{"id":335852,"date":"2019-08-15T02:00:00","date_gmt":"2019-08-15T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-prevention-un-element-important-de-lactivite-dermatologique\/"},"modified":"2019-08-15T02:00:00","modified_gmt":"2019-08-15T00:00:00","slug":"la-prevention-un-element-important-de-lactivite-dermatologique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-prevention-un-element-important-de-lactivite-dermatologique\/","title":{"rendered":"La pr\u00e9vention, un \u00e9l\u00e9ment important de l&#8217;activit\u00e9 dermatologique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les soci\u00e9t\u00e9s de dermatologie insistent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9venir le cancer de la peau et c&#8217;est de plus en plus un sujet \u00e0 l&#8217;ordre du jour de la politique de sant\u00e9. Identifier les facteurs de risque du m\u00e9lanome et du cancer blanc de la peau, informer sur les mesures possibles et dissiper les mythes ne sont que quelques aspects. Aper\u00e7u des principaux faits actuels sur l&#8217;exposition aux UV, le d\u00e9pistage, les options th\u00e9rapeutiques et bien plus encore.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le cancer de la peau se divise en cancer noir de la peau, le m\u00e9lanome, et en cancer de la peau non-m\u00e9lanome (NMSC). Les NMSC d\u00e9signent d&#8217;une part le grand groupe des cancers blancs de la peau, qui se d\u00e9veloppent \u00e0 partir des cellules \u00e9pith\u00e9liales de la peau et comprennent le carcinome basocellulaire (Basalioma\/BCC) et le carcinome \u00e9pidermo\u00efde (Squamous Cell Carcinoma\/SCC), et d&#8217;autre part le carcinome \u00e0 cellules de Merkel, le sarcome et le lymphome, qui sont plus rares.<\/p>\n<p>Les termes &#8220;pr\u00e9vention&#8221; et &#8220;pr\u00e9caution&#8221; sont utilis\u00e9s indiff\u00e9remment. On entend par l\u00e0 tous les efforts m\u00e9dicaux et sociaux visant \u00e0 promouvoir la sant\u00e9 et \u00e0 pr\u00e9venir les maladies et leurs cons\u00e9quences. La pr\u00e9vention se divise en pr\u00e9vention primaire, pr\u00e9vention secondaire et pr\u00e9vention tertiaire. Alors que la pr\u00e9vention primaire tente d&#8217;emp\u00eacher l&#8217;apparition d&#8217;une maladie par diff\u00e9rentes mesures, la pr\u00e9vention secondaire d\u00e9signe la d\u00e9tection pr\u00e9coce par le biais de d\u00e9pistages et d&#8217;examens pr\u00e9ventifs. La pr\u00e9vention tertiaire a pour but d&#8217;emp\u00eacher la progression des maladies d\u00e9j\u00e0 contract\u00e9es et donc de les traiter \u00e0 un stade pr\u00e9coce et d&#8217;\u00e9viter les r\u00e9cidives [1].<\/p>\n<p>Dans le contexte du cancer de la peau, la pr\u00e9vention se compose des trois piliers suivants :<\/p>\n<ol>\n<li>Information et \u00e9ducation sur le rayonnement UV, l&#8217;apparition du cancer de la peau et les mesures de protection telles que la photoprotection physique, chimique et textile.<\/li>\n<li>Examens cliniques pr\u00e9ventifs r\u00e9guliers et d\u00e9pistages cutan\u00e9s par microscopie optique<\/li>\n<li>Traitement pr\u00e9coce des l\u00e9sions pr\u00e9canc\u00e9reuses de la peau ou des tumeurs in situ par des techniques de surface ou des techniques peu invasives pour les carcinomes basocellulaires ou les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes.<\/li>\n<\/ol>\n<h2 id=\"prevention-primaire\">Pr\u00e9vention primaire<\/h2>\n<p>Les principaux relais de la pr\u00e9vention primaire sont le m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste et le dermatologue, ainsi que les communaut\u00e9s, les groupes d&#8217;int\u00e9r\u00eat et les politiques. Le r\u00f4le du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste et du dermatologue dans la pr\u00e9vention primaire est d&#8217;identifier les personnes et les comportements \u00e0 risque, d&#8217;attirer l&#8217;attention sur les dangers du soleil ou des UV et d&#8217;informer les patients sur l&#8217;utilisation correcte de la protection solaire, qui d\u00e9pend notamment du type de peau et de l&#8217;indice UV. Les groupes d&#8217;int\u00e9r\u00eat et les municipalit\u00e9s m\u00e8nent une politique de sant\u00e9 en informant la population et en d\u00e9finissant des actions de m\u00e9decine pr\u00e9ventive dans le domaine des loisirs et du travail.<\/p>\n<h3 id=\"dangers-des-rayons-uv-et-developpement-du-cancer-de-la-peau\"><em>Dangers des rayons UV et d\u00e9veloppement du cancer de la peau<\/em><\/h3>\n<p>Le rayonnement solaire est compos\u00e9 \u00e0 4% de rayons UV. Les rayons UV sont des longueurs d&#8217;onde \u00e9lectromagn\u00e9tiques invisibles de 30-400&nbsp;nm et sont divis\u00e9s en UVA \u00e0 ondes longues (400-315&nbsp;nm), UVB \u00e0 ondes moyennes (315-280&nbsp;nm) et UVC \u00e0 ondes courtes (280-100&nbsp;nm). Alors que les UVA, outre le d\u00e9clenchement de photodermatoses, sont surtout responsables du vieillissement pr\u00e9matur\u00e9 de la peau et de la formation de rides, ils apportent leur contribution au d\u00e9veloppement du cancer de la peau par le biais de dommages indirects \u00e0 l&#8217;ADN par photo-oxydation et formation de radicaux d&#8217;oxyg\u00e8ne. La photocarcinog\u00e9n\u00e8se des rayons UVB entra\u00eene, par interaction directe avec l&#8217;ADN, la formation de dim\u00e8res de pyrimidine et, par cons\u00e9quent, la mutation du g\u00e8ne suppresseur de tumeur p53 et l&#8217;absence d&#8217;apoptose des cellules endommag\u00e9es. 60 \u00e0 100 % des carcinomes basocellulaires et \u00e9pidermo\u00efdes pr\u00e9sentent des mutations dans le g\u00e8ne p53. La photocarcinog\u00e9n\u00e8se est en outre renforc\u00e9e par le fait que les rayons UV d\u00e9clenchent une immunosuppression g\u00e9n\u00e9rale, qui est \u00e9galement utilis\u00e9e dans le cadre de la phototh\u00e9rapie. Les UVB sont encore notamment responsables du d\u00e9veloppement de l&#8217;\u00e9ryth\u00e8me solaire et de la photophobie physiologique (hyperplasie \u00e9pidermique avec acanthose et hyperk\u00e9ratose histologiques). Le danger des UVC r\u00e9side surtout dans les hautes montagnes et dans le risque de d\u00e9clencher une k\u00e9ratoconjonctivite photo\u00e9lectrique [2].<\/p>\n<p>50% de l&#8217;exposition aux UV de la vie a lieu pendant le d\u00e9jeuner entre 11h et 14h&nbsp; Les coups de soleil s\u00e9v\u00e8res avant l&#8217;\u00e2ge de 15 ans multiplient par 3 \u00e0 5 le risque de m\u00e9lanome, les UV \u00e9tant consid\u00e9r\u00e9s comme des initiateurs et des promoteurs du m\u00e9lanome, \u00e0 l&#8217;exception du lentigo malin. Mais l&#8217;exposition aux UV artificiels par la fr\u00e9quentation de solariums \u00e0 un jeune \u00e2ge augmente \u00e9galement le risque de cancer du BCC de 30 %, du SCC de 70 % et du m\u00e9lanome de 60 %.<\/p>\n<h3 id=\"types-de-peau-et-indice-uv\"><em>Types de peau et indice UV<\/em><\/h3>\n<p>On distingue 6 types de peau selon Fitzpatrick, bas\u00e9s sur le degr\u00e9 de pigmentation g\u00e9n\u00e9tiquement d\u00e9termin\u00e9 de l&#8217;eum\u00e9lanine de la peau et la capacit\u00e9 \u00e0 r\u00e9agir aux rayons UV par une adaptation ou une augmentation de la m\u00e9lanine. En Europe centrale et en Suisse, les types de peau II et III sont les plus r\u00e9pandus, suivis par le type de peau IV chez les personnes d&#8217;origine m\u00e9ridionale (par exemple italienne) ou le type de peau I des pays d&#8217;Europe du Nord. Plus la peau poss\u00e8de de m\u00e9lanine, plus le temps d&#8217;autoprotection est \u00e9lev\u00e9, ce qui correspond \u00e0 la dur\u00e9e d&#8217;exposition au soleil sans protection et sans rougir \u00e0 un indice UV de 8. Celui-ci peut varier de quelques minutes pour le type de peau I \u00e0 environ 40 minutes pour le type de peau IV.<strong> Le tableau&nbsp;1<\/strong> d\u00e9crit les 6 types de peau et la dur\u00e9e d&#8217;autoprotection.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12005\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0.png\" style=\"height:203px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"372\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0-800x271.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0-120x41.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0-90x30.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0-320x108.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/tab1_dp3_s14_0-560x189.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;indice UV (UVI) est une mesure de l&#8217;intensit\u00e9 du rayonnement UV \u00e9mis par le soleil, qui varie en fonction de l&#8217;ann\u00e9e, de l&#8217;heure de la journ\u00e9e et de l&#8217;endroit (puissance du rayonnement agissant sur la peau par surface en watts par m\u00e8tre carr\u00e9), va de 1 \u00e0 11+ et est d\u00e9termin\u00e9 en premier lieu par la position du soleil. La couche d&#8217;ozone, les conditions m\u00e9t\u00e9orologiques (nuages), l&#8217;altitude et les r\u00e9flexions sur l&#8217;eau, le sable et la neige influencent \u00e9galement les valeurs effectivement atteintes. Plus l&#8217;UVI est \u00e9lev\u00e9, plus les coups de soleil sont rapides et plus les rayons UV sont nocifs. L&#8217;UVI est plus \u00e9lev\u00e9 par temps clair que par temps tr\u00e8s nuageux, nettement plus \u00e9lev\u00e9 en \u00e9t\u00e9 qu&#8217;en hiver et conna\u00eet ici une forte augmentation \u00e0 midi, raison pour laquelle le soleil de midi doit \u00eatre particuli\u00e8rement \u00e9vit\u00e9 <strong>(fig. 1).<\/strong> A partir de l&#8217;indice UVI&nbsp;3, l&#8217;application d&#8217;une cr\u00e8me solaire est n\u00e9cessaire. Lorsque les valeurs augmentent, il est recommand\u00e9 de les associer \u00e0 une protection textile contre la lumi\u00e8re, comme un t-shirt, un chapeau ou des lunettes de soleil. A partir de l&#8217;indice 8 (midi, mois d&#8217;\u00e9t\u00e9 en Suisse), l&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur ne devrait se faire qu&#8217;avec une protection solaire puissante ou m\u00eame \u00eatre totalement \u00e9vit\u00e9e, une dermatite solaire peut se d\u00e9velopper \u00e0 partir de 15 minutes sans protection [3].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12006 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 926px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 926\/831;height:359px; width:400px\" width=\"926\" height=\"831\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15.png 926w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15-800x718.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15-120x108.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15-90x81.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15-320x287.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb1_dp3_s15-560x503.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 926px) 100vw, 926px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h3 id=\"mesures-de-protection-telles-que-la-photoprotection-physique-chimique-et-textile\"><em>Mesures de protection telles que la photoprotection physique, chimique et textile<\/em><\/h3>\n<p>Avant toute mesure de protection, il est essentiel d&#8217;\u00e9viter les rayons UV naturels (soleil) ou artificiels (solarium). Jusqu&#8217;\u00e0 un certain point, la peau dispose \u00e9galement d&#8217;une photoprotection physiologique (m\u00e9lanine, photovieillissement). Les produits de protection solaire sont divis\u00e9s en cr\u00e8mes solaires, soit physiques, soit chimiques, et en produits de protection solaire textiles. Le facteur de protection solaire (SPF\/SF) indiqu\u00e9 sur les cr\u00e8mes solaires europ\u00e9ennes se r\u00e9f\u00e8re uniquement aux rayons UVB et d\u00e9crit l&#8217;augmentation du temps d&#8217;exposition avant l&#8217;apparition de rougeurs par rapport \u00e0 une peau non prot\u00e9g\u00e9e, un SPF 10 multiplie ainsi par 10 le temps d&#8217;exposition. Le facteur am\u00e9ricain SPF (Sun Protecting Factor) n&#8217;est pas \u00e9quivalent au facteur europ\u00e9en, il faut ici d\u00e9duire 30% de facteur de protection en comparaison [4].<\/p>\n<p>Dans les cr\u00e8mes solaires \u00e0 protection physique contre la lumi\u00e8re, on ajoute des pigments min\u00e9raux tels que l&#8217;oxyde de titane, l&#8217;oxyde de zinc, l&#8217;oxyde de fer, le kaolin, le talc, qui r\u00e9fl\u00e9chissent et diffusent une grande partie de la lumi\u00e8re UV. Les filtres UV modernes \u00e0 base de nanoparticules ont un effet blanc couvrant qui est souvent consid\u00e9r\u00e9 comme g\u00eanant. En revanche, les filtres UV chimiques absorbent la lumi\u00e8re UV et, selon la loi de Stokes, d\u00e9placent la longueur d&#8217;onde du rayonnement \u00e9lectromagn\u00e9tique, le transformant ainsi en chaleur. Dans ce domaine, les substances les plus utilis\u00e9es en Suisse sont le butylm\u00e9thoxydibenzoylm\u00e9thane, l&#8217;octocryl\u00e8ne, le m\u00e9thoxycinnamate d&#8217;\u00e9thylhexyle (EHMC). Il faut mentionner comme inconv\u00e9nient qu&#8217;ils pr\u00e9sentent un potentiel de d\u00e9veloppement d&#8217;allergies de contact et sont soup\u00e7onn\u00e9s d&#8217;interf\u00e9rer avec le syst\u00e8me hormonal.<\/p>\n<p>L&#8217;application de cr\u00e8mes solaires doit avoir lieu 30 minutes avant l&#8217;exposition au soleil. Appliquer g\u00e9n\u00e9reusement des cr\u00e8mes solaires avec un indice de protection \u00e9lev\u00e9 (au moins SPF&nbsp;30, mieux SPF 50) contenant des filtres UVA et UVB et les renouveler apr\u00e8s la baignade ou une forte transpiration. Lors de l&#8217;application de la cr\u00e8me, portez une attention particuli\u00e8re aux terrasses ensoleill\u00e9es telles que le h\u00e9lix de l&#8217;oreille, le front, le nez, la r\u00e9gion du sommet de la t\u00eate et les \u00e9paules. Les adultes devraient porter, dans la mesure du possible, un chapeau \u00e0 larges bords et des lunettes de soleil avec filtre UV (protection UV \u00e0 100% jusqu&#8217;\u00e0 400 nm). En ce qui concerne les produits textiles de protection contre la lumi\u00e8re, il convient d&#8217;opter pour des produits de qualit\u00e9 portant le label UPF (facteur de protection contre les rayons ultraviolets) et de choisir au moins UPF 30. L&#8217;ombre r\u00e9duit l&#8217;exposition aux UV de 50% et constitue donc \u00e9galement une bonne mesure de protection suppl\u00e9mentaire. Les enfants en bas \u00e2ge ne devraient pas \u00eatre expos\u00e9s au soleil avant l&#8217;\u00e2ge d&#8217;un an et devraient jouer \u00e0 l&#8217;ombre entre 11 et 15 heures et \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s par un chapeau et des lunettes de soleil.<\/p>\n<p>Les patients avancent souvent l&#8217;argument qu&#8217;ils ont besoin de s&#8217;exposer au soleil pour maintenir leur taux de vitamine D. Mais il s&#8217;agit l\u00e0 d&#8217;un argument qui ne tient pas la route. Il faut dire que la vitamine D a \u00e9galement un effet protecteur contre le m\u00e9lanome. Cependant, le temps d&#8217;exposition sans protection n\u00e9cessaire \u00e0 la production de vitamine D d\u00e9clench\u00e9e par les UV ne repr\u00e9sente qu&#8217;environ 10 \u00e0 20 minutes par jour sur le visage, les mains et les avant-bras. Aucune \u00e9tude n&#8217;a pu d\u00e9montrer que l&#8217;utilisation r\u00e9guli\u00e8re d&#8217;un \u00e9cran solaire entra\u00eenait une baisse du taux de vitamine D. Cela est probablement d\u00fb au fait que, m\u00eame en appliquant un FPS 30, seuls 97% des rayons UVB sont filtr\u00e9s, les 3% restants \u00e9tant suffisants pour la production de vitamine D. Pendant les mois d&#8217;hiver, le soleil est trop faible pour d\u00e9clencher suffisamment de vitamine D, de sorte qu&#8217;une substitution est g\u00e9n\u00e9ralement recommand\u00e9e pendant cette p\u00e9riode [5].<\/p>\n<h3 id=\"politique-de-sante-protection-des-travailleurs-et-campagnes-dinformation\"><em>Politique de sant\u00e9, protection des travailleurs et campagnes d&#8217;information<\/em><\/h3>\n<p>La pr\u00e9vention primaire est devenue incontournable dans le domaine de la protection des travailleurs. La Caisse nationale suisse d&#8217;assurance en cas d&#8217;accidents (SUVA) informe sur son site Internet que 1000 cas de cancers de la peau au travail sont caus\u00e9s par les rayons UV chaque ann\u00e9e et attire particuli\u00e8rement l&#8217;attention sur le port d&#8217;un chapeau avec un bandeau frontal et une protection de la nuque lors de travaux en plein air [6]. La Soci\u00e9t\u00e9 suisse de dermatologie et v\u00e9n\u00e9rologie (SSDV) souligne \u00e9galement la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9venir le cancer de la peau dans le monde du travail en rappelant, \u00e0 l&#8217;occasion du Swiss Derma Day 2018, que le travail en plein air expose \u00e0 un risque trois \u00e0 cinq fois plus \u00e9lev\u00e9 [7].<\/p>\n<p>En Autriche, la campagne d&#8217;information &#8220;Sonne ohne Reue&#8221; (Le soleil sans remords), men\u00e9e depuis plus de 30 ans par l&#8217;association autrichienne de lutte contre le cancer en coop\u00e9ration avec la soci\u00e9t\u00e9 autrichienne de dermatologie et de v\u00e9n\u00e9rologie (\u00d6GDV), informe largement la population sur la protection solaire, les dommages caus\u00e9s par le soleil et la pr\u00e9vention du cancer de la peau [8]. En Australie, la pr\u00e9vention primaire en mati\u00e8re de sant\u00e9 est tr\u00e8s importante en raison d&#8217;une exposition aux UV 40% plus \u00e9lev\u00e9e et elle est particuli\u00e8rement ax\u00e9e sur les enfants. Depuis de nombreuses ann\u00e9es, les combinaisons de protection int\u00e9grale r\u00e9sistantes aux UV y sont port\u00e9es pour les loisirs et la baignade. R\u00e9cemment, les mesures pr\u00e9ventives se sont renforc\u00e9es dans les \u00e9coles, avec le d\u00e9veloppement d&#8217;uniformes scolaires \u00e0 manches longues, l&#8217;installation de r\u00e9cipients de 5 kg de cr\u00e8me solaire \u00e0 libre disposition de tous les enfants dans les \u00e9coles et l&#8217;organisation de pauses d\u00e9jeuner en int\u00e9rieur et non plus dans la cour de r\u00e9cr\u00e9ation.<\/p>\n<h2 id=\"prevention-secondaire\">Pr\u00e9vention secondaire<\/h2>\n<p>Par pr\u00e9vention secondaire dans le cadre du d\u00e9pistage du cancer de la peau, on entend la d\u00e9tection pr\u00e9coce des tumeurs cutan\u00e9es et de leurs pr\u00e9curseurs. Les instruments utilis\u00e9s \u00e0 cet effet sont l&#8217;examen clinique pr\u00e9ventif r\u00e9gulier et la microscopie \u00e0 lumi\u00e8re r\u00e9fl\u00e9chie, en particulier pour les l\u00e9sions cutan\u00e9es pigment\u00e9es. Lors de l&#8217;examen clinique, il est toutefois important de savoir \u00e0 quoi faire attention, c&#8217;est pourquoi la connaissance de la fr\u00e9quence et de la r\u00e9partition des tumeurs ainsi que les signes cliniques et au microscope optique jouent un r\u00f4le important.<\/p>\n<h3 id=\"le-depistage-clinique-et-par-microscopie-optique-du-cancer-blanc-de-la-peau\"><em>Le d\u00e9pistage clinique et par microscopie optique du cancer blanc de la peau<\/em><\/h3>\n<p>Le carcinome basocellulaire est la tumeur maligne de la peau la plus fr\u00e9quente chez l&#8217;homme, avec une pr\u00e9valence de 30% sur la vie enti\u00e8re. Apr\u00e8s l&#8217;apparition d&#8217;un BCC, il existe une probabilit\u00e9 de 30% de d\u00e9velopper un second carcinome basocellulaire dans les 5 ans. Les CBC nodulaires sont les plus fr\u00e9quents (50%), suivis des CBC scl\u00e9rodermiformes (25%) et des CBC superficiaux (15%). La localisation la plus fr\u00e9quente est la t\u00eate, en particulier au niveau du nez, du coin interne des yeux, des zygomatiques et du front, ainsi que la r\u00e9gion du tronc.<\/p>\n<p>Les carcinomes \u00e9pidermo\u00efdes (CES) sont le deuxi\u00e8me cancer de la peau le plus fr\u00e9quent, ils sont deux fois plus fr\u00e9quents chez les hommes que chez les femmes et apparaissent particuli\u00e8rement dans la tranche d&#8217;\u00e2ge 50-70 ans. Elles se manifestent \u00e0 80% au niveau de la t\u00eate, principalement au niveau du capilliculum alop\u00e9cique, des oreilles et de la l\u00e8vre inf\u00e9rieure. Aux extr\u00e9mit\u00e9s, on les trouve sur le dos des mains, la face d&#8217;extension des doigts et le bas des jambes.<\/p>\n<p>La k\u00e9ratose actinique (KA), pr\u00e9curseur du carcinome \u00e9pidermo\u00efde, est un SCC in situ et le signe d&#8217;une peau chroniquement endommag\u00e9e par les UV, avec une pr\u00e9valence de 15% chez les hommes et de 6% chez les femmes en Europe. A l&#8217;\u00e2ge de 70 ans, la fr\u00e9quence de la maladie augmente m\u00eame jusqu&#8217;\u00e0 34% chez les hommes et 18% chez les femmes [9]. La r\u00e9partition est la m\u00eame que pour le SCC, mais c&#8217;est le degr\u00e9 de s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 qui est plus important en termes d&#8217;alternatives th\u00e9rapeutiques. Il est class\u00e9 en grade I-III selon Olsen (CA pr\u00e9coce, avanc\u00e9 et prolong\u00e9). Le grade I se caract\u00e9rise par quelques taches rugueuses plut\u00f4t palpables, \u00e9ventuellement l\u00e9g\u00e8rement squameuses et rouge\u00e2tres. Les AK de grade II sont des plaques corn\u00e9es rouges, plates ou l\u00e9g\u00e8rement en relief, clairement visibles et palpables. Les AK de grade III plus anciennes se pr\u00e9sentent sous la forme de l\u00e9sions verruqueuses bien ancr\u00e9es avec une surface irr\u00e9guli\u00e8re et bossel\u00e9e de couleur variable <strong>(Fig. 2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12007 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/915;height:499px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"915\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16-800x665.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16-120x100.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16-90x75.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16-320x266.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb2_dp3_s16-560x466.jpg 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En outre, l&#8217;\u00e9tendue est divis\u00e9e en quelques AK (&lt;5), en AK multiples (&gt;6) et en carcinose de terrain, et le type est soit \u00e9ryth\u00e9mateux squameux, k\u00e9ratosique jusqu&#8217;\u00e0 la formation d&#8217;un cornu cutaneum, pigment\u00e9 et lich\u00e9no\u00efde. M\u00eame si leur croissance est tr\u00e8s lente, l&#8217;indication de traitement dans le cadre du d\u00e9pistage du cancer de la peau existe pour toutes les AK, car environ 10 \u00e0 20% des patients atteints de k\u00e9ratoses actiniques multiples \u00e9voluent vers un SCC.<\/p>\n<p>Il est donc recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 des examens de d\u00e9pistage r\u00e9guliers en accordant une attention particuli\u00e8re aux sites de pr\u00e9dilection, au moins une fois par an pour le premier BCC ou SCC ; au moins deux fois par an \u00e0 partir de 50 ans, pour le deuxi\u00e8me cancer blanc de la peau ou encore en pr\u00e9sence de multiples k\u00e9ratoses actiniques. R\u00e9cemment, des associations prouv\u00e9es sont apparues entre la prise \u00e0 long terme d&#8217;hydrochlorothiazide (HCT) \u00e0 une dose cumul\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 50&nbsp;g et le d\u00e9veloppement d&#8217;un cancer blanc de la peau. Ainsi, le risque est multipli\u00e9 par 1,3 pour le BCC et m\u00eame par 4 \u00e0 7,7 pour le carcinome \u00e9pidermo\u00efde. Il est donc recommand\u00e9 d&#8217;aborder activement la question de la prise d&#8217;HCT avec les patients, d&#8217;en tenir compte dans les intervalles de d\u00e9pistage et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, de donner un feedback au m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste.<\/p>\n<p>Le diagnostic des AK et des cancers cutan\u00e9s blancs se fait cliniquement, au moyen d&#8217;un microscope \u00e0 lumi\u00e8re r\u00e9fl\u00e9chie et, en cas de doute, par une biopsie d&#8217;\u00e9chantillon. La clinique du BCC d\u00e9pend principalement du type et de la localisation. On constate souvent la pr\u00e9sence d&#8217;un nodule ou d&#8217;une plaque brillante de couleur rose ou brun-peau, d&#8217;aspect cireux ou m\u00eame cicatriciel. On observe souvent une plaie ou une ulc\u00e9ration qui ne gu\u00e9rit pas, une accentuation des bords en forme de cordon de perles et des vaisseaux arborescents bizarres <strong>(Fig. 3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12008 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb3_dp3_s16.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1078px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1078\/772;height:430px; width:600px\" width=\"1078\" height=\"772\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le signe clinique classique d&#8217;un SCC est un nodule rouge, rugueux ou bossel\u00e9 ou une plaque indur\u00e9e. Le nodule est souvent blanch\u00e2tre et corn\u00e9, parfois recouvert d&#8217;une cro\u00fbte ou, au fur et \u00e0 mesure de sa progression, il s&#8217;ulc\u00e8re et saigne.<\/p>\n<h3 id=\"le-depistage-clinique-et-par-microscopie-optique-du-melanome\"><em>Le d\u00e9pistage clinique et par microscopie optique du m\u00e9lanome<\/em><\/h3>\n<p>La localisation la plus fr\u00e9quente des m\u00e9lanomes chez les deux sexes est le dos (24%), suivi par les membres inf\u00e9rieurs chez les femmes. Seuls 25% des m\u00e9lanomes se d\u00e9veloppent \u00e0 partir de nevus pr\u00e9existants, la grande majorit\u00e9 d&#8217;entre eux se d\u00e9veloppent de novo sur une peau qui ne pr\u00e9sentait pas de signes avant-coureurs. Deux tiers des m\u00e9lanomes avanc\u00e9s sont d\u00e9couverts par le partenaire de vie gr\u00e2ce \u00e0 leur aspect clinique, ce qui conduit par la suite \u00e0 une expertise et un diagnostic par le dermatologue. Le m\u00e9lanome malin du lentigo est une maladie typique de l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9, avec un pic entre 60 et 80 ans, et se localise principalement sur le visage.<\/p>\n<p>La p\u00e9riodicit\u00e9 standard du d\u00e9pistage est d&#8217;une fois par an, la dermoscopie \u00e9tant la principale technique d&#8217;examen utilis\u00e9e \u00e0 cet effet. Le point fort du dermatoscope classique pour les mains est l&#8217;\u00e9valuation des n\u00e6vus individuels dans le contexte de l&#8217;image globale (ph\u00e9nom\u00e8ne de &#8220;Ugly duckling&#8221;). L&#8217;inconv\u00e9nient de cette m\u00e9thode est qu&#8217;elle ne repr\u00e9sente qu&#8217;un instantan\u00e9. La microscopie num\u00e9rique en lumi\u00e8re incidente offre l&#8217;avantage d&#8217;une comparaison directe des images dans le temps, ce qui fait sa force dans la d\u00e9tection des m\u00e9lanomes pr\u00e9coces. Chez les patients \u00e0 risque pr\u00e9sentant par exemple un syndrome de naevus dysplasique, il est donc judicieux de combiner les deux m\u00e9thodes et de les r\u00e9aliser de mani\u00e8re d\u00e9cal\u00e9e dans le temps, \u00e0 6 mois d&#8217;intervalle.<\/p>\n<p>L&#8217;approche descriptive dermatoscopique avec analyse des motifs d\u00e9crit des algorithmes simples pour \u00e9valuer les l\u00e9sions pigment\u00e9es. Si la l\u00e9sion est compos\u00e9e de plus d&#8217;une couleur ou de plus d&#8217;un motif, ou si elle semble chaotique, l&#8217;examinateur doit ensuite v\u00e9rifier la pr\u00e9sence de crit\u00e8res de malignit\u00e9. Si elles sont trouv\u00e9es, la l\u00e9sion cutan\u00e9e potentiellement suspecte de m\u00e9lanome est excis\u00e9e [10].&nbsp; &nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;auto-examen r\u00e9gulier de la peau par le patient est un autre outil de pr\u00e9vention important. Il est alors guid\u00e9 pour \u00e9valuer ses naevus selon la r\u00e8gle ABCDE<strong> (Fig. 4).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12009 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb4-dp3_s17.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 879px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 879\/859;height:391px; width:400px\" width=\"879\" height=\"859\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>A (Asymmetry) repr\u00e9sente une in\u00e9galit\u00e9 du motif par rapport \u00e0 la ligne centrale, B (Border irregularity) une limite irr\u00e9guli\u00e8re, C (Colour variation) diff\u00e9rentes couleurs comme le gris, le noir, le rouge ou le blanc, D (Diameter) un diam\u00e8tre sup\u00e9rieur \u00e0 5&nbsp;mm ou une croissance en taille et E (Elevation) une croissance en \u00e9paisseur.<\/p>\n<h2 id=\"prevention-tertiaire\">Pr\u00e9vention tertiaire<\/h2>\n<p>Le dernier pilier du d\u00e9pistage du cancer de la peau est la pr\u00e9vention tertiaire, qui comprend le traitement pr\u00e9coce du cancer de la peau afin d&#8217;\u00e9viter sa progression. Alors que pour le m\u00e9lanome, l&#8217;approche th\u00e9rapeutique \u00e0 tous les stades est l&#8217;excision et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, la r\u00e9-excision, pour le BCC et le SCC, de multiples th\u00e9rapies locales, des proc\u00e9dures de surface ou des proc\u00e9dures mini-invasives emp\u00eachent la progression des tumeurs in situ vers des carcinomes invasifs.<\/p>\n<p>Le choix de la m\u00e9thode d\u00e9pend de l&#8217;\u00e9tendue de la CA (isol\u00e9e, multiple et carcinose de terrain), du degr\u00e9 de la CA (grade I-III) et du type (\u00e9ryth\u00e9mateux vs k\u00e9ratosique). Pour les l\u00e9sions uniques, la cryoth\u00e9rapie par contact ou par pulv\u00e9risation d&#8217;azote liquide est le traitement de choix. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, on r\u00e9p\u00e8te la cryoth\u00e9rapie apr\u00e8s 3 mois si la r\u00e9ponse est insuffisante. Il est \u00e9galement possible, en particulier pour les l\u00e9sions hyperk\u00e9ratosiques de grade III, de proc\u00e9der \u00e0 un curetage, alternativement combin\u00e9 \u00e0 une \u00e9lectrodesiccation du fond de la plaie, ce qui peut toutefois entra\u00eener un retard de cicatrisation chez les patients \u00e2g\u00e9s, ou encore d&#8217;utiliser une proc\u00e9dure laser ablative au moyen d&#8217;<sub>un<\/sub> laser<sub>CO2<\/sub> ou Erbium-YAG.<\/p>\n<p>Les l\u00e9sions isol\u00e9es ou une atteinte limit\u00e9e se traitent bien avec du m\u00e9butate d&#8217;ing\u00e9nol en gel \u00e0 0,015% une fois par jour pendant trois jours cons\u00e9cutifs sur le visage ou \u00e0 0,05% pendant deux jours sur le corps. L&#8217;avantage est la courte dur\u00e9e d&#8217;application avec l&#8217;inconv\u00e9nient d&#8217;une r\u00e9action locale forte et souvent difficile \u00e0 contr\u00f4ler. En cas d&#8217;AK multiples et surtout hyperk\u00e9ratosiques, un traitement local associant 10% d&#8217;acide salicylique et 0,5% de fluorouracile une fois par jour pendant 12 semaines au maximum s&#8217;impose. En cas d&#8217;AC multiples de diff\u00e9rents degr\u00e9s et types, il est recommand\u00e9 d&#8217;utiliser soit l&#8217;imiquimod 5% trois fois par semaine pendant 4 semaines et un autre cycle de 4 semaines si n\u00e9cessaire, soit la cr\u00e8me au fluorouracile 5% deux fois par jour pendant 3 semaines. En cas de k\u00e9ratinisation et de desquamation plus importantes, un traitement pr\u00e9alable \u00e0 l&#8217;ur\u00e9e, \u00e0 l&#8217;acide salicylique ou aux r\u00e9tino\u00efdes topiques peut \u00eatre utile. Pour toutes les th\u00e9rapies locales, une information compl\u00e8te du patient sur le mode d&#8217;action et la r\u00e9action locale attendue est la cl\u00e9 du succ\u00e8s. Le patient doit savoir qu&#8217;il y aura une r\u00e9action inflammatoire violente. Il est pr\u00e9f\u00e9rable de soutenir l&#8217;\u00e9ducation par des images et d&#8217;effectuer un contr\u00f4le dans le cabinet au moment de la r\u00e9action la plus attendue.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12010 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/abb5_dp3_s17.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 913px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 913\/898;height:393px; width:400px\" width=\"913\" height=\"898\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>En cas de carcinose de terrain avec une atteinte de grade I, il est recommand\u00e9 d&#8217;appliquer un traitement local \u00e0 grande \u00e9chelle avec 3% de gel de diclof\u00e9nac deux fois par jour pendant 12 semaines, puis de contr\u00f4ler les r\u00e9sultats au cabinet. Si les AK sont nombreux, mais d\u00e9j\u00e0 avanc\u00e9s et pr\u00e9sents depuis longtemps, la th\u00e9rapie photodynamique (PDT) avec 5-ALA (acide 5-aminol\u00e9vulinique) ou sous forme de MAL-PDT (m\u00e9thylaminol\u00e9vulinate) est le traitement de choix. Elle est r\u00e9alis\u00e9e soit sous forme de PDT \u00e0 la lumi\u00e8re du jour, soit de mani\u00e8re conventionnelle avec une lampe d&#8217;irradiation. L&#8217;avantage de la PDT \u00e0 la lumi\u00e8re du jour est qu&#8217;elle est facile \u00e0 utiliser et peu douloureuse, mais son inconv\u00e9nient est que le r\u00e9sultat est moins bien contr\u00f4l\u00e9 par des facteurs tels que le temps, l&#8217;observance, etc. Dans le cas de la PDT classique en int\u00e9rieur avec lampe d&#8217;irradiation, apr\u00e8s avoir conditionn\u00e9 la zone de traitement et \u00e9limin\u00e9 les hyperk\u00e9ratoses, on applique du MAL ou du 5-ALA et on prot\u00e8ge de l&#8217;exposition \u00e0 la lumi\u00e8re sous un pansement occlusif pendant trois heures. On proc\u00e8de ensuite \u00e0 l&#8217;exposition \u00e0 une lumi\u00e8re rouge intense de 37&nbsp;J\/cm\u00b2. Lors de l&#8217;entretien d&#8217;information, il est important d&#8217;attirer l&#8217;attention du patient sur la sensation de chaleur et la douleur pendant le traitement, ainsi que sur la r\u00e9action inflammatoire <strong>(figure 5)<\/strong>, g\u00e9n\u00e9ralement maximale au troisi\u00e8me jour post-intervention, avec rougeur, gonflement, pustules, s\u00e9cr\u00e9tions et cro\u00fbtes, et de convenir d&#8217;un contr\u00f4le au cabinet en cas de traitement initial. La PDT \u00e0 deux reprises \u00e0 une semaine d&#8217;intervalle est \u00e9galement, tout comme la cryoth\u00e9rapie et le curetage avec \u00e9lectrodessiccation, une alternative de traitement pour les carcinomes basocellulaires superficiels.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Seul le patient inform\u00e9 sait se prot\u00e9ger des UV et en reconna\u00eetre les effets \u00e0 temps.<\/li>\n<li>\u00c9viter le soleil de midi entre 11 et 14 heures et utiliser r\u00e9guli\u00e8rement une protection solaire sont les deux principales mesures de pr\u00e9vention.<\/li>\n<li>La t\u00eate, le visage et le dos doivent toujours \u00eatre examin\u00e9s de pr\u00e8s en raison de la r\u00e9partition des probabilit\u00e9s de cancer de la peau.<\/li>\n<li>Il est indispensable d&#8217;informer le patient de mani\u00e8re approfondie sur la r\u00e9action inflammatoire \u00e0 laquelle il faut s&#8217;attendre pour tous les traitements locaux et la th\u00e9rapie photodynamique des k\u00e9ratoses actiniques.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Kunze U, et al. : M\u00e9decine pr\u00e9ventive, \u00e9pid\u00e9miologie, m\u00e9decine sociale. Vienne : Facultas, 2004.<\/li>\n<li>Altmeyer P, Peach V : Encyclop\u00e9die de dermatologie, allergologie, m\u00e9decine environnementale. Heidelberg : Springer, 2011.<\/li>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique, M\u00e9t\u00e9oSuisse : Protection contre les UV. www.uv-index.ch\/de\/uvschutz.html, dernier appel 02.05.2019<\/li>\n<li>Habif TP : Dermatologie clinique : un guide color\u00e9 pour le diagnostic et le traitement. Sixi\u00e8me \u00e9dition. St. Louis, Missouri : Elsevier, 2016.<\/li>\n<li>Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique : Fiche d&#8217;information &#8211; Vitamine D et rayonnement solaire, 08.06.2017. www.bag.admin.ch, dernier appel 02.05.2019<\/li>\n<li>Assurance accidents suisse. Soleil, chaleur, UV et ozone. www.suva.ch\/de-ch\/praevention\/sachthemen\/sonne-hitze-uv-und-ozon, dernier appel 02.05.2019<\/li>\n<li>Mainetti C : Communiqu\u00e9 de presse : les leaders de la dermatologie suisse s&#8217;alarment : De plus en plus de maladies professionnelles dues au soleil, 2018, Soci\u00e9t\u00e9 suisse de dermatologie et v\u00e9n\u00e9rologie. https:\/\/my.derma.ch\/, dernier appel 02.05.2019<\/li>\n<li>\u00d6sterreichische Krebshilfe : Soleil sans regrets 2019. https:\/\/sonneohnereue.at, dernier appel 02.05.2019<\/li>\n<li>Stockfleth E, et al. : Ligne directrice sur la k\u00e9ratose actinique, Charit\u00e9 Universit\u00e4tsmedizin Berlin 2004.<\/li>\n<li>Kittler H, Tschandl P : Dermatoscopie : analyse des motifs des l\u00e9sions cutan\u00e9es pigment\u00e9es et non pigment\u00e9es, 2e \u00e9dition r\u00e9vis\u00e9e. \u00e9dition. Vienne : Facultas, 2015.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2019 ; 29(3) : 13-18<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les soci\u00e9t\u00e9s de dermatologie insistent sur la n\u00e9cessit\u00e9 de pr\u00e9venir le cancer de la peau et c&#8217;est de plus en plus un sujet \u00e0 l&#8217;ordre du jour de la politique&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":89767,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"D\u00e9pistage du cancer de la peau","footnotes":""},"category":[11362,11531,11482,11549],"tags":[12363,15468,12368,12336,15469],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-335852","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-dermatologie-et-venerologie","category-formation-continue","category-prevention-et-soins-de-sante","category-rx-fr","tag-cancer-de-la-peau","tag-coup-de-soleil","tag-melanome","tag-prevention-fr","tag-uv-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-28 03:36:48","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":335856,"slug":"la-prevenzione-come-componente-importante-della-pratica-dermatologica","post_title":"La prevenzione come componente importante della pratica dermatologica","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/la-prevenzione-come-componente-importante-della-pratica-dermatologica\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":335863,"slug":"a-prevencao-como-uma-componente-importante-da-pratica-dermatologica","post_title":"A preven\u00e7\u00e3o como uma componente importante da pr\u00e1tica dermatol\u00f3gica","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-prevencao-como-uma-componente-importante-da-pratica-dermatologica\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":335831,"slug":"la-prevencion-como-componente-importante-de-la-practica-dermatologica","post_title":"La prevenci\u00f3n como componente importante de la pr\u00e1ctica dermatol\u00f3gica","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/la-prevencion-como-componente-importante-de-la-practica-dermatologica\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/335852","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=335852"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/335852\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/89767"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=335852"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=335852"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=335852"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=335852"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}