{"id":337270,"date":"2018-10-04T02:00:00","date_gmt":"2018-10-04T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/quo-vadis-la-therapie-cellulaire\/"},"modified":"2018-10-04T02:00:00","modified_gmt":"2018-10-04T00:00:00","slug":"quo-vadis-la-therapie-cellulaire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/quo-vadis-la-therapie-cellulaire\/","title":{"rendered":"Quo vadis, la th\u00e9rapie cellulaire ?"},"content":{"rendered":"<p><strong>Un plus grand nombre de donneurs volontaires et un conditionnement moins intensif rendent aujourd&#8217;hui la transplantation de cellules souches allog\u00e9niques accessible \u00e0 une plus grande population de patients. Les greffes de cellules souches autologues, quant \u00e0 elles, stoppent \u00e9galement les maladies auto-immunes via un &#8220;red\u00e9marrage&#8221; du syst\u00e8me immunitaire.<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>La transplantation de moelle osseuse allog\u00e9nique a f\u00eat\u00e9 ses 60 ans l&#8217;ann\u00e9e derni\u00e8re. A l&#8217;\u00e9poque (1957), E. Donnall Thomas et ses coll\u00e8gues pr\u00e9levaient des cellules de moelle osseuse sur les c\u00f4tes de cadavres adultes ou f\u0153taux, les filtraient, les mettaient en suspension dans un milieu de culture, les congelaient \u00e0 -80\u00b0C et les perfusaient ensuite \u00e0 des patients irradi\u00e9s. Chez une partie des patients, une croissance passag\u00e8re des cellules du donneur a pu \u00eatre d\u00e9montr\u00e9e, mais tous les patients sont d\u00e9c\u00e9d\u00e9s dans les 100 premiers jours suivant la transplantation. Bien que de nombreux progr\u00e8s aient \u00e9t\u00e9 r\u00e9alis\u00e9s depuis, la transplantation de cellules souches allog\u00e9niques (allo-SZT, par transfert de moelle osseuse, de sang p\u00e9riph\u00e9rique mobilis\u00e9 ou de sang de cordon ombilical) reste aujourd&#8217;hui encore un traitement complexe, intensif et riche en complications. Compte tenu des nouvelles substances cibl\u00e9es et des immunoth\u00e9rapies, certains experts affirment que la TCS allo a d\u00e9pass\u00e9 son z\u00e9nith et que, dans quelques ann\u00e9es, elle ne sera plus n\u00e9cessaire pour gu\u00e9rir de nombreuses maladies malignes du sang et du syst\u00e8me lymphatique. Les chiffres r\u00e9els ne le confirment pas &#8211; la tendance \u00e0 l&#8217;augmentation annuelle du nombre de greffes de cellules souches allog\u00e9niques et autologues se poursuit [1]. L&#8217;objectif de cet article est d&#8217;illustrer, \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;exemples choisis, les d\u00e9veloppements de la transplantation de cellules souches au cours des derni\u00e8res ann\u00e9es et de se projeter dans l&#8217;avenir.<\/p>\n<h2 id=\"choix-du-donneur-et-disponibilite\">Choix du donneur et disponibilit\u00e9<\/h2>\n<p>Les premi\u00e8res allogreffes de moelle osseuse ont eu lieu avant la d\u00e9couverte des antig\u00e8nes leucocytaires humains (HLA). Dans les ann\u00e9es 1960, les connaissances se limitaient essentiellement \u00e0 des observations selon lesquelles le sang ou les leucocytes de certains patients r\u00e9agissaient entre eux et qu&#8217;une &#8220;sensibilisation du syst\u00e8me immunitaire&#8221; \u00e9tait possible. Dans les ann\u00e9es 1970, R. Zinkernagel et P. Doherty ont d\u00e9couvert le principe fondamental de l&#8217;activation des cellules T par la pr\u00e9sentation d&#8217;antig\u00e8nes et la restriction HLA. Ce n&#8217;est qu&#8217;\u00e0 la fin des ann\u00e9es 1980 que la structure prot\u00e9ique du HLA a \u00e9t\u00e9 repr\u00e9sent\u00e9e. Aujourd&#8217;hui, on conna\u00eet deux classes HLA, avec chacune 7678 all\u00e8les de classe I et 2268 all\u00e8les de classe II. Aujourd&#8217;hui, les allo-SZT sont r\u00e9alis\u00e9es en tenant compte des caract\u00e9ristiques HLA, car on sait que les &#8220;mismatches&#8221; dans le HLA sont la cause la plus importante d&#8217;une r\u00e9action de rejet invers\u00e9e (maladie du greffon contre l&#8217;h\u00f4te, GVHD). En outre, il est \u00e9galement connu &#8211; mais pas encore mis en \u0153uvre en clinique &#8211; que le niveau d&#8217;expression de certaines variantes all\u00e9liques HLA disparates peut \u00eatre associ\u00e9 \u00e0 la gravit\u00e9 de la GVHD [2], et que certaines variantes all\u00e9liques disparates peuvent \u00e9galement influencer la probabilit\u00e9 de r\u00e9cidive de la maladie [3]. La prise en compte de ces &#8220;mismatches&#8221; permissifs (pour la GVHD ou les effets du greffon contre la leuc\u00e9mie, GVL) dans le choix des donneurs est tout \u00e0 fait envisageable \u00e0 l&#8217;avenir, compte tenu du nombre croissant de donneurs enregistr\u00e9s. Actuellement, plus de 32 millions de donneurs de cellules souches sont enregistr\u00e9s dans le monde (123 471 en Suisse au 12.08.2018 et &gt;8 millions en Allemagne, www.wmda.info), ce qui signifie que malgr\u00e9 la diminution de la taille de la famille et du nombre de fr\u00e8res et s\u0153urs, un donneur \u00e9tranger HLA-identique peut \u00eatre trouv\u00e9 pour plus de 70% des patients d&#8217;origine caucasienne. Cependant, pour d&#8217;autres groupes ethniques, cette probabilit\u00e9 est nettement plus faible [4], et les personnes d&#8217;origine ethnique mixte ont g\u00e9n\u00e9ralement peu de chances de r\u00e9ussir \u00e0 trouver un donneur \u00e9tranger.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10830\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27.png\" style=\"height:423px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"775\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27-800x564.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27-120x85.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27-90x63.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27-320x225.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb1_oh4_s27-560x395.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Les donneurs haplo\u00efdes (semi-appari\u00e9s) constituent une source alternative de cellules souches (<strong> Fig.&nbsp;1). <\/strong>Jusqu&#8217;\u00e0 il y a quelques ann\u00e9es, les greffes haplo\u00efdes \u00e9taient utilis\u00e9es avec autant de r\u00e9ticence que les cordons ombilicaux, car elles pr\u00e9sentaient toutes deux un risque \u00e9lev\u00e9 de complications graves. Cependant, depuis 2012 environ, la TCS haplo gagne fortement en popularit\u00e9, car une nouvelle man\u0153uvre th\u00e9rapeutique a fait son entr\u00e9e dans la clinique. L&#8217;\u00e9quipe d&#8217;E. Fuchs et de L. Luznik a mis au point un r\u00e9gime de conditionnement dans lequel la moelle osseuse non manipul\u00e9e de donneurs haplo\u00efdes pr\u00e9sentant un taux complet de cellules T est perfus\u00e9e aux patients sans immunosuppression concomitante. Il est bien connu qu&#8217;une prolif\u00e9ration et une expansion massives des lymphocytes ont lieu dans les premiers jours suivant la transplantation en raison de la lymphop\u00e9nie chez le receveur (expansion hom\u00e9ostatique). Dans ce cas, ce sont surtout les lymphocytes activ\u00e9s qui prolif\u00e8rent, c&#8217;est-\u00e0-dire les cellules qui ont trouv\u00e9 leur antig\u00e8ne cible sur les tissus receveurs et qui entra\u00eeneraient par cons\u00e9quent une GVHD aigu\u00eb. Dans cette hypoth\u00e8se, de fortes doses de cyclophosphamide sont administr\u00e9es les jours 3 et 4 apr\u00e8s la SZT haplo, ce qui tue \u00e0 son tour les lymphocytes en division. En revanche, les lymphocytes dormants sont \u00e9pargn\u00e9s, tout comme les cellules souches elles-m\u00eames, de sorte que la r\u00e9g\u00e9n\u00e9ration h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tique se d\u00e9roule sans restriction <strong>(figure&nbsp;2)<\/strong> [5,6]. Le succ\u00e8s de ce r\u00e9gime est d\u00e9sormais prouv\u00e9, \u00e0 la fois dans les \u00e9tudes et dans la pratique clinique quotidienne [7,8]. Comme les parents et les enfants sont certains, et que les fr\u00e8res et s\u0153urs ont 50 % de chances d&#8217;\u00eatre haplo\u00efdes, il est d\u00e9sormais possible d&#8217;identifier un donneur pour presque tous les patients, m\u00eame ceux dont l&#8217;origine ethnique n&#8217;est pas suffisamment repr\u00e9sent\u00e9e dans le registre ou dans les pays o\u00f9 un don \u00e9tranger co\u00fbteux ne peut pas \u00eatre financ\u00e9.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10831 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/851;height:464px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"851\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28-800x619.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28-120x93.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28-90x70.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28-320x248.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb2_oh4_s28-560x433.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"conditionnement-effets-secondaires-et-mortalite\">Conditionnement, effets secondaires et mortalit\u00e9<\/h2>\n<p>Il y a moins de nouvelles dans le domaine des conditionnements et de leurs complications. Avec la prise de conscience que la transplantation allog\u00e9nique est une immunoth\u00e9rapie et que ce n&#8217;est pas tant la chimioth\u00e9rapie de conditionnement que l&#8217;allor\u00e9activit\u00e9 des lymphocytes T dirig\u00e9e contre les cellules malignes qui permet d&#8217;obtenir un contr\u00f4le immunologique \u00e0 long terme de la maladie maligne de base, l&#8217;intensit\u00e9 de la chimioth\u00e9rapie pr\u00e9paratoire a \u00e9t\u00e9 r\u00e9duite (&#8220;reduced-intensity conditioning&#8221;, RIC), ce qui a consid\u00e9rablement r\u00e9duit sa toxicit\u00e9 et sa mortalit\u00e9. De ce fait, la transplantation allog\u00e9nique est aujourd&#8217;hui accessible aux patients \u00e2g\u00e9s et \u00e0 ceux souffrant de comorbidit\u00e9s. Cela se refl\u00e8te clairement dans le nombre de transplantations, car les n\u00e9oplasies my\u00e9lo\u00efdes, en particulier, sont des maladies de l&#8217;\u00e2ge m\u00fbr. Les conditionnements RIC ont gagn\u00e9 une place fixe dans la clinique au cours des 10 \u00e0 15 derni\u00e8res ann\u00e9es et repr\u00e9sentent aujourd&#8217;hui environ la moiti\u00e9 des TCS allog\u00e9niques. La question de savoir s&#8217;il y a plus de r\u00e9cidives apr\u00e8s RIC qu&#8217;apr\u00e8s un conditionnement my\u00e9loablatif (MAC) n&#8217;a pas encore \u00e9t\u00e9 r\u00e9solue pour toutes les entit\u00e9s pathologiques et reste un sujet de discussion permanent.<\/p>\n<p>La globuline antithymocytaire (ATG), qui sert \u00e0 la d\u00e9pl\u00e9tion des cellules T in vivo pour la prophylaxie de la GVHD, est devenue un composant courant des r\u00e9gimes de conditionnement r\u00e9duits et my\u00e9loablatifs. Plusieurs \u00e9tudes ont montr\u00e9 que l&#8217;ATG pouvait r\u00e9duire non seulement le taux de GVHD aigu\u00eb, mais aussi celui de GVHD chronique. Les exp\u00e9riences concernant la probabilit\u00e9 de r\u00e9cidive apr\u00e8s une STS sont toutefois contradictoires, ce qui explique pourquoi l&#8217;ATG est utilis\u00e9 avec plus de retenue aux \u00c9tats-Unis qu&#8217;en Europe.<\/p>\n<p>L&#8217;utilisation de la moelle osseuse (MO) au lieu du sang p\u00e9riph\u00e9rique mobilis\u00e9 comme source de cellules souches est associ\u00e9e \u00e0 une diminution de la GVHD chronique (mais pas aigu\u00eb) [9], ce qui est attribu\u00e9 \u00e0 la teneur plus faible en cellules T de la moelle osseuse. Cependant, en raison de l&#8217;investissement nettement plus important pour le donneur et le centre de pr\u00e9l\u00e8vement, il semble actuellement peu probable que le nombre de greffes de KM au d\u00e9triment des greffes de cellules souches du sang p\u00e9riph\u00e9rique prenne de l&#8217;importance dans un avenir proche.<\/p>\n<p>Dans le cas de la GVHD \u00e9tablie, deux &#8220;nouvelles&#8221; substances prometteuses sont actuellement en cours d&#8217;essai clinique &#8211; d&#8217;une part, le ruxolitinib, un inhibiteur de JAK1\/2 qui peut \u00e9galement inhiber l&#8217;activit\u00e9 des cellules T via les voies de signalisation STAT [10], d&#8217;autre part, l&#8217;ibrutinib a \u00e9t\u00e9 approuv\u00e9 aux \u00c9tats-Unis pour le traitement de la GVHD chronique. L&#8217;ibrutinib est un inhibiteur irr\u00e9versible (&#8220;small-molecule&#8221;) de la tyrosine kinase Bruton et de la kinase inductible par l&#8217;interleukine 2 (ITK). Cette derni\u00e8re kinase est largement impliqu\u00e9e dans l&#8217;activation des lymphocytes T et donc dans la survenue de l&#8217;allor\u00e9activit\u00e9 et de la GVHD [11].<\/p>\n<h2 id=\"nouvelles-strategies-de-therapie-cellulaire-contre-les-recidives\">Nouvelles strat\u00e9gies de th\u00e9rapie cellulaire contre les r\u00e9cidives<\/h2>\n<p>La survie globale apr\u00e8s allo-SZT s&#8217;est consid\u00e9rablement am\u00e9lior\u00e9e au cours des deux ou trois derni\u00e8res d\u00e9cennies. La mortalit\u00e9 associ\u00e9e au traitement a consid\u00e9rablement diminu\u00e9 en raison de l&#8217;am\u00e9lioration des antimicrobiens (principalement antifongiques et virostatiques). Cependant, malgr\u00e9 tous les progr\u00e8s, le taux de r\u00e9cidive apr\u00e8s allo-SZT ne s&#8217;est pas am\u00e9lior\u00e9, entra\u00eenant finalement le d\u00e9c\u00e8s de plus de 25% des patients [12]. Les approches visant \u00e0 pr\u00e9venir les r\u00e9cidives post-transplantation \u00e0 l&#8217;avenir incluent les consid\u00e9rations suivantes : L&#8217;effet de l&#8217;allo-SZT et sa sup\u00e9riorit\u00e9 par rapport \u00e0 la chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose avec retransfusion de cellules souches autologues (auto-SZT) reposent sur l&#8217;effet GVL. Celui-ci peut \u00eatre durable et prot\u00e9ger contre les r\u00e9cidives de la maladie, mais il a besoin d&#8217;un certain temps pour &#8220;s&#8217;\u00e9tablir&#8221;. Dans le cas des leuc\u00e9mies agressives en particulier, il arrive souvent qu&#8217;une nouvelle activit\u00e9 de la maladie se produise tr\u00e8s t\u00f4t apr\u00e8s une allo-SZT, avant m\u00eame qu&#8217;un effet GVL puisse se produire. C&#8217;est pourquoi des strat\u00e9gies sont \u00e0 l&#8217;\u00e9tude, qui pr\u00e9voient la poursuite d&#8217;un traitement m\u00e9dicamenteux prophylactique, par exemple avec des substances hypom\u00e9thylantes, t\u00f4t apr\u00e8s l&#8217;allo-SZT, et qui les combinent \u00e9ventuellement avec des lymphocytes de donneurs, afin de contr\u00f4ler la maladie jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;apparition d&#8217;un effet GVL suffisant.<\/p>\n<p>Une strat\u00e9gie alternative pour gu\u00e9rir les n\u00e9oplasies par immunologie ou par l&#8217;activit\u00e9 des cellules T est la manipulation g\u00e9n\u00e9tique des cellules T en cellules T chim\u00e9riques antig\u00e8nes-r\u00e9cepteurs (CAR-T) <strong>(fig.&nbsp;3).<\/strong> Pour les n\u00e9oplasies lymphoprolif\u00e9ratives CD19-positives, des cellules CAR-T commerciales sont d\u00e9j\u00e0 disponibles en clinique &#8211; bient\u00f4t en Suisse \u00e9galement. Les cellules CAR-T ainsi modifi\u00e9es reconnaissent leur antig\u00e8ne cible avec la sensibilit\u00e9 d&#8217;un anticorps, ind\u00e9pendamment du CMH, et agissent avec l&#8217;efficacit\u00e9 potentialis\u00e9e d&#8217;une cellule T [13,14]. Contrairement aux transferts classiques de cellules T fra\u00eeches ou expans\u00e9es in vitro, m\u00eame un petit nombre de ces cellules CAR-T g\u00e9n\u00e9tiquement modifi\u00e9es est capable de produire des r\u00e9ponses immunitaires massives. L&#8217;inconv\u00e9nient est que les cellules CAR-T ne peuvent \u00eatre d\u00e9velopp\u00e9es que contre des antig\u00e8nes tumoraux connus et &#8220;exclusifs&#8221; ou que les dommages collat\u00e9raux in\u00e9vitables aux cellules saines doivent \u00eatre tol\u00e9rables. Dans le cas des cellules CAR-T cibl\u00e9es sur CD19 pour les lymphomes agressifs et la leuc\u00e9mie aigu\u00eb lymphoblastique B, les cellules B saines sont in\u00e9vitablement \u00e9limin\u00e9es. La cons\u00e9quence est une hypogammaglobulin\u00e9mie, qui peut \u00eatre substitu\u00e9e de mani\u00e8re pragmatique sur le plan clinique. La situation est plus complexe dans le cas de la leuc\u00e9mie my\u00e9lo\u00efde aigu\u00eb, par exemple. La cellule souche leuc\u00e9mique ne se distingue pas clairement de la cellule souche sanguine saine sur le plan ph\u00e9notypique. Une immunoth\u00e9rapie dirig\u00e9e contre la cellule souche leuc\u00e9mique n\u00e9cessite donc des cellules CAR-T modifi\u00e9es et innovantes, qui sont soit s\u00fbres d&#8217;avoir une dur\u00e9e de vie courte (tout en exer\u00e7ant leur fonction d&#8217;effecteur de mani\u00e8re suffisamment forte et s\u00e9lective), soit qui peuvent \u00eatre \u00e9limin\u00e9es de mani\u00e8re cibl\u00e9e. Il faut s&#8217;attendre \u00e0 de graves dommages collat\u00e9raux sur la cellule souche h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tique saine avec aplasie prolong\u00e9e, de sorte que de telles th\u00e9rapies ne seront peut-\u00eatre r\u00e9alisables cliniquement qu&#8217;avec le concept de suivi d&#8217;une TSE.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10832 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb3_oh4_s28.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/558;height:304px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"558\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Il n&#8217;est pas encore possible d&#8217;imaginer que les th\u00e9rapies cellulaires CAR-T remplaceront bient\u00f4t totalement l&#8217;allo-SZT. Cependant, pour un petit nombre d&#8217;entit\u00e9s telles que les lymphomes agressifs \u00e0 cellules B et \u00e9ventuellement les my\u00e9lomes, il semble envisageable que les th\u00e9rapies \u00e0 base de cellules CAR-T puissent \u00eatre sup\u00e9rieures \u00e0 la fois \u00e0 la TCS autologue et \u00e0 la TCS allog\u00e9nique.<\/p>\n<h2 id=\"autolog-nouveau-sur-les-anciens-chemins\">Autolog &#8211; nouveau sur les anciens chemins<\/h2>\n<p>L&#8217;utilisation de l&#8217;auto-SZT est actuellement \u00e9tendue \u00e0 l&#8217;H\u00f4pital universitaire de Zurich sous la forme d&#8217;une \u00e9tude de registre pour les patients atteints de scl\u00e9rose en plaques (SEP). La mobilisation des cellules souches est effectu\u00e9e par le cyclophosphamide, qui est un puissant lymphod\u00e9ployeur, afin de r\u00e9duire au maximum la contamination lymphocytaire de l&#8217;aph\u00e9r\u00e8se. Apr\u00e8s la chimioth\u00e9rapie \u00e0 haute dose, une nouvelle d\u00e9pl\u00e9tion des cellules T in vivo par ATG est r\u00e9alis\u00e9e en post-transplantation (jours 1 et 2) afin d&#8217;\u00e9liminer les cellules T r\u00e9siduelles. Apr\u00e8s l&#8217;\u00e9radication compl\u00e8te du syst\u00e8me h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tique et lymphatique, le &#8220;red\u00e9marrage&#8221; se fait \u00e0 partir de la cellule souche sanguine  <strong>(Fig.4). <\/strong>Des donn\u00e9es biologiques sur l&#8217;efficacit\u00e9 de ce principe sont disponibles sous la forme de nombreuses observations solides dans des mod\u00e8les pr\u00e9cliniques, mais aussi dans des \u00e9tudes cliniques de phase II, qui ont pu montrer que cette man\u0153uvre th\u00e9rapeutique permet d&#8217;arr\u00eater compl\u00e8tement la progression de la SEP dans de nombreux cas.  [15,16].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10833 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/10\/abb4_oh4_s29.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/760;height:415px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"760\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\"><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La transplantation classique de cellules souches deviendra-t-elle une forme de traitement superflue dans un avenir proche ? Actuellement, ce n&#8217;est certainement pas le cas, mais on peut esp\u00e9rer que le domaine \u00e9volue vers des th\u00e9rapies cellulaires innovantes et sur mesure, qui ont moins d&#8217;effets secondaires ou des effets secondaires plus contr\u00f4lables, qui durent moins longtemps et qui s&#8217;attaquent plus efficacement aux cellules tumorales qu&#8217;aux tissus sains.<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>Malgr\u00e9 les nouvelles substances cibl\u00e9es et les immunoth\u00e9rapies, le nombre de greffes de cellules souches r\u00e9alis\u00e9es chaque ann\u00e9e continue d&#8217;augmenter r\u00e9guli\u00e8rement.<\/li>\n<li>Le nombre croissant de donneurs volontaires enregistr\u00e9s et les r\u00e9gimes de conditionnement moins intensifs permettent aujourd&#8217;hui \u00e0 une population de patients beaucoup plus importante d&#8217;avoir acc\u00e8s \u00e0 la transplantation de cellules souches allog\u00e9niques.<\/li>\n<li>Les r\u00e9cidives apr\u00e8s allogreffe de cellules souches restent la principale cause de d\u00e9c\u00e8s et n\u00e9cessitent de nouvelles strat\u00e9gies de pr\u00e9vention des r\u00e9cidives et de renforcement des effets du greffon contre la leuc\u00e9mie.<\/li>\n<li>Les lymphocytes T r\u00e9cepteurs d&#8217;antig\u00e8nes chim\u00e9riques sont la forme la plus avanc\u00e9e de th\u00e9rapie cellulaire, mais ils ne sont actuellement utilis\u00e9s en clinique que pour un nombre limit\u00e9 d&#8217;entit\u00e9s pathologiques.<\/li>\n<li>Les greffes de cellules souches autologues ne sont pas seulement utilis\u00e9es dans le traitement des h\u00e9mopathies malignes, mais aussi dans le traitement des maladies cardiovasculaires.<\/li>\n<li>peuvent \u00e9galement stopper l&#8217;\u00e9volution des maladies auto-immunes via un red\u00e9marrage du syst\u00e8me immunitaire.<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>\nLitt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Passweg JR, et al : Is the use of unrelated donor transplantation leveling off in Europe ? The 2016 European Society for Blood and Marrow Transplant activity survey report. Bone Marrow Transplant 2018. DOI : 10.1038\/s41409-018-0153-1 [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Petersdorf EW, et al : Expression HLA-DP \u00e9lev\u00e9e et maladie du greffon contre l&#8217;h\u00f4te. N Engl J Med 2015 ; 373(7) : 599-609.<\/li>\n<li>Venstrom JM, et al : HLA-C-dependent prevention of leukemia relapse by donor activating KIR2DS1. N Engl J Med 2012 ; 367(9) : 805-816.<\/li>\n<li>Gragert L, et al : HLA match likelihoods for hematopoietic stem-cell grafts in the U.S. registry. N Engl J Med 2014 ; 371(4) : 339-348.<\/li>\n<li>Robinson TM, et al : Haploidentical bone marrow and stem cell transplantation : experience with post-transplantation cyclophosphamide. Semin Hematol 2016 ; 53(2) : 90-97.<\/li>\n<li>Luznik L, O&#8217;Donnell PV, Fuchs EJ : Post-transplantation cyclophosphamide for tolerance induction in HLA-haploidentical bone marrow transplantation. Semin Oncol 2012 ; 39(6) : 683-693.<\/li>\n<li>McCurdy SR, et al : Comparable composite endpoints after HLA-matched and HLA-haploidentical transplantation with post-transplantation cyclophosphamide. Haematologica 2017 ; 102(2) : 391-400.<\/li>\n<li>Kasamon YL, et al : \u00c9tude prospective de BMT non my\u00e9loablatif, HLA-mismatched unrelated avec cyclophosphamide \u00e0 haute dose post-transplantation. Blood Adv 2017 ; 1(4) : 288-292.<\/li>\n<li>Anasetti C, et al : Cellules souches de sang p\u00e9riph\u00e9rique versus moelle osseuse de donneurs non apparent\u00e9s. N Engl J Med 2012 ; 367(16) : 1487-1496.<\/li>\n<li>Zeiser R, et al : Ruxolitinib dans la maladie du greffon contre l&#8217;h\u00f4te r\u00e9fractaire aux corticost\u00e9ro\u00efdes apr\u00e8s une transplantation de cellules souches allog\u00e9niques : une enqu\u00eate multicentrique. Leuc\u00e9mie 2015 ; 29(10) : 2062-2068.<\/li>\n<li>Miklos D, et al : Ibrutinib pour la maladie chronique du greffon contre l&#8217;h\u00f4te apr\u00e8s l&#8217;\u00e9chec d&#8217;un traitement ant\u00e9rieur. Blood 2017 ; 130(21) : 2243-2250.<\/li>\n<li>Appelbaum FR : Am\u00e9lioration des r\u00e9sultats avec la transplantation de cellules h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques allog\u00e9niques. Best Pract Res Clin Haematol 2012 ; 25(4) : 465-471.<\/li>\n<li>Dai H, et al : R\u00e9cepteurs d&#8217;antig\u00e8nes chim\u00e9riques, cellules T modifi\u00e9es pour le traitement du cancer. J Natl Cancer Inst 2016 ; 108(7).<\/li>\n<li>Curran KJ, Pegram HJ, Brentjens RJ : R\u00e9cepteurs antig\u00e9niques chim\u00e9riques pour l&#8217;immunoth\u00e9rapie par les cellules T : compr\u00e9hension actuelle et orientations futures. J Gene Med 2012 ; 14(6) : 405-415.<\/li>\n<li>Muraro PA, et al : R\u00e9sultats \u00e0 long terme apr\u00e8s une transplantation de cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques autologues pour la scl\u00e9rose en plaques. JAMA Neurol 2017 ; 74(4) : 459-469.<\/li>\n<li>Mancardi GL, et al : Transplantation de cellules souches h\u00e9matopo\u00ef\u00e9tiques autologues dans la scl\u00e9rose en plaques : un essai de phase II. Neurology 2015 ; 84(10) : 981-988.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>InFo ONKOLOGIE &amp; H\u00c4MATOLOGIE 2018 ; 6(5) : 26-30<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un plus grand nombre de donneurs volontaires et un conditionnement moins intensif rendent aujourd&#8217;hui la transplantation de cellules souches allog\u00e9niques accessible \u00e0 une plus grande population de patients. 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