{"id":336779,"date":"2019-02-06T08:26:02","date_gmt":"2019-02-06T07:26:02","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/si-une-maladie-inflammatoire-chronique-de-lintestin-presumee-nen-est-pas-une\/"},"modified":"2019-02-06T08:26:02","modified_gmt":"2019-02-06T07:26:02","slug":"si-une-maladie-inflammatoire-chronique-de-lintestin-presumee-nen-est-pas-une","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/si-une-maladie-inflammatoire-chronique-de-lintestin-presumee-nen-est-pas-une\/","title":{"rendered":"Si une maladie inflammatoire chronique de l&#8217;intestin pr\u00e9sum\u00e9e n&#8217;en est pas une"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les infections sexuellement transmissibles de l&#8217;anorectum peuvent imiter les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin. Pour un diagnostic correct, l&#8217;entretien d&#8217;anamn\u00e8se doit se d\u00e9rouler dans un climat de confiance et d&#8217;empathie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Une br\u00e8ve description du cas : un homme de 41 ans qui s&#8217;adresse lui-m\u00eame per anum en raison d&#8217;un \u00e9coulement muqueux et sanguin. Les plaintes existent depuis un an. Il y a dix mois, il a \u00e9t\u00e9 examin\u00e9 et un antibiotique lui a \u00e9t\u00e9 prescrit, ce qui a r\u00e9duit l&#8217;intensit\u00e9 des sympt\u00f4mes pendant un certain temps. L&#8217;anamn\u00e8se personnelle r\u00e9v\u00e8le un traitement pour canal rachidien \u00e9troit et une carence chronique en fer. Les documents demand\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent que le patient a \u00e9t\u00e9 transf\u00e9r\u00e9 d&#8217;un service d&#8217;urgence vers le service de gastro-ent\u00e9rologie du m\u00eame \u00e9tablissement dix mois auparavant. L&#8217;examen de l&#8217;\u00e9poque, rectoscopie et endosonographie rigide, a r\u00e9v\u00e9l\u00e9 un ulc\u00e8re dans le rectum et une proctite. Des biopsies ont \u00e9t\u00e9 pr\u00e9lev\u00e9es, mais pas de frottis. Le fait que l&#8217;homme ait eu des relations sexuelles avec des hommes est mentionn\u00e9 dans le rapport d&#8217;enqu\u00eate.<\/p>\n<p>L&#8217;anoscopie et la sigmo\u00efdoscopie flexible<strong> (Fig. 1)<\/strong> que nous avons r\u00e9alis\u00e9es montrent un ulc\u00e8re dans le canal anal, correspondant soit \u00e0 un effet primaire de la l\u00e8se, soit \u00e0 un lymphogranulome v\u00e9n\u00e9rien. Le frottis est positif pour N. gonorrhoeae et Chlamydia trachomatis, s\u00e9rovars L1, L2, L3 et L2B. Apr\u00e8s un traitement par 2\u00d7 100&nbsp;mg de doxycycline, le patient ne pr\u00e9sente plus de sympt\u00f4mes apr\u00e8s quelques semaines. Des contr\u00f4les ult\u00e9rieurs r\u00e9v\u00e8lent des condylomes acumin\u00e9s trait\u00e9s par le beamer \u00e0 l&#8217;argon, sans r\u00e9cidive depuis lors. Un an plus tard, nouvelle auto-affectation apr\u00e8s un contact sexuel avec un homme chez qui une gonorrh\u00e9e a \u00e9t\u00e9 diagnostiqu\u00e9e. Les pr\u00e9l\u00e8vements (oraux, anaux, ur\u00e9traux) de notre patient \u00e9taient n\u00e9gatifs, un traitement pr\u00e9emptif de 2&nbsp;g de <sup>Rocephin\u00ae<\/sup> i.m. a \u00e9t\u00e9 mis en place.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11322\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/02\/abb1_hp1_s17.jpg\" style=\"height:431px; width:400px\" width=\"897\" height=\"967\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Un deuxi\u00e8me cas : un homme de 48 ans, assign\u00e9 pour une proctite chronique. Depuis deux mois, \u00e9coulement de mucus et de sang per anum, il existe une marisque dorsale tr\u00e8s dolente. \u00c9pisode similaire il y a quatre ans, jug\u00e9 \u00e0 l&#8217;\u00e9poque comme une proctite ulc\u00e9reuse. Infection par le VIH connue depuis cinq ans, trait\u00e9e depuis huit mois, avec un nombre de cellules CD4+ d\u00e9sormais normal et un virus IH supprim\u00e9. Le patient a eu des rapports sexuels non prot\u00e9g\u00e9s avec des hommes.<\/p>\n<p>L&#8217;anorectoscopie montre une proctite distale tr\u00e8s florale avec de grands plis cutan\u00e9s, en partie mac\u00e9r\u00e9s. Les frottis sont positifs pour N. gonorrhoeae et C. trachomatis. Leur diff\u00e9renciation donne le s\u00e9rovar L2b, ce qui prouve le diagnostic de lymphogranulome v\u00e9n\u00e9rien. Le processus de gu\u00e9rison est lent. Apr\u00e8s un deuxi\u00e8me traitement de 2\u00d7 100&nbsp;mg de doxycycline pendant trois semaines, la proctite gu\u00e9rit compl\u00e8tement. Les marisques persistantes sont r\u00e9s\u00e9qu\u00e9es \u00e0 la demande du patient. Un an plus tard, nouvelle pr\u00e9sentation avec l&#8217;image d&#8217;une r\u00e9cidive de LGV, confirm\u00e9e par PCR et \u00e0 nouveau trait\u00e9e avec succ\u00e8s par la doxycycline.<\/p>\n<h2 id=\"releve-des-antecedents-medicaux\">Relev\u00e9 des ant\u00e9c\u00e9dents m\u00e9dicaux<\/h2>\n<p>En cas de proctite nouvellement diagnostiqu\u00e9e chez un homme, la possibilit\u00e9 d&#8217;une infection sexuellement transmissible doit \u00eatre envisag\u00e9e. Le m\u00e9decin doit alors \u00eatre conscient que l&#8217;homosexualit\u00e9 signifie diff\u00e9rentes choses : comportement sexuel, pr\u00e9f\u00e9rence sexuelle et identit\u00e9. La question pertinente ici est : &#8220;Avez-vous eu des rapports sexuels avec un homme dans le pass\u00e9 ?&#8221; Comment aborder cette question avec tact dans une conversation ? Une fa\u00e7on de le faire est de mentionner que les agents pathog\u00e8nes sexuellement transmissibles peuvent provoquer des tableaux cliniques similaires \u00e0 ceux de &#8220;notre&#8221; patient. Il convient ensuite de noter qu&#8217;il est difficile, mais n\u00e9anmoins important, de parler de sexe, suivi d&#8217;une d\u00e9claration selon laquelle le m\u00e9decin ne valorise pas l&#8217;activit\u00e9 sexuelle ou les maladies transmissibles. Par exemple, en disant que &#8220;le sexe fait partie d&#8217;une vie saine, chacun le pratique \u00e0 sa mani\u00e8re&#8221;. Il faudrait \u00e9galement pr\u00e9ciser que ces maladies sont r\u00e9pandues chez les hommes ayant eu des rapports sexuels avec des hommes et qu&#8217;elles peuvent \u00eatre trait\u00e9es efficacement. Le patient doit avoir la possibilit\u00e9 de r\u00e9pondre \u00e0 ces d\u00e9clarations en faisant des pauses. Une conversation men\u00e9e avec empathie et tact permet d&#8217;instaurer la confiance et de faire tomber les barri\u00e8res. Si l&#8217;on peut r\u00e9pondre \u00e0 la question ci-dessus, on se rapproche du diagnostic. Se rabattre sur les maladies intestinales chroniques \u00e0 m\u00e9diation auto-immune, moins &#8220;d\u00e9licates&#8221;, revient \u00e0 passer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du diagnostic.<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>L&#8217;anamn\u00e8se et les examens cliniques doivent \u00eatre compl\u00e9t\u00e9s par des pr\u00e9l\u00e8vements intra-anaux pour la d\u00e9tection de l&#8217;agent pathog\u00e8ne. La technique est simple : on introduit d\u00e9licatement un \u00e9couvillon rotatif de 2 \u00e0 4&nbsp;cm dans l&#8217;anus et on balaie la paroi anale \u00e0 plusieurs endroits. Le patient peut \u00e9galement le faire lui-m\u00eame en suivant les instructions. D&#8217;autres \u00e9couvillons sont pr\u00e9lev\u00e9s au niveau ur\u00e9tral et pharyng\u00e9. Pour des raisons de co\u00fbt, les \u00e9couvillons peuvent \u00eatre mis en commun, c&#8217;est-\u00e0-dire que les trois \u00e9couvillons peuvent \u00eatre envoy\u00e9s dans un seul r\u00e9cipient d&#8217;\u00e9chantillon. Une PCR devrait \u00eatre demand\u00e9e pour les agents pathog\u00e8nes les plus courants tels que Chlamydia trachomatis, N. gonorrhoeae et T. pallidum, ainsi qu&#8217;une culture et un test de r\u00e9sistance suppl\u00e9mentaires pour N. gonorrhoeae. Parmi les agents pathog\u00e8nes plus rares de la proctite infectieuse figurent l&#8217;herp\u00e8s simplex et, en cas d&#8217;ant\u00e9c\u00e9dents de voyage, les amibes et Giardia lamblia. Selon le fabricant, la PCR n&#8217;est g\u00e9n\u00e9ralement pas autoris\u00e9e pour les frottis rectaux, mais elle s&#8217;est av\u00e9r\u00e9e sup\u00e9rieure \u00e0 toutes les autres m\u00e9thodes dans les \u00e9tudes. Les s\u00e9rologies pour Chlamydia trachomatis et N. gonorrhoeae ne sont pas pertinentes en raison d&#8217;une sensibilit\u00e9 et d&#8217;une sp\u00e9cificit\u00e9 m\u00e9diocres. Comme pour toutes les maladies sexuellement transmissibles, des s\u00e9rologies suppl\u00e9mentaires doivent \u00eatre prescrites pour le VIH, les h\u00e9patites A, B et C, et le T. pallidum.<\/p>\n<p>Il est essentiel que ces r\u00e9sultats soient expliqu\u00e9s au patient en temps utile et qu&#8217;une copie soit envoy\u00e9e aux autres m\u00e9decins impliqu\u00e9s. Le traitement n\u00e9cessite une surveillance et un d\u00e9briefing afin d&#8217;assurer l&#8217;adh\u00e9sion et d&#8217;\u00e9viter les r\u00e9cidives. Lors d&#8217;une consultation de suivi, il convient d&#8217;aborder la prophylaxie, notamment le &#8220;safer sex&#8221;, les tests r\u00e9guliers et la PrEP (chimiopr\u00e9vention du VIH).<\/p>\n<h2 id=\"therapie\">Th\u00e9rapie<\/h2>\n<p>Le traitement d&#8217;une proctite \u00e0 chlamydia, \u00e0 gonocoque ou syphilitique est en principe identique \u00e0 celui d&#8217;une infection g\u00e9nitale. On distingue plusieurs s\u00e9rovars g\u00e9notypiques de la chlamydia, qui se diff\u00e9rencient par leur tropisme tissulaire et sont trait\u00e9s diff\u00e9remment. Les s\u00e9rovars A-C provoquent le trachome, les s\u00e9rovars D-K une ur\u00e9trite, une cervicite, une pharyngite et rarement une proctite. Les s\u00e9rovars L1 \u00e0 L3 provoquent des proctites et des infections g\u00e9nito-anales telles que le lymphogranulome v\u00e9n\u00e9rien (LGV). Les chlamydiae des s\u00e9rovars A-K sont trait\u00e9s par la doxycycline 100&nbsp;mg deux fois par jour pendant une semaine. Les chlamydiae des s\u00e9rovars L1 \u00e0 L3 doivent \u00eatre trait\u00e9es par doxycycline 2\u00d7 100&nbsp;mg pendant trois semaines. La d\u00e9termination des s\u00e9rovars implique un surcro\u00eet de travail, raison pour laquelle certains laboratoires ne proposent pas ces analyses dans leur offre. Dans l&#8217;ignorance des s\u00e9rovars, le traitement de trois semaines est indiqu\u00e9, car les s\u00e9rovars L1 \u00e0 L3 sont justement plus fr\u00e9quents dans les proctites.<\/p>\n<p>Il existe plusieurs recommandations th\u00e9rapeutiques pour le traitement de la N. gonorrhoeae. Celles-ci d\u00e9coulent de la prise en compte des diff\u00e9rentes \u00e9pid\u00e9miologies de r\u00e9sistance (r\u00e9gions, groupes \u00e0 risque). Actuellement, la bith\u00e9rapie est recommand\u00e9e avec une dose unique de ceftriaxone 1&nbsp;g i.m. (ou i.v.) plus azithromycine 1,5&nbsp;g p.o. est recommand\u00e9e.<\/p>\n<p>Le traitement de la syphilis est la benzathine-p\u00e9nicilline 2,4 UI i.m. ventroglut\u00e9ale. En cas de syphilis pr\u00e9coce (infection &lt;1 an), une seule injection suffit. En cas de syphilis tardive ou si la dur\u00e9e de la maladie est inconnue, l&#8217;injection doit \u00eatre r\u00e9p\u00e9t\u00e9e les jours 8 et 15.<\/p>\n<p>Les partenaires sexuels des six derniers mois doivent, si possible, \u00eatre test\u00e9s pour les infections ur\u00e9trales, rectales et pharyng\u00e9es et trait\u00e9s par antibiotiques si l&#8217;agent pathog\u00e8ne est d\u00e9tect\u00e9 positif. Si le test n&#8217;est pas possible, une th\u00e9rapie peut \u00eatre mise en place sans diagnostic pr\u00e9alable.<\/p>\n<h2 id=\"discussion\">Discussion<\/h2>\n<p>Les deux cas ont en commun le fait que les proctites ont \u00e9t\u00e9 jug\u00e9es non infectieuses, bien que les deux patients aient dit \u00e0 leurs m\u00e9decins qu&#8217;ils avaient eu des rapports sexuels avec des hommes. Mais les deux patients ne se sentaient pas pris en compte, ce qui emp\u00eachait d&#8217;aborder &#8220;plus en d\u00e9tail&#8221; les rencontres sexuelles pass\u00e9es. Les deux cas ont en commun le fait qu&#8217;il s&#8217;agissait d&#8217;infections multiples et que les deux hommes se sont pr\u00e9sent\u00e9s \u00e0 nouveau un an plus tard avec une nouvelle infection.<\/p>\n<p>Les maladies sexuellement transmissibles sont tr\u00e8s r\u00e9pandues chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes (HSH). Le risque de ces infections bact\u00e9riennes a augment\u00e9 au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es. Cela s&#8217;explique par le fait que, depuis quelques ann\u00e9es, la transmission du VIH peut \u00eatre \u00e9vit\u00e9e par la chimiopr\u00e9vention (PrEP) et que les patients infect\u00e9s par le VIH sous traitement ne sont pas infectieux. En raison d&#8217;une modification de la perception des risques, il n&#8217;est donc plus n\u00e9cessaire d&#8217;utiliser un pr\u00e9servatif pour se prot\u00e9ger d&#8217;une infection par le VIH lors de rapports sexuels en dehors des relations monogames. Les pr\u00e9servatifs n&#8217;emp\u00eachent pas la transmission des infections v\u00e9n\u00e9riennes classiques, mais ils en r\u00e9duisent la propagation. L&#8217;augmentation des maladies sexuellement transmissibles &#8220;classiques&#8221; est \u00e9galement attest\u00e9e en Suisse.<\/p>\n<p>De telles maladies sont asymptomatiques chez la majorit\u00e9 des HSH. Chez les patients atteints de proctite, le diagnostic peut \u00eatre manqu\u00e9 car la clinique et les r\u00e9sultats de l&#8217;examen (anoscopie, sigmo\u00efdoscopie) sont interpr\u00e9t\u00e9s \u00e0 tort comme une maladie inflammatoire chronique de l&#8217;intestin. Une s\u00e9rie isra\u00e9lienne d\u00e9crit 16 patients d&#8217;un m\u00eame centre pour lesquels une erreur d&#8217;\u00e9valuation initiale a entra\u00een\u00e9 un retard d&#8217;un \u00e0 24 mois dans l&#8217;\u00e9tablissement d&#8217;un diagnostic correct. Les infections \u00e0 chlamydia, N.&nbsp;gonorrhoeae et T. pallidum sont chroniques et sont associ\u00e9es \u00e0 un taux de transmission de l&#8217;infection par le VIH jusqu&#8217;\u00e0 neuf fois plus \u00e9lev\u00e9.<\/p>\n<h2 id=\"conclusion\">Conclusion<\/h2>\n<p>Les infections sexuellement transmissibles de l&#8217;anorectum peuvent imiter \u00e0 s&#8217;y m\u00e9prendre les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin (maladie de Crohn ou colite ulc\u00e9reuse). Le diagnostic clinique et endoscopique ne permet parfois pas de faire la distinction entre l&#8217;origine infectieuse et l&#8217;origine chronique auto-immune. Une bonne relation m\u00e9decin-patient, bas\u00e9e sur la confiance et l&#8217;empathie, est d\u00e9terminante pour le diagnostic. L&#8217;anamn\u00e8se doit \u00eatre recueillie sans jugement, avec tact et empathie. Le diagnostic est simple : un frottis pour Neisseria gonorrhoeae, un pour Chlamydia trachomatis et un pour Treponema pallidum (PCR), pr\u00e9lev\u00e9s sur l&#8217;anus, le m\u00e9at ur\u00e9tral et la gorge, envoy\u00e9s dans un kit de frottis. Le traitement peut \u00eatre commenc\u00e9 imm\u00e9diatement en cas de suspicion clinique fond\u00e9e ou apr\u00e8s l&#8217;arriv\u00e9e des r\u00e9sultats en cas d&#8217;incertitude. En fonction de l&#8217;\u00e9pid\u00e9miologie (ant\u00e9c\u00e9dents de voyage), le diagnostic doit \u00eatre \u00e9tendu aux amibes et \u00e0 Giardia lamblia. En cas d&#8217;ulc\u00e8res douloureux de l&#8217;anoderme, il faut penser \u00e0 une infection herp\u00e9tique.<br \/>\nUn diagnostic s\u00e9rologique pour le VIH, le T. pallidum, les h\u00e9patites A, B et C doit \u00eatre effectu\u00e9 pendant le traitement. Les patients doivent \u00eatre inform\u00e9s sur la transmission, l&#8217;\u00e9valuation du partenaire et la pr\u00e9vention des maladies sexuellement transmissibles. Il est essentiel de planifier rigoureusement les contr\u00f4les (s\u00e9rologie, clinique) et d&#8217;indiquer o\u00f9 les patients peuvent s&#8217;adresser en cas de questions sur la sant\u00e9 sexuelle, si cela n&#8217;est pas possible dans le cabinet du m\u00e9decin traitant. La prise en charge de ces patients n\u00e9cessite une collaboration interdisciplinaire entre les disciplines de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, de la dermatologie\/v\u00e9n\u00e9rologie, de la gastro-ent\u00e9rologie et de l&#8217;infectiologie.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les infections sexuellement transmissibles de l&#8217;anorectum peuvent imiter \u00e0 s&#8217;y m\u00e9prendre les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin (maladie de Crohn ou colite ulc\u00e9reuse).<\/li>\n<li>Une relation m\u00e9decin-patient bas\u00e9e sur la confiance et l&#8217;empathie est d\u00e9terminante pour le diagnostic.<\/li>\n<li>Le diagnostic est en principe simple : pr\u00e9l\u00e8vements pour Neisseria gonorrhoeae, Chlamydia trachomatis et Treponema pallidum (PCR) sur l&#8217;anus, le m\u00e9at ur\u00e9tral et la gorge, envoy\u00e9s dans un kit de pr\u00e9l\u00e8vement. En cas d&#8217;anamn\u00e8se de voyage correspondante, le diagnostic doit \u00eatre \u00e9tendu aux amibes et \u00e0 Giardia lamblia.<\/li>\n<li>Le traitement peut \u00eatre administr\u00e9 imm\u00e9diatement en cas de suspicion clinique fond\u00e9e ou apr\u00e8s l&#8217;arriv\u00e9e des r\u00e9sultats en cas d&#8217;incertitude.<\/li>\n<li>Les patients doivent \u00eatre inform\u00e9s sur la transmission, l&#8217;\u00e9valuation du partenaire et la pr\u00e9vention des maladies sexuellement transmissibles.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"litterature-complementaire\">Litt\u00e9rature compl\u00e9mentaire :<\/h2>\n<ul>\n<li>De Vries HJ : Infections sexuellement transmissibles chez les hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. Clinics in Dermatology 2014 ; 32 : 181-188.<\/li>\n<li>Lourtet Hascoet J, et al : Aspects cliniques diagnostiques et th\u00e9rapeutiques de 221 infections anorectales cons\u00e9cutives \u00e0 Chlamydia trachomatis et Neisseria gonorrhoeae transmises par voie sexuelle chez des hommes ayant des rapports sexuels avec des hommes. International Journal of Infectious Diseases 2018 ; 71 : 9-13.<\/li>\n<li>Hoentjen F, Rubin DT : Proctite infectieuse : quand la suspecter n&#8217;est pas une maladie inflammatoire de l&#8217;intestin. Dig Dis Sci 2012 ; 57 : 269-273.<\/li>\n<li>Levy I, et al : Diagnostic retard\u00e9 des maladies sexuellement transmissibles colorectales en raison de leur ressemblance avec les maladies inflammatoires de l&#8217;intestin. International Journal of Infectious Diseases 2018 ; 75 : 34-38.<\/li>\n<li>Farfour E, et al. : Augmentation des infections sexuellement transmissibles dans une cohorte d&#8217;hommes s\u00e9ropositifs en consultation externe ayant des rapports sexuels avec des hommes en r\u00e9gion parisienne. M\u00e9decine et maladies infectieuses 2017 ; 47 : 490-493.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2019 ; 14(1) : 17-19<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les infections sexuellement transmissibles de l&#8217;anorectum peuvent imiter les maladies inflammatoires chroniques de l&#8217;intestin. Pour un diagnostic correct, l&#8217;entretien d&#8217;anamn\u00e8se doit se d\u00e9rouler dans un climat de confiance et d&#8217;empathie.<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":86537,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Proctites infectieuses chez les HSH","footnotes":"","_members_access_role":[],"_members_access_error":""},"category":[11362,11531,11414,11428,11315,11549],"tags":[30504,30537,14154,30518,30524,30509,30535,30513,30530,12573],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-336779","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-dermatologie-et-venerologie","category-formation-continue","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-infectiologie","category-medecine-interne-generale","category-rx-fr","tag-chlamydia-fr","tag-conduite-dentretiens","tag-diagnostic-fr","tag-gonocoque","tag-gonorrhee-fr","tag-gonorrhee","tag-infections-sexuellement-transmissibles","tag-lues-fr","tag-msm-fr","tag-therapie-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-07-22 23:15:38","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":336789,"slug":"quando-il-sospetto-di-una-malattia-infiammatoria-intestinale-non-e-una","post_title":"Quando il sospetto di una malattia infiammatoria intestinale non \u00e8 una","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/quando-il-sospetto-di-una-malattia-infiammatoria-intestinale-non-e-una\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":336792,"slug":"quando-uma-suspeita-de-doenca-inflamatoria-intestinal-nao-e-uma","post_title":"Quando uma suspeita de doen\u00e7a inflamat\u00f3ria intestinal n\u00e3o \u00e9 uma","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/quando-uma-suspeita-de-doenca-inflamatoria-intestinal-nao-e-uma\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":336750,"slug":"cuando-se-sospecha-que-una-enfermedad-inflamatoria-intestinal-no-es-una","post_title":"Cuando se sospecha que una enfermedad inflamatoria intestinal no es una","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/cuando-se-sospecha-que-una-enfermedad-inflamatoria-intestinal-no-es-una\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/336779","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=336779"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/336779\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=336779"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=336779"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=336779"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=336779"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}