{"id":336470,"date":"2019-04-08T02:00:00","date_gmt":"2019-04-08T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/agir-dans-une-perspective-biopsychosociale\/"},"modified":"2019-04-08T02:00:00","modified_gmt":"2019-04-08T00:00:00","slug":"agir-dans-une-perspective-biopsychosociale","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/agir-dans-une-perspective-biopsychosociale\/","title":{"rendered":"Agir dans une perspective biopsychosociale"},"content":{"rendered":"<p><strong>La pharmacoth\u00e9rapie de la d\u00e9pression fait partie d&#8217;un processus de traitement global bas\u00e9 sur un mod\u00e8le biopsychosocial. En principe, plus la d\u00e9pression est grave, plus le traitement antid\u00e9presseur est \u00e9vident.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La pharmacoth\u00e9rapie constitue un pilier important dans le traitement de la d\u00e9pression. Le traitement r\u00e9ussi d&#8217;une personne souffrant de d\u00e9pression n\u00e9cessite toujours une perspective biopsychosociale <strong>(fig.&nbsp;1).<\/strong> De nombreux patients ne r\u00e9pondent pas au traitement initial. Une attitude du m\u00e9decin marqu\u00e9e par l&#8217;espoir et l&#8217;orientation vers les ressources ainsi que l&#8217;exp\u00e9rience de diff\u00e9rentes strat\u00e9gies th\u00e9rapeutiques sont des facteurs essentiels dans le traitement suffisant d&#8217;une d\u00e9pression.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11618\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/abb1-np2_s21.png\" style=\"height:691px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1267\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"indication-dun-traitement-medicamenteux\">Indication d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux<\/h2>\n<p>Le guide S3 recommande, en cas d&#8217;\u00e9pisodes d\u00e9pressifs l\u00e9gers, &#8220;si l&#8217;on peut supposer que la symptomatologie s&#8217;att\u00e9nuera m\u00eame sans traitement actif&#8221;, un &#8220;accompagnement actif-attentif&#8221; pendant deux semaines. En cas d&#8217;\u00e9pisodes mod\u00e9r\u00e9s ou s\u00e9v\u00e8res, un traitement imm\u00e9diat est recommand\u00e9. Alors que la pharmacoth\u00e9rapie ou la psychoth\u00e9rapie sont recommand\u00e9es pour les \u00e9pisodes l\u00e9gers et mod\u00e9r\u00e9s, la combinaison des deux mesures est le moyen de choix pour la d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re.<\/p>\n<p>Dans l&#8217;ensemble, les preuves en faveur d&#8217;un traitement pharmacologique des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs l\u00e9gers sont nettement moins nombreuses que pour une d\u00e9pression mod\u00e9r\u00e9e ou s\u00e9v\u00e8re et ne sont recommand\u00e9es, selon les lignes directrices, que si le patient le demande express\u00e9ment. En cas de d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re, un traitement pharmacologique est absolument indiqu\u00e9. Le traitement pharmacologique des d\u00e9pressions graves, notamment celles \u00e0 caract\u00e8re d\u00e9lirant, est souvent la base d&#8217;un traitement psychoth\u00e9rapeutique efficace.<\/p>\n<p>Le traitement de la d\u00e9pression unipolaire est tr\u00e8s diff\u00e9rent de celui de la d\u00e9pression bipolaire. L&#8217;article se concentre sur la d\u00e9pression unipolaire. Certaines particularit\u00e9s du traitement de la d\u00e9pression bipolaire sont mises en lumi\u00e8re dans le <strong>tableau&nbsp;1<\/strong>.<\/p>\n<h2 id=\"choix-des-antidepresseurs\">Choix des antid\u00e9presseurs<\/h2>\n<p>Les comparaisons d&#8217;efficacit\u00e9 et les m\u00e9ta-analyses ont montr\u00e9 une sup\u00e9riorit\u00e9 des antid\u00e9presseurs par rapport au placebo, mais pas de diff\u00e9rences tr\u00e8s nettes entre les diff\u00e9rentes substances. La raison principale en est que les designs d&#8217;\u00e9tudes ne sont souvent pas tr\u00e8s significatifs ou que les \u00e9chantillons sont trop petits, ainsi que l&#8217;h\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 de la maladie.<\/p>\n<p>Lors du choix de la substance, il convient de prendre en compte, outre l&#8217;exp\u00e9rience du m\u00e9decin avec la substance, des facteurs tels que l&#8217;efficacit\u00e9 ant\u00e9rieure, les comorbidit\u00e9s, les caract\u00e9ristiques psychopathologiques (en particulier les troubles du sommeil, l&#8217;excitation, les tendances suicidaires, le d\u00e9lire, les troubles de l&#8217;impulsion, l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9) ainsi que la bipolarit\u00e9. Le <strong>tableau&nbsp;1<\/strong> pr\u00e9sente une liste de contr\u00f4le pour aider \u00e0 la prise de d\u00e9cision.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11619 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/tab1_np2_s22.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1121;height:611px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1121\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les antid\u00e9presseurs les plus anciens (premi\u00e8re g\u00e9n\u00e9ration) sont les tricycliques (ATC). En raison de leurs effets secondaires (par ex. effet anticholinergique, cardiotoxicit\u00e9, prise de poids), ils sont aujourd&#8217;hui beaucoup moins utilis\u00e9s que les antid\u00e9presseurs de deuxi\u00e8me et troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration, d\u00e9velopp\u00e9s plus tard. Ils restent cependant une option, en particulier chez les patients souffrant de d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re et qui ne r\u00e9pondent pas suffisamment aux autres antid\u00e9presseurs. Les antid\u00e9presseurs autoris\u00e9s en Suisse, leur classification en fonction de leur m\u00e9canisme d&#8217;action ainsi que certaines caract\u00e9ristiques des substances sont pr\u00e9sent\u00e9es dans le <strong>tableau&nbsp;2.<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11620 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/04\/tab2_np2_s24.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1413;height:771px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1413\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"motiver-le-patient\">Motiver le patient<\/h2>\n<p>\u00c9tant donn\u00e9 que la d\u00e9pression s&#8217;accompagne souvent de d\u00e9sespoir, d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 et d&#8217;incapacit\u00e9 \u00e0 prendre des d\u00e9cisions, le m\u00e9decin doit prendre le temps de fournir des informations personnalis\u00e9es en fonction des sympt\u00f4mes p\u00e9nibles et de motiver les patients \u00e0 suivre le traitement recommand\u00e9. Les exp\u00e9riences tir\u00e9es de l&#8217;anamn\u00e8se m\u00e9dicamenteuse devraient \u00eatre valid\u00e9es et int\u00e9gr\u00e9es dans le processus d\u00e9cisionnel participatif pour la recommandation th\u00e9rapeutique individuelle. En particulier au d\u00e9but d&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie, il convient de pr\u00e9voir des consultations fr\u00e9quentes (au moins une fois par semaine) ou des rendez-vous t\u00e9l\u00e9phoniques afin d&#8217;aider le patient \u00e0 suivre son traitement. Le mat\u00e9riel d&#8217;information, l&#8217;implication des proches ou des personnes concern\u00e9es (&#8220;peer-to-peer&#8221;) peuvent aider \u00e0 cet \u00e9gard. Une ambivalence \u00e9lev\u00e9e due \u00e0 la maladie ou des \u00e9l\u00e9ments d\u00e9lirants, qui peuvent \u00eatre pr\u00e9sents dans une d\u00e9pression s\u00e9v\u00e8re, peuvent rendre difficile la disposition \u00e0 suivre un traitement antid\u00e9presseur ad\u00e9quat.<\/p>\n<h2 id=\"dosage-et-controles-de-routine\">Dosage et contr\u00f4les de routine<\/h2>\n<p>Les antid\u00e9presseurs sont administr\u00e9s \u00e0 doses progressives. Conform\u00e9ment aux lignes directrices, il convient d&#8217;atteindre le dosage quotidien moyen au cours de la premi\u00e8re semaine. Une am\u00e9lioration des sympt\u00f4mes devrait se produire au cours des trois premi\u00e8res semaines. Le d\u00e9lai d&#8217;action est souvent plus long chez les patients \u00e2g\u00e9s (environ six semaines). En outre, chez les personnes \u00e2g\u00e9es, le traitement doit \u00eatre initi\u00e9 \u00e0 des doses plus faibles.<\/p>\n<p>Comme certains antid\u00e9presseurs ont des effets secondaires, en particulier au d\u00e9but, qui s&#8217;att\u00e9nuent ou disparaissent souvent avec le temps (p. ex. naus\u00e9es ou augmentation de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 avec les ISRS), il est n\u00e9cessaire d&#8217;informer les patients \u00e0 l&#8217;avance de l&#8217;\u00e9volution dans le temps afin de les aider \u00e0 ne pas arr\u00eater le m\u00e9dicament trop t\u00f4t. Ce sont surtout les patients qui ont des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;interruption du traitement m\u00e9dicamenteux en raison d&#8217;effets secondaires qui b\u00e9n\u00e9ficient d&#8217;une phase d&#8217;augmentation de la dose plus longue. La pr\u00e9sentation des antid\u00e9presseurs sous forme de gouttes (escitalopram, parox\u00e9tine, sertraline, vortiox\u00e9tine) est appropri\u00e9e \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p>En r\u00e8gle g\u00e9n\u00e9rale, on commence par une monoth\u00e9rapie. En cas de stress important d\u00fb \u00e0 des troubles du sommeil, des pens\u00e9es circulaires, des angoisses et des id\u00e9es suicidaires, un traitement combin\u00e9 peut \u00e9galement \u00eatre utile (AD activant + AD s\u00e9datif ou neuroleptique atypique ; ajout temporaire de benzodiaz\u00e9pines, c&#8217;est-\u00e0-dire pour une dur\u00e9e maximale de 3-4 semaines). En cas de d\u00e9pression d\u00e9lirante, le traitement combin\u00e9 d&#8217;un antid\u00e9presseur et d&#8217;un neuroleptique atypique est indiqu\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but.<\/p>\n<p>Avant le d\u00e9but du traitement antid\u00e9presseur, une prise de sang (num\u00e9ration formule sanguine, cr\u00e9atinine, enzymes h\u00e9patiques, \u00e9lectrolytes, TSH, glyc\u00e9mie, HbA1c), la mesure des param\u00e8tres vitaux et du poids corporel ainsi qu&#8217;un ECG de contr\u00f4le de routine sont effectu\u00e9s, une information sur les effets secondaires, y compris l&#8217;augmentation potentielle des id\u00e9es suicidaires, et des informations sur l&#8217;aptitude \u00e0 conduire.<\/p>\n<p>En fonction de la substance, de la comorbidit\u00e9, de l&#8217;\u00e2ge, des sympt\u00f4mes et du profil d&#8217;effets secondaires, il est recommand\u00e9 de proc\u00e9der \u00e0 des examens de contr\u00f4le (g\u00e9n\u00e9ralement un ECG, une formule sanguine, des tests h\u00e9patiques et r\u00e9naux) \u00e0 un intervalle d&#8217;un mois dans un premier temps (pour plus d&#8217;informations sur chaque substance, voir www.compendium.ch).<\/p>\n<h2 id=\"que-faire-si-la-reponse-est-insuffisante\">Que faire si la r\u00e9ponse est insuffisante ?<\/h2>\n<p>Souvent, on attend trop longtemps avant de changer de strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique. Toutefois, en cas de non-r\u00e9ponse, il convient de modifier la strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique apr\u00e8s la quatri\u00e8me semaine de traitement avec une dose standard. Une am\u00e9lioration d&#8217;au moins 50 % est d\u00e9finie comme une r\u00e9ponse pertinente (Response). Les instruments de d\u00e9pistage (&#8220;Montgomery and Asberg Depression Rating Scale&#8221;, MADRS ; &#8220;Hamilton Rating Scale for Depression&#8221;, HAMD), qui enregistrent l&#8217;\u00e9volution des sympt\u00f4mes, sont des outils appropri\u00e9s pour ce processus de d\u00e9cision.<\/p>\n<p>En cas de non-r\u00e9ponse (non-r\u00e9ponse : &lt;25% d&#8217;am\u00e9lioration) ou d&#8217;am\u00e9lioration insuffisante (r\u00e9ponse partielle : 25-49% d&#8217;am\u00e9lioration), il existe diff\u00e9rentes options pharmacologiques :<\/p>\n<ul>\n<li>Le dosage de l&#8217;antid\u00e9presseur est augment\u00e9. Le suivi th\u00e9rapeutique des m\u00e9dicaments peut aider \u00e0 d\u00e9cider de la marche \u00e0 suivre en indiquant si la substance n&#8217;est pas prise ou si elle n&#8217;est pas prise r\u00e9guli\u00e8rement et si les taux plasmatiques sont faibles ou \u00e9lev\u00e9s en raison de variations du m\u00e9tabolisme (y compris une modification du m\u00e9tabolisme due \u00e0 une co-m\u00e9dication). Les donn\u00e9es probantes concernent principalement les TZA et la venlafaxine. En cas de non-r\u00e9ponse r\u00e9p\u00e9t\u00e9e et d&#8217;effets ind\u00e9sirables importants, un g\u00e9notypage CYP (non couvert par l&#8217;assurance de base) peut \u00eatre envisag\u00e9.<\/li>\n<li>Changement de substance antid\u00e9pressive. Il est recommand\u00e9 de passer \u00e0 une substance ayant un autre m\u00e9canisme d&#8217;action.<\/li>\n<li>Un traitement combin\u00e9 de deux antid\u00e9presseurs est install\u00e9 (&#8220;add on&#8221;, notamment ISRS + mians\u00e9rine ou mirtazapine).<\/li>\n<li>Un traitement d&#8217;augmentation est mis en place, c&#8217;est-\u00e0-dire que l&#8217;antid\u00e9presseur est compl\u00e9t\u00e9 par une autre substance. Le lithium (niveau de preuve \u00e9lev\u00e9, en particulier en cas de tendances suicidaires) ou un neuroleptique atypique (par ex. qu\u00e9tiapine, olanzapine, risp\u00e9ridone, aripiprazole, amisulpride) peuvent \u00eatre utilis\u00e9s \u00e0 cet effet. Les hormones thyro\u00efdiennes, la lamotrigine (en particulier pour la d\u00e9pression bipolaire), le pramipexole, le m\u00e9thylph\u00e9nidate et la bupr\u00e9norphine sont \u00e9galement des strat\u00e9gies d&#8217;augmentation (avec un niveau de preuve plus faible). La plupart des substances utilis\u00e9es pour une augmentation sont off-label, ce qui implique un devoir d&#8217;information particuli\u00e8rement minutieux envers le patient.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour tous les changements, un suivi r\u00e9gulier de l&#8217;effet et des effets secondaires (au moins une fois par semaine) est indiqu\u00e9. En principe, un antid\u00e9presseur ne doit pas \u00eatre arr\u00eat\u00e9 brusquement, mais diminu\u00e9. En cas d&#8217;arr\u00eat brutal, des ph\u00e9nom\u00e8nes de sevrage sont d\u00e9crits chez certains patients (c&#8217;est le cas de la venlafaxine et de la parox\u00e9tine).<\/p>\n<p>Le g\u00e9notypage des variants ABCB1, qui ont une influence sur la pharmacocin\u00e9tique de nombreux antid\u00e9presseurs, fournit des indications pour le choix de l&#8217;antid\u00e9presseur et l&#8217;adaptation de la dose. Le test ABCB1 n&#8217;est pas une prestation obligatoire de l&#8217;assurance maladie.<\/p>\n<p>Jusqu&#8217;\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, les TZA en perfusion constituaient une option pertinente pour le traitement des d\u00e9pressions s\u00e9v\u00e8res r\u00e9sistantes au traitement, surtout dans le cadre d&#8217;une hospitalisation. Les ampoules pour les th\u00e9rapies par perfusion (clomipramine, maprotiline) ne sont malheureusement plus disponibles dans le commerce ; la maprotiline n&#8217;est plus disponible non plus pour la prise orale.<\/p>\n<p>L&#8217;objectif th\u00e9rapeutique est, dans la mesure du possible, la r\u00e9mission (MADRS \u226410 ; HAMD \u22647).<\/p>\n<h2 id=\"recommandations-sur-la-duree-de-prise\">Recommandations sur la dur\u00e9e de prise<\/h2>\n<p>Un souhait fr\u00e9quent des patients est d&#8217;arr\u00eater les antid\u00e9presseurs apr\u00e8s le traitement aigu, lorsque les sympt\u00f4mes d\u00e9pressifs ont disparu ou se sont nettement am\u00e9lior\u00e9s. Le risque de rechute apr\u00e8s un \u00e9pisode aigu \u00e9tant \u00e9lev\u00e9, un traitement d&#8217;entretien de six \u00e0 neuf mois (en raison des effets positifs en termes de neuroplasticit\u00e9) est recommand\u00e9 \u00e0 la m\u00eame dose. Le risque de rechute est particuli\u00e8rement \u00e9lev\u00e9 dans les d\u00e9pressions s\u00e9v\u00e8res et psychotiques. Si le patient et le m\u00e9decin d\u00e9cident de r\u00e9duire ou de supprimer le traitement m\u00e9dicamenteux, cela doit se faire progressivement et sous surveillance r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n<p>Si les patients pr\u00e9sentent des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs r\u00e9currents, il est utile de poursuivre le traitement antid\u00e9presseur en pr\u00e9vention des rechutes apr\u00e8s le traitement d&#8217;entretien ; la dur\u00e9e et la dose d\u00e9pendent de la fr\u00e9quence et de la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 des \u00e9pisodes d\u00e9pressifs.<\/p>\n<h2 id=\"options-therapeutiques-antidepressives-alternatives-ou-complementaires\">Options th\u00e9rapeutiques antid\u00e9pressives alternatives ou compl\u00e9mentaires<\/h2>\n<p>Outre la th\u00e9rapie pharmacologique, il existe d&#8217;autres possibilit\u00e9s de th\u00e9rapie biologique et psychoth\u00e9rapeutique ainsi que des m\u00e9thodes bas\u00e9es sur la pleine conscience qui peuvent \u00eatre utilis\u00e9es en monoth\u00e9rapie ou en compl\u00e9ment de la pharmacoth\u00e9rapie dans le but d&#8217;obtenir une r\u00e9mission ou du moins une r\u00e9ponse aussi bonne que possible de la symptomatologie d\u00e9pressive. Les soutiens dans le domaine social, par exemple en cas de probl\u00e8mes financiers ou professionnels, de familles monoparentales ou de situations d&#8217;exclusion, ont \u00e9galement des effets positifs.<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9lectroconvulsivoth\u00e9rapie (ECT) est d\u00e9crite comme le traitement de choix des d\u00e9pressions s\u00e9v\u00e8res qui ne r\u00e9pondent pas suffisamment aux autres m\u00e9thodes th\u00e9rapeutiques. D&#8217;autres m\u00e9thodes biologiques bien \u00e9tablies sont la luminoth\u00e9rapie (traitement de premi\u00e8re intention de la d\u00e9pression saisonni\u00e8re) et la th\u00e9rapie d&#8217;\u00e9veil.<\/p>\n<p>Il existe \u00e9galement des preuves d&#8217;efficacit\u00e9 concernant les effets de la stimulation magn\u00e9tique transcr\u00e2nienne r\u00e9p\u00e9titive, de la stimulation du nerf vague, de la stimulation transcr\u00e2nienne \u00e0 courant continu, de la stimulation c\u00e9r\u00e9brale profonde, du traitement \u00e0 la k\u00e9tamine et de la th\u00e9rapie au Botox. Les hormones sexuelles, les acides gras om\u00e9ga-3 et les substitutions vitaminiques (acide folique, vit.&nbsp;B12, vit.&nbsp;B6, vit.&nbsp;D) font \u00e9galement l&#8217;objet de discussions dans la litt\u00e9rature scientifique. Ils ne sont pas encore consid\u00e9r\u00e9s comme une prestation d&#8217;assurance de base dans le traitement de la d\u00e9pression, et m\u00eame la luminoth\u00e9rapie n\u00e9cessite g\u00e9n\u00e9ralement une demande de prise en charge. L&#8217;effet activant et stabilisateur de l&#8217;humeur d&#8217;une activit\u00e9 physique r\u00e9guli\u00e8re peut \u00eatre mentionn\u00e9 en plus en tant que m\u00e9thode th\u00e9rapeutique biologique.<\/p>\n<p>Il existe de bonnes preuves pour les th\u00e9rapies psychoth\u00e9rapeutiques (en particulier les th\u00e9rapies de groupe). th\u00e9rapie cognitivo-comportementale, th\u00e9rapie interpersonnelle, th\u00e9rapie des sch\u00e9mas, Cognitive Behavioral Analysis System of Psychotherapy [CBASP]), seuls ou en combinaison. La combinaison d&#8217;une pharmacoth\u00e9rapie et d&#8217;un traitement psychoth\u00e9rapeutique semble particuli\u00e8rement appropri\u00e9e en termes d&#8217;efficacit\u00e9 et de durabilit\u00e9. Plus la d\u00e9pression est grave, plus un traitement pharmacologique est indiqu\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La pharmacoth\u00e9rapie de la d\u00e9pression fait partie d&#8217;un processus de traitement global bas\u00e9 sur un mod\u00e8le biopsychosocial.<\/li>\n<li>Les m\u00e9dicaments de premier choix sont g\u00e9n\u00e9ralement les substances de troisi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration.<\/li>\n<li>Le choix de la substance se fait en fonction des ant\u00e9c\u00e9dents, de la gravit\u00e9 et des anomalies psychopathologiques, des comorbidit\u00e9s du patient et du profil d&#8217;effets secondaires de l&#8217;antid\u00e9presseur.<\/li>\n<li>En cas de non-r\u00e9ponse \u00e0 un antid\u00e9presseur au bout de trois \u00e0 quatre semaines, un changement de strat\u00e9gie th\u00e9rapeutique doit \u00eatre envisag\u00e9.<\/li>\n<li>Plus la d\u00e9pression est s\u00e9v\u00e8re, plus l&#8217;\u00e9vidence du traitement antid\u00e9presseur est \u00e9lev\u00e9e.<\/li>\n<li>En cas de d\u00e9pression d\u00e9lirante, une association avec un antipsychotique atypique est indiqu\u00e9e.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/p>\n<ul>\n<li>American Psychiatric Association (APA) : Practice guideline for the treatment of patients with major depressive disorder. 3\u00e8me \u00e9dition, 2010. https:\/\/psychiatryonline.org\/pb\/assets\/raw\/sitewide\/practice_guidelines\/guidelines\/mdd.pdf, derni\u00e8re consultation 28.02.19.<\/li>\n<li>Benkert O, Hippius H, \u00e9d. : Kompendium der Psychiatrischen Pharmakotherapie, 12e \u00e9dition. Berlin : Springer, 2019.<\/li>\n<li>Cipriani MD, et al : Comparative efficacy and acceptability of 21 antidepressant drugs for the acute treatment of adults with major depressive disorder : a systematic review and network meta-analysis. Lancet 2018 ; 391(10128) : 1357-1366.<\/li>\n<li>Daly EJ, et al : JAMA Psychiatry 2018 ; 75(2) : 139-148.<\/li>\n<li>DGPPN : D\u00e9pression unipolaire. S3-Leitlinie et Nationale Versorgungs Leitlinie (NVL), 2e \u00e9dition, 2015. www.dgppn.de\/_Resources\/Persistent\/d689bf8322a5bf507bcc546eb9d61ca566527f2f\/S3-NVL_depression-2aufl-vers5-lang.pdf, letzter Abruf 28.02.19.<\/li>\n<li>Liu B, et al : Front Cell Neurosci 2017 ; 11 : 305.<\/li>\n<li>NICE Guidance : Depression in adults : recognition and management. Octobre 2009 (mise \u00e0 jour avril 2018). www.nice.org.uk\/guidance\/cg90, derni\u00e8re consultation 28.02.19.<\/li>\n<li>Schuch FB, et al : Am J Psychiatry 2018 ; 175(7) : 631-648.<\/li>\n<li>SSAD, SSPP : Recommandations de traitement : Le traitement somatique des troubles d\u00e9pressifs unipolaires, parties 1 et 2, 2016. www.psychiatrie.ch\/sgpp\/fachleute-und-kommissionen\/behandlungsempfehlungen, derni\u00e8re consultation 28.02.19.<\/li>\n<li>Tondo L, Baldessarini RJ : Pharmocopsychiatry 2018 ; 51(5) : 177-188.<\/li>\n<li>Voderholzer U, Hohagen F, \u00e9d. : Th\u00e9rapie des maladies mentales. Etat de l&#8217;art, 14e \u00e9dition. Munich : Elsevier, 2018.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\n&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2019 ; 17(2) : 20-25<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La pharmacoth\u00e9rapie de la d\u00e9pression fait partie d&#8217;un processus de traitement global bas\u00e9 sur un mod\u00e8le biopsychosocial. 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