{"id":337038,"date":"2018-11-09T01:00:00","date_gmt":"2018-11-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/le-risque-percu-alimente-les-efforts-de-prevention\/"},"modified":"2018-11-09T01:00:00","modified_gmt":"2018-11-09T00:00:00","slug":"le-risque-percu-alimente-les-efforts-de-prevention","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/le-risque-percu-alimente-les-efforts-de-prevention\/","title":{"rendered":"Le risque per\u00e7u alimente les efforts de pr\u00e9vention"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les conseils de pr\u00e9vention sont-ils particuli\u00e8rement utiles pour les proches des personnes atteintes de cancer ? Une \u00e9tude le sugg\u00e8re. Cette circonstance pourrait \u00eatre utilis\u00e9e de mani\u00e8re responsable pour la pr\u00e9vention du cancer.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Cette \u00e9tude transversale men\u00e9e dans l&#8217;environnement de l&#8217;universit\u00e9 de Br\u00eame est bas\u00e9e sur une enqu\u00eate anonyme \u00e0 grande \u00e9chelle. 621 personnes ayant un parent au premier degr\u00e9 atteint de cancer et 303 personnes sans parent au premier degr\u00e9 ont r\u00e9pondu au moyen d&#8217;un questionnaire en ligne,<\/p>\n<ul>\n<li>dans quelle mesure ils prennent eux-m\u00eames des mesures pr\u00e9ventives (ou quel est leur mode de vie actuel),<\/li>\n<li>comment ils per\u00e7oivent leur risque de cancer (par rapport \u00e0 la population g\u00e9n\u00e9rale du m\u00eame \u00e2ge et du m\u00eame sexe) et<\/li>\n<li>s&#8217;ils sont pr\u00eats \u00e0 reconsid\u00e9rer un mode de vie \u00e9ventuellement malsain.<\/li>\n<\/ul>\n<p>L&#8217;\u00e2ge de participation \u00e9tait d&#8217;au moins 35 ans. En effet, c&#8217;est \u00e0 partir de cet \u00e2ge que les cancers familiaux se multiplient et que certains examens de pr\u00e9vention (appel\u00e9s check-up) sont propos\u00e9s en plus grand nombre &#8211; une occasion pour les m\u00e9decins d&#8217;agir sur le mode de vie du patient en le conseillant. L&#8217;\u00e2ge a \u00e9t\u00e9 r\u00e9parti de mani\u00e8re \u00e9gale entre les deux groupes, tout comme le sexe des participants. Les types de cancer concern\u00e9s \u00e9taient les cancers du c\u00f4lon, du poumon, de la prostate, du sein, de l&#8217;estomac et de l&#8217;ut\u00e9rus &#8211; toutes des tumeurs dont l&#8217;origine est probablement h\u00e9r\u00e9ditaire (du moins en partie), mais dont la fr\u00e9quence peut en outre \u00eatre r\u00e9duite par certaines mesures pr\u00e9ventives en mati\u00e8re de mode de vie. En premier lieu, bien s\u00fbr, en renon\u00e7ant au tabac et en consommant de l&#8217;alcool avec mod\u00e9ration. Les diagnostics de cancer remontaient tous \u00e0 plusieurs ann\u00e9es, avec une m\u00e9diane de 19 ans pour les parents malades et de 10 ans pour les enfants ou les fr\u00e8res et s\u0153urs malades. 142 personnes ont d\u00e9clar\u00e9 plusieurs cancers dans leur famille.<\/p>\n<h2 id=\"je-veux-mameliorer\">&#8220;Je veux m&#8217;am\u00e9liorer&#8221;<\/h2>\n<p>Les facteurs d\u00e9favorables li\u00e9s au mode de vie, tels qu&#8217;une activit\u00e9 physique insuffisante, un IMC \u00e9lev\u00e9 ou le tabagisme, \u00e9taient certes aussi fr\u00e9quents dans les deux groupes. Cependant, la perception du risque personnel \u00e9tait significativement plus prononc\u00e9e chez les proches de personnes atteintes de cancer. A titre d&#8217;exemple : Alors que seulement 4% des personnes interrog\u00e9es n&#8217;ayant pas de membres de leur famille atteints de cancer ont estim\u00e9 que leur propre risque de cancer \u00e9tait plus \u00e9lev\u00e9 (par rapport \u00e0 la moyenne), les proches de personnes atteintes de cancer colorectal l&#8217;ont fait dans 18% des cas et ceux de personnes atteintes de cancer de l&#8217;estomac dans 30% des cas.<\/p>\n<p>En ce qui concerne la volont\u00e9 et la motivation de changer leur mode de vie malsain, la tendance s&#8217;est poursuivie : en raison de la perception g\u00e9n\u00e9ralement accrue d&#8217;un risque pour la sant\u00e9, 64% ont d\u00e9clar\u00e9 vouloir renoncer \u00e0 la cigarette. En revanche, les r\u00e9pondants qui pensaient que le risque de cancer \u00e9tait plus faible n&#8217;\u00e9taient &#8220;que&#8221; 46% \u00e0 approuver cette mesure pr\u00e9ventive (diff\u00e9rence significative de p=0,04). La m\u00eame corr\u00e9lation a \u00e9t\u00e9 observ\u00e9e en ce qui concerne la volont\u00e9 d&#8217;augmenter la consommation de fruits et l\u00e9gumes et de r\u00e9duire la consommation d&#8217;alcool.<\/p>\n<h2 id=\"les-proches-sont-receptifs-aux-conseils-de-prevention\">Les proches sont r\u00e9ceptifs aux conseils de pr\u00e9vention<\/h2>\n<p>Les auteurs voient dans leurs r\u00e9sultats une opportunit\u00e9 d&#8217;am\u00e9liorer et de mieux cibler la pr\u00e9vention du cancer. Par exemple, dans le cadre de la pratique de la m\u00e9decine g\u00e9n\u00e9rale, il pourrait \u00eatre important d&#8217;aborder et de soutenir activement les efforts de pr\u00e9vention aupr\u00e8s des proches des personnes atteintes d&#8217;un cancer, si la maladie primaire est connue dans la famille. Il s&#8217;agit apparemment d&#8217;un collectif qui est en principe tr\u00e8s r\u00e9ceptif \u00e0 la modification d&#8217;\u00e9ventuels comportements \u00e0 risque. Compte tenu du grand nombre de cancers dans la population et donc de la quantit\u00e9 de proches, m\u00eame de petits effets positifs du conseil en pr\u00e9vention ont un impact important sur l&#8217;ensemble de la soci\u00e9t\u00e9.<\/p>\n<p>Bien entendu, il ne faut pas confondre des conseils \u00e9quilibr\u00e9s sur le mode de vie avec le fait de &#8220;faire peur&#8221; et de communiquer de mani\u00e8re inappropri\u00e9e sur les risques de maladie. Dans ce contexte, il convient de noter que l&#8217;\u00e9valuation du propre risque de maladie des proches peut tout \u00e0 fait \u00eatre exag\u00e9r\u00e9e et donc erron\u00e9e. L&#8217;\u00e9tude ne refl\u00e8te donc pas les risques r\u00e9els, mais les risques suppos\u00e9s. Il est donc d&#8217;autant plus important de trouver un juste milieu entre les conseils de pr\u00e9vention et le soutien \u00e9motionnel, afin que la peur du patient de d\u00e9velopper lui-m\u00eame un cancer ne prenne pas le dessus \u00e0 tort et ne provoque pas un stress psychologique important. Dans de nombreux cas, la composante h\u00e9r\u00e9ditaire n&#8217;est qu&#8217;un des nombreux facteurs de risque (possibles). Les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques et environnementaux jouent ensemble, interagissent et se renforcent mutuellement.<\/p>\n<h2 id=\"mais-ne-les-mettent-pas-en-oeuvre\">&#8230;mais ne les mettent pas en \u0153uvre<\/h2>\n<p>Malheureusement, les bonnes intentions semblent avoir du mal \u00e0 se traduire par de &#8220;vrais&#8221; changements de mode de vie, comme le montre le fait que les proches de personnes atteintes d&#8217;un cancer dans l&#8217;\u00e9tude avaient un mode de vie aussi malsain (ou tout simplement sain) que leur groupe de comparaison. En ce qui concerne la consommation de tabac, les proches des personnes atteintes d&#8217;un cancer du poumon ont m\u00eame obtenu des r\u00e9sultats significativement moins bons (c&#8217;est-\u00e0-dire qu&#8217;ils \u00e9taient plus nombreux \u00e0 fumer, 38% contre 26%). Pour que les personnes prennent elles-m\u00eames des mesures pr\u00e9ventives, il semble qu&#8217;un stimulus extr\u00eamement fort soit n\u00e9cessaire &#8211; un fait que la plupart des m\u00e9decins connaissent par leur exp\u00e9rience quotidienne et qui a d\u00e9j\u00e0 \u00e9t\u00e9 d\u00e9montr\u00e9 dans des \u00e9tudes [1\u20133]. La longue p\u00e9riode qui s&#8217;est \u00e9coul\u00e9e depuis le diagnostic du cancer joue-t-elle un r\u00f4le ? La fen\u00eatre d&#8217;opportunit\u00e9 pour une consultation fructueuse est-elle peut-\u00eatre plut\u00f4t \u00e0 chercher dans les suites imm\u00e9diates de la maladie d&#8217;un proche [4] ? L'&#8221;effet d&#8217;apprentissage&#8221; diminue-t-il au fil des ans ? Ou bien les familles partagent-elles tout simplement les m\u00eames risques (ob\u00e9sit\u00e9, tabagisme, etc.) en raison de la coh\u00e9sion sociale ? Des questions qu&#8217;une nouvelle \u00e9tude (d&#8217;intervention) devrait permettre de clarifier.<\/p>\n<p>Une chose est s\u00fbre : la sous-estimation ou la m\u00e9connaissance de son propre risque &#8211; comme le sugg\u00e9raient des \u00e9tudes ant\u00e9rieures [1] &#8211; ne peut pas \u00eatre en cause, du moins dans la pr\u00e9sente \u00e9tude. D&#8217;un point de vue psychologique, on part du principe que la propre perception du risque pourrait jouer un r\u00f4le de m\u00e9diateur d\u00e9cisif dans l&#8217;initiation de mesures pr\u00e9ventives en mati\u00e8re de style de vie [5]. Il est donc possible que ce soit surtout le long d\u00e9lai \u00e9coul\u00e9 depuis le diagnostic qui ait manqu\u00e9 cette fois-ci l&#8217;effet sur le mode de vie actuel.<\/p>\n<h2 id=\"en-bref\">En bref<\/h2>\n<ul>\n<li>Les proches des personnes atteintes d&#8217;un cancer sont plus motiv\u00e9s pour reconsid\u00e9rer un mode de vie \u00e0 risque.<\/li>\n<li>Cet \u00e9tat de fait pourrait \u00eatre utilis\u00e9 (de mani\u00e8re responsable) pour la pr\u00e9vention du cancer.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>Source : Haug U, et al. : British Journal of Cancer 2018. DOI:10.1038\/s41416-018-0057-2  [Epub ahead of Print]<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Bostean G, et al : Associations entre l&#8217;histoire familiale du cancer, le d\u00e9pistage du cancer et les comportements de style de vie : une \u00e9tude bas\u00e9e sur la population. Cancer Causes Control 2013 ; 24 : 1491-1503.<\/li>\n<li>Townsend JS, et al : Health behaviors and cancer screening among Californians with a family history of cancer. Genet Med 2013 ; 15 : 212-221.<\/li>\n<li>Madlensky L, et al : Preventive health behaviors and family breast cancer. Cancer Epidemiol Biomark Prev 2005 ; 14 : 2340-2345.<\/li>\n<li>Lemon SC, Zapka JG, Clemow L : Health behavior change among women with recent family diagnosis of breast cancer. Prev Med 2004 ; 39 : 253-262.<\/li>\n<li>Klein WM, Stefanek ME : Cancer risk elicitation and communication : lessons from the psychology of risk perception. CA Cancer J Clin 2007 May-Jun ; 57(3) : 147-167.<\/li>\n<\/ol>\n<p>\n<em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2018 ; 6(5) : 3<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les conseils de pr\u00e9vention sont-ils particuli\u00e8rement utiles pour les proches des personnes atteintes de cancer ? Une \u00e9tude le sugg\u00e8re. Cette circonstance pourrait \u00eatre utilis\u00e9e de mani\u00e8re responsable pour la&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":84203,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Cancer chez les proches parents","footnotes":""},"category":[11523,11527,11389,11482,11549],"tags":[31196,24982,12336,17072],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-337038","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-actualites","category-etudes","category-oncologie","category-prevention-et-soins-de-sante","category-rx-fr","tag-associe","tag-mode-de-vie","tag-prevention-fr","tag-risque-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-06-12 10:52:49","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":337046,"slug":"la-percezione-di-vulnerabilita-alimenta-gli-sforzi-di-prevenzione","post_title":"La percezione di vulnerabilit\u00e0 alimenta gli sforzi di prevenzione","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/la-percezione-di-vulnerabilita-alimenta-gli-sforzi-di-prevenzione\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":337056,"slug":"a-vulnerabilidade-perceptivel-alimenta-os-esforcos-de-prevencao","post_title":"A vulnerabilidade percept\u00edvel alimenta os esfor\u00e7os de preven\u00e7\u00e3o","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/a-vulnerabilidade-perceptivel-alimenta-os-esforcos-de-prevencao\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":337062,"slug":"la-vulnerabilidad-percibida-alimenta-los-esfuerzos-de-prevencion","post_title":"La vulnerabilidad percibida alimenta los esfuerzos de prevenci\u00f3n","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/la-vulnerabilidad-percibida-alimenta-los-esfuerzos-de-prevencion\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337038","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=337038"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337038\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=337038"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=337038"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=337038"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=337038"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}