{"id":336280,"date":"2019-05-18T02:00:00","date_gmt":"2019-05-18T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/quel-est-le-role-de-lepigenetique\/"},"modified":"2019-05-18T02:00:00","modified_gmt":"2019-05-18T00:00:00","slug":"quel-est-le-role-de-lepigenetique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/quel-est-le-role-de-lepigenetique\/","title":{"rendered":"Quel est le r\u00f4le de l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>&#8220;Nous ne sommes pas nos g\u00e8nes !&#8221; Avec cette d\u00e9claration, le professeur Katharina Domschke de Fribourg a soulign\u00e9 l&#8217;importance des influences environnementales &#8211; et la mani\u00e8re dont elles fa\u00e7onnent notre sant\u00e9 mentale par le biais de processus \u00e9pig\u00e9n\u00e9tiques. Ce m\u00e9canisme est particuli\u00e8rement important dans les maladies anxieuses et pourrait ouvrir la voie \u00e0 de nouvelles options th\u00e9rapeutiques.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;un des points forts du symposium anniversaire de la Soci\u00e9t\u00e9 suisse pour l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et la d\u00e9pression (SSAD) de cette ann\u00e9e a \u00e9t\u00e9 la conf\u00e9rence du professeur Katharina Domschke, directrice m\u00e9dicale de la clinique de psychiatrie et de psychoth\u00e9rapie de l&#8217;h\u00f4pital universitaire de Fribourg (D). Elle a attir\u00e9 l&#8217;attention sur la dimension \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique des troubles anxieux. En effet, les maladies anxieuses sont en grande partie d\u00e9termin\u00e9es par nos g\u00e8nes.<\/p>\n<h2 id=\"frequents-contraignants-et-couteux\">Fr\u00e9quents, contraignants et co\u00fbteux<\/h2>\n<p>Les troubles anxieux repr\u00e9sentent les maladies les plus fr\u00e9quentes dans le domaine neuropsychiatrique, avec 14% de personnes touch\u00e9es dans toute l&#8217;Europe. Ils sont deux fois plus fr\u00e9quents que la d\u00e9pression unipolaire ou l&#8217;insomnie, qui constituent les groupes suivants en termes de fr\u00e9quence. En raison de leur forte chronicit\u00e9, les troubles anxieux sont \u00e9galement des maladies tr\u00e8s co\u00fbteuses : Apr\u00e8s les troubles affectifs, la d\u00e9mence et les maladies psychotiques, les maladies anxieuses se classent au 4e rang en termes de co\u00fbt&nbsp;. Elles sont \u00e9galement tr\u00e8s co\u00fbteuses. Cette charge pour les personnes concern\u00e9es, leurs proches ainsi que le syst\u00e8me de sant\u00e9 est d&#8217;autant plus lourde que les maladies anxieuses entra\u00eenent souvent des maladies psychiques et\/ou somatiques. Ainsi, l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 pr\u00e9dispose de mani\u00e8re hautement significative au d\u00e9veloppement ult\u00e9rieur d&#8217;un \u00e9pisode d\u00e9pressif ou d&#8217;un trouble d\u00e9pressif [1].<\/p>\n<h2 id=\"lepigenetique-interprete-entre-lenvironnement-et-la-genetique\">L&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, interpr\u00e8te entre l&#8217;environnement et la g\u00e9n\u00e9tique<\/h2>\n<p>Dans ce contexte, la compr\u00e9hension de l&#8217;\u00e9tiologie rev\u00eat une grande importance. Les troubles anxieux sont polyg\u00e9niques, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;ils sont form\u00e9s par un grand nombre de g\u00e8nes. 30 \u00e0 60% des patients pr\u00e9sentent d\u00e9j\u00e0 une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique \u00e0 l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9. Cependant, cette pr\u00e9disposition ne d\u00e9termine pas directement l&#8217;expression de la maladie, mais plut\u00f4t un encha\u00eenement de facteurs : l&#8217;alt\u00e9ration des syst\u00e8mes de neurotransmetteurs et des r\u00e9seaux neuronaux, certaines attitudes psychophysiologiques (par exemple,<sub>la sensibilit\u00e9 au CO2<\/sub> et les r\u00e9actions physiologiques correspondantes), ainsi que des facteurs environnementaux tels que les toxines, les traumatismes et les \u00e9v\u00e9nements de la petite enfance ou pr\u00e9nataux <strong>(Fig.&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11808\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24.jpg\" style=\"height:327px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"599\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24.jpg 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24-800x436.jpg 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24-120x65.jpg 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24-90x49.jpg 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24-320x174.jpg 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb1_np3_s24-560x305.jpg 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique joue le r\u00f4le d&#8217;interm\u00e9diaire entre les facteurs environnementaux et la g\u00e9n\u00e9tique. Ceci est tr\u00e8s pertinent pour la psychiatrie, qui se base sur le mod\u00e8le de vuln\u00e9rabilit\u00e9 au stress. Ce mod\u00e8le part du principe que la vuln\u00e9rabilit\u00e9 individuelle est d\u00e9termin\u00e9e g\u00e9n\u00e9tiquement et par des facteurs environnementaux d\u00e9clencheurs. L&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique joue en quelque sorte le r\u00f4le d'&#8221;interpr\u00e8te&#8221; entre le niveau des facteurs environnementaux et celui de la g\u00e9n\u00e9tique. L&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique d\u00e9signe les processus biochimiques qui modifient la fonction de certains g\u00e8nes en alt\u00e9rant l&#8217;ADN et sa structure spatiale. &#8220;Cela va \u00e0 l&#8217;encontre du mod\u00e8le d\u00e9terministe&#8221;, explique le professeur Domschke. &#8220;Certes, nous sommes en partie d\u00e9termin\u00e9s par nos g\u00e8nes, mais : nous ne sommes pas nos g\u00e8nes&#8221;. Les g\u00e8nes peuvent donc \u00eatre modifi\u00e9s par l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique &#8211; mais comment ?<\/p>\n<h2 id=\"comment-lepigenetique-faconne-notre-sante\">Comment l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique fa\u00e7onne notre sant\u00e9<\/h2>\n<p>L&#8217;activit\u00e9 des g\u00e8nes est d\u00e9termin\u00e9e par diff\u00e9rents processus. L&#8217;un d&#8217;entre eux, tr\u00e8s central, est la m\u00e9thylation de l&#8217;ADN : la fixation enzymatique de groupes m\u00e9thyle (-CH3) sur les bases nucl\u00e9iques (\u00eelots CpG) de l&#8217;ADN. Il s&#8217;agit d&#8217;une modification naturelle due \u00e0 l&#8217;influence de l&#8217;environnement. Les \u00eelots CpG sont souvent pr\u00e9sents dans la r\u00e9gion promotrice des g\u00e8nes. Si cette r\u00e9gion n&#8217;est pas m\u00e9thyl\u00e9e, le g\u00e8ne est actif et peut \u00eatre supprim\u00e9. S&#8217;il est m\u00e9thyl\u00e9, c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;un groupe CH3 s&#8217;y fixe, le g\u00e8ne concern\u00e9 n&#8217;est plus exprim\u00e9. Il &#8220;dort&#8221; <strong>(ill.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11809 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/505;height:275px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"505\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26-800x367.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26-120x55.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26-90x41.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26-320x147.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb2_np3_s26-560x257.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La monoamine oxydase A (MAOA) est un g\u00e8ne \u00e0 risque pour les troubles anxieux et la d\u00e9pression. Elle d\u00e9grade la s\u00e9rotonine, la noradr\u00e9naline et la dopamine. Cette enzyme est bien connue dans la pratique quotidienne gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;utilisation d&#8217;inhibiteurs de la MAO. Dans une \u00e9tude, le professeur Domschke et ses coll\u00e8gues ont montr\u00e9 que la m\u00e9thylation de la MAOA entra\u00eene une diminution de la fonction du g\u00e8ne &#8211; une constatation importante pour le traitement de maladies li\u00e9es \u00e0 l&#8217;activit\u00e9 de ce g\u00e8ne [2]. Cette m\u00e9thylation p\u00e9riph\u00e9rique a un impact sur les processus neuronaux : Plus la m\u00e9thylation p\u00e9riph\u00e9rique de la MAOA est faible, plus l&#8217;activit\u00e9 de la MAOA dans le cerveau est \u00e9lev\u00e9e. Domschke et ses coll\u00e8gues ont ainsi trouv\u00e9 une corr\u00e9lation entre l&#8217;hypom\u00e9thylation du promoteur MAOA et le trouble panique [3]. Ainsi, la m\u00e9thylation de la MAOA semble \u00eatre un biomarqueur de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et de la d\u00e9pression.<\/p>\n<p>Le professeur Domschke et ses coll\u00e8gues ont men\u00e9 une \u00e9tude de six semaines pour d\u00e9terminer si l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique pouvait \u00e9galement aider \u00e0 pr\u00e9dire la r\u00e9ponse au traitement. Ils ont compar\u00e9 la r\u00e9ponse \u00e0 l&#8217;administration d&#8217;ISRS chez des patients pr\u00e9sentant une m\u00e9thylation \u00e9lev\u00e9e de la MAOA vs. des patients pr\u00e9sentant une m\u00e9thylation faible de la MAOA. Il est apparu que les patients pr\u00e9sentant une m\u00e9thylation \u00e9lev\u00e9e de la MAOA r\u00e9pondaient nettement mieux aux ISRS. Des \u00e9tudes suppl\u00e9mentaires sont encore n\u00e9cessaires pour mieux comprendre le m\u00e9canisme. Mais une cons\u00e9quence pratique de cette d\u00e9couverte pourrait \u00eatre que les patients qui ont d\u00e9j\u00e0 une faible m\u00e9thylation de la MAOA devraient \u00eatre trait\u00e9s avec un IRSN ou un inhibiteur de la MAOA plut\u00f4t qu&#8217;un ISRS.<\/p>\n<h2 id=\"prevenir-les-maladies-mentales-grace-a-lepigenetique\">Pr\u00e9venir les maladies mentales gr\u00e2ce \u00e0 l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique ?<\/h2>\n<p>&#8220;Mais ce qui est passionnant, ce n&#8217;est pas seulement ce m\u00e9canisme pathog\u00e9n\u00e9tique-fonctionnel, c&#8217;est qu&#8217;il y a une bidirectionnalit\u00e9&#8221;, souligne le professeur Domschke. &#8220;La g\u00e9n\u00e9tique est immuable. Mais l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, la m\u00e9thylation, est dynamique. Elle r\u00e9pond aux influences de l&#8217;environnement&#8221;. Les \u00e9v\u00e9nements de la vie per\u00e7us subjectivement de mani\u00e8re n\u00e9gative contribuent \u00e0 une r\u00e9duction de la m\u00e9thylation de la MAOA. Les traumatismes peuvent donc conduire \u00e0 un statut de risque \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique. La bonne nouvelle \u00e0 l&#8217;inverse : les \u00e9v\u00e9nements positifs ont \u00e9t\u00e9 corr\u00e9l\u00e9s positivement avec la m\u00e9thylation de la MAOA. Les mesures favorisant la r\u00e9silience peuvent contribuer \u00e0 la prophylaxie des maladies mentales <strong>(fig.&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11810 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/545;height:297px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"545\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26-800x396.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26-120x59.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26-90x45.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26-320x159.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/abb3_np3_s26-560x277.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Dans ce contexte, le r\u00f4le de la psychoth\u00e9rapie a \u00e9galement \u00e9t\u00e9 \u00e9tudi\u00e9. Il s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 que la psychoth\u00e9rapie conduisait \u00e9galement \u00e0 une normalisation de la m\u00e9thylation et donc \u00e0 une am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes. A moyen terme, une compr\u00e9hension \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique des m\u00e9canismes d&#8217;action de la psychoth\u00e9rapie pourrait permettre de l&#8217;augmenter par des m\u00e9dicaments qui \u00e9l\u00e8veraient les patients \u00e0 faible m\u00e9thylation MAOA au niveau des patients \u00e0 m\u00e9thylation \u00e9lev\u00e9e, selon le professeur Domschke.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique repr\u00e9sente, en l&#8217;\u00e9tat actuel des connaissances, une possibilit\u00e9 de pr\u00e9dire la r\u00e9ponse individuelle au traitement dans le sens d&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie personnalis\u00e9e et d&#8217;expliquer &#8211; \u00e9ventuellement &#8211; les m\u00e9canismes d&#8217;action de la psychoth\u00e9rapie.<\/p>\n<h2 id=\"quelles-sont-les-nouveautes-en-matiere-de-pharmacotherapie\">Quelles sont les nouveaut\u00e9s en mati\u00e8re de pharmacoth\u00e9rapie ?<\/h2>\n<p>Les phobies sp\u00e9cifiques ne sont pas trait\u00e9es par des m\u00e9dicaments, mais par une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale. Pour la phobie sociale, le trouble panique et le trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9, les ISRS et les IRSN sont le traitement de choix. Selon une \u00e9tude publi\u00e9e en 2017, l&#8217;agom\u00e9latine semble efficace non seulement dans la d\u00e9pression, pour le traitement de laquelle elle est autoris\u00e9e, mais aussi dans le traitement du trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 [4]. Off-label, l&#8217;agom\u00e9latine constitue donc un bon compl\u00e9ment. La qu\u00e9tiapine, autoris\u00e9e dans la schizophr\u00e9nie et le trouble bipolaire, a \u00e9galement montr\u00e9 une efficacit\u00e9 significative en monoth\u00e9rapie dans le traitement du trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 [5]. L&#8217;extrait d&#8217;huile de lavande, indiqu\u00e9 dans l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et les troubles de l&#8217;humeur, s&#8217;est \u00e9galement r\u00e9v\u00e9l\u00e9 efficace dans le traitement des troubles anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9s lors d&#8217;\u00e9tudes [6].<\/p>\n<p>Un mot encore sur la pr\u00e9gabaline : alors que cette substance a une efficacit\u00e9 \u00e9vidente et donc une \u00e9vidence Ia, elle est soup\u00e7onn\u00e9e de cr\u00e9er une d\u00e9pendance. C&#8217;est pourquoi il n&#8217;existe actuellement qu&#8217;une recommandation B pour la pr\u00e9gabaline. Il en va de m\u00eame pour la gabapentine. Il convient toutefois de noter que ces substances pr\u00e9sentent le risque le plus faible par rapport \u00e0 d&#8217;autres agents pr\u00e9sentant un potentiel de d\u00e9pendance. De plus, la d\u00e9pendance aux gabapentino\u00efdes est r\u00e9guli\u00e8rement associ\u00e9e \u00e0 d&#8217;autres d\u00e9pendances, notamment l&#8217;opiomanie et la politoxicomanie. Il en r\u00e9sulte que ni la pr\u00e9gabaline ni la gabapentine ne devraient \u00eatre abandonn\u00e9es dans le traitement, sauf dans le traitement des personnes d\u00e9j\u00e0 d\u00e9pendantes. Il convient plut\u00f4t d&#8217;\u00e9viter l&#8217;administration de benzodiaz\u00e9pines. Les (endo)cannabino\u00efdes, dont il est question de toutes parts, ne disposent actuellement pas de preuves suffisantes, de sorte qu&#8217;ils ne constituent pas non plus une option de traitement.<\/p>\n<p>\n<em>Source : <sup>10e<\/sup> Forum suisse des troubles de l&#8217;humeur et de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Meier SM, et al : Secondary depression in severe anxiety disorders : a population-based cohort study in Denmark. Lancet Psychiatry 2015 ; 2(6) : 515-523.<\/li>\n<li>Ziegler C, Domschke K : Signature \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique des g\u00e8nes MAOA et MAOB dans les troubles mentaux. J Neural Transm 2018 ; 125(11) : 1581-1588.<\/li>\n<li>Domschke K, et al : Hypom\u00e9thylation de l&#8217;ADN du g\u00e8ne de la monoamine oxydase A &#8211; un facteur de risque pour les troubles paniques ? Int J Neuropsychopharmacol 2012 ; 15(9) : 1217-1228.<\/li>\n<li>Stein DJ, et al. : Efficacit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 de l&#8217;agom\u00e9latine (10 ou 25 mg\/jour) chez les out-patients non d\u00e9prim\u00e9s souffrant de trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 : une \u00e9tude de 12 semaines, en double aveugle, contr\u00f4l\u00e9e par placebo. Eur Neuropsychopharmacol 2017 ; 27(5) : 526-537.<\/li>\n<li>Maneeton N, et al : Qu\u00e9tiapine monoth\u00e9rapie dans le traitement aigu du trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 : une revue syst\u00e9matique et m\u00e9ta-analyse des essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s. Drug Des Devel Ther 2016 ; 10 : 259-276.<\/li>\n<li>Kasper S, et al : La pr\u00e9paration d&#8217;huile de lavande Silexan est efficace dans le trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 &#8211; une comparaison randomis\u00e9e, en double aveugle avec le placebo et la parox\u00e9tine. Int J Neuropsychopharmacol 2014 ; 17(6) : 859-869.<\/li>\n<li>Domschke K : Facteurs pr\u00e9dictifs dans les troubles anxieux. Neurologue 2014 ; 85(10) : 1263-1268.<\/li>\n<li>Ziegler C, Schiele M, Domschke K : \u00c9pig\u00e9n\u00e9tique pathologique et th\u00e9rapeutique des maladies mentales. 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