{"id":336063,"date":"2019-07-04T02:00:00","date_gmt":"2019-07-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/prevention-par-la-prediction\/"},"modified":"2019-07-04T02:00:00","modified_gmt":"2019-07-04T00:00:00","slug":"prevention-par-la-prediction","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/prevention-par-la-prediction\/","title":{"rendered":"Pr\u00e9vention par la pr\u00e9diction ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>La (hypo)manie chez l&#8217;enfant et l&#8217;adolescent est associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ant\u00e9rieurs, et la d\u00e9pression atypique \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte \u00e0 un IMC \u00e9lev\u00e9. Ces connaissances peuvent-elles \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0 titre prophylactique ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les facteurs de risque modifiables sont une cible possible pour les mesures pr\u00e9ventives. Cette id\u00e9e est \u00e0 la base de la recherche de facteurs pr\u00e9dictifs dans les troubles unipolaires ou bipolaires.<\/p>\n<h2 id=\"genes-matter\">Genes matter !<\/h2>\n<p>L&#8217;un des facteurs pr\u00e9dictifs est, sans surprise, la maladie affective de l&#8217;un ou des deux parents. Une m\u00e9ta-\u00e9tude a conclu que le risque de maladie pour un enfant dont l&#8217;un des parents est bipolaire est d&#8217;environ 10% [1]. Si les deux parents sont atteints, le risque atteint d\u00e9j\u00e0 30%. Les enfants de parents d\u00e9pressifs ont un risque multipli\u00e9 par 2 de d\u00e9velopper \u00e9galement une d\u00e9pression [2]. Puisque la g\u00e9n\u00e9tique ne peut pas \u00eatre modifi\u00e9e : Y a-t-il d&#8217;autres pr\u00e9dicteurs qui pourraient \u00eatre modifi\u00e9s ?<\/p>\n<h2 id=\"les-enfants-et-les-adolescents-prediction-difficile\">les enfants et les adolescents : Pr\u00e9diction difficile<\/h2>\n<p>Martin Preisig du D\u00e9partement de psychiatrie de l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Lausanne, les troubles unipolaires et bipolaires commencent t\u00f4t chez l&#8217;enfant et l&#8217;adolescent, et les mesures pr\u00e9ventives doivent donc \u00eatre prises rapidement. Le premier facteur de risque est une anamn\u00e8se familiale positive. D&#8217;autres signes sont l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et les troubles du sommeil, suivis de sympt\u00f4mes affectifs sous-jacents qui \u00e9voluent vers des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs et finalement vers une symptomatologie (hypo)maniaque ou bipolaire<strong> (Fig.&nbsp;1). <\/strong>Cette \u00e9volution est influenc\u00e9e par des facteurs g\u00e9n\u00e9tiques, le stress p\u00e9rinatal, les \u00e9v\u00e9nements stressants de la vie, la personnalit\u00e9, les strat\u00e9gies d&#8217;adaptation et le soutien social.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-12103\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb1-np4_s16.png\" style=\"height:550px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1009\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Actuellement, il n&#8217;existe que peu d&#8217;\u00e9tudes prospectives qui \u00e9valuent les enfants de parents bipolaires et d\u00e9pressifs en fonction de ces facteurs potentiellement pr\u00e9dictifs. L&#8217;une d&#8217;entre elles est l&#8217;\u00e9tude Lausanne-Geneva High-Risk, qui est en cours depuis maintenant vingt ans. Jusqu&#8217;\u00e0 pr\u00e9sent, 163 enfants de parents bipolaires, 128 enfants de parents d\u00e9pressifs et 158 t\u00e9moins y ont \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9s \u00e0 partir de l&#8217;\u00e2ge de sept ans jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte, avec un suivi r\u00e9gulier. Les r\u00e9sultats soutiennent les r\u00e9sultats d&#8217;\u00e9tudes similaires. En ce qui concerne la (hypo)manie, il a notamment \u00e9t\u00e9 constat\u00e9 que des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs, une hypomanie sous-jacente et\/ou un comportement social perturb\u00e9 pr\u00e9c\u00e8dent la maladie ; il convient toutefois de garder \u00e0 l&#8217;esprit qu&#8217;un comportement social perturb\u00e9 peut d\u00e9j\u00e0 correspondre \u00e0 une symptomatologie maniaque l\u00e9g\u00e8re. La d\u00e9pendance aux substances fait \u00e9galement partie des troubles prodromiques de l'(hypo)manie, le cannabis en particulier devant \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme dangereux. Dans le contexte des efforts visant \u00e0 utiliser le cannabis \u00e0 des fins th\u00e9rapeutiques pour de nombreuses maladies, le professeur Preisig met donc en garde : &#8220;Au moins pour le trouble bipolaire, comme cela a \u00e9t\u00e9 signal\u00e9 pour les psychoses, le cannabis est plus un d\u00e9clencheur que quelque chose qui a un effet positif&#8221;.<\/p>\n<p>Mais o\u00f9 actionner le levier ? Compte tenu de leur valeur prescriptive positive plut\u00f4t faible, les troubles prodromiques, \u00e0 l&#8217;exception des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs, ne conviennent pas comme pr\u00e9dicteur d&#8217;une (hypo)manie. Les troubles bipolaires parentaux avec un \u00e2ge pr\u00e9coce de d\u00e9but de la maladie et les comportements d&#8217;opposition sont beaucoup plus importants. En revanche, les influences environnementales et la personnalit\u00e9 ne jouent pratiquement aucun r\u00f4le.<\/p>\n<p>Les troubles prodromiques de la d\u00e9pression sont le trouble panique, le trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 de s\u00e9paration. C&#8217;est surtout la premi\u00e8re qui a une forte influence, d&#8217;autant plus que le risque de maladie est multipli\u00e9 par quatre. Les valeurs pr\u00e9dictives positives des prodromes de la d\u00e9pression sont plus robustes que celles des maladies prodromiques de l'(hypo)manie : 45% des personnes souffrant d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 de s\u00e9paration, 60% de celles souffrant de trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 et 63% de celles souffrant de trouble panique ont effectivement d\u00e9velopp\u00e9 une d\u00e9pression au cours de leur vie. Les facteurs environnementaux jouent \u00e9galement un r\u00f4le beaucoup plus important dans la d\u00e9pression : les abus sexuels multiplient le risque par quatre, la violence familiale est associ\u00e9e \u00e0 un risque deux fois plus \u00e9lev\u00e9. La d\u00e9pression parentale avec un \u00e2ge pr\u00e9coce de d\u00e9but de la maladie (HR=1,45) et le neuroticisme (HR=1,14) influencent \u00e9galement la pathogen\u00e8se.<\/p>\n<p>Le professeur Preisig conclut : Il vaut la peine de traiter les troubles prodromiques \u00e0 un stade pr\u00e9coce. Mais ceux-ci sont souvent trop peu sp\u00e9cifiques pour justifier un traitement en vue d&#8217;un \u00e9ventuel trouble bipolaire (par exemple avec du lithium ou des neuroleptiques atypiques). En outre, les troubles affectifs bi- et unipolaires semblent avoir des pr\u00e9dicteurs diff\u00e9rents. Alors qu&#8217;une (hypo)manie est souvent associ\u00e9e \u00e0 un trouble bipolaire parental et \u00e0 des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ant\u00e9rieurs, dans le cas de la d\u00e9pression, les influences environnementales telles que les psychotraumatismes semblent avoir une influence accrue sur la pathogen\u00e8se.<\/p>\n<h2 id=\"le-somatique-prend-de-limportance-avec-lage\">Le somatique prend de l&#8217;importance avec l&#8217;\u00e2ge<\/h2>\n<p>La majorit\u00e9 des patients souffrant de troubles affectifs sont des adultes. La question se pose alors de savoir quels facteurs pr\u00e9dictifs pourraient indiquer une maladie uni ou bipolaire, qui appara\u00eet g\u00e9n\u00e9ralement \u00e0 partir de la quarantaine.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9tude lausannoise CoLaus\/PsyCoLaus, qui dure depuis quinze ans et dont le troisi\u00e8me suivi est en cours, a notamment montr\u00e9 que la d\u00e9pression non sp\u00e9cifique est le plus fortement associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9v\u00e9nements de vie n\u00e9gatifs ou au stress (augmentation de 40%). Tous les autres facteurs &#8211; IMC, hypertension, score d&#8217;inflammation, neuroticisme, sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs sous-jacents &#8211; \u00e9taient d&#8217;importance secondaire. En revanche, le sous-type m\u00e9lancolique pr\u00e9sente une augmentation significative du risque de maladie due au neuroticisme et aux sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs sous-jacents. Dans le cas de la d\u00e9pression atypique, un IMC \u00e9lev\u00e9 s&#8217;ajoute \u00e0 ce tableau comme facteur pr\u00e9dictif<strong> (fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-12104 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/abb2_np4_s18.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/794;height:433px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"794\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Ainsi, un certain nombre de facteurs influencent la pathogen\u00e8se de la d\u00e9pression, tels que le profil de personnalit\u00e9, les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs sous-jacents, le stress (en particulier dans le cas de la d\u00e9pression non sp\u00e9cifique) et les troubles cardiom\u00e9taboliques (en particulier dans le cas de la d\u00e9pression atypique). Et le professeur Preisig d&#8217;ajouter : &#8220;Plus on vieillit, plus les troubles somatiques jouent un r\u00f4le&#8221;.<\/p>\n<p>Pour la prophylaxie, cela signifie qu&#8217;un traitement des troubles de la personnalit\u00e9 et des troubles d\u00e9pressifs sous-jacents pourrait en effet avoir un effet pr\u00e9ventif quant au d\u00e9veloppement d&#8217;une d\u00e9pression atypique et m\u00e9lancolique, et qu&#8217;un bon traitement somatique pourrait r\u00e9duire l&#8217;apparition de la d\u00e9pression atypique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Lau P, et al : Prevalence of psychopathology in bipolar high-risk offsprings and siblings : a meta-analysis. Eur Child Adolesc Psychiatry 2018 ; 27(7) : 823-837.<\/li>\n<li>Rasic D, et al : Risk of mental illness in offsprings of parents with schizophrenia, bipolar disorder, and major depressive disorder : a meta-analysis of family high-risk studies. Schizophr Bull 2014 ; 40(1) : 28-38.<\/li>\n<li>Duffy A, et al : The clinical trajectory of emerging bipolar disorder among the high-risk offspring of bipolar parents : current understanding and future considerations. Int J Bipolar Disord 2017 ; 5 : 37.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2019 ; 17(4) : 16-18 (publi\u00e9 le 20.6.19, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La (hypo)manie chez l&#8217;enfant et l&#8217;adolescent est associ\u00e9e \u00e0 des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs ant\u00e9rieurs, et la d\u00e9pression atypique \u00e0 l&#8217;\u00e2ge adulte \u00e0 un IMC \u00e9lev\u00e9. Ces connaissances peuvent-elles \u00eatre utilis\u00e9es \u00e0&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":90147,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Troubles affectifs","footnotes":""},"category":[11527,11489,11535,11549],"tags":[14976,28562,28554,28556,28558],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-336063","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-etudes","category-psychiatrie-et-psychotherapie","category-rapports-de-congres","category-rx-fr","tag-depression-fr","tag-hypomanie-fr","tag-manie-fr","tag-trouble-affectif","tag-trouble-bipolaire","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-30 23:21:56","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":336069,"slug":"prevenzione-attraverso-la-previsione","post_title":"Prevenzione attraverso la previsione?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/prevenzione-attraverso-la-previsione\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":336071,"slug":"a-prevencao-atraves-da-previsao","post_title":"A preven\u00e7\u00e3o atrav\u00e9s da previs\u00e3o?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-prevencao-atraves-da-previsao\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":336029,"slug":"prevencion-a-traves-de-la-prediccion","post_title":"\u00bfPrevenci\u00f3n a trav\u00e9s de la predicci\u00f3n?","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/prevencion-a-traves-de-la-prediccion\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/336063","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=336063"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/336063\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/90147"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=336063"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=336063"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=336063"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=336063"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}