{"id":337219,"date":"2018-12-01T01:00:00","date_gmt":"2018-12-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/de-la-gestion-de-linsaisissable\/"},"modified":"2018-12-01T01:00:00","modified_gmt":"2018-12-01T00:00:00","slug":"de-la-gestion-de-linsaisissable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/de-la-gestion-de-linsaisissable\/","title":{"rendered":"De la gestion de l&#8217;insaisissable"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles dissociatifs se caract\u00e9risent par une apparence tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Quels sont les outils de diagnostic disponibles ? Comment les personnes atteintes vivent-elles leur maladie ? Et \u00e0 quoi faut-il faire attention dans le traitement des troubles dissociatifs ?<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>&#8220;Like a globe of mercury, it escapes the grasp&#8221; : une sph\u00e8re de mercure qui \u00e9chappe \u00e0 la saisie &#8211; la m\u00e9taphore d&#8217;Ilza Veith pour l&#8217;hyst\u00e9rie est encore valable aujourd&#8217;hui [1] ; l'&#8221;insaisissable&#8221; se refl\u00e8te \u00e9galement dans la diversit\u00e9 conceptuelle. L&#8217;ancien terme d'&#8221;hyst\u00e9rie&#8221; a \u00e9t\u00e9 remplac\u00e9 par celui de &#8220;troubles dissociatifs&#8221; dans la CIM-10. N\u00e9anmoins, diff\u00e9rentes appellations continuent d&#8217;\u00eatre utilis\u00e9es : Les neurologues parlent de &#8220;troubles fonctionnels&#8221;, les m\u00e9decins g\u00e9n\u00e9ralistes de &#8220;troubles psychog\u00e8nes&#8221; ou &#8220;troubles non organiques&#8221;, la litt\u00e9rature anglophone de &#8220;somatoform disorders&#8221;. Dans la recherche en neurosciences, on utilise couramment &#8220;functional neurological disorders&#8221;. Le terme psychanalytique de &#8220;trouble de conversion&#8221; ou de &#8220;n\u00e9vrose de conversion&#8221; est \u00e9galement encore parfois utilis\u00e9.<\/p>\n<p>Une classification moderne pourrait y rem\u00e9dier, par exemple en divisant les troubles dissociatifs en leurs trois manifestations, la dissociation somatoforme, psychoforme et structurelle. Cette derni\u00e8re engloberait la personnalit\u00e9 multiple ainsi que les &#8220;ego states&#8221; apr\u00e8s de graves traumatismes. Actuellement, c&#8217;est plut\u00f4t une classification en fonction des sympt\u00f4mes qui semble s&#8217;imposer, ce qui favorise une vision fractionn\u00e9e, c&#8217;est-\u00e0-dire divis\u00e9e en diff\u00e9rentes sp\u00e9cialit\u00e9s m\u00e9dicales.<\/p>\n<h2 id=\"que-sont-les-troubles-dissociatifs\">Que sont les troubles dissociatifs ?<\/h2>\n<p>Quiconque s&#8217;int\u00e9resse \u00e0 ce tableau clinique ancien &#8211; on trouve les premi\u00e8res descriptions dans des papyrus \u00e9gyptiens d\u00e8s le deuxi\u00e8me mill\u00e9naire avant J.-C. &#8211; et pourtant toujours en \u00e9volution, est confront\u00e9 \u00e0 une fascination : comment se produit le &#8220;transfert&#8221; d&#8217;un v\u00e9cu psychique en sympt\u00f4mes physiques ? Ou est-ce qu&#8217;une r\u00e9alit\u00e9 holistique s&#8217;applique et se manifeste dans cette formation de sympt\u00f4mes ?<\/p>\n<p>Selon la CIM-10 (F44.0-9), il y a des probl\u00e8mes d&#8217;int\u00e9gration des souvenirs, de conscience de l&#8217;identit\u00e9, de sensations imm\u00e9diates et de contr\u00f4le des mouvements corporels. Pour \u00e9tablir le diagnostic, il est n\u00e9cessaire d&#8217;exclure une cause organique et de prouver l&#8217;origine psychologique des sympt\u00f4mes. A cela s&#8217;ajoutent des caract\u00e9ristiques cliniques. Si aucun de ces trois crit\u00e8res n&#8217;est rempli, le diagnostic ne doit pas \u00eatre pos\u00e9. En l&#8217;absence de preuve d&#8217;une cause psychique, le diagnostic n&#8217;est que provisoire et la recherche des aspects physiques et psychiques doit se poursuivre. Les manifestations vont de l&#8217;amn\u00e9sie ou de la stupeur aux troubles moteurs ou aux convulsions. Pour \u00e9tablir un diagnostic, il est important de proc\u00e9der \u00e0 une anamn\u00e8se minutieuse et \u00e0 un examen clinique d\u00e9taill\u00e9. Cette derni\u00e8re se concentre sur la recherche minutieuse d&#8217;une \u00e9ventuelle cause organique ou de signes d&#8217;une gen\u00e8se dissociative. Il s&#8217;agit par exemple de divergences dans la s\u00e9v\u00e9rit\u00e9 de l&#8217;atteinte (en fonction de l&#8217;observation) ou du signe de Hoover, qui permet de d\u00e9tecter une innervation par un examen indirect, ainsi que d&#8217;autres caract\u00e9ristiques cliniques telles qu&#8217;une pr\u00e9sentation des sympt\u00f4mes qui correspond \u00e0 l&#8217;id\u00e9e que s&#8217;en font les personnes concern\u00e9es, mais pas \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 neuroanatomique. L&#8217;encadr\u00e9 pr\u00e9sente deux exemples de cas qui illustrent la complexit\u00e9 de la maladie.<\/p>\n<p>Les donn\u00e9es sur la fr\u00e9quence des troubles dissociatifs sont incertaines. Les \u00e9tudes montrent une pr\u00e9valence comprise entre 1,4 et 4,6% et un sex-ratio de 1(m):3(w). La maladie d\u00e9bute souvent au cours de la troisi\u00e8me d\u00e9cennie et son \u00e9volution peut \u00eatre chronique ou \u00e9pisodique. Le degr\u00e9 de conscience des sympt\u00f4mes semble fluctuant. Le chirurgien anglais James Paget a \u00e9crit en 1873 : &#8220;She says, as all such patients do, &#8216;I cannot&#8217; it looks like, &#8216;I will not&#8217; but it is &#8216;I cannot will'&#8221; (cit\u00e9 par [2]).<\/p>\n<p>Le diagnostic diff\u00e9rentiel comprend les maladies somatiques et, entre autres, des images telles que la simulation et le syndrome de M\u00fcnchhausen.<\/p>\n<h2 id=\"experience-de-soi\">Exp\u00e9rience de soi<\/h2>\n<p>Les personnes concern\u00e9es font g\u00e9n\u00e9ralement peu \u00e9tat de leur exp\u00e9rience subjective pendant le d\u00e9veloppement de leurs sympt\u00f4mes. Cependant, les r\u00e9cits d&#8217;auteurs dou\u00e9s pour le langage au cours de leur propre symptomatologie dissociative fournissent une impression pr\u00e9cieuse. Dans son auto-description &#8220;A Leg To Stand On&#8221; (1984), le neurologue et auteur Oliver Sacks d\u00e9crit un trouble dissociatif dont il n&#8217;avait pas conscience d&#8217;un point de vue subjectif : &#8220;Ce qui devenait maintenant terriblement, voire tristement, clair, c&#8217;\u00e9tait que ce qui s&#8217;\u00e9tait pass\u00e9 n&#8217;\u00e9tait pas seulement local, p\u00e9riph\u00e9rique, superficial [&#8230;] C&#8217;\u00e9tait radical, central, fondamental. Ce qui semblait, au d\u00e9but, n&#8217;\u00eatre rien de plus qu&#8217;une rupture locale et p\u00e9riph\u00e9rique [&#8230;] se r\u00e9v\u00e9lait maintenant sous un jour diff\u00e9rent, et assez terrible &#8211; comme une d\u00e9faillance de la m\u00e9moire, de la pens\u00e9e, de la volont\u00e9 &#8211; pas seulement une l\u00e9sion dans mon muscle, mais une l\u00e9sion en moi&#8221; (cit\u00e9 par [2]).<\/p>\n<p>L&#8217;\u00e9crivaine Siri Hustvedt a r\u00e9sum\u00e9 son exp\u00e9rience de tremblement dissociatif dans l&#8217;essai &#8220;The Shaking Woman or A History of My Nerves&#8221;. Elle se d\u00e9crit elle-m\u00eame en citant Emily Dickenson : &#8220;I felt a Cleaving in my Mind &#8211; As if my Brain had split &#8211; I tried to match it &#8211; Seam by Seam &#8211; But couldn&#8217;t make it fit&#8221;. En outre, elle rapporte dans un article sp\u00e9cialis\u00e9 [3].<\/p>\n<h2 id=\"imagerie\">Imagerie<\/h2>\n<p>Jusqu&#8217;au tournant du mill\u00e9naire, la technique et la m\u00e9thodologie n&#8217;\u00e9taient pas encore au point et l&#8217;\u00e9ditorial de la revue Brain constatait \u00e0 juste titre en 2001 : &#8220;The findings of these few studies are intriguing rather than conclusive&#8221; [4]. Cependant, depuis quelques ann\u00e9es, des progr\u00e8s pertinents ont \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s. Une comparaison de l&#8217;imagerie des troubles moteurs dissociatifs et des par\u00e9sies induites par l&#8217;hypnose a montr\u00e9 une hyperactivit\u00e9 du cortex pr\u00e9frontal ventrom\u00e9dian (VMPFC) dans les troubles dissociatifs, mais pas dans l&#8217;hypnose [5]. Le VMPFC donne acc\u00e8s \u00e0 la repr\u00e9sentation de soi et int\u00e8gre des contenus de m\u00e9moire ayant une pertinence affective. Les auteurs de l&#8217;\u00e9tude concluent : &#8220;Conversion deficits [&#8230;] might promote certain pattern of behaviors in response to self-relevant emotional states&#8221;. Ce corr\u00e9lat dans l&#8217;imagerie est en accord avec l&#8217;exp\u00e9rience clinique. Aujourd&#8217;hui, plusieurs groupes de chercheurs se penchent sur le sujet, notamment \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital de l&#8217;\u00cele de Berne.<\/p>\n<h2 id=\"genetique-et-epigenetique\">G\u00e9n\u00e9tique et \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique<\/h2>\n<p>Une \u00e9tude de jumeaux publi\u00e9e en 1998 et portant sur 177 paires de vrais jumeaux et 152 paires de faux jumeaux a conclu, en ce qui concerne les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques et les troubles dissociatifs, que &#8220;des corr\u00e9lations g\u00e9n\u00e9tiques significatives [&#8230;] ont \u00e9t\u00e9 trouv\u00e9es entre les \u00e9chelles DES et le DAPP-BQ cognitive dysregulation, affective lability, and suspiciousness, sugg\u00e9rant que les facteurs g\u00e9n\u00e9tiques sous-jacents \u00e0 certains aspects du trouble de la personnalit\u00e9 influencent \u00e9galement la capacit\u00e9 dissociative&#8221; [6].<\/p>\n<p>De nouvelles d\u00e9couvertes sont \u00e0 mettre au cr\u00e9dit de l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique. Ainsi, il semble que des modifications de l&#8217;expression des g\u00e8nes se produisent via la m\u00e9thylation et la d\u00e9m\u00e9thylation. Dans le domaine de la r\u00e9ponse au stress, la m\u00e9thylation au niveau de l&#8217;all\u00e8le FKBP5 semble particuli\u00e8rement pertinente et \u00e9galement importante pour les effets interg\u00e9n\u00e9rationnels [7]. Gr\u00e2ce \u00e0 la recherche en \u00e9pig\u00e9n\u00e9tique, l&#8217;interaction complexe entre les facteurs environnementaux et la g\u00e9n\u00e9tique est de mieux en mieux comprise.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-11065\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/fallbeispiele-np6.png\" style=\"height:407px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"747\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"modele-de-vulnerabilite-stress-modeles-psychodynamiques-nouveaux-concepts\">Mod\u00e8le de vuln\u00e9rabilit\u00e9-stress, mod\u00e8les psychodynamiques, nouveaux concepts<\/h2>\n<p>Le mod\u00e8le de vuln\u00e9rabilit\u00e9-stress postule une pr\u00e9disposition g\u00e9n\u00e9tique avec une suggestibilit\u00e9 accrue et des exp\u00e9riences traumatisantes pr\u00e9coces pour l&#8217;\u00e9tiologie des troubles dissociatifs. Les concepts psychanalytiques plus anciens voyaient dans la dissociation un m\u00e9canisme de d\u00e9fense en cas de pulsions conflictuelles. Ce faisant, la fonction d&#8217;int\u00e9gration du &#8220;je&#8221; serait annul\u00e9e et les contenus subjectivement insupportables neutralis\u00e9s par le clivage.<\/p>\n<p>Les concepts psychodynamiques actuels se basent moins sur des conflits inconscients que sur une d\u00e9r\u00e9gulation \u00e9motionnelle dans le domaine de la perception et de l&#8217;expression de soi [8].<\/p>\n<p>Dans une revue r\u00e9cente, les sympt\u00f4mes neurologiques fonctionnels sont interpr\u00e9t\u00e9s comme des formes de r\u00e9ponses affectives complexes au stress, li\u00e9es \u00e0 des comportements \u00e9motionnels appris et \u00e0 une diminution de la capacit\u00e9 \u00e0 percevoir ses propres processus \u00e9motionnels internes [9].<\/p>\n<h2 id=\"traitement\">Traitement<\/h2>\n<p>Aujourd&#8217;hui, le traitement psychoth\u00e9rapeutique est g\u00e9n\u00e9ralement associ\u00e9 \u00e0 un traitement symptomatique, la physioth\u00e9rapie rev\u00eatant une grande importance dans les troubles dissociatifs du mouvement. Des techniques de relaxation sont \u00e9galement utilis\u00e9es. Les mesures suggestives sont souvent efficaces. Dans notre propre travail sur l&#8217;exposition aux facteurs de stress pendant le d\u00e9veloppement de l&#8217;enfant (avec des &#8220;paires appari\u00e9es&#8221; et un examinateur aveugle quant \u00e0 la gen\u00e8se des crises), nous n&#8217;avons pas non plus trouv\u00e9 de diff\u00e9rence entre les personnes souffrant de crises \u00e9pileptiques et celles souffrant de crises dissociatives non \u00e9pileptiques. Les deux groupes \u00e9taient tr\u00e8s expos\u00e9s \u00e0 cet \u00e9gard. Cependant, la perfusion de placebo a permis \u00e0 la majorit\u00e9 des personnes souffrant de crises dissociatives de ne plus avoir de crises, et ce m\u00eame lors du suivi six mois plus tard [10].<\/p>\n<p>Les confrontations h\u00e2tives comportent un risque d&#8217;abandon du traitement et de &#8220;shopping m\u00e9dical&#8221;. Il est important d&#8217;expliquer les r\u00e9sultats des examens de mani\u00e8re rassurante et non d\u00e9valorisante, en les associant \u00e0 un bon pronostic.<\/p>\n<p>Le traitement psychoth\u00e9rapeutique offre la possibilit\u00e9 d&#8217;une (auto)perception approfondie et d&#8217;une int\u00e9gration des aspects \u00e9motionnellement charg\u00e9s. Id\u00e9alement, on assiste \u00e0 un processus de maturation personnelle avec int\u00e9gration des parties dissoci\u00e9es. La base de la th\u00e9rapie est la relation th\u00e9rapeutique, c&#8217;est pourquoi un espace th\u00e9rapeutique est am\u00e9nag\u00e9 dans la premi\u00e8re phase du traitement. Une attitude ouverte et non jugeante et la prise en compte des besoins psychologiques fondamentaux tels que la protection de l&#8217;estime de soi sont essentielles. Dans cette premi\u00e8re phase, une \u00e9coute attentive est importante, avec une identification des sympt\u00f4mes \u00e9galement dans le contexte \u00e9motionnel et interactif. Dans la suite du traitement, l&#8217;\u00e9volution des sympt\u00f4mes est comprise et clarifi\u00e9e de mani\u00e8re approfondie. Il s&#8217;agit notamment de la perception du corps, des \u00e9motions et des relations actuelles. Le r\u00e9cit de la vie int\u00e9rieure est compris dans le contexte de la vie r\u00e9elle. Parfois, des exp\u00e9riences traumatisantes, \u00e9motionnellement pr\u00e9sentes dans le pr\u00e9sent, peuvent \u00eatre rappel\u00e9es et exprim\u00e9es pour la premi\u00e8re fois. La phase finale est principalement ax\u00e9e sur la stabilit\u00e9 et l&#8217;int\u00e9gration.<\/p>\n<p>La recherche th\u00e9rapeutique est m\u00e9thodologiquement difficile avec ce tableau h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne pr\u00e9sentant une grande variabilit\u00e9 interindividuelle. Les m\u00e9ta-analyses sont rares, mais elles d\u00e9montrent l&#8217;efficacit\u00e9 [11].<br \/>\nUn traitement m\u00e9dicamenteux n&#8217;est pas indiqu\u00e9, sauf en cas de comorbidit\u00e9 marqu\u00e9e avec un trouble anxieux ou une d\u00e9pression. Les effets ind\u00e9sirables possibles ne sont pas compens\u00e9s par d&#8217;autres avantages d\u00e9montr\u00e9s. L&#8217;exp\u00e9rience de l&#8217;auto-efficacit\u00e9 peut \u00eatre entrav\u00e9e par une (mauvaise) attribution \u00e0 la m\u00e9dication et au traitement m\u00e9dical. De plus, la distanciation \u00e9motionnelle induite peut rendre plus difficile l&#8217;actualisation du probl\u00e8me et, par cons\u00e9quent, sa r\u00e9solution<strong> (tableau 1).<\/strong><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-11066 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/585;height:319px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"585\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0-800x425.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0-120x64.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0-90x48.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0-320x170.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/12\/tab1_np6_s26_0-560x298.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"conclusion-personnelle\">Conclusion personnelle<\/h2>\n<p>Au cours de mes premiers mois en tant que jeune interne dans un service de neurologie, un chef de service utilisait le mot &#8220;hyst\u00e9ro\u00e9pilepsie&#8221; pour d\u00e9crire les crises d&#8217;un jeune homme \u00e0 l&#8217;intelligence l\u00e9g\u00e8rement inf\u00e9rieure. Il s&#8217;agissait de l&#8217;apparition de crises d&#8217;\u00e9pilepsie et de crises psychog\u00e8nes. Mais alors que pour lui, avec ce diagnostic, l&#8217;affaire semblait r\u00e9solue, pour moi, les questions ont commenc\u00e9 : pourquoi ? Et comment pouvons-nous l&#8217;aider ? Aujourd&#8217;hui, apr\u00e8s bient\u00f4t 30 ans et de nombreux accompagnements de personnes concern\u00e9es, je ne peux toujours pas donner de r\u00e9ponse affirmative valable pour tous. Mais j&#8217;ai pu apprendre beaucoup, chaque rencontre et histoire de vie \u00e9tait unique. Aujourd&#8217;hui, je pense que les troubles dissociatifs ne peuvent \u00eatre compris qu&#8217;en d\u00e9passant la pens\u00e9e duale.<\/p>\n<p>Dans mes relations avec les patients concern\u00e9s, il me semble essentiel d&#8217;explorer avec respect et attention leur histoire personnelle, leur histoire de vie ext\u00e9rieure et int\u00e9rieure, en &#8220;\u00e9coutant&#8221; non seulement ce qui est racont\u00e9, mais aussi ce qui est omis. Pour \u00e9tablir une relation th\u00e9rapeutique de confiance, il est n\u00e9cessaire de prot\u00e9ger l&#8217;estime de soi du patient de mani\u00e8re fiable. Il doit sentir que sa perception corporelle de lui-m\u00eame, tout comme l&#8217;ensemble de sa personne, n&#8217;est pas jug\u00e9e mais accept\u00e9e avec une attention inconditionnelle. C&#8217;est la seule fa\u00e7on de r\u00e9v\u00e9ler des sentiments puissants d&#8217;impuissance, d&#8217;abandon, de honte ou d&#8217;angoisse existentielle. Le pouvoir de transformation de ces sentiments lors de l&#8217;oubli, mais aussi lors du souvenir, redevient ainsi accessible. Se souvenir, associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;acceptation de soi et \u00e0 la connaissance du pass\u00e9, permet d&#8217;avoir une image plus compl\u00e8te de soi. Le fait d&#8217;\u00eatre connect\u00e9 \u00e0 ses propres blessures et besoins facilite la pleine reconnaissance des besoins des autres. Cette prise de conscience, si elle est r\u00e9ussie, est la base d&#8217;une nouvelle libert\u00e9 (pas seulement de sympt\u00f4me).<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les troubles dissociatifs sont class\u00e9s dans le chapitre F44 de la CIM-10. La terminologie n\u00e9anmoins h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne entre les disciplines m\u00e9dicales, avec des appellations telles que &#8220;troubles fonctionnels&#8221;, &#8220;troubles psychog\u00e8nes&#8221;, &#8220;somatoform disorders&#8221; dans les pays anglophones, et la diversit\u00e9 de leurs manifestations rendent cependant difficile une vision unifi\u00e9e et une bonne interaction entre la recherche et la clinique.<\/li>\n<li>Les directives diagnostiques exigent l&#8217;exclusion d&#8217;une cause organique, des caract\u00e9ristiques cliniques et la preuve de l&#8217;origine psychologique des sympt\u00f4mes.<\/li>\n<li>Les r\u00e9sultats actuels de la psychodynamique, de l&#8217;imagerie et de l&#8217;\u00e9pig\u00e9n\u00e9tique se compl\u00e8tent et \u00e9voluent vers une compr\u00e9hension approfondie et holistique.<\/li>\n<li>Le traitement comprend une approche symptomatique avec de la physioth\u00e9rapie pour les troubles dissociatifs du mouvement et de la psychoth\u00e9rapie. Cette derni\u00e8re offre la possibilit\u00e9 d&#8217;int\u00e9gration, d&#8217;acceptation de soi et de transformation.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Veith I : Hyst\u00e9rie. L&#8217;histoire d&#8217;une maladie. Chicago : The University of Chicago, 1965.<\/li>\n<li>Stone J, Perthen J, Carson AJ : Review. &#8220;A Leg to Stand On&#8221; par Oliver Sacks : un r\u00e9cit autobiographique unique sur la paralysie fonctionnelle. J Neurol Neurosurg Psychiatry 2012 ; 83(9) : 864-867.<\/li>\n<li>Hustvedt S : J&#8217;ai pleur\u00e9 pendant quatre ans et quand j&#8217;ai arr\u00eat\u00e9, j&#8217;\u00e9tais aveugle. Neurophysiol Clin 2014 ; 44(4) : 305-313.<\/li>\n<li>Ron M : Explaining the unexplained : understanding hysteria. Brain 2001 ; 124(6) : 1065-1066.<\/li>\n<li>Vuilleumier P : Circuits c\u00e9r\u00e9braux impliqu\u00e9s dans la paralysie psychog\u00e8ne dans les troubles de conversion et l&#8217;hypnose. Neurophysiol Clin 2014 ; 44(4) : 323-337.<\/li>\n<li>Jang KL, et al : Twin study of dissociative experience. J Nerv Ment Dis 1998 ; 186(6) : 345-351.<\/li>\n<li>Klengel T et al : La d\u00e9m\u00e9thylation de l&#8217;ADN FKBP5 sp\u00e9cifique \u00e0 l&#8217;all\u00e8le m\u00e9diatise les interactions g\u00e8ne-enfant traumatique. Nature Neuroscience 2013 ; 16(1) : 33-41.<\/li>\n<li>Sattel H, et al : Brief psychodynamic interpersonal psychotherapy for patients with multisomatoform disorders : randomised controlled trial. Br J Psychiatry 2012 ; 200(1) : 60-67.<\/li>\n<li>Sojka P, et al : Traitement de l&#8217;\u00e9motion dans les troubles neurologiques fonctionnels. Front Psychiatry 2018 ; 9 : 479.<\/li>\n<li>Berkhoff M, et al. : Contexte d\u00e9veloppemental et r\u00e9sultats chez les patients atteints de seizures non \u00e9pileptiques ou \u00e9pileptiques : Une \u00e9tude contr\u00f4l\u00e9e. Epilepsia 1998 ; 39(5) : 463-469.<\/li>\n<li>Koelen J. et al. : Efficacit\u00e9 de la psychoth\u00e9rapie pour les troubles somatoformes s\u00e9v\u00e8res : m\u00e9ta-analyse. Br J Psychiatry 2014 ; 204(1) : 12-19.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo NEUROLOGIE &amp; PSYCHIATRIE 2018 ; 16(6) : 24-27<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles dissociatifs se caract\u00e9risent par une apparence tr\u00e8s h\u00e9t\u00e9rog\u00e8ne. Quels sont les outils de diagnostic disponibles ? Comment les personnes atteintes vivent-elles leur maladie ? 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