{"id":337262,"date":"2018-10-01T02:00:00","date_gmt":"2018-10-01T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/approches-psychotherapeutiques-des-troubles-anxieux\/"},"modified":"2018-10-01T02:00:00","modified_gmt":"2018-10-01T00:00:00","slug":"approches-psychotherapeutiques-des-troubles-anxieux","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/approches-psychotherapeutiques-des-troubles-anxieux\/","title":{"rendered":"Approches psychoth\u00e9rapeutiques des troubles anxieux"},"content":{"rendered":"<p><strong>Les troubles anxieux peuvent \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re satisfaisante par le biais d&#8217;une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale ou d&#8217;une psychoth\u00e9rapie psychodynamique. La confrontation avec des situations redout\u00e9es constitue l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 des diff\u00e9rentes formes de th\u00e9rapie.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>Les troubles anxieux font partie des maladies mentales les plus courantes. Environ 15 \u00e0 20 % des personnes souffrent d&#8217;un trouble anxieux \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre de leur vie. Dans la pratique g\u00e9n\u00e9rale, plus de 10% des patients sont concern\u00e9s. Moins de 50% des cas sont diagnostiqu\u00e9s (questions de d\u00e9pistage dans l&#8217;<strong>encadr\u00e9)<\/strong> et seule une petite partie est trait\u00e9e. En revanche, les troubles anxieux, surtout s&#8217;ils sont diagnostiqu\u00e9s \u00e0 temps, ont tendance \u00e0 \u00eatre bien trait\u00e9s et de mani\u00e8re efficace.<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10799\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/kasten_hp9_s20.png\" style=\"height:414px; width:400px\" width=\"893\" height=\"924\"><\/p>\n<p>\nDans le traitement des troubles anxieux, la psychoth\u00e9rapie repr\u00e9sente un \u00e9l\u00e9ment central. Les r\u00e9sultats de la recherche en psychoth\u00e9rapie indiquent qu&#8217;un traitement sp\u00e9cifique au trouble donne de meilleurs r\u00e9sultats qu&#8217;une th\u00e9rapie non sp\u00e9cifique [1]. L&#8217;association avec une pharmacoth\u00e9rapie antid\u00e9pressive, qui a un effet anxiolytique, devrait \u00eatre utile dans de nombreux cas. Entre-temps, un grand nombre d&#8217;approches psychoth\u00e9rapeutiques sp\u00e9cifiques aux troubles ont \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es, manualis\u00e9es et v\u00e9rifi\u00e9es empiriquement. Il est frappant de constater que les approches sp\u00e9cifiques des diff\u00e9rentes \u00e9coles de th\u00e9rapie ont des proc\u00e9dures similaires, l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 commun \u00e9tant la confrontation avec la situation qui provoque l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 [2]. L&#8217;efficacit\u00e9 de cette m\u00e9thode n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 reconnue par les comportementalistes, mais d\u00e8s 1919 par Sigmund Freud [3]. Le pr\u00e9sent article pr\u00e9sente les trois principaux troubles anxieux selon la CIM-10<strong> (tab.&nbsp;1)<\/strong> et leurs possibilit\u00e9s de traitement psychoth\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10800 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/458;height:250px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"458\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0-800x333.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0-120x50.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0-90x37.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0-320x133.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/tab1_hp9_s21_0-560x233.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"trouble-panique-et-agoraphobie\">Trouble panique et agoraphobie<\/h2>\n<p>Dans le trouble panique (CIM-10 : F 41.0), les personnes souffrent de crises d&#8217;angoisse soudaines et violentes accompagn\u00e9es de sympt\u00f4mes physiques d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 (tachycardie, transpiration, tremblements, difficult\u00e9s respiratoires, etc.) associ\u00e9s \u00e0 la crainte de perdre le contr\u00f4le, de devenir &#8220;fou&#8221;, de s&#8217;\u00e9vanouir ou de mourir. Dans le cas du trouble panique pur sans agoraphobie, les attaques de panique surviennent soudainement et sans raison. Cependant, le plus souvent, le trouble panique est associ\u00e9 \u00e0 l&#8217;agoraphobie (CIM-10 : F 40.0). L&#8217;agoraphobie peut \u00e0 son tour se manifester avec ou sans attaques de panique. Dans le cas de l&#8217;agoraphobie avec trouble panique, la peur des lieux o\u00f9 il serait difficile de s&#8217;\u00e9chapper ou d&#8217;obtenir de l&#8217;aide en cas d&#8217;attaque de panique vient s&#8217;ajouter aux attaques de panique d\u00e9crites. Au fur et \u00e0 mesure de l&#8217;\u00e9volution, un cercle vicieux se met en place, compos\u00e9 de comportements d&#8217;\u00e9vitement et de peur de la peur.<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9rapie cognitivo-comportementale :<\/strong> on pense que les attaques de panique sont dues \u00e0 une mauvaise interpr\u00e9tation de sympt\u00f4mes physiques fondamentalement inoffensifs. Les patients doivent donc apprendre \u00e0 interpr\u00e9ter les signaux physiques de mani\u00e8re appropri\u00e9e, \u00e0 les classer et \u00e0 y r\u00e9pondre de mani\u00e8re ad\u00e9quate. Outre la transmission d&#8217;informations sur le trouble (psycho\u00e9ducation) sur la base de mod\u00e8les psychophysiologiques (p. ex. le &#8220;mod\u00e8le du cercle vicieux de l&#8217;anxi\u00e9t\u00e9&#8221; ou le &#8220;mod\u00e8le du stress&#8221; expliquant le r\u00f4le de la modification du seuil de perception des sympt\u00f4mes physiques en cas d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 permanente), des m\u00e9thodes de relaxation, un entra\u00eenement \u00e0 la gestion du stress et une exposition sont utilis\u00e9s. En outre, la restructuration des pens\u00e9es anxiog\u00e8nes joue un r\u00f4le important.<\/p>\n<p>On distingue l&#8217;exposition interoceptive et l&#8217;exposition in vivo. L&#8217;exposition interceptive consiste, par exemple, \u00e0 augmenter le rythme cardiaque par l&#8217;exercice physique ou \u00e0 provoquer des vertiges par l&#8217;hyperventilation. Il est essentiel que le patient fasse l&#8217;exp\u00e9rience que les sympt\u00f4mes corporels qui en r\u00e9sultent ne sont pas dangereux et peuvent \u00eatre influenc\u00e9s et r\u00e9gul\u00e9s de mani\u00e8re autonome. Cela devrait conduire \u00e0 l&#8217;extinction de la r\u00e9action de peur conditionn\u00e9e. En cas d&#8217;agoraphobie, des expositions in vivo sont r\u00e9alis\u00e9es, les patients \u00e9tant directement confront\u00e9s \u00e0 la situation anxiog\u00e8ne apr\u00e8s une pr\u00e9paration cognitive. Cela peut se faire d&#8217;une part sous la forme d&#8217;une inondation (&#8220;flooding&#8221;), o\u00f9 le patient est confront\u00e9 d\u00e8s le d\u00e9but \u00e0 des situations tr\u00e8s anxiog\u00e8nes, ou d&#8217;autre part sous la forme d&#8217;une exposition progressive, o\u00f9 l&#8217;on commence par des confrontations relativement l\u00e9g\u00e8res et o\u00f9 l&#8217;intensit\u00e9 augmente progressivement [4].<\/p>\n<p><strong>Psychoth\u00e9rapie psychodynamique :<\/strong> Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, des approches th\u00e9rapeutiques manualis\u00e9es ont \u00e9galement \u00e9t\u00e9 d\u00e9velopp\u00e9es dans le cadre de la th\u00e9rapie psychodynamique, comme la psychoth\u00e9rapie psychodynamique centr\u00e9e sur la panique (PFPP) pour le traitement du trouble panique et de l&#8217;agoraphobie [5]. La th\u00e9orie psychodynamique associ\u00e9e postule que les sympt\u00f4mes de panique ont une signification \u00e9motionnelle sp\u00e9cifique, li\u00e9e \u00e0 des conflits intrapsychiques et interpersonnels. Selon la th\u00e9orie, les sympt\u00f4mes d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 persistent jusqu&#8217;\u00e0 ce que le patient puisse tol\u00e9rer la signification de la panique et les conflits qui l&#8217;accompagnent.<\/p>\n<p>La PFPP se divise en trois phases : La premi\u00e8re phase est consacr\u00e9e \u00e0 l&#8217;exploration active des circonstances qui ont pr\u00e9c\u00e9d\u00e9 le d\u00e9but du trouble panique, des pens\u00e9es et des sentiments du patient pendant les attaques de panique et de la signification (inconsciente) des sympt\u00f4mes. Dans la deuxi\u00e8me phase, on s&#8217;efforce d&#8217;aborder les th\u00e8mes \u00e9motionnellement significatifs qui jouent un r\u00f4le dans la gen\u00e8se des \u00e9pisodes de panique et d&#8217;analyser leurs liens psychodynamiques, par exemple les conflits du patient li\u00e9s \u00e0 la s\u00e9paration ou \u00e0 l&#8217;expression de la col\u00e8re. Comme les attentes conflictuelles du patient se manifestent \u00e9galement dans la relation avec le th\u00e9rapeute, le travail sur les sch\u00e9mas dysfonctionnels dans le transfert rev\u00eat une importance particuli\u00e8re. Cela aide le patient \u00e0 reconna\u00eetre que la crainte d&#8217;une catastrophe imminente est l&#8217;expression d&#8217;un conflit int\u00e9rieur qui trouve ses racines dans des relations ant\u00e9rieures marquantes et ne refl\u00e8te pas la r\u00e9alit\u00e9 actuelle. L&#8217;objectif de cette phase de traitement est de r\u00e9duire la vuln\u00e9rabilit\u00e9 aux attaques de panique en faisant prendre conscience du style \u00e9motionnel et interactionnel inconscient qui caract\u00e9rise le patient. Au cours de la troisi\u00e8me phase du traitement, il est important de se focaliser \u00e0 temps sur la fin du traitement, car les patients souffrant de troubles paniques ont souvent des difficult\u00e9s importantes \u00e0 se s\u00e9parer et \u00e0 devenir ind\u00e9pendants. La r\u00e9activation et l&#8217;\u00e9laboration de ces conflits dans la relation th\u00e9rapeutique permettent au patient de mettre des mots sur les fantasmes qui y sont associ\u00e9s et de les comprendre, ce qui rend les s\u00e9parations moins anxiog\u00e8nes.<\/p>\n<h2 id=\"trouble-anxieux-generalise\">Trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9<\/h2>\n<p>Les patients atteints de trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 (CIM-10 : F 41.1) souffrent d&#8217;une anxi\u00e9t\u00e9 et d&#8217;une inqui\u00e9tude excessives, li\u00e9es aux circonstances g\u00e9n\u00e9rales ou particuli\u00e8res de la vie. L&#8217;apparition de cette anxi\u00e9t\u00e9, contrairement au trouble panique, n&#8217;est pas circonscrite \u00e0 une situation ou \u00e0 une crise, mais elle est pr\u00e9sente presque constamment avec une intensit\u00e9 variable. Les patients sont par exemple tourment\u00e9s par l&#8217;inqui\u00e9tude constante qu&#8217;il leur arrive quelque chose de grave, par exemple qu&#8217;il leur arrive des accidents ou qu&#8217;ils tombent malades. Souvent, les patients s&#8217;inqui\u00e8tent \u00e9galement de leur inqui\u00e9tude permanente, ces &#8220;m\u00e9ta-inqui\u00e9tudes&#8221; pouvant \u00eatre tr\u00e8s angoissantes. La tension permanente entra\u00eene de la nervosit\u00e9, des troubles de la concentration et du sommeil, ainsi que des sympt\u00f4mes physiques tels que tremblements, tension musculaire, transpiration, \u00e9tourdissement, palpitations cardiaques, vertiges, troubles digestifs ou diarrh\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9rapie cognitivo-comportementale : <\/strong>Comme pour les autres troubles anxieux, plusieurs \u00e9l\u00e9ments sont utilis\u00e9s dans le traitement cognitivo-comportemental du trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 [6] : Outre la transmission d&#8217;informations g\u00e9n\u00e9rales, des expositions in-sensu \u00e0 des catastrophes personnelles redout\u00e9es et aux soucis qui y sont li\u00e9s (&#8220;confrontations de soucis&#8221;) sont effectu\u00e9es. Lors de confrontations in vivo, il est essentiel d&#8217;\u00e9liminer les comportements de s\u00e9curit\u00e9 inappropri\u00e9s. Cela peut consister, par exemple, \u00e0 ne pas appeler trop souvent ses enfants lorsqu&#8217;ils ne sont pas l\u00e0 le soir. Pour les patients, il s&#8217;agit d&#8217;apprendre \u00e0 tol\u00e9rer les exp\u00e9riences anxiog\u00e8nes plut\u00f4t que de les \u00e9viter. Le volet cognitif de la th\u00e9rapie consiste \u00e0 r\u00e9\u00e9valuer les hypoth\u00e8ses irr\u00e9alistes sur les avantages et les inconv\u00e9nients des soucis, ainsi qu&#8217;\u00e0 \u00e9laborer une \u00e9valuation r\u00e9aliste de la probabilit\u00e9 que les probl\u00e8mes aient des cons\u00e9quences n\u00e9gatives. Pour ce faire, des exp\u00e9riences comportementales sont \u00e9galement men\u00e9es afin de v\u00e9rifier syst\u00e9matiquement la r\u00e9alit\u00e9 des craintes auxquelles r\u00e9pondent les comportements de s\u00e9curit\u00e9. Des techniques de r\u00e9gulation des \u00e9motions telles que la relaxation et la pleine conscience sont \u00e9galement utilis\u00e9es.<\/p>\n<p><strong>Psychoth\u00e9rapie psychodynamique : <\/strong>les manuels de traitement psychodynamique pour les patients souffrant de trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9 sont bas\u00e9s sur la th\u00e9rapie supportive-expressive (SET) d\u00e9velopp\u00e9e par Luborsky [7], qui comprend \u00e0 la fois des interventions de soutien (supportive) et d&#8217;interpr\u00e9tation (expressive). L&#8217;accent est mis sur les th\u00e8mes centraux de conflit relationnel (ZBKT) du patient. Il s&#8217;agit de sch\u00e9mas d&#8217;exp\u00e9rience et de comportement conflictuels qui se r\u00e9p\u00e8tent dans diff\u00e9rentes relations du patient. L&#8217;hypoth\u00e8se est que les sympt\u00f4mes psychologiques sont le r\u00e9sultat d&#8217;un conflit qui se r\u00e9p\u00e8te dans diff\u00e9rentes relations. Dans le cadre du traitement, une attention particuli\u00e8re est \u00e0 nouveau accord\u00e9e au d\u00e9veloppement de la relation th\u00e9rapeutique. On suppose que le sch\u00e9ma relationnel central se manifeste \u00e9galement dans cette relation, ce qui facilite une reconnaissance commune du sch\u00e9ma [8]. Le contenu du traitement se concentre donc sur les conflits interpersonnels r\u00e9p\u00e9titifs : dans les relations actuelles, dans le transfert au th\u00e9rapeute et dans les relations ant\u00e9rieures pendant l&#8217;enfance et l&#8217;adolescence.<\/p>\n<h2 id=\"phobie-sociale\">Phobie sociale  &nbsp;<\/h2>\n<p>La phobie sociale (CIM-10 : F 40.1) ou le trouble d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9 sociale selon le DSM-5 est l&#8217;un des troubles anxieux les plus courants. Les personnes concern\u00e9es ont peur des situations dans lesquelles elles sont le centre de l&#8217;attention (par exemple, parler en public). Vous craignez de vous montrer g\u00ean\u00e9 ou maladroit et d&#8217;\u00eatre jug\u00e9 n\u00e9gativement par les autres. Il en r\u00e9sulte g\u00e9n\u00e9ralement un comportement d&#8217;\u00e9vitement qui peut entretenir le trouble.<\/p>\n<p><strong>Th\u00e9rapie cognitivo-comportementale :<\/strong> la psycho\u00e9ducation dans le cadre de la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale permet de comprendre le lien entre des id\u00e9es irr\u00e9alistes sur les normes sociales, une tension accrue, des pens\u00e9es dysfonctionnelles, une focalisation de l&#8217;attention vers l&#8217;int\u00e9rieur et des comportements d&#8217;\u00e9vitement. Dans le cadre de la restructuration cognitive, les auto-\u00e9valuations n\u00e9gatives exag\u00e9r\u00e9es sont compar\u00e9es \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9. En partant du principe que la phobie sociale est due \u00e0 des d\u00e9ficits dans la capacit\u00e9 de communication et d&#8217;interaction, un entra\u00eenement aux comp\u00e9tences sociales est utilis\u00e9. Le patient doit par exemple prononcer un discours devant d&#8217;autres participants du groupe dans le cadre d&#8217;un jeu de r\u00f4le, avec un feedback vid\u00e9o si n\u00e9cessaire. En outre, des exercices d&#8217;exposition ou des exp\u00e9riences comportementales sont utilis\u00e9s. Le patient doit par exemple s&#8217;exposer d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment en public \u00e0 une situation subjectivement particuli\u00e8rement embarrassante, tout en observant la r\u00e9action de son entourage [9]. Cela permet de v\u00e9rifier les cons\u00e9quences redout\u00e9es par rapport \u00e0 leur menace r\u00e9elle et de r\u00e9duire les comportements dysfonctionnels en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9.<\/p>\n<p><strong>Psychoth\u00e9rapie psychodynamique :<\/strong> il est essentiel d&#8217;\u00e9tablir une relation d&#8217;acceptation et de soutien avec le th\u00e9rapeute, car elle offre une base s\u00fbre pour permettre au patient d&#8217;explorer et de s&#8217;exposer. Ici aussi, le patient est encourag\u00e9 \u00e0 faire face activement aux situations sociales anxiog\u00e8nes et \u00e0 discuter de ses exp\u00e9riences avec le th\u00e9rapeute. Il s&#8217;agit de prendre en compte les limitations sociales du patient dues \u00e0 son manque d&#8217;exp\u00e9rience dans les interactions sociales. L&#8217;attitude de soutien du th\u00e9rapeute permet de corriger les exp\u00e9riences ant\u00e9rieures du patient qui a \u00e9t\u00e9 embarrass\u00e9 dans ses relations avec des personnes importantes. La relation avec le th\u00e9rapeute contribue ainsi \u00e0 am\u00e9liorer la r\u00e9gulation de l&#8217;estime de soi et la gestion des impulsions. Le traitement se concentre sur la honte en tant qu&#8217;affect directeur, confronte le patient \u00e0 ses exigences excessives envers lui-m\u00eame et explore les attentes implicites que les personnes de r\u00e9f\u00e9rence ant\u00e9rieures ont plac\u00e9es dans le patient [10].<\/p>\n<h2 id=\"resume\">R\u00e9sum\u00e9<\/h2>\n<p>Dans la psychoth\u00e9rapie des troubles anxieux, la confrontation avec la situation anxiog\u00e8ne constitue l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 commun du traitement, toutes \u00e9coles confondues. La th\u00e9rapie cognitivo-comportementale est celle dont l&#8217;efficacit\u00e9 est la mieux d\u00e9montr\u00e9e empiriquement. Les psychoth\u00e9rapies psychodynamiques sont particuli\u00e8rement importantes en cas d&#8217;inefficacit\u00e9 de la th\u00e9rapie comportementale (ou de pr\u00e9f\u00e9rence du patient) ou de troubles de la personnalit\u00e9 comorbides.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Les troubles anxieux font partie des troubles mentaux les plus courants.<\/li>\n<li>Sur le plan psychoth\u00e9rapeutique, il existe diff\u00e9rentes possibilit\u00e9s de traitement sp\u00e9cifiques, bien \u00e9tablies empiriquement, comme la th\u00e9rapie cognitivo-comportementale et la psychoth\u00e9rapie psychodynamique.<\/li>\n<li>La confrontation avec des situations redout\u00e9es et \u00e9vit\u00e9es constitue l&#8217;\u00e9l\u00e9ment cl\u00e9 commun aux diff\u00e9rentes formes de th\u00e9rapie.<\/li>\n<li>Les comportements d&#8217;\u00e9vitement entra\u00eenent une g\u00eane importante pour les personnes concern\u00e9es ainsi que le maintien du trouble anxieux.<\/li>\n<li>En cas de r\u00e9ponse insuffisante \u00e0 la psychoth\u00e9rapie, des options pharmacoth\u00e9rapeutiques suppl\u00e9mentaires peuvent \u00eatre envisag\u00e9es.<\/li>\n<\/ul>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Bandelow B, et al. : Ligne directrice S3 allemande sur le traitement des troubles anxieux. Mise \u00e0 jour 2014.<\/li>\n<li>Benecke C, Staats H : Psychanalyse des troubles anxieux. Mod\u00e8les et th\u00e9rapies. Stuttgart : Kohlhammer 2017.<\/li>\n<li>Freud S : Les chemins de la th\u00e9rapie psychanalytique. Dans ibid. : \u0152uvres des ann\u00e9es 1917-1920 (S\u00e9rie : \u0152uvres compl\u00e8tes, volume XII). Francfort-sur-le-Main : Fischer 1999 : 181-194.<\/li>\n<li>Schneider S, Margraf J : Agoraphobie et trouble panique. G\u00f6ttingen, Allemagne : Hogrefe 1989.<\/li>\n<li>Milrod BL, et al : Manuel de psychoth\u00e9rapie psychodynamique ax\u00e9e sur la panique. Washington, DC : American Psychiatric Press 1997.<\/li>\n<li>Becker E, Margraf J : Trouble anxieux g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9. Weinheim : Beltz 2002.<\/li>\n<li>Luborsky L : Introduction \u00e0 la psychoth\u00e9rapie analytique. Un manuel d&#8217;enseignement. G\u00f6ttingen, Allemagne : Vandenhoeck et Rupprecht 1995.<\/li>\n<li>Crits-Christoph P, et al : Brief supportive-expressive psychodynamic therapy for generalized anxiety disorder. Dans Barber JP, Crits-Christoph P, Ed : Dynamic Therapies for Psychiatric Disorders (Axis I). New York : BasicBooks 1995.<\/li>\n<li>Stangier U, Heidenreich T, Peitz M : Phobies sociales. Un manuel de traitement congtivo-comportemental. Weinheim : Beltz 2003.<\/li>\n<li>Leichsenring F, Beutel M, Leibing E : Th\u00e9rapie focale psychanalytique orient\u00e9e de la phobie sociale. Psychoth\u00e9rapeute 2008 ; 53(3) : 185-197.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2018 ; 13(9) : 19-22<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Les troubles anxieux peuvent \u00eatre trait\u00e9s de mani\u00e8re satisfaisante par le biais d&#8217;une th\u00e9rapie cognitivo-comportementale ou d&#8217;une psychoth\u00e9rapie psychodynamique. 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