{"id":336615,"date":"2019-03-06T01:00:00","date_gmt":"2019-03-06T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/un-regard-sur-les-bases-biochimiques\/"},"modified":"2019-03-06T01:00:00","modified_gmt":"2019-03-06T00:00:00","slug":"un-regard-sur-les-bases-biochimiques","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/un-regard-sur-les-bases-biochimiques\/","title":{"rendered":"Un regard sur les bases biochimiques"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le fer est essentiel \u00e0 plusieurs fonctions biochimiques et physiologiques. La carence en fer est tr\u00e8s r\u00e9pandue et constitue l&#8217;une des principales causes d&#8217;an\u00e9mie. En pr\u00e9vention, il est important d&#8217;avoir un apport suffisant en ferritine par le biais de l&#8217;alimentation. En pr\u00e9sence d&#8217;une carence en fer, il est possible de proc\u00e9der \u00e0 une substitution par voie orale ou intraveineuse, l&#8217;efficacit\u00e9 et la tol\u00e9rance variant d&#8217;un individu \u00e0 l&#8217;autre.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le fer est l&#8217;un des quatre \u00e9l\u00e9ments les plus abondants dans la cro\u00fbte terrestre. C&#8217;est un oligo-\u00e9l\u00e9ment important pour tous les \u00eatres vivants, y compris les humains. Il doit son r\u00f4le essentiel en biologie \u00e0 sa capacit\u00e9 \u00e0 transporter des \u00e9lectrons et \u00e0 se lier de mani\u00e8re r\u00e9versible. Ainsi, dans l&#8217;h\u00e9moglobine, il est responsable du transport efficace de l&#8217;oxyg\u00e8ne fortement \u00e9lectron\u00e9gatif. Pour la m\u00eame raison, le fer est un \u00e9l\u00e9ment central de nombreux syst\u00e8mes enzymatiques qui assurent de nombreuses fonctions biochimiques et physiologiques.<\/p>\n<p>Plus de 1,2 milliard de personnes dans le monde souffrent d&#8217;une carence en fer [1]. Celui-ci est l&#8217;une des principales causes d&#8217;an\u00e9mie [2]. En Europe, les donn\u00e9es recueillies aupr\u00e8s des femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er indiquent une pr\u00e9valence de la carence en fer de 10 \u00e0 32%, avec une pr\u00e9valence de l&#8217;an\u00e9mie estim\u00e9e \u00e0 2-5%. Le pourcentage de femmes ayant une faible r\u00e9serve en fer est estim\u00e9 \u00e0 40-55% [3]. Les pr\u00e9valences de carence en fer chez les jeunes enfants ont \u00e9t\u00e9 enregistr\u00e9es localement et ont montr\u00e9 des valeurs de 4 \u00e0 48%. Les jeunes enfants constituent donc un autre groupe \u00e0 risque de carence en fer [4].<\/p>\n<p>Pourquoi l&#8217;un des \u00e9l\u00e9ments les plus r\u00e9pandus&nbsp; est-il en m\u00eame temps responsable d&#8217;une importante carence mondiale ? La raison en est la capacit\u00e9 du fer \u00e0 favoriser la formation de radicaux r\u00e9actifs toxiques. En outre, le fer est pratiquement insoluble sous forme libre au pH physiologique (c&#8217;est-\u00e0-dire partout dans le corps sauf dans l&#8217;acide gastrique). L&#8217;absorption du fer est donc naturellement limit\u00e9e. Pour \u00eatre utilis\u00e9, il doit \u00eatre absorb\u00e9 sous forme li\u00e9e : associ\u00e9 \u00e0 des prot\u00e9ines qui peuvent le lier fortement mais de mani\u00e8re r\u00e9versible.<\/p>\n<h2 id=\"metabolisme-et-absorption-du-fer\">M\u00e9tabolisme et absorption du fer<\/h2>\n<p>A ce jour, aucun m\u00e9canisme actif d&#8217;excr\u00e9tion du fer n&#8217;est connu ; l&#8217;excr\u00e9tion r\u00e9nale n&#8217;est pas pertinente pour l&#8217;\u00e9quilibre du fer. L&#8217;\u00e9quilibre du fer humain doit donc \u00eatre activement r\u00e9gul\u00e9 lors de l&#8217;absorption des aliments dans l&#8217;intestin gr\u00eale, o\u00f9 les ent\u00e9rocytes jouent un r\u00f4le cl\u00e9.<\/p>\n<p>Le fer dans l&#8217;alimentation existe sous deux formes principales : Le fer h\u00e9minique (dans les produits d&#8217;origine animale) et le fer non h\u00e9minique (dans les produits d&#8217;origine animale et non animale). Il est principalement absorb\u00e9 dans l&#8217;intestin gr\u00eale, o\u00f9 le pH du contenu intestinal augmente successivement le long d&#8217;un gradient jusqu&#8217;\u00e0 atteindre un niveau proche de la neutralit\u00e9. Le fer non h\u00e9minique provenant de l&#8217;alimentation devient plus insoluble le long de ce gradient, c&#8217;est pourquoi l&#8217;absorption dans l&#8217;intestin distal joue probablement un r\u00f4le secondaire. La solubilit\u00e9 du fer dans l&#8217;intestin gr\u00eale est un facteur important dans l&#8217;absorption du fer provenant des aliments et peut \u00eatre influenc\u00e9e de mani\u00e8re significative par la composition d&#8217;un repas.<\/p>\n<p>Au niveau cellulaire, le fer h\u00e9minique et le fer non h\u00e9minique sont absorb\u00e9s par diff\u00e9rents transporteurs. Tous deux contribuent \u00e0 la concentration de fer dans les ent\u00e9rocytes, qui est d\u00e9terminante pour la r\u00e9gulation cellulaire du fer. Elle a une influence directe sur la conformation des &#8220;Iron Response Proteins&#8221; (IRPs), qui contr\u00f4lent la synth\u00e8se des prot\u00e9ines de transport cellulaire. Ainsi, le fer intervient directement dans la synth\u00e8se des m\u00e9canismes de transport qui l&#8217;importent ou l&#8217;exportent dans la cellule. Cela est particuli\u00e8rement important pour le contr\u00f4le de l&#8217;\u00e9quilibre syst\u00e9mique du fer dans les ent\u00e9rocytes, les macrophages et les h\u00e9patocytes.<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me composant r\u00e9gulateur \u00e0 action syst\u00e9mique est l&#8217;hormone hepcidine, qui est synth\u00e9tis\u00e9e dans le foie. L&#8217;hepcidine est r\u00e9gul\u00e9e par diff\u00e9rents signaux : Une \u00e9rythropo\u00ef\u00e8se accrue ou une hypoxie entra\u00eenent de faibles concentrations, tandis que les stimuli inflammatoires\/infectieux (interleukine-6) et le statut du fer de l&#8217;organisme (saturation de la transferrine) augmentent la synth\u00e8se. L&#8217;hepcidine se lie \u00e0 la ferroportine, le seul exportateur cellulaire de fer connu, ce qui entra\u00eene sa d\u00e9gradation. Ainsi, le fer reste dans les cellules et ne peut plus passer dans la circulation sanguine, ce qui a un impact sur les IRP et leur cascade de r\u00e9actions. Comme ce processus est r\u00e9gul\u00e9 de mani\u00e8re syst\u00e9mique, il concerne tous les types de cellules. Un bilan ferrique \u00e9quilibr\u00e9 est donc le r\u00e9sultat des processus de tous les bilans ferriques cellulaires individuels et de leur orchestration syst\u00e9mique par l&#8217;hepcidine [5]. La d\u00e9couverte de cette hormone dans les ann\u00e9es 2000 a consid\u00e9rablement \u00e9largi la compr\u00e9hension de la r\u00e9gulation du fer : une augmentation chronique de l&#8217;hepcidine entra\u00eene une an\u00e9mie prononc\u00e9e qui ne peut pas \u00eatre corrig\u00e9e, ou seulement en partie, par la prise de fer par voie orale ; c&#8217;est le cas, par exemple, d&#8217;une an\u00e9mie provoqu\u00e9e par des maladies inflammatoires ou infectieuses chroniques.<\/p>\n<h2 id=\"production-de-fer-par-recyclage\">Production de fer par recyclage<\/h2>\n<p>La quantit\u00e9 de fer chez l&#8217;adulte est de \u22484&nbsp;g et se trouve principalement dans les globules rouges (\u22482,8&nbsp;g). 90% des besoins quotidiens sont couverts par la r\u00e9cup\u00e9ration \u00e0 partir de vieux globules rouges. Ce cycle de recyclage a lieu entre la moelle osseuse, les globules rouges et les macrophages. Les globules rouges (\u2248300&nbsp;mg) sont produits dans la moelle osseuse, les macrophages absorbent les anciens \u00e9rythrocytes, les d\u00e9composent et lib\u00e8rent le fer dans la circulation sanguine, o\u00f9 il peut \u00e0 nouveau \u00eatre utilis\u00e9 par la moelle osseuse (\u2248600 mg). Les r\u00e9serves de fer varient d&#8217;une personne \u00e0 l&#8217;autre et se trouvent principalement dans le foie. Le fer \u00e0 transporter dans la circulation sanguine est li\u00e9 \u00e0 la transferrine, qui repr\u00e9sente une part dynamique mais faible (3-4 mg) de la teneur totale en fer. Cette fraction est responsable du transport entre les cellules et les tissus et est donc d&#8217;une grande importance fonctionnelle.<\/p>\n<p>10 \u00e0 20% des besoins quotidiens en fer (1 \u00e0 2&nbsp;mg) doivent \u00eatre apport\u00e9s par l&#8217;alimentation afin de compenser les pertes quotidiennes naturelles de fer (par exemple en raison de petits saignements, par les muqueuses, etc. La quantit\u00e9 de fer ing\u00e9r\u00e9e par jour \u00e9tant tr\u00e8s faible par rapport au contenu du corps, la carence en fer ne peut r\u00e9sulter que d&#8217;un d\u00e9ficit prolong\u00e9 en fer. Les jeunes femmes, les femmes enceintes ou les enfants sont le plus souvent concern\u00e9s, car les pertes de sang lors des menstruations ainsi que la croissance entra\u00eenent une augmentation des besoins en fer.<\/p>\n<p>L&#8217;an\u00e9mie augmente le risque de complications de la grossesse et peut entra\u00eener des naissances pr\u00e9matur\u00e9es. La carence en fer peut \u00eatre chronique et asymptomatique. Il se manifeste de mani\u00e8re symptomatique par de la fatigue, un manque de concentration, de l&#8217;irritabilit\u00e9, une diminution de la tol\u00e9rance au froid, des difficult\u00e9s respiratoires lors d&#8217;activit\u00e9s physiques, le syndrome de Pica et le syndrome des jambes sans repos. Les autres sympt\u00f4mes sont la p\u00e2leur de la peau et des conjonctives, la stomatite et la ko\u00eflonychie.<\/p>\n<h2 id=\"biomarqueurs-de-la-carence-en-fer\">Biomarqueurs de la carence en fer<\/h2>\n<p>Les mesures biochimiques du statut en fer refl\u00e8tent la taille relative des diff\u00e9rents compartiments et fournissent \u00e9galement des informations sur le statut global en fer de l&#8217;organisme. L&#8217;\u00e9talon-or est la mesure du taux de fer dans la moelle osseuse. Si elle est trop basse, il y a trop peu de fer r\u00e9utilis\u00e9 ou recycl\u00e9 dans la circulation corporelle. ce d\u00e9ficit ne peut pas \u00eatre compens\u00e9 par le r\u00e9gime ou le stock h\u00e9patique, ce qui entra\u00eene une \u00e9rythropo\u00ef\u00e8se r\u00e9duite et une an\u00e9mie.<\/p>\n<p>L&#8217;augmentation de l&#8217;h\u00e9moglobine apr\u00e8s l&#8217;administration de fer chez les patients an\u00e9miques est \u00e9galement un signe d&#8217;an\u00e9mie ferriprive.<\/p>\n<p>De plus, chez les patients souffrant d&#8217;une carence en fer, l&#8217;absorption du fer mesur\u00e9e \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;isotopes radioactifs ou stables du fer est plus \u00e9lev\u00e9e<strong> (Fig.&nbsp;1)<\/strong> [6]. Chez les personnes en bonne sant\u00e9, les valeurs limites de la ferritine s\u00e9rique (SF) sont lin\u00e9airement li\u00e9es aux r\u00e9serves de fer. 1&nbsp;\u00b5g\/l SF correspond \u00e0 environ 120&nbsp;\u00b5g de r\u00e9serves de fer\/kg de poids corporel ou \u00e0 environ 8-10&nbsp;mg de r\u00e9serves de fer [7]. Le seuil d\u00e9fini de 15&nbsp;\u00b5g\/l indique l&#8217;absence de fer d\u00e9tectable dans la moelle osseuse et refl\u00e8te des r\u00e9serves vides. Une nouvelle baisse de la valeur en dessous de 15 \u00b5g\/l n&#8217;a donc pas de signification quantitative. Biochimiquement, SF est la mol\u00e9cule de stockage intracellulaire du fer et refl\u00e8te l&#8217;accumulation de ferritine intracellulaire dans les macrophages et les h\u00e9patocytes. Chez les patients sains, SF refl\u00e8te donc les r\u00e9serves de fer dans le foie. En cas d&#8217;\u00e9rythropo\u00ef\u00e8se d\u00e9fectueuse (thalass\u00e9mie), il y a une accumulation de fer intercellulaire dans les macrophages, ce qui entra\u00eene \u00e9galement une augmentation de la ferritine. Pendant une infection ou une inflammation, le taux d&#8217;hepcidine augmente. Le fer cellulaire n&#8217;est export\u00e9 qu&#8217;en quantit\u00e9 r\u00e9duite et doit \u00eatre stock\u00e9 au niveau cellulaire (dans des mol\u00e9cules de ferritine). Cela peut entra\u00eener une &#8220;fausse&#8221; augmentation de la ferritine, ce qui, dans ce cas, n&#8217;indique pas une augmentation des r\u00e9serves de fer.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11447\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb1_hp2_s16.png\" style=\"height:408px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"748\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chez les patients atteints de maladies infectieuses ou inflammatoires, il convient donc de d\u00e9terminer un autre marqueur : le r\u00e9cepteur de la transferrine soluble dans le s\u00e9rum (sTfR), qui est proportionnel aux besoins en fer des cellules. En pratique, cette valeur refl\u00e8te la &#8220;faim&#8221; de fer des cellules de la moelle osseuse. Le quotient de la SF et du sTfR s&#8217;est av\u00e9r\u00e9 tr\u00e8s pr\u00e9dictif [8]. Malheureusement, le marqueur tr\u00e8s utile sTfR n&#8217;est pas bien standardis\u00e9 ; les diff\u00e9rentes m\u00e9thodes d\u00e9finissent des seuils diff\u00e9rents pour la carence en fer.<\/p>\n<p>La saturation de la transferrine est un autre marqueur utile qui repr\u00e9sente la disponibilit\u00e9 instantan\u00e9e du fer syst\u00e9mique et qui est abaiss\u00e9e en cas de carence. Ce marqueur peut donner des indications sur une carence fonctionnelle en fer, en particulier dans le contexte d&#8217;une SF \u00e9lev\u00e9e due \u00e0 une infection ou \u00e0 une inflammation. Pour un aper\u00e7u des biomarqueurs \u00e9tablis et exp\u00e9rimentaux pour le fer, voir Lynch et al. [8].<\/p>\n<h2 id=\"prevention-par-une-bonne-alimentation\">Pr\u00e9vention par une bonne alimentation<\/h2>\n<p>La biodisponibilit\u00e9 du fer dans le r\u00e9gime est d\u00e9finie \u00e0 la fois par sa teneur en fer et sa composition [9]. Des teneurs moyennes \u00e0 \u00e9lev\u00e9es en fer se trouvent dans les l\u00e9gumineuses, la viande, les \u0153ufs, les c\u00e9r\u00e9ales compl\u00e8tes, les aliments fortifi\u00e9s, les noix et les graines. Le fer h\u00e9minique est absorb\u00e9 en quantit\u00e9s accrues (intactes) (20-50%). L&#8217;absorption est moins sensible aux inhibiteurs et promoteurs d&#8217;absorption du fer et est moins influenc\u00e9e par le statut personnel en fer. En revanche, le fer non h\u00e9minique est plus sensible \u00e0 la composition du r\u00e9gime et au statut du fer, d&#8217;o\u00f9 une forte variabilit\u00e9 de l&#8217;absorption du fer (2 \u00e0 50 %). Malgr\u00e9 la faible quantit\u00e9 de fer h\u00e9minique consomm\u00e9e dans le r\u00e9gime, il repr\u00e9sente un pourcentage \u00e9lev\u00e9 du fer apport\u00e9 par l&#8217;alimentation, car il est plus biodisponible.<\/p>\n<p>Diff\u00e9rents composants d\u00e9finissent l&#8217;absorption du fer dans l&#8217;intestin gr\u00eale, qui est \u00e9galement influenc\u00e9e par la solubilit\u00e9 : La viande musculaire ou l&#8217;acide ascorbique (vitamine C) sont des facteurs favorisants. Les c\u00e9r\u00e9ales et les produits \u00e0 base de c\u00e9r\u00e9ales compl\u00e8tes, qui sont en fait riches en fer, contiennent toutefois de l&#8217;acide phytique, ce qui r\u00e9duit le pourcentage d&#8217;absorption. Les polyph\u00e9nols et les tanins du th\u00e9 et du caf\u00e9 ont un effet similaire. L&#8217;acide ascorbique pr\u00e9sent dans les fruits et les l\u00e9gumes contrecarre cette inhibition. Les combinaisons d&#8217;aliments riches en fer et en vitamine C sont particuli\u00e8rement recommand\u00e9es <strong>(aper\u00e7u&nbsp;1).<\/strong> Un r\u00e9gime vari\u00e9 riche en acide ascorbique, en viande musculaire ou en poisson pr\u00e9sente une absorption de 15 \u00e0 17% [10].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11448 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/ubersicht1_hp2_s17.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1078px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1078\/1615;height:899px; width:600px\" width=\"1078\" height=\"1615\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"supplementation-par-voie-orale-et-intraveineuse\">Suppl\u00e9mentation par voie orale et intraveineuse<\/h2>\n<p>Bien que l&#8217;optimisation du r\u00e9gime alimentaire puisse \u00eatre efficace pour la pr\u00e9vention primaire de la carence en fer, en cas de carence en fer av\u00e9r\u00e9e, une suppl\u00e9mentation est recommand\u00e9e afin de corriger rapidement l&#8217;an\u00e9mie, d&#8217;annuler la carence en fer dans les tissus et de reconstituer les r\u00e9serves de fer.<\/p>\n<p>Les suppl\u00e9ments de fer sont efficaces, mais peuvent \u00e9galement provoquer des effets secondaires li\u00e9s \u00e0 la dose. Dans une \u00e9tude sur des patients \u00e2g\u00e9s, 15, 50 ou 150&nbsp;mg de Fe ont \u00e9t\u00e9 administr\u00e9s pendant trois mois. Alors que l&#8217;efficacit\u00e9 \u00e9tait similaire \u00e0 la fin de l&#8217;\u00e9tude, les groupes recevant 50 et 150&nbsp;mg de Fe ont montr\u00e9 plus d&#8217;effets secondaires [11].<\/p>\n<p>Le fer augmente la concentration d&#8217;hepcidine pendant plusieurs heures. \u00c0 des doses \u226560&nbsp;mg Fe, l&#8217;hepcidine augmente de fa\u00e7on dose-d\u00e9pendante apr\u00e8s l&#8217;administration d&#8217;un suppl\u00e9ment de fer et reste \u00e9lev\u00e9e jusqu&#8217;\u00e0 24 heures. Cette augmentation est associ\u00e9e \u00e0 une diminution de l&#8217;absorption d&#8217;environ 35%. Pour cette raison, les suppl\u00e9ments de fer peuvent \u00eatre administr\u00e9s un jour sur deux pour augmenter l&#8217;efficacit\u00e9 de l&#8217;absorption tout en maintenant la dose [12]. En outre, il a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 qu&#8217;un fractionnement du dosage au cours de la m\u00eame journ\u00e9e (par exemple 2\u00d7 60&nbsp;mg de Fe au lieu de 1\u00d7 120&nbsp;mg de Fe) ne pr\u00e9sente aucune valeur ajout\u00e9e en termes d&#8217;augmentation de l&#8217;absorption [13].<\/p>\n<p>Les doses &lt;60&nbsp;mg Fe ont probablement un effet moindre sur l&#8217;hepcidine. En outre, de plus petites doses peuvent non seulement pr\u00e9venir efficacement la carence en fer, mais elles ont \u00e9galement moins d&#8217;effets secondaires [14].<\/p>\n<p>Il convient de noter que la suppl\u00e9mentation orale \u00e0 petites doses augmente le pourcentage d&#8217;absorption, mais diminue la quantit\u00e9 totale de fer absorb\u00e9e. Le statut du fer doit donc \u00e9galement \u00eatre pris en compte lors de la recommandation d&#8217;une administration altern\u00e9e de fer. Les effets secondaires possibles doivent \u00eatre mis en balance avec l&#8217;effet \u00e0 obtenir.<\/p>\n<p>En cas de carence en fer marqu\u00e9e et symptomatique accompagn\u00e9e d&#8217;une an\u00e9mie, le fer intraveineux est recommand\u00e9 comme traitement de premi\u00e8re intention [1]. Celle-ci est g\u00e9n\u00e9ralement bien tol\u00e9r\u00e9e et ne pr\u00e9sente que rarement des effets secondaires. Les \u00e9ventuels effets n\u00e9gatifs sur l&#8217;\u00e9cosyst\u00e8me intestinal, par exemple chez les patients pr\u00e9dispos\u00e9s, sont contourn\u00e9s. En Suisse, l&#8217;utilisation plus fr\u00e9quente des th\u00e9rapies intraveineuses a toutefois suscit\u00e9 des critiques, principalement en raison des co\u00fbts plus \u00e9lev\u00e9s [15]. L&#8217;Office f\u00e9d\u00e9ral de la sant\u00e9 publique a maintenant lanc\u00e9 un &#8220;Health Technology Assessment&#8221;.<\/p>\n<p>Le traitement de la carence en fer et de l&#8217;an\u00e9mie ferriprive doit \u00eatre personnalis\u00e9. Le choix du &#8220;bon&#8221; traitement doit prendre en compte les causes possibles, le degr\u00e9 de carence en fer, les comorbidit\u00e9s, la dur\u00e9e de la carence et les pr\u00e9f\u00e9rences du patient. Outre les raisons cliniques\/physiologiques, l&#8217;alimentation et le mode de vie (sport, contraception) jouent un r\u00f4le important dans la pr\u00e9vention des carences et le maintien d&#8217;un statut en fer sain apr\u00e8s le traitement.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Pour pr\u00e9venir la carence en fer, il convient de recommander un r\u00e9gime vari\u00e9, riche en fer et pr\u00e9sentant une biodisponibilit\u00e9 \u00e9lev\u00e9e du fer.<\/li>\n<li>Dans le cas d&#8217;une suppl\u00e9mentation orale, les faibles doses (entre 30 et 60 mg de Fe\/jour) sont mieux absorb\u00e9es en pourcentage et sont tr\u00e8s susceptibles de provoquer moins d&#8217;effets secondaires.<\/li>\n<li>Le traitement de suppl\u00e9mentation en fer doit \u00eatre aussi personnalis\u00e9 que possible. Il convient de recommander un traitement oral \u00e0 jours altern\u00e9s (par exemple, si la carence en fer n&#8217;est pas grave : 60 mg\/jour, un jour sur deux).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Camaschella C : D\u00e9ficience en fer. Blood 2019 ; 133(1) : 30-39.<\/li>\n<li>Zimmermann MB, Hurrell RF : Carence nutritionnelle en fer. Lancet 2007 ; 370(9586) : 511-520.<\/li>\n<li>Milman N, et al : Statut en fer chez les femmes enceintes et les femmes en \u00e2ge de procr\u00e9er en Europe. Am J Clin Nutr 2017 ; 106(Suppl 6) : 1655S-1662S.<\/li>\n<li>Van der Merwe LF, Eussen SR : Iron status of young children in Europe. Am J Clin Nutr 2017 ; 106(Suppl 6) : 1663S-1671S.<\/li>\n<li>Hentze MW, et al : Two to tango : regulation of Mammalian iron metabolism. Cell 2010 ; 142(1) : 24-38.<\/li>\n<li>Daru J, et al : La ferritine s\u00e9rique comme indicateur de l&#8217;\u00e9tat du fer : que devons-nous savoir ? Am J Clin Nutr 2017 ; 106(Suppl 6) : 1634S-1639S.<\/li>\n<li>Cook JD : Diagnostic et prise en charge de l&#8217;an\u00e9mie ferriprive. Best Pract Res Clin Haematol 2005 ; 18(2) : 319-332.<\/li>\n<li>Lynch S, et al : Biomarkers of Nutrition for Development (BOND)-Iron Review. J Nutr 2018 ; 148(Suppl 1) : 1001S-1067S.<\/li>\n<li>Hurrell R, Egli I : Biodisponibilit\u00e9 du fer et valeurs nutritionnelles de r\u00e9f\u00e9rence. Am J Clin Nutr 2010 ; 91(5) : 1461s-1467s.<\/li>\n<li>OMS\/FAO : Exigences en vitamines et min\u00e9raux dans l&#8217;alimentation humaine : rapport d&#8217;une consultation d&#8217;experts conjointe FAO\/OMS. Gen\u00e8ve : OMS\/FAO 2004.<\/li>\n<li>Rimon E, et al. : Doit-on donner trop de fer ? La th\u00e9rapie \u00e0 faible dose de fer est efficace chez les octog\u00e9naires. American J Med 2005 ; 118(10) : 1142-1147.<\/li>\n<li>Moretti D, et al : Les suppl\u00e9ments oraux de fer augmentent l&#8217;hepcidine et r\u00e9duisent l&#8217;absorption du fer \u00e0 partir de doses quotidiennes ou journali\u00e8res chez les jeunes femmes appauvries en fer. Blood 2015 ; 126(17) : 1981-1989.<\/li>\n<li>Stoffel NU, et al : Absorption de fer \u00e0 partir de suppl\u00e9ments oraux de fer donn\u00e9s sur des jours cons\u00e9cutifs ou altern\u00e9s et sous forme de doses matinales uniques versus twice-daily split dosing chez les femmes suppl\u00e9ment\u00e9es en fer : deux essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s en open-label. Lancet Haematol 2017 ; 4(11) : e524-e533.<\/li>\n<li>Bialkowski W, et al : Estimates of total body iron indicate 19 mg and 38 mg oral iron are equivalent for the mitigation of iron deficiency in individuals experiencing repeated phlebotomy. Am J Hematol 2017 ; 92(9) : 851-857.<\/li>\n<li>Giger M, Achermann R : [Iron substitution in outpatients in Switzerland : Increase of costs associated with intravenous administration]. Z Evid Fortibld Qual Gesundhwes 2013 ; 107(4-5) : 320-326.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2019 ; 14(2) : 15-18<br \/>\nCARDIOVASC 2020 ; 19(3) : 6-9<\/em><br \/>\n&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le fer est essentiel \u00e0 plusieurs fonctions biochimiques et physiologiques. La carence en fer est tr\u00e8s r\u00e9pandue et constitue l&#8217;une des principales causes d&#8217;an\u00e9mie. 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