{"id":336207,"date":"2019-06-06T02:00:00","date_gmt":"2019-06-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/trouver-la-cause-des-brulures-destomac\/"},"modified":"2019-06-06T02:00:00","modified_gmt":"2019-06-06T00:00:00","slug":"trouver-la-cause-des-brulures-destomac","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/trouver-la-cause-des-brulures-destomac\/","title":{"rendered":"Trouver la cause des br\u00fblures d&#8217;estomac"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les sympt\u00f4mes de reflux gastro-\u0153sophagien sont l&#8217;une des plaintes les plus fr\u00e9quentes chez les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes. Afin de mettre en place un traitement rapide et d&#8217;\u00e9viter que la situation ne s&#8217;aggrave, il est indispensable d&#8217;\u00e9tablir un diagnostic minutieux.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le reflux symptomatique est tr\u00e8s pr\u00e9valent : entre 10 et 30% de la population des pays industrialis\u00e9s est concern\u00e9e. Les complications du reflux gastro-\u0153sophagien peuvent \u00eatre une \u0153sophagite par reflux, une st\u00e9nose ou m\u00eame un cancer de l&#8217;\u0153sophage. Il est donc d&#8217;autant plus important de poser un diagnostic pr\u00e9cis afin de traiter rapidement le reflux. Dans le cadre de la Cancer Academy, le PD Dr Daniel Pohl, m\u00e9decin en chef du diagnostic fonctionnel \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Zurich, a expliqu\u00e9 quels outils de diagnostic permettent d&#8217;\u00e9valuer correctement les sympt\u00f4mes.<\/p>\n<h2 id=\"hautement-specifique-mais-peu-sensible-gerdq\">Hautement sp\u00e9cifique, mais peu sensible : GerdQ<\/h2>\n<p>Le reflux se manifeste typiquement par des br\u00fblures d&#8217;estomac, des remont\u00e9es acides et des r\u00e9gurgitations. A cela s&#8217;ajoutent d&#8217;autres sympt\u00f4mes non sp\u00e9cifiques qui doivent \u00eatre not\u00e9s dans le cadre d&#8217;une anamn\u00e8se pr\u00e9cise<strong> (tab.&nbsp;1).<\/strong> La fr\u00e9quence et la r\u00e9partition temporelle des sympt\u00f4mes sont \u00e9galement importantes pour le diagnostic. Si les sympt\u00f4mes se produisent au moins une \u00e0 deux fois par semaine, il est probable qu&#8217;il s&#8217;agisse d&#8217;un reflux gastro-\u0153sophagien. Comme de nombreux m\u00e9dicaments peuvent provoquer des reflux, il est \u00e9galement important d&#8217;avoir des ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicamenteux.<\/p>\n<p>En th\u00e9orie, le GerdQ (&#8220;Gastroesophageal Reflux Disease Questionnaire&#8221;) &#8211; un questionnaire de six questions sur les sympt\u00f4mes de reflux, leur intensit\u00e9 et leur fr\u00e9quence &#8211; permet un diagnostic rentable et rapide. Une \u00e9tude chinoise a soumis le GerdQ \u00e0 un test Real World. Pour ce faire, 8000 patients de 122 centres ont \u00e9t\u00e9 interrog\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide du GerdQ et les r\u00e9sultats ont \u00e9t\u00e9 compar\u00e9s aux r\u00e9sultats des gastroscopies effectu\u00e9es par la suite. Conclusion : le GerdQ a pu diagnostiquer un reflux gastro-\u0153sophagien avec une grande certitude pour les scores &gt;8. Mais plus le score est bas, moins le GerdQ est sensible. Bien que l&#8217;\u00e9tude ait montr\u00e9 une corr\u00e9lation entre le score et le nombre de patients souffrant d&#8217;\u0153sophagite de reflux, le questionnaire n&#8217;a donc finalement pas permis d&#8217;exclure une maladie : 22% des personnes consid\u00e9r\u00e9es comme n\u00e9gatives par le questionnaire (avec un faible degr\u00e9 de gravit\u00e9 des sympt\u00f4mes) pr\u00e9sentaient une \u0153sophagite de reflux lors de la gastroscopie. Chez quelques-uns, un carcinome \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent malgr\u00e9 l&#8217;absence de sympt\u00f4mes et un faible score GerdQ [1]. Le GerdQ est donc adapt\u00e9 aux \u00e9tudes cliniques, mais ne constitue pas un outil de diagnostic fiable.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11890\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0.png\" style=\"height:749px; width:400px\" width=\"738\" height=\"1382\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0.png 738w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0-120x225.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0-90x169.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0-320x599.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/tab1_hp6_s30_0-560x1049.png 560w\" sizes=\"(max-width: 738px) 100vw, 738px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"quelle-est-la-precision-du-test-ipp\">Quelle est la pr\u00e9cision du test IPP ?<\/h2>\n<p>Si des sympt\u00f4mes de reflux typiques sont pr\u00e9sents, mais pas de sympt\u00f4mes d&#8217;alarme, des inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons (IPP) peuvent \u00eatre administr\u00e9s \u00e0 titre probatoire [2]. La suppression empirique de l&#8217;acide est fr\u00e9quente dans les cabinets de m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale. Les r\u00e9sultats d&#8217;une \u00e9tude multicentrique qui a examin\u00e9 la pr\u00e9cision du ciblage diagnostique des IPP chez 308 patients de m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes souffrant de reflux sur une p\u00e9riode de deux semaines indiquent toutefois une pertinence limit\u00e9e : certes, les tests IPP \u00e9taient en effet positifs chez la plupart des patients pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes de reflux typiques. Une proportion importante de ceux qui n&#8217;avaient pas r\u00e9pondu au test avaient n\u00e9anmoins un RGO. Chez les patients non atteints de RGO, la proportion de tests positifs et n\u00e9gatifs s&#8217;\u00e9quilibrait. Le test IPP n&#8217;est donc pas un indicateur fiable de RGO [3].<\/p>\n<h2 id=\"moyen-de-choix-endoscopie-et-miiph-24h-24\">Moyen de choix : endoscopie et MIIpH 24h\/24<\/h2>\n<p>Tous les patients pr\u00e9sentant des sympt\u00f4mes de reflux ne doivent pas \u00eatre endoscopi\u00e9s. L&#8217;indication est donn\u00e9e en pr\u00e9sence de sympt\u00f4mes d&#8217;alarme. Il s&#8217;agit notamment de la dysphagie, de la perte de poids et de l&#8217;an\u00e9mie. &#8220;Mais les sympt\u00f4mes d&#8217;alarme ne font pas tout&#8221;, pr\u00e9vient le Dr Pohl : une \u00e9tude asiatique a trouv\u00e9 des changements pathologiques chez 40% des 469 patients souffrant de reflux sans sympt\u00f4mes d&#8217;alarme lors d&#8217;une endoscopie. Il s&#8217;agissait le plus souvent d&#8217;une \u0153sophagite par reflux. Dans de rares cas, il existait des ulc\u00e8res gastriques, un remaniement chronique ou d\u00e9j\u00e0 un carcinome [4].<\/p>\n<p>Une endoscopie initiale peut \u00e9galement \u00eatre utile pour la planification du traitement en cas de suspicion de s\u00e9quelles morphologiques de reflux ou de demande du patient. Une clarification rapide am\u00e9liore la satisfaction du patient et l&#8217;observance. Si une ERD est diagnostiqu\u00e9e au cours de l&#8217;endoscopie, le traitement peut commencer imm\u00e9diatement ; la gravit\u00e9 des l\u00e9sions est d\u00e9finie par la classification de Los Angeles. Le diagnostic diff\u00e9rentiel avec l&#8217;\u0153sophagite \u00e0 \u00e9osinophiles ou l&#8217;\u0153sophage de Barrett se fait par biopsie.<br \/>\nSi aucun corr\u00e9lat dangereux n&#8217;est trouv\u00e9 et que la symptomatologie persiste malgr\u00e9 les IPP, des mesures de diagnostic fonctionnel sont indiqu\u00e9es<strong> (Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11891 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/abb1-hp6_s30.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/643;height:351px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"643\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La pH-m\u00e9trie sur 24 heures et la ph-m\u00e9trie MII (MII = mesure de l&#8217;imp\u00e9dance intraluminale multicanale) pr\u00e9sentent la plus grande sensibilit\u00e9 et sp\u00e9cificit\u00e9. Tous deux recensent \u00e9galement les patients atteints de RGO et mettent en relation les sympt\u00f4mes avec les \u00e9pisodes de reflux, ce qui permet de tester le patient pour le RGO m\u00eame en cas de sympt\u00f4mes atypiques ou de non-r\u00e9ponse aux IPP. La ligne directrice recommande notamment la ph-m\u00e9trie-MII [2]. Celui-ci enregistre \u00e0 la fois les mouvements du bolus et l&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;acide dans l&#8217;\u0153sophage. En combinaison avec la pH-m\u00e9trie, les \u00e9v\u00e9nements de reflux peuvent \u00eatre diff\u00e9renci\u00e9s en \u00e9v\u00e9nements acides, faiblement acides (&gt;pH 4 et &lt;pH 7) et non acides (&gt;pH 7) [5]. La corr\u00e9lation des sympt\u00f4mes est d\u00e9cisive pour distinguer la NERD de l&#8217;\u0153sophage hypersensible et des br\u00fblures d&#8217;estomac fonctionnelles [6].<\/p>\n<h2 id=\"le-reflux-nest-pas-toujours-en-cause\">Le reflux n&#8217;est pas toujours en cause<\/h2>\n<p>Si ni la clinique ni l&#8217;endoscopie ne confirment un RGO et que le traitement empirique par IPP n&#8217;entra\u00eene pas d&#8217;am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes, on peut soup\u00e7onner que ceux-ci ne sont pas dus au reflux. C&#8217;est le cas, par exemple, des patients souffrant de br\u00fblures d&#8217;estomac fonctionnelles. La dysmotilit\u00e9 ou la r\u00e9gurgitation peuvent \u00e9galement se manifester sous forme de br\u00fblures d&#8217;estomac. Pour d\u00e9terminer les causes, diff\u00e9rents outils peuvent \u00eatre utilis\u00e9s en plus d&#8217;une anamn\u00e8se d\u00e9taill\u00e9e. En cas de reflux acide ou non acide persistant, une mesure de la pression et une pH-m\u00e9trie MII \u00e0 24 psi avec\/sans traitement sont effectu\u00e9es. Les proc\u00e9dures radiologiques sont utilis\u00e9es pour le diagnostic pr\u00e9- et postop\u00e9ratoire dans le cadre d&#8217;un traitement chirurgical du reflux, bien qu&#8217;elles soient d&#8217;une importance secondaire [6].<\/p>\n<p><em>Source : Cancer Adacemy Zurich<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Bai Y, et al : Gastroesophageal Reflux Disease Questionnaire (GerdQ) in real-world practice : a national multicenter survey on 8065 patients. J Gastroenterol Hepatol 2013 ; 28(4) : 626-631.<\/li>\n<li>Koop H, et al : Reflux gastro-\u0153sophagien. Ligne directrice S2k, version du 14 juin 2014. www.awmf.org\/leitlinien\/detail\/ll\/021-013.html, derni\u00e8re consultation le 14.05.2019.<\/li>\n<li>Bytzer P, et al : Limited ability of the proton-pump inhibitor test to identify patients with gastroesophageal reflux disease. Clin Gastroenterol Hepatol 2012 ; 10(12) : 1360-1366.<\/li>\n<li>Peng S, et al : Prompt upper endoscopy is an appropriate initial management in uninvestigated Chinese patients with typical reflux symptoms. Am J Gastroenterol 2010 ; 105(9) : 1947-1952.<\/li>\n<li>Savarino E, et al : Caract\u00e9ristiques des \u00e9pisodes de reflux et association des sympt\u00f4mes chez les patients atteints d&#8217;\u0153sophagite \u00e9rosive et de maladie de reflux non \u00e9rosive : \u00e9tude utilisant la th\u00e9rapie combin\u00e9e imp\u00e9dance-pH off. Am J Gastroenterol 2010 ; 105(5) : 1053-1061.<\/li>\n<li>Bittinger M, et al. : S2k-Leitlinie Gastro\u00f6sophageale Refluxkrankheit. Bayrisches \u00c4rzteblatt 2015 ; 10 : 488-495.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>HAUSARZT PRAXIS 2019 ; 14(6) : 30-31 (publi\u00e9 le 24.5.19, ahead of print)<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les sympt\u00f4mes de reflux gastro-\u0153sophagien sont l&#8217;une des plaintes les plus fr\u00e9quentes chez les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes. 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