{"id":336009,"date":"2019-07-09T02:00:00","date_gmt":"2019-07-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/polycythemie-vera-pathogenese-implications-cliniques-diagnostiques-et-therapeutiques\/"},"modified":"2019-07-09T02:00:00","modified_gmt":"2019-07-09T00:00:00","slug":"polycythemie-vera-pathogenese-implications-cliniques-diagnostiques-et-therapeutiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/polycythemie-vera-pathogenese-implications-cliniques-diagnostiques-et-therapeutiques\/","title":{"rendered":"Polycyth\u00e9mie vera : pathogen\u00e8se, implications cliniques, diagnostiques et th\u00e9rapeutiques"},"content":{"rendered":"<p><strong>La n\u00e9oplasie my\u00e9loprolif\u00e9rative des cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques est principalement caus\u00e9e par des mutations somatiques du g\u00e8ne JAK2 et l&#8217;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se autonome clonale qui en r\u00e9sulte. Le risque de my\u00e9lofibrose ou de transformations leuc\u00e9miques a une incidence sur le pronostic.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La polycythemia vera (PV) est actuellement class\u00e9e par l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9 (OMS) dans la cat\u00e9gorie principale des n\u00e9oplasmes my\u00e9loprolif\u00e9ratifs (NMP) [1,2]. Dans l&#8217;\u00e9tat actuel des connaissances, la PV est une maladie des cellules souches ou prog\u00e9nitrices h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques, principalement due \u00e0 des mutations somatiques du g\u00e8ne JAK2, avec une my\u00e9loprolif\u00e9ration clonale qui en r\u00e9sulte [3]. De rares cas familiaux ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits, ceux-ci pr\u00e9sentant des mutations germinales dans le r\u00e9cepteur de l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine (EPOR) [4]. L&#8217;incidence de la PV en Europe est de 0,4 \u00e0 2,8% d&#8217;habitants par an. L&#8217;\u00e2ge moyen de la maladie se situe entre 60 et 65 ans, les femmes et les hommes sont touch\u00e9s \u00e0 peu pr\u00e8s \u00e0 \u00e9galit\u00e9 [5,6]. La dur\u00e9e de survie moyenne est de 14 ans chez les patients PV \u00e2g\u00e9s (&gt;60 ans) et de 24 ans chez les moins de 60 ans [7].<\/p>\n<h2 id=\"clinique\">Clinique<\/h2>\n<p>Dans l&#8217;h\u00e9mogramme, la maladie se manifeste par une augmentation de la production d&#8217;\u00e9rythrocytes (\u00e9rythrocytose) ind\u00e9pendamment des m\u00e9canismes de r\u00e9gulation physiologiques. Une leucocytose et une thrombocytose dues \u00e0 une augmentation de la m\u00e9gacaryopo\u00ef\u00e8se sont souvent associ\u00e9es. Au cours de l&#8217;\u00e9volution de la maladie, jusqu&#8217;\u00e0 10% des patients PV passent par une phase dite de &#8220;retard&#8221;, caract\u00e9ris\u00e9e par une h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se r\u00e9duite, en raison de la progression des alt\u00e9rations fibrotiques, au sens d&#8217;une my\u00e9lofibrose [8]. Une transformation leuc\u00e9mique est diagnostiqu\u00e9e dans jusqu&#8217;\u00e0 5% des cas de PV apr\u00e8s 20 ans d&#8217;\u00e9volution de la maladie [7,9]. Les facteurs de risque pronostiques de my\u00e9lofibrose, de transformation leuc\u00e9mique et de r\u00e9duction de la survie globale sont un \u00e2ge \u00e9lev\u00e9 du patient, une leucocytose, une thrombocytose et un caryotype anormal [10].<\/p>\n<p>La survenue d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thromboemboliques veineux et art\u00e9riels chez 20 \u00e0 50% des patients atteints de PV est \u00e9galement d&#8217;une importance pronostique d\u00e9cisive. D&#8217;un point de vue physiopathologique, elles sont dues \u00e0 une augmentation de la viscosit\u00e9 sanguine et aux modifications rh\u00e9ologiques qui en r\u00e9sultent, ainsi qu&#8217;\u00e0 des stimuli inflammatoires, procoagulants et microvasculaires [11,12]. On distingue deux groupes de risque de thromboses r\u00e9currentes : Un groupe \u00e0 haut risque chez les patients &gt;60 ans et ayant des ant\u00e9c\u00e9dents positifs d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thrombotiques et un groupe \u00e0 bas risque en l&#8217;absence des deux facteurs [13]. L&#8217;hypertension art\u00e9rielle est un facteur de risque ind\u00e9pendant pour l&#8217;apparition de thrombus art\u00e9riels.<\/p>\n<p>Cliniquement, la PV se manifeste principalement par de la fatigue et de l&#8217;\u00e9puisement (jusqu&#8217;\u00e0 84,9%) [14] et du prurit (dans environ 40%) [15]. Les autres sympt\u00f4mes cliniques comprennent une rougeur du visage, une peau et des muqueuses bleu-rouge, une pression sur la t\u00eate, des maux de t\u00eate et une hypertension. Les troubles microcirculatoires entra\u00eenent souvent des sympt\u00f4mes cliniques caract\u00e9ristiques (par ex. troubles visuels, paresth\u00e9sies, \u00e9rythrom\u00e9lalgie, troubles pectangineux) [16]. Les thromboses veineuses abdominales et les thromboses veineuses sinusales sont d&#8217;autres complications aux cons\u00e9quences graves et souvent mortelles [17,18]. Paradoxalement, dans de rares cas de thrombocytose extr\u00eame (&gt;1000\u00d7109\/L), on observe \u00e9galement une tendance accrue aux saignements. La cause en est une diminution du facteur Von Willebrand (VWF) dans le sens d&#8217;un syndrome de consommation acquis. Sur le plan pathobiologique, une activit\u00e9 ADAMTS13 accrue ainsi qu&#8217;une sensibilit\u00e9 plaquettaire accrue et une activation plaquettaire inad\u00e9quate qui en r\u00e9sulte jouent un r\u00f4le essentiel [19,20]. Une spl\u00e9nom\u00e9galie est observ\u00e9e chez environ un tiers des personnes atteintes et peut s&#8217;accompagner de douleurs et d&#8217;infarctus.<\/p>\n<h2 id=\"pathobiologie-de-la-pv\">Pathobiologie de la PV<\/h2>\n<p>La PV se caract\u00e9rise par une my\u00e9loprolif\u00e9ration clonale due \u00e0 des alt\u00e9rations pathologiques des cellules souches h\u00e9matologiques [3]. Chez presque tous les patients atteints de PV, on trouve une mutation de la Janus kinase 2 (JAK2), situ\u00e9e sur le locus 9p24, 96% de tous les cas pr\u00e9sentant une mutation somatique activatrice dans l&#8217;exon 14 (JAK2V617F) [21] et plus rarement (environ 3%) dans l&#8217;exon 12 [22]. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, aucune diff\u00e9rence significative dans l&#8217;\u00e9volution clinique n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e en fonction de la mutation en question [23].<\/p>\n<p>Dans des conditions physiologiques, la liaison de l&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e9tine (EPO) au r\u00e9cepteur de l&#8217;EPO (EPOR) entra\u00eene un changement de conformation (homodim\u00e9risation du r\u00e9cepteur), avec l&#8217;autophosphorylation et l&#8217;activation de JAK qui en r\u00e9sultent. Les mol\u00e9cules JAK activ\u00e9es phosphorylent et activent ensuite les mol\u00e9cules STAT (signal transducer and activator of transcription) qui, en tant que facteurs de transcription, d\u00e9clenchent des signaux de croissance h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tique apr\u00e8s translocation dans le noyau cellulaire [24]. La mutation activatrice JAK2V617F entra\u00eene une activation constitutionnelle JAK\/STAT ind\u00e9pendante de l&#8217;EPO et une prolif\u00e9ration cellulaire incontr\u00f4l\u00e9e <strong>(figure 1)<\/strong> [25]. D&#8217;autres alt\u00e9rations g\u00e9n\u00e9tiques ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crites, comme la d\u00e9r\u00e9gulation de l&#8217;inhibiteur d&#8217;apotose Bcl-x ou du facteur de transcription NF-E2, mais semblent \u00eatre des cons\u00e9quences secondaires d&#8217;une mutation de JAK2 [26].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12075\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13.png\" style=\"height:512px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"939\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13-800x683.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13-120x102.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13-90x77.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13-320x273.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1_oh2_s13-560x478.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les mutations JAK2V617F sont plus fr\u00e9quentes chez les patients \u00e2g\u00e9s et sont associ\u00e9es \u00e0 une panmy\u00e9locytose, \u00e0 une my\u00e9lofibrose et \u00e0 des sympt\u00f4mes cliniques tels que des d\u00e9mangeaisons [22,23]. Aucune association avec la survie globale ou le risque de transformation n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9e [3]. La fr\u00e9quence des all\u00e8les mut\u00e9s ne semble pas non plus influencer la survie ou la fr\u00e9quence des transformations leuc\u00e9miques. Dans une \u00e9tude de la Mayo Clinic, le ciblage par s\u00e9quen\u00e7age profond a permis de montrer que plus de la moiti\u00e9 (53%) des patients PV \u00e9tudi\u00e9s pr\u00e9sentaient des mutations suppl\u00e9mentaires en plus de JAK2 [28]. Les mutations les plus fr\u00e9quentes ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es dans TET2 (22%), ASXL1 (12%) et SH2B3 (9%) (d&#8217;autres mutations ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9tect\u00e9es dans SRSF2, IDH2, TP53). Les mutations dans ASXL1, SRSF2 et IHD2, en particulier, ont montr\u00e9 un effet pronostique ind\u00e9pendant des autres pr\u00e9dicteurs (survie m\u00e9diane de 7,7 ans avec vs. 16,9 ans sans mutations). Un caryotype anormal est pr\u00e9sent chez 15% des patients au moment du diagnostic initial, les alt\u00e9rations cytog\u00e9niques les plus fr\u00e9quemment d\u00e9tect\u00e9es \u00e9tant -Y, +8, +9, del(20q) et 1q+ [27].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Une anamn\u00e8se d\u00e9taill\u00e9e et un examen physique constituent la base du diagnostic. Le questionnaire MPN-SAF (Myeloproliferative Neoplasm Symptom Assessment Form) permet une \u00e9valuation structur\u00e9e et compl\u00e8te des sympt\u00f4mes pertinents [29]. Il convient en particulier de tenir compte des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thrombotiques, des stigmates de thrombose, de l&#8217;hypertension et de l&#8217;\u00e2ge du patient, en raison de l&#8217;importance du pronostic et du traitement. Pour \u00e9valuer une spl\u00e9nom\u00e9galie, il est recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 une \u00e9chographie abdominale.<\/p>\n<p>En laboratoire, il convient de d\u00e9terminer la concentration d&#8217;EPO en plus d&#8217;un h\u00e9mogramme diff\u00e9rentiel et d&#8217;un bilan de coagulation. Le diagnostic d\u00e9finitif ne peut \u00eatre \u00e9tabli qu&#8217;\u00e0 partir d&#8217;une biopsie de la moelle osseuse.<\/p>\n<p>Les crit\u00e8res de diagnostic selon la classification actuelle (2016) de l&#8217;OMS sont pr\u00e9sent\u00e9s dans<strong> le tableau 1<\/strong>. Pour pouvoir poser un diagnostic de PV, tous les crit\u00e8res principaux ou deux crit\u00e8res principaux et le crit\u00e8re secondaire doivent \u00eatre remplis. La d\u00e9tection d&#8217;une mutation JAK2V617F est extr\u00eamement fiable, avec une sensibilit\u00e9 de test de 97% et une sp\u00e9cificit\u00e9 de pr\u00e8s de 100%. En cas de statut de mutation JAK2V617F n\u00e9gatif, mais de niveau d&#8217;EPO s\u00e9rique abaiss\u00e9, une analyse de mutation dans l&#8217;exon 12 du g\u00e8ne JAK2 est \u00e9galement indiqu\u00e9e. En raison de l&#8217;importance pronostique pour la survie globale et la survie sans leuc\u00e9mie, une d\u00e9termination du caryotype devrait \u00eatre effectu\u00e9e le cas \u00e9ch\u00e9ant. En outre, une analyse des mutations par s\u00e9quen\u00e7age de nouvelle g\u00e9n\u00e9ration (NGS) est utile, car les mutations dans ASXL1, SRSF2 et IDH2 ont une pertinence pronostique. Cependant, le NGS n&#8217;est pas encore un examen standard pour tous les patients atteints de PV au moment du diagnostic. Cependant, une \u00e9tude pionni\u00e8re r\u00e9cemment publi\u00e9e a montr\u00e9 que l&#8217;int\u00e9gration compl\u00e8te de variables g\u00e9nomiques et cliniques permettait une stratification personnalis\u00e9e du risque avec des implications th\u00e9rapeutiques [30] (https:\/\/cancer.sanger.ac.uk\/mpn-multistage).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12076 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/tab1_oh2_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/627;height:342px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"627\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un algorithme bas\u00e9 sur les crit\u00e8res diagnostiques actuels de l&#8217;OMS pour la proc\u00e9dure diagnostique en cas de suspicion de PV est pr\u00e9sent\u00e9 dans la <strong>figure 2<\/strong>. Des tests fonctionnels sp\u00e9cifiques du VWF sont indiqu\u00e9s pour clarifier une tendance accrue aux saignements (par exemple, l&#8217;activit\u00e9 du cofacteur ristozitine).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12077 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb2_oh2_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/988;height:539px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"988\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"therapie\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Avec un taux de survie \u00e0 10 ans de plus de 75%, ainsi qu&#8217;un risque relativement faible de my\u00e9lofibrose (&lt;10%) et de d\u00e9g\u00e9n\u00e9rescence maligne dans le sens d&#8217;une transformation leuc\u00e9mique (&lt;5%) [8], l&#8217;objectif principal du traitement de la PV est de pr\u00e9venir les complications thrombo-h\u00e9morragiques et de soulager les sympt\u00f4mes d\u00e9crits ci-dessus.<\/p>\n<p><strong>Patients \u00e0 faible risque (\u00e2ge &lt;60 ans, ant\u00e9c\u00e9dents n\u00e9gatifs d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thrombotiques) : <\/strong>Nous recommandons un traitement par saign\u00e9es syst\u00e9matique, en visant un h\u00e9matocrite cible &lt;45%, car cette valeur cible est sup\u00e9rieure \u00e0 des valeurs plus \u00e9lev\u00e9es (45-50%) en termes de survie sans \u00e9v\u00e9nement [31]. En revanche, aucun effet positif sur les sympt\u00f4mes de la maladie n&#8217;a pu \u00eatre document\u00e9 \u00e0 ce jour [34]. Il est \u00e9galement recommand\u00e9 de suivre un traitement anti-agr\u00e9gant \u00e0 base d&#8217;aspirine (ASS) pour pr\u00e9venir les thrombus veineux et art\u00e9riels [31\u201333]. Le traitement par ASA semble avoir un impact positif sur la symptomatologie associ\u00e9e en r\u00e9duisant les troubles microvasculaires [35]. En cas de sympt\u00f4mes r\u00e9sistants \u00e0 l&#8217;aspirine, on peut envisager d&#8217;administrer le clopidogrel deux fois par jour ou de l&#8217;utiliser seul ou en association avec l&#8217;ASA [36, 37]. Le cas \u00e9ch\u00e9ant, un test de la fonction plaquettaire (agr\u00e9gom\u00e9trie plaquettaire, PFA-100) est indiqu\u00e9 pour distinguer les d\u00e9ficits cong\u00e9nitaux des causes iatrog\u00e8nes [38]. La prudence est de mise lors de l&#8217;utilisation de l&#8217;aspirine, compte tenu de la possibilit\u00e9 d&#8217;une tendance accrue aux saignements chez les patients PV pr\u00e9sentant une thrombocytose extr\u00eame concomitante (&gt;1000\u00d7109\/L).<\/p>\n<p><strong>les patients \u00e0 haut risque (\u00e2ge &gt;60 ans, ant\u00e9c\u00e9dents positifs d&#8217;\u00e9v\u00e9nements thrombotiques) : <\/strong>Outre les mesures th\u00e9rapeutiques susmentionn\u00e9es, nous recommandons \u00e9galement un traitement cytor\u00e9ducteur dans ce groupe de patients, l&#8217;objectif \u00e9tant en premier lieu de normaliser l&#8217;h\u00e9matocrite. Cependant, il faut \u00e9galement s&#8217;efforcer de r\u00e9duire la thrombocytose et la leucocytose qui l&#8217;accompagnent souvent. Les recommandations actuelles concernant les substances pour le traitement de premi\u00e8re ligne selon l&#8217;European LeukemiaNET (ENL) sont l&#8217;hydroxyur\u00e9e et l&#8217;interf\u00e9ron \u03b1 (INF\u03b1) (forme p\u00e9gyl\u00e9e) [39]. Un \u00e9chec th\u00e9rapeutique sous hydroxyur\u00e9e <strong>(tab.&nbsp;2)<\/strong>, au sens d&#8217;une r\u00e9sistance ou d&#8217;une intol\u00e9rance, survient chez environ 24% des patients [7]. Le busulfan a \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9 historiquement avec de bons r\u00e9sultats dans le traitement de deuxi\u00e8me ligne. Aujourd&#8217;hui, son utilisation est pour l&#8217;essentiel obsol\u00e8te en raison d&#8217;un potentiel leuc\u00e9mog\u00e8ne suspect\u00e9, bien que l&#8217;on ne dispose pas de donn\u00e9es solides sur l&#8217;augmentation de l&#8217;incidence des leuc\u00e9mies sous busulfan [40].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12078 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/tab2_oh2_s14.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/534;height:291px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"534\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le ruxolitinib, un inhibiteur de JAK2, est approuv\u00e9 comme traitement de deuxi\u00e8me ligne de la PV et a montr\u00e9 des r\u00e9sultats positifs, avec une bonne tol\u00e9rance, sur la my\u00e9loprolif\u00e9ration, la n\u00e9cessit\u00e9 de saign\u00e9es, ainsi que sur les sympt\u00f4mes associ\u00e9s \u00e0 la PV tels que la fatigue et le prurit [41\u201344]. En cas de prurit r\u00e9fractaire, un b\u00e9n\u00e9fice a \u00e9t\u00e9 d\u00e9crit gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;utilisation off-label des ISRS [45], INF\u03b1&nbsp; [46] et de la phototh\u00e9rapie [47]. Un r\u00e9sum\u00e9 de l&#8217;algorithme de traitement de l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Zurich (USZ) est pr\u00e9sent\u00e9 dans la <strong>figure 3.<\/strong> Une greffe de moelle osseuse allog\u00e9nique ou une greffe de cellules souches du sang p\u00e9riph\u00e9rique ne doit \u00eatre envisag\u00e9e comme approche curative que dans des cas exceptionnels, chez des patients jeunes dont l&#8217;\u00e9volution est riche en complications ou dont la progression de la maladie ne peut \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e par d&#8217;autres mesures [48]. En raison de l&#8217;augmentation du risque cardiovasculaire, tous les patients doivent \u00eatre encourag\u00e9s \u00e0 r\u00e9duire leur risque cardiovasculaire dans le cadre d&#8217;une pr\u00e9vention primaire (activit\u00e9 sportive, contr\u00f4le du poids, alimentation).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12079 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb3_oh2_s15.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/738;height:403px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"738\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Grossesse : <\/strong>la PV n&#8217;est pas une contre-indication \u00e0 la grossesse, mais elle est toujours consid\u00e9r\u00e9e comme une grossesse \u00e0 risque avec un taux d&#8217;avortement spontan\u00e9 plus \u00e9lev\u00e9 que dans la population normale [49]. En principe, nous recommandons une prise en charge dans un centre sp\u00e9cialis\u00e9 disposant d&#8217;une expertise h\u00e9matologique appropri\u00e9e. Les recommandations relatives au traitement par saign\u00e9es et au traitement antiagr\u00e9gant sont essentiellement les m\u00eames que celles mentionn\u00e9es ci-dessus. L&#8217;aspirine semble r\u00e9duire le taux d&#8217;avortements spontan\u00e9s et de complications de la grossesse [50]. En raison de l&#8217;absence de preuve de t\u00e9ratog\u00e9nicit\u00e9 ou d&#8217;influence sur le taux de naissances vivantes [51] avec l&#8217;IFN\u03b1, un traitement est g\u00e9n\u00e9ralement possible et particuli\u00e8rement recommand\u00e9 pour les grossesses \u00e0 haut risque [52].<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La polycyt\u00e9mie vera est une n\u00e9oplasie my\u00e9loprolif\u00e9rative des cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques, principalement caus\u00e9e par des mutations somatiques du g\u00e8ne JAK2 et l&#8217;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se autonome clonale qui en r\u00e9sulte.<\/li>\n<li>Cliniquement, les sympt\u00f4mes et les complications mirco- et macrovasculaires sont li\u00e9s \u00e0 l&#8217;\u00e9rythrocytose et \u00e0 la thrombocytose qui l&#8217;accompagne souvent. Le risque de my\u00e9lofibrose et de transformation leuc\u00e9mique est \u00e9galement important pour le pronostic.<\/li>\n<li>L&#8217;algorithme de diagnostic comprend des param\u00e8tres cliniques et de laboratoire, mais surtout la d\u00e9tection d&#8217;une mutation JAK2 dans la moelle osseuse, alors que d&#8217;autres aberrations g\u00e9n\u00e9tiques prennent de plus en plus d&#8217;importance.<\/li>\n<li>Sur le plan th\u00e9rapeutique, les patients sont r\u00e9partis en groupes de risque. Alors que la th\u00e9rapie par saign\u00e9e et les inhibiteurs de l&#8217;agr\u00e9gation plaquettaire sont utilis\u00e9s ind\u00e9pendamment du risque, la th\u00e9rapie cytor\u00e9ductrice est principalement indiqu\u00e9e chez les patients \u00e0 haut risque.<\/li>\n<li>Les grossesses chez les patientes PV sont toujours consid\u00e9r\u00e9es comme des grossesses \u00e0 risque et doivent \u00eatre prises en charge de mani\u00e8re multidisciplinaire dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Arber DA, et al : La r\u00e9vision 2016 de la classification de l&#8217;Organisation mondiale de la sant\u00e9 des n\u00e9oplasmes my\u00e9lo\u00efdes et des leuc\u00e9mies aigu\u00ebs. Blood, 2016. 127(20) : 2391-2405.<\/li>\n<li>Barbui T, et al : The 2016 revision of WHO classification of myeloproliferative neoplasms : Clinical and molecular advances. Blood Rev, 2016. 30(6) : 453-459.<\/li>\n<li>Jamieson CH, et al : La mutation JAK2 V617F se produit dans les cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques dans la polycythemia vera et pr\u00e9dispose \u00e0 la diff\u00e9renciation \u00e9rythro\u00efde. Proc Natl Acad Sci U S A, 2006. 103(16) : 6224-6229.<\/li>\n<li>Bento C, et al : Base g\u00e9n\u00e9tique de l&#8217;\u00e9rythrocytose cong\u00e9nitale : mise \u00e0 jour des mutations et bases de donn\u00e9es en ligne. Hum Mutat, 2014. 35(1) : 15-26.<\/li>\n<li>Polycythemia vera : l&#8217;histoire naturelle de 1213 patients suivis pendant 20 ans. Gruppo Italiano Studio Policitemia. Ann Intern Med, 1995. 123(9) : 656-664.<\/li>\n<li>Moulard O, et al. : Epid\u00e9miologie de la my\u00e9lofibrose, de la thrombocyth\u00e9mie essentielle et de la polycyth\u00e9mie vraie dans l&#8217;Union europ\u00e9enne. Eur J Haematol, 2014. 92(4) : 289-297.<\/li>\n<li>Tefferi A, et al : Long-term survival and blast transformation in molecularly annotated essential thrombocythemia, polycythemia vera, and myelofibrosis. Blood, 2014. 124(16) : 2507-2513 ; quiz 2615.<\/li>\n<li>Crisa E, et al : A retrospective study on 226 polycythemia vera patients : impact of median hematocrit value on clinical outcomes and survival improvement with anti-thrombotic prophylaxis and non-alkylating drugs. Ann Hematol, 2010. 89(7) : 691-699.<\/li>\n<li>Barbui T., et al : La survie et la progression de la maladie dans la thrombocyth\u00e9mie essentielle sont significativement influenc\u00e9es par un diagnostic morphologique pr\u00e9cis : une \u00e9tude internationale. J Clin Oncol, 2011. 29(23) : 3179-3184.<\/li>\n<li>Tefferi A, et al : Survival and prognosis among 1545 patients with contemporary polycythemia vera : an international study. Leuc\u00e9mie, 2013. 27(9) : 1874-1881.<\/li>\n<li>Koschmieder S, et al : Myeloproliferative neoplasms and inflammation : whether to target the malignant clone or the inflammatory process or both. Leukemia, 2016. 30(5) : 1018-1024.<\/li>\n<li>Kroll MH, Michaelis LC, Verstovsek S : M\u00e9canismes de la thrombog\u00e9n\u00e8se dans la polycyth\u00e9mie vera. Blood Rev, 2015. 29(4) : 215-221.<\/li>\n<li>Finazzi G, Barbui T : Evidence and expertise in the management of polycythemia vera and essential thrombocythemia. Leuc\u00e9mie, 2008. 22(8) : 1494-1502.<\/li>\n<li>Mesa RA, et al : The burden of fatigue and quality of life in myeloproliferative disorders (MPDs) : an international Internet-based survey of 1179 MPD patients. Cancer, 2007. 109(1) : 68-76.<\/li>\n<li>Saini KS, Patnaik MM, Tefferi A : Polycythemia vera-associated prurit and its management. Eur J Clin Invest, 2010. 40(9) : 828-834.<\/li>\n<li>Michiels JJ : Erythromelalgia and vascular complications in polycythemia vera. Semin Thromb Hemost, 1997. 23(5) : 441-454.<\/li>\n<li>De Stefano V, et al : Thrombose veineuse splanchnique et n\u00e9oplasmes my\u00e9loprolif\u00e9ratifs : diagnostic \u00e0 l&#8217;aide de mol\u00e9cules et traitement \u00e0 long terme. Thromb Haemost, 2016. 115(2) : 240-249.<\/li>\n<li>Dentali F, et al : Thrombose veineuse c\u00e9r\u00e9brale et n\u00e9oplasmes my\u00e9loprolif\u00e9ratifs : r\u00e9sultats de deux grandes bases de donn\u00e9es. Thromb Res, 2014. 134(1) : 41-43.<\/li>\n<li>Elliott MA, Tefferi A : Thrombosis and haemorrhage in polycythaemia vera and essential thrombocythaemia. Br J Haematol, 2005. 128(3) : 275-290.<\/li>\n<li>Michiels JJ, et al : The paradox of platelet activation and impaired function : platelet-von Willebrand factor interactions, and the etiology of thrombotic and hemorrhagic manifestations in essential thrombocythemia and polycythemia vera. Semin Thromb Hemost, 2006. 32(6) : 589-604.<\/li>\n<li>Pardanani A, et al : Pr\u00e9valence et corr\u00e9lations clinicopathologiques des mutations de l&#8217;exon 12 de JAK2 dans la polycyth\u00e9mie vera JAK2V617F-n\u00e9gative. Leukemia, 2007. 21(9) : 1960-1963.<\/li>\n<li>Vannucchi AM, et al : Clinical correlates of JAK2V617F presence or allele burden in myeloproliferative neoplasms : a critical reappraisal. Leukemia, 2008. 22(7) : 1299-1307.<\/li>\n<li>Passamonti F, et al : A prospective study of 338 patients with polycythemia vera : the impact of JAK2 (V617F) allele burden and leukocytosis on fibrotic or leukemic disease transformation and vascular complications. Leukemia, 2010. 24(9) : 1574-1579.<\/li>\n<li>Ward AC, Touw I, Yoshimura A : La voie Jak-Stat dans l&#8217;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se normale et perturb\u00e9e. Blood, 2000. 95(1) : 19-29.<\/li>\n<li>James C, et al. : Une mutation clonale unique de JAK2 conduisant \u00e0 une signalisation constitutive provoque la polycyth\u00e9mie vera. Nature, 2005. 434(7037) : 1144-1148.<\/li>\n<li>Baxter EJ, et al : Mutation acquise de la tyrosine kinase JAK2 dans les troubles my\u00e9loprolif\u00e9ratifs humains. Lancet, 2005. 365(9464) : 1054-1061.<\/li>\n<li>Gangat N, et al : \u00c9tudes cytog\u00e9n\u00e9tiques au diagnostic dans la polycyth\u00e9mie vera : corr\u00e9lations cliniques et de charge all\u00e9lique JAK2V617F. Eur J Haematol, 2008. 80(3) : 197-200.<\/li>\n<li>Tefferi A, et al : Ciblage du s\u00e9quen\u00e7age profond dans la polycyth\u00e9mie vraie et la thrombocyth\u00e9mie essentielle. Blood Adv, 2016. 1(1) : 21-30.<\/li>\n<li>Scherber R, et al. : The Myeloproliferative Neoplasm Symptom Assessment Form (MPN-SAF) : international prospective validation and reliability trial in 402 patients. Blood, 2011. 118(2) : 401-408.<\/li>\n<li>Grinfeld J, et al : Classification et pronostic personnalis\u00e9 dans les n\u00e9oplasmes my\u00e9loprolif\u00e9ratifs. N Engl J Med, 2018. 379(15) : 1416-1430.<\/li>\n<li>Marchioli R, et al : Cardiovascular events and intensity of treatment in polycythemia vera. N Engl J Med, 2013. 368(1) : 22-33.<\/li>\n<li>Landolfi R, et al : Efficacit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;aspirine \u00e0 faible dose dans la polycyth\u00e9mie vera. N Engl J Med, 2004. 350(2) : 114-124.<\/li>\n<li>Alvarez-Larran A, et al : Observation versus traitement antiplaquettaire comme prophylaxie primaire de la thrombose dans la thrombocyth\u00e9mie essentielle \u00e0 faible risque. Blood, 2010. 116(8) : 1205-1210 ; quiz 1387.<\/li>\n<li>Grunwald MR, et al. : Caract\u00e9ristiques cliniques et pathologiques de REVEAL au moment de l&#8217;inscription (ligne de base) : \u00c9tude prospective observationnelle de patients atteints de polycyth\u00e9mie veineuse aux \u00c9tats-Unis. Clin Lymphoma Myeloma Leuk, 2018. 18(12) : 788-795 e2.<\/li>\n<li>Michiels JJ, et al : \u00e9rythrom\u00e9lalgiques c\u00e9r\u00e9braux, oculaires et coronariens \u00e0 m\u00e9diation par les plaquettes.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2019 ; 7(2-3) : 12-15<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La n\u00e9oplasie my\u00e9loprolif\u00e9rative des cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques est principalement caus\u00e9e par des mutations somatiques du g\u00e8ne JAK2 et l&#8217;h\u00e9matopo\u00ef\u00e8se autonome clonale qui en r\u00e9sulte. 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