{"id":337576,"date":"2018-08-27T02:00:00","date_gmt":"2018-08-27T00:00:00","guid":{"rendered":"https:\/\/medizinonline.com\/nattendez-pas-agissez\/"},"modified":"2018-08-27T02:00:00","modified_gmt":"2018-08-27T00:00:00","slug":"nattendez-pas-agissez","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/medizinonline.com\/fr\/nattendez-pas-agissez\/","title":{"rendered":"N&#8217;attendez pas, agissez !"},"content":{"rendered":"<p><strong>L&#8217;anaphylaxie met la vie en danger. Pourtant, moins de 20% re\u00e7oivent le seul traitement ad\u00e9quat : l&#8217;adr\u00e9naline. Par cons\u00e9quent, en cas de doute, agissez correctement et injectez imm\u00e9diatement de l&#8217;adr\u00e9naline par voie intramusculaire \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un auto-injecteur !<\/strong><\/p>\n<p> <!--more--> <\/p>\n<p>D\u00eener chez des connaissances, les enfants boivent du lait froid. Soudain, un jeune de 16 ans se sent mal, vomit, manque d&#8217;air et s&#8217;effondre&#8230;<\/p>\n<p>L&#8217;anaphylaxie est une urgence m\u00e9dicale qui survient g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re inattendue et qui doit n\u00e9anmoins \u00eatre identifi\u00e9e et trait\u00e9e rapidement. Il s&#8217;agit de la r\u00e9action d&#8217;hypersensibilit\u00e9 la plus grave et la plus mena\u00e7ante, qui affecte l&#8217;ensemble du corps et peut conduire \u00e0 un choc anaphylactique. Apr\u00e8s un contact avec la substance d\u00e9clenchante, par exemple le lait, une r\u00e9action syst\u00e9mique aigu\u00eb se produit soudainement et de mani\u00e8re inattendue au niveau de plusieurs syst\u00e8mes d&#8217;organes : un \u00e9tat qui peut mettre la vie en danger. Chez certaines personnes sensibilis\u00e9es, des quantit\u00e9s infimes d&#8217;un allerg\u00e8ne suffisent \u00e0 provoquer une anaphylaxie, mais toutes les personnes allergiques ne r\u00e9agissent pas de mani\u00e8re anaphylactique [1,2].<\/p>\n<h2 id=\"pathogenese\">Pathogen\u00e8se<\/h2>\n<p>Le m\u00e9canisme de la pathologie est m\u00e9di\u00e9 immunologiquement par les anticorps IgE. Des substances vasoactives sont alors lib\u00e9r\u00e9es par les mastocytes et les basophiles. La vasodilatation, la contraction des muscles lisses et l&#8217;activation du compl\u00e9ment sont les cons\u00e9quences qui expliquent les sympt\u00f4mes au niveau des syst\u00e8mes d&#8217;organes concern\u00e9s. Il est rare que des m\u00e9canismes immunitaires non IgE-d\u00e9pendants d\u00e9clenchent une anaphylaxie. On parle alors de r\u00e9action pseudo-allergique, mais les sympt\u00f4mes cliniques sont comparables [1].<\/p>\n<h2 id=\"facteurs-daugmentation\">Facteurs d&#8217;augmentation<\/h2>\n<p>Chez l&#8217;enfant, les facteurs d&#8217;augmentation jouent un r\u00f4le moins important. Cela change avec l&#8217;\u00e2ge, et on constate ainsi une corr\u00e9lation croissante chez les adolescents et les adultes. Le seuil de r\u00e9action est abaiss\u00e9 en cas d&#8217;effort physique, de stress \u00e9motionnel, d&#8217;infections aigu\u00ebs, de prise d&#8217;analg\u00e9siques (AINS), de menstruations et de consommation d&#8217;alcool [1\u20135]. Les facteurs de risque de r\u00e9actions anaphylactiques graves sont l&#8217;asthme bronchique existant et surtout insuffisamment trait\u00e9, des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;anaphylaxie, une dermatite atopique marqu\u00e9e et une mastocytose [1\u20135].<\/p>\n<h2 id=\"signes-dalerte-et-symptomes\">Signes d&#8217;alerte et sympt\u00f4mes<\/h2>\n<p>Les sympt\u00f4mes subjectifs et les signes d&#8217;alerte d&#8217;une anaphylaxie peuvent \u00eatre les suivants : Des sensations d\u00e9sagr\u00e9ables dans la bouche et la gorge, telles que des d\u00e9mangeaisons, des picotements et des br\u00fblures, des picotements dans la gorge avec toussotements, raclements de gorge ou grognements, des d\u00e9mangeaisons aux mains, aux pieds, derri\u00e8re les oreilles ou dans la r\u00e9gion g\u00e9nitale, des naus\u00e9es, des maux de t\u00eate et des douleurs abdominales, une agitation anxieuse, des vertiges, une faiblesse et parfois des sueurs. Chez les enfants d&#8217;\u00e2ge pr\u00e9scolaire qui ne peuvent pas suffisamment d\u00e9crire leurs troubles, on remarque une agitation g\u00e9n\u00e9rale, un malaise, un comportement de retrait et un refus ou une agressivit\u00e9.<\/p>\n<p>Les sympt\u00f4mes cliniques des r\u00e9actions mettant la vie en danger sont principalement des sympt\u00f4mes respiratoires obstructifs chez les enfants et les adolescents [4]. En ce qui concerne les voies respiratoires sup\u00e9rieures, la d\u00e9glutition est difficile et se caract\u00e9rise par une salivation, un langage gluant ou un stridor inspiratoire, signe d&#8217;un \u0153d\u00e8me laryng\u00e9, d&#8217;un gonflement de la langue ou de la luette. Dans les voies respiratoires inf\u00e9rieures, la bronchoconstriction entra\u00eene une dyspn\u00e9e avec des sifflements, une expiration prolong\u00e9e et l&#8217;utilisation des muscles respiratoires auxiliaires. Dans ce contexte, la gravit\u00e9 de l&#8217;asthme est directement corr\u00e9l\u00e9e \u00e0 celle de la r\u00e9action anaphylactique.<\/p>\n<p>L&#8217;anaphylaxie se manifeste de mani\u00e8re caract\u00e9ristique par l&#8217;apparition soudaine de sympt\u00f4mes au niveau de la peau, du tube digestif, des voies respiratoires et du syst\u00e8me circulatoire. Une r\u00e9action grave, au sens d&#8217;une anaphylaxie, n&#8217;existe que si au moins deux syst\u00e8mes d&#8217;organes sont touch\u00e9s. Les sympt\u00f4mes de l&#8217;anaphylaxie varient consid\u00e9rablement d&#8217;une personne \u00e0 l&#8217;autre, m\u00eame en cas de r\u00e9cidive. Elles peuvent \u00eatre l\u00e9g\u00e8res ou prononc\u00e9es, isol\u00e9es ou combin\u00e9es, simultan\u00e9es ou successives, progresser de mani\u00e8re aigu\u00eb \u00e0 tout moment, mais aussi s&#8217;arr\u00eater \u00e0 n&#8217;importe quel stade. C&#8217;est ce qui rend l&#8217;\u00e9valuation si difficile lors d&#8217;un incident aigu, et c&#8217;est pourquoi la classification de la gravit\u00e9 se fait g\u00e9n\u00e9ralement de mani\u00e8re r\u00e9trospective.<\/p>\n<h2 id=\"evaluation-de-la-reaction-anaphylactique\">\u00c9valuation de la r\u00e9action anaphylactique<\/h2>\n<p>Un article r\u00e9cent aborde cette probl\u00e9matique et traite de la difficult\u00e9 de standardiser de mani\u00e8re objective les degr\u00e9s de gravit\u00e9 d&#8217;une r\u00e9action allergique pour les diff\u00e9rents d\u00e9clencheurs tels que les piq\u00fbres d&#8217;insectes, les aliments et les m\u00e9dicaments. Les parents ont tendance \u00e0 percevoir une r\u00e9action cutan\u00e9e soudaine comme plus dramatique (car elle est imm\u00e9diatement visible de l&#8217;ext\u00e9rieur) que le sympt\u00f4me beaucoup plus grave qu&#8217;est la d\u00e9tresse respiratoire, moins bien per\u00e7ue. Cela peut s&#8217;expliquer par le fait que la toux ou les sifflements respiratoires ne sont pas des sympt\u00f4mes inhabituels pour les parents concern\u00e9s, qui les ont souvent connus moins mena\u00e7ants en raison d&#8217;infections. Il en va de m\u00eame pour les sympt\u00f4mes gastro-intestinaux tels que les naus\u00e9es ou les vomissements. Il est donc n\u00e9cessaire de disposer d&#8217;un syst\u00e8me de points simple qui permette d&#8217;\u00e9valuer rapidement la menace que repr\u00e9sente l&#8217;atteinte des voies respiratoires et qui conduise ensuite \u00e0 un traitement rapide et efficace [6]. Le &#8220;Christine K\u00fchne Center for Allergy Research and Education&#8221; (CK-CARE) de Davos a publi\u00e9 une fiche d&#8217;information sur l&#8217;anaphylaxie : &#8220;Anaphylaxie &#8211; Agir en cas d&#8217;urgence&#8221;, qui rendra de bons services dans le cabinet du m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste. Cette fiche aide \u00e0 reconna\u00eetre plus rapidement une anaphylaxie en distinguant seulement trois manifestations cliniques &#8211; class\u00e9es par sympt\u00f4mes. La gestion de l&#8217;urgence de l&#8217;anaphylaxie et l&#8217;effet des m\u00e9dicaments d&#8217;urgence sont illustr\u00e9s \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;une chronologie (www.ck-care.ch\/merkblatter).<\/p>\n<h2 id=\"epidemiologie\">\u00c9pid\u00e9miologie<\/h2>\n<p>Il n&#8217;existe pas de donn\u00e9es pr\u00e9cises sur la fr\u00e9quence de l&#8217;anaphylaxie, car il n&#8217;existe pas de d\u00e9finition contraignante et les anaphylaxies ne sont pas soumises \u00e0 d\u00e9claration obligatoire. Pour la Suisse, l&#8217;incidence est estim\u00e9e \u00e0 10 cas pour 100 000 habitants par an. L&#8217;\u00e9volution fatale est n\u00e9anmoins tr\u00e8s rare et correspond \u00e0 un risque similaire d&#8217;\u00eatre victime d&#8217;un homicide [3]. Depuis plus de dix ans, un registre des anaphylaxies (anaphylaxie.net) est tenu pour l&#8217;Allemagne, l&#8217;Autriche et la Suisse. Entre juillet 2007 et mars 2015, 1970 patients de moins de 18 ans pr\u00e9sentant des r\u00e9actions anaphylactiques ont \u00e9t\u00e9 identifi\u00e9s [4]. Le registre montre que les d\u00e9clencheurs de l&#8217;anaphylaxie infantile de loin les plus fr\u00e9quents sont les aliments (66%), suivis par les piq\u00fbres d&#8217;abeilles ou de gu\u00eapes (19%) et beaucoup plus rarement les m\u00e9dicaments (5%) <strong>(Fig. 1) <\/strong>[4]. En ce qui concerne les produits alimentaires, l&#8217;arachide arrive en t\u00eate, suivie du lait de vache, des \u0153ufs de poule, des noix de cajou et des noisettes. En ce qui concerne les m\u00e9dicaments, il est surprenant de constater que chez les jeunes principalement concern\u00e9s, les analg\u00e9siques d\u00e9clenchent deux fois plus de r\u00e9actions que les antibiotiques et sont \u00e0 peu pr\u00e8s aussi fr\u00e9quents que les r\u00e9actions apr\u00e8s d\u00e9sensibilisation [4]. A l&#8217;\u00e2ge adulte, l&#8217;ordre change et les d\u00e9clencheurs d&#8217;anaphylaxie les plus fr\u00e9quents sont alors les venins d&#8217;insectes, suivis des m\u00e9dicaments et des aliments. Le risque de r\u00e9action grave augmente avec l&#8217;\u00e2ge et, en cas de mastocytose, [3\u20135].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img fetchpriority=\"high\" decoding=\"async\" class=\" size-full wp-image-10667\" alt=\"\" src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17.png\" style=\"height:443px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"813\" srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17-800x591.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17-120x90.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17-90x68.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17-320x237.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb1_hp8_s17-560x414.png 560w\" sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La peau \u00e9tait touch\u00e9e chez presque tous les enfants et adolescents (92%). Les sympt\u00f4mes cutan\u00e9s sp\u00e9cifiques suivants \u00e9taient r\u00e9partis de mani\u00e8re similaire dans tous les groupes d&#8217;\u00e2ge : Angioed\u00e8me (53%), urticaire (62%), d\u00e9mangeaisons (37%) et \u00e9ryth\u00e8me\/flush (29%). Les voies respiratoires \u00e9taient \u00e9galement impliqu\u00e9es chez 80% des patients. 55% ont signal\u00e9 une dyspn\u00e9e et 35% des sympt\u00f4mes respiratoires obstructifs ont \u00e9t\u00e9 document\u00e9s sous la forme d&#8217;une respiration sifflante, quel que soit l&#8217;\u00e2ge.<\/p>\n<p><strong>La figure 2<\/strong> montre les sympt\u00f4mes des organes en fonction de l&#8217;\u00e2ge [4].<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10668 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/462;height:252px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"462\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17-800x336.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17-120x50.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17-90x38.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17-320x134.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/abb2-hp8_s17-560x235.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"exposition-aux-allergenes-lieux-et-temps-de-reaction\">Exposition aux allerg\u00e8nes : lieux et temps de r\u00e9action<\/h2>\n<p>La plupart des incidents ont eu lieu \u00e0 la maison (46%), en d\u00e9placement \u00e0 l&#8217;ext\u00e9rieur (19%), au jardin d&#8217;enfants ou \u00e0 l&#8217;\u00e9cole (9%), dans les cabinets m\u00e9dicaux ou les h\u00f4pitaux (9%) et plus rarement au restaurant (5%). Le d\u00e9lai entre l&#8217;exposition \u00e0 l&#8217;allerg\u00e8ne et l&#8217;apparition des sympt\u00f4mes \u00e9tait g\u00e9n\u00e9ralement inf\u00e9rieur \u00e0 dix minutes (58%), mais 8% ont signal\u00e9 une r\u00e9action retard\u00e9e apr\u00e8s plus d&#8217;une heure. 5% ont pr\u00e9sent\u00e9 une \u00e9volution biphasique avec une seconde r\u00e9action apr\u00e8s plus de douze heures. 30% ont \u00e9t\u00e9 trait\u00e9s par des non-professionnels et seulement 10% ont pratiqu\u00e9 l&#8217;auto-traitement. 70% ont eu recours \u00e0 une aide m\u00e9dicale professionnelle [4].<\/p>\n<h2 id=\"diagnostic\">Diagnostic<\/h2>\n<p>Le diagnostic r\u00e9sulte du d\u00e9roulement de la r\u00e9action, des sympt\u00f4mes des syst\u00e8mes d&#8217;organes impliqu\u00e9s et des ant\u00e9c\u00e9dents du patient. Dans le cadre d&#8217;une r\u00e9action anaphylactique, il convient donc d&#8217;\u00e9valuer en particulier les sympt\u00f4mes cutan\u00e9s et muqueux (yeux, l\u00e8vres, gorge), les troubles gastro-intestinaux (vomissements, naus\u00e9es), l&#8217;atteinte des voies respiratoires (obstruction laryng\u00e9e ou bronchique), l&#8217;\u00e9tat circulatoire (pouls et pression art\u00e9rielle) et l&#8217;\u00e9tat de conscience. Lors de l&#8217;examen d&#8217;une r\u00e9action anaphylactique, il convient de poser des questions cibl\u00e9es sur les d\u00e9clencheurs possibles et les circonstances associ\u00e9es (facteurs d&#8217;augmentation). Un diagnostic allergologique avec d\u00e9termination des anticorps IgE sp\u00e9cifiques est indispensable et doit \u00eatre r\u00e9alis\u00e9 si possible par un allergologue sp\u00e9cialis\u00e9 dans les enfants et les adolescents, car le diagnostic bas\u00e9 sur les composants des allerg\u00e8nes et son interpr\u00e9tation sont devenus de plus en plus complexes et n\u00e9cessitent une certaine expertise.<\/p>\n<h2 id=\"traitement-de-la-reaction-anaphylactique-aigue\">Traitement de la r\u00e9action anaphylactique aigu\u00eb<\/h2>\n<p>Le principal m\u00e9dicament utilis\u00e9 dans le traitement aigu de l&#8217;anaphylaxie est l&#8217;adr\u00e9naline, car elle agit sur tous les syst\u00e8mes d&#8217;organes impliqu\u00e9s. Seule l&#8217;adr\u00e9naline est capable d&#8217;antagoniser rapidement et efficacement les m\u00e9canismes pathologiques de l&#8217;anaphylaxie. Il entra\u00eene une bronchodilatation, une vasoconstriction, une r\u00e9duction de l&#8217;\u0153d\u00e8me, une diminution de la perm\u00e9abilit\u00e9 vasculaire et une inotropie positive au niveau du c\u0153ur. Il n&#8217;y a pas de contre-indication absolue en cas d&#8217;anaphylaxie s\u00e9v\u00e8re mettant en jeu le pronostic vital [1,7].<\/p>\n<p>Au moyen d&#8217;un auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline, les m\u00e9decins et les non-sp\u00e9cialistes peuvent facilement l&#8217;administrer par voie intramusculaire. Pourtant, il est encore trop rarement utilis\u00e9 par les patients et les m\u00e9decins [4,7\u20139]. La raison semble \u00eatre que l&#8217;\u00e9volution potentiellement mortelle de l&#8217;anaphylaxie est sous-estim\u00e9e et que l&#8217;effet des antihistaminiques et de la cortisone est surestim\u00e9. A cela s&#8217;ajoute la crainte injustifi\u00e9e des effets secondaires d&#8217;une injection d&#8217;adr\u00e9naline &#8211; et pour les parents, la peur de l&#8217;aiguille d&#8217;injection et de faire du mal \u00e0 leur enfant avec [3,8,9]. En milieu urbain, on prend donc plus facilement le risque de se rendre aux urgences ou d&#8217;appeler une ambulance plut\u00f4t que de se soigner soi-m\u00eame [4]. Si les services d&#8217;urgence n&#8217;administrent \u00e9galement que des antihistaminiques et de la cortisone au lieu d&#8217;adr\u00e9naline, cela renforce l&#8217;id\u00e9e que l&#8217;adr\u00e9naline n&#8217;est pas n\u00e9cessaire pour traiter l&#8217;anaphylaxie. Dans certains cas, les patients se sentent d\u00e9j\u00e0 mieux aux urgences et pr\u00e9sentent moins de sympt\u00f4mes, car leur corps a naturellement s\u00e9cr\u00e9t\u00e9 de l&#8217;adr\u00e9naline en raison du stress ou parce que l&#8217;antihistaminique administr\u00e9 \u00e0 domicile commence \u00e0 faire effet [3,8].<\/p>\n<p>Toutes les directives fond\u00e9es sur des preuves pour le traitement de l&#8217;anaphylaxie dans le monde entier recommandent l&#8217;administration imm\u00e9diate d&#8217;adr\u00e9naline par voie intramusculaire [1-3, 7-9] Pourtant, elle est administr\u00e9e dans moins de 20% des r\u00e9actions anaphylactiques document\u00e9es. Les m\u00e9dicaments les plus couramment utilis\u00e9s sont les antihistaminiques et la cortisone [4,7]. Pourtant, la pharmacocin\u00e9tique montre que m\u00eame un antihistaminique \u00e0 action rapide met plus de 25 minutes \u00e0 agir et que la cortisone n&#8217;est m\u00eame pas efficace avant 60 minutes [7]. Toutefois, en cas d&#8217;urgence, l&#8217;effet du m\u00e9dicament administr\u00e9 doit se manifester dans les cinq minutes, sinon l&#8217;appellation &#8220;m\u00e9dicament d&#8217;urgence&#8221; est trompeuse, dangereuse et ne permet tout simplement pas de sauver la vie.<\/p>\n<p>Un tiers des enfants concern\u00e9s avaient d\u00e9j\u00e0 des ant\u00e9c\u00e9dents d&#8217;anaphylaxie et 70% savaient \u00e0 quel allerg\u00e8ne ils r\u00e9agissaient [4]. Le risque potentiel de r\u00e9cidive peut conduire \u00e0 une anxi\u00e9t\u00e9 prononc\u00e9e avec des restrictions des activit\u00e9s quotidiennes et des troubles anxieux et donc une surprotection de la part des parents [3,9]. Pour cela, un coaching avec transmission d&#8217;informations est indispensable [9]. Les patients, leurs parents et les personnes qui s&#8217;occupent d&#8217;eux \u00e0 la cr\u00e8che ou \u00e0 l&#8217;\u00e9cole doivent \u00eatre instruits sur la mani\u00e8re d&#8217;\u00e9viter les d\u00e9clencheurs d&#8217;anaphylaxie et d&#8217;administrer les m\u00e9dicaments d&#8217;urgence. Si un kit d&#8217;urgence est d\u00e9pos\u00e9 au jardin d&#8217;enfants ou \u00e0 l&#8217;\u00e9cole, les personnes qui s&#8217;en occupent doivent s&#8217;entra\u00eener et ma\u00eetriser son utilisation correcte. Pour cela, des programmes de formation ont \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9s pour les patients souffrant d&#8217;anaphylaxie.<\/p>\n<h2 id=\"kit-durgence-anaphylaxie\">Kit d&#8217;urgence anaphylaxie<\/h2>\n<p>Tous les patients souffrant d&#8217;anaphylaxie doivent \u00eatre \u00e9quip\u00e9s d&#8217;un kit et d&#8217;un plan d&#8217;urgence <strong>(aper\u00e7u&nbsp;1 et&nbsp;2),<\/strong> comprenant un auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline, un antihistaminique, de la cortisone et, le cas \u00e9ch\u00e9ant, un spray \u00e0 inhaler [1,2]. Le plan d&#8217;urgence personnel en cas d&#8217;anaphylaxie doit clairement indiquer au premier coup d&#8217;\u0153il les d\u00e9clencheurs potentiels d&#8217;une r\u00e9action allergique ainsi que le traitement n\u00e9cessaire avec les instructions pour agir (&#8220;Plan d&#8217;urgence en cas d&#8217;anaphylaxie pour les enfants et les adolescents&#8221; sur www.ck-care.ch\/merkblatter).<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10669 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1084;height:591px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1084\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-800x788.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-80x80.png 80w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-120x118.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-90x90.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-320x315.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht1_hp8_s16-560x552.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>La manipulation de l&#8217;auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline doit faire l&#8217;objet d&#8217;une pratique attentive. Le mieux, en tant que m\u00e9decin g\u00e9n\u00e9raliste, est de demander aux parents de montrer comment l&#8217;utiliser sur l&#8217;enfant. Une anecdote personnelle : un jour que je faisais une d\u00e9monstration d&#8217;utilisation de l&#8217;auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline, j&#8217;ai pris par erreur sur la table le v\u00e9ritable <sup>Epipen\u00ae<\/sup> pr\u00e9sent\u00e9 pr\u00e9c\u00e9demment, qui ressemblait \u00e0 s&#8217;y m\u00e9prendre \u00e0 l&#8217;Epipen\u00ae de l&#8217;entra\u00eeneur, et je me le suis inject\u00e9 violemment dans la cuisse. En l&#8217;espace d&#8217;une minute, ma t\u00eate est devenue rouge, j&#8217;ai ressenti des bouff\u00e9es de chaleur et j&#8217;\u00e9tais un peu excit\u00e9. L&#8217;effet s&#8217;est estomp\u00e9 au bout d&#8217;une dizaine de minutes. L&#8217;adolescent et sa m\u00e8re ont \u00e9t\u00e9 impressionn\u00e9s et utiliseront certainement l&#8217;<sup>Epipen\u00ae<\/sup> plus g\u00e9n\u00e9reusement en cas d&#8217;urgence. Pour l&#8217;adolescent d\u00e9crit au d\u00e9but de cet article, l&#8217;injection salvatrice est malheureusement arriv\u00e9e trop tard. Comme il n&#8217;y a pas eu d&#8217;am\u00e9lioration par inhalation et que l&#8217;adr\u00e9naline a donc \u00e9t\u00e9 administr\u00e9e avec retard, il est d\u00e9c\u00e9d\u00e9. Il avait \u00e9galement fait des r\u00e9actions r\u00e9p\u00e9t\u00e9es au lait lorsqu&#8217;il \u00e9tait enfant [4].<\/p>\n<p>Une fiche d&#8217;information &#8220;Premiers secours en cas de r\u00e9action anaphylactique&#8221; est disponible sur le site  <a href=\"http:\/\/www.aha.ch\" target=\"_blank\" rel=\"noopener\">Site web de aha ! Centre d&#8217;allergie<\/a> Suisse.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10670 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/1341;height:731px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"1341\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18-800x975.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18-120x146.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18-90x110.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18-320x390.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/ubersicht2_hp8_s18-560x683.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2 id=\"messages-take-home\">Messages Take-Home<\/h2>\n<ul>\n<li>L&#8217;anaphylaxie est rare dans la population g\u00e9n\u00e9rale, mais elle met la vie en danger.<\/li>\n<li>Un tiers des personnes concern\u00e9es ont d\u00e9j\u00e0 eu une r\u00e9action anaphylactique auparavant et connaissent l&#8217;agent d\u00e9clencheur.<\/li>\n<li>Moins de 20% re\u00e7oivent le seul traitement ad\u00e9quat : l&#8217;adr\u00e9naline.<\/li>\n<li>Certains patients re\u00e7oivent malheureusement cette premi\u00e8re aide trop tard, avec une issue fatale.<\/li>\n<li>En cas de doute, n&#8217;attendez pas, agissez et injectez imm\u00e9diatement de l&#8217;adr\u00e9naline par voie intramusculaire \u00e0 l&#8217;aide d&#8217;un auto-injecteur !<\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-10671 lazyload\" alt=\"\" data-src=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19.png\" style=\"--smush-placeholder-width: 1100px; --smush-placeholder-aspect-ratio: 1100\/887;height:484px; width:600px\" width=\"1100\" height=\"887\" data-srcset=\"https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19.png 1100w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19-800x645.png 800w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19-120x97.png 120w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19-90x73.png 90w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19-320x258.png 320w, https:\/\/medizinonline.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/interview_h8_s19-560x452.png 560w\" data-sizes=\"(max-width: 1100px) 100vw, 1100px\" src=\"data:image\/svg+xml;base64,PHN2ZyB3aWR0aD0iMSIgaGVpZ2h0PSIxIiB4bWxucz0iaHR0cDovL3d3dy53My5vcmcvMjAwMC9zdmciPjwvc3ZnPg==\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Litt\u00e9rature :<\/p>\n<ol>\n<li>Ring J, et al : Guideline for acute therapy and management of anaphylaxis. Allergo J Int 2014 ; 23 : 96-112.<\/li>\n<li>Muraro A, et al : Anaphylaxis : guidelines from the European Academy of Allergy and Clinical Immunology. Allergy 2014 ; 69(8) : 1026-1045.<\/li>\n<li>Turner PJ, et al : Anaphylaxie fatale : taux de mortalit\u00e9 et facteurs de risque. J Allergy Clin Immunol Pract 2017 ; 5(5) : 1169-1178.<\/li>\n<li>Grabenhenrich LB, et al : Anaphylaxis in children and adolescents : The European Anaphylaxis Registry. J Allergy Clin Immunol 2016 ; 137(4) : 1128-1137.<\/li>\n<li>Worm M, et al : Factors increasing the risk for a severe reaction in anaphylaxis : An analysis of data from The European Anaphylaxis Registry. Allergy 2018 ; 73(6) : 1322-1330.<\/li>\n<li>Muraro A, et al : The urgent need for an harmonized severity scoring system for acute allergic reactions. Allergy 2018. DOI : 10.1111\/all.13408 [Epub ahead of print].<\/li>\n<li>Song TT, Worm M, Liebermann P : Traitement de l&#8217;anaphylaxie : barri\u00e8res actuelles \u00e0 l&#8217;utilisation de l&#8217;auto-injecteur d&#8217;adr\u00e9naline. Allergy 2014 ; 69(8) : 983-991.<\/li>\n<li>Chooniedass R, Temple B, Becker A : Utilisation de l&#8217;\u00e9pin\u00e9phrine pour l&#8217;anaphylaxie : trop rarement, trop tard : pratiques actuelles et lignes directrices en mati\u00e8re de soins de sant\u00e9. Ann Allergy Asthma Immunol 2017 ; 119(2) : 108-110.<\/li>\n<li>Kastner M, Harada L, Waserman S : Gaps in anaphylaxis management at the level of physicians, patients, and the community : a systematic review of the literature. Allergy 2010 ; 65(4) : 435-444.<\/li>\n<\/ol>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><em>PRATIQUE DU M\u00c9DECIN DE FAMILLE 2018 ; 13(8) : 15-19<\/em><br \/>\n<em>DERMATOLOGIE PRATIQUE 2018 ; 28(5) : 20-24<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;anaphylaxie met la vie en danger. Pourtant, moins de 20% re\u00e7oivent le seul traitement ad\u00e9quat : l&#8217;adr\u00e9naline. 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