{"id":336000,"date":"2019-07-15T02:00:00","date_gmt":"2019-07-15T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/faites-attention-aux-interactions\/"},"modified":"2019-07-15T02:00:00","modified_gmt":"2019-07-15T00:00:00","slug":"faites-attention-aux-interactions","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/faites-attention-aux-interactions\/","title":{"rendered":"Faites attention aux interactions"},"content":{"rendered":"<p><strong>Selon la d\u00e9finition de l&#8217;OMS, la polypharmacie consiste \u00e0 prendre plus de 5 m\u00e9dicaments par jour, ce qui est particuli\u00e8rement fr\u00e9quent chez les patients \u00e2g\u00e9s. Dans le groupe d&#8217;\u00e2ge des plus de 70 ans, jusqu&#8217;\u00e0 la moiti\u00e9 des patients remplissent ce crit\u00e8re. Il est important de prendre en compte les effets d&#8217;interaction possibles.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>C&#8217;est \u00e9videmment un probl\u00e8me, car chaque m\u00e9decin peut suivre lui-m\u00eame l&#8217;\u00e9volution d\u00e9mographique dans son cabinet ou dans son service : Les personnes \u00e2g\u00e9es de plus de 80 ans constituent le groupe de population dont la croissance est la plus rapide. Le patient type dans les cabinets m\u00e9dicaux et les h\u00f4pitaux est d\u00e9j\u00e0 le patient \u00e2g\u00e9 avec plus de trois diagnostics. Tr\u00e8s souvent, la douleur est un sympt\u00f4me central chez ce groupe de patients. L&#8217;acte m\u00e9dical le plus courant est la prescription d&#8217;un produit pharmaceutique. Et il y a souvent des probl\u00e8mes d&#8217;adh\u00e9rence et d&#8217;interaction. La non-adh\u00e9sion est estim\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 50% selon les pathologies. Il y a plusieurs raisons \u00e0 cela :<\/p>\n<ul>\n<li>Seuls 7 Allemands sur 100 ont un tr\u00e8s bon niveau de comp\u00e9tences en mati\u00e8re de sant\u00e9<\/li>\n<li>Plus de 50% ont des difficult\u00e9s \u00e0 utiliser les informations sur la sant\u00e9<\/li>\n<li>Plus de 50% estiment qu&#8217;il est difficile d&#8217;\u00e9valuer les avantages et les inconv\u00e9nients des options de traitement.<\/li>\n<li>Plus de 20% trouvent qu&#8217;il est difficile de suivre les instructions de prise de m\u00e9dicaments<\/li>\n<li>Selon le niveau d&#8217;\u00e9ducation, l&#8217;origine ethnique et l&#8217;\u00e2ge, 30 \u00e0 60% des personnes ont des difficult\u00e9s \u00e0 comprendre les notices des m\u00e9dicaments.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Le professeur Gerd Gei\u00dflinger, de l&#8217;Institut de pharmacologie clinique de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Francfort, qui a pr\u00e9sent\u00e9 ces chiffres, a soulign\u00e9 que des \u00e9tudes men\u00e9es en Allemagne ont montr\u00e9 qu&#8217;il fallait un niveau d&#8217;\u00e9ducation compris entre le Mittlere Reife et l&#8217;Abitur pour comprendre une notice d&#8217;emballage allemande. &#8220;En Suisse, on a manifestement r\u00e9fl\u00e9chi \u00e0 ce sujet&#8221;, poursuit-il, &#8220;car ces chiffres sont beaucoup plus parlants, les annexes sont donc apparemment \u00e9crites de mani\u00e8re plus compr\u00e9hensible&#8221;.<\/p>\n<h2 id=\"attention-aux-combinaisons-avec-des-ains\">Attention aux combinaisons avec des AINS<\/h2>\n<p>Les interactions polypharmaceutiques sont tr\u00e8s souvent associ\u00e9es aux analg\u00e9siques, en particulier aux anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS). Ainsi, le professeur Gei\u00dflinger a fermement mis en garde contre l&#8217;association d&#8217;un AINS avec des anticoagulants, car ce sont des antiplaquettaires et le risque de saignement est accru. Le m\u00eame risque existe en cas d&#8217;association avec un inhibiteur s\u00e9lectif de la recapture de la s\u00e9rotonine (ISRS). En revanche, du point de vue pharmacodynamique, il existe des interactions avec les opio\u00efdes et les substances \u00e0 action d\u00e9pressive centrale, par exemple l&#8217;association avec une benzodiaz\u00e9pine, un barbiturique ou du pancuronium entra\u00eene un renforcement des effets.&nbsp;  &#8220;Et bien s\u00fbr, il ne faut pas combiner un opio\u00efde de niveau 3 de l&#8217;OMS avec un opio\u00efde de niveau 2&#8221;, a expliqu\u00e9 le pharmacologue. Il a mis l&#8217;accent sur une interaction en particulier, car bien qu&#8217;elle soit rare, elle peut avoir des cons\u00e9quences dramatiques dans certains cas : le syndrome s\u00e9rotoninergique.<\/p>\n<p>Ce syndrome est provoqu\u00e9 par une augmentation de la s\u00e9rotonine dans le SNC, souvent caus\u00e9e par une interaction m\u00e9dicamenteuse. Cela peut se produire en cas de prise simultan\u00e9e de substances susceptibles d&#8217;augmenter les concentrations de s\u00e9rotonine dans la fente synaptique (comme le tramadol) et d&#8217;ISRS. Les sympt\u00f4mes comprennent la tachycardie, la transpiration, l&#8217;augmentation du RR, la diarrh\u00e9e et l&#8217;excitation du SNC, mais aussi l&#8217;agitation, les hallucinations, l&#8217;hypomanie, la dyskin\u00e9sie et les tendances suicidaires. Sur le plan neuromusculaire, des tremblements, une augmentation des r\u00e9flexes et une myoclonie peuvent se produire.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11938\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/zusammenfassung_hp6_s26.png\" style=\"height:505px; width:400px\" width=\"723\" height=\"912\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"le-tramadol-comme-declencheur\">Le tramadol comme d\u00e9clencheur<\/h2>\n<p>Le tramadol est un rac\u00e9mate, il y a un \u00e9nantiom\u00e8re plus et un \u00e9nantiom\u00e8re moins. Le (-)-tramadol inhibe pr\u00e9f\u00e9rentiellement l&#8217;absorption de la noradr\u00e9naline, tandis que le (+)-tramadol inhibe l&#8217;absorption de la s\u00e9rotonine. En cons\u00e9quence, l&#8217;association avec un ISRS entra\u00eene une augmentation des concentrations de s\u00e9rotonine et, dans certaines circonstances, ledit syndrome s\u00e9rotoninergique.<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas toujours possible de deviner par le nom qu&#8217;il faut \u00eatre vigilant en tant que m\u00e9decin : Il peut \u00eatre encore relativement visible avec les ISRS, mais des substances comme le lithium peuvent \u00e9galement provoquer ce syndrome, car le lithium peut augmenter la sensibilit\u00e9 des r\u00e9cepteurs de la s\u00e9rotonine. De m\u00eame que les antid\u00e9presseurs, les triptans, les alcalo\u00efdes de l&#8217;ergot de seigle ou l&#8217;extrait de millepertuis et aussi certaines drogues.<\/p>\n<p>Pr\u00e8s de 75% des substances sont m\u00e9tabolis\u00e9es par le foie via le syst\u00e8me d&#8217;isoenzymes du cytochrome (CYP) P450. Au sein de ce syst\u00e8me, diff\u00e9rentes substances sont m\u00e9tabolis\u00e9es par diff\u00e9rentes isoenzymes P450. Par exemple, la th\u00e9ophylline fonctionne via le CYP1A2, alors que la phenprocoumone et le tamoxif\u00e8ne fonctionnent via le CYP3A4 <strong>(tableau&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11939 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/tab1-hp6_s26.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/568;height:310px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"568\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L\u00e0 o\u00f9 il y a des substrats, il y a aussi des inhibiteurs : la ciprofloxacine, par exemple, est un puissant inhibiteur du CYP1A2. Cela signifie donc que si l&#8217;on associait la ciprofloxacine \u00e0 la th\u00e9ophylline, il y aurait de gros probl\u00e8mes, d&#8217;autant plus que la marge th\u00e9rapeutique de la th\u00e9ophylline est relativement \u00e9troite. En revanche, le CYP3A4 peut \u00eatre inhib\u00e9 par de tr\u00e8s nombreuses substances, par exemple le jus de pamplemousse &#8211; d&#8217;o\u00f9 la recommandation courante faite aux patients de prendre leurs m\u00e9dicaments avec de l&#8217;eau et en aucun cas avec du jus de pamplemousse.<\/p>\n<p>Le professeur Gei\u00dflinger a recommand\u00e9 de se familiariser avec les tableaux d&#8217;enzymes et d&#8217;y jeter un coup d&#8217;\u0153il de temps en temps, car cela permet de pr\u00e9voir et donc d&#8217;\u00e9viter de nombreuses interactions m\u00e9dicamenteuses.<\/p>\n<p>\n<em>Source : Symposium de l&#8217;industrie &#8220;Gestion moderne des patients souffrant de douleurs chroniques&#8221; dans le cadre du 125e Congr\u00e8s de l&#8217;Association europ\u00e9enne de la douleur. Congr\u00e8s de la Soci\u00e9t\u00e9 allemande de m\u00e9decine interne (DGIM), organisateur : Gr\u00fcnenthal<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2019, 14(6) : 26-27<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Selon la d\u00e9finition de l&#8217;OMS, la polypharmacie consiste \u00e0 prendre plus de 5 m\u00e9dicaments par jour, ce qui est particuli\u00e8rement fr\u00e9quent chez les patients \u00e2g\u00e9s. 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