{"id":336883,"date":"2019-01-12T01:00:00","date_gmt":"2019-01-12T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nobody-is-dead-until-warm-and-dead-personne-nest-mort-avant-davoir-eu-chaud\/"},"modified":"2019-01-12T01:00:00","modified_gmt":"2019-01-12T00:00:00","slug":"nobody-is-dead-until-warm-and-dead-personne-nest-mort-avant-davoir-eu-chaud","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nobody-is-dead-until-warm-and-dead-personne-nest-mort-avant-davoir-eu-chaud\/","title":{"rendered":"&#8220;Nobody is dead until warm and dead&#8221; (Personne n&#8217;est mort avant d&#8217;avoir eu chaud)"},"content":{"rendered":"<p><strong>Bien que l&#8217;hypothermie soit un ph\u00e9nom\u00e8ne plut\u00f4t rare, la mortalit\u00e9 est encore relativement \u00e9lev\u00e9e de nos jours. La reconnaissance rapide de l&#8217;hypothermie et un traitement ad\u00e9quat font la diff\u00e9rence entre la vie et la mort.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>L&#8217;hypothermie s\u00e9v\u00e8re a encore aujourd&#8217;hui un taux de mortalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9. Bien que des progr\u00e8s consid\u00e9rables aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s dans la prise en charge des victimes d&#8217;hypothermie s\u00e9v\u00e8re, tant en pr\u00e9hospitalier qu&#8217;en hospitalier, on manque de chiffres pr\u00e9cis sur l&#8217;incidence, estim\u00e9e \u00e0 1-5 pour 100<em>000<\/em>habitants selon les r\u00e9gions. Outre les groupes \u00e0 risque &#8220;classiques&#8221; tels que les alpinistes, les aventuriers, les membres de l&#8217;arm\u00e9e ou de la marine ou les travailleurs dans les r\u00e9gions polaires, les personnes &#8220;normales&#8221; victimes d&#8217;un accident, inconscientes ou impuissantes dans des logements non chauff\u00e9s, ou les personnes intoxiqu\u00e9es peuvent \u00e9galement souffrir d&#8217;hypothermie grave<strong> (figure&nbsp;1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11173\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/abb1_cv6_s28.jpg\" style=\"height:257px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"472\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"physiopathologie-de-lhypothermie\">Physiopathologie de l&#8217;hypothermie<\/h2>\n<p>Le corps humain est homoiotherme et tente en toutes circonstances de maintenir sa temp\u00e9rature centrale stable autour de 37\u00b0C. Il n&#8217;y a donc pas de raison de s&#8217;inqui\u00e9ter. Pour \u00e9viter le refroidissement, le corps augmente sa production interne de chaleur, principalement en augmentant l&#8217;activit\u00e9 musculaire. Mais si la temp\u00e9rature ambiante est trop basse et\/ou si le corps n&#8217;est plus en mesure de produire suffisamment de chaleur, la temp\u00e9rature corporelle centrale (TCC) baisse r\u00e9guli\u00e8rement. Les sympt\u00f4mes cliniques qui en r\u00e9sultent ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9crits pour la premi\u00e8re fois par le m\u00e9decin et sauveteur en montagne suisse, le Dr Bruno Durrer, et le Dr Hermann Brugger, m\u00e9decin et chercheur en m\u00e9decine d&#8217;urgence de montagne du Tyrol du Sud, dans ce que l&#8217;on appelle le &#8220;Swiss Staging&#8221; [1]. C&#8217;est aujourd&#8217;hui la base de la classification d&#8217;une hypothermie. Une deuxi\u00e8me classification est effectu\u00e9e sur la base des TCC mesur\u00e9s. On y distingue une hypothermie l\u00e9g\u00e8re (KKT 35-32\u00b0C) d&#8217;une hypothermie mod\u00e9r\u00e9e (KKT 32-28\u00b0C) et d&#8217;une hypothermie s\u00e9v\u00e8re (KKT &lt;28\u00b0C) [2].<\/p>\n<h2 id=\"swiss-staging\">Swiss Staging<\/h2>\n<p><strong>Le tableau&nbsp;1<\/strong> illustre la classification de l&#8217;hypothermie en quatre stades selon Durrer et Brugger (&#8220;Swiss Staging&#8221;). Au stade 1, il y a une l\u00e9g\u00e8re hypothermie (typiquement 35-32\u00b0C) qui se caract\u00e9rise par des tremblements dus au froid, par lesquels le corps tente d&#8217;augmenter la CCT par le biais d&#8217;une activation musculaire. Ces patients peuvent \u00eatre trait\u00e9s avec des mesures d&#8217;isolement, des couvertures et des boissons chaudes et n&#8217;ont g\u00e9n\u00e9ralement pas besoin de soins suppl\u00e9mentaires.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11174 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/tab1_cv6_s28.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/458;height:250px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"458\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Le stade 2 d\u00e9signe une hypothermie mod\u00e9r\u00e9e (environ 32-28\u00b0C). Ce stade se caract\u00e9rise par une alt\u00e9ration de l&#8217;\u00e9tat de conscience et \u00e9ventuellement d\u00e9j\u00e0 par les premiers sympt\u00f4mes cardiaques. Ces patients doivent \u00eatre prot\u00e9g\u00e9s contre un refroidissement suppl\u00e9mentaire et doivent g\u00e9n\u00e9ralement \u00eatre hospitalis\u00e9s jusqu&#8217;\u00e0 ce que leur KKT revienne \u00e0 la normale.<\/p>\n<p>Au stade 3 (g\u00e9n\u00e9ralement &lt;28\u00b0C), les fonctions vitales sont fortement alt\u00e9r\u00e9es. Les patients sont souvent inconscients et pr\u00e9sentent une instabilit\u00e9 circulatoire ainsi qu&#8217;une respiration perturb\u00e9e. Un refroidissement suppl\u00e9mentaire entra\u00eene un arr\u00eat circulatoire et donc le stade 4.<\/p>\n<p>Le stade 4 est \u00e9galement d\u00e9crit comme une mort apparente. Ces patients subissent un arr\u00eat circulatoire et ont en outre des pupilles larges et rigides. Ils doivent \u00eatre transport\u00e9s le plus rapidement possible dans un h\u00f4pital disposant de capacit\u00e9s ECLS (&#8220;Extracorporeal Life Support&#8221;), o\u00f9 un r\u00e9chauffement actif externe peut \u00eatre effectu\u00e9 par ECMO (oxyg\u00e9nation par membrane extracorporelle) ou par une machine c\u0153ur-poumon traditionnelle. Seul le r\u00e9chauffement peut r\u00e9activer la circulation et am\u00e9liorer la coagulation, massivement perturb\u00e9e par l&#8217;hypothermie. C&#8217;est principalement pour cette raison que les patients traumatis\u00e9s gravement hypothermes ont un moins bon r\u00e9sultat que les victimes d&#8217;accidents normothermes [3].<\/p>\n<h2 id=\"politiques-et-algorithmes\">Politiques et algorithmes<\/h2>\n<p>Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, plusieurs algorithmes et guidelines ont \u00e9t\u00e9 publi\u00e9s pour la prise en charge des patients en hypothermie [2,4]. Ils sont destin\u00e9s \u00e0 aider les sauveteurs sur le lieu de l&#8217;accident et les \u00e9quipes cliniques \u00e0 identifier les patients hypothermiques, \u00e0 d\u00e9finir la gravit\u00e9 de l&#8217;hypothermie et \u00e0 mettre en place le traitement appropri\u00e9. <strong>La figure&nbsp;2 <\/strong>pr\u00e9sente un algorithme simplifi\u00e9 pour la prise de d\u00e9cision et le traitement des patients hypothermiques en arr\u00eat cardiaque.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11175 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/abb2_cv6_s30.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1837;height:1002px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1837\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"gestion-a-lhopital\">Gestion \u00e0 l&#8217;h\u00f4pital<\/h2>\n<p><strong>Traitement et r\u00e9chauffement :<\/strong> les patients l\u00e9g\u00e8rement hypothermiques (stade 1) ont simplement besoin de couvertures chaudes et de boissons ainsi que d&#8217;activit\u00e9 musculaire et peuvent \u00eatre pris en charge en ambulatoire. En cas d&#8217;hypothermie mod\u00e9r\u00e9e (stade 2), parfois m\u00eame \u00e0 un stade 3, les fonctions cardiovasculaires et respiratoires peuvent encore \u00eatre suffisantes. Si c&#8217;est le cas, les patients peuvent \u00eatre r\u00e9chauff\u00e9s de mani\u00e8re non invasive \u00e0 l&#8217;aide de draps chauds ou de couvertures chauffantes convectives sp\u00e9ciales (par exemple Bair Hugger\u00ae) et de perfusions chaudes. Ils doivent toutefois faire l&#8217;objet d&#8217;une surveillance \u00e9troite. En pr\u00e9sence d&#8217;une instabilit\u00e9 circulatoire li\u00e9e \u00e0 l&#8217;hypothermie, l&#8217;indication d&#8217;un r\u00e9chauffement actif invasif doit \u00eatre pos\u00e9e de mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9reuse. Les patients en arr\u00eat circulatoire (stade 4) doivent \u00eatre r\u00e9chauff\u00e9s par ECLS. Deux syst\u00e8mes diff\u00e9rents sont utilis\u00e9s : l&#8217;oxyg\u00e9nation extracorporelle par membrane (ECMO) ou la machine c\u0153ur-poumon (HLM).  <strong>(Fig.3).<\/strong>  Une \u00e9quipe d&#8217;Innsbruck a montr\u00e9 qu&#8217;il n&#8217;y avait pas de diff\u00e9rence significative entre les deux syst\u00e8mes en termes de ROSC (&#8220;return of spontaneous circulation&#8221;), mais que l&#8217;ECMO permettait en revanche une meilleure survie ; ceci est probablement d\u00fb au fait que l&#8217;ECMO permet un soutien cardiopulmonaire \u00e0 plus long terme [5]. Le &#8220;Bernese Hypothermia Algorithm&#8221; devrait aider \u00e0 poser correctement l&#8217;indication de ces techniques co\u00fbteuses [6].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11176 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/abb3_cv6_s31.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/586;height:320px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"586\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Survie et r\u00e9adaptation :<\/strong> la machine c\u0153ur-poumon (MCP) pour le r\u00e9chauffement des patients victimes d&#8217;un arr\u00eat circulatoire d\u00fb \u00e0 l&#8217;hypothermie alpine a \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9e pour la premi\u00e8re fois dans les ann\u00e9es 1980 par le professeur Ueli Althaus \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital de l&#8217;\u00cele de Berne [7]. Ce nouveau traitement, qui donnait une chance de survie aux personnes en \u00e9tat de mort apparente, s&#8217;est rapidement r\u00e9pandu parmi les \u00e9quipes de secours, les services d&#8217;urgence et les \u00e9quipes de chirurgie cardiaque. Une \u00e9tude multicentrique suisse dirig\u00e9e par Walpoth et Althaus a examin\u00e9 les patients, jeunes pour la plupart, cinq ans apr\u00e8s le traitement par HLM [8]. Avant le traitement, tous les patients pr\u00e9sentaient des complications postop\u00e9ratoires telles qu&#8217;un \u0153d\u00e8me pulmonaire, des d\u00e9ficits neurologiques ou encore de longs s\u00e9jours en soins intensifs. Beaucoup d&#8217;entre eux avaient besoin d&#8217;une r\u00e9\u00e9ducation pour leurs handicaps passagers. Sur un total de 32 patients inclus, qui pr\u00e9sentaient une KKT moyenne de 21,9\u00b0C, 15 ont surv\u00e9cu. Apr\u00e8s cinq ans, les survivants \u00e9taient en bonne sant\u00e9, ne pr\u00e9sentaient aucune s\u00e9quelle, ne n\u00e9cessitaient aucun traitement m\u00e9dical et avaient repris leurs activit\u00e9s normales. Ces r\u00e9sultats tr\u00e8s prometteurs n&#8217;\u00e9taient pas seulement essentiels pour les patients et les \u00e9quipes de traitement, ils ont \u00e9galement montr\u00e9 que la m\u00e9thode \u00e9tait viable malgr\u00e9 les complications initiales. Aujourd&#8217;hui, le r\u00e9chauffement actif-invasif des patients en hypothermie s\u00e9v\u00e8re et en arr\u00eat circulatoire est devenu l&#8217;\u00e9talon-or mondial.<\/p>\n<h2 id=\"previsions\">Pr\u00e9visions<\/h2>\n<p>Le r\u00e9sultat des patients en hypothermie d\u00e9pend de plusieurs facteurs. Les signes de vie lors de l&#8217;\u00e9valuation initiale sont le principal facteur pronostique positif [9]. On entend par l\u00e0, entre autres, une respiration pr\u00e9serv\u00e9e, bien qu&#8217;\u00e9ventuellement tr\u00e8s ralentie, une circulation fonctionnelle ou une certaine activit\u00e9 cardiaque. Plus les param\u00e8tres vitaux sont perturb\u00e9s, plus le risque de refroidissement secondaire suivi d&#8217;un arr\u00eat circulatoire est important, par exemple pendant la r\u00e9cup\u00e9ration d&#8217;une victime hypothermique. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne est connu sous le nom de &#8220;mort par r\u00e9cup\u00e9ration&#8221; et est probablement d\u00e9clench\u00e9 par un d\u00e9placement de sang froid de la p\u00e9riph\u00e9rie vers le noyau, entra\u00eenant une chute aigu\u00eb de la KKT (= stade&nbsp;4). Le pronostic est favorable si le patient peut \u00eatre rapidement transport\u00e9 dans un centre ECLS et r\u00e9chauff\u00e9 par voie active-invasive [10]. L&#8217;objectif prioritaire dans les soins pr\u00e9hospitaliers est d&#8217;\u00e9viter qu&#8217;un patient en hypothermie ne se refroidisse davantage.<\/p>\n<p>Les patients hypothermiques qui souffrent simultan\u00e9ment d&#8217;asphyxie ont le plus mauvais pronostic. Cela se produit souvent en cas d&#8217;avalanche ou de noyade : La victime subit une asphyxie alors que la TCC est encore normale et ne se refroidit qu&#8217;au fur et \u00e0 mesure [11,12]. En cas de normothermie, le cerveau a une tol\u00e9rance \u00e0 l&#8217;isch\u00e9mie de trois minutes seulement, alors qu&#8217;avec une KKT de 20\u00b0C, le cerveau peut r\u00e9sister \u00e0 une hypoxie pendant une trentaine de minutes sans subir de dommages. Cet effet protecteur de l&#8217;hypothermie est d\u00fb \u00e0 un ralentissement de tous les processus m\u00e9taboliques [13].<\/p>\n<p>Actuellement, la mesure du potassium, qui exprime les dommages cellulaires, est la norme pour estimer l&#8217;ampleur de l&#8217;hypoxie [14]. Si la valeur est de 12&nbsp;mmol\/l pour une victime en hypothermie s\u00e9v\u00e8re avec arr\u00eat circulatoire &gt;ou de 8&nbsp;mmol\/l pour une victime d&#8217;avalanche &gt;, il faut supposer que l&#8217;asphyxie est survenue avant le refroidissement et que la personne est morte asphyxi\u00e9e [4]. Les lignes directrices internationales recommandent donc que la r\u00e9animation puisse \u00eatre interrompue si le taux de potassium &gt;est de 12 ou 8&nbsp;mmol\/l [15]. Pasquier et al. ont \u00e9labor\u00e9 le &#8220;HOPE score&#8221; qui, outre le potassium, prend en compte d&#8217;autres facteurs (\u00e2ge, sexe, asphyxie, etc.) et devrait ainsi permettre de mieux \u00e9valuer le pronostic des patients en hypothermie s\u00e9v\u00e8re et en arr\u00eat circulatoire (stade&nbsp;4) [16]. Une validation de ce score est actuellement en cours.<\/p>\n<h2 id=\"\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"-2\"><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11177 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2019\/01\/kasten_s.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/595;height:325px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"595\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/h2>\n<h2 id=\"-3\">&nbsp;<\/h2>\n<h2 id=\"innovation-et-avenir\">Innovation et avenir<\/h2>\n<p>Il y a quelques ann\u00e9es, une publication danoise sur un accident de bateau a montr\u00e9 des taux de survie \u00e0 long terme relativement \u00e9lev\u00e9s&nbsp; chez des jeunes qui avaient chavir\u00e9 dans l&#8217;eau glac\u00e9e et qui avaient tous \u00e9t\u00e9 r\u00e9chauff\u00e9s avec succ\u00e8s par ECLS [17]. Le cas incroyable d&#8217;une patiente massivement hypothermique est d\u00e9crit dans l&#8217;encadr\u00e9 ; il renforce la maxime &#8220;Nobody is dead until warm and dead&#8221; (&#8220;Personne n&#8217;est mort tant qu&#8217;il n&#8217;est pas chaud et mort&#8221;). Cependant, malgr\u00e9 de nombreux exemples positifs, il reste encore beaucoup \u00e0 faire : Nous avons besoin de meilleures preuves en collectant et en analysant de tels cas individuels. Nous nous int\u00e9ressons surtout aux causes de l&#8217;accident, aux moyens de sauvetage et de transport utilis\u00e9s et, bien s\u00fbr, aux m\u00e9thodes d&#8217;\u00e9chauffement et au traitement post-intervention. L&#8217;hypothermie accidentelle repr\u00e9sente une situation \u00e0 &#8220;faible incidence &#8211; fort impact&#8221; : Il y a peu de cas par an dans le monde, mais la reconnaissance correcte de l&#8217;hypothermie et le traitement &#8220;\u00e0 la pointe de la technologie&#8221; font la diff\u00e9rence entre la vie et la mort. C&#8217;est pourquoi l&#8217;International Hypothermia Registry (IHR) a \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9 aux H\u00f4pitaux universitaires de Gen\u00e8ve. Actuellement, plus de 50 centres dans le monde soutiennent le registre et nous esp\u00e9rons que la collecte du plus grand nombre possible de cas d&#8217;hypothermie accidentelle permettra d&#8217;obtenir davantage de preuves scientifiques et d&#8217;am\u00e9liorer ainsi les r\u00e9sultats de ces victimes [18].<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;hypothermie s\u00e9v\u00e8re a encore aujourd&#8217;hui un taux de mortalit\u00e9 \u00e9lev\u00e9.<\/li>\n<li>L&#8217;objectif prioritaire dans les soins pr\u00e9-hospitaliers est d&#8217;\u00e9viter qu&#8217;un patient en hypothermie ne se refroidisse davantage.<\/li>\n<li>Les patients hypothermiques qui souffrent simultan\u00e9ment d&#8217;asphyxie ont le plus mauvais pronostic. Cela se produit souvent en cas d&#8217;avalanche ou de noyade.<\/li>\n<li>Les patients en hypothermie profonde en arr\u00eat circulatoire doivent \u00eatre transf\u00e9r\u00e9s imm\u00e9diatement sous r\u00e9animation dans un centre o\u00f9 ils peuvent \u00eatre r\u00e9chauff\u00e9s par ECLS. La r\u00e8gle de base est la suivante : &#8220;Nobody is dead until warm and dead&#8221;.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Durrer B, Brugger H, Syme D : The medical on-site treatment of hypothermia : ICAR-MEDCOM recommendation. High Alt Med Biol 2003 ; 4(1) : 99-103.<\/li>\n<li>Paal P, et al : Accidental hypothermia-an update : The content of this review is endorsed by the International Commission for Mountain Emergency Medicine (ICAR MEDCOM). Scand J Trauma Resusc Emerg Med 2016 ; 24(1) : 111.<\/li>\n<li>Mikhail J : La triade traumatique de la mort : hypothermie, acidose et coagulopathie. AACN Clin Issues 1999 ; 10(1) : 85-94.<\/li>\n<li>Brown DJ, et al : Hypothermie accidentelle. N Engl J Med 2012 ; 367(20) : 1930-1938.<\/li>\n<li>Ruttmann E, et al : Prolonged extracorporeal membrane oxygenation-assisted support provides improved survival in hypothermic patients with cardiocirculatory arrest. J Thorac Cardiovasc Surg 2007 ; 134(3) : 594-600.<\/li>\n<li>Brodmann Maeder M, et al : The Bernese Hypothermia Algorithm : a consensus paper on in-hospital decision-making and treatment of patients in hypothermic cardiac arrest at an alpine level 1 trauma centre. Injury 2011 ; 42(5) : 539-543.<\/li>\n<li>Althaus U, et al : Management of profound accidental hypothermia with cardiorespiratory arrest. Ann Surg 1982 ; 195(4) : 492-495.<\/li>\n<li>Walpoth BH, et al : Outcome of survivors of accidental deep hypothermia and circulatory arrest treated with extracorporeal blood warming. N Engl J Med 1997 ; 337(21) : 1500-1505.<\/li>\n<li>Debaty G, et al. : R\u00e9sultat apr\u00e8s une hypothermie accidentelle s\u00e9v\u00e8re dans les Alpes fran\u00e7aises : une revue sur 10 ans. Resuscitation 2015 ; 93 : 118-123.<\/li>\n<li>Strapazzon G, et al. : Prise en charge pr\u00e9hospitali\u00e8re et r\u00e9sultats des patients victimes d&#8217;avalanches avec arr\u00eat cardiaque hors h\u00f4pital : une \u00e9tude r\u00e9trospective dans le Tyrol, Autriche. Eur J Emerg Med 2017 ; 24(6) : 398-403.<\/li>\n<li>Brugger H, et al. : Gestion sur le terrain des victimes d&#8217;avalanche. Resuscitation 2001 ; 51(1) : 7-15.<\/li>\n<li>Locher T, et al. : Hypothermie accidentelle en Suisse (1980-1987). Casuistique et facteurs pronostiques. SMW 1991 ; 121 : 1020-1028.<\/li>\n<li>Conolly S, Arrowsmith JE, Klein AA : Arr\u00eat circulatoire hypothermique profond. Continuing Education in Anaesthesia, Critical Care &amp; Pain 2010 ; 10(5) : 138-142.<\/li>\n<li>Schaller MD, Fischer AP, Perret CH : Hypercalc\u00e9mie. A&nbsp; prognostic factor during acute severe hypothermia. JAMA 1990 ; 264(14) : 1842-1845.<\/li>\n<li>Truhl\u00e1\u0159 A, et al : European Resuscitation Council guidelines for resuscitation 2015 : Section 4. Cardiac arrest in special circumstances. Resuscitation 2015 ; 95 : 148-201.<\/li>\n<li>Pasquier M, et al : Hypothermia outcome prediction after extracorporeal life support for hypothermic cardiac arrest patients : The HOPE score. Resuscitation 2018 ; 126 : 58-64.<\/li>\n<li>Wanscher M, et al : Outcome of accidental hypothermia with or without circulatory arrest : experience from the Danish Pr\u00e6st\u00f8 Fjord boating accident. Resuscitation 2012 ; 83(9) : 1078-1084.<\/li>\n<li>Walpoth BH, et al : The International Hypothermia Registry. \u00c9coles d&#8217;hiver ESAO de Dieter &amp; Registre international de l&#8217;hypothermie de Beat. Num\u00e9ro comm\u00e9moratif de Falkenhagen. Int J Artif Organs 2017 ; 40(1) : 40-42.<\/li>\n<li>Gilbert M, et al : Resuscitation from accidental hypothermia of 13,7\u00b0C with circulatory arrest. Lancet 2000 ; 355(9201) : 375-376.<\/li>\n<li>Hilmo J, Naesheim T, Gilbert M : &#8220;Nobody is dead until warm and dead&#8221; : Prolonged resuscitation is warranted in arrested hypothermic victims also in remote areas. Une \u00e9tude r\u00e9trospective du nord de la Norv\u00e8ge. Resuscitation 2014 ; 85(9) : 1204-1211.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>CARDIOVASC 2018 ; 17(6) : 27-32<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Bien que l&#8217;hypothermie soit un ph\u00e9nom\u00e8ne plut\u00f4t rare, la mortalit\u00e9 est encore relativement \u00e9lev\u00e9e de nos jours. 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