivit\u00e9). En ce qui concerne le traitement, MD Frederiksen fait remarquer que ce sont surtout les effets secondaires s\u00e9datifs des antipsychotiques qui sont utilis\u00e9s pour contrer ces sympt\u00f4mes. Mais il est bien plus important d&#8217;identifier les facteurs \u00e9tiologiques sous-jacents :<\/p>\n<ol>\n<li>En quoi consiste le comportement probl\u00e9matique et qui le pratique r\u00e9ellement ? Le patient se comporte-t-il de mani\u00e8re pathologique &#8211; ou le soignant perd-il tout simplement patience avec lui ?<\/li>\n<li>Quand ce comportement se produit-il ? Que sont les facteurs d\u00e9clencheurs ?<\/li>\n<\/ol>\n<p>Il est \u00e9galement n\u00e9cessaire de documenter et de mesurer le comportement afin de fixer un objectif de traitement. Il est essentiel de parvenir \u00e0 une compr\u00e9hension commune des possibilit\u00e9s th\u00e9rapeutiques.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12379 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/811;height:442px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"811\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0-800x590.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0-120x88.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0-90x66.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0-320x236.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/abb1_np5_s27_0-560x413.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Outre un examen physique et de laboratoire minutieux, il est important de prendre en compte l&#8217;environnement modifi\u00e9 et les routines alt\u00e9r\u00e9es comme causes des ph\u00e9nom\u00e8nes psycho-comportementaux. L&#8217;un des moyens d&#8217;att\u00e9nuer les sympt\u00f4mes est de proc\u00e9der \u00e0 certains ajustements \u00e0 cet \u00e9gard. MD Frederiksen plaide \u00e9galement pour que les soignants soient form\u00e9s \u00e0 la gestion des situations difficiles. Par exemple, si un patient appelle \u00e0 l&#8217;aide dans sa chambre en raison de sa solitude ou de son anxi\u00e9t\u00e9, mais qu&#8217;il se tait d\u00e8s que l&#8217;accompagnateur entre dans la pi\u00e8ce, il est possible de modifier ce comportement en faisant en sorte que l&#8217;accompagnateur passe du temps avec le patient m\u00eame lorsqu&#8217;il va bien. Un traitement par antipsychotiques peut \u00eatre indiqu\u00e9 dans certains cas (par exemple en cas de forte agressivit\u00e9 ou de sympt\u00f4mes psychotiques probl\u00e9matiques).<\/p>\n<h2 id=\"gestion-de-la-douleur-start-low-go-slow\">Gestion de la douleur : Start low, go slow !<\/h2>\n<p>Bien que les troubles douloureux chroniques soient fr\u00e9quents chez les patients atteints de d\u00e9mence et qu&#8217;ils limitent fortement la QdV, ils ne sont souvent pas suffisamment reconnus et trait\u00e9s. Les processus neurod\u00e9g\u00e9n\u00e9ratifs affectent les voies de la douleur de mani\u00e8re diff\u00e9rente selon le type, l&#8217;\u00e9tendue et le site de la l\u00e9sion. Le diagnostic est difficile et le traitement complexe en raison des changements physiologiques du patient et d&#8217;un grand nombre de comorbidit\u00e9s et d&#8217;interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/p>\n<p>Le Dr Milica Gregori\u010d Kramberger, directrice du Centre des troubles cognitifs de l&#8217;UMC Ljubljana (SVN), plaide pour une approche multimodale, tant pour le diagnostic que pour le traitement. En raison du large \u00e9ventail de causes de la douleur chronique, il convient d&#8217;adopter une approche structur\u00e9e, si possible \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;outils valid\u00e9s et standardis\u00e9s. Cela inclut l&#8217;examen des maladies actuelles et pass\u00e9es, des op\u00e9rations et des m\u00e9dicaments, un examen physique complet et des tests de laboratoire pertinents. Ainsi, les infections, la constipation, les plaies, les fractures non d\u00e9tect\u00e9es et les infections urinaires peuvent \u00eatre exclues des causes. Bien s\u00fbr, il faut aussi penser aux raisons &#8220;simples&#8221; comme la faim, la soif et les besoins \u00e9motionnels. Lors de l&#8217;entretien avec le patient, la douleur doit \u00eatre abord\u00e9e de diff\u00e9rentes mani\u00e8res, car le patient, en raison de sa maladie, ne peut pas comprendre toutes les formulations de la m\u00eame mani\u00e8re. Les \u00e9chelles de douleur unidimensionnelles (simple-descriptive, num\u00e9rique i.B.a. intensit\u00e9 0-10, visuelle-analogique), qui peuvent \u00eatre remplies de mani\u00e8re fiable par plus de 80% de tous les patients atteints de d\u00e9mence, constituent une possibilit\u00e9 de quantification de la douleur (pensez aux moyens auxiliaires tels que les lunettes ou les appareils auditifs !) Les indicateurs non verbaux de la douleur rev\u00eatent une importance accrue compte tenu de la modification de la capacit\u00e9 et du mode d&#8217;expression<strong> (aper\u00e7u&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12380 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/09\/ubersicht3_np5_s28.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/505;height:275px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"505\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le traitement de la douleur chronique est multimodal. Les formes d&#8217;intervention non pharmacologiques incluent la kin\u00e9sith\u00e9rapie et le soutien psychologique, pour lesquels la collaboration avec le soignant est tr\u00e8s importante. Si une m\u00e9dication est indispensable, les comorbidit\u00e9s et la co-m\u00e9dication doivent \u00eatre soigneusement \u00e9valu\u00e9es ; une r\u00e9\u00e9valuation r\u00e9guli\u00e8re est imp\u00e9rative afin de contr\u00f4ler l&#8217;efficacit\u00e9 et les \u00e9ventuels effets secondaires chez ces patients, pour la plupart \u00e2g\u00e9s et multimorbides, souffrant d&#8217;un d\u00e9ficit cognitif. Les preuves concernant l&#8217;innocuit\u00e9 des analg\u00e9siques chez les patients atteints de d\u00e9mence sont actuellement peu nombreuses ; des \u00e9tudes cliniques consacr\u00e9es \u00e0 ce sujet sont n\u00e9cessaires de toute urgence [10]. Le Dr Kramberger recommande de commencer par des m\u00e9dicaments non opio\u00efdes et de passer aux opio\u00efdes si n\u00e9cessaire. Les neuroleptiques et les benzodiaz\u00e9pines utilis\u00e9s pour lutter contre la douleur doivent \u00eatre \u00e9vit\u00e9s, et les anticonvulsivants ne doivent \u00eatre utilis\u00e9s qu&#8217;avec pr\u00e9caution. Les ISRS peuvent \u00eatre utilis\u00e9s comme traitement adjuvant ou alternatif aux AINS et aux opio\u00efdes. Il est important de proc\u00e9der \u00e0 un titrage progressif (&#8220;start low, go slow&#8221;) [11].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Guthrie B, et al : Adapting clinical guidelines to take account of multimorbidity. BMJ 2012 ; 345 : e6341.<\/li>\n<li>Peters R, et al. : Pression sanguine et d\u00e9mence : ce que l&#8217;essai SPRINT-MIND ajoute et ce que nous avons encore besoin de savoir. Neurology 2019 ; 92(21) : 1017-1018.<\/li>\n<li>Iadecola C, et al : Impact de l&#8217;hypertension sur la fonction cognitive : une d\u00e9claration scientifique de l&#8217;American Heart Association. Hypertension 2016 ; 68 : e67-e94.<\/li>\n<li>Kristensen RU, et al : Polypharmacie et m\u00e9dication potentiellement inappropri\u00e9e chez les personnes atteintes de d\u00e9mence : une \u00e9tude nationale. J Alz Dis 2018 ; 63 : 383-394.<\/li>\n<li>Clague F, et al : Comorbidit\u00e9 et polypharmacie chez les personnes atteintes de d\u00e9mence : enseignements tir\u00e9s d&#8217;une analyse transversale \u00e0 grande \u00e9chelle et bas\u00e9e sur la population des donn\u00e9es de soins primaires. Age Ageing 2017 ; 46 : 33-39.<\/li>\n<li>N\u00f8rgaard A, et al : La polypharmacie psychotrope chez les patients atteints de d\u00e9mence : Pr\u00e9valence et pr\u00e9dicteurs. J Alzheimers Dis 2017 ; 56(2) : 707-716.<\/li>\n<li>American Geriatric Society : American Geriatrics Society 2015 Updated Beers Criteria for Potentially Inappropriate Medication Use in Older Adults. J Am Geriatr Soc 2015 ; 63(11) : 2227-2246.<\/li>\n<li>O&#8217;Mahony D, et al. : STOPP\/START criteria for potentially inappropriate prescribing in older people : version 2. Age Ageing 2015 ; 44(2) : 213-218.<\/li>\n<li>Holt S, Schmiedl S, Th\u00fcrmann PA : M\u00e9dication potentiellement inad\u00e9quate pour les personnes \u00e2g\u00e9es. La liste PRISCUS. Dtsch Arztebl Int 2010 ; 107(31-32) : 543-551.<\/li>\n<li>Erdal A, et al. : Traitements analg\u00e9siques chez les personnes atteintes de d\u00e9mence &#8211; quelle est leur s\u00e9curit\u00e9 ? Une revue syst\u00e9matique. Expert Opin Drug Saf 2019 ; 18(6) : 511-522.<\/li>\n<li>Cravello L, et al. : La douleur chronique chez les personnes \u00e2g\u00e9es souffrant de d\u00e9clin cognitif : Une revue narrative. Pain Ther 2019 ; 8(1) : 53-65.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2019 ; 17(5) : 26-28 (publi\u00e9 le 29.8.19, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les patients atteints de d\u00e9mence sont g\u00e9n\u00e9ralement \u00e2g\u00e9s et multimorbides. 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