{"id":337190,"date":"2018-10-09T02:00:00","date_gmt":"2018-10-09T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/la-tendance-est-a-la-quadritherapie\/"},"modified":"2018-10-09T02:00:00","modified_gmt":"2018-10-09T00:00:00","slug":"la-tendance-est-a-la-quadritherapie","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/la-tendance-est-a-la-quadritherapie\/","title":{"rendered":"La tendance est \u00e0 la quadrith\u00e9rapie"},"content":{"rendered":"<p><strong>La r\u00e9sistance aux macrolides et aux inhibiteurs de gyrase a le plus grand impact sur le succ\u00e8s de l&#8217;\u00e9radication en cas d&#8217;infection \u00e0 H. pylori. En cas d&#8217;\u00e9chec du traitement, des facteurs de risque cliniques tels que l&#8217;\u00e2ge, le tabagisme et l&#8217;observance jouent \u00e9galement un r\u00f4le.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Environ 50% des personnes dans le monde sont infect\u00e9es par H. pylori [1,2]. La transmission se fait g\u00e9n\u00e9ralement dans la petite enfance. Ainsi, en l&#8217;absence de traitement, l&#8217;infection une fois acquise persiste souvent jusqu&#8217;\u00e0 un \u00e2ge avanc\u00e9, ce qui explique pourquoi les personnes \u00e2g\u00e9es aujourd&#8217;hui de 70 \u00e0 80 ans sont infect\u00e9es \u00e0 plus de 50 %, alors que celles \u00e2g\u00e9es aujourd&#8217;hui de 20 \u00e0 30 ans le sont nettement moins (ce que l&#8217;on appelle l&#8217;effet de cohorte). Le contact direct (&#8220;oro-oral&#8221;) est consid\u00e9r\u00e9 comme un facteur de risque de transmission interhumaine dans les pays occidentaux, mais d&#8217;autres voies (&#8220;f\u00e9co-oral&#8221;) sont \u00e9galement dominantes dans les pays en d\u00e9veloppement. La pr\u00e9valence de H. pylori en Europe centrale se situe actuellement entre 5% (enfants) et 25-40% (adultes). Elle est plus \u00e9lev\u00e9e chez les migrants (35-85%). Comme les conditions de vie sociales et hygi\u00e9niques (c&#8217;est-\u00e0-dire \u00e9galement le nombre de nouvelles infections) se sont continuellement am\u00e9lior\u00e9es dans les pays occidentaux, la contamination de la population globale diminue. En cons\u00e9quence, la mortalit\u00e9 sp\u00e9cifique \u00e0 l&#8217;\u00e2ge li\u00e9e \u00e0 H. pylori diminue, tant pour le carcinome gastrique que pour l&#8217;ulc\u00e8re peptique.<\/p>\n<h2 id=\"symptomes-manifestations-de-la-maladie\">Sympt\u00f4mes &#8211; Manifestations de la maladie<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes cliniques tels que la pression abdominale sup\u00e9rieure, la sensation de pl\u00e9nitude, la douleur (\u00e0 jeun), les naus\u00e9es, les vertiges ne sont pas sp\u00e9cifiques (estomac irritable ou dyspepsie fonctionnelle, DF). Les sympt\u00f4mes de l&#8217;infection \u00e0 H. pylori ne diff\u00e8rent pas des autres causes telles que le stress, les m\u00e9dicaments gastro-duod\u00e9naux toxiques comme l&#8217;aspirine (ASS) principalement ou les anti-inflammatoires non st\u00e9ro\u00efdiens (AINS). L&#8217;ampleur des sympt\u00f4mes ne permet pas non plus de d\u00e9terminer la gravit\u00e9 des r\u00e9sultats de l&#8217;endoscopie (gastrite sans\/avec \u00e9rosions, ulc\u00e8re). L&#8217;h\u00e9morragie ulc\u00e9reuse due \u00e0 H. pylori ne diff\u00e8re pas cliniquement de celle due \u00e0 l&#8217;ASA\/ASN ou \u00e0 d&#8217;autres causes.<\/p>\n<p>Environ 20% des personnes infect\u00e9es d\u00e9veloppent un ulc\u00e8re (ulc\u00e8re duod\u00e9nal, DU ; ulc\u00e8re gastrique, GU) au cours de leur vie, et selon les r\u00e9gions, 1 \u00e0 2% d\u00e9veloppent un carcinome gastrique (GC) ou un lymphome du MALT [1,2]. L&#8217;anamn\u00e8se du patient peut indiquer qu&#8217;il existe des ant\u00e9c\u00e9dents familiaux de carcinome gastrique ou d&#8217;ulc\u00e8re. Les autres personnes infect\u00e9es ne pr\u00e9sentent souvent que des sympt\u00f4mes mineurs sans l\u00e9sions visibles \u00e0 l&#8217;endoscopie ou sont compl\u00e8tement asymptomatiques. Le type de distribution de la gastrite est d\u00e9terminant pour l&#8217;\u00e9valuation du risque de cancer gastrique <strong>(Fig. 1). <\/strong>En g\u00e9n\u00e9ral, tout ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal\/carcinome gastrique reste suspect d&#8217;infection par H. pylori jusqu&#8217;\u00e0 preuve du contraire, surtout plus le patient est jeune.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10859\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_hp9_s35.png\" style=\"height:457px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"837\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>La situation clinique d\u00e9termine le choix des tests n\u00e9cessaires \u00e0 l&#8217;\u00e9valuation [1\u20135]. Entrer en ligne de compte :<\/p>\n<ul>\n<li>Test respiratoire bas\u00e9 sur l&#8217;ur\u00e9ase (UBT)<\/li>\n<li>Test d&#8217;antig\u00e8ne f\u00e9cal (SAT)<\/li>\n<li>Test rapide de l&#8217;ur\u00e9ase (HUT) et histologie (HISTO), \u00e9ventuellement avec culture microbiologique et ph\u00e9notypique ou PCR avec d\u00e9termination g\u00e9notypique de la r\u00e9sistance dans le cadre de l&#8217;endoscopie<\/li>\n<li>S\u00e9rologie (y compris immunoblot).<\/li>\n<\/ul>\n<p><strong>D\u00e9tection primaire :<\/strong> \u00e0 l&#8217;exception de la s\u00e9rologie, tous les tests mentionn\u00e9s peuvent \u00eatre utilis\u00e9s, la sp\u00e9cificit\u00e9 est de &gt;95%. A l&#8217;exception de la culture microbiologique, la sensibilit\u00e9 (sans facteurs d&#8217;alt\u00e9ration) est d&#8217;environ 90%, un test positif suffit pour d\u00e9tecter l&#8217;infection. Si une \u0153sophago-gastro-duod\u00e9noscopie doit \u00eatre effectu\u00e9e pour des raisons cliniques, on s&#8217;appuiera sur les tests bioptiques (HUT et histologie, \u00e9ventuellement PCR\/culture) ; si, en raison de plaintes plut\u00f4t &#8220;blanches&#8221;, seul un d\u00e9pistage de H.&nbsp;pylori doit \u00eatre effectu\u00e9, on utilisera le test des selles ou le test respiratoire (\u00e9qui-efficace), la pr\u00e9f\u00e9rence du patient allant g\u00e9n\u00e9ralement au test des selles.<\/p>\n<p><strong>Planification de la th\u00e9rapie, y compris D\u00e9termination de la r\u00e9sistance :  <\/strong>Jusqu&#8217;\u00e0 r\u00e9cemment, c&#8217;\u00e9tait le domaine de la culture microbiologique. En raison de la lourdeur de la proc\u00e9dure de transport, de la longueur de la culture et du test ph\u00e9notypique de r\u00e9sistance (deux \u00e0 trois semaines) et de nombreux facteurs perturbateurs, le taux de culture n&#8217;est que d&#8217;environ 70% selon les laboratoires. La PCR avec test g\u00e9nomique de r\u00e9sistance aux macrolides et aux fluoroquinolones pr\u00e9sente ici un avantage \u00e9vident : la d\u00e9termination peut \u00e9galement \u00eatre effectu\u00e9e \u00e0 partir de bact\u00e9ries en partie d\u00e9j\u00e0 mortes et est th\u00e9oriquement disponible 24 \u00e0 48 heures apr\u00e8s le pr\u00e9l\u00e8vement de la biopsie. La pr\u00e9cision de la d\u00e9termination de la r\u00e9sistance correspond \u00e0 la culture. Seul inconv\u00e9nient : il ne permet pas d&#8217;effectuer des analyses de r\u00e9sistance pour d&#8217;autres antibiotiques (comme le m\u00e9tronidazole ou la rifabutine).<\/p>\n<p><strong>Contr\u00f4le de l&#8217;\u00e9radication :<\/strong> c&#8217;est le domaine du test antig\u00e8ne f\u00e9cal (ou test respiratoire). Si, pour des raisons cliniques, la cicatrisation d&#8217;un ulc\u00e8re gastrique doit \u00eatre contr\u00f4l\u00e9e par endoscopie, les tests bioptiques peuvent \u00e9galement \u00eatre utilis\u00e9s, mais tous les tests doivent \u00eatre n\u00e9gatifs pour que l&#8217;on puisse parler d&#8217;une \u00e9radication r\u00e9ussie.<\/p>\n<p><strong>des situations sp\u00e9ciales qui conduisent \u00e0 des r\u00e9sultats de test erron\u00e9s [5] :<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>En cas de tumeur maligne de l&#8217;estomac (Ca, lymphome MALT) avec d\u00e9tection n\u00e9gative de H. pylori par les m\u00e9thodes habituelles, il peut \u00eatre utile de r\u00e9aliser une s\u00e9rologie.<\/li>\n<li>Facteurs d&#8217;interf\u00e9rence \u00e0 prendre imp\u00e9rativement en compte : Alors que les tests faussement positifs sont rares, la d\u00e9tection de H. pylori peut \u00eatre faussement n\u00e9gative si les facteurs d&#8217;interf\u00e9rence suivants ne sont pas pris en compte : La prise d&#8217;un inhibiteur de la pompe \u00e0 protons (IPP) ou d&#8217;antibiotiques (d\u00e9j\u00e0 pendant plus de trois \u00e0 cinq jours) entra\u00eene des r\u00e9sultats de test faussement n\u00e9gatifs dans environ 80% des cas, c&#8217;est pourquoi il faut absolument arr\u00eater l&#8217;IPP au moins une (de pr\u00e9f\u00e9rence deux) semaine ou un antibiotique au moins deux (de pr\u00e9f\u00e9rence quatre) semaines avant la r\u00e9alisation du test. Les bloqueurs H2 ou les antiacides ne sont g\u00e9n\u00e9ralement gu\u00e8re g\u00eanants et peuvent \u00eatre administr\u00e9s comme alternative en tant que &#8220;traitement de transition&#8221;.<\/li>\n<li>Nombre insuffisant de biopsies pour le HUT et l&#8217;histologie \u00d2 Une de l&#8217;antre et du corps de l&#8217;estomac pour le HUT et une (de pr\u00e9f\u00e9rence deux) pour l&#8217;histologie.<\/li>\n<li>Prise d&#8217;un test en cas d&#8217;h\u00e9morragie gastro-intestinale aigu\u00eb \u00d2 nouveau contr\u00f4le \u00e0 intervalles r\u00e9guliers<\/li>\n<li>Test respiratoire ou test de selles en cas d&#8217;estomac partiellement r\u00e9s\u00e9qu\u00e9 (\u00e9galement en partie en cas de trouble de la vidange gastrique) -&gt; Dans ce cas, le test biopsique est pr\u00e9f\u00e9rable.<\/li>\n<\/ul>\n<h2 id=\"traitement-de-linfection-a-h-pylori-1-5\">Traitement de l&#8217;infection \u00e0 H. pylori  [1\u20135]<\/h2>\n<p>Pathologies\/indications de traitement associ\u00e9es \u00e0 l&#8217;infection \u00e0 H. pylori : <strong>Le tableau&nbsp;1 <\/strong>[5] en donne un aper\u00e7u. L&#8217;\u00e9radication acc\u00e9l\u00e8re la gu\u00e9rison de l&#8217;ulc\u00e8re chez un sixi\u00e8me des patients atteints de GU et un cinqui\u00e8me de ceux atteints de DU et pr\u00e9vient la r\u00e9cidive de l&#8217;ulc\u00e8re (Number Needed to Treat, NNT de 3 pour la GU et NNT de 2 pour la DU). Le b\u00e9n\u00e9fice reste controvers\u00e9, surtout pour la majorit\u00e9 des patients sous traitement NUD, o\u00f9 le b\u00e9n\u00e9fice de l&#8217;am\u00e9lioration symptomatique durable par l&#8217;\u00e9radication (par rapport au placebo) est d&#8217;environ 5-10% (NNT 10-20), ce qui n&#8217;est toutefois pas pire qu&#8217;un traitement continu par IPP. La prophylaxie du cancer de l&#8217;estomac par l&#8217;\u00e9radication de H. pylori est d&#8217;autant plus efficace qu&#8217;elle est r\u00e9alis\u00e9e t\u00f4t et que les patients \u00e0 haut risque sont trait\u00e9s en priorit\u00e9.<br \/>\nLes facteurs causaux d&#8217;un \u00e9chec th\u00e9rapeutique sont [5] :<\/p>\n<ul>\n<li>R\u00e9sistance aux antibiotiques (de loin la plus importante : diff\u00e9rence de risque absolue d&#8217;environ 20-50%, correspondant \u00e0 NNT 2-5) ; g\u00e9n\u00e9ralement en raison de traitements antibiotiques ant\u00e9rieurs pour d&#8217;autres infections, par ex. pulmonaires, urinaires, gyn\u00e9cologiques<\/li>\n<li>Dur\u00e9e de traitement trop courte pour les tripl\u00e9giques<\/li>\n<li>Statut de type sauvage du CYP2C19 pour les IPP m\u00e9tabolis\u00e9s de mani\u00e8re appropri\u00e9e comme l&#8217;om\u00e9prazole, le lansoprazole, le pantoprazole (ne s&#8217;applique pas \u00e0 l&#8217;\u00e9som\u00e9prazole, au rab\u00e9prazole, au dexlansoprazole)  &nbsp;<\/li>\n<li>Fumer<\/li>\n<li>Jeune (moins de 50-60 ans)<\/li>\n<li>NUD (maladie non ulc\u00e9reuse)<\/li>\n<li>Manque d&#8217;observance en raison d&#8217;effets secondaires (varie fortement selon le r\u00e9gime, les probiotiques peuvent am\u00e9liorer la tol\u00e9rance).<\/li>\n<\/ul>\n<p>Pour tous ces facteurs d&#8217;influence cliniques ou pharmacologiques, la diff\u00e9rence de risque absolue est de 8 \u00e0 12% (correspondant \u00e0 un NNT\/NNH d&#8217;environ 10).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10860 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/390;height:213px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"390\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0-800x284.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0-120x43.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0-90x32.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0-320x113.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s36_0-560x199.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Recommandations pour un test de r\u00e9sistance [2\u20135]:<\/strong><\/p>\n<ul>\n<li>Test de r\u00e9sistance H. pylori obligatoire apr\u00e8s un\/plusieurs \u00e9checs th\u00e9rapeutiques<\/li>\n<li>Facultatif avant le traitement initial si situation allergique positive, pr\u00e9sence des facteurs de risque cliniques mentionn\u00e9s, traitements antibiotiques ant\u00e9rieurs fr\u00e9quents.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Dans le cas contraire, aucun test de r\u00e9sistance n&#8217;est obligatoire (\u00e9quilibre co\u00fbt\/b\u00e9n\u00e9fice). Pour \u00e9conomiser des frais, je vous recommande d&#8217;attendre le test rapide. Si celui-ci est positif, la biopsie peut \u00eatre pr\u00e9lev\u00e9e sur le HUT et envoy\u00e9e au laboratoire pour le test de r\u00e9sistance \u00e0 la PCR, m\u00eame apr\u00e8s 48-72h, ce qui augmente \u00e9norm\u00e9ment le rendement positif et ne fonctionne que chez environ 10% des patients.<\/p>\n<p><strong>Recommandations pour le traitement dit &#8220;de premi\u00e8re ligne&#8221; ou &#8220;primaire&#8221; : <\/strong>les r\u00e9gimes recommand\u00e9s et les doses sont list\u00e9s dans le <strong>tableau&nbsp;2<\/strong>. Avec l&#8217;introduction des trith\u00e9rapies d&#8217;une semaine au d\u00e9but des ann\u00e9es 1990, celles-ci sont devenues la norme pour le traitement primaire dans la plupart des pays occidentaux. Cette recommandation se fonde sur l&#8217;avis des conf\u00e9rences de consensus dites Maastricht I, II, III (1997, 2002, 2007) [1], selon lequel les trith\u00e9rapies d&#8217;une semaine associant IPP, clarithromycine et soit amoxicilline soit m\u00e9tronidazole pr\u00e9sentent des taux de r\u00e9ussite de 85 \u00e0 90% et les taux de r\u00e9sistance au macrolide\/clarithromycine avant traitement sont inf\u00e9rieurs \u00e0 15-20%. Cependant, dans de nombreuses m\u00e9ta-analyses, les taux d&#8217;\u00e9radication actuels ne sont en moyenne que de 75% pour un r\u00e9gime triple, ce qui est inacceptable [5]. Les r\u00e9sistances aux macrolides d\u00e9passent souvent localement 15%, et atteignent exactement 20% sur la p\u00e9riode 2014-2017 selon nos propres donn\u00e9es locales d&#8217;Aarau (n=200). Cliniquement, il est presque impossible d&#8217;enregistrer de mani\u00e8re fiable toutes les antibioth\u00e9rapies ant\u00e9rieures d&#8217;un patient (donc pas seulement celles initi\u00e9es par H. pylori), de sorte qu&#8217;une situation de r\u00e9sistance est souvent d\u00e9j\u00e0 sous-jacente [4,5]. Malheureusement, aucune des directives courantes ne tient compte de cet \u00e9tat de fait, de sorte que de nombreux microbiologistes, contrairement aux autres cliniciens, exigent un test de r\u00e9sistance avant m\u00eame le premier ( !) traitement d&#8217;\u00e9radication, car la distinction entre &#8220;traitement primaire&#8221; et &#8220;traitement secondaire&#8221; de l&#8217;infection \u00e0 H. pylori [1\u20133] ne tient pas compte de la r\u00e9alit\u00e9 [5].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10861 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab2_hp9-s36.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/625;height:341px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"625\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La tendance est donc clairement aux quadruples th\u00e9rapies plut\u00f4t qu&#8217;aux trith\u00e9rapies, m\u00eame si celles-ci ont malheureusement \u00e9t\u00e9 une nouvelle fois laiss\u00e9es de c\u00f4t\u00e9 dans la mise \u00e0 jour des lignes directrices allemandes (DGVS) de 2016 [3]. Je pense que la priorit\u00e9 devrait \u00eatre donn\u00e9e \u00e0  <strong>(Tab. 3) <\/strong>un traitement non bismuth, dit &#8220;concomitant&#8221;, de sept \u00e0 dix jours, associant IPP, amoxicilline, clarithromycine et m\u00e9tronidazole (IPP-ACM) un traitement bismuth associant IPP et t\u00e9tracycline\/m\u00e9tronidazole\/bismuth (Pylera<sup>\u00ae<\/sup>, PPI-BMT\/Pylera<sup>\u00ae<\/sup>) pendant 10 \u00e0 14 jours Traitement de r\u00e9serve apr\u00e8s \u00e9chec de l&#8217;un des deux r\u00e9gimes mentionn\u00e9s ou si Pylera\u00ae n&#8217;est pas disponible : IPP plus amoxicilline, l\u00e9vofloxacine (IPP-AL).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10862 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab3_hp9_s37.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/493;height:269px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"493\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>Traitement de l&#8217;\u00e9chec de l&#8217;\u00e9radication (tableau 3) [2\u20135]: <\/strong>En g\u00e9n\u00e9ral, cela d\u00e9pend du r\u00e9gime primaire utilis\u00e9, c&#8217;est pourquoi il n&#8217;est pas possible de donner une recommandation g\u00e9n\u00e9rale, au plus tard \u00e0 ce stade, un test de r\u00e9sistance devrait obligatoirement \u00eatre effectu\u00e9 au pr\u00e9alable ! En cas d&#8217;\u00e9chec de l&#8217;\u00e9radication une ou plusieurs fois, les taux de r\u00e9sistance augmentent de mani\u00e8re spectaculaire <strong>(figure 2).<\/strong> En l&#8217;absence d&#8217;informations sur la r\u00e9sistance, il est d\u00e9sormais recommand\u00e9 d&#8217;utiliser l&#8217;un des deux r\u00e9gimes mentionn\u00e9s restants. Si cela ne suffit pas, on peut (rarement) avoir recours \u00e0 une association IPP-amoxicilline-rifabutine pendant dix jours ou \u00e0 une bith\u00e9rapie IPP-amoxicilline \u00e0 haute dose trois fois par jour pendant deux semaines.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10863 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/879;height:479px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"879\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0-800x639.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0-120x96.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0-90x72.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0-320x256.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_hp9_s37_0-560x447.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>L&#8217;exp\u00e9rience clinique permet de conclure que l&#8217;adolescence, le tabagisme actif et une infection \u00e0 H. pylori non associ\u00e9e \u00e0 un ulc\u00e8re devraient inciter \u00e0 prolonger la dur\u00e9e du traitement (5-10% de taux de r\u00e9ussite en plus). Inversement, en cas de mauvaise observance, il faut absolument veiller \u00e0 choisir un r\u00e9gime aussi court\/facile \u00e0 prendre que possible. Si le patient doit prendre 20 + 120 comprim\u00e9s en dix jours avec le r\u00e9gime <sup>IPP-Pylera\u00ae<\/sup>, mais seulement 56 comprim\u00e9s en sept jours avec la quadrith\u00e9rapie &#8220;concomitante&#8221;, la pr\u00e9f\u00e9rence est clairement \u00e9tablie. De nombreuses \u00e9tudes ont montr\u00e9 que le r\u00e9gime <sup>IPP-Pylera\u00ae<\/sup> donne des r\u00e9sultats dramatiquement mauvais en dessous de sept jours de prise et que le r\u00e9gime &#8220;concomitant&#8221; perd de son efficacit\u00e9 en dessous de cinq jours de traitement.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>La diminution des nouvelles infections \u00e0 H. pylori en Europe centrale est directement li\u00e9e \u00e0 la diminution de la mortalit\u00e9 due aux cancers gastriques et aux ulc\u00e8res peptiques.<\/li>\n<li>Le ph\u00e9notype de la gastrite d\u00e9termine l&#8217;entit\u00e9 clinique en termes d&#8217;association acide.<\/li>\n<li>S&#8217;il n&#8217;y a pas d&#8217;indication d&#8217;\u00e9radication obligatoire de H. pylori, il faut s&#8217;abstenir de faire un test si aucune cons\u00e9quence th\u00e9rapeutique n&#8217;en r\u00e9sulte. Le diagnostic de H. pylori est formellement d\u00e9conseill\u00e9 en cas de traitement en cours par des inhibiteurs de la pompe \u00e0 protons.<\/li>\n<li>Les facteurs de risque cliniques doivent \u00eatre pris en compte dans le choix ou la stratification du r\u00e9gime th\u00e9rapeutique, dans la mesure o\u00f9 ils sont facilement identifiables (\u00e2ge, tabagisme, diagnostic endoscopique, allergies, observance).<\/li>\n<li>La r\u00e9sistance aux macrolides et aux inhibiteurs de gyrase a le plus grand impact clinique (sur tous les r\u00e9gimes concern\u00e9s) sur le succ\u00e8s de l&#8217;\u00e9radication, ce qui favorise le test de r\u00e9sistance g\u00e9notypique par PCR d\u00e8s le diagnostic primaire chez les groupes \u00e0 risque (allergies aux antibiotiques, fr\u00e9quentes antibioth\u00e9rapies ant\u00e9rieures, \u00e9chec document\u00e9 de l&#8217;\u00e9radication de H. pylori).<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Fischbach W, et al : S3-guideline &#8220;helicobacter pylori and gastroduodenal ulcer disease&#8221; of the German society for digestive and metabolic diseases (DGVS) in cooperation with the German society for hygiene and microbiology, society for pediatric gastroenterology and nutrition e. V., German society for rheumatology, AWMF-registration-no. 021\/001. Z Gastroenterol 2009 ; 47(12) : 1230-1263.<\/li>\n<li>Malfertheiner P, et al. : Gestion de l&#8217;infection \u00e0 Helicobacter pylori &#8211; le rapport de consensus Maastricht V\/Florence. Gut 2017 ; 66 : 6-30.<\/li>\n<li>Fischbach W, et al : S2k-guideline Helicobacter pylori and gastroduodenal ulcer disease. Z Gastroenterol 2016 ; 54 : 327-363.<\/li>\n<li>Graham DY, Lee YC, Wu MS : Rational Helicobacter pylori Therapy : Evidence-Based Medicine Rather Than Medicine-Based Evidence. Clin Gastroenterol Hepatol 2014 ; 12 : 177-186.<\/li>\n<li>Treiber G : Helicobacter pylori et ulc\u00e8re gastroduod\u00e9nal. Un commentaire mis \u00e0 jour de la ligne directrice S3 allemande. Monde m\u00e9dical 2010 ; 61 : 204-212.<\/li>\n<li>W\u00fcppenhorst N, et al : \u00c9tude prospective multicentrique sur la r\u00e9sistance antimicrobienne d&#8217;Helicobacter pylori en Allemagne. Journal of Antimicrobial Chemotherapy 2014 ; 69(11) : 3127-3133.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2018 ; 13(9) : 34-38<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La r\u00e9sistance aux macrolides et aux inhibiteurs de gyrase a le plus grand impact sur le succ\u00e8s de l&#8217;\u00e9radication en cas d&#8217;infection \u00e0 H. pylori. En cas d&#8217;\u00e9chec du traitement,&hellip;<\/p>\n","protected":false},"author":7,"featured_media":83092,"comment_status":"closed","ping_status":"","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_acf_changed":false,"pmpro_default_level":"","cat_1_feature_home_top":false,"cat_2_editor_pick":false,"csco_eyebrow_text":"Infection \u00e0 H. pylori","footnotes":""},"category":[11531,11414,11428,11315,11549],"tags":[31653,31654,31655,31650,31652,31651,20199,16592],"powerkit_post_featured":[],"class_list":["post-337190","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-formation-continue","category-gastro-enterologie-et-hepatologie","category-infectiologie","category-medecine-interne-generale","category-rx-fr","tag-detection-primaire","tag-determination-de-la-resistance","tag-echec-de-leradication","tag-eradication-fr","tag-gastrite-fr","tag-h-pylori-fr","tag-infection-fr","tag-symptomes-fr","pmpro-has-access"],"acf":[],"publishpress_future_action":{"enabled":false,"date":"2026-04-27 07:50:59","action":"change-status","newStatus":"draft","terms":[],"taxonomy":"category","extraData":[]},"publishpress_future_workflow_manual_trigger":{"enabledWorkflows":[]},"wpml_current_locale":"fr_FR","wpml_translations":{"it_IT":{"locale":"it_IT","id":337143,"slug":"tendenza-alla-terapia-quadrupla","post_title":"Tendenza alla terapia quadrupla","href":"https:\/\/medizinonline.com\/it\/tendenza-alla-terapia-quadrupla\/"},"pt_PT":{"locale":"pt_PT","id":337232,"slug":"tendencia-para-uma-terapia-quadrupla","post_title":"Tend\u00eancia para uma terapia qu\u00e1drupla","href":"https:\/\/medizinonline.com\/pt-pt\/tendencia-para-uma-terapia-quadrupla\/"},"es_ES":{"locale":"es_ES","id":337239,"slug":"tendencia-a-la-terapia-cuadruple","post_title":"Tendencia a la terapia cu\u00e1druple","href":"https:\/\/medizinonline.com\/es\/tendencia-a-la-terapia-cuadruple\/"}},"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337190","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/users\/7"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=337190"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/337190\/revisions"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media\/83092"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=337190"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/category?post=337190"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=337190"},{"taxonomy":"powerkit_post_featured","embeddable":true,"href":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/wp-json\/wp\/v2\/powerkit_post_featured?post=337190"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}