{"id":336771,"date":"2019-01-31T01:00:00","date_gmt":"2019-01-31T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/maladies-inflammatoires-chroniques-de-lintestin-maladie-de-crohn-colite-ulcereuse\/"},"modified":"2019-01-31T01:00:00","modified_gmt":"2019-01-31T00:00:00","slug":"maladies-inflammatoires-chroniques-de-lintestin-maladie-de-crohn-colite-ulcereuse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/maladies-inflammatoires-chroniques-de-lintestin-maladie-de-crohn-colite-ulcereuse\/","title":{"rendered":"Maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin : Maladie de Crohn, colite ulc\u00e9reuse"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin imposent des exigences \u00e9lev\u00e9es aux m\u00e9decins traitants. Un grand nombre de facteurs doivent \u00eatre pris en compte. En outre, le patient est au centre des pr\u00e9occupations &#8211; son risque individuel, ses souhaits et ses attentes en mati\u00e8re de traitement.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Le traitement des patients atteints de maladies inflammatoires de l&#8217;intestin (MII) est complexe et multifacettes, car il faut tenir compte de nombreux facteurs. Ces facteurs incluent par exemple le sch\u00e9ma d&#8217;atteinte de la maladie (localisation, activit\u00e9), les manifestations extra-intestinales (telles que les sympt\u00f4mes cutan\u00e9s ou articulaires), l&#8217;\u00e9volution clinique et les ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dico-th\u00e9rapeutiques. En outre, les risques li\u00e9s au patient, tels que la grossesse, l&#8217;\u00e2ge avanc\u00e9, la st. n. ou la maladie tumorale actuelle, ainsi que les pr\u00e9f\u00e9rences du patient concernant un traitement particulier (par exemple en raison des effets secondaires possibles ou du mode d&#8217;application) et le co\u00fbt du traitement jouent un r\u00f4le essentiel.<\/p>\n<h2 id=\"colite-ulcereuse\">Colite ulc\u00e9reuse<\/h2>\n<p>La colite ulc\u00e9reuse se caract\u00e9rise par une inflammation ascendante \u00e0 partir du rectum, d&#8217;intensit\u00e9 et d&#8217;\u00e9tendue variables. En cas d&#8217;inflammation l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, on commence d&#8217;abord par un traitement avec des pr\u00e9parations \u00e0 base de 5-ASA (m\u00e9salazine\/m\u00e9salamine\/acide aminosalicylique). Ces m\u00e9dicaments sont utilis\u00e9s \u00e0 la fois pour l&#8217;induction de la r\u00e9mission (\u00e9limination de l&#8217;inflammation) et pour le maintien de la r\u00e9mission (pr\u00e9vention d&#8217;une nouvelle pouss\u00e9e) de la colite ulc\u00e9reuse. Selon l&#8217;\u00e9tendue de la maladie, diff\u00e9rents traitements locaux \u00e0 base de 5-ASA sont initialement utilis\u00e9s (suppositoires, lavements et mousses), compl\u00e9t\u00e9s par des pr\u00e9parations orales de 5-ASA en fonction de la r\u00e9ponse.<br \/>\nEn cas d&#8217;atteinte inflammatoire isol\u00e9e du rectum (proctite), l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, on commence par un traitement local \u00e0 base de 1&nbsp;g de 5-ASA (en suppositoire)\/jour (par exemple, chaque jour, Salofalk<sup>\u00ae<\/sup> Supp 1&nbsp;g, Pentasa<sup>\u00ae<\/sup> Supp 1&nbsp;g, Asazine<sup>\u00ae<\/sup> Supp 3\u00d7 500&nbsp;mg). Si ce traitement n&#8217;est pas assez efficace, on ajoute par voie orale 3 \u00e0 4&nbsp;g de 5-ASA (par exemple, chaque jour, Asacol<sup>\u00ae<\/sup> 3\u00d7 800&nbsp;mg, Salofalk<sup>\u00ae<\/sup> Gran 3&nbsp;g, <sup>Pentasa\u00ae<\/sup> Depotgran 2\u00d7 2&nbsp;g, <sup>Asazine\u00ae<\/sup> 3\u00d7 800&nbsp;mg). En cas d&#8217;extension de la maladie jusqu&#8217;\u00e0 la fl\u00e9chisseuse gauche (c\u00f4lon descendant, sigmo\u00efde et rectum), on proc\u00e8de initialement, en cas d&#8217;inflammation l\u00e9g\u00e8re \u00e0 mod\u00e9r\u00e9e, \u00e0 un lavement le soir avec au moins 1&nbsp;g et au maximum jusqu&#8217;\u00e0 4&nbsp;g de 5-ASA (par ex. quotidiennement Salofalk<sup>\u00ae<\/sup> Klysmen 2&nbsp;g ou 4&nbsp;g, <sup>Asacol\u00ae<\/sup> Mousse rectale Klysmen 2 g ou 4&nbsp;g, <sup>Pentasa\u00ae<\/sup> Klysma 1&nbsp;g\/jour). L\u00e0 encore, en cas d&#8217;efficacit\u00e9 insuffisante, un traitement suppl\u00e9mentaire serait administr\u00e9 par voie orale avec 3-4&nbsp;g de 5-ASA. En cas de pancolite (inflammation touchant l&#8217;ensemble du c\u00f4lon), on commence directement par une pr\u00e9paration orale de 5-ASA.<\/p>\n<p>En cas de succ\u00e8s, un traitement \u00e0 long terme pour le maintien de la r\u00e9mission (sans st\u00e9ro\u00efdes) avec des agents th\u00e9rapeutiques 5-ASA est recommand\u00e9. Les lignes directrices europ\u00e9ennes de l&#8217;ECCO [1] recommandent une dose orale de 5-ASA de 2&nbsp;g\/jour. Le Compendium Suisse des M\u00e9dicaments indique la dose de r\u00e9mission de 5-ASA jusqu&#8217;\u00e0 max. 1,2&nbsp;g\/jour, ce qui, \u00e0 notre avis, n&#8217;est pas compr\u00e9hensible. Un traitement local est administr\u00e9 (en plus ou \u00e0 la place du traitement oral) avec 2\u00d7 500&nbsp;mg de 5-ASA Supp ou de 5-ASA Klysmen avec 2000&nbsp;mg.<\/p>\n<p>En g\u00e9n\u00e9ral, le traitement local par 5-ASA est n\u00e9glig\u00e9 (\u00e0 tort !) par le m\u00e9decin et le patient. Par exemple, dans le rectum, le traitement topique par 5-ASA atteint des concentrations muqueuses plus \u00e9lev\u00e9es que le traitement oral [2].<\/p>\n<p>Le probiotique E. coli Nissle peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 pour le maintien de la r\u00e9mission (par exemple Mutaflor\u00ae \u00e0 la dose de 1 \u00e0 2 capsules\/jour). E. coli Nissle (bact\u00e9rie de la souche Nissle 1917) a montr\u00e9 une efficacit\u00e9 comparable \u00e0 celle du 5-ASA dans le maintien de la r\u00e9mission de la colite ulc\u00e9reuse dans plusieurs essais contr\u00f4l\u00e9s randomis\u00e9s [3].<br \/>\nSi les pr\u00e9parations \u00e0 base de 5-ASA ne sont pas assez efficaces en raison d&#8217;une activit\u00e9 inflammatoire trop importante de la colite, une escalade th\u00e9rapeutique doit \u00eatre initi\u00e9e avec des corticost\u00e9ro\u00efdes oraux. On commence ici avec environ 1&nbsp;mg\/kg de poids corporel\/jour de cortisone, 60&nbsp;mg\/jour \u00e9tant g\u00e9n\u00e9ralement suffisants et (en cas de r\u00e9ponse ad\u00e9quate) r\u00e9duits d&#8217;environ 10 mg\/semaine \u00e0 intervalles hebdomadaires. Si plus de deux pouss\u00e9es par an se produisent malgr\u00e9 un traitement de maintien de la r\u00e9mission par 5-ASA, un traitement par immunosuppresseurs doit \u00eatre mis en place.<\/p>\n<h2 id=\"estimation-de-lactivite-inflammatoire\">Estimation de l&#8217;activit\u00e9 inflammatoire<\/h2>\n<p>La clinique peut aider \u00e0 \u00e9valuer l&#8217;efficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie, un traitement r\u00e9ussi se manifestant par une r\u00e9gression du nombre de selles, une am\u00e9lioration de leur consistance, une diminution (voire une disparition totale) des traces de sang et une r\u00e9duction des douleurs abdominales. D&#8217;autre part, le dosage de la calprotectine dans les selles nous aide \u00e0 \u00e9valuer l&#8217;activit\u00e9 inflammatoire de la colite, l&#8217;\u00e9volution de la maladie et le succ\u00e8s du traitement.<\/p>\n<p>Si l&#8217;activit\u00e9 inflammatoire des MICI ne peut pas \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e m\u00eame avec des st\u00e9ro\u00efdes oraux (sympt\u00f4mes persistants ou progressifs chez le patient) ou si des signes d&#8217;une inflammation s\u00e9v\u00e8re (respect des crit\u00e8res Truelove\/Witts [4], <strong>encadr\u00e9)<\/strong> apparaissent, il est fortement recommand\u00e9 de prendre directement contact avec un gastroent\u00e9rologue. Il faut alors \u00e9valuer si une hospitalisation du patient est \u00e9ventuellement n\u00e9cessaire, ceci afin de poursuivre le diagnostic (endoscopie, imagerie abdominale, examen des selles, etc.) et le traitement (par exemple avec des corticost\u00e9ro\u00efdes IV, des bloqueurs du TNF-\u03b1, de la ciclosporine ou du tacrolimus). En outre, dans les cas graves, un suivi interdisciplinaire \u00e9troit du patient doit \u00eatre assur\u00e9 (\u00e9quipe d&#8217;urgence, interniste, gastroent\u00e9rologue et chirurgien visc\u00e9ral).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11313\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1.png\" style=\"height:214px; width:600px\" width=\"1045\" height=\"373\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1.png 1045w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1-800x286.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1-120x43.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1-90x32.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1-320x114.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kriterien_hp1-560x200.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1045px) 100vw, 1045px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"maladie-de-crohn\">Maladie de Crohn<\/h2>\n<p>En principe, la maladie de Crohn peut devenir inflammatoire \u00e0 n&#8217;importe quel endroit du tractus gastro-intestinal. En outre, la maladie peut se pr\u00e9senter avec des fistules, des st\u00e9noses ou des inflammations lumineuses ou des formes mixtes et peut \u00e9galement pr\u00e9senter des manifestations extra-intestinales. Une pouss\u00e9e aigu\u00eb de la maladie de Crohn peut \u00eatre trait\u00e9e avec 1&nbsp;mg de prednisone\/kg de poids corporel, suivie d&#8217;une r\u00e9duction hebdomadaire de la dose (comme d\u00e9crit pr\u00e9c\u00e9demment pour la colite ulc\u00e9reuse). En cas d&#8217;atteinte il\u00e9o-c\u00e6cale, il est possible de traiter avec du bud\u00e9sonide 9&nbsp;mg\/jour (r\u00e9duction de la dose au cours de l&#8217;\u00e9volution). En cas d&#8217;activit\u00e9 colique, de l&#8217;intestin gr\u00eale ou gastro-intestinale sup\u00e9rieure, des immunosuppresseurs sont utilis\u00e9s. Le traitement par 5-ASA n&#8217;est plus une option standard dans la maladie de Crohn.<\/p>\n<h2 id=\"immunosuppresseurs\">Immunosuppresseurs<\/h2>\n<p>Les patients qui souffrent de plus de deux pouss\u00e9es par an ou qui pr\u00e9sentent continuellement une activit\u00e9 accrue de la maladie doivent \u00eatre \u00e9quilibr\u00e9s par des immunosuppresseurs. Parmi ceux-ci, on trouve l&#8217;azathioprine, la 6-mercaptopurine ou encore le m\u00e9thotrexate. En raison d&#8217;un certain nombre d&#8217;effets secondaires possibles, un suivi m\u00e9dical \u00e9troit est n\u00e9cessaire lors de l&#8217;utilisation de thiopurines. Le m\u00e9thotrexate est une bonne alternative chez les patients atteints de la maladie de Crohn, en particulier chez ceux qui souffrent \u00e9galement de sympt\u00f4mes articulaires [5,6].<\/p>\n<h2 id=\"medicaments-biologiques\">M\u00e9dicaments biologiques<\/h2>\n<p>Outre les st\u00e9ro\u00efdes, le 5-ASA et les immunosuppresseurs, il existe aujourd&#8217;hui une s\u00e9rie d&#8217;anticorps monoclonaux qui, sous le terme g\u00e9n\u00e9rique de &#8220;produits biologiques&#8221;, occupent une place essentielle dans le traitement de la maladie inflammatoire chronique de l&#8217;intestin. Heureusement, des bloqueurs de r\u00e9cepteurs de homing et des bloqueurs d&#8217;interleukine 12\/23 sont d\u00e9sormais disponibles en plus des bloqueurs de TNF commercialis\u00e9s depuis 20 ans. La grande question pour le m\u00e9decin traitant est de savoir lequel de ces m\u00e9dicaments doit \u00eatre utilis\u00e9 pour quel patient. Cette d\u00e9cision n&#8217;est pas toujours facile \u00e0 prendre et peut m\u00eame \u00eatre un casse-t\u00eate pour les sp\u00e9cialistes les plus exp\u00e9riment\u00e9s. Malheureusement, il n&#8217;y a pas beaucoup de facteurs pr\u00e9dictifs qui donneraient un sens \u00e0 un algorithme clair. L&#8217;ampleur de l&#8217;activit\u00e9 inflammatoire, la pr\u00e9sence de manifestations extra-intestinales ou encore les maladies associ\u00e9es telles que l&#8217;insuffisance cardiaque, le psoriasis et la scl\u00e9rose en plaques influencent le choix du m\u00e9dicament.<\/p>\n<p>Les bloqueurs du TNF doivent \u00eatre utilis\u00e9s en particulier lorsqu&#8217;il s&#8217;agit de traiter les manifestations extra-intestinales en plus de l&#8217;inflammation intestinale ou d&#8217;induire rapidement une r\u00e9mission. Ces m\u00e9dicaments doivent \u00eatre utilis\u00e9s en particulier chez les patients pr\u00e9sentant une inflammation prononc\u00e9e et leur dosage doit \u00eatre ajust\u00e9 en cons\u00e9quence par la d\u00e9termination des taux de s\u00e9bum dans le s\u00e9rum. Le traitement \u00e0 long terme par des bloqueurs du TNF est tout \u00e0 fait possible, mais il faut s&#8217;attendre \u00e0 une perte d&#8217;efficacit\u00e9 d&#8217;environ 10% par an pour ces m\u00e9dicaments. Si l&#8217;infliximab est choisi comme traitement, il est utile de l&#8217;associer \u00e0 un immunosuppresseur, car cela augmente son efficacit\u00e9 et r\u00e9duit le d\u00e9veloppement d&#8217;anticorps contre le bloqueur du TNF. En Suisse, l&#8217;infliximab et l&#8217;adalimumab sont disponibles pour la colite ulc\u00e9reuse et la maladie de Crohn, tandis que le certolizumab n&#8217;a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 que pour la maladie de Crohn et le golimumab que pour la colite ulc\u00e9reuse.<\/p>\n<p><strong>Bloqueurs des r\u00e9cepteurs de homing : <\/strong>actuellement, le vedolizumab est autoris\u00e9 en Suisse en tant qu&#8217;anticorps \u03b1-4-\u03b2-7. D&#8217;autres anticorps ayant un m\u00e9canisme d&#8217;action similaire suivront bient\u00f4t. Dans le cas du vedolizumab, l&#8217;indicatrice \u03b1-4-\u03b2-7 est bloqu\u00e9e de mani\u00e8re hautement s\u00e9lective sur les lymphocytes. L&#8217;\u03b1-4-\u03b2-7 se lie \u00e0 la MADCAM, pr\u00e9sente principalement dans l&#8217;intestin. Il s&#8217;agit d&#8217;une des nombreuses \u00e9tapes par lesquelles les lymphocytes sont ralentis dans les vaisseaux et traversent ensuite l&#8217;endoth\u00e9lium pour atteindre leur destination, par exemple la muqueuse. Apr\u00e8s blocage de \u03b1-4-\u03b2-7, les cellules inflammatoires ne peuvent alors plus migrer vers le site de l&#8217;inflammation dans l&#8217;intestin. Le vedolizumab se caract\u00e9rise par un profil d&#8217;effets secondaires extr\u00eamement bon et semble \u00e9galement avoir un tr\u00e8s bon effet \u00e0 long terme. Ce m\u00e9dicament n\u00e9cessite toutefois plusieurs semaines pour \u00eatre pleinement efficace et est donc moins adapt\u00e9 aux pouss\u00e9es fulminantes. Les manifestations extra-intestinales semblent \u00eatre trait\u00e9es moins efficacement avec ce m\u00e9dicament qu&#8217;avec les bloqueurs du TNF. Le vedolizumab peut entra\u00eener une cicatrisation compl\u00e8te de la muqueuse [7].<\/p>\n<p><strong>Ustekinumab : <\/strong>cet anticorps contre l&#8217;interleukine 12\/23 est autoris\u00e9 en Suisse pour la maladie de Crohn. Il se lie \u00e0 la sous-unit\u00e9 P40 des cytokines IL-12 et IL-23 et emp\u00eache la signalisation et l&#8217;interaction avec le r\u00e9cepteur IL-12. Cela entra\u00eene une diminution de l&#8217;activit\u00e9 cellulaire et de la production de cytokines. Le traitement initial est administr\u00e9 sous forme de perfusion, puis le traitement d&#8217;entretien est administr\u00e9 sous forme d&#8217;injections sous-cutan\u00e9es. Ce m\u00e9dicament est parfaitement adapt\u00e9 aux patients qui, en plus de la maladie de Crohn, souffrent \u00e9galement de psoriasis. En outre, il s&#8217;agit d&#8217;un m\u00e9dicament puissant pour les patients souffrant d&#8217;une maladie r\u00e9fractaire. En pratique clinique, il est souvent utilis\u00e9 lorsque les patients ne r\u00e9pondent plus aux bloqueurs du TNF. L&#8217;ust\u00e9kinumab se caract\u00e9rise \u00e9galement par un excellent profil d&#8217;effets secondaires, les effets secondaires connus \u00e9tant des maux de t\u00eate et des infections nasopharyng\u00e9es. L&#8217;ust\u00e9kinumab peut \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9 comme traitement \u00e0 long terme [8].<\/p>\n<p>Tous les m\u00e9dicaments mentionn\u00e9s ci-dessus sont efficaces chez deux tiers des patients au maximum, ce qui signifie que tant qu&#8217;il n&#8217;existe pas de facteurs pr\u00e9dictifs, il faut \u00e9ventuellement changer de pr\u00e9paration en cas d&#8217;absence de r\u00e9ponse. Malheureusement, cela signifie aussi qu&#8217;il y a encore quelques patients qui ne sont en r\u00e9mission avec aucun des m\u00e9dicaments mentionn\u00e9s.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les 5-aminosalicylates restent un pilier important du traitement aigu et du maintien de la r\u00e9mission de la colite ulc\u00e9reuse.<\/li>\n<li>Le traitement rectal par 5-ASA sous forme de suppositoires, de clyst\u00e8res ou de produits moussants doit \u00eatre privil\u00e9gi\u00e9 en cas de colite distale.<\/li>\n<li>Si plus de deux pouss\u00e9es de la maladie\/an sont observ\u00e9es, un traitement immunosuppresseur doit \u00eatre initi\u00e9.<\/li>\n<li>La calprotectine est pr\u00e9cieuse pour \u00e9valuer l&#8217;activit\u00e9 et l&#8217;\u00e9volution de la maladie.<\/li>\n<li>En cas d&#8217;indices d&#8217;une inflammation grave de la colite, il convient de prendre contact avec un sp\u00e9cialiste.<\/li>\n<li>Les m\u00e9dicaments biologiques peuvent \u00e9galement mettre en r\u00e9mission les formes graves de MICI.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Harbord M, et al : Third European Evidence-based Consensus on Diagnosis and Management of Ulcerative Colitis. Partie 2 : Prise en charge actuelle. JCC 2017 ; 11 : 769-784.<\/li>\n<li>Pimpo MT, et al : Mesalazine vanishing time from rectal mucosa following its topical administration. JCC 2010 ; 4 : 102-105.<\/li>\n<li>Kruis W, et al : Maintaining remission of ulcerative colitis with the probiotic Escherichia coli Nissle 1917 is as effective as with standard mesalazine. Gut 2004 ; 53 : 1617-1623.<\/li>\n<li>Truelove SC, Witts LJ : Cortisone in ulcerative colitis ; final report on a therapeutic trial. British Medical Journal 1955 ; 2 : 1041-1048.  &nbsp;<\/li>\n<li>Dignass A, et al : Second European evidence-based consensus on the diagnosis and management of ulcerative colitis part 2 : current management. JCC 2012 ; 6 : 991-1030.<\/li>\n<li>Dignass A, et al : Le deuxi\u00e8me consensus europ\u00e9en fond\u00e9 sur des donn\u00e9es probantes sur le diagnostic et la prise en charge de la maladie de Crohn : prise en charge actuelle. JCC 2010 ; 4 : 28-62.<\/li>\n<li>Noman M, et al : Vedolizumab Induces Long-term Mucosal Healing in Patients With Crohn&#8217;s Disease and Ulcerative Colitis. JCC 2017 ; 11 : 1085-1089.<\/li>\n<li>Sandborn WJ, et al : Efficacit\u00e9 et s\u00e9curit\u00e9 \u00e0 long terme de l&#8217;ustekinumab pour la maladie de Crohn au cours de la deuxi\u00e8me ann\u00e9e de traitement. APT 2018 ; 48 : 65-77.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2019 ; 14(1) : 7-10<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin imposent des exigences \u00e9lev\u00e9es aux m\u00e9decins traitants. Un grand nombre de facteurs doivent \u00eatre pris en compte. 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