{"id":336568,"date":"2019-03-14T01:00:00","date_gmt":"2019-03-14T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/toujours-un-defi-therapeutique\/"},"modified":"2019-03-14T01:00:00","modified_gmt":"2019-03-14T00:00:00","slug":"toujours-un-defi-therapeutique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/toujours-un-defi-therapeutique\/","title":{"rendered":"Toujours un d\u00e9fi th\u00e9rapeutique"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les onychomycoses restent difficiles \u00e0 traiter malgr\u00e9 l&#8217;utilisation d&#8217;antifongiques tr\u00e8s efficaces. Comment traiter la maladie des ongles la plus courante ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les infections de l&#8217;organe de l&#8217;ongle par des champignons sont g\u00e9n\u00e9ralement appel\u00e9es onychomycoses. Elles constituent un groupe de maladies diff\u00e9rentes qui se distinguent par l&#8217;agent pathog\u00e8ne, la dur\u00e9e et surtout les structures de l&#8217;ongle principalement atteintes. Cette diff\u00e9renciation est notamment d&#8217;une grande importance pour la th\u00e9rapie.<\/p>\n<h2 id=\"spectre-des-agents-pathogenes\">Spectre des agents pathog\u00e8nes<\/h2>\n<p>Les agents pathog\u00e8nes les plus courants des onychomycoses classiques sont les dermatophytes, qui poss\u00e8dent des enzymes sp\u00e9ciales pour dig\u00e9rer la k\u00e9ratine. Le dermatophyte de loin le plus fr\u00e9quent est <em>le Trichophyton (T.) rubrum, <\/em>suivi du <em>T.&nbsp;interdigitale (mentagrophytes). <\/em>Tous les autres dermatophytes provoquent beaucoup plus rarement une onychomycose. Parmi les levures, les esp\u00e8ces Candida sont les plus fr\u00e9quentes &#8211; on les trouve de pr\u00e9f\u00e9rence dans les paronychies chroniques des doigts. Les moisissures ont longtemps \u00e9t\u00e9 controvers\u00e9es en tant qu&#8217;agents pathog\u00e8nes, mais des esp\u00e8ces autrefois tr\u00e8s rares sont aujourd&#8217;hui observ\u00e9es de plus en plus fr\u00e9quemment, par exemple les esp\u00e8ces Fusarium. La plupart du temps, il n&#8217;est pas possible d&#8217;identifier l&#8217;agent pathog\u00e8ne d&#8217;un point de vue clinique <strong>(tab.&nbsp;1)<\/strong> [1].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11488\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_dp1_s17.png\" style=\"height:417px; width:400px\" width=\"852\" height=\"889\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"frequence\">Fr\u00e9quence<\/h2>\n<p>La pr\u00e9valence des onychomycoses est tr\u00e8s variable. Les hommes semblent \u00eatre un peu plus touch\u00e9s, avec une pr\u00e9valence de 2,6% pour les femmes et de 2,8% pour les hommes en Grande-Bretagne, par exemple. Au total, environ 3 \u00e0 8 % de la population serait atteinte d&#8217;onychomycose, mais des fr\u00e9quences de 8 \u00e0 40 % ont \u00e9t\u00e9 mises en \u00e9vidence dans diff\u00e9rents groupes professionnels. Chez 20 \u00e0 30% des patients atteints de tinea pedum, on trouve une atteinte des ongles. La fr\u00e9quence augmente proportionnellement avec l&#8217;\u00e2ge [2]. Il existe manifestement une susceptibilit\u00e9 autosomique dominante aux onychomycoses, c&#8217;est-\u00e0-dire que l&#8217;on observe de pr\u00e9f\u00e9rence une propagation verticale dans la famille [3]. Les personnes atteintes de psoriasis sont plus susceptibles d&#8217;avoir une mycose des ongles. Les ongles des orteils sont sept \u00e0 dix fois plus touch\u00e9s en raison de leur croissance trois fois plus lente. Chez les personnes immunod\u00e9prim\u00e9es, il faut toujours penser aux agents pathog\u00e8nes rares, qui sont souvent tr\u00e8s difficiles \u00e0 traiter. Les infections mixtes repr\u00e9sentent environ 5% de toutes les onychomycoses [4].<\/p>\n<h2 id=\"types-donychomycose\">Types d&#8217;onychomycose<\/h2>\n<p>La distinction des onychomycoses (OM) en fonction de la voie d&#8217;infection et de la clinique qui en r\u00e9sulte est utile sur le plan clinique, car elle explique \u00e9galement la gravit\u00e9 et contribue \u00e0 d\u00e9terminer les perspectives de traitement [5].<\/p>\n<p>La forme de loin la plus fr\u00e9quente est l&#8217;OM sous-ungu\u00e9ale distale-lat\u00e9rale, dans laquelle le champignon pathog\u00e8ne p\u00e9n\u00e8tre dans l&#8217;hyponychium \u00e0 partir de la peau du bout du doigt ou de l&#8217;orteil, puis dans le lit de l&#8217;ongle. On observe d&#8217;abord une l\u00e9g\u00e8re hyperk\u00e9ratose du lit de l&#8217;ongle distal, qui augmente lentement et peut soulever l&#8217;ongle. Progressivement, la partie distale de l&#8217;ongle s&#8217;opacifie et devient opaque. Histologiquement, on constate que les champignons se trouvent principalement dans la k\u00e9ratose sous-ungu\u00e9ale et que l&#8217;ongle situ\u00e9 au-dessus constitue une barri\u00e8re plut\u00f4t que la cible principale de l&#8217;infection. Le champignon se propage lentement vers la partie proximale et peut atteindre la matrice <strong>(Fig.&nbsp;1-3). <\/strong>La limite proximale est tr\u00e8s souvent de forme irr\u00e9guli\u00e8re. Une bande jaune se r\u00e9tr\u00e9cissant vers la partie proximale se d\u00e9veloppe parfois sous les ongles des orteils &#8211; elle est extr\u00eamement riche en champignons, qui sont ici constitu\u00e9s de spores et de filaments fongiques tr\u00e8s courts, avec une paroi cellulaire tr\u00e8s \u00e9paisse. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est \u00e9galement appel\u00e9 dermatophytome. Apr\u00e8s souvent des ann\u00e9es d&#8217;existence, l&#8217;ongle entier peut \u00eatre affect\u00e9 et finalement d\u00e9truit.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11489 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb1-3_dp1_s18.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/314;height:171px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"314\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;onychomycose blanche superficiaire (WSO) se caract\u00e9rise par des taches irr\u00e9guli\u00e8res de couleur blanche crayeuse \u00e0 la surface des ongles des orteils. Elle est principalement caus\u00e9e par <em>T.&nbsp;mentagrophytes <\/em>. Il faut diff\u00e9rencier de cette forme classique l&#8217;OMS des ongles, plus rare, caus\u00e9e par <em>T. rubrum<\/em> et qui se rencontre pratiquement exclusivement chez les patients atteints du SIDA. Ici, la coloration blanche est plus nuageuse que crayeuse.<\/p>\n<p>Une autre forme d&#8217;OM est l&#8217;OM sous-ungu\u00e9ale blanche proximale, dans laquelle le champignon se propage sur la cuticule et le long de la face inf\u00e9rieure du mur proximal de l&#8217;ongle en direction de la matrice. Lorsqu&#8217;elle est atteinte, le champignon est litt\u00e9ralement noy\u00e9 dans l&#8217;ongle nouvellement form\u00e9 et peut p\u00e9n\u00e9trer toutes les couches de l&#8217;ongle. La coh\u00e9rence optique de la plaque ungu\u00e9ale est ainsi affect\u00e9e et l&#8217;ongle appara\u00eet blanc.<\/p>\n<p>Une forme rare est l&#8217;endonyx-OM. Les agents pathog\u00e8nes sont presque exclusivement <em>T.&nbsp;soudanense<\/em> et <em>T. violaceum,<\/em> qui sont \u00e9galement des agents pathog\u00e8nes connus de la tinea capitis. Ici, seule la plaque de l&#8217;ongle est affect\u00e9e. Histologiquement, les champignons sont visibles dans les couches moyennes de l&#8217;ongle.<\/p>\n<p><em>Le Candida albicans<\/em> poss\u00e8de des enzymes qui peuvent \u00e9galement d\u00e9composer la k\u00e9ratine. Dans les pays chauds, une infection tr\u00e8s similaire \u00e0 l&#8217;onychomycose sous-ungu\u00e9ale distale peut \u00eatre provoqu\u00e9e, mais dans les climats temp\u00e9r\u00e9s, il s&#8217;agit g\u00e9n\u00e9ralement d&#8217;une infection de l&#8217;ongle proximal avec paronychie. Chez les nouveau-n\u00e9s, le Candida albicans provoque parfois une OM sous-ungu\u00e9ale proximale.<\/p>\n<p>Toutes les diff\u00e9rentes formes d&#8217;OM peuvent \u00e9voluer vers une OM dystrophique totale, dans laquelle l&#8217;ongle est compl\u00e8tement d\u00e9truit. L&#8217;infection des ongles survenant dans le cadre de la candidose mucocutan\u00e9e chronique est d&#8217;embl\u00e9e totalement dystrophique [6].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic-differentiel\">Diagnostic diff\u00e9rentiel<\/h2>\n<p>Le principal diagnostic diff\u00e9rentiel est le psoriasis des ongles<strong> (Fig.&nbsp;4), <\/strong>qui pr\u00e9sente de nombreuses similitudes cliniques et histologiques avec l&#8217;OM. Les taches, les fossettes, les taches d&#8217;huile, l&#8217;onycholyse distale et le jaunissement sont caract\u00e9ristiques. Au niveau des orteils, on observe souvent une onycholyse d&#8217;origine m\u00e9canique due au chevauchement des orteils et aux frottements. Le lichen plan unguium pr\u00e9sente principalement des sillons longitudinaux et des d\u00e9fauts de surface et a tendance \u00e0 se cicatriser de mani\u00e8re irr\u00e9versible avec formation de pt\u00e9rygion. L&#8217;ecz\u00e9ma des ongles se caract\u00e9rise par des fossettes irr\u00e9guli\u00e8res et des sillons et bourrelets transversaux, et souvent par une paronychie due \u00e0 la participation du mur de l&#8217;ongle. Le syndrome dit des &#8220;20 ongles&#8221; touche pr\u00e9f\u00e9rentiellement les enfants et se caract\u00e9rise par des ongles rugueux. Il peut \u00eatre idiopathique ou s&#8217;inscrire dans le cadre d&#8217;un ecz\u00e9ma atopique, d&#8217;un psoriasis ou d&#8217;un lichen plan. L&#8217;onychogrypose se caract\u00e9rise par un \u00e9paississement massif, g\u00e9n\u00e9ralement des ongles des orteils, qui sont parfois infect\u00e9s par des mycoses.  <em>Pseudomonas aeruginosa <\/em>colonise \u00e9galement volontiers les ongles infect\u00e9s par des champignons. Il n&#8217;est pas rare que les ongles psoriasiques pr\u00e9sentent une infection fongique suppl\u00e9mentaire, et une mycose est \u00e9galement possible dans d&#8217;autres maladies des ongles. Les paronychies sont plus souvent dues \u00e0 des allergies qu&#8217;\u00e0 des<em> candidoses<\/em>. Il peut \u00e9galement \u00eatre difficile de distinguer les artefacts, par exemple le recul compulsif du bord proximal de l&#8217;ongle ou l&#8217;onychotillomanie.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11490 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb4_dp1_s18.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 883px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 883\/750;height:340px; width:400px\" width=\"883\" height=\"750\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>En cas de suspicion d&#8217;onychomycose, il faut toujours confirmer le diagnostic, par exemple par une pr\u00e9paration directe, la culture ou\/et l&#8217;histologie des ongles. Cette derni\u00e8re est environ deux fois plus souvent positive que la culture, qui est souvent faussement n\u00e9gative, et elle peut faire la diff\u00e9rence entre la contamination et l&#8217;infection r\u00e9elle <strong>(Fig.&nbsp;5) <\/strong>[7]. Le mat\u00e9riel doit \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9 sous l&#8217;ongle \u00e0 partir du bord proximal de l&#8217;infection dans le cas de l&#8217;onchyomycose sous-ungu\u00e9ale distale (DLSO), gratt\u00e9 \u00e0 partir de la surface de l&#8217;ongle dans le cas de l&#8217;OM sous-ungu\u00e9ale proximale, une perforation de la plaque ungu\u00e9ale peut confirmer le diagnostic. Les m\u00e9thodes plus r\u00e9centes sont la r\u00e9action en cha\u00eene de la polym\u00e9rase (PCR) et la spectroscopie de masse par d\u00e9sorption laser assist\u00e9e par matrice\/&#8221;time-of-flight&#8221; (MALDI-TOF), mais elles sont co\u00fbteuses et ne sont pas encore largement disponibles. Non seulement la d\u00e9tection des champignons en g\u00e9n\u00e9ral, mais aussi la distinction entre les diff\u00e9rents champignons pathog\u00e8nes sont d&#8217;une grande importance pour le traitement. Si les tests mycologiques sont n\u00e9gatifs et que la suspicion d&#8217;infection fongique persiste, les tests doivent \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9s. Un r\u00e9sultat positif justifie \u00e9galement un traitement antifongique g\u00e9n\u00e9ralement plus long.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11491 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb5_dp1_s19.jpg\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/810;height:295px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"810\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"traitement\">Traitement<\/h2>\n<p>Les onychomycoses sont les mycoses cutan\u00e9es les plus difficiles \u00e0 traiter et le traitement est g\u00e9n\u00e9ralement le plus long. En principe, elle comprend des mesures d&#8217;hygi\u00e8ne g\u00e9n\u00e9rales ainsi que des traitements m\u00e9caniques, topiques et syst\u00e9miques.<\/p>\n<p>Il est important de garder les pieds au sec, de traiter la tinea de la peau environnante et d&#8217;\u00e9viter les chaussures herm\u00e9tiques, notamment pour pr\u00e9venir les r\u00e9cidives. En cas de paronychie, il convient de r\u00e9duire au minimum le contact avec l&#8217;humidit\u00e9 et d&#8217;\u00e9viter tout contact avec la viande, le poisson, les l\u00e9gumes frais et les fruits.<\/p>\n<p>Les ongles \u00e9paissis et les hyperk\u00e9ratoses sous-ungu\u00e9ales doivent \u00eatre \u00e9limin\u00e9s m\u00e9caniquement dans la mesure du possible, de pr\u00e9f\u00e9rence apr\u00e8s avoir ramolli les masses corn\u00e9es avec une p\u00e2te \u00e0 base d&#8217;ur\u00e9e \u00e0 40%. La peau environnante est recouverte de sparadrap et la p\u00e2te est appliqu\u00e9e sur l&#8217;ongle sur l&#8217;\u00e9paisseur d&#8217;un dos de couteau, puis laiss\u00e9e en place sous un pansement occlusif pendant trois \u00e0 cinq jours. Les parties malades de l&#8217;ongle se ramollissent beaucoup plus rapidement et peuvent \u00eatre facilement coup\u00e9es ou gratt\u00e9es. En g\u00e9n\u00e9ral, cela doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9 plusieurs fois jusqu&#8217;\u00e0 ce que tout le mat\u00e9riel infect\u00e9 soit retir\u00e9. Vient ensuite le traitement fongique proprement dit.<\/p>\n<p>Selon le consensus g\u00e9n\u00e9ral, le traitement local seul n&#8217;est utile que si l&#8217;atteinte ne d\u00e9passe pas un tiers de l&#8217;ongle et si la matrice n&#8217;est pas encore atteinte. Les solutions et les cr\u00e8mes antifongiques ne sont pas efficaces. L&#8217;amorolfine 5% et le ciclopirox 8% sont disponibles sous forme de vernis. Le vernis \u00e0 l&#8217;amorolfine est appliqu\u00e9 une fois par semaine, le ciclopirox quotidiennement. Une nouvelle base de vernis soluble dans l&#8217;eau \u00e0 base d&#8217;hydroxypropylchitosane semble sup\u00e9rieure. N\u00e9anmoins, les taux de gu\u00e9rison du traitement par vernis seul, m\u00eame apr\u00e8s une \u00e9mulsion chimique pr\u00e9alable par rongeurs, ne sont que de 5 \u00e0 15% maximum. Les nouveaux m\u00e9dicaments pour le traitement topique de la MO sont l&#8217;\u00e9finaconazole 10% et le tavaborol 5%. Ils sont autoris\u00e9s aux \u00c9tats-Unis et tr\u00e8s chers, les taux de r\u00e9ussite sont l\u00e9g\u00e8rement meilleurs qu&#8217;avec les vernis disponibles ici. Le luliconazole est \u00e9galement disponible au Japon pour le traitement des ongles. La terbinafine 10% en base de vernis n&#8217;est pas disponible dans le commerce, mais a \u00e9t\u00e9 test\u00e9e \u00e0 plusieurs reprises.<\/p>\n<p>Le traitement syst\u00e9mique par des antifongiques est sup\u00e9rieur au traitement local [8]. Le premier produit efficace par voie orale contre les dermatophytes \u00e9tait la gris\u00e9ofulvine, mais elle n&#8217;est pratiquement plus utilis\u00e9e aujourd&#8217;hui. Les taux de gu\u00e9rison \u00e9taient faibles et la dur\u00e9e du traitement tr\u00e8s longue. Le premier azol\u00e9 utilis\u00e9 par voie syst\u00e9mique \u00e9tait le k\u00e9toconazole, qui a provoqu\u00e9 des r\u00e9actions h\u00e9patotoxiques idiopathiques graves isol\u00e9es et n&#8217;est d\u00e9sormais plus commercialis\u00e9 que pour d&#8217;autres indications. Les succ\u00e8s obtenus dans le traitement des onychomycoses et de la candidose muco-cutan\u00e9e chronique ont \u00e9t\u00e9 impressionnants. L&#8217;itraconazole, qui lui a succ\u00e9d\u00e9, est d\u00e9sormais l&#8217;antifongique au spectre le plus large contre les dermatophytes, les levures et les moisissures. Une dur\u00e9e de traitement de deux \u00e0 trois mois est recommand\u00e9e pour les mycoses des ongles des mains et de trois \u00e0 quatre mois pour les ongles des pieds. La th\u00e9rapie dite d&#8217;impulsion de 400&nbsp;mg\/jour pendant une semaine par mois est \u00e9quivalente \u00e0 la th\u00e9rapie continue de 200&nbsp;mg par jour et permet d&#8217;\u00e9conomiser la moiti\u00e9 de la substance. La tol\u00e9rance de l&#8217;itraconazole est g\u00e9n\u00e9ralement tr\u00e8s bonne, des interf\u00e9rences avec d&#8217;autres m\u00e9dicaments sont possibles. Le traitement de choix des onychomycoses \u00e0 dermatophytes est la terbinafine, recommand\u00e9e \u00e0 la dose de 250&nbsp;mg par jour pendant deux \u00e0 trois mois pour les onychomycoses des doigts et trois \u00e0 quatre mois pour les onychomycoses des orteils. Dans les \u00e9tudes comparatives, la terbinafine \u00e9tait nettement sup\u00e9rieure \u00e0 l&#8217;itraconazole et au fluconazole. Le fluconazole a \u00e9t\u00e9 recommand\u00e9 comme alternative \u00e0 la dose de 150-450&nbsp;mg\/semaine et doit \u00eatre administr\u00e9 jusqu&#8217;\u00e0 la gu\u00e9rison. Malgr\u00e9 de bonnes valeurs in vitro, les taux de gu\u00e9rison des antifongiques oraux ne sont pas \u00e0 la hauteur des attentes.<\/p>\n<p>Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que le traitement combin\u00e9 topique et oral par vernis et comprim\u00e9s est clairement sup\u00e9rieur \u00e0 la monoth\u00e9rapie. Cela vaut aussi bien pour la terbinafine et l&#8217;itraconazole que pour l&#8217;amorolfine et le ciclopirox.<\/p>\n<p>Les lasers ont \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9s par la FDA pour &#8220;am\u00e9liorer temporairement l&#8217;apparence des ongles&#8221;. Des \u00e9tudes critiques n&#8217;ont pas montr\u00e9 d&#8217;effet au-del\u00e0 de l&#8217;aspect cosm\u00e9tique [9].<\/p>\n<h2 id=\"prophylaxie-des-recidives\">Prophylaxie des r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>Les patients atteints d&#8217;onychomycose pr\u00e9sentent un risque tr\u00e8s \u00e9lev\u00e9 de r\u00e9cidive m\u00eame apr\u00e8s la gu\u00e9rison. Cela peut \u00eatre d\u00fb, d&#8217;une part, \u00e0 des r\u00e9sidus subcliniques de l&#8217;infection fongique, \u00e0 une mycose insuffisamment trait\u00e9e de la peau environnante, \u00e0 la persistance de facteurs pr\u00e9disposants tels qu&#8217;une circulation sanguine p\u00e9riph\u00e9rique insuffisante, des l\u00e9sions traumatiques de l&#8217;ongle, des d\u00e9ficiences immunitaires, etc. et, d&#8217;autre part, \u00e0 la r\u00e9infection dans leur propre foyer, o\u00f9 des squames corn\u00e9es sont rest\u00e9es en place, dans lesquelles les spores fongiques peuvent survivre pendant plus de 20 ans. C&#8217;est pourquoi un traitement topique \u00e0 long terme, l&#8217;utilisation de poudres antifongiques pour les chaussures et la d\u00e9sinfection semblent judicieux.  [10].<\/p>\n<h2 id=\"perspectives\">Perspectives<\/h2>\n<p>Les onychomycoses repr\u00e9sentent toujours un d\u00e9fi th\u00e9rapeutique malgr\u00e9 l&#8217;utilisation d&#8217;antifongiques tr\u00e8s efficaces. Elles doivent n\u00e9anmoins \u00eatre trait\u00e9es, car elles repr\u00e9sentent bien plus qu&#8217;un probl\u00e8me esth\u00e9tique. Il faut esp\u00e9rer que la recherche continuera \u00e0 trouver des m\u00e9dicaments bien tol\u00e9r\u00e9s et tr\u00e8s efficaces.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Haneke E : Infections fongiques de l&#8217;ongle. Semin Dermatol 1991 ; 10 : 41-53.<\/li>\n<li>Burzykowski T, et al : Pr\u00e9valence \u00e9lev\u00e9e des affections du pied en Europe : r\u00e9sultats du Projet Achilles. Mycoses 2003 ; 46 : 496-505.<\/li>\n<li>Zaias N, et al : Mod\u00e8le autosomal dominant d&#8217;onychomycose sous-ungu\u00e9ale distale caus\u00e9e par Trichophyton rubrum. J Am Acad Dermatol 1996 ; 34 : 302-304.<\/li>\n<li>Denning DW, et al : Fungal nail disease : a guide to good practice (rapport d&#8217;un groupe de travail de la British Society for Medical Mycology). Br Med J 1995 ; 311 : 1277-1281.<\/li>\n<li>Haneke E : Biopsies ungu\u00e9ales dans l&#8217;onychomycose. Mycoses 1985 ; 28 : 473-480.<\/li>\n<li>Baran R,et al : Une nouvelle classification des onychomycoses. Br J Dermatol 1988 ; 139 : 567-571.<\/li>\n<li>Haneke E : Importance de l&#8217;histologie des ongles pour le diagnostic et le traitement des onychomycoses. \u00c4rztl Kosmetol 1988 ; 18 : 248-254.<\/li>\n<li>Gupta AK, Daigle D, Folley KA : Network meta-analysis of onychomycosis treatments. Skin Append Dis 2015 ; 1 : 74-81.<\/li>\n<li>Gupta AK, Simpson FC : Traitement au laser pour l&#8217;onychomycose. J Cutan Med Surg 2013 ; 17 : 301-307.<\/li>\n<li>Baran R, et al : Onychomycose. <sup>2nd<\/sup> ed. Taylor &amp; Francis, Oxon 2006.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2019 ; 29(1) : 17-20<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les onychomycoses restent difficiles \u00e0 traiter malgr\u00e9 l&#8217;utilisation d&#8217;antifongiques tr\u00e8s efficaces. 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