{"id":336616,"date":"2019-03-04T01:00:00","date_gmt":"2019-03-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/entre-la-chaise-et-le-banc\/"},"modified":"2019-03-04T01:00:00","modified_gmt":"2019-03-04T00:00:00","slug":"entre-la-chaise-et-le-banc","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/entre-la-chaise-et-le-banc\/","title":{"rendered":"Entre la chaise et le banc"},"content":{"rendered":"<p><strong>Le traitement des adolescents et des jeunes adultes atteints de cancer tombe dans un &#8220;foss\u00e9 de comp\u00e9tences&#8221; entre l&#8217;oncologie p\u00e9diatrique et l&#8217;oncologie adulte. Les patients pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 de complications tardives. C&#8217;est pourquoi un suivi coh\u00e9rent doit \u00eatre effectu\u00e9 sur le long terme.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Dans les pays d\u00e9velopp\u00e9s, le cancer chez les adolescents et les jeunes adultes (Adolescents and Young Adults, AYA) est la principale cause de d\u00e9c\u00e8s par maladie. En Europe, le cancer est la troisi\u00e8me cause de mortalit\u00e9 apr\u00e8s les accidents de la route et le suicide [1]. Le groupe d&#8217;\u00e2ge AYA n&#8217;est pas d\u00e9fini de mani\u00e8re uniforme, en Europe, il regroupe souvent les 15-29 ans, selon la d\u00e9finition actuellement en vigueur de l&#8217;US National Cancer Institute en accord avec l&#8217;European Network for Cancer in Children and Adolescents (ENCCA), le terme s&#8217;applique au niveau international aux 15-39 ans [2]. Contrairement aux enfants et aux patients plus \u00e2g\u00e9s atteints de cancer, les AYA ont des besoins m\u00e9dicaux et psychosociaux tr\u00e8s diff\u00e9rents. C&#8217;est pourquoi ce groupe d&#8217;\u00e2ge repr\u00e9sente un d\u00e9fi particulier pour le m\u00e9decin qui le suit. Le pronostic des jeunes adultes atteints de cancer est sup\u00e9rieur \u00e0 la moyenne, plus de 80% d&#8217;entre eux \u00e9tant d\u00e9finitivement gu\u00e9ris. Par cons\u00e9quent, le suivi de ce groupe particulier de patients doit \u00eatre particuli\u00e8rement attentif aux effets tardifs et \u00e0 long terme. De plus, le suivi doit \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 vie. Malgr\u00e9 de bons taux de gu\u00e9rison, l&#8217;am\u00e9lioration de la survie obtenue ces derni\u00e8res ann\u00e9es n&#8217;est pas aussi bonne que pour les enfants ou les personnes \u00e2g\u00e9es atteints de cancer. C&#8217;est pourquoi ce groupe d&#8217;\u00e2ge fait l&#8217;objet d&#8217;une attention accrue dans le but d&#8217;am\u00e9liorer encore la survie, le traitement et les soins.<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie-et-incidence\">\u00c9pid\u00e9miologie et incidence<\/h2>\n<p>Le cancer est une maladie de l&#8217;\u00e2ge m\u00fbr, le cancer est relativement rare chez les 15-39 ans <strong>(figure&nbsp;1).<\/strong> Sur un total de 480 000 nouveaux cas de cancer par an en Allemagne, environ 15 000 nouveaux cas sont diagnostiqu\u00e9s chaque ann\u00e9e chez les 15-39 ans. Entre 15 et 24 ans, le taux de nouveaux cas de cancer est le m\u00eame pour les hommes et les femmes, mais \u00e0 partir de 25 ans, les femmes sont plus nombreuses que les hommes \u00e0 d\u00e9velopper un cancer. A partir de 55 ans, la situation est \u00e0 nouveau diff\u00e9rente et les hommes sont nettement plus nombreux que les femmes \u00e0 d\u00e9velopper un cancer <strong>(fig.&nbsp;1).<\/strong> Ces chiffres sont facilement transposables \u00e0 la Suisse (Allemagne : env. 80&nbsp;millions d&#8217;habitants, Suisse : env. 8&nbsp;millions d&#8217;habitants).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11403\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb1_oh1_s11.png\" style=\"height:477px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"874\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Chez les adultes, les quatre types de cancer les plus fr\u00e9quents sont les cancers de la prostate, du sein, du poumon et du c\u00f4lon. Ils repr\u00e9sentent au total 50% de tous les nouveaux cas de cancer. Chez les AYA, les types de cancer sont totalement diff\u00e9rents en fonction de l&#8217;\u00e2ge. Alors que les tumeurs p\u00e9diatriques telles que les leuc\u00e9mies et les lymphomes sont encore fr\u00e9quentes chez les 15-19 ans, les tumeurs solides telles que les carcinomes de la thyro\u00efde, les m\u00e9lanomes, les tumeurs testiculaires ou le cancer du sein sont de plus en plus fr\u00e9quentes avec l&#8217;\u00e2ge, et les tumeurs solides des adultes apparaissent de plus en plus chez les 25-39 ans.<strong>  (Tab.&nbsp;1 et fig.&nbsp;2).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11404 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1065px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1065\/813;height:458px; width:600px\" width=\"1065\" height=\"813\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1.png 1065w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1-800x611.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1-120x92.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1-90x68.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1-320x244.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab1_oh1_s11_1-560x427.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1065px) 100vw, 1065px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11405 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/877;height:478px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"877\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0-800x638.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0-120x96.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0-90x72.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0-320x255.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/abb2_oh1_s11_0-560x446.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"etiologie\">\u00c9tiologie<\/h2>\n<p>L&#8217;\u00e9tiologie du cancer chez les AYA n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 bien \u00e9tudi\u00e9e et n&#8217;est pas toujours claire. On pense que le cancer se d\u00e9veloppe souvent spontan\u00e9ment, ind\u00e9pendamment des ant\u00e9c\u00e9dents familiaux et des facteurs environnementaux. Les syndromes g\u00e9n\u00e9tiques ou familiaux (par ex. polypose ad\u00e9nomateuse colique familiale, PAF) repr\u00e9sentent moins de 5% des cas de cancer de l&#8217;AYA. Des facteurs environnementaux ou des facteurs de risque sont connus pour certains types de cancer. Il s&#8217;agit notamment des UV pour le m\u00e9lanome, de l&#8217;infection par le HPV pour le cancer du col de l&#8217;ut\u00e9rus, du VIH comme facteur de risque pour les lymphomes (en particulier le lymphome de Burkitt, le sarcome de Kaposi et le LNH) et de l&#8217;infection par l&#8217;EBV, qui est associ\u00e9e \u00e0 la survenue de lymphomes de Hodgkin et du lymphome end\u00e9mique de Burkitt. On pense \u00e9galement que certaines tumeurs sont li\u00e9es \u00e0 la p\u00e9riode de la vie, par exemple les ost\u00e9osarcomes sont plus fr\u00e9quents \u00e0 la pubert\u00e9, lorsque la croissance osseuse est particuli\u00e8rement forte [3]. Un facteur de risque suppl\u00e9mentaire de cancer chez l&#8217;AYA est un cancer survenu dans la petite enfance et trait\u00e9 par chimioth\u00e9rapie ou radioth\u00e9rapie.<\/p>\n<h2 id=\"particularites-de-aya\">Particularit\u00e9s de AYA<\/h2>\n<p><strong>H\u00e9t\u00e9rog\u00e9n\u00e9it\u00e9 :<\/strong> pour toutes les personnes concern\u00e9es, le diagnostic de cancer est l&#8217;une des exp\u00e9riences les plus marquantes de la vie. Cependant, dans la tranche d&#8217;\u00e2ge des AYA, les pens\u00e9es concernant la maladie et leur propre mort sont encore lointaines. Les AYA constituent d\u00e9j\u00e0 en soi un groupe de patients tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne, avec des besoins m\u00e9dicaux et psychosociaux tr\u00e8s diff\u00e9rents. Les patients \u00e2g\u00e9s de 15 \u00e0 24 ans sont en pleine pubert\u00e9, se d\u00e9tachent du foyer familial, cherchent \u00e0 se faire accepter par leurs amis et leurs partenaires, sont en train de s&#8217;orienter sexuellement, font leurs premi\u00e8res exp\u00e9riences sexuelles, suivent une formation ou viennent d&#8217;entrer dans la vie active. Les comportements \u00e0 risque de ce groupe d&#8217;\u00e2ge sont \u00e9lev\u00e9s et ils ont tendance \u00e0 adopter des comportements malsains (probl\u00e8mes de d\u00e9pendance, tabagisme, alcool, mauvaises habitudes alimentaires, etc.) L&#8217;observance, l&#8217;acceptation et l&#8217;adh\u00e9sion au traitement sont souvent limit\u00e9es, ce qui aggrave le pronostic [4]. La partie &#8220;plus ancienne&#8221; est en train de consolider sa propre personnalit\u00e9. Les jeunes adultes \u00e2g\u00e9s de 18 \u00e0 39 ans sont pr\u00e9occup\u00e9s par leur carri\u00e8re professionnelle, la fondation d&#8217;une famille ou la parentalit\u00e9. Au cours de ces phases de la vie, l&#8217;accent est mis sur la r\u00e9alisation de nombreuses nouvelles t\u00e2ches et objectifs de vie. Ces d\u00e9fis et processus sont perturb\u00e9s par un diagnostic de cancer qui constitue une menace existentielle. Les processus stagnent, l&#8217;accent doit \u00eatre mis sur la garantie de la survie. La d\u00e9pendance et l&#8217;autonomie augmentent donc \u00e0 nouveau. Par rapport aux patients plus \u00e2g\u00e9s, les AYA pr\u00e9sentent plus souvent des d\u00e9ficits psychosociaux au cours de l&#8217;\u00e9volution [5] et sont davantage affect\u00e9s par des probl\u00e8mes financiers.<\/p>\n<p><strong>Traitement et prise en charge des AYA : <\/strong>en mati\u00e8re de traitement, on constate un &#8220;\u00e9cart de comp\u00e9tences&#8221; entre l&#8217;oncologie p\u00e9diatrique et l&#8217;oncologie adulte dans la prise en charge des patients atteints de cancer dans ce groupe d&#8217;\u00e2ge. En principe, le traitement n&#8217;est pas diff\u00e9rent de celui des patients plus \u00e2g\u00e9s, mais les AYA sont nettement moins souvent trait\u00e9s dans le cadre d&#8217;\u00e9tudes, notamment par rapport aux enfants (\u00e9tudes p\u00e9diatriques jusqu&#8217;\u00e0 18 ans, \u00e9tudes sur les adultes de 18 \u00e0 65 ans). Il existe une controverse internationale suppl\u00e9mentaire sur la question de savoir s&#8217;il est pr\u00e9f\u00e9rable de traiter les AYA atteints de leuc\u00e9mies, de lymphomes, de lymphomes hodgkiniens, de sarcomes ou de certaines tumeurs c\u00e9r\u00e9brales dans le cadre de protocoles p\u00e9diatriques ou adultes. Celles-ci diff\u00e8rent en termes de dosage, de dur\u00e9e et d&#8217;intervalles de traitement, ainsi que d&#8217;utilisation de greffes de cellules souches. En raison des diff\u00e9rences de pharmacocin\u00e9tique, de distribution et de m\u00e9tabolisation des agents chimioth\u00e9rapeutiques dans l&#8217;AYA par rapport \u00e0 l&#8217;adulte, ainsi que des modifications de l&#8217;influence hormonale, la question de savoir si un traitement dans le cadre de protocoles p\u00e9diatriques serait associ\u00e9 \u00e0 un meilleur r\u00e9sultat pour l&#8217;AYA fait l&#8217;objet de discussions. Cela n&#8217;a \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 que pour la LAL, il n&#8217;y a pas d&#8217;\u00e9tudes \u00e0 ce sujet pour les autres tumeurs [6,7].<\/p>\n<p><strong>Biologie tumorale :<\/strong> les tumeurs de l&#8217;AYA pr\u00e9sentent souvent une biologie tumorale diff\u00e9rente de celle des m\u00eames tumeurs chez l&#8217;enfant ou l&#8217;adulte, ce qui influe sur le pronostic et la r\u00e9ponse au traitement. Ainsi, les m\u00e9lanomes chez les patients AYA pr\u00e9sentent plus souvent des mutations BRAF avec une meilleure r\u00e9ponse aux inhibiteurs de BRAF. En revanche, les cancers du sein sont plus souvent triple-n\u00e9gatifs (r\u00e9cepteur aux \u0153strog\u00e8nes, r\u00e9cepteur \u00e0 la progest\u00e9rone et HER2 n\u00e9gatif) chez les moins de 40 ans. Il en r\u00e9sulte moins d&#8217;options th\u00e9rapeutiques et un moins bon pronostic. De m\u00eame, les leucoses aigu\u00ebs avec un profil de marqueurs mol\u00e9culaires ou cytog\u00e9n\u00e9tiques d\u00e9favorable (LAL Ph+, plus rarement LAM TEL1, LAL) et les rhabdomyosarcomes avec un sous-type histologique et cytog\u00e9n\u00e9tique d\u00e9favorable (rhabdomyosarcomes alv\u00e9olaires) sont plus fr\u00e9quents par rapport aux enfants [1]. Ces diff\u00e9rences mol\u00e9culaires ou cytog\u00e9n\u00e9tiques pourraient constituer un point de d\u00e9part pour am\u00e9liorer le traitement et le r\u00e9sultat de l&#8217;AYA \u00e0 l&#8217;avenir gr\u00e2ce \u00e0 des th\u00e9rapies plus cibl\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Survie, mortalit\u00e9 :<\/strong> il y a 30 ans, le groupe d&#8217;\u00e2ge AYA avait une bien meilleure survie que les patients p\u00e9diatriques atteints de cancer, notamment en raison de tumeurs de bon pronostic. Dans les ann\u00e9es 1990, la survie globale s&#8217;est am\u00e9lior\u00e9e de mani\u00e8re spectaculaire, en particulier chez les enfants atteints de cancer, mais l&#8217;am\u00e9lioration de la survie globale chez les AYA a \u00e9t\u00e9 nettement moins marqu\u00e9e [3]. Cela pourrait \u00eatre d\u00fb \u00e0 l&#8217;absence de directives AYA, \u00e0 la raret\u00e9 des \u00e9tudes disponibles et donc \u00e0 la raret\u00e9 des inclusions dans les essais cliniques, aux diff\u00e9rences de pharmacocin\u00e9tique des agents chimioth\u00e9rapeutiques, aux retards de diagnostic (aux \u00c9tats-Unis, par exemple, les AYA b\u00e9n\u00e9ficient le moins souvent d&#8217;une assurance maladie, et des facteurs g\u00e9ographiques y jouent \u00e9galement un r\u00f4le) ainsi qu&#8217;au manque d&#8217;adh\u00e9sion au traitement et d&#8217;observance.<\/p>\n<p>En raison de ces mauvais r\u00e9sultats th\u00e9rapeutiques et de l&#8217;absence de progr\u00e8s en mati\u00e8re de survie globale, ce groupe d&#8217;\u00e2ge a donc fait l&#8217;objet d&#8217;une attention croissante au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Une plus grande prise de conscience de leurs besoins sp\u00e9cifiques a vu le jour, avec de meilleures possibilit\u00e9s de prise en charge, de sorte que l&#8217;on observe \u00e0 nouveau une augmentation de la survie globale chez les AYA ces derni\u00e8res ann\u00e9es [8,9]. Cependant, l&#8217;am\u00e9lioration de la survie chez les AYA ne concerne pas tous les types de tumeurs et est toujours significativement moins bonne que chez les enfants pour la LAL et la LAM, le lymphome de Hodgkin, les LNH, les astrocytomes, les sarcomes d&#8217;Ewing et les rhabdomyosarcomes [10].<\/p>\n<p><strong>S\u00e9quelles tardives li\u00e9es au traitement :<\/strong> La survie globale des AYA est tr\u00e8s bonne ( &gt;80%), mais plus de 60 \u00e0 80% d&#8217;entre eux souffrent de s\u00e9quelles \u00e0 long terme li\u00e9es au traitement, qui s&#8217;accompagnent souvent d&#8217;une d\u00e9gradation importante de la qualit\u00e9 de vie. Par rapport aux fr\u00e8res et s\u0153urs sains, les AYA sont huit fois plus susceptibles de souffrir de comorbidit\u00e9s 30 ans apr\u00e8s le traitement [11]. Les comorbidit\u00e9s n&#8217;apparaissent pas seulement cinq \u00e0 dix ans apr\u00e8s la fin du traitement, mais peuvent finalement survenir apr\u00e8s &gt;30 ans [12]. Les facteurs de risque non modifiables pour l&#8217;apparition de comorbidit\u00e9s sont l&#8217;\u00e2ge de la maladie, le type de tumeur ainsi que le type et l&#8217;intensit\u00e9 du traitement (chimioth\u00e9rapie, radioth\u00e9rapie ou combinaison). Les facteurs de risque influen\u00e7ables pour l&#8217;apparition de comorbidit\u00e9s sont les habitudes de vie telles que le tabagisme, le comportement alimentaire ainsi que l&#8217;ob\u00e9sit\u00e9 et les facteurs environnementaux tels que l&#8217;exposition au soleil. Il est donc essentiel de veiller \u00e0 une bonne \u00e9ducation et \u00e0 une pr\u00e9vention primaire lors du suivi de l&#8217;AYA.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11406 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/914;height:499px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"914\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0-800x665.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0-120x100.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0-90x75.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0-320x266.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab2_oh1_s12_0-560x465.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les cons\u00e9quences tardives les plus fr\u00e9quentes sont les maladies cardiovasculaires, pulmonaires et endocriniennes, les maladies cardiaques \u00e9tant la principale cause de mortalit\u00e9 non li\u00e9e au cancer [13]. De plus, le m\u00e9tabolisme osseux et les reins peuvent \u00eatre affect\u00e9s, les AYA souffrent plus souvent de troubles psychosociaux <strong>(tab.&nbsp;2) <\/strong>et ont un risque nettement accru de deuxi\u00e8me tumeur [14]. Le risque est environ deux \u00e0 trois fois plus \u00e9lev\u00e9  [15]Le type de tumeur secondaire d\u00e9pend de la maladie initiale et du traitement administr\u00e9 (ou de son potentiel mutag\u00e8ne) <strong>(tableau&nbsp;3). <\/strong>Le risque le plus \u00e9lev\u00e9 de tumeur controlat\u00e9rale est observ\u00e9 chez les patients atteints de tumeurs mammaires ou testiculaires, ainsi qu&#8217;apr\u00e8s une radiochimioth\u00e9rapie combin\u00e9e ou une th\u00e9rapie \u00e0 haute dose. Les secondes tumeurs peuvent survenir dans les deux premi\u00e8res ann\u00e9es, mais aussi apr\u00e8s plus de 20 ans, les n\u00e9oplasies h\u00e9matologiques survenant g\u00e9n\u00e9ralement plus t\u00f4t que les tumeurs solides<strong> (tableau&nbsp;3).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11407 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/tab3_oh1_s12.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/523;height:285px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"523\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il est donc important de bien informer les patients avant le traitement et de discuter de tous les effets secondaires pertinents auxquels ils peuvent s&#8217;attendre. Il est essentiel d&#8217;accorder une attention particuli\u00e8re \u00e0 la fertilit\u00e9 dans ce groupe d&#8217;\u00e2ge et aux possibilit\u00e9s de pr\u00e9servation de la fertilit\u00e9 avec des conseils dans un \u00e9tablissement qualifi\u00e9 \u00e0 cet effet.<\/p>\n<p><strong>Suivi : <\/strong>le suivi des AYA ayant surv\u00e9cu \u00e0 un traitement anticanc\u00e9reux doit \u00eatre effectu\u00e9 \u00e0 vie. Chez ces patients, il existe un risque accru de s\u00e9quelles cardiaques, pulmonaires et endocriniennes, ainsi qu&#8217;un risque accru de d\u00e9velopper une deuxi\u00e8me tumeur maligne, en fonction du traitement administr\u00e9, tout au long de leur vie. Il est donc important de mettre en place un bon plan de suivi et d&#8217;\u00e9duquer le patient afin de veiller non seulement \u00e0 une bonne pr\u00e9vention secondaire, mais aussi \u00e0 une bonne pr\u00e9vention primaire. De plus, il faut essayer de ne pas stigmatiser et d\u00e9stabiliser le patient, qui est en fait en bonne sant\u00e9, par des suivis r\u00e9guliers. Malgr\u00e9 des rendez-vous r\u00e9guliers chez le m\u00e9decin, il doit pouvoir mener une vie quotidienne aussi normale que possible. Il serait souhaitable, comme c&#8217;est d\u00e9j\u00e0 le cas aux Pays-Bas et en Grande-Bretagne, de cr\u00e9er une structure de soins s\u00e9par\u00e9e pour ce groupe de patients, avec une prise en charge ambulatoire et hospitali\u00e8re dans une approche inter- ou multidisciplinaire [16].<br \/>\n&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Des am\u00e9liorations sont toujours n\u00e9cessaires en mati\u00e8re de diagnostic, de traitement et de prise en charge.<\/li>\n<li>Le traitement et les soins devraient, si possible, \u00eatre dispens\u00e9s dans des centres sp\u00e9cialis\u00e9s. La transition vers l&#8217;oncologie adulte doit \u00eatre bien g\u00e9r\u00e9e et r\u00e9glement\u00e9e.<\/li>\n<li>Les adolescents et les jeunes adultes qui d\u00e9veloppent un cancer pr\u00e9sentent un risque \u00e9lev\u00e9 de s\u00e9quelles (cumul\u00e9es &gt;70%). C&#8217;est pourquoi un suivi coh\u00e9rent doit \u00eatre mis en place bien au-del\u00e0 du suivi de la tumeur proprement dite.<\/li>\n<li>Le suivi signifie la pr\u00e9vention : une attention particuli\u00e8re doit \u00eatre accord\u00e9e aux cons\u00e9quences \u00e0 long terme. Dans ce contexte, l&#8217;accent est \u00e9galement mis sur l&#8217;\u00e9ducation des patients en termes de pr\u00e9vention primaire, secondaire et tertiaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Hughes N, Stark D : La prise en charge des adolescents et des jeunes adultes atteints de cancer. Cancer Treat Rev 2018 ; 67 : 45-53.<\/li>\n<li>Coccia PF, et al. : Oncologie de l&#8217;adolescent et du jeune adulte. Lignes directrices de pratique clinique en oncologie. J Natl Compr Canc Netw 2012 ; 10(9) : 1112-1150.<\/li>\n<li>Bleyer A, Viny A, Barr R : Cancer chez les jeunes de 15 \u00e0 29 ans par site primaire. Oncologist 2006 ; 11(6) : 590-601.<\/li>\n<li>Butow P, et al : Review of adherence-related issues in adolescents and young adults with cancer. J Clin Oncol 2010 ; 28(64) : 4800-4809.<\/li>\n<li>Merckaert I, et al : Cancer patients&#8217; desire for psychological support : prevalence and implications for screening patients&#8217; psychological needs. Psychooncology 2010 ; 19(2) : 141-149.<\/li>\n<li>Veal GJ, Hartford CM, Stewart CF : Pharmacologie clinique chez l&#8217;adolescent oncologue. J Clin Oncol 2010 ; 28(32) : 4790-4799.<\/li>\n<li>Boissel N : Comment devons-nous traiter le patient AYA avec une LAL nouvellement diagnostiqu\u00e9e ? Best Pract Res Clin Haematol 2017 ; 30(3) : 175-183.<\/li>\n<li>Bleyer A, et al : Enfants, adolescents et jeunes adultes atteints de leuc\u00e9mie : la moiti\u00e9 vide du verre est en train de grandir. J Clin Oncol 2012 ; 30(32) : 4037-4038 ; author reply : 4038-4039.<\/li>\n<li>Barr RD, et al : Cancer in Adolescents and Young Adults : A Narrative Review of the Current Status and a View of the Future. JAMA Pediatr 2016 ; 170(5) : 495-501.<\/li>\n<li>Trama A, et al : Survival of European adolescents and young adults diagnosed with cancer in 2000-2007 : population-based data from EUROCARE-5. Lancet Oncol 2016 ; 17(7) : 896-906.<\/li>\n<li>Oeffinger KC, et al : Conditions de sant\u00e9 chroniques chez les survivants adultes du cancer de l&#8217;enfance. N Engl J Med 2006 ; 355(15) : 1572-1582.<\/li>\n<li>van der Pal HJ, et al : High risk of symptomatic cardiac events in childhood cancer survivors. J Clin Oncol 2012 ; 30(13) : 1429-1437.<\/li>\n<li>Dietz AC, Sivanandam S, Konety S, et al : Evaluation of traditional and novel measures of cardiac function to detect anthracycline-induced cardiotoxicity in survivors of childhood cancer. J Cancer Surviv 2014 ; 8(2) : 183-189.<\/li>\n<li>Woodward E, et al : Effets tardifs chez les survivants du cancer chez l&#8217;adolescent et le jeune adulte : l&#8217;\u00e2ge est-il important ? Ann Oncol 2011 ; 22(12) : 2561-2568.<\/li>\n<li>Turcotte LM, et al : Risk of Subsequent Neoplasms During the Fifth and Sixth Decades of Life in the Childhood Cancer Survivor Study Cohort. J Clin Oncol 2015 ; 33(31) : 3568-3575.<\/li>\n<li>Husson O, Manten-Horst E, van der Graaf WT : Collaboration et mise en r\u00e9seau. Prog Tumor Res 2016 ; 43 : 50-63.<\/li>\n<li>Hilgendorf, et al : Onkopedia lignes directrices, adolescents et jeunes adultes (AYA, Adolescents and Young Adults), 2016. https:\/\/www.onkopedia.com\/de\/onkopedia\/guidelines\/heranwachsende-und-junge-erwachsene-aya-adolescents-and-young-adults\/@@view\/html\/index.html, version du 18.12.2018.<\/li>\n<li>Bleyer A : Estimations les plus r\u00e9centes des taux de survie des 24 cancers les plus courants chez les adolescents et les jeunes adultes am\u00e9ricains. J Adolesc Young Adult Oncol 2011 ; 1(1) : 37-42.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c9MATOLOGIE 2019 ; 7(1) : 10-13<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le traitement des adolescents et des jeunes adultes atteints de cancer tombe dans un &#8220;foss\u00e9 de comp\u00e9tences&#8221; entre l&#8217;oncologie p\u00e9diatrique et l&#8217;oncologie adulte. 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